Par Nicolas Gros-Verheyde
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Publié dans : Golfe d'Aden - Somalie pirates
Vendredi 27 novembre 2009
Le navire grec, Adrias, participant à l'opération européenne anti-piraterie a arrêté un groupe de pirates, le 25 novembre, à environ 260 miles nautiques, au nord-est
des Seychelles. Ceux-ci sont fortement soupçonnés d'avoir mené l'attaque contre un cargo battant pavillon français, la veille. Celui-ci n'avait dû de n'être pas capturé à la présence à bord d'une
équipe de protection embarquée, qui avait dû faire des tirs d'avertissement pour éloigner les attaquants. L'avion de patrouille maritime basé aux Seychelles était arrivé rapidement sur zone, pour
retrouver la trace des pirates et avait reperé un bateau-mère. Sur ces indications, la frégate Arias s'était alors rendue sur place pour intercepter le groupe concerné. Les Grecs ont ainsi trouvé 2
bateaux et 9 personnes à bord, ainsi que tout l'attirail habituel des pirates (armes, échelles...). Le matériel a été saisi. Aucune preuve de la relation avec l'attaque ne pouvant être dûment
fournie (les Européens veulent étendre le mandat d'Atalanta de saisine des pirates inclus en cas d'intention, lire modifications), les pirates ont été relâchés. Un des bateaux pirates a été
détruit. Il faut remarquer que les suspects arrêtés n'entraient pas de plein pied dans les clauses de l'accord avec les Seychelles (sur le transfert des pirates) : pas de relations directe avec
l'archipel (localisation, bateau ou marin ou intérêt seychellois directement menacé).
Par Nicolas Gros-Verheyde
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Publié dans : Europe pouvoir - Traité de Lisbonne
Vendredi 27 novembre 2009
Après la nomination de Catherine Ashton comme haute-représentante et commissaire chargée des relations extérieures, le président de la Commission, José-Manuel
Barroso, a annoncé aujourd'hui les portfolios qu'il envisageait pour la prochaine Commission 2010. Globalement les portefeuilles restent identiques avec quelques nouveautés, comme la séparation du
portefeuille du développement et la (re) création d'un portefeuille à l'aide humanitaire. Pour être plus exact, ce poste correspond à la "coopération internationale, l'aide humanitaire et la
réponse de crise", soit à peu de choses près le commissaire à la gestion de crises que nous appelions de nos voeux (1) puisqu'il aura en charge la protection civile (jusqu'ici rattaché à la DG
Environnement et qui va rejoindre la DG Echo - Aide humanitaire). On peut remarquer également la séparation du portefeuille justice affaires intérieures dans
ses deux attributs : justice et droits fondamentaux d'un coté, affaires intérieures de l'autre. Ce qui correspond à l'évolution de cette politique qui devient une politique communautaire à part
entière avec le Traité de Lisbonne. Autre évolution : la création d'un poste à l'Action climatique en surplus des portefeuilles traditionnels de l'Environnement, de l'Energie et du Transport.
A noter que la commissaire Ashton aura à coordonner un trio de commissaires venus de l'Est : en effet, l'aide humanitaire (et la protection civile) est confiée à la Bulgare Rumiania Jeleva, le
développement au Letton Andris Piebalgs, l'élargissement et la politique de voisinage au Tchèque Stefan Füle (ancien ambassadeur à l'OTAN). Quant aux relations commerciales internationales (OMC),
elles sont confiées au Belge De Gucht, le Marché intérieur au Français Barnier, la Concurrence à l'Espagnol Almunia, un trio autrement plus europhile que le précédent et plus proche d'une "Europe
qui protège" que d'une Europe ouverte à tous les vents.
(1) Lire Un Commissaire européen
chargé de la gestion de crises ? Une idée à creuser
Pour aller plus loin :
Ma Liste de commissaires réactualisée (avec mini-cvs et commentaires).
Je détaillerai dans les jours qui viennent ces CV.
Sur le site de la Commission européenne la liste des
portfolios et surtout des services rattachés. Intéressant...
Par Nicolas Gros-Verheyde
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Publié dans : Golfe d'Aden - Somalie pirates
Vendredi 27 novembre 2009
A l'approche de décembre, c'est le moment des relèves dans les opérations multinationales qui se déploient dans l'Océan Indien. Coté français, c'est ainsi le Primauguet (basé à
Brest) qui va rejoindre l'opération Enduring Freedom, après un détour de trois semaines à l'exercice Pean en Méditérannée - auquel participe également le Charles de Gaulle, le Jean Bart... et les
marines italiennes et grecques (1). La frégate "Surcouf" (basée à Toulon) est plus proche (actuellement au Canal de Suez d'après mes informations), devrait la précéder dans l'opération Enduring
Freedom avant de rejoindre l'opération européenne "Atalanta". Des forbans à l'assaut des pirates. Cela méritait d'être relevé...
Ces deux frégates sont renforcées par une frégate de la Réunion (actuellement le Floréal). Ces batiments viennent ainsi relayer le "La Fayette" et l'aviso Jacoubet
qui rentrent à métropole.
Le Surcouf (F-711) est de la même classe que
le Lafayette. Long de 125 mètres et jaugeant 3600 Tonnes, il a été fabriqué il y a 15 ans et mis en service, en 1997. Navire doté d'innovations technologiques, c'est l'instrument type
d'intervention en zone de crise, à titre précurseur, de renseignement ou d'embargo, selon la Marine. Il a une autonomie en mer de 50 jours (vivres et carburant) ce qui est appréciable dans une
mission type Atalanta. Il peut atteindre une vitesse de 25 noeuds, dispose d'un l'hélicoptère embarqué Panther et peut embarquer une équipe de commandos. Son équipage est d'environ 150 hommes.
L'Océan indien n'est pas une nouveauté : il faisait partie des forces qui sont intervenues pour la libération du Ponant et a escorté ensuite le yacht, une fois libéré vers Marseille (Crédit
: DICOD / Sirpa Marine)
.
Le Primauguet (D-644)
est une frégate de lutte anti-sous-marine, de la classe Georges Leygues, type F70. Il est un peu plus gros que le
Surcouf. Long de 139 mètres et jaugeant 4900 Tonnes (chargé), il peut développer une vitesse de 21 ou 30 noeuds selon le moteur et le carburant employé (diesel ou gaz). Il a plus de 20 ans de
bons et loyaux services mais garde une autonomie de 45 jours (8000 miles à 15 noeuds). Doté de deux hélicoptères WG-13
Lynx, à vocation principale de lutte anti-sous-marine, il a un équipage d'environ 240 personnes.
Le Primauguet (Crédit : DICOD / Sirpa Marine)
(1) Plus de détails sur cet exercice, sur le site des réservistes de la marine. A ne pas confondre avec le site des officiers de réserve
de la marine (Acoram)
Par Nicolas Gros-Verheyde
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Publié dans : Défense UE (droit doctrine politique)
Mercredi 25 novembre 2009
Ce sera à la sécurité intérieure pas tout à fait ce qu'est le COPS à la politique étrangère et de sécurité (extérieure) mais pas très loin tout de même. Un
"Comité permanent de coopération opérationnelle de sécurité intérieure" devrait être créé dès que le Traité de Lisbonne sera entré en vigueur, le 1er décembre. Les 27 sont tombés
d'accord sur la décision cadre.
Selon ce texte, « le comité permanent facilite et assure une coopération et une coordination opérationnelles effectives dans le cadre du titre V de la troisième partie du TFUE (NB : justice et
affaires intérieures), y compris dans les domaines couverts par la coopération policière et douanière (*) et par les autorités chargées du contrôle et de la protection des frontières extérieures.
Il couvre également, le cas échéant, la coopération judiciaire en matière pénale pour ce qui est de la coopération opérationnelle dans le domaine de la sécurité intérieure. »
Sa vocation sera essentiellement opérationnelle. « Le comité permanent évalue également l'orientation générale et l'efficacité de la coopération opérationnelle; il identifie les
éventuelles lacunes ou défaillances et adopte les recommandations concrètes appropriées pour y remédier. » Mais sa fonction n'ira pas jusqu'à diriger des opérations - « Le comité permanent
n'est pas associé à la conduite d'opérations, qui reste du ressort des Etats membres. » Il n'y a donc pas création d'un Etat-Major opérationnel des polices. De même, il n'a normalement pas
vocation à interférer dans le circuit législatif du Conseil « il n'est pas associé à l'élaboration des actes législatifs ».
Qui sera membre de ce Comité ? Une déclaration a été ajoutée à la décision précisant ce rôle : "Etant donné son rôle opérationnel, le COSI fonctionnera à partir des capitales. Chaque
Etat membre décidera s'il a un représentant unique pour toutes les questions ou plusieurs représentants; dans les deux cas, les représentants bénéficieront d'un soutien approprié.
Le nombre de délégués sera toutefois limité afin d'assurer l'efficacité des travaux du comité. »
« Les travaux du COSI bénéficieront d'un soutien depuis Bruxelles ». Les conseillers JAI (présents à Bruxelles dans les représentations permanentes auprès de l'UE) « joueront un rôle
de soutien et, en fonction des besoins, se réuniront entre les réunions principales du COSI. »
« Des représentants d'EUROJUST, d'EUROPOL, de FRONTEX » pourront aussi êtres invités, ainsi que de tout organisme intéressant.
Un comité peu contrôlé ? A noter que le Parlement européen ne sera que de très loin associé à ces travaux. « Le Parlement européen et les parlements nationaux sont informés par le
Conseil des travaux du comité permanent.» C'est un peu faible comme contrôle démocratique pour un comité qui oeuvre dans un domaine où les représentants élus démocratiquement devraient être
présents plus que jamais, puisqu'il s'agit de libertés publiques.
(*) Matières où le Traité de Lisbonne a prévu des exceptions (droit d'initiative conservé pour les Etats membres)
Par Nicolas Gros-Verheyde
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Publié dans : Proche Orient - Israel Liban Palestine
Mercredi 25 novembre 2009
En début d'année, on aurait pu espérer que la mission Eubam Rafah (la mission de surveillance de l'UE au point-frontière de Rafah) pourrait retrouver un nouveau rôle
et une nouvelle vigueur (lire : EUBAM Rafah: le
redéploiement en phase accélérée). Tout espoir est désormais envolé.
L'équipe Eubam Rafah, en juillet quand l'effectif était encore conséquent (crédit photo : Eubam)
La mission a donc retrouvé un effectif minimal : 18 personnes.
Et le budget de la mission a donc été réduit en conséquence. Le budget d'1,12 millions d'euros disponible pour 2009 en crédits d'engagement utilisé pour moitié en
2009 sera utilisé pour l'autre moitié en 2010 (*). A comparer aux budgets précédents : 5,1 millions d'euros en 2006, 7 millions d'euros en 2007, 2,5 millions en 2008, la chute est sévère.
La mission est cependant prolongée jusqu'au 24 mai 2010. Et on pourrait se demander à quoi sert de maintenir ainsi une mission
qui ne servira pas tout de suite. A cela plusieurs raisons:
1° La principale est d'ordre stratégique : si l'Europe veut pouvoir jouer un rôle un jour dans la région, elle doit maintenir coûte que coûte sa présence, aux bordures de Gaza, et être prêt dès que
l'instant politique se rapproche à remonter en puissance. Comme les 27 Ministres des Affaires étrangères l'ont entériné le 17 novembre « l'UE (est) prête à redéployer rapidement son personnel
au point de passage de Rafah, dès que les conditions le permettraient ». Le Proche-Orient est d'ailleurs qui tient à coeur à Javier Solana, l'actuel Haut-représentant pour la politique
étrangère qui n'a pas ménagé sa peine pour rapprocher les points de vue et donner à l'Europe davantage de poids dans la région.
2° Cette mission fait partie d'un accord plus global sur la surveillance des frontières entre Palestiniens et Israéliens, sous l'égide du Quartet. La fermer serait pour les Européens entériner le
fait acquis : la quasi fermeture de la frontière.
3° Le dernier point est d'ordre plus tactique et juridique : actuellement il y a un accord tacite avec le gouvernement israélien pour reconduire la mission
("tous les six mois, à moins que les parties soient d'accord pour la fermer"). Si la mission ferme boutique, il faudra tout renégocier le jour présent... Ce
n'est pas dit que demain il y aura à nouveau un accord d'Israël pour que les Européens soient présents. Alors un million d'euros pour assurer la présence de l'Europe dans cette région, ce n'est pas
énorme...
(*) Point avalisé entre les ministres des Affaires étrangères et approuvé formellement par les ministres de... l'Agriculture, le 20 novembre (en point
A).
Par Nicolas Gros-Verheyde
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Publié dans : Golfe d'Aden - Somalie pirates
Dimanche 22 novembre 2009
Nicolas Cage, qui est ambassadeur
de bonne volonté de l'ONU, a visité cette semaine la prison de Shimo-la-Tewa à Mombasa au Kenya, dans le cadre du programme antipiraterie de l'ONU, ont annoncé les médias kenyans. Cette prison abrite, en effet, la plupart
des pirates remis aux autorités kenyanes par les forces internationales. Le programme des Nations-unies pour la piraterie, auquel participe financièrement l'Union européenne, a engagé
un programme de rénovation de trois prisons du pays : Shimo-la-Tewa, Manyani et Malindi. A Shimo-la-Tewa, les installations, et la cantine seront rénovées ainsi qu'un tribunal installé au sein de la prison. Plus largement, le programme prévoit la formation des procureurs et des autorités pénitentiaires du pays. Nb : l'UE a versé 1,750 millions d'euros pour ce
programme.
(photo : Reuters)
Par Nicolas Gros-Verheyde
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Publié dans : Golfe d'Aden - Somalie pirates
Dimanche 22 novembre 2009
La frégate portugaise Alvares Cabral, qui est le navire amiral de l'opération de l'OTAN "Océan Shield", a intercepté jeudi un bateau avec cinq pirates
somaliens à bord, qui voulait prendre d'assaut un navire dans le golfe d'Aden, à environ 60 miles des côtes à environ 60 miles, apprend-on. Les assaillants, qui ont réussi à se débarrasser de leurs
armes, ont été arrêtés puis remis en liberté, les faits ne tombant pas sous le coup de la loi portugaise sur la piraterie, même si les militaires étaient en possession d'images (prises par les
avions de surveillance, apparemment le P3 Orion espagnol) montrant les pirates jetant leurs armes dans l'eau.
Par Nicolas Gros-Verheyde
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Publié dans : Défense UE (droit doctrine politique)
Dimanche 22 novembre 2009
Foin de pessimisme, la (petite) déception
passée, la nomination de Catherine Ashton à la tête de la diplomatie européenne ne doit pas faire oublier que la nouvelle Haute représentante a cinq ans pour faire ses preuves.
Mais la Baroness aura peu de temps pour se mettre à la tâche. La PeSDC est déjà sur les rails et une série de progrès ont été engrangés ces dernièrs années par son prédécesseur, Javier Solana. De
nombreux dossiers sont donc sur la table et des choix sont à faire - rapidement - et des convictions à faire passer. On pourra alors percevoir si la
nationalité britannique de la nouvelle Haute représentante aidera à convaincre nos amis outre-Manche - souvent en
retrait, voire carrément réticents, et qui vont avoir un nouveau
gouvernement - à changer d'avis. Méfions-nous des premières impressions qui ne sont
pas toujours les bonnes.... Nous aurons toute l'occasion de revenir sur ce blog pour savoir si derrière ce visage, qui
n'est pas automatiquement le plus gracieux (1), le choix de l'efficacité n'est pas préférable à celui de la gloire.
Au niveau des opérations :
- Le premier et le plus urgent des travaux est la continuité de l'opération européenne anti-piraterie Eunavfor Atalanta (lire : Bilan d'un an d'Atalanta et sa reconduction dans un contexte normalement apaisé mais rendu compliqué par la
prise en otage par les pirates somaliens de deux Britanniques. Il est à craindre que les médias britanniques n'exigent des comptes de la responsable en chef de l'opération. Même si on sait
pertinemment que ce type d'action relève surtout des autorités nationales - assaut ou négociation, rançon ou pression -, il est aussi un fait que l'opération européenne a apporté à l'une ou l'autre
nation concernée par la prise d'otages tout son soutien et les moyens nécessaires, avions de surveillance et bateau de ravitaillement pour la prise de l'Alakrana (lire : L'Alakrana libéré, escorté par les navires espagnols d'Atalanta (Maj), navire hôpital
pour l'assaut sur le Ponant, etc...).
- le second des travaux, tout aussi stratégique (sinon plus) dans la région, est la mise sur pied et le bon accomplissement de l'opération de formation des soldats somaliens en Ouganda. Point délicat pour la
Britannique, car le Royaume-Uni est justement le pays qui est le plus réticent sur ce point (lire également: l'inconnue britannique).
- le troisième défi est de trouver rapidement les personnels (et les budgets) nécessaires à l'opération de police en Afghanistan. Il manque encore une petite centaine de
personnes pour arriver au plein effectif, 400 personnes. Ce qui est bien peu et mériterait même d'être... doublé ou triplé si l'on veut atteindre les objectifs visés par les autorités afghanes :
une force de police opérationnelle de 160.000 hommes.
- le quatrième est la conclusion d'un accord entre Européens sur la fin de l'opération militaire Althea en Bosnie-Herzégovine dans sa forme actuelle et sa transformation en opération non
exécutive à voilure réduite (200 hommes). Si on ne le fait pas dans l'ordre, les contributions vont se réduire et l'opération n'aura plus les moyens effectifs. La France, le Royaume-Uni (justement)
sont déjà partis. L'Espagne comme la Pologne pourraient suivre. Ce sujet sera à l'ordre du jour du premier Conseil des Affaires étrangères (versus Lisbonne) en décembre.
- le cinquième est le redémarrage de l'opération de surveillance aux frontières à Rafah (ce qui est certainement le plus grand des défis, les Européens ayant peu de moyens de pression sur
les Israéliens pour cela).
- le dernier défi est l'intervention possible d'un battlegroup (dont le concept vient d'être assoupli récemment, lire : Des battlegroups (un peu) plus souples d'emploi ). Mis en place depuis 2007, la force
légère de réaction rapide de l'UE n'atteint qu'une occasion pour démontrer la validité (ou non) de son concept. On peut être sûr que l'actualité internationale saura fournir son lot de violences et
d'offensives qui pourraient nécessiter une intervention européenne, qu'il s'agisse d'une évacuation d'Europénes. Encore faut-il à ce moment que la volonté politique europénne soit au rendez-vous.
De façon plus générale, il faudra voir si l'UE pourra réagir aussi bien aux crises dans les prochaines années aussi bien qu'elle l'a fait dans les 18 derniers mois (Russie/Géorgie, rebelles/Tchad,
pirates/océan indien...). Sans être trop pessimiste, soyons sûr que dans le Caucase, la région des Grands lacs, l'Afrique de l'Ouest, le Moyen Orient, les confins de l'Inde (Pakistan, Népal, ...),
le Sri Lanka, voire l'Amérique centrale sauront nous rappeler de saines réalités : nous ne vivons pas dans un monde pacifique.
Gordon Brown et Catherine Ashton dans les coulisses du Conseil (crédit photo : CUE)
Au niveau organisationnel et industriel :
- le premier travail de la nouvelle Haute représentante sera d'installer et d'organiser la nouvelle structure qui
rassemble hommes et femmes de la Commission européenne et du Conseil, le service diplomatique extérieur, la nouvelle direction civilo-militaire, et l'ajustement entre civils et militaires qui vont
ainsi entrer de plein pied dans une administration civile par excellence, la Commission européenne (les frottements pourraient être nombreux...).
- Il lui faudra également doter l'UE d'un QG opérationnel, civil ET militaire. Ce qui revient à obtenir un accord entre européens qui n'a jamais pu se faire (et surtout l'accord des
Britanniques).
- En application du Traité de Lisbonne, il faudra mettre en place la Coopération
renforcée permanente et de la faire passer de disposition textuelle à réalité politique.
- Donner davantage de moyens à l'Agence européenne de défense (que préside le Haut représentant) ne sera pas évident en période de restriction budgétaire mais elle est paraît nécessaire si
on veut mener à bien certaines projets. On sait également que plusieurs tentatives ont été faites et ont échoué pour doter l'agence d'un budget pluriannuel (butant sur l'os britannique). Espérons qu'avec un Haut
représentant britannique, il en sera autrement.
- Négocier avec l'Otan un nouveau cadre de coopération devrait aussi être un objectif à terme. Bien entendu la première urgence est de résoudre le problème turco-chypriote qui "pollue" les
relations entre l'Alliance et l'UE (en empêchant la formalisation des échanges d'information confidentielle lors des opérations). Mais il pourrait être aussi bon de remettre à jour l'accord de
Berlin + et de tisser des liens à la fois plus étroits mais aussi plus égaux.
- Je
passe toute une série de "détails" organisationnels qui n'ont pas d'importance stratégique mais pourraient néanmoins occuper un peu les esprits : comme le nom même du Haut représentant - doit-on
dire Madame le Haut Représentant, madame la Haute Représentante (2)... - ; l'emblème du nouveau service - maintenant que l'UE a un service d'action extérieure (sans aller jusqu'au logo à l'image du
Département d'Etat -;) ) sa localisation - le Charlemagne sans doute mais des aménagements sont sans doute nécessaire - ; les circuits d'information sécurisée - il s'agit là non seulement de
dispositions pratiques et techniques mais de voir au sein de la Commission comment et à qui cette information doit circuler, la règle de collégialité et d'interservices trouvera ici une limite - ;
enfin, la visite des principales missions et opérations de l'UE devra être envisagée - une tenue plus seyante à ce type d'exercices (en évitant le tailleur, peu adapté, ce serait peut-être un
barbour®, un peu chic, ou alors la tenue marine qui reste souvent bien adaptée... mais je m'égare !).
NB : je n'ai pas abordé toutes les questions de politique étrangère qui ne sont pas moins nombreuses et pas moins cruciales que celles relatives à l'Europe de la défense : le dossier du nucléaire
iranien, les relations avec la Russie, la paix au Proche-Orient (où un certain Tony Blair est aux manettes du Quartette, sans grand succès pour l'instant), l'Afghanistan, le Soudan, la Guinée,
l'Erythrée, le Yemen, le Zimbabwe, etc.
(1) Certain(e)s lecteurs(rices) m'ont indiqué que je n'aurai pas osé faire la même remarque pour un homme, je les invite à regarder le "post" sur la nomination de Van Rompuy...
(2) (Maj : 23 novembre) C'est cette terminologie qui semble être retenue par son cabinet : la Haute représentante.
(crédit photo : Conseil de l'Union européenne + US State)