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25 février 2007 7 25 /02 /février /2007 01:21
(cet article s'inscrit dans une série d'articles destiné à publication dans Europolitique autour de l'Europe en 2017)

15-16 Juin 2017, les 34 (les Etats des Balkans sont désormais membres de l’Union européenne) se retrouvent pour le traditionnel Sommet européen, cette fois, à La Valette. Malte a beaucoup hésité avant, d’accueillir ce sommet, question d’organisation. Mais près de 330 ans après la bataille de Mohács, qui avait vu une coalition austro-hongroise porter un coup d’arrêt à l’expansion des Turcs sur le continent, Europe et Turquie se retrouvent côte à côte pour signer une série d’accords et fonder une nouvelle structure européenne. Confédération paneuropéenne, Union méditerranéenne… le nom reste à trouver. Mais une page semble en train de se tourner sur l’hésitation européenne des années 2000 et l’espoir de taire définitivement les violences au Moyen-Orient semble à portée de mains.
Dans les années 2000, justement, l’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne hante alors toutes les capitales et plane sur les échéances électorales. Toutes les solutions envisagées semblent impossibles.
L’adhésion pleine et entière entraîne un bouleversement complet du système institutionnel de l’UE. Davantage qu’un problème culturel ou religion — des pays musulmans comme l’Albanie, la Bosnie sont en phase d’intégration —, il s’agit d’un problème structurel. Que la Turquie devienne « le premier pays européen » paraît difficile pour les pays fondateurs (Allemagne, France…) comme les nouveaux ( Pologne, Royaume-Uni….). C’est aussi la porte ouverte à d’autres adhésions (Ukraine, Russie), tout aussi bouleversantes. Or, après des années d’expansion, l’Europe entend limiter son territoire.
La non-adhésion pose autant de problèmes. Les efforts importants de l’ancien empire ottoman pour se mettre à niveau démocratique l’exposent à l’instabilité. Un régime militaire dur ou islamiste éclaté aux portes de l’Europe n’est pas un risque mineur.
La solution médiane du partenariat privilégié sonne comme une impasse. La Turquie a bénéficie déjà de nombre de dispositions: libre circulation des marchandises avec l’Union douanière, simili-égalité des travailleurs turcs et européens (droit aux prestations sociales, pas d’expulsion possible en cas d’intégration…) issu du vieil accord d’association de 1963, participation aux programmes communautaires.
En outre, ces deux dernières solutions privent l’Europe de l’avantage incomparable de la Turquie: son ouverture sur le monde moyen-oriental et musulman et sa puissance polito-militaire.
Tirant la leçon de cette triple impasse, les diplomates ont décidé de rebattre les cartes et bâtir une nouvelle donne. Trois postulats guident la réflexion : 1° L’Europe a besoin d’une politique extérieure et d’une ouverture sur le monde, la Turquie l’a ; 2° l’Europe est un ensemble puissant économiquement, la Turquie ne l’est pas ; 3° comment combiner ces avantages sans les inconvénients, l’existant et l’innovant ? Une solution s’ébauche alors : 1° La Turquie n’adhère pas à la CE. 2° Des accords bilatéraux UE-Turquie – à l’image de ceux  signés avec la Suisse – sont signés sur certains points venant renforcer les liens socio et économiques. Un accord général fixe les modalités de cette coopération. 3° Une nouvelle structure paneuropéenne est mise en place ; elle s’inspire de l’accord Euro méditerranéen, avec deux éléments fondateurs, l’Union européenne d’un côté, la Turquie, de l’autre. L’Orient et l’Occident alliés, pour rendre compatibles la philosophie musulmane et orthodoxe, d’un côté, la philosophie catholique et protestante, de l’autre, et étendre la sphère de stabilité à tous les voisins. Une vision messianique qui correspond bien aux principes de tous ces anciens empires qui se sont souvent faits la guerre. Missions déléguées à cette structure : la politique étrangère, la politique militaire, la politique de développement, la politique d’asile et, éventuellement, d’immigration, le dialogue inter-religieux. Une nouvelle structure politique est mise en place, originale d’un côté — présidence bipolaire partagée en deux, sur cinq ans, structure parlementaire — traditionnelle de l’autre : l’intendance juridique et administrative est assurée par les instances déjà présentes au niveau communautaire — services de la Commission, Cour de justice – siégeant en Cour paneuropéenne — etc.
Une fiction ? Pas si sûr …

25 février 2007

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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Elargissement UE
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