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27 juillet 2008 7 27 /07 /juillet /2008 00:29
Le processus de « génération de forces » est celui qui permet à l'Union européenne de réunir les forces nécessaires auprès des Etats membres pour l'envoi d'une opération militaire à l'extérieur de l'UE. Sans « offres significatives des Etats membres, une opération ne peut être lancée ». De même les limitations imposées par les nations participantes à leur engagement militaire « peut aussi mettre en danger le lancement de l'opération (comme) le succès de l'opération ».

Qui initie le processus ?
Si c'est normalement au Commandant d'opération (OpCdr) de fournir le degré de détail nécessaire pour la génération de force à travers le Concept d'opération (Conops) et le Plan d'opération (OpPlan), l'Etat major de l'UE fournit une estimation initiale des capacités requises. Si une réaction rapide est nécessaire, la désignation rapide du Commandant d'opération et l'activation simultanée des Quartiers généraux de force, sur le terrain (FHQ) et de l'opération (OHQ), l'identification des structures de commandement et des capacités requises permet « d'accélérer le processus ». Les mécanismes prévus dans les concepts de réactions rapides, aérienne et maritime, peuvent servir de cadre pour la création de forces additionnelles. De même, les « Battlegroups » en alerte peuvent en bénéficier pour l'identification des équipements et capacités nécessaires.

Le processus de génération de comprend trois phases: l'identification, l'activation, le déploiement.

1) La phase d'identification doit commencer le plus tôt possible. Durant la préparation du concept de gestion de crise (CMC), des réunions de contribution indicative, conduites par l'Etat-Major, peuvent donner aux Etats membres une indication anticipée des moyens requis, sur la base de premières évaluations militaires et d'analyses.
• Les engagements pris lors de ces réunions ne sont pas obligatoires. Dans tous les cas, les Etats membres doivent fournir des indications avant que le Conseil ne sélectionne une option stratégique militaire (MSO). Les consultations avec les Etats tiers doivent aussi intervenir à ce stade pour les informer des intentions de l'Union européenne.
• Les Etats participants doivent indiquer le plus tôt possible toutes les restrictions d'emploi. Un « nombre significatif de limitations pourrait en effet entraîner l'augmentation de la taille de la force requise ». Toute demande d'engagement rapide d'éléments de force - par exemple la reconnaissance et le renseignement (Istar), la cellule civilo-militaire (Cimic), l'action « psychologique » (PsyOps ou propagande) - nécessite des consultations préalables avec les Etats membres. Ce travail sera pris en compte ensuite par le Commandant d'opération pour l'élaboration du Conops.

2) La phase d'activation. Dès l'approbation du Conops, et sur la base d'une déclaration provisoire de besoins (PSOR), le commandant d'opération entame l'activation de la force. Ce processus démarre « aussitôt que possible et peut être conduit simultanément avec les étapes finales de la phase (précédente) d'identification ». Un tableau récapitule les spécificités requises, leur  lieu d'implantation, la taille de l'unité, leur armement, leur durée d'engagement et le commandement. Pour cela, il fait suivre aux Etats concernés un message d'alerte d'activation («EU Actwarn») Ce message donne les dates clés, en particulier pour les conférences de génération de force. Les Etats membres doivent répondre à ce message en faisant une offre informelle, incluant leur intention de prendre un rôle leader dans une zone. Le rôle des conférences de génération - présidées par le commandant d'opération - consiste ensuite à confirmer le niveau et les spécificités des contributions nationales.
• Le commandant d'opération active alors un deuxième message « d'activation des demandes » (« EU Actreq ») avec toutes les données nécessaires sur les forces engagées (géographique, logistique, agenda, règles d'engagement), message auxquels les Etats membres doivent répondre, cette fois, par des engagements « formels », dans ce qu'on appelle le message de préparation de force (« EU Forceprep »). Si nécessaire, le Commandant d'opération peut conduire une série de « conférences d'équilibrage de forces » pour combler certains manques ou obtenir des engagements supplémentaires.
• Dès que le commandant d'opération estime que ses besoins sont remplis, ou que les manques existants ne sont pas critiques pour l'exécution de la mission, il publie la « liste des forces de l'UE », ce qui confirme les engagements des Etats participants. Cette liste est incluse dans le Plan d'opération. L'approbation de l'Oplan par le Conseil autorise le Commandant d'opération à donner l'ordre d'activation (« EU Actord »)
• Si les offres ne satisfont pas à ce qui est nécessaire, le commandant d'opération en fait rapport au Cops. De même s'il ne s'estime pas en position de remplir sa mission.
Durant toute cette phase, l'activation et la mise en place « simultanée » des quartiers généraux d'opération (OHQ) et de force (FHQ) est une « priorité ».

3) La phase de déploiement. Initiée par l'ordre d'activation, cette phase inclut le rassemblement des forces, leur déploiement et également le transfert d'autorité des Etats membres vers le commandant d'opération. C'est, en effet, un des atouts des opérations militaires de l'UE : les forces engagées ne sont plus soumises à l'autorité de leurs Etats membres mais de l'UE (sauf exceptions dûment fixées lors des ces phases préalables). Ce transfert constitue «l'étape finale» du processus de génération de forces.

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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans La PeSDC: comment çà marche
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logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.