Salle opérationnelle du QG de l'Eumm à Tbilissi © NGV
Un petit tour ensuite sur le terrain avec des patrouilles. Cela permet de comprendre la géographie du pays, les difficultés d'accesibilité de certaines points, donc de contrôle stratégique pour les forces en présence et d'observation pour les Européens (Perevi par exemple, vallée d'Alkhagori, ...). Le suivi classique ensuite d'une des 500 patrouilles faites jusqu'à ce jour par les 200 observateurs de l'UE. Sur la photo : deux policiers polonais, un gendarme français commandé par un expert civil bulgare (ancien du Ministre de la Défense). Nos "quatre mousquetaires" montent à pied sur le check point géorgien près de Tskhinvali (Ossétie du sud) à la rencontre des "policiers" géorgiens qui gardent la "frontière". A pied, car il fait un peu clair et avec les véhicules aux apparences militaires, mieux vaut éviter toute méprise des Russes et Ossètes qui gardent le check point de l'autre coté et peuvent voir à l'oeil nu toute arrivée ... Je vous parlerai aussi des enjeux de la visibilité...
Nos quatre "mousquetaires" à l'approche du Check point géorgien © NGV
La situation reste en effet tendue. Même si les observateurs n'ont jamais été visés intentionnellement ces derniers jours (ils ont été pris une fois dans un échange de tir entre les deux forces en présence), les incidents graves se sont multiplés occasionnant des pertes de vies humaines dans les rangs géorgiens. Au point qu'on peut s'interroger sur la logique de cette multiplication au moment où s'engagent les négociations internationales... Je vous donnerai les quelques informations recueillies sur les derniers incidents, édifiant... L'EUMM redéploie d'ailleurs son organisation du début, à l'approche de l'hiver, en réaménageant ses Fields Offices.
Un tour ensuite dans un petit village géorgien au nord de Gori, un village miraculé, pas de morts et de blessés, et quelques dégâts limités. Ici les familles sont mixtes Géorgiens et Ossètes, Belarus, Arméniens... et vivent en bonne intelligence les uns, les autres. Même après ce qui s'est passé. Cette mixité n'est pas exceptionnelle dans ces villages. Leur secret espoir que la frontière se rouvre, pour pouvoir revenir au marché préféré, situé de l'autre coté en Ossétie du Sud. Mais de part et d'autre, on semble plus enclin à durcir la frontière qu'à la rouvrir. Je vous en dirai plus...
les trois générations - géorgiens et ossètes mélangés - dans ce village au nord de Gori © NGV
Enfin quelques "impressions géorgiennes" sur l'adhésion du pays à l'Otan et la situation des droits de l'homme pas excellente en Géorgie, la volonté de revanche toujours présente au niveau des responsables politiques qui paraît dangereuse pour l'avenir, la responsabilité dans le conflit, les provocations en série, l'isolement respectif et même l'épuration ethnique (le mot a été prononcé à plusieurs reprises par les experts européens présents dans la zone), la situation économique d'un pays en développement et des deux provinces "indépendantes", ...
Avec mes remerciements à tous ceux qui m'ont aidé, aiguillé, informé durant ce voyage.