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28 janvier 2009 3 28 /01 /janvier /2009 00:32
(mis à jour en continu - dernière mise à jour : 4 février - points marqués *)

Entre avril 2009 et octobre 2009, les différentes têtes de l'Europe vont être renouvelées, à commencer par le président du Parlement européen (en juillet, à l'issue des élections du Parlement de juin) et le président de la Commission européenne dans la foulée (juillet); ainsi que le secrétaire général de l'Otan (le mandat prend fin en juillet mais le renouvellement pourrait aussi être décidé au Sommet de Kehl-Strasbourg en avril). La campagne commence... Suivront, dès août ou septembre, les membres de la Commission (sensés prendre leurs fonctions en novembre, et qui doivent être auditionnées par le Parlement européen entre septembre et octobre - sauf décision de repousser de quelques semaines cette prise de fonctions) ainsi que le Haut représentant des Affaires étrangères de l'UE. D'autres postes sont aussi à pouvoir qui, pour être plus discrets, n'en sont pas moins importants (comme le secrétaire général (adjoint) du Conseil de l'UE). Bien sûr, les esprits les plus rigoureux m'indiqueront que ces différentes nominations n'ont rien à voir l'une avec l'autre. Je leur laisse la liberté de penser cela... Je crois qu'au contraire, toutes ces nominations pourront être liées, et qu'il y aura une sorte de package (au moins au niveau des Européens et sur les postes de tête des exécutifs).

Dans ce grand ballet, il y a les candidatures annoncées, celles suggérées et celles non dites. Les tactiques de chacun étant différentes. Certains claironnent leur candidature longtemps à l'avance pour occuper le terrain. D'autres sont très en retrait attendant le moment propice pour s'avancer ou que leur nom sorte de négociations en coulisses. L'incertitude est totale car la liste des nominés dépend en grande partie de la nouvelle donne américaine (pour l'Otan) et des élections au Parlement européen (pour les postes de l'UE. Et celles-ci sont très incertaines. Aux difficultés économiques européennes (crise économique, financière sociale) qui vont certainement peser sur les résultats des élections s'ajoutent des éléments politiques (il y a plusieurs élections nationales ou locales dans plusieurs pays) et un élément juridique. Suivant que le Traité de Lisbonne sera ratifié, ou non (après le référendum irlandais à l'automne ?), le nombre de postes et les fonctions diffère (NB : selon le traité de Lisbonne, un président du Conseil européen doit être nommé, le Haut représentant de l'UE est membre également de la Commission mais n'est plus secrétaire général du Conseil, le nombre de commissaires diffère).

Voici un premier aperçu.

Secrétaire général de l'Otan (la nomination dépend d'un choix discrétionnaire des chefs de gouvernements des 26 Etats membres, le poids des USA étant toujours déterminant, inutile de le nier).

* Trois noms reviennent souvent
(notamment par mon collègue du International Herald Tribune) :
- Anders Fogh Rassmussen (danois, actuel Premier ministre, Venstre/Libéral). Son nom est souvent cité. Mais celui-ci a démenti toute velléité internationale. Tactique ou réelle volonté... En tout cas, il apprend le français (condition sine qua non pour être nommé à l'Otan... ou ailleurs)
- Radek Sikorski (polonais, actuel ministre des Affaires étrangères, ancien vice-ministre de la Défense, PO/PPE). Les Polonais croient beaucoup en sa candidature (et font appel aux soutiens américains traditionnels de la Pologne, comme Zbigniew Brzezinski revenu à la politique avec Obama).
Et ce serait vu comme un geste d'ouverture pour la "nouvelle Europe". L'intéressé a démenti être candidat. Peut-être n'a-t-il pas tort. Si on veut fâcher les Russes, il n'y a pas mieux... Tout dépendra donc surtout de la tactique américaine vis-à-vis de la Russie. Pour ma part, malgré les indéniables qualités de cette candidature (une des meilleures certainement), je n'y crois pas...
- Le nom du ministre de la Défense canadien,
Peter Gordon MacKay (conservateur) a aussi fait son apparition. Intéressant car le Canada se situe à mi-chemin des Etats-Unis et de l'Europe, bien que le candidat soit plutôt issu du monde anglophone que francophone. Cette candidature vient cependant rompre une coutume qui veut que le secrétaire général est issu du monde européen et que le Saceur (commandant en chef) est américain, son adjoint étant un européen.

Trois autres noms cités comme outsiders :
- Anne-Grete Strom-Erichsen (norvégienne, actuel ministre de la Défense, Labour)
- Michèle Alliot-Marie (française, actuel ministre de l'Intérieur, ancien ministre de la Défense, UMP): une candidature plus crédible qu'elle en l'air à tous points de vue (externe, interne) et qui commence à progresser au sein des rangs de l'Otan. Mais peut-être est-il un peu tôt pour un Français pour prendre la place.
* - Solomon Passy (bulgare, ancien ministre des Affaires étrangères, MSNE/Libéral).

Présidence du Parlement européen (décidée après l'élection au Parlement européen de juin, lors de la première session plénière de juillet, selon les alliances tissées entre les groupes parlementaires qui se sont formés)

Sont candidats déclarés :
- Jerzy Buzek (polonais, chrétien-démocrate PO/PPE, député européen, ancien Premier ministre, ancien de Solidarnosc)
- Graham Watson (britannique, libéral LidDem/ALDE, et président du groupe libéral et démocrate au PE).

Pourraient être candidats :
- Guy Verhofstadt (belge, libéral VLD/ALDE, ancien Premier ministre, tête de liste aux prochaines européennes)
- Michel Barnier (français, tête de liste UMP/PPE aux prochaines européennes)

Présidence de la Commission (nomination décidée par les 27 Chefs de gouvernement, mais qui doit recevoir l'aval de la majorité du Parlement européen)
  • - José-Manuel Barroso (portugais, actuel président, candidat à un deuxième mandat. C'est le seul candidat déclaré. Il bénéficie surtout actuellement du défaut d'autres candidatures, crédibles (entendons : acceptables par la plupart des Etats membres). Si des "poids lourds" montent à la Commission, il lui sera difficile de résister. Personnellement, j'ai du mal à le voir faire un second mandat. Le premier n'ayant pas été excellent. Un avis très partagé à Bruxelles, y compris au sein du Parlement européen (libéraux, verts et la gauche le refuse, çà fait beaucoup !) et même dans son collège de commissaires (passés les soutiens officiels obligés, quant on pose la question d'un mandat Barroso II, le silence ou le sourire entendu est souvent éloquent). Alors qui d'autre ?

  • - L'actuel Premier ministre néerlandais, Jan-Peter Balkenende (CDA/PPE), brillant, jeune. Il ne cache pas ses ambitions pour prendre la tête de la Commission. Et le nouveau gouvernement pourrait le soutenir pour ce poste. L'intéressé a cependant démenti être candidat, dans une lettre remise à la Deuxième chambre du pays, fin janvier.

  • - Un Allemand ou à défaut un germanophile serait justifié. Cela fait aussi presque 40 ans que l'Allemagne n'a pas eu la direction de la Commission. Et son poids économique comme politique retrouvé justifierait que le prochain président soit un ami proche de Berlin. A cette hypothèse, Paris ne serait pas hostile - au contraire semble-t-il.

A la Commission européenne (nomination décidée par chaque Etat membre, mais la répartition des postes se fait avec l'accord du nouveau Président désigné de la Commission, et le tout requiert l'aval de la majorité du Parlement. Les auditions des commissaires sont déterminantes et le passé a montré que cet examen n'était pas une formalité). Attention : renouvellement veut dire être présent au sein de la Commission, ce n'est pas sûr que ce soit au même portefeuille (c'est plutôt d'ailleurs l'exception que le principe !). Les étiquettes mentionnées correspondent à celles en usage actuellement au Parlement européen : PPE = parti populaire européen (chrétien-démocrate) PSE = parti socialiste européen UEN = Union de l'Europe des nations (souverainistes). A noter que l'idée de réduire la taille de la Commission semble abandonnée, le principe d'un commissaire par Etat membre - applicable depuis le Traité de Nice - serait ainsi conservé.
  • - Allemagne. Rien n'est sûr. Seul acquis : l'actuel commissaire Günther Verheugen (SPD/social-démocrate) s'en irait. Les élections générales ont lieu en septembre. Et nul ne sait quelle coalition sortira des urnes. Un candidat idéal aurait été Wolfgang Schaüble (ancien leader de la CDU/PPE, actuel ministre de l'Intérieur) mais l'âge de l'intéressé pourrait l'empêcher de porter candidature. Coté SPD (Social-démocrate), ce pourrait être Martin Schulz, leader SPD au Parlement européen. Coté CDU (PPE), un des candidats préférés de la chancelière Angela Merkel est Peter Hintze (secretaire d'Etat à l'Economie). Le président du Land de Hesse, Roland Koch, était aussi cité comme potentiel candidat.
  • * - Autriche. La commissaire aux Relations extérieures Benita Ferrero-Waldner (OVP/PPE) voudrait rester. Mais la coalition au pouvoir socialiste/chrétienne démocrate (SPO/OVP) ne l'entend pas de cette oreille. Wilhelm Molterer, porte-parole constitutionnel de l'OVP au parlement national est le candidat le plus récemment cité. Cela pourrait changer. Il y a un vaste mouvement de postes selon lesquels les partenaires de la coalition doivent s'entendre selon Die Presse
  • - Belgique. Selon le principe de rotation linguistique propre au pays, l'actuel commissaire au développement, le francophone Louis Michel (MR/Libéral), doit céder la place à un Flamand, un libéral flamand (selon la répartition des postes au gouvernement). L'actuel ministre des Affaires étrangères Karel de Gucht (VLD/Libéral) est le candidat cité. A moins qu'il ne se fasse doubler par un autre VLD Guy Verhofstadt (qui se présente au Parlement). 
  • - Bulgarie. L'actuelle commissaire à la Consommation, Meglena Kuneva (MSNE Mouvement Siméon II/Libéral), pourrait être renouvelée.
  • - Chypre. L'actuelle commissaire à la Santé, Androulla Vassiliou (Libéral), serait renouvelée. Elle vient d'arriver en remplacement de Markos Kyprianou reparti au gouvernement comme ministre des affaires étrangères
  • - Danemark. La commissaire actuelle à l'agriculture, Mariann Fischer-Boel (Venstre/Libéral), a fait un bon travail, assure-t-on à Copenhague, et pourrait être renouvelée. Sauf si le Premier ministre qui dénie être candidat à un poste international se ravise (voir le § Otan).
  • - Espagne. Le commissaire actuel à l'Economie, Joaquim Almunia (PSE), est candidat au renouvellement et son gouvernement pourrait l'appuyer. Il a fait un bon parcours. Reste à savoir ce qu'il adviendra de Javier Solana - actuel haut représentant -, socialiste espagnol également. A noter que l'équipe gouvernementale actuelle compte aussi deux "anciens de Bruxelles" : Miguel Angel Moratinos (affaires étrangères) et Pedro Solbes (économie).
  • - Estonie. Le commissaire actuel à l'Administration, Siim Kallas (passé du PC au Parti de la Réforme/Libéral), est candidat au renouvellement et son gouvernement est prêt à l'appuyer.
  • * Finlande. L'actuel commissaire à l'élargissement, Olli Rehn (Parti du centre/Libéral), est candidat au renouvellement et vise un poste "Affaires étrangères" (éventuellement Haut représentant). Certains responsables politiques finlandais estiment qu'il serait plus justifié d'obtenir un poste économique ou d'importance nationale (politique régionale?). D'autres estiment que ce n'est pas réaliste - si Barroso est président de la Commission - que le portefeuille "Haut représentant" soit donné à un "petit" pays également. Le nom d'Alexandre Stubb, le ministre des Affaires étrangères a été avancée (Conservateur). Mais quittera-t-il la scène nationale à un moment donné où son aura en fait une des stars du moment. 
  • - France. L'actuel commissaire Jacques Barrot s'en va. Le candidat "naturel" pourrait être Michel Barnier (UMP/PPE, actuel ministre de l'agriculture et ancien ministre des Affaires étrangères et ancien commissaire à la politique régionale - tête de liste aux élections européennes). Mais d'autres candidats comme Jean-Pierre Jouyet (ancien ministre délégué aux Affaires européennes, et aujourd'hui à la tête de l'Autorité des marchés, qui a la confiance de Nicolas Sarkozy et a été au cabinet Delors) pourrait être candidat en deuxième ressort. La France serait candidat à un poste "économique" important (dixit Sarkozy)...
  • - Grèce. Le commissaire actuel à l'environnement, Stavros Dimas (Nouvelle Démocratie/PPE) est candidat au renouvellement. C'est une vraie réussite (une des seules !) de cette Commission.
  • - Hongrie. Le commissaire actuel à la fiscalité, Laszlo Kovacs (ex PC devenu social-démocrate au MZSP/PSE), ne serait pas renouvelable.
  •  * Irlande. A la place du commissaire au marché intérieur, Charlie McCreevy (Fianna Fail/UEN), qui devrait quitter son poste (et dont on ne regrettera pas le départ), le nom de John Brutton (actuel chef de la délégation de la CE aux Etats-Unis) et ancien Premier ministre (Fine Gael/PPE) a été cité ; seul hic, il n'appartient pas à un parti au pouvoir. Deux noms ont été cités également, appartenant au gouvernement actuel : celui de Mary Harney, la ministre de la Santé également, ou de Noël Dempsey, le ministre du Transport. Le leader du Fine Gael (opposition) avait demandé en décembre au Premier ministre de rapidement nommer un nouveau commissaire irlandais - de façon anticipée - afin de garder l'influence irlandaise au sein de la Commission. McCreevy étant de plus en plus critiqué. Le Premier ministre, Cowen, n'a pas donné suite à cette demande. Signalons également que le poste de secrétaire générale de la Commission, poste discret mais très important, est occupée par une Irlandaise, Catherine Day. McCreevy, ancien ministre des Finances, a exclu, début janvier, tout retour sur la scène politique nationale, estimant qu'après le poste à la Commission il était temps de passer à autre chose.
  • - Italie. Le commissaire actuel au Transport, Antonio Tajani (Forza Italia/PPE), nommé récemment par Berlusconi, à la place de Franco Frattini (passé ministre des Affaires étrangères) serait reconduit. Pas une réussite!
  • - Lettonie. Le commissaire actuel à l'Energie, Andris Piebalgs (Latvijas Cels "la voie lettone"/PPE), propulsé par défaut (la candidate Ingrida Udre avait alors été recalée par le Parlement) n'a pas fait un si mauvais parcours malgré des débuts balbutiants. C'est un des rares à ne pas vouloir vraiment rempiler mais dont le gouvernement refuse le départ.
  • * Lituanie. la commissaire actuelle au budget, Dalia Grybauskaité, pourrait partir avant le renouvellement de son mandat. Nombre de Lituaniens estiment qu'elle ferait une excellente présidente (les sondages la donnent largement devant, d'éventuels prétendants comme le président du Parlement, Arünas Valinskas). Les élections présidentielles se déroulent le 17 mai 2009. L'intéressée est silenciencieuse... 
  • * Luxembourg. La commissaire chargée de la société de l'information, Viviane Reding (CSV/PPE), fera-t-elle un troisième mandat. En tout cas, elle le laisse entendre. Seul hic. Elle est aussi candidate aux élections européennes, tête de liste pour son parti. Ce qui suscite quelque polémique au Grand Duché. Les partis principaux s'étant entendus pour que les députés qui se présentent siègent réellement. L'autre candidat naturel, Jean-Claude Juncker, qui a longtemps été le "meilleur candidat entre tous" à la tête de la Commission européenne, n'est plus du tout cité dans cette perspective. Il exerce actuellement la présidence de l'eurogroupe - au niveau ministériel.
  • - Malte. Le commissaire actuel chargé de la Pêche, Joe Borg (Parti national/PPE) se verrait bien reconduit (pas d'autre rival sérieux à Malte pour l'instant)
  • - Pays-Bas. L'actuelle commissaire à la concurrence, Neelie Kroes (VVD/Libéral), ne serait pas reconduite, malgré son bon parcours (à mon avis). Elle n'est pas du même bord que la coalition au pouvoir. Le problème est de trouver un commissaire qui fasse le consensus entre les deux partis de la coalition. Coté CDA (Chrétien-démocrate), sont candidats Piet-Hein Donner (ministre des Affaires sociales) ou Cees Veerman (ancien ministre de l'agriculture, déjà candidat en 2004). Coté PVDA (social-démocrate), sont en lice Frans Timmermans (Affaires européennes) ou son prédécesseur Dick Benschop. Le Premier ministre J.P. Balkenende pourrait aussi être candidat mais à la tête de la Commission.
  • - Pologne. L'actuelle commissaire, Danuta Hübner (Politique régionale, sans étiquette mais nommée par l'ancien gouvernement "communiste"), ne sera pas reconduite. A la place, le gouvernement pense à Jacek Lewandowski (PO-PPE, député européen), candidat à un poste "économique" important (dixit le Premier ministre Tusk)
  • - Portugal. C'est simple. José-Manuel Barroso (PPE), président de la Commission, est candidat au renouvellement. Et le gouvernement (social-démocrate) le soutient. Au nom de l'intérêt national mais aussi car il est toujours préférable de laisser un potentiel concurrent loin de Lisbonne. S'il s'avère qu'il ne tiendra pas ce poste, là tout est remis en jeu.
  • - Roumanie : l'actuel commissaire au Multilinguisme, Leonard Orban (PNL/Libéral) serait remplacé. Le candidat le plus sérieux serait le ministre des Affaires étrangères - et ancien représentant auprès de l'UE - Lazar Comanescu. La Roumanie vise aussi un autre poste que celui du multilinguisme qui ressemble plus à un strapontin. Le président et le Premier ministre roumain l'ont rappelé au président de la Commission, J.M. Barroso, en venant le 12 janvier à Bruxelles. 
  • - Royaume-Uni: l'actuelle commissaire (Commerce), Catherine Ashton (Labour/PSE), nommée il y a peu en remplacement de Mandelson reparti à Londres, voudrait bien être renouvelée. Mais son parti a dû mal à suivre.
  • - Slovaquie. Le commissaire à l'Education, Jan Figel (KDH/PPE) s'en va. Celui qui était Ministre des affaires étrangères jusqu'à fin janvier, Jan Kubis (SMER/PSE), serait candidat.
  • * Slovénie. Le commissaire actuel à la Recherche, Janez Potocnik (LDS/Libéral) qui était donné un moment partant de la Commission se verrait bien reconduit. Il fait campagne actuellement à Ljubljana dans ce sens - il a vu le Premier ministre récemment. Un argument politique joue en sa faveur : cela l'éloignerait de la scène nationale. La seule alternative sérieuse coté slovène pourrait être l'ancien Premier ministre, Anton Rop (aujourd'hui social-démocrate/PSE).
  • * Suède. La vice-présidente chargée de la Communication, Margot Wallström (PSE), ne serait pas renouvelée et ne chercherait pas à l'être. Son parti est dans l'opposition. Un candidat possible pourrait être l'ancienne députée européenne, passée ministre, Cécilia Malmström, à moins que ce soit Carl Bildt (cette fois pour viser le poste de Haut Représentant). Le Premier ministre voit Barroso ce lundi.
  • - Rép. Tchèque. L'actuel commissaire européen à l'Emploi, Vladimir Spidla (PSE) n'est pas candidat à un deuxième mandat. De plus, son parti est désormais dans l'opposition. Le nouveau commissaire tchèque devrait, sauf changement, être membre de la coalition gouvernementale (ODS / KDU / Verts). L'actuel ministre aux Affaires européennes, Alexander Vondra (ODS/PPE), est candidat. Tout dépendra de la façon dont il mène la présidence tchèque de l'UE. D'autres candidats pourraient surgir comme le nouveau ministre aux Affaires régionales Cyril Svoboda (membre du petit parti chrétien-démocrate (KDU/PPE), récemment nommé ministre de la Politique régionale et ancien ministre des Affaires étrangères du gouvernement social-démocrate, il a également été chef de la délégation tchèque lors des négociations d'adhésion de son pays à l'UE.
* NB : dans les noms actuels, une très nette prédominance de la droite - PPE (12 à 14 contre 9 aujourd'hui) et Libéral (6 contre 10 aujourd'hui) tandis que le PSE plafonne (4 à 6 contre 6 aujourd'hui)- ce qui reflète la composition actuelle des gouvernements européens. Mais constitue un sérieux déséquilibre politique pour une institution sensée représenter l'intérêt général. Attention cependant aux amalgames rapides : un social-démocrate tchèque est plus proche d'un libéral néerlandais et un libéral francophone belge ou un UMP français est plus proche d'un social-démocrate suédois. Et très peu de femmes pour l'instant (seulement 3-4 dans les "nominées" contre 10 dans la Commission actuelle). Du coup, les pays qui avanceraient une "bonne" candidate auront plus de chance qu'un "bon" candidat. Certains noms pourraient donc changer. Au fur et à mesure des adhésions il faudra prévoir un commissaire croate, monténégrin, islandais, voire serbe !


Haut représentant aux Affaires étrangères (selon la ratification - ou non - du Traité de Lisbonne, ce poste est jumelé - ou non - avec celui de commissaire aux Relations extérieures de la Commission, nomination par les Etats membres avec l'assentiment du président désigné de la Commission - ou sans son assentiment). Il est
actuellement détenu par le socialiste Javier Solana, depuis la création du poste il y a 10 ans. Et la moindre de ses réussites n'est pas d'avoir obtenu que ce poste soit aujourd'hui un des postes les plus courus. Sauf demande des Etats, il ne se représente pas.

Deux noms souvent cités :
- Carl Bildt (Suédois, actuel ministre des Affaires étrangères, Moderaterna/PPE). A mon sens une des meilleures candidatures. Spécialiste des Balkans (envoyé spécial à deux reprises, en Bosnie et dans les Balkans, pour l'UE comme pour l'ONU), il vient aussi d'un pays qui présente quelques garanties pour ce poste : ni petit ni grand, pionnier en matière de défense, notamment de maintien de la paix, pas membre de l'Otan mais pas très loin non plus,
à mi chemin entre l'Est et l'Est. Seul problème (pour les Français), il ne parle pas français. D'autres considérations peuvent nuire à cette candidature : l'équilibre géographique. Difficile d'accepter un Suédois si un Danois ou un Norvégien est nommé à l'Otan. D'autant que c'est aussi un Suédois qui va présider le comité militaire de l'Union européenne.
- Jaap de Hoop de Scheffer (Néerlandais, actuel secrétaire général de l'Otan, ancien ministre des Affaires étrangères). Ce serait une tradition que d'aller chercher le Haut représentant à l'Otan. Javier Solana était lui-même ancien secrétaire général de l'Otan. Cela pouvait se justifier il y a 10 ans lors de la création du poste. Cela se justifie moins aujourd'hui. Une tradition est faite pour s'arrêter...

* Autres noms :
- Joschka Fischer (Allemand, ancien ministre des affaires étrangères, Verts).
- Olli Rehn (Finlandais, actuel commissaire européen "Elargissement").
- Bernard Kouchner (Français, actuel ministre des Affaires étrangères, PS/apparenté PPE ! via Sarkozy). Ancien représentant de l'ONU au Kosovo, personne n'y pense, mais cette candidature pourrait être "intéressante". Ce ne serait que justice par rapport au rôle joué durant la présidence française de l'UE. Maintenant cette candidature peut être perçue comme "trop frenchie".

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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Europe pouvoir - Traité de Lisbonne
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logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.