Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
24 janvier 2000 1 24 /01 /janvier /2000 15:36
(article paru dans France-Soir, janvier 2000)

Le Parlement européen a, entre les mains, un petit bâton de dynamite concocté par son Office d’évaluation scientifique et technique. Celui-ci vient de produire quatre études - qui devraient être débattues le 22 février par la commission des libertés publiques - et pourraient provoquer quelques remous dans les relations entre Européens ou avec les Américains. En effet, « depuis 1947, les États-Unis et le Royaume-Uni ont scellé un accord pour partager leurs capacités d’écoute sur tous les réseaux de communication. ». Objectif : bien sûr la lutte contre le terrorisme ou la criminalité mais surtout l’économie. En clair, l’espionnage industriel est au centre du dispositif, surtout depuis la fin de la guerre froide. Dans les années 1970, les deux pays-frères ont ainsi mis sur pied un réseau d’écoute mondiale, dénommé Echelon qui dispose de différentes bases d’écoute, dont deux au Royaume-Uni (à Chicksands et Cheltenham),  Internet, câbles sous-marins de téléphones, radio, rien n’échappe à Echelon qui dispose, souligne le rapport, de capacités suffisantes pour « avaler » toutes les informations transitant sur le réseau mondial. Les informations interceptées sont triées et codifiées, par type d’information (C pour les messages commerciaux, D pour les messages diplomatiques...) ou par pays (FRD pour la diplomatie française...). Dès qu’un enjeu économique est décelé, l’élément est transmis, après synthèse, aux services commerciaux intéressés, aux entreprises éventuellement. Echelon a ainsi permis aux Américains de remporter quelques victoires commerciales d’envergure. Quand Airbus veut, en 1995, vendre des avions en Arabie saoudite, Boeing et Mc Donnel Douglas font une contre-offre et emportent le marché. Les Américains ont aussi pu suivre « de près» les négociations européennes sur les quotas de véhicules avec le Japon. Mais ce n’est pas tout ! Pour faciliter l’accès aux informations, les Etats-unis, insiste le rapport, ont délibérément encouragé certaines technologies. Le FBI (le bureau fédéral d’investigation) a ainsi initié des législations télécommunications dans de nombreux pays pour limiter le cryptage. De même, les principaux concepteurs de logiciels informatiques ont été fortement incités à inclure des codes dans leurs programmes permettant à la NSA - national security agency - de les décrypter aisément.

Partager cet article

Repost 0
Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Marchés de défense - Industrie
commenter cet article

commentaires

Nouveau Site


Bruxelles2 a migré depuis 2010 ! Les derniers posts sont sur  : www.bruxelles2.eu

Ou sur la version professionnelle du "Club" sur souscription

Sans oublier le fil http://www.bruxelles2.eu/feed/link... ou le fil Twitter

Avertissement B2 - Bruxelles2 n'est, en aucune façon, responsable de l'irruption de publicités, sur ce site, qui sont de l'unique initiative et responsabilité de l'hébergeur, over-blog. Vous pouvez nous suivre désormais sur le site (sans publicité) de B2

Bruxelles2 en quelques mots

Derrière les murs, la politique (européenne) des affaires étrangères (PESC), de sécurité et de défense commune (PeSDC) est décryptée. Stratégie, politique, gestion de crises, industrie ou transport aérien militaire, surveillance maritime et protection civile...Missions militaires et civiles de l'UE (Bosnie-Herzégovine, Kosovo, Géorgie, Moldavie / Ukraine, Afghanistan, Irak, Palestine, Congo RDC, Guinée-Bissau, Haïti, Océan indien, Somalie, Tchad).

logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.