Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
20 mai 2009 3 20 /05 /mai /2009 17:04
Les discussions sur l'avenir de l'A400M restent « difficiles » et le sujet va être, à nouveau, abordé, entre les ministres de la défense concernés, en marge de de la réunion ministérielle de l'OTAN, les 11 et 12 juin à Bruxelles. Lors d'une audition au Sénat français, le 12 mai, consacrée aux conséquences de la crise économique sur la défense, Hervé Morin n'a pas câché un certain pessimisme et expliqué à quelles solutions la France pouvait recourir pour pallier le retard des A400M.

Le prix de l'avion augmentera si les Britanniques se retirent. Si les Etats se sont accordés en mars sur un moratoire de trois mois permettant d'ouvrir des discussions préliminaires,
les discussions continuent avec EADS. L'industriel "souligne l'augmentation du coût des facteurs due au retard du programme, et demande un partage des risques financiers" a expliqué le Ministre. "A cela s'ajoute une augmentation du coût unitaire des appareils dans le cas où le Royaume-Uni se retirerait de ce programme" (option de plus en plus sérieuse vu les sérieuses difficultés économiques et budgétaires auquel est confronté le Royaume, ce retrait pourrait d'ailleurs être partiel).

Sept solutions palliatives opérationnelles. En attendant la livraison de l'avion, la France examine des solutions palliatives qui sont au nombre de sept a confirmé le ministre. Certaines options nécessitent une certaine anticipation et un engagement plus important car elles concernent l'achat de matériels solution 1 et 7), d'autres nécessitent une évolution industrielle importante (solutions 3 et 6). D'autres enfin semblent plus immédiatement faciles à mettre en oeuvre (solutions 2, 4, 5 et 7).
Citons dans l'ordre où le ministre les a cités :
1) l'achat de C-17,
2) la location de C-17 à l'OTAN,
3) une anticipation du programme de l'avion multirôle de ravitaillement en vol et de transport (MRTT),
4) l'augmentation des heures d'Antonov loués dans le cadre du programme SALIS (solution intérimaire pour le transport aérien stratégique),
5) le recours accru aux CASA pour les transports inter-théâtres et l'entraînement des troupes parachutistes,
6) le renforcement de la voilure des TRANSALL les plus récents, grâce aux interventions des ateliers industriels aéronautiques (AIA),
7) le recours au C-130-J.
Certaines de ces "solutions" pourraient d'ailleurs être utilisées simultanément.

Le sort des sous-traitants fragilisés. Le délégué général de l'Armement (DGA) du ministère de la Défense, Laurent Collet-Billon, a pointé le doigt sur un problème souvent peu évoqué : la situation des sous-traitants "qui assument sur leurs fonds propres une partie des risques liés au développement de sous-ensembles déjà fournis à EADS". Il a ainsi souligné que les effets négatifs de ce retard "apparaîtront au-delà de deux ans et affecteront l'ensemble de la chaîne de sous-traitance mais également les grands groupes, notamment Dassault et Thalès, qui font appel à ces sous-traitants". Selon lui, "les grandes sociétés ont tendance à capter les recettes et à sous-traiter les risques, ce qui fragilise d'autant ces PME". L'Etat étudierait ainsi la possibilité d'un soutien direct du développement technologique, qui "permettrait un versement rapide, en moins de trois mois, des sommes que l'Etat leur destine".

(lire le compte rendu intégral)

Partager cet article

Repost 0
Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Marchés de défense - Industrie
commenter cet article

commentaires

o+Kempf 20/05/2009 22:13

Louer des C-17 à l'OTAN : mais ce sont certaines nations alliées qui ont acheté des avions, non l'Organisation en tant que telle, même si ces nations ont décidé de se réunir dans un "NATO-body" : celui-ci n'appartient pas toutefois à l'organisation proprement dite, à la différence des AWACS par exemple.Autre question : les C 17 ont-ils été livrés (là, je ne sais pas) ? quand le seront-ils ? et les nations membres du consortium accepteront-elles de les louer dans un programme similaire au SALIS, alors qu'elles les ont achetés pour leurs proprres besoins ?Questions à poser du côté d'Evère, cher Nicolas G-V.Amitiés,O. Kempf

Nouveau Site


Bruxelles2 a migré depuis 2010 ! Les derniers posts sont sur  : www.bruxelles2.eu

Ou sur la version professionnelle du "Club" sur souscription

Sans oublier le fil http://www.bruxelles2.eu/feed/link... ou le fil Twitter

Avertissement B2 - Bruxelles2 n'est, en aucune façon, responsable de l'irruption de publicités, sur ce site, qui sont de l'unique initiative et responsabilité de l'hébergeur, over-blog. Vous pouvez nous suivre désormais sur le site (sans publicité) de B2

Bruxelles2 en quelques mots

Derrière les murs, la politique (européenne) des affaires étrangères (PESC), de sécurité et de défense commune (PeSDC) est décryptée. Stratégie, politique, gestion de crises, industrie ou transport aérien militaire, surveillance maritime et protection civile...Missions militaires et civiles de l'UE (Bosnie-Herzégovine, Kosovo, Géorgie, Moldavie / Ukraine, Afghanistan, Irak, Palestine, Congo RDC, Guinée-Bissau, Haïti, Océan indien, Somalie, Tchad).

logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.