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13 novembre 2009 5 13 /11 /novembre /2009 01:04
Le ministre de la Défense belge, Pieter de Crem, a fait part, jeudi, à quelques journalistes (dont j'étais), de ses doutes sur la mission que projette l'UE pour l'entraînement des soldats somaliens et a plaidé pour une réorientation de la stratégie de l'opération anti-pirates ; à l'instar de sa collègue espagnole Carme Chacon avec qui il s'est concerté récemment dans le cadre des futures présidences (l'Espagne puis la Belgique vont prendre la présidence de l'Union européenne en 2010).

Des doutes sur Eusec Somalia. Ce n'est pas le principe en lui-même de la mission que De Crem critique. Encore que... : il explique ses plus grandes craintes sur le devenir de ses soldats, une fois formés (1).
Il souhaiterait plutôt que cette mission s'inscrive dans une réflexion plus globale. "il ne faut pas refaire comme en Afghanistan, du tout militaire, pour s'apercevoir ensuite qu'il est nécessaire d'avoir une action civile" assure ainsi un de ses conseillers, parlant sous le contrôle du Ministre. "L'important est de stabiliser la Somalie. Il faut donc une action complète diplomatique. Et surtout un engagement à long terme. On ne peut intervenir durant un ou deux ans et repartir." explique le Ministre "Nous avons affaire à un fail state. Et on ne peut intervenir, comme çà, au risque que cela se retourne contre nous à terme." ajoute un conseiller

Sur Atalanta, le Ministre a plaidé pour une réorientation de la stratégie. "Plutôt que de se disperser sur tout l'Océan indien, on devrait - estime-t-il à l'instar des Espagnols (2) - pouvoir bloquer les pirates d'où ils partent, des ports". Cependant il n'a pas caché que cette action pouvait avoir des risques et était complexe diplomatiquement. Une négociation s'impose avec les Somaliens, car bloquer des ports peut s'assimiler à un acte de guerre (Nb : le blocus), explique un expert du dossier. Le Ministre aussi plaidé pour le développement des VPD (équipes embarquées à bord des navires) qui pourrait être une solution.


Atalanta prolongée jusqu'en... 2011. Si le Ministre n'a pas réitéré, lors de ce briefing, son désir de voir la Belgique diriger la force Atalanta au dernier quadrimestre de 2010 (en même temps qu'elle présidera l'UE), il n'a pas perdu espoir et continue d'y travailler, assure son entourage. Des contacts ont été pris avec les Néerlandais et les Français notamment pour voir si un Etat-Major pouvait être embarqué à bord d'un navire amiral (la Belgique ne dispose pas de cette flotte). Durant sa présidence, Pieter de Crem compte ne pas rester inactif. "L'opération Atalanta sera certainement prolongé au-delà de 2010 (pour une troisième année supplémentaire) car le problème de la piraterie risque de ne pas être résolu d'ici là. Il faut réfléchir sur le long terme pour éviter un épuisement des forces".

(1)
Une opinion qu'il avait déjà exprimée ainsi que plusieurs Ministres à Göteborg, lire : Les Européens pas très enthousiastes pour une mission SSR en Somalie - ; une préoccupation qui concerne également les militaires comme l'a relaté le Général Bentegeat - lire - Eusec Somalia aura pour objectif de former 2000 soldats)

(2) lire :
L'opération Atalanta... pas assez efficace pour les Espagnols.

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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Piraterie Golfe d'Aden - Océan Indien
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Thibault Lam001 13/11/2009 16:22


Je vais, peut être, être censurer pour ce que je vais dire encore...

L'Espagne à le mérite, au moins, de disposer des forces nécessaires pour bloquer deux ou trois ports somaliens. Un porte-aéronef de commandement pouvant être relever, des frégates F100 qui
pourraient assurer le soutient et d'autres encore.

Mais, c'est mal placé de la part du ministre de la défense belge de parler de telle opération. C'est un fossoyeur des capacités militaires belge. La Belgique a deux frégates ex-hollandaise. C'est
assez dans le cadre d'une opération coordonné certes.

Ce sont encore une fois deux pays qui n'investissent pas assez dans la défense, et par manque de coordination européenne, perdent des capacités sans aucune concertation.

Les EPE ? Il me semble que c'est un interdit légal pour l'Espagne qui, sans nouvelle loi, est obligé d'avoir recours exclusivement à des mercenaires. Néanmoins, cette situation interpelle. Les EPE
françaises financés par le gouvernement ou les armateurs espagnols ? Pourquoi pas.

Enfin, les conclusions de ces deux compères bien peu responsable sont surprenante. Bloquer un port c'est un acte de guerre sûrement. Mais c'est aussi une fausse situation intermédiaire. Je ne serai
pas surpris que les pirates somaliens trouvent le moyen de contourner le dispositif. Et peu importe de toute façon. Ces deux là ont seulement trouver le moyen de relancer l'hypothèse d'une
intervention armée en Somalie.

Mais personne ne trouve des solutions qui commencent à peine à être explorer en Afghanistan : développer un embryon économique dans les zones "grises" de la planète !


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logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.