Balkans - Bosnie Kosovo

Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Balkans - Bosnie Kosovo
Mercredi 23 septembre 2009
6 heures ce matin (mercredi), à Novo Brdo (Novobërdë) dans la région de Gnjilane au Kosovo, l'unité spéciale d'enquêtes "crimes de guerre" de la police d'Eulex démarrent une opération d'arrestation de 4 criminels de guerre, sur requete du procureur d'Eulex. Ces hommes et femmes - Slobodan M. Srecko M. Svetlana S;, Sredjan F. - sont soupçonnés d'avoir commis en avril 1999 des crimes de guerre : traitement inhumain, viols et violation de l'intégrité corporelle, mesures d'intimidation et terreur, arrestation illégale. Une cinquième personne a été arrêté pour obstacle aux forces de police. Les suspects sur lesquels portent de fortes présomptions - des preuves ont été saisies sur place - sont actuellement interrogés.
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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Balkans - Bosnie Kosovo
Samedi 12 septembre 2009
Le lieutenant-général allemand Markus Bentler a pris ses fonctions, le 8 septembre, à la tête du détachement de l'OTAN au Kosovo (KFOR). Il remplace à ce poste l'Italien Giuseppe Gay. Il aura notamment à gérer la décroissance des effectifs dans l'ancienne province serbe, devenue indépendante.

Après des classes au 41e bataillon de chasseurs de Göttigen, il étudie à l'université de la Bundeswehr, où il est un des premiers élèves officiers (l'université ayant été créée en 1973). Sa première fonction dans un poste d'Etat-major le conduit à la division d'infanterie mécanisée de Kassel (comme G2) puis à la 6e brigade blindée (comme G3, de 1987 à 1989). Il est attaché de défense à l'ambassade d'Allemagne à Washington (Etats-Unis) de 1989 à 1992. A son retour, il prend le commandement de la 23e brigade d'infanterie de montagne de Bad Reichenhall et commande le 6e contingent allemand et la brigade multinationale sud-est de la Kfor à partir de décembre 2002. Il dirige ensuite l'école des officiers de Dresde jusqu'en 2006 puis penrd la tête de la 10e Panzerdivision de Sigmaringen. Il est né le 16 mai 1953 et a été nommé lieutenant-général avec effet le 1er septembre 2009.
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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Balkans - Bosnie Kosovo
Vendredi 11 septembre 2009
Le directeur de la composante police d'Eulex, la mission européenne "Etat de droit" au Kosovo, vient de signer, vendredi après-midi, avec son homologue de Belgrade, responsable de la police de Serbie, un accord d'échange d'informations sur la criminalité, viens-je d'apprendre de source européenne. L'objectif de cet accord est de permettre une meilleure coopération entre les deux forces de police - européenne et serbe - afin de lutter contre la contrebande et la criminalité transfrontalière / sur la frontière administrative. Cette astuce de langage (sur la frontière) a permis de le rendre acceptable par les deux parties. Les premiers ne reconnaissant que la ligne administrative entre la Serbie et le Kosovo, les autres soulignant que c'est la frontière d'un nouvel Etat. Il faut noter que cet accord est signé au niveau des entités opérationnelles et non pas des entités politiques afin de ne pas lui donner le moindre retentissement qui pourrait apparaître comme le début d'une reconnaissance de la scission du Kosovo par la Serbie. Le gouvernement du Kosovo avait, pourtant, manifesté son mécontentement envers cet accord. Mais ne devrait pas s'y opposer davantage dorénavant, ayant reçu des garanties sur l'étendue de la coopération entre Eulex et la Serbie.

(mise à jour) Voici la déclaration qu'a publiée, vendredi soir, Eulex : "As we have said earlier, the arrangements on police cooperation with Belgrade are of a technical nature. They aim at fighting organised crime and smuggling. This will be to the benefit to all the people in Kosovo. In order to bring criminals to justice evidence needs to be shared and exchanged through the region and mechanisms need to be established to facilitate this. The Kosovo police will be heavily involved in the information exchange. (...) Regional cooperation is a key factor in combatting cross border criminality. The mission will continue to seek operational cooperation on all such issues, related to its mandate. (...)"
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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Balkans - Bosnie Kosovo
Jeudi 3 septembre 2009
En venant devant la sous-commission parlementaire de la Défense du Parlement européen, le général Bentegeat - président du Comité militaire de l'UE - avait une vocation un peu pédagogique devant les députés présents, la plupart nouveaux officiants : dresser un tableau des opérations militaires dans lesquels l'UE est engagée. Il s'y est employé, avec d'autant plus de liberté, que c'est une de ses dernières apparitions devant la représentation démocratique. Le général devrait, en effet, passer le flambeau à son homologue suédois à l'horizon de novembre (nous y reviendrons). Même s'il ne l'a pas détaillé outre-mesure, on peut dire que une de ses principales préoccupations porte sur la Bosnie-Herzégovine. Un véritable casse-tête.

Le casse-tête politique de la Bosnie-Herzégovine. Tout le monde est d'accord pour constater que la « situation est calme et aucun risque sécuritaire n'est perceptible à court et moyen terme » et, même si le risque de résurgence de troubles existe, la force militaire européenne (2200 hommes sur place) n'a plus tout fait lieu d'être dans un pays qui se reconstruit et devra, un jour ou l'autre, intégrer l'Union européenne. C'est plutôt de l'ordre de la police. Par ailleurs, plusieurs Etats veulent dégager leurs troupes pour les mettre sur d'autres fronts. Tout concorde donc à un retrait maximal des troupes et la transformation de la force en « une mission de conseil et d'assistance aux armées bosniaques ». Mais le comité de direction du Peace implementation council (PIC) qui doit se prononcer, en novembre, sur la suppression ou non du Bureau du Haut-Représentant et la nomination d'un Représentant spécial (de l'UE) aux pouvoirs élargis, peine à le faire. Et « on peut aujourd'hui douter que cette décision soit prise. En effet, aucun progrès n'a été constaté depuis trois mois sur les dossiers majeurs suivis par le PIC, notamment le transfert des propriétés de l'Etat et de la Défense et le statut de Brcko ». Avec comme conséquence : un blocage supplémentaire et des implications militaires. « Si la décision n'est pas prise, il sera difficile pour l'UE de transformer EUFOR en une mission de conseil, car plusieurs Etats Membres considèrent que le Haut Représentant, tant qu'il est responsable, doit pouvoir bénéficier du soutien de la force militaire. » En revanche, les deux décisions n'étant pas liées, rien n'exclut que certains Etats membres - qui contribuent à la force - « une force déployée depuis 1995 », retirent leurs troupes « à la fin de cette année. (...) Ils l'ont déjà laissé entendre (la France notamment). Ce qui serait la pire des hypothèses. Ces retraits unilatéraux représentant un risque (...) pour la crédibilité et l'efficacité d'Althea » a déjà expliqué le général, reprenant les propos de Solana.

Lire aussi sur la position néerlandaise (mai 2009) ou sur les différents avis en présence (mars 2009)
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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Balkans - Bosnie Kosovo
Mercredi 19 août 2009
Le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, est en visite au Kosovo, le deuxième théâtre d'opération important de l'Alliance. Une occasion de se féliciter de l'amélioration de la situation et de rappeler le rythme du désengagment prévu mais aussi d'annoncer que la stabilité dans cette partie de l'Europe ne pourra venir que l'intégration de tous les Etats "y compris la Serbie" dans la perpspective euro-atlantique. "I am impressed by the progress I have seen. NATO's decision to reduce its presence in Kosovo reflects the improvement of the security situation. Nevertheless, each step in the gradual process of reduction will be conditions-based. The move to a deterrence presence will be phased and coordinated,  based on a thorough military and political scrutiny." He also stressed that his "clear vision is to ensure a Euro-Atlantic perspective for the entire Balkans, including Serbia. This will facilitate stability and prosperity in this part of Europe".
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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Balkans - Bosnie Kosovo
Lundi 3 août 2009
Un accord technique est signé entre les autorités judiciaires du Kosovo et la mission européenne au Kosovo « Eulex » afin de partager les responsabilités dans la gestion du système d’information des dossiers judiciaires.

(A Technical Arrangement was signed between the Kosovo Judicial Council and the European Union Rule of Law Mission in Kosovo (EULEX) on 3 August 2009. This Arrangement represents the agreement between the two parties on the responsibilities for the maintenance and use of the Case Management Information System (CMIS) by the EULEX Judges, Prosecutors and other relevant staff – members of the EULEX Mission in Kosovo.)
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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Balkans - Bosnie Kosovo
Lundi 29 juin 2009
Yves de Kermabon, le chef de la mission de l'UE au Kosovo (Eulex) a lancé un dernier ultimatum aux policiers serbes du Kosovo pour réintégrer la police du Kosovo. "Mardi 30 juin à 4 heures, c'est le dernier délai" a averti le Français qui commande les quelque 2000 experts européens présents dans la mission "Etat de droit"

EULEX would like to reiterate the fact  that the final deadline for the return of the Kosovo Serb policemen to the Kosovo Police (KP) is this Tuesday June 30 at 4 PM. “This is the last deadline”, says Yves de Kermabon, EULEX Head of Mission.
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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Balkans - Bosnie Kosovo
Dimanche 14 juin 2009
Le bilan qu'a remis Eulex au secrétaire général de l'ONU (bilan établi au 31 mai) est intéressant et mérite qu'on s'y arrête quelque peu. Le Kosovo, qui était il y a un an encore au centre de toutes les attentions,  n'est plus au hit parade des médias. D'une certaine façon, c'est la marque d'une certaine réussite. Même si la situation reste tendue dans certains villages, instable parfois, l'indépendance de l'ancienne province serbe s'est déroulée, dans un cadre plutôt "raisonnable" et les relations se sont apaisées entre l'Union européenne et Belgrade (qui vise l'adhésion à l'UE). C'est aussi dans ce contexte qu'il faut apprécier la décision prise par l'Otan de diminuer les forces de la KFOR.

Voici les principaux points du rapport:


- Serbie/NordKosovo. Le 19 mars, le chef de la mission et les responsables des principales composantes ont tenu leur première réunin avec des responsables de premier rang du gouvernement serbe à Belgrade. La présence dans le nord du Kosovo (à majorité serbe) est désormais effective tant au plan judiciaire que douanier.

- Police. La police Eulex est désormais présente dans touttes les régions et tous les postes, comme observateurs, formateurs et conseillers de la police kosovare. Le plan de restructuration de la police kosovare est suivi de près. Mais la réintégration des policiers serbes qui avaient refusé de travailler sous les ordres des Albanais, prend du temps. Environ 45 policiers sur un total de 300 ont déjà repris leur travail. La Police Eulex a participé au maintien de l'ordre durant les manifestations quasi quotidiennes à Brdjani/Kroi I Vitakut en avril et mai, en protestation contre la reconstruction de maisons de kosovars albanais. Aucun blessé sérieux n'a été à déplorer (1).

- Justice. La transmission des dossiers de la Minuk vers Eulex est désormais réalisée. Les juges d'Eulex ont reçu 120 dossiers et les procureurs Eulex ont clos 300 cas. 16 verdicts ont été rendus dans des cas de crimes, y compris pour meurtres, crimes organisés et trafic d'être humains.
Un premier verdict pour des crimes de guerre a été rendu le 3 mars (les accusés et accusateurs étant des kosovars albanais). Eulex a aussi commencé à s'occuper de procédures civiles, notamment pour des questions de litiges de propriété ou de contrats inter-ethniques. Au nord Kosovo, un premier procès s'est tenu dans le district de Mitrovica en mars (non sans incidents) et un deuxième en mai.

- Personnes disparues. Depuis le 9 décembre, Eulex a réalisé 26 exhumations permettant de retrouver 21 restes humains, envoyées pour analyse ADN. Après identification, 44 restes ont été rendus aux familles.

- Douanes. Depuis le 1er février, les services des douanes d'Eulex contribuent au contrôle du trafic aux postes frontières "Gate 1" et "Gate 31" avec une présence 24h/24, 7j/7. Le dispositif a été renforcé depuis le 20 mai. Puisque le tampon "Eulex" estampille désormais les documents de passage de marchandises. Et qu'une carte d'identité a été délivrée aux conducteurs de poids-lourds transportant des marchandises au Kosovo. Copies des documents sont faits aux douanes du Kosovo et à l'administration des Taxes et des Douanes serbe.

(1) La chaine d'intervention reste inchangée :
1° la police kosovare, avec des conseillers et observateurs d'Eulex ;
2° la police Eulex avec mandat exécutif ;
3° la KFOR (force de l'Otan).

Télécharger le rapport Eulex et Minuk au 31 mai 2009 (
download Eulex/Minuk report)

Summary: On 19 March the Head of Mission and the Heads of Components had their first official meetings in Belgrade with senior members of the Serbian Government. On 31 May 2009, Mission staffing was more than 2,600 staff (1,
713 international staff and 920 local staff). Police : EULEX Police monitored, mentored and advised Kosovo Police (KP) in all regions and at all boundary points. EULEX Police have been closely monitoring the restructuring of Kosovo Police. EULEX supports the plan for the reintegration of the suspended Kosovo Serb police officers as set out by the Ministry of Internal Affairs in mid-April. So far, a total of about 45 out of more than 300 officers have returned to work. EULEX Police Units had to intervene in April-May in violent protests by Kosovo Serbs against the reconstruction of Kosovo Albanian houses in Brdjani/Kroi I Vitakut in Mitrovicë/a. No-one was seriously injured and reconstruction, eventually, by members of both communities has continued peacefully. Justice : By February the handover of cases from UNMIK to EULEX judges and prosecutors was mainly completed. EULEX Judges received 120 cases and EULEX prosecutors close to 300 cases. By late May, 16 verdicts had been passed in criminal cases concerning inter alia murder, organised crime, trafficking in human persons and war crimes. EULEX judges also started to handle civil law trials, dealing with intra-ethnic and inter-ethnic property disputes. Missing Persons : since 9 December the EULEX Office for Missing Persons and Forensics has conducted 26 exhumations pertaining to 21 remains. These 21 remains were autopsied and bone samples sent for DNA analysis. As of the same date, the Office has confirmed identification and returned 44 remains to the families. Customs: On 1 February, EULEX Customs started to collect data on commercial traffic at Gates 1 and 31 on a 24/7 basis. On 20 May EULEX Customs further strengthened customs control with new measures including the copying of commercial invoices accompanying goods entering Kosovo and ID cards of drivers of trucks transporting commercial goods to Kosovo. Copies are shared with Kosovo Customs and the Serbian Customs Administration and Tax Administration.
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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Balkans - Bosnie Kosovo
Dimanche 14 juin 2009
Les 27 ont validé, le 9 juin 2009, le budget pour l'opération "Etat de droit" (Eulex) au Kosovo, pour l'année à venir. Le budget est fixé à 265 Millions d'euros (jusqu'au 30 juin 2010), soit un budget de 60 millions pour 12 mois. A comparer aux 205 millions d'euros pour les premiers seize mois, on pourrait croire à une nette diminution. En fait, il n'en est rien, car ce budget correspond au budget de fonctionnement. Or, la mise en place d'une opération occasionne davantage de frais que sa prolongation. De plus, au démarrage de la mission, on avait calculé assez large en donnant un budget permettant de faire face à certaines éventualités (troubles importants, nécessité de protection...) qui ne se sont pas produit. Ainsi, la réserve opérationnelle, prévue lors de la décision de lancement de l'opération (300 personnes), n'a pas vraiment été nécessaire - par exemple car la police kosovare a pu se déployer au nord -, et certains profils ont été transformés (pour avoir un peu plus de douaniers ou conseillers juridiques qu'un supplément de maintien de l'ordre).
La mission calibrée pour plus de 3000 personnes (2200 experts internationaux, dont 300 de réserve opérationnelle, et 1100 personnels locaux) emploie actuellement plus de 2600 personnes (1713 experts internationaux et 920 employés locaux).

Lire aussi "Eulex à mi-mandat, premier bilan"

NB : Lancée le 15 février 2008, sur la base d’une action commune approuvée le 4 février 2008, « Eulex Kosovo » est une mission civile de défense. Elle est financée sur un budget communautaire. Des policiers, des magistrats, une petite unité de douanes et le personnel de commandement et de soutien (logistique, unité médicale…). 26 Etats membres y participent ainsi que 5 pays tiers (Suisse, Norvège, Turquie, Etats-Unis et Croatie).
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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Balkans - Bosnie Kosovo
Dimanche 3 mai 2009
Le gouvernement néerlandais a proposé de reconduire jusqu'au 30 mai 2010 la participation néerlandaise dans la force militaire européenne "EUFOR ALTHEA". Elle a ainsi présenté à la 2e chambre du pays un projet de décision. 85 soldats sont présents, notamment dans les équipes de liaison et d'observation (LOT) à Travnik, Mrkonjic Grad, Drvar et Livno. Coût de la mission pour un an de mission : 7 millions d'euros (3,6 millions pour 2009 et 3,4 millions pour 2010).

Pas de transformation de la mission militaire Eufor tout de suite

En filigrane derrière cette décision apparemment opérationnelle figure une décision très politique : les Pays-Bas sont un des pays, plutôt réservés au retrait des militaires européens de Bosnie (lire les différents avis en présence). "C
omme la majorité des Etats membres de l'UE, (ils) ne s'opposent pas, en principe, à la transformation d'EUFOR en une mission de formation militaire (1) mais estiment que ce n'est pas encore le moment de transformer EUFOR".

Le risque de retrait minimisé. En 2008, la Suède, la République tchèque et la Belgique ont retiré leurs soldats d'Eufor (une participation modeste). Plus récemment, la France (96 soldats) et la Finlande (45 soldats) ont décidé, de façon unilatérale, de retirer leurs troupes à l'horizon l'été 2009. Un retrait qui n'a pas d'impact opérationnel, soulignent les Néerlandais, d'autant que d'autres pays ont déjà annoncé une contribution accrue. L'Espagne et l'Irlande, aussi, ont également annoncé leur retrait (ce qui est sans doute plus inquiétant). De tels retraits sont considérés comme regrettables par le gouvernement néerlandais qui craint que la "crédibilité de l'opération soit affectée".

Une situation toujours à risque. La présence des militaires de l'EUFOR est "importante pour remplir complètement les objectifs de l'accord de Dayton  (y compris la démobilisation, le déminage, le contrôle de l'espace aérien, d'armes)". Elle "ne crée pas seulement un environnement fiable pour la coopération entre les différentes entités de Bosnie dans le complexe de l'État. Mais elle a aussi un effet dissuasif sur ceux qui voudrait perturber le processus politique d'unité de la Bosnie. En outre, la situation sécuritaire en Bosnie-Herzégovine doit être suivie de près dans le contexte plus large de la stabilité dans les Balkans. La criminalité organisée (avec le trafic d'armes et de drogues) et la corruption constituent encore une menace pour le processus politique."

Les conditions de la transformation. Une décision sur l'avenir de l'EUFOR Althea devrait tenir compte de la transition de la fonction du Haut Représentant (OHR) à celui d'un envoyé spécial de l'UE (EUSV). La fermeture de l'OHR et la fin de la possibilité d'auto-saisine (substitution, destitution, annulation... pouvoirs-dits de Bonn) pourrait signifier un vide du pouvoir et la possibilité de troubles reste inquiétante. Idéalement, le passage d'EUFOR à une mission de formation devrait avoir lieu qu'après avoir constaté que le passage à l'EUSV a été achevée avec succès.

(1) Parmi les 4 options en cause — 1) poursuivre la situation actuelle, 2) nouvelle réduction de la mision, 3) transformation  en mission de formation militaire et 4) fin de la mission — le Conseil a choisi l'option 3 (la transformation).

Télécharger le projet soumis par le gouvernement à la 2e chambre (en néerlandais)
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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Balkans - Bosnie Kosovo
Dimanche 5 avril 2009
La mission État de droit « Eulex » au Kosovo est désormais pleinement opérationnelle. Une cérémonie a lieu au quartier général d’Eulex à Pristina pour marquer cet événement, le 6 avril. Soit avec un peu plus de six mois de retard sur le calendrier prévu : les Serbes d'abord, aidés des Russes, les Kosovars ensuite s'étant opposés à l'arrivée des Européens d'Eulex pour prendre le relais de la Mission des Nations-Unies pour le Kosovo (Minuk). La pleine capacité opérationnelle (FOC) signifie que ses effectifs sont au complet ou quasiment (un dernier rerutement est en cours) et qu'elle est active sur toute sa zone d'action. Selon un dernier décompte, plus de 1700 experts internationaux sont à pied d’oeuvre, assistés de 820 agents locaux.

Présente partout même au nord de Mitrovica. Malgré les difficultés du début, les policiers et douaniers européens sont déployés dans tout le Kosovo, y compris au nord de Mitrovica. Les policiers sont répartis dans les 34 postes de police et les six quartiers généraux. Les officiers des douanes européens surveillent ainsi les frontières « Gate 1 » et « Gate 31 » avec la Serbie, un des points les plus délicats de la mission. Car il marque de façon pratique, la coupure entre la Serbie et son ancienne province à majorité albanaise. Il met également fin à une ère de non-droit qui a favorisé les trafics, notamment d’essence. Selon Eulex, ainsi, la contrebande a chuté et les revenus fiscaux ont augmenté. Les magistrats et procureurs d’Eulex ont participé à 80 audiences. Parmi eux un jugement pour crime de guerre, condamnant son auteur à 17 ans de prison. Un procès s’est même tenu à Mitrovica, le premier depuis les incidents violents de mars 2008.

L'identification des disparus, action discrète d'Eulex mais nécessaire. Pour être discrète, la mission d’Eulex sur l’identification des personnes disparues doit être mentionnée. Car elle participe néanmoins du nécessaire travail de mémoire. Eulex a ainsi procédé à 13 exhumations. Et de nouveaux sites où pourraient se trouver les corps de personnes disparues ont été identifiées. Les restes de 23 personnes ont été formellement identifiées et 18 ont été retournées à leurs familles. 151 empreintes ont été remises pour analyse ADN.
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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Balkans - Bosnie Kosovo
Vendredi 20 mars 2009
La ministre espagnole de la Défense, Carme Chacon, l'a annoncé, hier (jeudi 19 mars), lors d'une visite aux soldats espagnols basés au Kosovo (l'ancienne province serbe devenue indépendante). Les 620 soldats espagnols intégrés dans la force de l'OTAN au Kosovo (KFOR) vont se retirer d'ici l'été. «La mission est accomplie. Il est temps de rentrer à la maison». «Ce retrait sera échelonné, et en coordination avec les alliés» a-t-elle ajouté, selon ce que relate El Pais. A noter que durant toute sa visite au Kosovo - dont l'Espagne n'a pas reconnu l'indépendance — la ministre a bien pris soin de ne se prêter à aucun signe qui puisse s'assimiler à une telle reconnaissance, comme l'explique mon confrère.

Ce mouvement anticipe, de fait, la réduction du volume de la KFOR, dans laquelle pourrait s'engager l'OTAN dans les prochains mois. D'environ 15.500 soldats actuellement (ce qui est énorme pour un pays qui a la taille de deux départements français), la KFOR devrait ainsi passer, selon un premier projet par vagues successives à 9000 militaires, puis 7000, et à une force résiduelle de 2500 soldats. Cette troisième phase étant située à moyen terme.


Cette décision a surpris et un peu fâché au siège de l'Alliance. Le secrétaire général de l'OTAN, Jaap de Hoop Scheffer, jouant le détachement, n'a pu cacher sa surprise et sa déception devant cette décision. Il a estimé qu'il « ne connaissait pas les conditions du retrait». Et d'ajouter tout de même, comme un rappel à l'ordre : «Si nous changeons la taille et la structure de la mission, nous devons le faire à la suite d'une décision prise au sein de l'Alliance».
De fait, il semble bien que l'OTAN ait été mise devant le fait accompli. Les 26 Membres de l'Alliance devaient en discuter lors du sommet de Kehl-Strasbourg puis en juin. Et là la surprise est totale. En fait, « le secrétaire général l’a appris dans l’avion le mercredi soir par un appel téléphonique de la Ministre », m'a expliqué un de ses proches. Et « aucun signe ne laissait pressentir cette décision ». La Ministre s'était effectivement entretenue oralement mercredi avec le secrétaire général de l'OTAN et officiellement communiquée par lettre jeudi. « Au moins nous avons été informés avant la presse » a expliqué un responsable de l'Alliance, un rien pincé. Au siège de l'Alliance, on est un peu inquiet et on craint que ce retrait ne fasse tâche d’huile ou serve d'exemple pour le retrait d’autres contingents (Roumanie, Pologne...). Les militaires chargés de la planification vont se réunir pour revoir le plan de déploiement. C'est en effet un gros contingent qui s'en va.

Commentaire : Même si les deux dossiers ne sont pas intrinquément liés, cette décision est à rapprocher de deux autres discussions. Celle entre les Européens, au sein de l'Union européenne, sur la diminution de volume de l'opération Althea en Bosnie. L'Espagne, qui entretient un gros contingent, voulait également se retirer. Et l'avait annoncé depuis octobre dernier. Mais de nombreux Européens voulaient garder la mission, surtout sous commandement de l'OTAN. Et la décision semble difficile à prendre (lire ici). Autre discussion : celle sur les renforts en Afghanistan. Autrement dit : les Espagnols semblent dire à l'Alliance, si vous voulez plus de troupes là, il faut enlever des troupes ici. Et vous ne voulez pas nous les enlèverons quand même.
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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Balkans - Bosnie Kosovo
Mercredi 18 mars 2009
La ministre tchèque de la Défense, Vlasta Parkanova, était peut-être légèrement optimiste jeudi dernier, lors du Conseil informel des ministres de la Défense, lorsqu'elle affirmait que les Etats membres étaient d'accord sur l'avenir de la mission militaire européenne "Althea" en Bosnie-Herzégovine (lire ici). De fait, il semble plutôt que certains Etats membres soient en désaccord sur cette question. L'unanimité étant requis en la matière, cela signifie qu'il n'y a pas accord... Sur le projet de reformatage de la mission et l'effectif des troupes actuelles, voir un précédent article.

Plusieurs Etats - particulièrement l'Autriche, la Slovaquie, les Pays-Bas et le Royaume-Uni - contestent, en effet, la réduction du format et le changement de mandat d'Althea en mai. Au contraire, d'autres Etats - notamment l'Espagne, la Finlande et la France - sont partisans d'un retrait rapide d'une grande partie de leurs troupes, à la fois pour des raisons politiques, opérationnelles et financières. Plusieurs autres Etats - Italie, Hongrie,... - sont plutôt entre les deux camps.

Les avis en présence

Les premiers estiment que ce retrait pourrait entraîner une instabilité du pays et qu'il y a un lien, nécessaire, entre la mission et le mandat du Représentant de l'UE / Haut représentant de la Communauté internationale (OHR). Or on sait que les USA et la plupart des pays occidentaux (contrairement à la Russie) sont contre la fin du mandat de l'OHR, du moins dans l'immédiat.
Un nouveau Représentant de l'UE, l'Autrichien Valentin Inzko vient d'ailleurs d'être nommé. Cette position s'explique pour différents motifs : stratégique et historique pour l'Autriche (pays voisin qui a accueilli nombre de réfugiés bosniaques pendant la guerre de Yougoslavie, et ancienne puissance tutélaire du pays) ; politique pour la Slovaquie (le nouveau Ministre des Affaires étrangères, Lajcak, était il y a peu l'OHR ; la Slovaquie vient d'envoyer de nouveaux moyens pour Althea), historique pour les Pays-Bas (le souvenir de Srebrenica), de principe pour le Royaume-Uni (qui a une position quelque peu contradictoire, ayant déjà retiré ses troupes).

• Les seconds partagent un sentiment inverse. Ils estiment que les deux dispositifs - militaire d'Althea et politique de l'OHR - ne sont pas liés et qu'il est nécessaire de procéder maintenant à une diminution des forces engagées - parce que la situation politique et militaire a changé depuis 5 ans, que le risque a diminué et que les besoins sont ailleurs. Tout cela dans un contexte de pression financière et opérationnelle qui pèse sur les forces engagées sur place.

Faute d'accord entre les deux camps, c'est le statu quo qui l'emporte. Concrètement, chaque pays, sur une base unilatérale, pourrait décider de retirer certaines troupes (ou, du moins, d'envoyer moins de relèves). Sans le dire, on aboutirait alors, plus ou moins rapidement, à une diminution du mandat de la mission, mais de façon discrète. Cela n'est pas vraiment sain. Mais là encore, deux points de vue peuvent être considérés. Soit on considère qu'un retrait désordonné et unilatéral causerait autant (voire davantage) de dégâts qu'un retrait bien ordonné. En outre, il ne provoquerait pas parmi les Bosniaques un choc salutaire pour se dire: "il est temps de prendre les choses en main". Soit on considère que cette décrue, sans trop de publicité, évite l'effet boomerang d'un retrait massif, public, décidé en une fois. Et a également un avantage politico-militaire : il permet à l'Union européenne - comme à l'OTAN - de conserver sur une opération militaire (la seule opération d'ailleurs) une coopération structurelle entre les deux organisations européennes de sécurité, puisque la mission Althea est faite sous Berlin plus - c'est-à-dire avec les moyens de commandement de l'OTAN.

Berlin Plus est-il vraiment nécessaire en Bosnie ?

Personnellement, je ne pense pas que Berlin Plus soit nécessaire pour l'opération en Bosnie. Ou du moins, je ne le pense plus. Si ce dispositif était tout à fait logique et utile quand il a été conçu - en décembre 2002 - car il répondait à une lacune de l'Union européenne (le manque de moyens de commandements), il me semble beaucoup moins pertinent aujourd'hui pour deux raisons essentiellement :

1°) L'UE est désormais en capacité de mener toute seule une opération militaire (voire deux en même temps) d'une amplitude moyenne — le Tchad l'a prouvé, l'opération EUNAVFOR le prouve encore —; voire de missions civiles - à forte imprégnation militaire ou de maintien de l'ordre — comme la mission Etat de droit EULEX au Kosovo ou la mission d'observation Eumm en Géorgie.

2°) Berlin Plus ne se révèle, en fait, adapté qu'à un certain genre de situations : a) quand il y a une forte présence militaire de l'OTAN, b) dans une zone où la relève par l'Union européenne est possible au plan militaire ET politique : c'est-à-dire en gros uniquement dans les Balkans. Ainsi la seule zone où le dispositif Berlin Plus pourrait encore être applicable (à part la Bosnie) serait le Kosovo. Et on pourrait légitimement se poser la question de savoir si l'UE ne devrait pas succéder à la KFOR, d'ici un ou deux ans par exemple.

3°) D'ordinaire, les missions de restructuration ou de conseil à la sécurité ou à l'armée sont des missions "civiles" (cf. Congo et Guinée Bissau, en ce moment).

En première conclusion, je pourrais donc dire : conserver le dispositif de Berlin Plus aujourd'hui pour une mission Althea Bis paraît à la fois disproportionné et inutile. L'UE est, tout à fait, en capacité d'opérer et commander une force "non exécutive" de conseil à l'armée bosniaque, d'à peu près 200 personnes. 
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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Balkans - Bosnie Kosovo
Vendredi 13 mars 2009
Même si la décision n’est pas prise officiellement, les Ministres de la Défense de l’UE ont convenu, le 12 mars à Prague, lors de leur traditionnelle réunion informelle semestrielle, de clore la mission militaire de l’UE en Bosnie-Herzégovine (Eufor Althea) de façon concertée. « Il y a un accord entre nous que les tâches militaires sont remplies » a expliqué la ministre tchèque de la Défense, Vlasta Parkanova. « La question, maintenant, est de définir quand et comment Althea sera transformée en une mission d’entraînement, de conseil et de formation. Ce n’est pas un secret que les avis des Etats membres divergent sur cette question. Mais dans des nuances » a-t-elle justifiée. « Il faut respecter l’évolution politique dans le pays. Cela ne veut pas dire quitter la Bosnie-Herzégovine et la laisser se débrouiller toute seule. Il faut réfléchir sur le meilleur moyen de conduire ce pays vers les structures européennes et transatlantiques (NB : OTAN).» La ministre a conclu sur un point fondamental : « Une décision (de retrait) est nécessaire. Nous sommes d’accord. Mais le rôle d’une réunion informelle n’est pas de prendre une décision. Nous devons cependant éviter tout retrait unilatéral». Plusieurs Etats membres (France, Espagne, Pologne) ont plaidé pour un retrait le plus rapide possible, du fait de raisons financière et opérationnelle (en Afghanistan). De son côté, le diplomate en chef de l’UE, Javier Solana a confirmé la double nécessité de garder une « forte présence » de l’UE en Bosnie-Herzégovine, « C’est essentiel » — et d’adapter la mission de l’UE. La nouvelle mission — « l’option 3 » selon les militaires — sera ainsi « non-exécutive ». La décision sera prise d’ici mai.

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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Balkans - Bosnie Kosovo
Jeudi 12 mars 2009
Les ambassadeurs des 27 ont approuvé formellement, le 10 mars, la nomination du nouveau Représentant spécial pour la Bosnie-Herzégovine, Valentin Inzko, qui a une double casquette puisqu'il est aussi le Haut représentant de la Communauté internationale pour le pays. Ce, par la procédure de silence. Cette formalisation signifie, selon le diplomate européen, que du coté des autres représentants de la communauté internationale (Russie, Usa...) réunis au sein du PIC il y a un consensus politique. Enfin presque. Reste maintenant à obtenir aussi la décision formelle de leur coté (chose faite d'ici le 25-26 mars). Les Russes ont souvent marqué leur désaccord sur les décisions de l'OHR par une "footnote" (note de bas de page) sans vraiment formellement mettre le veto, estimant que la mission devait désormais se terminer. télécharger le projet de décision
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L'auteur

Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" de Ouest-France, spécialiste "défense-sécurité" à Europolitique (agence de presse européenne) et responsable des "dossiers-enquêtes". Ma carrière de journaliste commence en 1989 par des reportages en Europe de l’Est (Hongrie, Tchécoslovaquie, Pologne) à la réunification. J'ai travaillé pour La Tribune, Le Quotidien de Paris, Impact Médecin, Radio France Urgences, Arte et LCI. Pour d'autres archives articles et travaux, voir ce site. ou le blog Europe sociale (en veilleuse). Pour m'écrire.

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