Afrique - Tchad Soudan

Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Afrique - Tchad Soudan
Vendredi 13 mars 2009 5 13 03 2009 00:40
Il est rare qu’une mission de stabilisation de paix se termine, en temps et en heure. D'ordinaire, on joue les prolongations. C’est, en cela, que la cérémonie de clôture de la mission militaire européenne « Eufor » au Tchad et en République centrafricaine, dimanche 15 mars, n’est pas anodine. Certes, cette mission se termine et une autre commence – celle des Nations-Unies (Minurcat II). Mais c'était bien le but de la mission Eufor - se mettre en place rapidement pour permettre à la Minurcat de trouver le temps de se déployer. Et, bien entendu, tous les problèmes ne sont pas réglés. Les réfugiés sont toujours là aussi nombreux, voire plus. Les déplacés également, même si certains ont pu revenir dans leur localité d’origine, plus ou moins définitivement, au moins pour le temps des récoltes. Les tensions entre le Tchad et le Soudan continuent, par rebelles interposés. Et les « bandits », issus souvent des rangs des rebelles comme ceux de l’armée régulière continuent à mener, de temps à autre, leurs ripailles, souvent dans la ville même d'Abéché. Mais il est un fait sur le terrain : Premièrement, la situation ne s’est pas aggravée. C’est déjà beaucoup. Et, deuxièmement, ce n’est plus totalement une zone de non-droit. les « bandits » de tous chemins savent qu’ils ont un peu plus de danger à mener leurs actions.

La capacité militaire de l’UE démontrée
Au-delà, l’UE a prouvé qu’elle était capable de mettre sur pied une mission militaire d’une ampleur nouvelle pour elle : près de 4000 hommes projetés à plus de 5000 Kms, sur un terrain aride, difficile, où le manque d’eau et de nourriture se combinent avec l’hostilité des éléments et la violence de l’homme. Certains think-tanks basés aux Etats-Unis, à la réflexion sans doute profonde mais un peu orientée, et d'autres cassandres pariaient sur un échec de la mission. Désolé. Il n’en a été rien. Malgré toutes les difficultés prévisibles ou survenues – l’attaque des rebelles du 1er février notamment, les hélicoptères en nombre insuffisant également – la mission a pu se mettre sur pied. Les relèves ont bien été effectuées en temps et heure. Les unités multinationales se sont bien accoutumées à travailler ensemble – même si quelque petits différents sont survenus de temps en temps (plutôt normal pour une opération de cette ampleur). En tout ce sont près de 10 000 militaires qui se sont ainsi relayé tout au long de cette année. 

La mission a échappé à quatre dangers et je lui décernerai donc 4 étoiles.

* Tout d’abord le fait même que la mission a existé avec aussi peu de "grands pays fondateurs" participants. Qui aurait pu imaginer au début de la politique de défense – c’est-à-dire il y a quelques années à peine - que l’Europe pourrait conduire une opération militaire avec un seul des pays fondateurs de l’Europe de la défense à bord (la France). Ni le Royaume-Uni (qui a envoyé quelques hommes de renseignement), ni l’Allemagne n’ont participé à l’opération. Et l’Espagne et l’Italie n’ont apporté qu’une contribution – certes utile — l'hôpital de rôle 2 pour les Italiens, des rotations d'avions pour les Espagnols – mais somme toute modeste. De fait, cette opération n’a été possible qu’avec la participation des pays neutres ou non membres de l’OTAN ou récemment arrivés dans l’Union européenne. Quelle belle preuve d’intégration. Notons ainsi la participation notable de l’Irlande, de la Pologne, de la Suède et de la Finlande. C'est la 1ere étoile. Et aussi l'assentiment des 27 Etats membres qui, unanimes, même s'ils ne participaient ont soutenu la mission (et l'ont financé, un peu, par l'intermédiaire du mécanisme Athena).

** Ensuite, le fait de surmonter les difficultés logistiques. Et elles ne manquaient pas, à commencer par le transport des troupes et matériels, par bateau, route et air. Le défi était, en effet, de pouvoir amener tout le matériel sur place, de construire une sorte de petite ville, alors qu’il y a une pénurie d’avions dans tous les pays européens, que ceux qui restent sont souvent poussifs (les mécaniciens d’Eufor n’ont pas chômé pour réparer les pannes) ou pris sur d’autres théâtres d’opération (Afghanistan, l'affaire du Ponant a dérouté un ou deux avions…). Alors. Chacun s’y est mis, prêtant qui un avion pour 10 jours, qui pour 3 rotations. Et on ne saluera jamais assez le rôle de tous ceux qui ont assuré cette logistique. Et qui vont travailler encore jusqu’au bout pour tout rapatrier. 2e étoile.

*** N’oublions pas l’autre défi, celui de l’impartialité. Il était loin d’être gagné. Au début de la mission, les critiques étaient nombreuses et pouvaient trouver un certain fondement. De tout temps, le Tchad a, en effet, été considéré comme une arrière cour française. Pour la France libre, c'est même une terre mythique. La France, qui a été un des initiateurs (avec le Royaume-Uni) et principaux contributeurs de l’opération, entendait aussi honorer son accord de coopération militaire intense avec le gouvernement de N’Djamena. La présence d’un fort contingent français dans Eufor, comme le concours apportés par les autres soldats français présents au titre de la mission militaire Epervier, pouvaient être synonymes d’une confusion. Le moindre geste, la moindre photo pouvaient tout faire déraper. L’attaque des rebelles et la contre-attaque de l’armée tchadienne a, par exemple, placé les soldats et corps médicaux d’Eufor devant un dilemme : que faire non seulement durant l’attaque – ce qui est somme toute solutionnable – mais surtout après l’attaque, en cas d’afflux de blessés ? Le médecin français d’Epervier – tenu à un accord d’assistance avec les militaires Tchadiens – pouvait-il requérir et utiliser les installations d’Eufor pour soigner des blessés graves de l’armée tchadienne ? La solution s’est faite avec pragmatisme et délicatesse. Le serment d’Hippocrate aidant, les cas ont été pris en charge simplement là où la politique aurait été bien embarrassée (Heureusement qu'aucune photo n’a circulé comme celle de ce médecin italien à l’embarquement d’un avion français rapatriant les militaires tchadiens blessés sur l’hôpital de N’Djamena). Un an après, il est clair dans tous les esprits que cette mission avait sa chaîne de commandement et d’action autonome, son objectif propre et son autonomie d’action, et personne ne remet en cause la double casquette d'un pays membre (c'était la France au Tchad, ce pourrait être la Roumanie en Moldavie, ou la République Tchèque en Israël). L'UE y a gagné une étoile. Sa troisième.

**** Enfin saluons la tactique politique de l'Europe dans laquelle cette mission s'est déroulée. Vis-à-vis du Soudan comme du Tchad dont les rapports sont plus qu'aigre doux. Les Européens ont su passer sous silence certains incidents comme celui des tirs sur les véhicules belges et ne pas surenchérir à ce qui pouvait passer soit pour une "erreur", soit une tentative de provocation. Comment ne pas mentionner également que cette mission est une des premières depuis ... où des troupes russes sont sous un commandement européen. Quel symbole aussi de voir des hélicoptères à étoile rouge voisiner avec ceux des Polonais. Et cependant cela a bien failli capoter. Il faut voir que les négociations de cette présence qui avaient démarré avant l’été se sont nouées au moment du conflit russo – géorgien. Alors que les Etats-Unis et l’OTAN mènent une politique – au moins grand public de boycott russe (les chefs d'Etat major russe et américain se rencontrent discrètement en Finlande mais c'est une autre histoire), les Européens ne coupent pas les ponts avec la Russie et, au contraire, l’associent à leur opération. Joli tour de force. Avec un beau doublé même. Puisqu’à quelques milliers de kilomètres de là, quelques jours après, des policiers américains se joignent à la mission Eulex au Kosovo – alors que la Russie condamnait de toutes ses forces (au moins publiquement) le déploiement d’une force européenne dans cette région qu’elle considère partie intégrante de la Serbie. L’Europe y a gagné la capacité d’agréger à ses missions les forces mondiales. 4e étoile.

Au sortir de cette mission, somme toute modeste en durée et en investissement humain, l’Europe y a gagné ses 4 étoiles de puissance moyenne, en capacité d’intervenir sur tous les terrains difficiles. Sans trop de casse (*). On déplore (seulement) un mort, le sergent Paulin, qui faisait partie des "forces d'entrée en premier", décédé en tout début d'opération. Hommage lui soit rendu.
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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Afrique - Tchad Soudan
Vendredi 6 mars 2009 5 06 03 2009 09:00
Cérémonies en tous sens au Tchad et en République centrafricaine ces jours-ci. Le 15 mars, en effet, à la date prévue (c'est une rareté à signaler dans les missions de paix), les Européens de l'EUFOR plieront bagage - du moins une partie d'entre eux - et remettront officiellement les clés de leurs bases et le mandat de leur mission au commandant des Nations-Unies. La force onusienne de la Minurcat II assurant le relais. En fait, certains hommes vont rester sur place, le temps d'assurer le retrait et le rapatriement de certains matériels. D'autres vont simplement changer de béret. Plusieurs nations ayant décidé de rester dans la Minurcat II - à la demande du secrétaire général des Nations-Unies d'ailleurs.

Quelques cérémonies vont être organisées sur place à N'Djamena : le 14 mars, en présence des autorités du Tchad. Le 15 mars, avec une parade militaire et la remise des médailles de l'opération. Parallèlement, une autre cérémonie aura lieu à Birao, en Centrafrique, avec le chef adjoint de la mission et le ministre de la Défense centrafricain. A suivre... La fin d'un beau défi (voir mon reportage lors du tout début de l'opération). Une conférence de presse sera organisée à Bruxelles le 18 mars pour clôturer l'opération.
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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Afrique - Tchad Soudan
Vendredi 27 février 2009 5 27 02 2009 20:30
La Russie devrait assurer pour la Minurcat II - la Mission des Nations unies en République centrafricaine et au Tchad (Minurcat) - la fonction de support médical de Role 2 en envoyant un hôpital militaire de campagne, selon l'ambassadeur russe à l'ONU, Vitali Tchourkine, cité par Ria Novosti, ainsi qu'une unité de génie. Elles viendront ainsi en supplément à son groupe aérien héliporté qui termine son déploiement.

(mis à jour 28 fév.) La Norvège a également confirmé, le 27 février, envoyé un hopital de campagne pour la Minurcat II. Un groupe d'experts doit être envoyé très rapidement pour préparer ces installations, selon les médias norvégiens qui relatent le propos du major John Sigurd Holtesmo. Environ 150 hommes seront affectés à cet hopital pour la durée d'un an de la mission. Cette participation marque, selon les officiels norvégiens, une ambition africaine plus affirmée. Comme l'explique la ministre de la Défense norvégienne
Anne-Grete Strøm-Erichsen : “Participation in MINURCAT II is an important indication of the Government’s ambition to step up its contribution to UN led peace operations, with particular emphasis on Africa. Norway’s view is that western countries have, to too great an extent, left it to third world countries to provide forces for the UN’s most demanding operations which very frequently relate to countries in Africa. Since our long planned contribution to the UN operation in Darfur was frustrated by the opposition of the Sudanese president last year, it is particularly gratifying that we can make a contribution in neighbouring Chad where the UN has a particular need for a high quality field hospital”

Jusqu'ici, dans le cadre de l'opération européenne EUFOR, la fonction médicale de role 2 est assurée par l'Italie, fonction qui devrait prendre fin en mai.
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Mardi 17 février 2009 2 17 02 2009 21:20
Le Conseil des ministres autrichien a décidé, mardi 17 février, de la poursuite de l'engagement du Tchad de l'armée autrichienne, dans un format légèrement réduit. Au lieu de 160, le nouveau contingent sera de 130 soldats. Le contingent autrichien dans l'Eufor comprenait différents éléments - conduite, transport, réparation, soutien, sécurité, médical ainsi que des forces spéciales (Jagdkommando). Ceux-ci ne devraient pas rester. Dans la force de l'ONU, le contingent autrichien assurera en effet surtout des fonctions logistiques et de transport.
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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Afrique - Tchad Soudan
Lundi 9 février 2009 1 09 02 2009 22:58
(maj mardi 10 février) Le ministre belge de la Défense, Pieter De Crem (CD&V - chrétiens-démocrates flamands), a confirmé devant la chambre des députés belge la destruction indirecte de deux véhicules de l'EUFOR à la suite d'une attaque d'hélicoptères soudanais à la mi-novembre. Une information publiée sur ce blog (et provenant de l'ONU mais je n'avais pas la nationalité des véhicules et certains détails). Répondant en effet à une question d'un député, Denis Ducarme (du Mouvement réformateur, libéral), le ministre a précisé : « Le 17 novembre 2008, une patrouille de l'EUFOR a été survolée par deux hélicoptères de combat soudanais, en territoire tchadien, à 1200 mètres de la frontière avec le Soudan. La patrouille de l'EUFOR clairement identifiée avec marquage "EUFOR" et panneaux de marquage "haute visibilité" oranges était à l'arrêt. Elle se trouvait dans cette région dans le cadre de son mandat de protection suite à des incidents récents impliquant des populations civiles. Les hélicoptères soudanais ont tiré plusieurs roquettes en direction des véhicules, sans les atteindre, mais mettant le feu à la végétation. La patrouille n'a pas riposté. Il n'y a pas eu de blessés, mais les deux véhicules ont été détruits par l'incendie qui s'est propagé. »  Ces véhicules appartenaient aux forces spéciales (du SPG basé à Flawinne, équipé d'Unimog et de jeeps) chargées de faire du renseignement de l'information.

Les engagements de certains Etats pas tenus à 100% ! Le Ministre de la défense a, au passage, remarqué que « Paradoxalement, cette opération humanitaire au Tchad s'avère très dangereuse. » et critiqué « certains engagements d'autres pays européens (qui) n'ont pas été remplis à 100%. » Cette critique peut à mon sens viser la Suède notamment qui avait des forces spéciales sur place au début de l'opération ainsi que la France (*). « Notre rôle principal était de bâtir le campement. La décision que j'ai prise d'envoyer 25 hommes des "special forces" et les circonstances ont fait que le poids de l'opération repose maintenant sur ces derniers et non plus sur ceux qui étaient censés mener cette opération au départ. »

Un petit commentaire. C'est assez original que ce type d'information doive faire le tour de la planète, via New-York et Dublin (c'est une interview du général Nash dans le Irish Times qui a alerté les députés belges). Est-ce un "couac" non seulement dans la communication du Ministre belge mais aussi de l'opération Eufor elle-même ? Je dirai plutôt une certaine prudence, concernant cet incident mettant en cause clairement le Soudan. Alors que les relations entre ce pays et le Tchad allaient vers un mieux, il n'était pas question politiquement de pouvoir alimenter une querelle possible, de "rajouter de l'huile sur le feu". D'autant que la frontière dans la région est pour le moins "fluctuante". Selon un expert du terrain, il n'y a "pas en effet de repère physique bien déterminé (comme en Europe) et l'appréciation de la limite de frontière diffère selon les pays". Précisons que cet incident n'est pas le premier. Comme le rapportent nos collègues irlandais, des avions soudanais viennent régulièrement faire des vols de reconnaissance près de la frontière (le Tchad abritant les forces rebelles au pouvoir en place à Kharthoum). Et
on se souvient qu'un homme des forces spéciales françaises était décédé au début de l'opération.

(*) U
ne mise en cause qui peut paraître injuste car ces deux pays ont rempli les missions qui leur avaient été confiées dans les temps indiqués et selon le principe de la rotation des forces.
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Mardi 27 janvier 2009 2 27 01 2009 10:50
La télévision slovène privée Pop-Tv a diffusé un reportage sur les troupes de l'EUFOR au Tchad (maintenant disponible sur YouTube sur le canal de l'armée slovène). L'angle slovène est intéressant car il sort de l'opération pour effectuer un feed-back sur les premières opérations de maintien de paix de l'ONU, entre Israël et l'Egypte... Avec le témoignage d'un ancien peacekeeper slovène (dans l'armée yougoslave alors), qui montre toutes les limites d'une opération militaire et internationale de maintien de paix. La solution est, et reste avant tout politique. Tous les militaires en sont convaincus. Des images plus récentes de Gaza - et le témoignage d'un responsable onusien sur les intérêts des Etats au Conseil de sécurité - complètent cet angle.

Autre intérêt de ce reportage : il montre que, malgré tout ce qui s'est dit ici ou là, la sécurité si elle n'est toujours pas assurée totalement dans la région de l'est du Tchad (la police ne rentrait pas au nombre des objectifs d'Eufor Tchad d'ailleurs) s'est améliorée. Des militaires irlandais et néerlandais racontent notamment l'accrochage de juin avec les rebelles et l'attaque sur les ONGs. Des ONGs, dont les militaires décrivent aussi les limites : construire des camps de réfugiés où la situation est meilleure que dans les villages de l'est du Tchad -
une région qui est pauvre, et où la survie est précaire - n'est pas sans poser problème. De cette inégalité, les organisations humanitaires ont pris conscience, comme le rappelle un officier français, venant aussi aider les habitants de cet est du Tchad

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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Afrique - Tchad Soudan
Dimanche 18 janvier 2009 7 18 01 2009 08:15

Bonne nouvelle en provenance du Tchad. Les agriculteurs de l’Est du Tchad, dans la zone d'action du bataillon Centre (français et slovène) autour de Farchana ont connu une récolte exceptionnelle vient d'annoncer l'EUFOR, la mission militaire de l'UE au Tchad et RCA.

Premier facteur de ce succès est climatique : les pluies ont été abondantes. "L’Est du Tchad peut sembler quasi-désertique aux yeux d’un occidental", explique le communiqué. "Mais ici, la grande majorité des ethnies a appris à domestiquer ce climat aride et vit de l’agriculture."

Deuxième facteur :  les éleveurs ont respecté, plus que de coutume, les couloirs de transhumance qui leurs sont réservés. La coopération entre l'Eufor et les gendarmes tchadiens a joué. "Ceci a permis d’apaiser les tensions qui surviennent chaque année entre agriculteurs et nomades" selon EUFOR.

Troisième facteur : les patrouilles quotidiennes des soldats européens. L’amélioration de la situation sécuritaire de nombreuses zones cultivables, situées à proximité de la frontière soudanaise, a permis de les cultiver, à nouveau. Et certaines des populations déplacées ont décidé de conserver les récoltes sur place - au lieu de revenir dans les camps des déplacés. Nombre d’entre eux sont restés dans les villages, ramenant petit à petit de la vie dans ces régions frontalières, souligne l'Eufor se basant sur un recensement effectué par le UNHCR (Haut commissariat aux Réfugiés).

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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Afrique - Tchad Soudan
Dimanche 4 janvier 2009 7 04 01 2009 16:35
Pour la mission militaire de l'UE (Eufor) au Tchad et en république centrafricaine, les prochains mois seront rythmés par le passage de témoin à la force de l'ONU. Du personnel est en cours de recrutement à l’ONU et pourrait commencer à être déployé début février (un chef vient d'être nommé). L'objectif est d'assurer une transition « douce » avec l'EUFOR et de préparer l’accueil des troupes supplémentaires.

Cette transition ne sera pas aussi facile qu'espéré. Car, pour l'instant, peu de pays - mis à part ceux participant à l'Eufor - se sont empressés de faire des offres. Et la situation humanitaire comme sécuritaire reste précaire. Tandis que les relations avec le Soudan demeurent instables. Deux véhicules de l'Eufor ont ainsi été détruits par les Soudanais. Dans la zone de Birak, deux hélicoptères soudanais Mi24 ont ouvert le feu, le 15 novembre, sur une patrouille de l’Eufor, sans faire de victimes.
A noter qu'une conférence des donateurs aura lieu début 2009 à Bruxelles pour doter le fonds d’affectation spéciale, permettant notamment de former la nouvelle force de sécurité tchadienne – le Détachement intégré de sécurité (DIS) - dont le gouvernement entend doubler l'effectif.

La situation humanitaire et sécuritaire précaire

Dissuation militaire nécessaire face au banditisme. « Les vols de voitures occupées, vols à main armée et crimes visant le personnel humanitaire et les citoyens et réfugiés tchadiens se sont poursuivis. Les attaques menées par des bandits lourdement armés constituent la menace la plus immédiate et la plus constante pesant sur la population civile et les opérations humanitaires » explique le rapport de Ban Ki Moon publié début décembre. « Il s’agit d’une menace de nature criminelle, qui se manifeste essentiellement par l’utilisation d’armements militaires, y compris des armes lourdes. Contrer cette menace exige davantage que des activités de police : la dissuasion militaire s’impose. Lorsqu’elle ne suffit pas, l’intervention militaire est nécessaire. ».
Attaques répétées. Le camp de réfugiés de Sam Oundja qui abrite 3 000 réfugiés du Darfour a été attaqué par un groupe armé non identifié le 8 novembre. À la suite de cette attaque, l’EUFOR a évacué neuf travailleurs humanitaires vers Birao. La zone de Birak est aussi tendue. Des villages autour de la ville ont été attaqués début novembre faisant 8 tués et 240 maisons détruites (sur 300).
Assistance durable. On estime qu’environ 500 000 personnes reçoivent actuellement une assistance. «Faute de conditions de sécurité suffisantes, il est peu probable que les réfugiés retournent dans leurs lieux d’origine. Ils continueront donc à dépendre dans une large mesure de l’assistance extérieure.»

Concept de la force de l’Onu

Zone d'opérations plus vaste. La force de l'ONU reprendrait les missions de l’Eufor — prévenir les hostilités, rassurer la population civile, améliorer l’acheminement de l’assistance humanitaire, assurer la protection du personnel et des installations des Nations-Unies — mais sur une zone d’opérations plus vaste, et avec des responsabilités supplémentaires, consistant notamment à assurer des conditions de sécurité propices au déploiement récemment engagé d’un détachement intégré de sécurité (DIS) légèrement armé.
Effectif. L'effectif sera donc supérieur à celui de l'Eufor : 4900 hommes a demandé le secrétaire général. En-dessous du premier chiffre de 6000 annoncé par l'ONU. Mais au-dessus de ce que voulaient les autorités tchadiennes. Celles-ci ont refusé en effet un déploiement d’une force trop importante, acceptant d'abord 3000 puis 3500 hommes, 4500 et enfin 4900 hommes, après négociation entre Déby et le secrétaire général de l’ONU à Doha. (la force de l'UE compte environ 3700 hommes).
Six sites au Tchad, la force de l'ONU sera répartie sur six sites (à raison d’un demi-bataillon d’environ 400 hommes par site), initialement Iriba, Guéréda, Farchana et Goz Beida (sites de l'Eufor), et par la suite Bahai et Koukou-Goz Amer (deux sites à créer), et devrait être capable d’effectuer « 24 patrouilles de sécurité quotidiennement ». Un mémorandum d’accord doit officialiser l’accord entre l’ONU et le Gouvernement tchadien sur le transfert à la MINURCAT de l’utilisation de tous les sites de l’EUFOR, ainsi que les infrastructures connexes et, surtout, les droits relatifs au forage et à l’usage de puits d’eau.
Réserve mobile. Une réserve mobile, de la taille d’un bataillon (800 hommes), devra assurer une capacité de montée en puissance en cas de menace nouvelle. Le tout appuyé par 18 hélicoptères.
Détachement léger en Centrafrique. La présence de la Minurcat II sera réduite dans le pays. Un petit détachement militaire d’une quinzaine d’officiers pourrait suffire, chargé « d’assurer la liaison avec les autorités locales et les principaux acteurs, de maintenir une connaissance circonscrite de la situation, et d’évaluer l’état de l’aérodrome deBirao et de déterminer les travaux d’entretien nécessaires ». En effet, tant du côté de l’Eufor que de l’Onu , on estime qu’il n’existe pas de menace durable et majeure dans cette région. Les principaux risques se situant au nord-ouest et au sud-est du pays (ce qui supposerait à la fois un changement de mandat pour laMinurcat II et des forces plus conséquentes entre 500 et 1000 hommes).
Lente montée en puissance. Les bataillons de secteur, la force de réserve, ainsi que l’appui logistique, la force de transport (route et air), la capacité médicale sera basée à Abéché durant la première phase de transition. Les déploiements de troupes et de matériel seront extrêmement limités durant la saison des pluies. Le plein effectif ne sera atteint qu’en octobre 2009. Soit le même délai qu’a mis Eufor à monter en puissance (on peut s'interroger pourquoi tant de temps, alors que l’Onu a eu plus d’un an pour se préparer).
Appui logistique français ? Un "appui in extremis" pourra être demandé à certains Etats membres de l'ONU "pour assurer la sûreté et la sécurité du personnel et des installations des Nations Unies", ainsi que la logistique, "dans l’éventualité où la force des Nations Unies ne serait pas en mesure de faire face à la situation" (on pense bien sûr à la France et son opération Epervier qui seront, dans ce cas, le plus à même de fournir ce soutien).

Une force installée dans la durée.

Six critères ont été fixés par l’ONU pour mettre fin à la Minurcat II. Des critères, logiques, mais qui, vu la situation sur place, laissent augurer d’une présence longue de la force de l’ONU :
a) Retour volontaire et réinstallation dans des conditions sûres d’une masse critique de personnes déplacées;
b) Démilitarisation des camps de réfugiés et de personnes déplacées, attestée par une diminution de la présence d’armes, de la violence et des violations des droits de l’homme;
c) Capacité des autorités locales de protéger comme il se doit les réfugiés, les personnes déplacées, les civils et les humanitaires;
d) Capacité des organes nationaux de police de maintenir l’ordre public en faisant respecter les normes internationales relatives aux droits de l’homme;
e) Instauration progressive d’un pouvoir judiciaire indépendant et efficace dans l’est du Tchad, contribuant à mettre fin à l’impunité, attestée par une augmentation sensible des moyens et de l’indépendance du secteur de la justice, et du respect manifesté à son égard;
f) Système pénitentiaire renforcé dans l’est du Tchad, fondé sur une administration pénitentiaire respectueuse des droits de l’homme.

A noter qu'en complément de la force de l'ONU, une force de paix et de sécurité (FPS) - tchado-soudanaise - serait déployée le long de la frontière entre le Tchad et le Soudan, avec la mise en place de postes d’observation, le Tchad et le Soudan devraient chacun déployer un millier de soldats à leurs frontières respectives.
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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Afrique - Tchad Soudan
Dimanche 4 janvier 2009 7 04 01 2009 16:31
C'est un Suédois qui devrait diriger la Minurcat II - la force de l'Onu au Tchad et en Centrafrique - qui doit prendre le relais de la mission militaire européenne EUFOR Tchad RCA au printemps.

Le lieutenant-colonel Jonny Börjesson devrait prendre ses fonctions dès la mi-février pour assurer la transition entre les deux forces. Il devrait travailler en "étroite collaboration" avec les Irlandais qui commandent actuellement l’opération et conserveront un rôle important dans la mission de l'ONU. Une coopération facilitée car les deux armées collaborent régulièrement, notamment au sein du battlegroup nordique de l'UE (auquel participe l’Irlande) et par l’expérience dans les Balkans.

Pour l'instant une quinzaine de pays ont indiqué soutenir  la force et y participer d'une manière ou d'une autre. Mais soyons clairs : l'essentiel des effectifs proviendra - au moins dans un premier temps de pays participant déjà à l’EUFOR. Français, Polonais et Irlandais notamment. Mais aussi Finlandais, Néerlandais et Russes.

• La Pologne va maintenir des troupes autour d'Iriba, sa base actuelle. Mais de façon réduite. 300 à 400 hommes contre 515 actuellement. Les hélicoptères polonais devraient aussi rentrer au pays.

• La Finlande devrait augmenter légèrement ses effectifs, les portant de 60 actuellement à 100 (voire 200).

• La Russie maintient ses hélicoptères. La durée prévue de l'engagement étant d'un an (2009). Les derniers effectifs d'hélicoptères sont arrivés le 24 décembre. Et l'ensemble de la force héliportée russe est pleinement opérationnelle depuis début janvier.

• Nouveau venu, la Norvège fournira un hopital de Campagne, avec un effectif de 150 personnes (dont 90 dédiés à l'hôpital). Ce qui va tirer une singulière épine du pied du chef d’opération. L’hopital de rôle II étant primordial au lancement de toute opération de maintien de paix. Les Italiens – qui disposent d’un superbe hôpital déployable – ne semblaient en effet pas disposés à y rester (rationalisation bugétaire et engagement en Afghanistan obligent). La Ministre de la défense norvégien, Anne-Grete Strom-Erichsen, que la Norvège ne participerait cependant pas au renfort de la Monuc au Congo.

• Parmi les pays non européenns, le Togo a annoncé fournir un contingent de 300 hommes. Le chef d'Etat major togolais - le général Zakari Nandja - s'en est entretenu à la mi-décembre avec le général Chikadibia Obiakor, conseiller militaire des Nations Unies.
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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Afrique - Tchad Soudan
Dimanche 21 décembre 2008 7 21 12 2008 11:00
Eufor vient d'être victime d'une attaque soudaine... le feu, apprend-on de source finlandaise et irlandaise. Le feu a pris dans une tente samedi dernier (13 décembre) et s'est rapidement propagée aux autres dans le camp d'Abéché (à l'est du Tchad) qui sert de quartier général aux forces européennes d'Eufor Tchad. Quatre tentes sont détruites. Ce sont essentiellement les soldats finlandais et irlandais qui ont été touchés (1). Selon les premiers éléments d'enquête, l'incendie résulte de la "manipulation des fusées éclairantes" assure-ton coté finlandais. Le feu, en tout cas, s'est propagé très vite, aidé par le vent fort (qui souffle bien sur cette plaine où est situé Abéché). Et les explosions des cartouches des fusils mitrailleurs ont gêné la lutte contre le feu. Aucun dommage grave. Deux soldats finlandais qui tentaient d'éteindre le feu ont été légèrement brulés. Mais tout l'équipement personnel des soldats a été perdu.
Photo: Puolustusvoimat

(1) Basés normalement à Goz Beida, dans le sud du pays, les soldats irlandais assurent une partie de la garde du camp d'Abéché.
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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Afrique - Tchad Soudan
Samedi 13 décembre 2008 6 13 12 2008 08:25
C'est de l'arrière d'un Illiouchine que débarque le premier hélicoptère russe devant servir pour Eufor Tchad
(mis à jour le 19 déc) Et voici les premiers soldats russes avec le logo Eufor...


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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Afrique - Tchad Soudan
Mercredi 3 décembre 2008 3 03 12 2008 19:30

La relève des troupes polonaises au Tchad devrait se terminer le 4 décembre. Entamée le 12 novembre, la plupart des troupes sont déjà sur place, apprend-on du coté polonais. Ils seront basés – comme leur prédécesseurs – dans le nord du dispositif, près de la ville d’Iriba, sur la base « North star » mais n'auront pas tout à installer. Le Génie polonais ayant travaillé d'arrache pied pour faire - à partir de rien ou presque - une petite cité d'environ 400 personnes. Ils auront la charge d'assurer la sécurité notamment autour des camps de réfugiés soudanais - et déplacés tchadiens - qui rassemblent environ 120 à 130 000 personnes dans plusieurs lieux (Oure-Cassoni, Iridimi, Touloum, Amnabak, Kounoungou, Mile). Le groupe d’aviation - avec trois hélicoptère de type Mi17 - reste basé à Abéché (avec les hélicoptères français rejoints maintenant par les Russes). Changement de commandant également : le colonel Maciej Siudak succédant au colonel Wojciech Kucharskiego.

 

Après mars 2009, pas sûr... Quant à l'avenir après mars 2009 - et le passage sous le fannion des Nations-Unies - il est encore "très incertain". "Aucune décision n'est prise" a confirmé le ministre de la défense polonais, Bogdan Klich, à nos collègues de Rzeczpospolita. Ce qui contredit les déclarations - peut-être un optimistes - de la présidence française de l'UE, notamment d'Hervé Morin, le ministre de la défense. "La Pologne sera sans doute beaucoup moins motivée pour y participer" a précisé Klich. "Ce qui a motivé notre participation dès le début de l'opération était de soutenir et renforcer la politique européenne de sécurité et de défense" a-t-il ajouté.

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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Afrique - Tchad Soudan
Mercredi 3 décembre 2008 3 03 12 2008 19:17
Un Illiouchine-76 militaire russe vient de terminer sa troisième rotation, en amenant dans la nuit de mardi à mercredi, cinq nouveaux soldats du groupe d'hélicoptères russes au Tchad et du matériel, après une escale de ravitaillement en fuel, à Sebkha, en Turquie, selon le lieutenant-colonel Vladimir Drik, officier de presse du commandant de l'Armée de l'air russe, cité par nos collègues de Ria Novosti.

L'avion cargo a notamment acheminé un véhicule sanitaire AS-43501 monté sur la base d'un camion tous-terrains. Mercredi soir, l'avion effectuera une nouvelle rotation pour amener de nouveaux militaires et un véhicule de transport d'eau à Ndjamena.

La première rotation avait été entamée le 14 novembre, à partir de l'aéroport militaire de Tver (nord de Moscou), emmenant 10 hommes et 10 tonnes de matériel. Une deuxième avait eu lieu quelques jours plus tard, emmenant notamment des habitations modulaires. Une dizaine devrait être nécessaire afin d'acheminer, tous les hommes et matériels. Les Russes se déplaçant, en effet, avec les équipements complets, et autonomes totalement...

Stationné à Abéché, avec les autres hélicoptères (français et polonais), le contingent russe sera chargé de transporter des cargaisons et des agents l'ONU et d'effectuer des opérations d'évacuation, de recherche, de sauvetage et de patrouille. Il devrait comprendre un peu plus de 100 hommes et quatre hélicoptères Mi-8MT équipés des armements et des munitions nécessaires au Tchad pour 12 mois si l'on en croit, le décret signé par le président russe Dmitri Medvedev.

Les hélicoptères russes pourraient ainsi continuer leur mission au-delà de la mission de l'UE et passer alors sous la bannière de l'ONU à partir de mars prochain.

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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Afrique - Tchad Soudan
Mardi 2 décembre 2008 2 02 12 2008 06:54

La Commission européenne a accordé une enveloppe de 6 millions d'euros, au titre de l'aide humanitaire, en faveur des quelque 200 000 personnes déplacées dans le nord de la République centrafricaine (RCA). En dépit de quelques avancées politiques récentes, "le contexte actuel dans le nord du pays n'a pas permis d'améliorer sensiblement la situation humanitaire au cours de l'année écoulée" souligne l'institution européenne. Outre les quelque 200 000 personnes déplacées à l'intérieur du pays, 98 000 personnes environ ont cherché refuge dans des pays voisins (Tchad, Cameroun et Soudan). Par ailleurs, le nord-est de la RCA compte approximativement 2 600 réfugiés originaires du Darfour.  Les interventions se concentreront toutefois, dans la mesure du possible, sur les domaines et secteurs pour lesquels une action de reconstruction et de développement est déjà prévue au titre du Fonds de développement européen.


En  2007, la Commission a accordé une aide humanitaire d'un montant de 8 millions d'euros aux personnes vulnérables en République centrafricaine . Tous les fonds sont acheminés par le service d’aide humanitaire de la Commission (ECHO), qui relève de la compétence du commissaire Louis Michel. Les projets sont mis en œuvre par des organismes d'aide non gouvernementaux, des agences spécialisées des Nations unies et le mouvement de la Croix-Rouge/du Croissant-Rouge. ECHO a mis sur pied une antenne à Bangui afin de suivre de près l'évolution de la situation humanitaire, de contribuer activement à la coordination des opérations de secours au niveau local et de contrôler l'utilisation des fonds humanitaires de la Commission.


En outre, la Commission a financé, à hauteur de 15,5 millions d'euros, la mission régionale de maintien de la paix (Force multinationale en Centrafrique - FOMUC), au titre de la facilité de soutien à la paix en Afrique

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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Afrique - Tchad Soudan
Dimanche 30 novembre 2008 7 30 11 2008 19:15

Une "mauvaise communication dans la chaîne militaire de commandement" et un "excès de zèle" pour passer un marché, voici les conclusions auxquelles est arrivé le Ltt Général Dermot Earley (photo © Irish Army), dans son rapport remis au ministre irlandais de la Défense, après l'affaire des deux hélicoptères, inaptes au transport de troupes. Et dans lequel il s'excuse, platement, de l'avoir mis dans une position embarassante, rapport l'Irish times.


Les forces irlandaises avaient, en effet, loué le 28 juin pour 2,4 millions d'euros à une société privée britannique Air Partner, deux hélicoptères Mi-8, destinés à transporter leurs troupes et basés au Camp Ciara à Goz Beida, durant les dix mois de l'opération. Mais ceux-ci n'étaient pas homologués pour transporter des personnes!


Le pot aux roses a été découvert en septembre dernier. Et interdiction a été faite de prendre ses hélicoptères pour transporter le personnel, ceux-ci étant réservés au fret (voir  "deux hélicoptères irlandais interdits de mission ?"). Précaution sans doute pas superflue, puiqu'un de ses appareils a subi, le 16 octobre dernier - rapporte l'Irish Independen, une panne partielle de moteur et est devenu inutilisable suite à un décollage avorté à l'aéroport de N'Djamena.


.Apparemment la société privée n'est pas sans reproche puisque l'armée avait bien spécifié le transport de passagers dans son appel d'offres. Mais avoue le général, "Les mesures de contrôle mises en place n'ont pas vraiment été suffisantes". Le contrat aurait en effet été signé en mai, sans l'approbation formelle du général, et sans contact avec le Ministère de la Défense. Depuis, des négociations ont été menées avec Air Partner pour fournir un remplacement Mi-8T, cette fois complètement certifié pour le transport de passagers. L'histoire se finit bien !

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L'auteur

Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" de Ouest-France, spécialiste "défense-sécurité" à Europolitique (agence de presse européenne) et responsable des "dossiers-enquêtes". Ma carrière de journaliste commence en 1989 par des reportages en Europe de l’Est (Hongrie, Tchécoslovaquie, Pologne) à la réunification. J'ai travaillé pour La Tribune, Le Quotidien de Paris, Impact Médecin, Radio France Urgences, Arte et LCI. Pour d'autres archives articles et travaux, voir ce site. ou le blog Europe sociale (en veilleuse). Pour m'écrire.

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