Armées Européennes

Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Armées Européennes
Dimanche 25 octobre 2009
C'est un CSU, Chrétien-démocrate bavarois, le baron Karl-Theodor zu Guttenberg, qui hérite du portefeuille du ministère de la Défense dans le nouveau gouvernement Merkel qui vient d'être formé samedi. Il succède à Franz-Josef Jung, parti au ministère du Travail. Il devra notamment mener à bien la campagne d'Afghanistan. Et notamment augmenter les effectifs affectés à la formation de l'armée et de la police afghanes comme l'a prévu l'accord de gouvernement.

Un jeunot... Agé de seulement 37 ans - il est né le 5 décembre 1971 -, après son baccalauréat en 1991, Karl-Théodor n'a pas vraiment un parcours qui le prédestinait au ministère de la Défense, mis à part un service militaire effectué aux chasseurs alpins de la 23e brigade d'infanterie de montagne de Mittenwald (dont le signe est l'Edelweis) et est officier de réserve. Il fait des études de droit et sciences politiques à Bayreuth et Münich. Sa thèse en doctorat (obtenue en 2007) porte sur un sujet d'avenir : Constitution et traité constitutionnel : "étapes du développement constitutionnel aux USA et dans l'Union européenne". Il entre dans l'entreprise familiale Guttenberg, où il ne fait qu'un tour, pour surtout entrer en politique. Membre de la CSU, il en franchit les étapes pour devenir secrétaire de l'Union sociale-chrétienne bavaroise en 2008. Il est nommé ensuite ministre de l'Economie dans le gouvernement fédéral en février 2009, où il affiche un libéralisme bien trempé, s'opposant notamment à la mise en place d'un salaire minimum.

Le fils de... Baron, Karl-Theodor est issu d'une famille noble de la plus haute extraction, franque depuis l'origine, et a toujours été "bien" entouré. Son père Enoch est musicien et écologiste avant l'heure puisqu'un des fondateurs de la  Ligue pour l'Environnement et Conservation de la Nature en Allemagne (BUND). Son grand-père, officier dans la Wehrmacht, participa à l'attentat contre Hitler le 20 juillet 1944. A la libération, il opte pour la CSU où se montra un vibrant opposant à la politique Ost-Europa de Willy Brandt (il a écrit plusieurs ouvrages sur ce sujet : Die neue Ostpolitik, et également écrit un ouvrage (en 1970) sur le futur de l'Europe). Sa mère s'est remariée avec Adolf von Ribbentrop, le fils du ministre des Affaires étrangères d'Hitler de 1938 à 1945, condamné par le tribunal de Nüremberg et exécuté.
Karl-Theodor
a épousé Stephanie, comtesse de Bismarck-Schönhausen (arrière-arrière-petite-fille d'Otto von Bismarck), fondatrice d'une association de lutte contre la pédopornographie, "Innocence en danger", avec la ministre de la Famille, Von der Leyen. Ils ont deux filles.
Karl-Theodor avec Stéphanie, sa femme. (Crédit photo : zu Guttenberg)

A noter que le ministre des Affaires étrangères est le chef du parti libéral FDP Guido Westerwelle. Et que le ministre de la santé, Philip Rössler, vietnamien d'origine (adopté par une famille allemande) est un ancien officier médecin de la Bundeswehr.
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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Armées Européennes
Dimanche 20 septembre 2009
97 millions d'euros supplémentaires à trouver pour l'année 2010, à ajouter aux 127 millions d'euros déjà prévues par les prévisions pluriannuelles d'économie, le nouveau chef d'Etat major de l'armée belge, Delcourt, a de quoi passer quelques nuits blanches. 97 millions c'est davantage que l'ensemble des opérations extérieures (qui se montent à 82 millions d'euros, environ*). Le gouvernement fédéral belge est, en effet, confronté (comme quasiment tous les gouvernements européens) à une baisse drastique de ses recettes. Et chaque ministère a été prié de faire des économies (**).

L'armée est destinée à fondre. Le chef d'Etat major avait d'ailleurs confié dans une réunion avec les syndicats, en juillet, qu'il était prêt à dire "non" à toute nouvelle mission internationale sans moyen nouveau. Des restructurations sont à prévoir. Un plan de baisse des effectifs est déjà engagés. De 38.000 personnes aujourd'hui (dont 2000 civils), celle-ci devait encore fondre, passant à 34.000 personnes en 2013, 30.000 en 2015 (contre 44.000 en 1994, soit une baisse d'un quart des effectifs). Et presque la moitié des bases vont être fermées. Avec des regroupements à prévoir. Ce qui va engendrer des difficultés dans l'armée et des mouvements de grogne à prévoir.

Autre enjeu : les équipements et investissements.
La situation d'équipement des troupes n'est pas au top. En Afghanistan, raconte un syndicaliste de la FGTB, les gilets pare-balles sont en nombre limités. Résultat, chacun avant de sortir est obligé d'en emprunter. La participation au programme A400M, aux programmes européens comme Musis ... pourrait-elle être revue ? Enfin, coté opérations extérieures, chaque mission va être examinée de près. La perspective de renfort à l'IFAS, envisagée un moment par le gouvernement, s'éloigne ; de même que la prise de commandement de l'opération Atalanta (qui aurait nécessité un engagement plus important).

Spécialisation à venir. Cette restructuration profonde n'est pas isolée en Europe. La crise économique, et budgétaire, oblige à des choix douloureux et accélère les restructurations. De fait, surtout les armées des petits et moyens Etats membres n'ont plus vraiment le choix : maintenir un nombre important de personnel sous les armes, de nombreuses bases militaires et une certaine palette d'équipements coûte relativement chère. Et l'efficacité de cette armée demeure limitée (car le montant consacré en volume) reste limité. Deux solutions existent alors : le pooling (la mise en commun d'équipement), délicat et difficile à mettre en place, ou la spécialisation. C'est un des travaux menés sous l'égide de l'Agence européenne de la Défense: repérer les meilleures spécialités existant dans les armées européennes. L'armée belge a ainsi deux spécialités à son actif - le déminage et le service de santé - qui pourraient être développées au profit des autres armées (européennes) et seraient sans doute utiles dans les opérations internationales.

(*) La Cour des comptes a un jugement particulièrement sévère, ce depuis plusieurs années, sur la comptabilisation des dépenses consacrées aux opérations extérieures "réparties de manière peu transparente sur plusieurs programmes budgétaires" et sur le fait de n'avoir "aucune information précise sur le coût de revient par opération ni sur le financement des dépenses".

(**) Le budget fédéral est de 51 milliards d'euros, dont 2,8 milliards d'euros pour la Défense. Ce budget est relativement faible car une bonne partie des activités publiques en Belgique est assumée par les 3 régions (économie, transport...) ou les 3 communautés (éducation, culture...)
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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Armées Européennes
Vendredi 28 août 2009
(Brève d'été) Sir David Richards succède à Richard Dannat comme chef d'Etat-Major de l'armée britannique. Né en 1952, engagé à 19 ans dans l'artillerie, il sert en Extrême-Orient et en Allemagne (29e Commando Regiment Royal Artillery, 11e brigade blindée, 3e Regiment Royal Horse Artillerie...) sans compter les tours opérationnels en Irlande du Nord, où l'armée est appelée à la rescousse face au "terroristes" de l'IRA. Promu brigadier général en 1996, il sert au quartier-général britannique d'opérations à partir de 1998 : il supervise notamment les interventions à Timor Est (1999) et au Sierre Leone (2000). Chef du corps de réaction rapide allié en avril 2001, il sert en Afghanistan, à l'IFAS entre mai 206 et février 2007, période pendant laquelle l'OTAN étend sa présence au sud et à l'est du pays. Puis il devient commandant en chef de l'armée de terre. Marié à Caroline, il a deux filles (Joanna et Pippa).
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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Armées Européennes
Jeudi 27 août 2009
En Pologne, après la mort du capitaine Daniel Ambrozinski en Afghanistan (1) et le coup de gueule, suivi d'une mise à la porte, du chef d'Etat major de l'armée de terre, la polémique fait rage. Et "Skrzypczak" qui est entré à l'armée à 20 ans en 1976 et a fait une partie de la campagne d'Irak est aujourd'hui devenu un symbole, une marque de fabrique du fort en gueule...

Le général Waldemar Skrzypczak, visiblement ému de la mort du capitaine (2), a, en effet, profité de la cérémonie en son hommage, le 16 août, puis de plusieurs interviews données dans la presse, pour régler ses comptes avec le ministre de la Défense, Bogdan Klich, et son administration.
Des propos d'une certaine brutalité, rarement entendus en public, entre un militaire de haut rang et son supérieur politique (à l'exception sans doute du général britannique Richard Dannat).

Une remise en cause du pouvoir politique.
Le premier acte se pose le 16 août, lors de la cérémonie en hommage au capitaine décédé. Le général s'interroge publiquement pour savoir si le moment n'est pas venu que l'armée cesse de fonctionner dans une atmosphère d'accusation sur son incompétence. « Tout indique que (l'armée en) Afghanistan a besoin de plus d'équipement. En tant que commandant, j'ai le droit de dire que nous savons ce qu'il nous faut pour combattre. Aucun des responsables militaires, la bureaucratie, doit nous dire ce que nous devons faire. Nous savons ce qu'il faut pour combattre. Et nous voulons être écoutés. » Une remise en cause, d'une certaine façon, de l'autorité politique et qui a été immédiatement perçue comme telle par le ministre de la Défense. Le général est sur la sellette...

Des "procédures d'équipement trop bureaucratiques".  Le lendemain, même s'il se prévaut de son « droit à l'émotion (...) sur le cercueil de mon soldat », Skrzypczak confirme ses propos et enfonce le clou, particulièrement dans le quotidien Dziennik et la télévision d'info en continue TVN24. Il s'en prend, à nouveau, à la "vaste bureaucratie" qui règne à Varsovie et les procédures "trop bureaucratiques" pour équiper les soldats et les armées (voir ci-dessous), estimant que c'est ce qui a pu causer la mort du capitaine Ambrozinski. Se sentant « responsable » de ses hommes, le général met en cause, nommément, le ministre de la Défense, Bogdan Klich — qui a "une image déformée de la réalité. Il croit que tout est OK. Et ce n'est pas le cas" — et plus généralement son administration — le ministère qui a le pouvoir de sélection de l'équipement militaire est « mal préparé et n'assume pas ses responsabilités ».  « Je pense que quelqu'un va répondre devant la justice du fait que nous n'avons pas les moyens de se battre pour assurer la sécurité des soldats polonais ». Skrzypczak souligne aussi que « L'armée est fatiguée de la peur hystérique et la méfiance. (...) « Nous vivons dans la peur constante. Toute décision doit être contrôlée: si elle était bonne ? pourquoi elle a été prise ? ec.. C’est un manque de confiance pour nous. Si vous ne faites pas confiance aux militaires, quelqu'un doit s’en aller: les forces militaires ou ceux qui ne font pas confiance » (écouter/lire l'interview - en polonais).

La démission au bout du chemin. La coupe est dès lors pleine. Et le départ du bouillant général programmé. Malgré quelques tentatives de réconciliation, trop de paroles avaient coulé publiquement pour qu'un exemple ne soit pas fait. Le général Skrzypczak qui a brûlé ses dernières cartouches (il est en fin de carrière), tire conséquence de ses propos et se remet « à disposition » du président, Lech Kaczinski, « suite à la perte de confiance en ma personne par le ministre de la Défense » (2). Décision actée le 20 août.

Un sous équipement dramatique. Le général dénonce des faits précis. Certains équipements, pourtant ultra-nécessaires, mettent des années à arriver sur le terrain. Les soldats manquent de « radios portatives, de systèmes
brouilleurs (pour éviter les IAD), d'engins de vision nocturne. (...) Une simple demande simple comme des mitrailleurs pour des hélicoptères prend une éternité avant d'arriver ». Selon lui, également, « l'argent consacré aux armements et à l'armée sont mal dépensés ».  Il est un fait également énoncé par le militaire : l'armée n'arrive pas à suivre le rythme de renouvellement des équipements imposé par les Américains. Exemples à l'appui, plusieurs militaires revenus d'Afghanistan affirment devoir acheter leurs propres équipements (écouter ou lire le reportage de TVN24). Les familles également confirment. La veuve du capitaine Ambrozinski témoigne: Mon mari a dû s'acheter sur ses deniers "chaussures, lunettes, gilets pare-balles... et même un convertisseur de données pour cartes". Dans certains bases, "la nourriture n'est pas satisfaisante". Autre problème, que Natalia Ambrozinski dénonce : le transport. Les Polonais "dépendent des Américains. Mais ceux-ci ont la priorité. Alors les Polonais attendent. Il faut parfois attendre plusieurs jours sur une base pour aller dans l'autre. C'est humiliant" (écouter ou lire l'autre reportage de TVN24).

Sentiment d'amertume de ne pas avoir été écouté. Démissionné illico, le général continue de l'ouvrir. Il l'a un peu mauvaise, comme il le confie au quotidien Rzespospolita, encore récemment (lire l'article, en polonais). Suis-je gagnant ou perdant ? « Je ne sais pas très bien. Je me sens mal. J'espère simplement que la poussière retombée, l'armée sera gagnante. Alors seulement je me sentirais victorieux. Car
ce que j'ai fait, je l'ai fait pour le bien de mes soldats. ». Un sentiment d'amertume également, car le militaire a, à plusieurs reprises, tiré la sonnette d'alarme et n'a pas été entendu. Il persiste et signe encore aujourd'hui. « J'ai envoyé plusieurs documents. Et ceux-ci sont à disposition de tous ceux qui en sont soucieux ». Se défendant de vouloir éluder le contrôle politique, il précise « J'ai présenté des allégations précises.  Pourtant, ils n'ont rien fait ». Le ministre rétorque, mettant en avant les demandes irrationnelles du soldat. Skrzypczak est coutumier des coups d'éclat. En 2007, il avait menacé de démissionner si "ses" soldats, accusés de crime de guerre pour avoir mené une attaque contre des civils sans défense en Afghanistan étaient condamnés.

Contexte difficile. L'armée polonaise vit actuellement une période intense de réformes, avec la mise en place de la professionnalisation, l'abandon de la conscription, dans un contexte économique difficile (plusieurs décisions d'équipement ont été supprimées) et alors qu'il lui est demandé de plus en plus d'efforts pour l'Afghanistan (après celui requis en Irak). Après des années d'engagement, la grogne monte. Les soldats polonais, placés en zone à risque, ne sont pas vraiment bien équipés, et moins payés, que leurs voisins américains ou européens.
La décision annoncée début août du Ministre de la Défense d'envoyer 200 hommes en renfort pour l'opération de l'OTAN a été un peu une goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Elle a d'ailleurs été vite démentie par le Premier ministre, jugeant qu'une évaluation était d'abord nécessaire s'il fallait plus d'hommes ou davantage d'équipements plus performants.

Une refonte de la loi sur les équipements. Le gouvernement polonais étudie aussi actuellement la simplification de la loi d'équipement de l'armée.
Est en cause, notamment, la recherche par la Pologne de contreparties (en termes de retombées économiques ou d'emploi) auprès des industriels à qui elle achète du matériel. Selon la loi polonaise, tout achat portant sur plus de 5 millions de Zlotys doit être compensé. Ces "offsets" utiles en termes économiques sont souvent longs à négocier et retardent l'arrivée des équipements nécessaires.

NB : un remplaçant pourrait être nommé. Il s'agit du général Tadeusz Buk, un ancien de l'Irak également (du 9e contingent polonais) qui a notamment rétabli l'ordre dans la province où les troupes polonaises étaient stationnées.

(1) Parmi les 10 morts polonais depuis le début de l'engagement en Afghanistan (dont un dans un accident de la route), c'est
le premier officier de ce grade à décéder.
(2) Le capitaine n'a pas sauté sur une mine mais a été victime d'un snipper, d'un tireur d'élite.
(3) Formule consacrée en Pologne où la démission d'un général est délicate d'un point de vue juridique.

(crédit photo : TVN24)

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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Armées Européennes
Lundi 24 août 2009
Inattendu. Ce qui s'est passé le week-end dernier en Suède. Un bateau de la marine suédoise, un bateau de Combat 90, a fait une "embardée" et atterrit... sur la route bordant le canal. Il participait à la fête du canal, à Söderköping (à l'est de la Suède) et allait à pleine vitesse quand, pour une raison inconnue, il a quitté "le canal" pour atterrir dans l'herbe, sur la berge, à quelques mètres des spectateurs. Un spectacle non prévu par les organisateurs et... la marine !

(Crédit photo : Ulf Wigh)
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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Armées Européennes
Mercredi 19 août 2009
Ce serait un des "bienfaits" de la crise économique. Les armées professionnelles qui peinaient jusqu'ici, en Europe, à recruter font aujourd'hui le plein. Le ministère de la Défense néerlandais, selon un bilan publié dans la presse, a ainsi reçu au premier semestre 2009 deux fois plus de candidats que durant la même période en 2008, selon NRC Handelsblad. Durant ces six mois, plus de 13.000 personnes se sont, en effet, présentées contre un peu plus de 7.000 l'année précédente. L'armée offre cette année 7000 postes. La crise économique n'explique pas tout selon les spécialistes du recrutement : davantage d'attention est portée aux candidats père ou mère de famille avec des possibilités plus étendues de garde d'enfant qu'auparavant. Une évolution similaire a été constatée dans plusieurs pays européens. En Espagne, l'armée qui peinait à recruter ayant à peine un candidat valable pour un poste, a désormais plus de possibilité de choix (3 candidats valables pour un poste).
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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Armées Européennes
Mercredi 29 juillet 2009
(Brève d'été) Le général Abrial, chef d'Etat-major de l'armée de terre, est nommé officiellement, le 29 juillet, comme chef du Supreme Allied Commander Transformation. C'est un des premiers postes de haut rang dévolu à des Français depuis la réintégration par la France du commandement militaire de l'organisation atlantique. Il prendra ses fonctions officiellement le 9 septembre.
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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Armées Européennes
Vendredi 24 juillet 2009
(brève d'été. Un nouveau gouvernement est mis en place en Bulgarie. C’est l’eurodéputé Nickolay Mladenov (PPE/GERB) qui occupe le poste de ministre de la Défense, avec deux vices-ministres : le général Anyou Anguélov et le colonel Valentin Radev. Roumiana Jeleva est nommée ministre des Affaires étrangères. Elle est une des favorites pour occuper le poste de commissaire dans la prochaine Commission européenne (2009-2014).
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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Armées Européennes
Mercredi 1 juillet 2009
La petite armée slovène serre la vis pour 2009 et réduit de 20% son budget (1). Le budget prévu pour 2009 de 631 millions d'euros sera ainsi réduit à 589 millions d'euros. Voire 552 millions d'euros. En effet, il a été nécessaire d'augmenter l'enveloppe consacrée aux traitements (20 milions d'euros).

Du coup, les économies prises essentiellement sur la modernisation et les investissements (60 millions d'euros), le fonctionnement de l'armée (35,2 millions d'euros) et les frais administratifs du ministère (4,7 millions d'euros). Concrètement plusieurs postes seraient touchés : la formation, les frais de maintenance du matériel, les coinvestissements dans les infrastructures, la coopération internationale et certains achats (y compris le nombre de véhicules tout terrain 8x8).

"Une réduction dramatique", selon le porte-parole du SDS (parti d'opposition de centre-droit), président du comité de la Défense,
Jožef Jerovšek, cité par mes confrères slovènes de Sta (l'agence de presse slovène). "Nous sommes devenus le pays le plus pauvre de l'OTAN".

(1)
Elle n'est pas la seule d'ailleurs - c'est quasiment le cas dans tous les pays d'Europe. J'en avais déjà parlé ici. Mais il semble que la plupart des pays revoient encore leurs prévisions budgetaires à la baisse (la crise s'installant durablement).

(crédit photo : la Ministre de la défense,
Ljubica Jelušič, lors d'un exercice "Kfor" de l'armée slovène)
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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Armées Européennes
Lundi 29 juin 2009
L'Adefdromil, association regroupant en France des militaires professionnels, a décidé de porter plainte devant la Cour européenne des droits de l'Homme, à Strasbourg, estimant que les droits d'association et à un procès équitable, garantis par la Convention européenne des droits de l'homme, sont bafoués. Elle conteste notamment cinq arrêts rendus par le Conseil d’Etat, le 11 décembre 2008 et le 4 mars 2009, qui ont refusé d’examiner ses demandes d’annulation à l'encontre de plusieurs décrets concernant les droits des militaires. A l'appui de son argumentation, elle cite essentiellement deux articles de la Convention : l’article 11 qui garantit la liberté de réunion et d’association et l’article 6 qui garantit un droit à un procès équitable (en raison du rejet des recours de l’Adefdromil qui, selon ses arguments, "la privent de l’accès à un juge" et de la "partialité et du manque d’indépendance du Conseil d’Etat"). C'est la première fois, à ma connaissance, que la France est ainsi attaquée devant la Cour de Strasbourg.

Le champ des discussions possibles. Il faut préciser que l'article 11 de la Convention
prévoit que "des restrictions légitimes soient imposées à l'exercice de ces droits par les membres des forces armées, de la police ou de l'administration de l'Etat". La Cour - si elle estime la requête recevable - devra donc surtout préciser le champ de ce qu'on appelle une "restriction légitime" Elle devra ainsi apprécier si le Code de la défense (article 4121-4), et la loi de 2005 (statut général des militaires), qui interdit l'existence d'organisations professionnelles ayant les caractéristiques d'un syndicat et interdit aux membres en service de l'armée d'y adhérer, est une mesure propotionnée (1). Mais c'est surtout, me semble-t-il, dans le rejet de la recevabilité du recours que l'arrêt du Conseil d'Etat pourrait le plus se prêter à la critique des juges européens. En qualifiant de syndicat, l'association Adefdromil et en lui refusant l'accès à la justice, les juges français se sont engagés sur un terrain délicat, où généralement les juges européens sont pour le moins chatouilleux et intransigeants.

Un (demi) précédent. Il faut noter qu'en décembre 2000, le Comité européen des droits sociaux (chargé de vérifier la bonne application de la Charte sociale européenne, signée au sein du Conseil de l'Europe) avait été saisi d'une plainte de la Fédération européenne du Personnel des Services publics (FESP), contestant la limitation apportée pour les membres des forces armées aux articles 5 (droit syndical) et 6 (négociation collective) de la Charte des droits sociaux (2), et l'avait rejetée sur le fond. Le Comité - qui regroupe des "experts indépendants" - avait reconnu que les Etats sont autorisés à apporter « n’importe quelle limitation et même la suppression intégrale de la liberté syndicale des membres des forces armées ». Le gouvernement français reconnaissait la suppression du droit syndical mais estimait qu'elle "procède de la conception traditionnelle de la fonction militaire qui impose la neutralité la plus absolue des forces armées et de leurs membres. L’intervention armée exige un respect de la hiérarchie et de la discipline, qui, en France, comme dans de nombreux pays, a été considérée incompatible avec le droit du personnel militaire de former et d’adhérer à un syndicat." Il a ajouté avoir "mis en place des procédures de consultation à différents niveaux, permettant ainsi d’assurer un dialogue social constructif, ce qui, selon le Gouvernement est conforme et va même au-delà".

Le droit syndical des militaires en Europe. Plusieurs pays ont reconnu le droit de se syndiquer pour les militaires, essentiellement au nord (Danemark, Finlande, Suède), et au centre de l'Europe (Allemagne, Belgique, Pays-Bas). Les syndicats sont en général affiliés à la Fédération européenne des services publics (FESP), elle-même membre de la Confédération européenne des syndicats (CES). Certains d'entre eux - ainsi que la plupart des associations militaires - sont membres d'Euromil.

(1) Signalons, même si le contexte est différent (droit de grève des fonctionnaires en Turquie), un arrêt récent de la Cour (Enerji Yapı, 21 avril 2009) particulièrement ferme ; les juges estimant que le "Gouvernement n'a pas démontré la nécessité dans une société démocratique de la restriction incriminée" et "qu'il y a eu une atteinte disproportionnée à la jouissance effective par le syndicat requérant des droits consacrés à l'article 11 de la Convention".

(2) Le contenu de l'article 5 la Charte sociale diffère légèrement de la Convention puisqu'il reconnaît un pouvoir quasi-total aux Etats de fixer l'application du droit syndical pour les forces armées : "Le principe de l'application de ces garanties aux membres des forces armées et la mesure dans laquelle elles s'appliqueraient à cette catégorie de personnes sont déterminés par la législation ou la réglementation nationale." Tandis que l'article 11 de la Convention parle de "restrictions légitimes". Dans le premier cas, la restriction ressort du seul ressort de l'Etat membre (du moment qu'une loi le prescrive), tandis que dans l'autre elle s'exerce dans le cadre d'une exception à une liberté (souvent plus strictement appréciée par les juges).
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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Armées Européennes
Jeudi 25 juin 2009
C'est une arme de guerre originale dont vient de s'équiper la Grèce pour son corps de déploiement de l'OTAN (NDC-GR) : une imprimerie mobile, dernier cri, permettant d'imprimer rapidement des cartes statiques ou dynamiques que des manuels d'instruction ou autres imprimés.

Ce matériel imprime en recto verso, sur des papiers très légers (40 g) à rigides (250 g), sur 50 cm de large et sans restriction de longueur. Mais surtout,
"ce matériel qui tient dans un container peut être désintallé, réinstallé et prêt à imprimer en moins de six heures" assure son promoteur, Christos Anastasiou, de Punch Graphix S.E. Europe, une entreprise belge basée à Lier.  Le container peut être transporté par bateau ou avion.

Ce matériel a été testé lors d'un exercice "
STEADFAST JOIST - GORDIAN KNOT ‘09” qui s'est tenu à Litochoro (dans la région grecque de macédoine centrale) en mars 2009. Le NDC fournit des capacités de quartier-général pour des opérations prolongées. Il repose sur les forces du quartier-général du corps C de l'armée grecque. Il a deux fonctions : comme quartier-général de campagne prêt à être déployé lors des missions de l'OTAN, comme quartier-général opérationnel (OHQ) pour des missions de l'UE.
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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Armées Européennes
Vendredi 5 juin 2009
Pris dans la tourmente qui a atteint le gouvernement Browne, le ministre britannique de la Défense, John Hutton, a annoncé sa démision, pour des raisons qu'il n'a pas voulu expliciter autrement qu'étant personnelles.  "This is not the place to go into my reasons for leaving. But I can say that it has been one of the hardest decisions I have ever had to take". Et d'ajouter en direction des forces "I was delighted to be appointed Secretary of State for Defence last October. I have always had the deepest admiration for our Armed Forces, and everything they do." Mais il n'entend pas polémiquer avec le Premier ministre. Il quittera également ses fonctions à la Chambre des communes. Il devrait être remplacé par le ministre des Forces armés, Bob Ainsworth.

Ainsworth a été un syndicaliste actif chez Panhard avant de devenir conseiller de la Ville de Coventry (1984 - 1992). Elu au Parlement en 1992, il est nommé "Whip" en 1995. Il passe au gouvernement après la démission de Mandelson, d'abord comme secrétaire d'Etat à l'Environnement, au Transport et aux Régions (2001), puis au Ministère de l'Intérieur chargé des drogues et du crime organisé (2001-2003). Il a retrouvé un poste ministériel en juin 2007, auprès de John Hutton, comme ministre des Forces armées. Il n'a pas été épargné par le scandale des dépenses qui fait rage actuellement outre-manche et torpille le gouvernement Brown. Selon le Daily Mail, il aurait dépensé quelques milliers de livres pour sa maison secondaire.

(photo : UK ministry of defence)
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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Armées Européennes
Lundi 25 mai 2009

Le gouvernement britannique a reconnu à ses gurkhas, enfin, le droit de séjour au Royaume-Uni. Depuis quelques années, la loi avait été changée. Et le soldat en fin de service devenait simplement un étranger, n'ayant donc plus droit au séjour... Une situation injuste et discriminatoire pour ceux qui avaient servi sa Gracieuse magesté (lire le site de leur campagne pour les droits civiques).

La bataille a été omérique et longue pour faire reconnaître le "prix du sang". Et elle n'est peut-être pas tout à fait finie. On a vu quelques députés, tant travaillistes que conservateurs ou libéraux démocrates prendre la défense des Gurkhas face à un gouvernement on ne peut plus entêté (Nb : le principal tenor de l'opposition, David Cameron, s'est, lui, rangé du coté du gouvernement pour l'occasion. Consulter la liste des députés opposés à cette mesure). 

Plusieurs personnalités, telle l'actrice Joanna Lumley ("Chapeau melon bottes de cuirs", "Absolutely fabulous"...) - née au Cachemire, son père a servi longtemps avec le 6e fusilliers Gurkhas -, se sont rangées aux cotés des soldats népalais. Ecoutez sur la BBC :" We owe them a debt of honour - a debt that will now be paid".

Le gouvernement s'est donc résolu à changer la règle. Mais du bout des lèvres : le gurkha qui a servi avant le 1er juillet 1997 doit avoir accompli quatre années de service avant de pouvoir obtenir un droit de séjour pour lui et sa famille (femme et enfants à charge). Depuis 2004, le Gurkha, qui a servi après le 1er juillet 1997, a déja droit au séjour, affirme le gouverment. (lire le communiqué du ministère de la Défense).

La brigade des Gurkhas a été formée en 1948, lors de l'indépendance de l'Inde, quand quatre régiments de l'ancienne armée indienne ont été versés dans l'armée britannique. Elle compte actuellement 3800 hommes, toujours recrutés au Népal et qui restent citoyens népalais durant leur service, et fournit 3% des effectifs des forces armés (8% de l'infanterie). Ils sont souvent employés dans les terrains à risque.

La France n'est pas épargnée par le principe de... discrimination. Malgré plusieurs arrêts du Conseil d'Etat, la France a, elle aussi, longtemps "chipoté" sur les droits de ses anciens combattants issus de ses anciennes colonies (Maroc, Algérie, colonies noires...) qui se sont battus durant les différentes guerres du XXe (guerres mondiales, Indochine, Algérie...). En particulier sur le versement des pensions. Depuis 1959, les pensions de retraite ou d'invalidité avaient été gelées, "cristallisées". Résultat : la pension pouvait être jusqu'à huit fois inférieure à celle de leurs coreligionnaires européens. Certes le montant de certaines pensions a été revalorisé dans la loi de finances de 2007. Mais pas totalement. Une situation contradictoire non seulement avec la morale mais surtout avec le droit européen, le principe de non-discrimination et les règles européennes de sécurité sociale. Près de 80 000 anciens combattants vivent encore (sur le million qui ont combattu, 100 000 environ sont morts). Voir le site des oubliés de la République


(crédit photos : campagne pour les droits des Gurkhas - armée britannique)

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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Armées Européennes
Lundi 27 avril 2009
Le chef de l'état-major de la Marine nationale grecque, le vice-amiral Georges Caramalikis, a commencé une viste en France qui se prolongera jusqu'à 30 avril. Au programme de la visite de la délégation grecque, des entretiens à Paris avec son homologue français, l'amiral Forissier, une visite à Toulon au Centre de commandement de la région et de l'arrondissement maritimes Méditerranée (CECMED), où il sera reçu par le vice-amiral Yann Tainguy, puis au QG de la Flotte française (Force d'action navale-ALFAN), toujours à Toulon. Enfin, cette visite se clôturera à Brest par une rencontre avec le commandant de la Force océanique stratégique (ALFOST), le vice-amiral d'escadre Jean-François Baud. Une visite qui n'est pas seulement protocolaire. Puisque la marine grecque veut s'équiper des frégates françaises (lire "La Grèce fait son marché en France"). Un programme d'équipement qui ne sera pas de sérieuses contreparties. La Grèce pourrait demander à ce que les navires de guerre soient, en partie ou totalement, construits dans les chantiers navals grecs (cette condition existait déjà dans les achats précédents des Grecs).
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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Armées Européennes
Lundi 20 avril 2009
Martin Bartak (ODS) pourrait occuper le poste de Ministre de la Défense dans le futur gouvernement "technique transitoire", tchèque constitué entre les socio-démocrates (CSSD) et les chrétiens-démocrates (ODS). Un remaniement rendu nécessaire après le vote de la motion de censure contre le gouvernement Topolanek. Actuellement au poste de secrétaire d'Etat à la défense, c'est le candidat le plus souvent cité pour remplacer la ministre actuelle Vlasta Parkanova (dont le départ semble acquis, son parti ne participant pas au nouveau gouvernement transitoire).
Né le 14 février 1967, neurochirurgien de profession (exerçant à l'hôpital
"Na Homolce" de Prague), Martin Bartak est le spécialiste des questions de défense et de sécurité de l'ODS. Il a notamment été le conseiller du vice-président de l'ODS, Petr Necas (2002-2006). Le nouveau ministre aura comme tâche de présider la réunion des Ministres de la Défense de l'UE, le 18 mai ; la république Tchèque continuant, vaille que vaille, malgré ses difficultés internes, de présider l'UE jusqu'au 30 juin 2009.
 

(Mise à jour) Pour les Affaires étrangères, les socio-démocrates ont proposé Jan Kohout. Un diplomate très expérimenté, fin connaisseur des affaires européennes. Membre du CSSD, membre de la Convention européenne, Kohout a été le premier ambassadeur tchèque auprès de l'UE de mai 2004 à 2008. Il avait refusé la charge de Premier ministre en 2005, et est aujourd'hui un des adjoint de Schwarzenberg (actuel ministre des Affaires étrangères, démissionné), vice ministre chargé de la coopération et de l'aide humanitaire.

Aux Affaires européennes, c'est l'actuel ambassadeur auprès de l'OTAN, Stefan Füle, qui est pressenti pour succéder à Vladimir Vondra. Diplômé de philosophie de l'université de Prague, il a suivi les cours de l'Institut des relations internationales de Moscou de 1981 à 1986 (à la "belle époque" soviétique). Sa carrière de diplomate, il l'a essentiellement commencé, à l'ONU à New York puis au département "Nations-Unies" du ministère des Affaires étrangères. Il a servi ensuite comme ambassadeur en Lituanie (1998-2001), a été ensuite premier vice-ministre de la Défense (dans le gouvernement social démocrate, 2001-2002) puis ambassadeur à Londres, avant d'atterir à l'OTAN (2005-2009) où il est devenu un fervent défenseur de la politique suivie par son gouvernement concernant l'implantation d'un radar US dans le cadre du bouclier anti-missiles, alors que son parti y était opposé. Beau tour de force...

(photos : Ministère CS de la Défense, Ministère CS des affaires étrangères, Otan)
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L'auteur

Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" de Ouest-France, spécialiste "défense-sécurité" à Europolitique (agence de presse européenne) et responsable des "dossiers-enquêtes". Ma carrière de journaliste commence en 1989 par des reportages en Europe de l’Est (Hongrie, Tchécoslovaquie, Pologne) à la réunification. J'ai travaillé pour La Tribune, Le Quotidien de Paris, Impact Médecin, Radio France Urgences, Arte et LCI. Pour d'autres archives articles et travaux, voir ce site. ou le blog Europe sociale (en veilleuse). Pour m'écrire.

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