Bruxelles2 (L'Europe de la Défense et de la Sécurité)
La politique (européenne) de sécurité et de défense commune (PeSDC) avance, discrètement, derrière
les murs du Justus Lipsius (Conseil de l'UE), du Charlemagne (DG Relex et service diplomatique),du Berlaymont (Commission européenne),du Cortenbergh 150 (Etat major),de la rue des Drapiers
(Agence européenne de Défense). Stratégie, politiques, diplomatie, logistique, industrie, transport aérien, gestion de crise et secours d'urgence, missions militaires et civiles (Bosnie, Kosovo,
Géorgie, Moldavie / Ukraine, Afghanistan, Irak, Palestine, Congo RDC, Guinée-Bissau, Océan indien, Somalie, Tchad...), transport aérien, surveillance
maritime, sécurité civile... Lien direct : www.bruxelles2.eu
Ce blog se veut un média, à part entière, sur une politique mal connue de l'UE et respecte les principes journalistiques
L'exercice "CME 09" - consacré à tester les procédures de gestion de crise de la politique européenne de défense démarre le 23 novembre pour se terminer dans quinze
jours (le 4 décembre). Il commence ainsi sous les auspices de Javier Solana et se terminera sous celui de Catherine Ashton, la nouvelle Haute représentante (qui prend ses fonctions le 1er décembre).
C'est un exercice virtuel et surtout "papier". Aucune troupe n'est engagée sur le terrain. Il s'agit essentiellement de tester la chaîne de commandement et l'organisation politico-administrative
comme militaro-civile.L'objectif est de tester le déploiement de toute la panoplie des instruments civilo-militaires de l'Union européenne (force militaire,
mission de police, d'Etat de droit, en incluant également les instruments communautaires - financiers, juridiques), notamment leséquipes de réponse
civile.Il implique ainsi tant le centre d'opérations militaire (OHQ) que l'Etat-major de crise civil (CPCC comme
Civilian Planning and Conduct Capability), le centre satellitaire de l'Union (à Torrejon, Espagne) et la Commission européenne.Et au final, le COPS - comité
politique et de sécurité- qui tiendra ses réunions régulières et en format d'exercice.
Le thème tourne toujours autour de l'Etat d'Alisia - l'Etat fétiche des exercices de l'UE (voir pour le battlegroup de l'Est). Celui-ci souffre d'une crise structurelle marqués de conflits
ethniques entre Silas et Havas. Malgré le déploiement d'une opération des Nations-Unies, la situation reste instable. Un mouvement rebelle fragilise la situation humanitaire qui entraîne des
déplacements de population. Les ONGs sont inquiètes. L'ONU n'a pas la possibilité de fournir une assistance militaire suplémentaire et l'UE est appelée à la rescousse. L'UE a déjà présente en
Alisia une mission de police, déployée en 2006 pour aider à la réforme du secteur de la justice pénale et la police, ainsi qu'une mission de coordination de la réforme de service de sécurité,
etc... (toute ressemblance avec un pays ou une situation existante serait purement fortuite...).
Les 26 ministres de la
Défense, qui forment le conseil d'administration de l'Agence européenne de défense, ont décidé, mardi, de lancer un programme d'entraînement européen pour les pilotes d'hélicoptères, sur le modèle
de ceux développés en France, à à Sainte-Léocadie, en septembre 2008 (lire : Les pilotes tchèques terminent leur entraînement de montagne), et à Gap, en mars 2009 (lire :Les pilotes
d'hélico se forment à Gap). Le programme européen démarrera en 2010. Il consistera en deux exercices par an, l'un focalisé sur l'entraînement individuel, l'autre sur l'interopérabilité et les
tactiques opérationnelles.
Ce projet entre dans le droit fil de celui déclenché sur initiative franco-britannique pour augmenter, à court-terme, la disponibilité des hélicoptères pour les opérations de gestion de crise,
notamment pour l'IFAS en Afghanistan, qui avait vu la mise en place d'un "trust-fund" permettant de financer la mise à nouveau des hélicoptères de type Mi17 pour les amener à un niveau opérationnel
(lire : La modernisation des hélico de Type Mi:
à pas comptés). Il vient également en complément de l'initiative lancée par l'OTAN fin octobre (1), d'une HIP Helicopter Task force (qui vise à développer une assistance entre une douzaine de pays de l'Alliance Atlantique pour la
formation préalable au déploiement, les capacité de controle et de commandement et le soutien logistique ou l'aide financière).
En gros, on se bouscule un peu en initiatives diverses pour un problème qui reste crucial. L'Europe a toujours beaucoup d'hélicoptères dans ses hangars mais peu d'hélicoptères à déployer sur les
théâtres d'opération...
(1) Czech Republic, Albania, Hungary, Norway, Poland,
Slovakia Spain, Turkey and the UK
(crédit photo : DICOD - exercice de formation de Gap)
Le Battlegroup de "l'Est" (Pologne, Allemagne, Lettonie, Lituanie, Slovaquie) termine
actuellement sa certification comme groupement tactique de l'Union européenne à Poznan et dans la région de Wedrzyn.
Le principal objectif de cet exercice dénommé "Common Challenge 09 " est effectivement d'évaluer la bonne préparation et la conformité du système de commandement - en particulier au niveau de la
force (FHQ) - et de la répartition des tâches entre les cinq armées qui y participent. Thème de l'exercice: créer les conditions de réalisation des élections législatives en Alisi.
A noter que jusqu'à la fin de l'année, c'est un battlegroup tchèque et slovaque qui est d'astreinte aux cotés d'un battlegroup belgo-français-luxembourgeois (voir
le dernier planning des battlegroups)
(crédit photo : 17e Brigade de blindés deWielkopolska)
(A Göteborg) La surveillance maritime concertée, c'est une nécessité à la fois pour accroitre la sécurité des transports maritimes, pour contrôler l'immigration et la
traite des êtres humains ou lutter contre les pollutions marines. Or, chaque pays de l'UE a son propre système. Pour ne pas dire ses propres systèmes. A l'intérieur de chaque pays, les compétences
sont, en effet, fragmentées : entre la police, les inspecteurs de sécurité maritime, de pêche, les douanes.... Et l'échange d'informations entre tous ne fonctionne pas vraiment bien.Les Suédois entendent bien profiter de la présence des ministres de la Défense de l'UE en réunion informelle à Göteborg pour inciter les Européens à prendre modèle
sur ce qu'ils ont commencé à faire dans la Baltique en matière de surveillance maritime avec quelques pays (le SUBCAS).
Le système SUBCAS en oeuvre dans la Baltique. A l’aide d’une démonstration, ils ont montré leur système qui relie déjà la Suède, la Finlande et le
Danemark. Sur un dispositif informatique, en temps réel, chacun peut ainsi avoir les informations des navires en mouvement dans la mer. A l'aide d'une base de données, et des signalements AIS fait
par les navires, il est possible de visualiser sur une carte, plus ou moins précise, les mouvements des bateaux en cours. En cliquant simplement sur le petit triangle qui identifie chaque bateau,
on obtient toutes les données que celui-ci a rentré, et même des photos. « Ce n'est pas tout à fait le système de "chat" sécurisé mis en place sur l'opération anti-pirates "Atalanta". Mais cela
revient au même. Les systèmes informatiques de chaque pays sont interconnectés »explique le commodore Pasi Kristian.A terme, tous les Etats de la région devraient le rejoindre (l'Allemagne, les pays Baltes, la Pologne).Pour l'instant, les «
informations ou notifications reçues de ces pays (ou envoyées) ne sont pas faites de façon automatique mais de manière manuelle ».Les Suédois
espèrent aussi « convaincre » les Norvégiens qui n'ont, pour l'instant, pas vraiment donné de réponse. Quant aux Russes, en fait, ils ne semblent pas trop intéressés, ou plutôt les Suédois
ne semblent pas trop pressés de les intégrer dans le système.
Pas un nouveau dispositif. « Il ne s'agit pas de recréer un nouveau mécanisme ou une institution. Il s'agit de mettre en commun nos moyens, de partager nos
informations » justifie le Ministre suédois de la Défense, Sten Tolgfors.« L'objectif n'est pas d'avoir un grand système européen - complète un
autre participant à la réunion - mais plutôt d'avoir par zone maritime (Méditérannée, Atlantique, ...) - un dispositif analogue qui regroupe les pays riverains. » Il semble ainsi y avoir
un consensus pour avancer sur cette question, même si plusieurs pistes sont possibles, tant les intérêts semblent nombreux.
A suivre. Pour le volet militaire et industriel, un groupe de travail, composé de cinq amiraux 3 étoiles à la retraite, planche sous l'égide de l'Agence
européenne de la défense devrait rendre un rapport prochainement (23 novembre) présentant des premières pistes de travail. Le rapport complet suivra en 2010. Pour le volet civil, la Commission
européenne devrait également publier, le 14 octobre, une communication sur la surveillance maritime. Le dossier reviendra sur la table des ministres de la Défense et des Affaires étrangères au
Conseil des ministres "jumbo" du 17 novembre. Mais, sans conteste, ce dossier devra aussi être traité par les ministres des Transports, de la Pêche ou de l'Intérieur.
La mise en place d'un Erasmus militaire - pour la formation européenne des officiers - avance à
petits pas. Les ministres de la Défense de l'Union européenne, réunis ce 18 mai à Bruxelles, devraient agréer quelques éléments. Cinq mesures pratiques ont ainsi été agréées :
1° Un module de formation commun sur la PESD : un séminaire pilote de formateurs devrait avoir lieu à Bruxelles début juin (sur deux jours) et plusieurs modules seront organisés dans les
Etats membres, notamment un projet piloted'une semaineau Portugal. En outre, un système d'apprentissage à distance (via
internet) est en train d'être mis en place.
2° Le guide de l'étudiant militaire européen. Pour compléter le travail entamé sous la présidence française,un travail de recensement a été
entamé- avec le soutien de l'Université de Liège (Belgique) - pour avoir une connaissance approfondie des systèmes d'éducation militaires nationaux (incluant
les systèmes d'échange entre les académies) et des formations. Ces informations seront mises en ligne ensuite sur un site internet protégé (http://emilyo.eu).
3° Un facebook militaire ? Une plate-forme d'échange internet va être installée, ainsi qu'un forum de discussion,
permettant aux jeunes officiers d'échanger leurs informations sur leurs expériences, leur formation et des sujets généraux. Ce travail est mené par l'Académie de défense bulgare (NB : ce type de
forum s'il permet réellement la discussion pourrait sans doute faire beaucoup pour la PESD, à condition qu'il ne soit pas tout de suite "cadenassé").
4° Un cadre légal pour l'échange des officiers. Un groupe de travail de six personnes, experts juridiques, vient d'être constitué, en mars 2009, chargé de plancher sur ce cadre - qui
ressemblera à son aîné civil, Erasmus. Une première version est présentée à la mi-mai. La version finale étant prévue pour l'été.
5° D'autres modules de formation. Sur initiative française, avec la participation de 14 Etats membres, un autre groupe de travail a commencé à cerner certains thèmes susceptibles de faire
l'objet de formations : le droit humanitaire et le cadre légal des opérations de gestion de crise, le commandement dans un contexte multinational, la communication (médias). La France,l'Autriche etl'Allemagne ont pris la tête, chacun, d'un des trois modules. Et le résultat final est attendu pour la fin de
l'année 2009.
A noter que d'autres développements ont été décidé : un système d'équivalences pour la formation initiale, un programme d'échanges d'étudiants...
The keys steps agreed include: the development and conduct of common ESDP training modules; a train-the-trainer seminar in Brussels with a one-week ESDP module as a pilot project in Portugal,
the establishment of an information platform including a discussion forum for young officers; and the development of a legal framework document for the exchange of officers. In parallel, and with
the support of the University of Liège, work has
started on a detailed stocktake with the aim of creating a platform of in-depth information on the different national military educational systems, including the situation regarding existing
exchanges between military academies.
... Un conflit se déclare à l’intérieur de Den Helder - pays fictif mais véritable région aux Pays-Bas. Les pays voisins ou d’autres pays n’ont pas planifié
d’interventions, mais sont prêts à soutenir la Belgique en fonctionnant comme base d’opérations pour les troupes qui doivent exécuter la mission NEO (*). 160 personnes, principalement des
membres de la famille des militaires belges et des étudiants néerlandais, doivent donc être évacuées le plus rapidement possible... Voici le scénario (fictif) qui a servi de base à
l'intervention de près 1200 militaires, belges et néerlandais, lors de l'exercice "Crazy Trip" qui vient de se terminer, au nord des Pays-Bas aux alentours de Leeuwarden et de Den Helder.
L’occasion pour les militaires belges, surtout, des quatre composantes (terre, air, marine, médicale) de mettre en pratique leurs connaissances. Au menu : débarquement amphibie, atterrissage
d’assaut, parachutage de personnel et de matériel et évacuation médicale.
Un exercice qui n'est pas de la théorie. L'exercice qui vient de se terminer (il s'est déroulé du 7 au 15 mai) a permis aux militaires belges de perfectionner leurs dispositifs.« C’est une opération à caractère très belgo-belge. Nous voulons être sûr que s’il faut, nous pouvons évacuer une zone seuls, expliquait le Lieutenant belge
Erik Eenaerts. Mais dans l’absolu, cela pourrait sans aucun doute donner lieu à une coopération avec l’Union européenne ou même avec l’OTAN. » Mais àl'approche de la présidence belge de l'Union (en 2010), cet exercice n'est pas non plus inutile au niveau politique. Il vient rappeler que si les 27 n'ont pu s'accorder en
décembre dernier sur l'opportunité d'un concept européen d'évacuation des citoyens établis dans un pays tiers, la question demeure d'actualité. Tout simplement car le risque demeure.Il suffit de se remémorer trois exemples récents...
Trois évacuations majeures en près d'un an. Au Tchad, en février 2007, après l'attaque de rebelles sur N'Djamena une présence militaire opérationnelle (avec patrouilles et moyens
d'évacuation terreste) a été requise (et ce n'est parce qu'un pays - la France en l'occurence - avait des troupes prépositionnées dans le pays, et contrôlait l'aéroport, que la situation a été
contrôlable et n'a pas dérapé). En Géorgie, en août 2008, lors du conflit avec la Russie, les moyens militaires ont été requis
mais uniquement comme élément de support logistique pour l'évacuation (ainsi que le renseignement) ; mais chaque pays a, plus ou moins, mené isolément ses opérations d'évacuation. Ce qui n'était
pas très efficace (les Français étaient rapatriés en avion tandis que les Allemands ou néerlandais passaient par des voies terrestres plus longues). Quant à l'exemple de Bombay, en novembre 2007,
la présence des militaires n'était pas nécessaire ni d'un point de vue de sécurité (les forces indiennes suffisaient) ni d'un point de vue logistique (les avions civils pouvaient se poser) mais
l'absence de coordination européenne a été patente, un "véritable souk" ont même dénoncé certains eurodéputés. Lirela leçon de Bombay.
Commentaire : Si on peut donc comprendre les réticences de certains Etats à développer un dispositif nouveau se substituant aux dispositifs nationaux, on a en revanche des difficultés à
saisir, en quoi, une coordination des moyens ne serait pas bénéfique, à la fois en termes d'efficacité (rapidité d'intervention), d'économie et de service rendu aux citoyens.
(*)Un NEO est une opération militaire d’évacuation de citoyens (nationaux, européens ou pays tiers) menacés vers une zone sans
risque en prévision d’un rapatriement éventuel.
Près de 4000 soldats venus d'une vingtaine de pays, essentiellement de l'Union européenne, ont commencé à affluer, lundi 4 mai, vers le camp de Wildflecken (en Allemagne, près
d'Ulm),à Ramstein (composante Air) ou pourBremerhaven (composante Marine) pourl'exercice de gestion de crises de l'Union européenne "European Endeavour 2009". Un exercice animé par l'armée allemande et placé sous la direction de son PC opérationnel
(OHQ). Le scénario de"European Endeavour" est basé sur de solides réalités et de vraies missions. "Amberland" et "Beachland" sont en conflit pour la domination
de la région frontalière. Une résolution du Conseil de sécurité autorise les forces armées de l'Union européenne à créer une zone démilitarisée entre les deux Etats en place.
European Endeavour reste cependant essentiellement un exercice d'Etat-Major. Il n'ya pas d'avions, de blindés ou de soldats sur le terrain. Les
opérations militaires sont essentiellement simulées sur ordinateur. Car, durant ces dix jours, l'essentiel de l'exercice vise à tester la coopération entre les différents éléments des forcesterrestres, navales et aériennes et de la bonne collaboration entre autorités politiques et militaires.
Effectif. L'essentiel des effectifs est formé, en effet, par les Allemands (3200 soldats) et des soldats de l'Union européenne ou de l'Otan. Les autres pays
fournissent environ 700 militaires, dont 203 Français, 152 Autrichiens, 98 Belges, 96 Espagnols et Polonais. Le reste des effectifs se répartit ainsi:Canada
(32), la Turquie (14), Italie (13), Hongrie (12), Royaume-Uni et Etats-Unis (6 chacun), Danemark (5), Pays-Bas (4), Grèce, République tchèque et Norvège (3 chacun), Luxembourg et Slovaquie (2),
Lituanie, Estonie, Suisse et Suède (1).
Environ 300 militaires de l’Eurocorps participent, en tant que tel, à l'exercice, au titre de la composante terre de la Response Force Operation Command (RFOC).
Pour plus d'informations, le site European Endeavour 09(en allemand)
Certains pays prennent plus au sérieux que d'autres la préparation et l'entraînement des battlegroups (la force de réaction rapide légère de l'UE). C'est le cas des
Nordiques. Suédois, Finlandais, Norvégiens, Irlandais et Estoniens qui seront de permanence... en 2011. Plus de 2100 personnes devraient en
faire partie, dont environ 1.600 Suédois. Le FHQ sera composé de 109 personnes. Une équipe d'une dizaine de personnes travaille déjà au FHQ, selon Mikael Frisell, chef d'état-major suédois et chef du battlegroup, au siège à Stockholm. Les effectifs monteront à environ 70 personnes après l'été pour être progressivement
augmentés.
Une formation intraeuropéenne au vol de montagne. Ce scénario peut paraître fictif. Il n'est cependant pas loin
de la réalité dans laquelle vont devoir se mouvoir les forces européennes sur un terrain comme l'Afghanistan, pays de montagne. Car c'est bien de cela qu'il s'est agi durant ces deux semaines
d'exercice et de formation sur la base aérienne de Gap Tallard (Hautes Alpes) :donner uneformation adaptée à des
terrains d’opérations de montagne (altitude, air chaud et conditions de vols difficiles).Plus de 150 personnes, de nationalités différentes (Tchèques,
Hongrois, Polonais, Espagnols, Britanniques, Belges et Français) ont travaillé ensemble. Une dizaine d'hélicoptères de tous types (Puma, Gazelle, Mi171... ) ont participé à la formation qui
s'inscrit dans le cadre de l'initiative franco-britannique lancée en 2008 pour accroître la disponibilité de certains
hélicoptères.Un programme développé encore dans le cadre de l'Agence européenne de défense EDA (lire son communiqué ...uniquement en anglais, comme d'habitude!).
Hélicoptère Mi171 tchèque ® Armée française
Retard dans le déploiement. Mais tous les hélicoptères ne pourront être déployés à temps en Afghanistan. Selon nos confrères tchèques en effet, le
déploiement des Mi171 à l'aéroport de Sarane pour le transport des personnes et des matériels ne pourra pas se faire «au plus tôt» avant la fin de l'année. En cause : «un retard dans
l'offre des partenaires étrangers. Et des "différences" entre l'administration et les entrepreneurs» selon Martina Fiserova.
Quand on écoute les responsables politiques européens vanter les mérites de l'hélicoptère — cette mule à tout faire de l'armée moderne, capable de se poser partout et
d'effectuer toutes les missions possibles (arrestation en Somalie, évacuation sanitaire au Tchad, transport de troupes, combat, etc.) — et expliquer qu'il faut absolument renforcer les capacités
opérationnelles européennes en la matière, on peut se dire que les mêmes vont mettre les moyens pour pallier à ce déficit.
Un beau et vrai projet d'intérêt général. Quand on voit que les Etats européens se mettent d'accord pour mettre sur pied un programme pour former les pilotes d'Europe de l'Est et upgrader
leurs matériels de fabrication russe de type Mi (Mi 8 etc.), afin qu'ils soient opérationnels pour des missions extérieures, on se dit que c'est intéressant.Autant utiliser les pilotes et les hélicoptères déjà disponibles pour les rendre plus opérationnels aux missions de stabilisation de paix ou d'interposition. Une formation des
pilotes tchèque, hongrois, polonais au vol de montagne vient d'ailleurs de démarrer le 9 mars sur la base de Gap-Tallard (avant de partir pour l'Afghanistan).Quand on sait qu'il s'agit d'une initiative franco-britannique, réalisée en commun entre l'Otan et l'UE, on se prend à rêver et dire : enfin, un vrai projet commun d'intérêt
général.
Sans vraiment de moyens financiers. Mais quand on voit la réalité, c'est plus limité.A Prague, lors de la réunion informelle des Ministres de la
Défense, le directeur de l'Agence européenne de défense, très disert quand il s'agit d'expliquer le programme est, tout d'un coup, devenu silencieux quand des journalistes lui ont demandé le
montant financier disponible. "Je n'ai pas les chiffres en tête" a-t-il expliqué. Silence très explicable. Le trust fund mis en place par les Français et
Britanniques ne rassemble qu'environ 30-35 millions d'euros (25 millions selon certaines sources plus pessimistes). Quand on sait qu'au bas mot, la mise à jour d'un hélicoptère de type Mi
(fabrication russe) pour voler dans des conditions d'opération extérieure classique coûte plusieurs millions d'euros (3-4 à 10-12 millions d'euros... par appareil, selon ce qu'on y met dedans), on
a vite fait de faire le calcul. On pourra juste rendre opérationnels moins d'une dizaine d'appareils. Pas suffisant pour pallier aux manques actuels, criants, en matière d'opération militaire.
Encore une fois, l'Europe a une excellente idée. Mais la réalisation peine, faute de moyens financiers. C'est-à-dire, concrètement, de volonté politique.
Lancé à l’initiative de la France et
du Royaume-Uni en mai dernier, le projet de mise en « disponibilité d’hélicoptères » se développe lentement mais sûrement. L’initiative est originale - on ne le dira jamais assez - car elle est
commune aux deux organisations de sécurité (OTAN et UE) et vise à rendre disponibles davantage d’hélicoptères, en particulier ceux de fabrication russe de « type Mi » (Mi 8, Mi 17…) qui équipent la
plupart des pays d’Europe de l’Est. En effet, ces machines sont souvent impropres à l’utilisation sur des théâtres d’opérations hors d’Europe. Non pas qu'elles soient hors d'usage. Mais simplement,
elles n'ont pas été conçues et équipées pour un usage sur un terrain accidenté, désertique ou n'ont pas les derniers équipements nécessaires pour des opérations multinationales.
Le "traumatisme" de la difficile génération de forces Tchad/Afghanistant. Comme l’a montré un séminaire, qui s’est tenu à Prague sous présidence tchèque le 3 février, la plupart des pays
européens sont intéressés à cette initiative, à un titre ou un autre, soit parce qu’ils ont besoin d’hélicoptères, soit parce qu’ils veulent que leur parc soit modernisé, soit aussi pour des
raisons industrielles. Chacun — tant à l’Otan qu’à l’UE — a encore en mémoire les « difficiles générations de force difficiles tant de l’opération de l’ISAF en Afghanistan que de l’opération «
EUFOR » au Tchad ». Un « véritable traumatisme »... Martin Bartak, le vice-ministre tchèque pour la Défense, a d’ailleurs souligné le « besoin d’une complémentarité maximale et d’une
coopération entre les deux organisations, tant au niveau politique qu’en ce qui concerne le développement des capacités ».Parmi les thèmes abordés, à ce
séminaire, la disponibilité pour les opérations, le retour d’expérience des missions actuelles (EUFOR, IFAS), les solutions techniques et logistiques et enfin la mise en place d’un pool
multinational d’hélicoptères « de type Mi » pour les opérations internationales. La contractualisation privée, fausse solution. Ce séminaire a été utile pour faire le bilan de l’initiative et tirer certaines leçons du passé, notamment la limite du recours à la
contractualisation privée pour des opérations en zone de risque. Les Irlandais qui ont recouru à ce mode de contrat pour
l’opération « Eufor » au Tchad ont ainsi eu la désagréable surprise de découvrir, sur le terrain, que leur partenaire privé n’était pas habilité pour effectuer certaines missions, notamment de
transport de troupes. Ce qui a limité drastiquement l’utilisation de ces hélicoptères alors que « Eufor » en manquait. De même, la contractualisation privée pour couvrir certaines tâches comme les
évacuations médicales se heurte souvent à une limite « les pilotes privés ne pouvant/voulant effectuer des évacuations en zone de conflit » raconte un spécialiste de ces questions.
Former les hommes, moderniser les matériels. L’initiative « Hélicoptères », lancée en mai 2008, couvre deux aspects : les hommes, les matériels. En premier lieu, il s’agit ainsi de
perfectionner l’entraînement des pilotes et leur aptitude à voler dans certaines conditions (montagnes, désert…). Une première formation a ainsi eu lieu en septembre dernier dans les Pyrénées
français (avec des pilotes tchèques), une autre est prévue au printemps dans les Alpes à Gap (avec des pilotes tchèques, hongrois et polonais). En second lieu, il s’agit de rénover certains
hélicoptères par l’ajout d’équipements nécessaires pour le vol en opération hors d’Europe (vol de nuit, vol en désert, montagne, blindage, équipements électroniques…). 3 hélicoptères tchèques ont
ainsi déjà été rénovés. Environ 150 hélicoptères, de type Mi, seraient susceptibles d’être modernisés, a priori. Mais les fonds disponibles sont limités.
Un financement un peu "juste" mais beaucoup contribuent. Le « Trust Fund », mis en place au Shape (Otan), est actuellement doté d’environ 20 à 26 millions d’euros (selon qu’on prend en
compte les sommes arrivées ou promises) dont environ 10 millions d’euros ont déjà été dépensés. Une somme bien modeste quand on sait que la rénovation d’un seul hélicoptère coûte plusieurs millions
d’euros (de 4 à 7 millions environ). Une dizaine de pays – membres de l’UE ou de l’OTAN - ont déjà contribué : le Royaume-Uni (7,5 M€), la France (5 M€), Norvège (2 M€), Turquie (2 M€), Australie
(2-3 M€), Finlande (0,5 M€), Islande (0,5 M€), Estonie et Lituanie (entre 20 et 50 000 euros, la contribution peut paraître symbolique mais elle correspond proportionnellement à la contribution des
autres Etats).
Plusieurs Etats (Allemagne, Chypre, France, Norvège, Pays-Bas, Ukraine…) contribuent également en nature à cette initiative, par la formation des pilotes, la mise à disposition de zones
d’entraînement (montagneuse dans les Alpes ou Pyrénées, ou désertiques comme à Djibouti), l’apport en matériel (électronique de vol…) ou de compétences industrielles (l’Ukraine notamment dispose de
ces compétences).
Le principe du fonctionnement du Trust Fund est celui de tout fond. Le pays qui demande un financement dépose un dossier. Les pays financeurs membres du Fond – ainsi que l’Agence de l’Otan et
l’Agence européenne de défense – se réunissent et décident de retenir le projet et de débloquer les financements nécessaires en tenant compte des restrictions d’usage (caveat). Certains pays ont en
effet posé des « caveats » par exemple que l’argent soit réservé à certaines actions (exemple : entraînement) ou interdites pour d’autres (exemple : pas d’utilisation en Afghanistan).
Vers un pool hélicoptères. Un état des lieux de l’initiative « hélicoptères » sera présenté au prochain sommet de l’Otan, à Strasbourg-Kehl, début avril. En espérant que les chefs d’Etat et
de gouvernement décident de passer à une vitesse supérieure. L’objectif est, en effet, de pouvoir créer une unité d’hélicoptères multinationale, de type Mi (Hip selon le code Otan), susceptible de
participer aux missions de l’OTAN et de l’UE. La République tchèque, décidement très motivée par ce projet, s’est portée candidate pour prendre le rôle de leader dans le groupe de travail de cette
HIP Helicopter Task Force (ou HHTF). Faut-il préciser que le motoriste tchèque LOM Praha est la seule entreprise à être agrée par le constructeur russe Mil pour effectuer les modifications,
transformations sur ces hélicoptères.
(photo : Ministère de la Défense tchèque)
Nb : article publié avec d'autres détails pour Europolitique
Le Battlegroup belge - qui sera d'astreinte
au 2e semestre 2009, à partir du 1er juillet - avec des renforts français et luxembourgeois est actuellement en manoeuvre sur la base aérienne de Beauvechain (Belgique), avec exercice de quartier
général opérationnel. Plus de 500 militaires issus de quatre composantes participent à l'exercice.
Les objectifs les plus importants de cet exercice sont l'intégration des militaires étrangers, la planification d'un déploiement du Battle Group vers une zone d'engagement fictive et la conduite
des troupes dans cette même zone d'engagement. C'est ce type d'exercice qui permet de qualifier le Battlegroup pour ces missions.
Les deux ministres de la Défense espagnol et portugais,Carme Chacon et Nuno Severiano Teixeira,viennent de signer une déclaration d'intention pourcommencer le processus
d'échange universitaire des officiers, sur le modèle du programme «Erasmus» (on en est à la création d'une commission d'étude).Un
accord qui s'inscrit dans le cadre del'initiative européenne adoptée en novembre dernier).
Coopération industrielle. Cette coopération hispano-portugaise devrait se
prolongerdans le domaine de l'armement et de l'industrie. Dans une autre "déclaration d'intention", les deux pays ont ainsi exprimé
leur "ferme intention" d'initier une coopération dans l'aéronautique - avec un pool aérien comprenant des hélicoptères EC-135 et des avions Airbus A-400M -, dans le maritime (pour restructurer le
secteur naval européen), ainsi que pour les drones. Toutes initiatives qui correspondent à des décisions de coopération industrielle des 27 ministres de la Défense de l'UE auconseil de novembre. Echange de bon procédés des armées. Au niveau des forces armées, les deux chefs d'etat-majors espagnol et portugais ont aussi, décidé de prolonger cet effort en signant un accord
de coopération qui englobela planification et la mise en œuvre des activités et des exercices entre les deux forces armées, l'échange
de personnel entre unités terrestres, navales et aériennes, tout commel'échange d'informations et l'analyse des options pour des
opérations militaires dans le cadre d'organisations internationales.
Retour au bercaille pour les médecins
belges au Liban. L'armée belge est, en effet, en train de plier et rapatrier son hôpital de campagne déployé dans le cadre de la Finul au Liban, au camp Scorpion à Tibnine, vers la Belgique.
Avec un service de radiologie, un laboratoire d'analyse et deux salles d'opération, l'hopital fonctionne essentiellement sous tente et est à même de fonctionner comme un service d'urgence
classique - de rôle 2.
Les médecins et infirmiers de "Belubatt 7" ne vont pas chômer. L'hôpital de campagne sera mis à disposition d'un des groupements tactiques de l'UE, le Battle Group, au second semestre 2009, qui
sera sous commandement belge et comprendra des Français.
(photo : armée belge)
Faciliter la venue d'étudiants étrangers
et la mixité civilo-militaire, ce sont deux des objectifs qui conduisent à une réfome en profondeur des collèges militaires en Pologne, le tout dans un contexte de la professionalisation de l'armée
polonaise. Le ministre de la défense Bogdan Klich a ainsi signé cette semaine des conventions pour donner plus d'autonomie et favoriser un rapprochement des trois écoles militaires avec le milieu
universitaire. A savoir : l'Ecole supérieure militaire de la Force terrestre de Wrocław (WSOWL), l'Académie de l'armée de l'air de Deblin et l'école de la Marine de Gdynia. "L'avenir de l'école
militaire - a expliqué Klich - consiste à accepter progressivement davantage d'étudiants civils. Selon le ministre, «seule
l'interface entre militaires et civils est susceptible de permettre un développement plus rapide des installations."
Faire de l'école de l'Air une école d'aviation est-européenne. "L'académie de Deblin de la Force armée polonaise - l'Ecole Orlat" - devrait ainsi être transformée en académie d'aviation
permettant de former tant les Polonais comme les étrangers, civils et militaires, a déclaré le ministre de la Défense,
Bogdan Klich. Des discussions ont été déjà menées avec des partenaires finlandais et coréens pour de nouvelles formations. . «Mon intention
est que cette école, avec une histoire, devienne la meilleure et la plus importante université civilo-militaire dans cette partie de l'Europe, pour l'éducation des navigants et du personnel au sol
des forces armées et de l'aviation civile» a-t-il ajouté. "D'ici fin 2011, j'espère que l'école supérieure de Deblin sera devenue une académie d'enseignement de niveau master, pouvant
accueillir un plus grand nombre d'étudiants, y compris des civils". L'école accueille 45 étudiants civils, 30 élèves pilotes et 15 élèves
controleurs aériens.
Un centre de formation pour les opérations extérieures. Quant à Wrocław, l'ambition est d'en faire le centre de formation de l'envoi à l'étranger de soldats polonais. Une nécessité : avec la
professionalisationAu total, il s'agit d'environ 25000 soldats sur lequel nous devons travailler tout le temps pour qu'ils soient bien préparés et à ajour de leur connaissances.
(photo : ministère polonais de la Défense, Bogdan Klich à l'école d'aviation)
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Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" de Ouest-France, spécialiste
"défense-sécurité" à Europolitique (agence de presse européenne) et responsable des "dossiers-enquêtes". Ma carrière de journaliste commence en 1989
par des reportages en Europe de l’Est (Hongrie, Tchécoslovaquie, Pologne) à la réunification. J'ai travaillé pour La Tribune, Le Quotidien de
Paris, Impact Médecin, Radio France Urgences, Arte et LCI. Pour d'autres archives articles et travaux, voir ce site. ou le
blog Europe sociale (en veilleuse). Pour m'écrire.