Caucase Géorgie Russie

Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Caucase Géorgie Russie
Mercredi 30 septembre 2009
La mission indépendante chargée d'établir la vérité sur le conflit en Géorgie présidée par la suisse Hendi Tagliavini, vient de rendre son rapport.

Le premier du genre. Son rapport est donc important à plus d'un titre. C'est le premier du genre dans l'histoire de l'Union européenne. Il intervient : 1) dans un conflit opposant la Russie à un autre pays du continent européen, 2) en application de l'accord signé entre l'Union européenne et la Russie, accord Medvedev - Sarkozy, vers un cessez-le-feu d'abord, puis un règlement pacifique du conflit 3)
est publié presque "à chaud" : un peu plus d'un an après le début du conflit. Autant dire qu'il n'était pas évident.

La réponse est claire : les Géorgiens ont attaqué en premier, les violations du DIH sont le fait surtout de Sud-Ossètes. C'est un "tir nourri de l'artillerie géorgienne" qui a ouvert le conflit, dans la nuit du 7 au 8 août 2008. Suivi par d'autres mouvements de l'armée géorgienne visant Tskhinvali (Ossétie du sud) et les zones environnantes, qui furent bientôt sous le feu impliquant des unités militaires et éléments armés abkhazes, sud ossètes et russes. Et c'est dans un mouvement de contre-attaque que les Russes ont pénétré en Géorgie.  (...) Beaucoup de violations du droit international humanitaire sont dus à l'action de groupes armés irréguliers venant du coté sud-ossète que les forces armées russes ne voulaient ou n'avaient pu contrôler de façon adéquate". Mais pour le rapport, ceci n'est que "le point culminant d'une longue période d'augmentation des tensions, de provocations et d'incidents". Et, encore aujourd'hui, "malgré la mise en place d'une mission d'observation de l'UE et les conversations de Genève, la sitaution reste tendue et volative et il existe beaucoup de craintes d'une reprise des hostilités".

(maj) Le soutien américain en arrière plan. Le rapport met en lumière, sinon en cause, l'assistance militaire américaine. "Les Etats-Unis ont mis en place un programme d'aide militaire extensif pour la Géorgie, sur le plan de l'entraînement, de l'équipement et assorti de moyens financiers. Cette aide militaire était en premier lieu destinée à assister la Géorgie pour reprendre le plein contrôle de la vallée de Pankisi dans le Caucase où des combattants tchétchènes avaient prétendument trouvé refuge, comme la Russie l'a  déclaré. Ensuite, cette aide était destinée à préparer les forces armées géorgiennes à des missions internationales, au Kosovo, en Irak, en Afghanistan. A la fin, les forces armées de la Géorgie avaient doublé leurs forces en termes d'homes par rapport aux années Shevardnadze, étaient mieux entraînées et équipées qu'auparavant, et les forces étaient logées dans des bases militaires modernisées : la plus importante d'entre elles était à Senaki face à l'Abkhazie, et l'autre près de Gori face à l'Ossétie du Sud. Plus d'une centaine de conseillers militaires étaient aux cotés des forces armées géorgiennes quand le conflit a éclaté en août 2008, et on estime qu'un nombre plus large de spécialistes et conseillers US étaient actifs dans les différentes administration et structures du pouvoir géorgien. Un soutien militaire - en équipement et entraînement - avait également été fourni par un nombre d'autres papiers conduit par l'Ukraine, la république Tchèque et Israël."

Rapport à télécharger ici - chapitre 1 (résumé, introduction).
complet à télécharger sur le site de la Mission.
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Caucase Géorgie Russie
Lundi 21 septembre 2009
Le chef de la mision des observateurs européens en Géorgie (Eumm Georgia), Hansjörg Haber était présent à Bruxelles pour un petit point de situation, un an après le début du déploiement des observateurs : « la situation est meilleure qu'on a pu l'espérer » a-t-il expliqué. « La mort d'un ambulancier (en juin) n'est pas le signal d'un retour à la tension. » « Le mécanisme de prévention des incidents fonctionne bien. » « Peu à peu les forces des autorités administratives de facto (NB : Ossétie du sud et Abkhazie) ont une attitude plus détendue à notre égard » Eumm a sur place 210 - 220 observateurs, tous provenant de pays membres de l'Union européenne.»

Le plan Medvedev-Sarkozy toujours pas entièrement respecté. Du bout des lèvres, l'ambassadeur européen a reconnu que le plan Medvedev-Sarkozy de 2008 n'était toujours pas vraiment respecté. Les Russes tiennent toujours la position de Perevi - qui n'est "pas situé à l'intérieur des limites administratives de l'Ossétie du Sud" mais en "Géorgie". Et ils ne se sont pas retirés sur la ligne de front antérieure au conflit. C'est-à-dire au-delà de l'Abkhazie ou de l'Ossétie du Sud. Ils ont annoncé une baisse des effectifs, "de moitié environ, passant de 3600 à 1700 hommes dans chaque base" a-t-il assuré, "bien que nous n'ayons pas de preuve de ce mouvement" (NB : le chef d'Etat major russe avait annoncé cette baisse, car "rien ne justifiait de maintenir des tels effectifs").

Pas de surveillance maritime. Haber a reconnu que la mission suivait la situation en mer mais n'avait pas de mission d'observation en tant que telle. « EUMM n'a pas de navire à disposition. Nous n'observons pas la situation maritime, ni les mouvements de bateaux. (Mais) nous suivons la situation de près. Une réunion du mécanisme de prévention des incidents a eu lieu (sur ce sujet) ». Ce pourrait peut-être un des points de développement, même si l'ambassadeur n'a pas voulu en dire plus. On sait, en effet, que la situation est tendue. Les Géorgiens ont établi un blocus de l'Abkhazie et ont intercepté fin août un pétrolier turc et retenu son équipage. Les gardes-côtes russes viennent d'y déployer 8 bateaux pour empêcher les Géorgiens d'approcher des côtes abkhazes et rétablir le trafic.
  4e réunion du mécanisme de prévention des incidents

Pas d'Américains dans la mission. La proposition - faite par les Géorgiens - d'incorporer des Américains à la mission de l'EUMM a été reçu avec beaucoup de prudence par le diplomate (c'est un euphémisme). Elegamment, il a répondu que "les forces européennes suffisaient pour le moment" sur place. Un refus poli mais ferme. On sait que, même si d'un point de vue opérationnel, ce n'est pas toujours nécessaire, l'UE a souvent accepté les contributions d'Etats tiers dans ses missions (Croates pour Atalanta, Albanais pour le Tchad ou Américains en Guinée-Bissau...). Une contribution souvent symbolique politiquement. Ici c'est le contraire. Effectivement les effectifs sont assurées par les "contributions des Etats membres". Mais, surtout, la présence des Américains serait ressentie un "chiffon rouge" pour les Russes et compromettrait l'ensemble de la mission. L'ambassadeur n'a - bien entendu - pas été dans tous ces détails. Mais la brieveté de sa réponse était éloquente.


Redéploiement. EUMM a réorganisé, à la mi-septembre, ses forces autour de trois "Field offices" :
-  Le plus gros à Gori (proche de la limite Ossétie du Sud) : 112 personnes, 4 équipes (2 ABL Confidence Building, 1 Vérification, 1 Droits de l'homme / questions humanitaires).
- le second à Zougdidi (proche limite Abkhazie) : 76 Personnel, 3 équipes (1 ABL Confidence Building, 1 Vérification, 1 Droits de l'homme / questions humanitaires).
- le dernier à Mtskheta (près de Tbilissi) :  64 personnes, 2 équipes (1 de vérification, 1 sur les droits de l'homme ou questions humanitaires). Les observateurs opèrent dans des équipes qui se concentrent sur trois domaines : la surveillance de la Ligne frontière administrative (ABL) et le rétablissement de la confiance ; les équipes de "conformité" qui vérifient le suivi des installations militaires et de sécurité, afin de respecter les protocoles passés entre l'EUMM et les ministère de l'Intérieur et de la Défense ; les Droits de l'homme ou les questions humanitaires, y compris la situation de toutes les personnes déplacées en août 2008 (et auparavant) dans la zone tampon au nord de Gori.

(crédit photos : Eumm Georgia)
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Caucase Géorgie Russie
Jeudi 6 août 2009
(brève) La mission de surveillance de l'UE en Géorgie annonce, le 6 août, avoir intensifié ses patrouilles, de jour comme de nuit, à l'approche de la date anniversaire de la guerre de 2008."In recognition of the sensitivity of the current period, the EU Monitoring Mission has intensified its patrolling. Our patrols are working day and night to monitor the situation on the ground, with the aim of maintaining security and stability for the people who live on both sides of the boundary lines."

Quelques jours auparavant, mardi, l'UE avait exprimé sa "préoccupation" sur les tensions latentes entre Géorgiens et Ossètes à l'approche de l'anniversaire de la guerre d'août 2008. Les patrouilles de la Mission de surveillance de l'Union européenne (MSUE) présentes sur le terrain en Géorgie n'ont "jusqu'à présent rien constaté qui puisse confirmer les accusations mutuelles de tirs" estime Bruxelles.
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Caucase Géorgie Russie
Vendredi 24 juillet 2009
Les 27 ministres des Affaires étrangères de l'UE vont officiellement, le 27 juillet, prolonger la mission d'observation de l’UE en Géorgie (EUMM Georgia) d’un an (jusqu'à septembre 2010). Son format devrait rester globalement inchangé. Mais le plan d’opération (OpPlan) est légèrement modifié. L'UE reste, en effet, après le départ de la MONUG (force des Nations-Unies en Géorgie), présente à la lisière de l'Abkhazie, et des observateurs de l'OSCE, la seule force d'observation internationale présente dans la région.

Après avoir mis en place un mécanisme de prévention et réponse des incidents (Incident Prevention and Response Mechanism) en Ossétie du sud, la mission EUMM a annoncé avoir tenu une première réunion du même genre, à la mi-juillet, pour mettre en place un dispositif équivalent coté abkhaze.

Le mandat du représentant spécial de l'Union européenne (RSUE) pour la crise en Géorgie » est lui aussi prolongé, mais pour une période de six mois simplement, jusqu’au 28 février. Une différence qui peut s’expliquer par la nécessité de caler la date du représentant spécial en Géorgie sur les autres mandats des représentants spéciaux.

(crédit photo : Eumm georgia)
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Caucase Géorgie Russie
Dimanche 5 juillet 2009
Le portrait que dresse Salomé Zourabichli dans son livre la "tragédie géorgienne" est pour le moins décapant. Et en tout cas très loin de la biographie "particulièrement hagiographique écrite à deux mains avec le fils d'André Glucksman ("ton nom s'écrit liberté") et conçue par les lobbyistes bruxellois du président".

A l'école du KGB ... ? "Il est expliqué qu'il vient d'une famille de patriotes géorgiens et de l'intelligentsia. Vrai mais à moitié. Il oublie de préciser que cette famille patriote fait quelque chose qu'à la fin des années 80, aucune famille géorgienne patriote n'aurait fait : envoyer le jeune Micha faire son service militaire dans l'armée soviétique. Chacun cherchait, au contraire, par tous les moyens, à échapper à cette obligation. (...) Qui plus est dans les forces spéciales du ministère de l'Intérieur, dont le quartier général se trouve à Kiev. Décision surprenante, qui nécessite de surcroît des appuis en haut lieu. Nul doute que l'oncle du jeune Micha, Temour Alassania, haut fonctionnaire soviétique aux Nations-Unies, position de haute confiance liée au KGB, ait eu un rôle déterminant dans cette décision et sa réalisation." L'auteur va plus loin (...)
"La spécialité qu'il choisit - les relations internationales (qu'il étude à l'université de Kiev) - est elle-même dans l'Union soviétique d'alors et parce qu'elle mène aux contacts avec l'étranger, à la carrière diplomatique, ou aux instituts prestigieux, le "domaine réservé du KGB".

Retourné par la CIA ... ? "Il y a dans sa biographie, une page un peu plus obscure, celle de son passage à Washington, à l'Université, où on ne sait pas ce qu'il a étudié et combien de temps. L'hypothèse qu'il ait pu à ce moment être aussi recruté par les services américains, et suivre une formation accélérée, a été évoquée. Elle permettrait d'expliquer pourquoi les Américains ont été aussi peu curieux sur les états de service de son oncle et son rôle actif auprès du jeune président géorgien..."

Digne héritier de
Chevardnadzé. "C'est Chevardnadzé qui l'a fait venir dans son "Mouvement des citoyens ", parti gouvernemental qui rassemble autour du " vieux loup " toute la classe politique géorgienne, devenant ainsi un nouveau parti unique, modèle que Micha reprendra ensuite avec son Mouvement national. Les mentors de Micha sont aussi les fidèles de Chevardnadzé : ainsi Lana Gogoberidzé, fille d'un des plus redoutables tchékistes géorgiens de la première heure, dont le nom est lié aux pires répressions, fidèle parmi les fidèles de Chevardnadzé, à laquelle Micha ne refuse rien, et qu'il finira par renommer ministre conseiller à l'ambassade à Paris à 80 ans passés. Guela Charkviani, interprète d'anglais auprès de Chevardnadzé durant des années, devenu conseiller personnel de Micha et confident, puis son ambassadeur à Londres."
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Caucase Géorgie Russie
Dimanche 28 juin 2009
Finis les Panhard bleus français, les Mercedes bulgares ou les Dzik kakis Polonais... les observateurs de l'Union européenne (EUMM) au Field Office de Gori, face à l'Ossétie du Sud, vont pouvoir s'asseoir à bord d'un seul type de véhicules: des Toyota Land cruisers, blindés de 4,5 tonnes, peints en blancs. Un changement bienvenu à plusieurs titres. Pour les véhicules qui, depuis le début de la mission, en octobre 2008, ont déjà effectué près de 1810 patrouilles et parcouru 176.000 kms, est venu le temps du repos. Mais surtout, cela va faciliter et accroître la visibilité de la mission de l'UE dans la région.

Aucune confusion ne pourra pas être faite avec les autres véhicules internationaux. Puisque les observateurs de l'OSCE auront plié bagage au 30 juin. Tandis que les 145 membres de la mission des Nations-Unies en Géorgie (MONUG) ont dû cessé leurs fonctions du coté de l'Abkhazie,
depuis le 16 juin (1). Les observateurs de l'UE restent ainsi tout seuls face aux Ossètes, Abkhazes, Russes et Géorgiens.

C'est une des premières fois - selon ma connaissance - que l'Union européenne soit la seule force multinationale (Onu, Osce, Otan,...) en position de pouvoir intervenir à titre d'observateur ou d'interposition sur un territoire européen. Cela justifie ainsi, tous les débats sur la nécessaire autonomie de la politique de défense de l'Union européenne.

(1) La Russie ayant posé un veto
au renouvellement de la mission au Conseil de sécurité, le 15 juin.

(crédit photo : EUMM)

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Caucase Géorgie Russie
Dimanche 21 juin 2009
Le chauffeur d'une ambulance (1) qui accompagnait une des patrouilles de l'EUMM - la force d'observation de l'Union européenne en Géorgie - près de la frontière ou "limite administrative" avec l'Abkhazie, a été tué ce matin par l'explosion d'une mine.

Selon ce qu'en a relaté EUMM, ce (dimanche) matin, à 11h05, lors d'une patrouille de routine, une mine a explosé, près d'Eristskali, endommageant légèrement le véhicule blindé dans lequel se trouvaient les observateurs. Et blessant (mortellement) le conducteur de l'ambulance qui accompagnait la patrouille. Transporté à l'hôpital, il est mort peu après de ses blessures.

Les causes de l'incident restent obscures. Mais selon la chaîne géorgienne de télévision, Rustavi 2, il y aurait eu deux explosions. La mine aurait été activée alors que l'ambulancier (Avatndil Akhaladze) descendait de son véhicule. Un médecin aurait également été blessé, plus légèrement. (le scénario laisse ainsi supposer qu'il y avait bien mise en place d'une mine, avec volonté de tuer, et non pas simplement d'un "accident" d'une ancienne mine)

En exprimant ses condoléances à la famille et aux amis de l'employé, l'ambassadeur Haber qui commande l'EUMM a aussitôt lancé un avertissement aux autorités : "Nous examinons les détails de l'incident. Mais j'aimerai dire clairement que toute attaque sur nos observateurs non armés et leurs patrouilles, qui exercent leur devoir légitime, est complètement inacceptable. Nous allons contacter les autorités des deux cotés de la frontière administrative afin d'enquêter sur les détails de l'incident et s'assurer qu'ils ne puissent se reproduire".

Cet incident survient alors que l'incertitude grandit.
D'une part, la Russie semble envoyer des troupes supplémentaires en Abkhazie ; selon des sources géorgiennes, des forces spéciales russes auraient pris position dans la région de Gali. D'autre part, la Russie a mis son veto à la fois à la continuation de la mission de l'ONU en Abkhazie (Monug) et aux observateurs de l'OSCE (lire également "rapport de la PESD"). Du coup, la Géorgie envisage d'étendre la mission des observateurs de l'Union européenne.

(1) L'Union européenne a passé contrat pour son assistance médicale avec une société privée, "Mediclub", spécialisée dans l'assistance médicale et les services médicaux aux expatriés (ambassades, organisations internationales...). Elle accompagne aussi les observateurs de la MONUG.

Crédit photos : Rustavi2

Summary : "At 11.05am this morning one of the armoured vehicles carrying out a routine patrol of EUMM was slightly damaged by a mine explosion, near Eristskali, close to the Abkhazian administrative boundary line, the accompanying ambulance was also damaged and the driver injured by the explosion; unfortunately despite being taken to hospital, he died of his injuries shortly afterwards." The Head of EUMM Ambassador Haber has commented: “I would like to send my sympathy to the family and friends of the MediClub driver who died today. We are still looking into the details of this incident, but I would like to make clear that any unprovoked attacks on our unarmed monitors and their patrols, going about their legitimate duties, are completely unacceptable. We intend to contact the authorities on both sides of the administrative boundary line to investigate the details of this incident and ensure that nothing like this happens again.
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Caucase Géorgie Russie
Dimanche 29 mars 2009
Un policier géorgien est mort et six autres ont blessés dans deux explosions consécutives au nord de Dvani, à la limite de l'Ossétie du Sud, ce dimanche matin (29 mars) vers 9 h. Un premier véhicule de police géorgien a sauté sur une mine faisant un mort et 4 blessés. La seconde explosion est survenue quand une équipe est arrivée pour se porter au secours des premiers, faisant 2 autres blessés parmi les policiers.

Ce type d'incidents est plutôt vicieux. Car il ressort d'une intention délibérée de tuer, est assez régulier aux frontières administratives de l'Ossétie ou de l'Abkhazie depuis le conflit du mois d'août, comme je l'avais déjà relaté sur ce blog, après un reportage sur place (lire tension palpable, incidents à répétition). Et on ne discerne pas vraiment les auteurs de ces crimes à visée terroriste (Ossètes ou Abkhazes, Russes ou Géorgiens, troupes régulières ou semi-mafieux).

Cette attaque a été condamnée par les observateurs européens, comme "une violation totalement inacceptable des accords Sarkozy - Medvedev",
explique Hansjörg Haber, le chef de la mission des observateurs européens "EUMM" en Géorgie dans un communiqué. "Nous attendons que cet incident soit l'objet d'une investigation soigneuse des deux cotés de la frontière administrative de l'Ossétie du Sud et que ceux qui sont responsables soient traduits en justice". 

Vive tension politique. Cet incident survient aussi dans une période de vive tension politique. Le gouvernement est aux prises avec l'opposition. Des manifestations sont prévues à partir du 9 avril pour demander la démission du président Saakashvili, accusé par certains personnalités politiques d'opposition, comme son ancien ministre de la Défense Irakli Okruashvili "d'être une menace pire que les Russes pour la Géorgie". Une dizaine d'opposants ont été arrêtés en train d'acheter des armes afin de provoquer des émeutes dans ce qui ressemble plutôt à une savante mise en scène plus que d'un réel complot.
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Caucase Géorgie Russie
Mercredi 25 mars 2009
La mission d'observation de l'Union européenne en Géorgie (EUMM) recrute une quarantaine de personnes, essentiellement en détachement, mais avec quelques postes en contractuel - des observateurs essentiellement mais aussi des conseillers et officiers de liaison.

Voici la liste des postes (en anglais) :
Seconded/Contracted:
 
• 1 Legal and Financial Controller
 • 1 Chief Procurement Officer
Seconded:
 • 1 Press & Public Information Officer
 • 1 Legal Adviser
 • 1 Military Liaison Officer
 • 1 Watchkeeper
 • 2 Reporting Officers
 • 28 Field Monitors
Autres renseignements ici - date limite = 7 avril

NB : EUMM a obtenu une petite rallonge budgétaire de 2,1 millions d'euros afin de mener des missions complémentaires, notamment autour des questions de mixité ethnique et du respect des minorités en Géorgie. Trois équipes, composées de 20 personnes chacune, sont concernées par cette reconfiguration : celle des droits de l’homme, des services policiers et des affaires humanitaires.
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Par Floriane Pellegrin (Bxl), Nicolas Gros-Verheyde (Prague) - Publié dans : Caucase Géorgie Russie
Vendredi 13 mars 2009
A mi-mandat de la Mission d’observation de l’Union Européenne (EUMM), le chef de la mission, l'Allemand Hansjörg Haber, a dressé devant quelques journalistes à Bruxelles, le 12 mars, un premier bilan. Cette mission doit normalement se terminer le 15 juin. Et la question de sa reconduction est donc maintenant posée. Discussion qui implique l'UE comme les Etats qui ont signé, à l'été 2008, l'accord en six points suspendant les hostilités.
Pour Hansjörg Haber, l’un des problèmes de la fin du mandat de l’UE est sans conteste les visions différentes qu’ont les Russes et les Ossètes des missions à venir. Pour le chef de la mission, en l’état des choses, « le seul mandat actuellement stable est le nôtre. » Selon lui les options les plus envisageables sont une prolongation de six ou douze mois. Il a rappelé que cela «  restait encore à décider. (…). Depuis le mois de février - a-t-il ajouté -, un «  processus de reconfiguration » a été mis en place. L'EUMM concentre ses efforts sur certaines questions thématiques, comme les questions de mixité ethnique et du respect des minorités en Géorgie. Trois équipes, composées de 20 personnes chacune, sont concernées : celle des droits de l’homme, des services policiers et des affaires humanitaires.
A Prague, Javier Solana, le Haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune, a souligné devant la réunion informelle des Ministres de la Défense des 27, combien cette mission est « une part essentielle pour soutenir le processus de négociation de Genève (entre Russes et Géorgiens). Nous devons continuer notre engagement actif tout en affirmant le principe de la souveraineté de la Géorgie et l'intégrité territoriale, à laquelle l'UE est fortement attachée » (*).

(*) We have made a difference there and EUMM has been an essential component supporting the Geneva negotiation process. We need to continue our active engagement, whilst upholding the principle of Georgia's sovereignty and territorial integrity, to which the EU is strongly committed.

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Caucase Géorgie Russie
Vendredi 6 février 2009
La Grèce - qui préside actuellement l'OSCE - a fait une proposition pour permettre le retour des observateurs de l'Organisation de sécurité et de coopération européenne en Ossétie du Sud. Cette offre, selon le ministère grec des Affaires étrangères, repris dans la presse grecque, comprendrait l'établissement de deux bureaux, dénommés par la ville où ils auront le siège, un bureau "Tbilissi" et un bureau "Tsinkvali". Ces deux bureaux seraient placés sous l'autorité d'un troisième, chargé de la coordination et des relations avec les autres pays. Ce bureau pourrait être établi, tout simplement à Vienne, au siège de l'OSCE. A moins qu'une autre ville soit choisie. Plusieurs rencontres sur ce sujet sont prévues à Tbilissi la semaine prochaine.
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Caucase Géorgie Russie
Jeudi 5 février 2009
Entre Américains et Russes, ce qu'on pourrait appeler une guerre des bases, ou plutôt un gigantesque monopoly des bases est en cours.

Dans les territoires géorgiens. La Russie a ainsi annoncé, l'ouverture d'une base navale en Abkhazie, à
Otchamtchira. Quasiment, le même jour où elle annonçait suspendre le déploiement de missiles à Kaliningrad. La base serait construite à quelques kilomètres de la Géorgie à partir de rien. Mais ce site stratégique a été préféré à Sukhumi (le port principal de la région) car il permet, aussi, de contrôler les eaux territoriales du voisin géorgien, dont le sous-sol marin recèlerait par ailleurs des ressources en gaz et en pétrole selon les Géorgiens cités par RIA Novosti. De plus, il s'ajoute aux deux bases terrestres dans les ex-territoires géorgiens : en Ossétie du sud, dans la vallée de Khodori, et en Abkhazie, à Gudauta (*). Cette installation navale pourrait permettre de compléter, voire de compenser en partie, Sébastopol (en Ukraine) dont le bail se termine en 2017. Plutôt que de remplacement d'ailleurs (car, selon les militaires russes, Sébastopol est "irremplaçable"), il s'agit plutôt de faire pression à la fois sur les Ukrainiens et sur les Occidentaux pour les convaincre, qu'après tout, il vaut mieux que les Russes restent en Ukraine plutôt qu'ils n'écrèment ailleurs.

Inquiétant pour l'UE. "C'est très inquiétant. Cette création va vraiment nous causer de sérieux problèmes pour les négociations de Genève" (entre Géorgiens, Russes, Ossètes et Abkhazes, dont le 3e round s'ouvre la semaine prochaine), estime un diplomate européen de haut rang. La présidence tchèque a, d'ailleurs, réagi officiellement au nom de l'UE, estimant qu'il s'agit "d'une sérieuse violation du principe de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la Géorgie, dans laquelle l'UE est fortement impliquée. Toute construction militaire en Abkhazie et en Ossétie du Sud devrait être en contradiction avec l'esprit (NB: l'esprit pas la lettre) des accords de cessez-le-feu d'août et de septembre 2008 et nuisent à la stabilité et la sécurité de la région en augmentant les tensions". (télécharger le communiqué, en anglais)

Une recherche de bases. La Russie projette, par ailleurs, de créer d'autres bases - moins grandes, plutôt des "bases étapes" - en Méditerranée et dans l'Océan indien : à Tartous (Syrie), à Socotra (Yémen), à Tripoli (Libye) ou à Cam Ranh (Vietnam), selon la presse russe relayée par l'agence Novosti.

Et la fermeture de la base US au Kirghiztan. La Russie a, aussi, obtenu du Kirghiztan l'engagement de fermer à terme la base américaine de Manas (le Parlement Kirghize vote la semaine prochaine, sur ce point, la dénonciation de l'accord entraîne une fermeture de la base avec un préavis de six mois normalement). Une fermeture qui s'accompagne d'une "compensation financière" donnée par la Russie à l'ex-République soviétique : chèque de 450 millions de dollars et annulation d'une dette kirghize envers la Russie de 180 millions de dollars.


(*) La base terrestre n'est, en soi, qu'une réplique à la simili base américaine à Tbilissi. "L'ambassade" des Etats-Unis - forte d'environ 500 personnes - et s'étendant sur plusieurs hectares, ressemble plus à une base qu'à une ambassade proportionnée à l'importance du pays... "Effectivement" reconnaît-on, coté européen, sans vouloir vraiment avouer que "c'est un problème".
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Caucase Géorgie Russie
Lundi 2 février 2009
C'est une histoire comme les adorent les Britanniques, mêlant amour et relations plus ou moins étroites avec la vieille URSS. Peter Truscott, membre de la chambre des Lords, et ancien député européen (de 1994 à 1999), ancien vice-ministre de l'énergie, aurait eu des liens secrets avec l'Union soviétique, selon un tabloid du dimanche, Mail On Sunday. Considéré comme un expert de la stratégie de sécurité européenne et de la Russie, il avait été vice-président de la sous-commission défense du Parlement européen, et coordinateur de la politique étrangère pour les travaillistes à Strasbourg. Il apparaissait aussi régulièrement comme analyste politique à la BBC ou CNN et a publié plusieurs ouvrages : "Russia First" (1997), "European Defence meeting the strategic challenge" (2000), et surtout un ouvrage très flatteur pour Vladimir Poutine ("Putin's Progress", 2004). Son ascension - estiment les reporters - il la doit en fait surtout à sa femme, Svetlana, rencontrée au printemps 1991, en descendant de l'avion à Leningrad (St Petersbourg). C'est le "coup de foudre" et le mariage a lieu quelques semaines après, le 1er août 1991. Savait-il que le père de la belle était colonel et responsable de l'entraînement des troupes régulières comme des troupes spéciales, et proche des services russes comme le suggère le journal. Les relations secrètes sont plutôt suggérées par le journal que solidement étayées. Lord Prescott aurait souvent défendu le point de vue russe contre les critiques dans les affaires énergétiques ou après le conflit en Géorgie. Plus troublant, il a été consultant pour Gavin Anderson, un homme qui a travaillé pour Gazprom (et travaille toujours, notamment pour le rapprochement avec la compagnie de gaz serbe) et est réputé proche de Vladimir Poutine. Il est aussi impliqué dans une affaire de corruption révélée par le Sunday times - qui indiquait que quatre députés travaillistes auraient accepté de recevoir de l'argent pour défendre un amendement (en fait un reporter du journal, cf. reportage BBC)... à suivre
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Caucase Géorgie Russie
Vendredi 30 janvier 2009
Cette enquête de deux journalistes russes peut être lue comme un polar mais est plus que nécessaire pour comprendre la Russie d’aujourd’hui.

Utile pour connaître tous les soubresauts de cette entreprise qui faillit être privatisée, sut acquérir son indépendance et peu à peu tisser ses liens avec les sociétés des anciennces républiques soeurs, pour finir par être reprise en main (brutalement) par Poutine. Avec toujours cette obession de pouvoir acquérir des sources d'approvisionnement en gaz (au Turkménistan par exemple) ou de contrôler toutes les routes de destination (notamment vers l'Europe et le développement de voies directes, vers l'Allemagne, permettant de contourner l'Ukraine ou les autres pays intermédiaires).

Ce livre est aussi intéressant pour percevoir ce que cette entreprise représente pour l’âme, l’économie et le pouvoir russes. Tellement liée à l’Etat qu’elle est l’Etat elle-même, dirigée par des personnages comme Tchernomyrdine ou Medvedev (avant qu'ils passent à la tête de la Russie, l'un comme Premier ministre, l'autre comme Président), Gazprom et le gaz sont à la Russie ce que le nucléaire, la marine ou la neutralité sont à d’autres pays : la marque indélébile de la puissance et de la souveraineté.

Il est aussi captivant de retrouver la plupart des protagonistes de la crise russo-ukrainienne de janvier : Ioulia Timoschenko côté ukrainien, Vladimir Poutine et Dimitri Medvedev côté russe. Qui tous trois ont été élevés au « biberon « du gaz et dont ce n'est pas le premier heurt sur le sujet (ni le dernier peut-être).

• De Vlary Maniouchkine et Mikhaïl Zygar (trad. Michèle Kahn) (Actes sud, 284 p., 21,80 euros)
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Caucase Géorgie Russie
Vendredi 19 décembre 2008
Au terme de ce reportage, on peut voir à quels obstacles, quels enjeux, est confrontée et surtout peut être confrontée demain la mission des observateurs européens en Géorgie, "EUMM Georgia".

1. L’enjeu de la visibilité.


C’est un des premiers soucis des observateurs. 
A défaut d’avoir tous le même uniforme – les unités préconstituées (policiers, gendarmes, carabinieri) conservent leur uniforme national – il a été décidé que tout observateur aurait une chasuble bleue et un béret bleu, ainsi qu'un brassard, qu'ils mettent dès qu'ils sont en mission - ou du moins en approche de check-point ou de personnel civil… Le kaki a, normalement, été prescrit, pour éviter toute confusion. Afin d’identifier les véhicules de EUMM Georgia, des stickers bleus ont été collés de chaque coté, et des bandes bleues et jaunes fluos, ainsi qu’un drapeau sur un mat éclairé, ont fait leur apparition afin d’éviter toute méprise. Une nécessité ! Les patrouilles circulent de jour comme de nuit, 7 jours sur 7. Et à la nuit tombée ou en demi-teinte, il s'agit d'éviter toute méprise. Ce qui n'est pas évident !
Le AMZ polonais sur la route © NGV

Les  véhicules européens sont en effet très dissemblables. Entre le Hummer italien revenu d’Afghanistan, les Mercedes classiques des Allemands, et les Panhard français, il y a là un assemblage hétéroclite de matériels, à la fois difficile à entretenir au niveau logistique (allez trouver un pneu de Panhard ici me dit un technicien...). Mais surtout qui ne facilite pas la visibilité sur le terrain. Couleurs, formats différents, ne facilitent pas le travail. Et je dirai même est dangereux pour les observateurs. Certes des véhicules de couleur militaire ont été repeints à leur arrivée, comme les véhicules italiens qui sont passés de la version sable Iraq en blanc. De même les véhicules utilisés par les gendarmes français ont été repeints en bleu avant le départ, la couleur habituelle de la gendarmerie. Mais il reste encore quelques véhicules blindés – en kaki - les AMZ polonais notamment.
Les Hummer italiens repeints en blanc sur le parking de Tbilissi © NGV

Dilemme : avoir un abord pacifique ou protéger les observateurs. De plus ils ne sont pas adaptés au caractère de la mission. On a l’impression à les voir qu’il y a une opération de maintien de l’ordre importante. Même si les équipements sont neutralisés. Les véhicules tout blindés ou équipés de lance grenades lacrymogènes sont un peu trop « offensifs ». En même temps, il faut le reconnaître, le danger n’est pas absent. Et il est difficile de mettre des observateurs dans des véhicules légers qui ne soient pas blindés.

2. le défi de l'accessibilité.

La Géorgie est en bonne partie un pays de montagnes. La partie septentrionale de l’Abkhazie et de l’Ossétie sont bordées de montagnes de 2000  à 4000 mètres. Inatteignables en temps normal. Même aujourd’hui, les observateurs le reconnaissent. L’hélicoptère pourrait être une solution (la mission n’en est pas dotée – sauf pour les évacuations sanitaires où elle recourt à une société privée). Mais il se heurte à un sérieux risque de sécurité. "Je ne voudrais pas trop me balader en l'air à proximité de la frontière" explique un observateur pourtant habitué aux missions à risque. Il faut reconnaître que, mis à part quelques drones, (dont certains ont été abattus), l’activité aérienne est effectivement limitée à proximité de la frontière.

3. Le slalom de la communication.

La Communication est un axe important non pas de faire-valoir de la mission mais une condition du bon déroulement de l'opération. Cela est d'abord dû au contexte même de la guerre en Géorgie. En effet, outre les dégâts humains et matériels, cette guerre a été aussi médiatique, et l'est encore. Rien que sur l'étendue des pertes humaines, il y a encore une censure et la propagande joue des deux cotés. Encore plus depuis le cessez-le-feu car il s'agit maintenant d'examiner les conséquences de la guerre, et de déterminer les responsabilités. En cela, EUMM ressemble davantage à une mission d'interposition qu'à une classique mission d'interposition. D'autant que les attentes dans la population sont très fortes. Avec le risque d'être déçues. On attend des Observateurs qu'ils ramènent le calme et la tranquillité, qu'ils s'expriment sur tel ou tel incident, permettent de savoir la vérité. Même si ce n'est pas tout à fait dans leurs moyens, ni dans leurs compétences.
Confusion supplémentaire, la présence de plusieurs organismes internationaux, représentant le continent européen et la communauté internationale (OSCE, Onu, Conseil de l'Europe...), chargés de différentes missions : observation (UE, OSCE, ONU), humanitaires (PAM, HCR, CE...). Ce qui ajoute à la confusion d'autant que certains ont des sigles très équivalents (avec le bleu dominant), voire le même (Conseil de l'Europe, UE). Bref un véritable enjeu opérationnel.

4. La question de l’organisation.

Il ne faut pas se cacher. Cette mission a une caractéristique « militaire » ou au moins de « sécurité civile » très forte. Et les attitudes des observateurs sont très militaires ou policières. Il n'est que de voir les nombreuses interdictions de communication. Dans un certain sens heureusement. Refuser de le voir est à mon sens, nuisible pour l’efficacité de la mission. Car c’est une mission qui se déroule aussi dans un contexte risqué.

5. La gestion de la mission

Installée en un temps record, l'UE a dû faire très vite. Ainsi faute de cantine ou même de cafétéria, c'est la femme de ménage qui a fait office les premières semaines de cantinière et les écussons de l'EUMM ont été conçus en interne et... "cousus main" par son mari. Maintenant il faut tout mettre en ordre, au cordeau des règles habituelles de l'UE. Car cette mission reste en effet soumise à la plupart des règles en usage, notamment de marchés publics. La gestion des moyens arrivés très rapidement mais qui sont dissemblables est aussi nécessaire. Le tout représente une tâche certes discrète mais qui est sans doute un enjeu administratif majeur pour la bonne marche de la mission.
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Fil RSS

  • Flux RSS des articles

net, mobile et twitter

Pour lire Bruxelles2 sur : Mobile - iPhone - Twitter Et toujours sur le net : www.bruxelles2.eu

Attention! Ces textes sont couverts par le copyright. Vous pouvez donc les lire à loisir et les faire passer, ou faire des liens à partir de vos sites. La citation de certains passages est possible en mentionnant simplement la source "Bruxelles2. En revanche, toute reproduction ou utilisation sur d'autres supports (online, écrit, agences de presse, etc.) est normalement interdite. Demandez-moi auparavant. Merci

Recherche

L'auteur

Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" de Ouest-France, spécialiste "défense-sécurité" à Europolitique (agence de presse européenne) et responsable des "dossiers-enquêtes". Ma carrière de journaliste commence en 1989 par des reportages en Europe de l’Est (Hongrie, Tchécoslovaquie, Pologne) à la réunification. J'ai travaillé pour La Tribune, Le Quotidien de Paris, Impact Médecin, Radio France Urgences, Arte et LCI. Pour d'autres archives articles et travaux, voir ce site. ou le blog Europe sociale (en veilleuse). Pour m'écrire.

English/Deutsch/Русски version


drapeau-anglais.png  

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Recommander

Partenariat culturel

"Mort si je veux" - Au Théâtre de Poche (Bruxelles, Bois de la Cambre) du 14 au 28 novembre, à 20h30


Racket, tabassage, humiliations diverses, agressions, viols et, parfois, meurtres. Les jeunes sont-ils devenus violents ? A en croire les médias, les statistiques, la violence juvénile connaîtrait ces dernières années une augmentation significative. A en croire les psychologues, les sociologues, les enseignants, les parents, bref, le monde des adultes, les causes seraient identifiées : pas d’avenir, pas de repères, pas de cadre familial stable, etc. Pourtant les dispositifs éducatifs, les mesures judiciaires, le renouvellement des méthodes de suivis, tous  ces efforts semblent vains à comprendre et surtout à apporter des solutions.


Réservations

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés