Bruxelles2 (L'Europe de la Défense et de la Sécurité)
La politique (européenne) de sécurité et de défense commune (PeSDC) avance, discrètement, derrière
les murs du Justus Lipsius (Conseil de l'UE), du Charlemagne (DG Relex et service diplomatique),du Berlaymont (Commission européenne),du Cortenbergh 150 (Etat major),de la rue des Drapiers
(Agence européenne de Défense). Stratégie, politiques, diplomatie, logistique, industrie, transport aérien, gestion de crise et secours d'urgence, missions militaires et civiles (Bosnie, Kosovo,
Géorgie, Moldavie / Ukraine, Afghanistan, Irak, Palestine, Congo RDC, Guinée-Bissau, Océan indien, Somalie, Tchad...), transport aérien, surveillance
maritime, sécurité civile... Lien direct : www.bruxelles2.eu
Ce blog se veut un média, à part entière, sur une politique mal connue de l'UE et respecte les principes journalistiques
Hormis la PeSDC déjà abondamment commentée,
le Traité de Lisbonne permet à l'Union européenne d'agir dans de nouveaux domaines de la gestion de crises, particulièrement en matière de protection civile. L'Europe acquiert même une compétence
complète (ce qui ne veut pas dire exclusive). Ce qui justifie pleinement les trois mots "réponse de crise" ajoutés au portefeuille de l'aide humanitaire attribué à la commissaire Jeleva.Il me paraissait
naturel la veille de la Sainte Barbe (patronne des Pompiers et de l'arme du génie) de revenir sur cet aspect qui a été peu détaillé jusqu'ici. Ne vous étonnez pas également si la tête de chapitre
Secours - Sécurité civile s'épaissit, au fil du temps, sur ce blog...
Ainsi, un nouvel article (le 196 du Traité de fonctionnement de l'UE) sous l'intitulé Protection civile fait son apparition dans le Traité de Lisbonne. Il prévoit une panoplie complète :
prévention, préparation aux crises, coopération opérationnelle en cas de catastrophes, réaction urgente, veille et évaluation, soutien financier, législation et harmonisation...
Prévention - Opération. L'UE « encourage la coopération entre les États membres afin de renforcer l'efficacité des systèmes de prévention des catastrophes naturelles ou d'origine humaine
et de protection contre celles‑ci.» Un soutien qui concerne tant le volet interne aux Etats membres que l'action extérieure
internationale. Dans le détail, l'action de l'UE vise ainsi : « 1° à soutenir et à compléter l'action des États membres (...) sur la prévention des risques, sur la
préparation des acteurs de la protection civile et sur l'intervention en cas de catastrophes naturelles ou d'origine humaine à l'intérieur de l'Union; 2° à promouvoir une coopération opérationnelle
rapide et efficace à l'intérieur de l'Union entre les services de protection civile nationaux; 3° à favoriser la cohérence des actions entreprises au niveau international en matière de protection
civile. » Cette action peut être approfondie par le biais d'une réglementation. En effet, si nécessaire, une législation européenne peut être établie « pour harmoniser des
dispositions législatives et réglementaires des États membres ».
Assistance mutuelle et moyens militaires. La (nouvelle) clause de solidarité (de l'article 222 - valable aussi pour les actes terroristes) joue pleinement. Ainsi l'Union mobilise tous les instruments à sa disposition, y compris les moyens militaires mis à sa disposition par les États membres, pour «
porter assistance à un État membre sur son territoire, à la demande de ses autorités politiques, en cas de catastrophe naturelle ou d'origine humaine. » Et « les autres États
membres lui portent assistance à la demande de ses autorités politiques ». Dans cet objectif, une coordination des moyens est organisée « au sein du Conseil ».pour mener des actions pour appuyer, coordonner ou compléter l'action des États membres ». Les « modalités de mise en œuvre de (cette) clause de solidarité sont définies par une décision du Conseil, sur proposition conjointe de la Commission et du haut représentant de
l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité ». Le Parlement européen est simplement informé.
Enfin, l'UE a toujours la capacité (avec le Fonds de solidarité qui existe déjà, ex article 100 renuméroté article 122) de voter des subventions ou une assistance financière à un Etat ou une
région qui a subi des dégâts suite à une catastrophe, naturelle ou autre. De même, certaines mesures économiques (approbation automatique des aides en cas de calamité naturelle...) restent toujours
autorisées.
Faut-il préciser également que l'UE est dotée d'une action spécifique (article 168) en ce qui concerne la lutte contre les grands fléaux, « en
favorisant la recherche sur leurs causes, leur transmission et leur prévention ainsi que l'information et l'éducation en matière de santé, ainsi que la surveillance de menaces transfrontières
graves sur la santé, l'alerte en cas de telles menaces et la lutte contre celles-ci ». Elle peut notamment adopter toute mesure allant dans ce sens (dans le respect cependant des compétences
en matière de santé des Etats membres et sans aller jusqu'à l'harmonisation législative).
Comme annoncé vendredi par José-Manuel Barroso président
de la Commission européenne, Rumiana Jeleva aura en charge le portefeuille de "la Coopération internationale, l'aide humanitaire et de la réponse de crises", un portefeuillequicorrespondà la gestion de crises que nous appellions de nos voeux (1).Ilregroupe l'Aide humanitaire (DG Echo) - qui était dans la dernière commission cogérée avec le Développement - et le nouveau
poste de la Protection civile - découlant de la nouvelle compétence créée du Traité de Lisbonne - (l'unité qui s'occupait de cette question et qui était logée dans la DG Environnement va être
intégrée dans la DG Echo).Il fait partie avec l'Elargissement et le Développement du groupe de commissaires "Relations extérieures" coordonné par la Haute
représentante, C. Ashton.
Sans être d'une importance primordiale, ce portefeuille a une haute valeur médiatique (il faut se rappeler comment l'Italienne Bonino avait su lui donner
un certain lustre). Jeleva - si elle y prête un peu d'attention - peut devenir ainsi rapidement une des commissaires les plus connues. Née en 1969 (le 18 avril), à Nova Zagora, une ville du sud de la Bulgarie, Rumiana Jeleva
a suivi ses études à Burgas (dans la High School de langue allemande qu'elle termine en 1988) puis à l'université de Sofia en pédagogie sociale et sociologie (1994 et 1995). Elle complète cette
formation par des cours en sociologie industrielle et économie à l'universite de Bielefeld et l'université libre de Berlin (1994, 2000-2001), et finit par un PhD obtenu en 2003 à l'université Otto
von Guericke de Magdebourg (Allemagne), thème de sa thèse :«Socio-Interpretative Models of Entrepreneurs in the Economics of
Transition». Tout en travaillant. "Je travaille depuis l'âge de 15 ans" a-t-elle confié à des
journalistes bulgares.
Chercheuse associée à l'université de Sofia en sociologie, au laboratoire "sociologie du Travail et politique sociale (2005), elle gère également l'ONG "New Social Practices" chargé de
développer des projets sociaux (2004-2007) et une société de consultance, spécialisée en matière sociale "Global Consult Ltd" (2006-2007). A ce titre, elle participe à plusieurs projets du PNUD et
de Phare sur le développement d'initiatives sur le marché du travail, l'inclusion sociale et la jeunesse. Elle a occupé également plusieurs postes dans des conseils d'administration ou de
surveillance : au fonds national d'investissement "Labor" (1995-1998), à la société Plastimo JSC de Samokov (1997-1998) et Eztour JSC de Pravets (1997-1998),
Elue en 2007 au Parlement européen, sur la liste du Parti conservateur GERB, elle siège à la commission du Développement régional (suppléant à la commission de l'Emploi).Elle est notamment rapporteur du PE sur la convention des Nations-Unies sur les handicapés et de la task-force sur le travail non déclaré. Réélue en 1999, elle choisit la commission des affaires étrangères. Pas pour longtemps. En juillet 2009, elle est nommée Ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement de
Boyko Borisov (GERB) et retourne à Sofia. Pas diplomate au départ, elle s'y est fait. «C’est vrai. Ce n’est pas facile. » confie-t-elle dans une interview au quotidien bulgare Troud.«Il est
vrai que j’étais beaucoup plus active dans les milieux universitaires et dans les projets internationaux financés par l’ONU, la Banque Mondiale ou l’Union européenne, que je ne le suis dans
les milieux politiques. Cette expérience professionnelle, ma très forte intuition (qui ne me trompe jamais) et mon éducation sont trois éléments sur lesquels je me fonde. » A l'automne 2009, rapidement son nom apparaît pour remplacer à la Commission
européenne, Kuneva. Au départ, elle visait plutôt le poste "Elargissement et politique du voisinage". « Pour moi, tous les domaines
ne se valent pas. Je ne serai donc pas commissaire européen à tout prix », avait-elle déclaré début novembre.« Cela coïncide avec les intérêts nationaux de la Bulgarie – il est important pour nous que dans la région des Balkans et de la Mer Noire soit une
région de sécurité et prospérité. » expliquait-elle dans une interview dans Tchassa.Il semblait cependant délicat de confier ce posteà
une Bulgareen raison des difficultés possibles sur certains dossiers "Balkans" notamment avec
la Macédoine et de possibles conflit d'intérêt.
Après le séisme d'une magnitude de 7.6 sur l'échelle de Ritcher qui a frappé l'ile de Sumatra en Indonésie, et qui a fait déjà 549 morts, la Commission européenne a
annoncé, jeudi midi, avoir débloquer une somme de 3 millions d'euros. Cette somme, provenant du budget communautaire, sera versée en "fast track" aux organisations présentes sur place (Croix-Rouge,
ONG). Une équipe d'évaluation de l'Office européen d'aide humanitaire basée à Jakarta s'est rendu à Padang (est de Sumatra) pour évaluer les besoins supplémentaires.
La Commission européenne a annoncé avoir débloqué une première aide d'urgence de 150.000 euros pour les victimes du Tsunami dans le Pacifique (Samoa et Tonga). Cette
aide sera versée à la fédération internationale de la Croix Rouge, avec pour objectif de fournir l'aide médicale, l'approvisionnement en eau et des abris d'urgence. Une autre aide de première
urgence a été débloquée pour le typhon en Asie (Vietnam, Cambodge, Laos), d'un montant de deux millions d'euros. Des équipes d'évaluation de l'Office européen d'aide humanitaire sont partis sur
place dans les deux régions, a précisé la Commission européenne.
Après la démonstration sur la surveillance maritime de nos amis suédois, le sujet méritait d'être
évoqué. Et c'est un collègue de l'AFP qui s'est collée à poser la question, un tantinet ironique. Le ton de notre interlocuteur, un militaire qui effectuait la présentation, s'est immédiatement
crispé avec une réponse en forme de glissade ... : « c'est sous enquête policière. Nous ne pouvons rien dire. » Puis d'avouer sous forme d'excuse : « nous n'avons pas su que ce bateau
avait été attaqué. Nous l'avons su plus tard. »
L'odysée de l'Arctic sea, ce bateau attaqué par les pirates en pleine mer baltique fin juillet, disparu sans laisser de traces pendant plusieurs jours, avant d'être retrouvé près du Cap Vert, avec à bord ce qui ressemble
plus à une bande de pieds nickelés qu'à une équipe de "pirates" organisés", laisse rêveur. Et chacun y va de ses versions. Rassurez-vous. Je n'ai pas la version officielle ni même la version
secrète. Mais quelques éléments d'information, et de réflexion
Quelques éléments de réflexion
1° La Commission européenne - que j'ai interrogée - persiste et signe et ne voit rien à changer à ses déclarations du mois d'août. Oui il y a bien une « seconde attaque au large du Portugal, après celle au large de la Suède ». Et
il ne s'agit « pas d'un acte de piraterie classique », selon le porte-parole du commissaire au Transport (1). Pour être sûr, j'ai demandé à un expert européen, de me définir ce qu'est un
"acte de piraterie classique". Et voici la la définition qu'il m'en a donnée, précisant que tous les éléments étaient aussi importants l'un que l'autre : «1° unacte crapuleux, 2° pour s’emparer d’un
navire et/ou cargaison ou personnel, 3° dans l'intention d'en tirer un avantage financier ».Même si elle se refuse à commenter l'enquête en cours, mené... par le parquet russe, cela contredit légèrement les déclarations russes actuelles.
2° Les deux versions livrées dans la presse qui circulent actuellement : l'une des Russes, avec une attaque de pirates aux motivations vaguement écologiques, l'autre avec l'intervention du Mossad
pour arrêter une livraison de missiles Sam S 300 à l'Iran, ne sont pas très très convaincantes. Elles laissent davantage de questions posées qu'elles en résolvent. Qui était les membres de la
première équipe ? Pourquoi les Suédois laissent faire ? Qui étaient les membres de la deuxième équipe ? Quand est arrivée à bord l'équipe de pieds nickelés à bord du navire ? Pourquoi la trace du
navire a officiellement été coupée ? Pourquoi l'ordre de retrouver le navire a-t-il été donné avec autant de solennité ? Et autant de moyens russes mobilisés au grand jour ? Combien a-t-il fallu
autant de temps pour vider le bateau de l'équipement "non officiel" qu'ils contenaient (s'il en contenait) ? Etc...
3° Tarmo Kouts, qui est à l'origine de l'information (sur le Mossad) et baptisé rapporteur de l'Union européenne sur la piraterie, est en fait surtout un
député estonien, membre du parti "Pro Patria and Res Publica" et auteur (avec deux autres députés :Kurt Bodewig, Aristotelis
Pavlidis) d'un rapport sur la piraterie à l'Union pour l'Europe Occidentale (UEO).Il est ancien chef d'Etat major des
armées (jusqu'à août 2006, avec le grade de vice-amiral) et surtout ancien responsable des gardes-côtes d'Estonie, ce qui lui donne une certaine compétence. En revanche, il n'a été chargé d'aucune
mission européenne. Propos confirmé de façon nette, tant du coté de la Commission européenne que de l'Union européenne.
(1) Les questions de piraterie maritime sont à la Commission européenne essentiellement de la compétence du Commissaire aux Transports. Un règlement du 31 mars 2004
sur la sûreté maritime prescrit en effet certaines mesures pour prévenir le terrorisme et la piraterie notamment.
Quelques réflexions sur d'autres faits qui semblent importants
- Une première équipe prend pied à bord du bateau. Reste 12 heures. "Parlant mal l'anglais". Puis disparaît. Sans que les autorités suédoises ni finlandaises (le bateau appartient à une société
finlandaise et transporte du bois finlandais) réagissent. Si cette version est réelle, cela suppose que cette équipe appartient à un pays, sinon membre de la zone Otan, au moins allié.
- Le navire n'aurait jamais été perdu de vue par les autorités maritimes des différents pays européens, comme le montre l'information communiquée par la Commission européenne, fin août, mentionnant
une attaque au large du Portugal. Une information puisée à bonne source, apparemment directement des services de surveillance maritime des pays concernés. La "disparition" du navire après le
passage de la Manche et le signalement au Cross de Brest serait alors une "feinte". Mais pour échapper à qui ?
- Kalilingrad aurait été le port d'embarquement du matériel "de contrebande" (des armes Sam d'après les dernières informations communiquées à destination
de l'Iran). Un embarquement réalisé par la mafia russe. En solo ? Cela paraît peu possible. Vu la configuration de Kalilingrad. Il paraît certain qu'au moins un des services de lasécurité russe est embarqué dans l'opération.
Là s'arrêtent les faits et commence le roman. Ou plutôt les romans.Comme j'aime aussi les romans d'espionnage ou
policiers, voici quelques pistes pour des auteurs en mal d'imagination.
- 1ère piste : une divergence au sein de l'appareil russe de sécurité. Une partie des "services" soutient l'exportation des produits prohibés. Une autre cherche à
la torpiller. D'où les deux abordages. Et la décision de Medvedev d'envoyer, de la façon la plus solennelle, les navires de guerre, sonne comme un message clair : vous vous heurterez à nous si
vous continuez.
- 2e piste : le contrat avec l'Iran. La Russie est bien décidée à ne pas livrer les missiles Sam à l'Iran. Mais elle est plus ou moins liée par le contrat de
fourniture. Ce qu'il faut c'est respecter le contrat. Mais ne pas livrer. L'empêchement doit être suffisamment public pour laisser supposer que le contrat a été respecté.
- 3e piste : l'intervention d'un service allié. La première attaque - au large de la Suède - est mené par un service allié (le Mossad... ou plutôt un autre). Il
s'agit d'envoyer un avertissement net aux Russes qu'ils prennent l'affaire en charge : le bateau est sous surveillance. Nous savons ce qu'il transporte. Maintenant occupez-vous de l'affaire, et
au plus haut sommet de l'Etat.
- 4e piste : l'intervention d'un service russe. La deuxième attaque, au large du Portugal, est menée par les services russes "loyalistes" avec pour charge de mener
le bateau hors des grands circuits internationaux. Donnant suffisamment de temps aux navires et moyens aériens russes pour se "positionner".
(Analyse) Les récents feux de forêt en Grèce ou en Italie, les inondations à Taïwan auparavant, le crash de l'A310 de la Yemenia Airways au large des Comores, au début de l'été, le démontrent : l'action de sécurité civile si elle a pour
premier objectif de sauver des vies (et/ou préserver l'environnement) est aussi un acte, à visée hautement diplomatique, surtout quand il se produit hors de l'Union européenne.
Un exercice de haute politique. L'intervention démontre, d'une part, la présence aux cotés des victimes et des parents, des citoyens. Elle manifeste aussi (et surtout) au(x) pays
directement touché(s) de la région, la preuve de la capacité d'intervention, de la puissance du pays (de l'Union européenne quand c'est le cas) qui envoie les forces. En soi, c'est donc un acte
politique pur. A l'occasion d'une catastrophe, cela permet de renouer des contacts, d'ouvrir une nouvelle phase de relations ou de fermer la page d'une querelle ancienne, avec un pays tiers. NB :
Quand l'intervention se produit à l'intérieurde l'UE, elle est une marque d'une solidarité, d'une solidité du continent, qui a valeur d'exemple à la fois de
l'unité politique et de la capacité d'action opérationnelle.
Entre la PESD et l'action humanitaire. La protection civile constitue ainsi le maillon manquant de la gestion de crises : entre les missions de la PESD qu'elles soient sous forme
d'interposition militaire (type Tchad) ou civile (type Géorgie ou Gaza), de rétablissement de l'Etat de droit (Kosovo, Iraq ou Congo) et les missions d'aide humanitaire proprement dit (menée par
Echo) ou de développement, elle constitue une marque de puissance civile.Certes cette vision peut paraître très française et peu partagée par tous en Europe.
L'excellent papier de Michel Barnier, remis à la Commission européenne, il y a trois ans, en mai 2006 (télécharger ici), avait été reçu franchement à l'époque, et rangé soigneusement sur une étagère, considéré
comme trop démesuré à certains. Plus récemment, lors de la présidence française, certains Etats membres s'étaient opposés à un concept commun d'évacuation des citoyens à l'étranger (lire un
exercice à défaut de concept). Mais peu à peu, les esprits évoluent. Et le débat idéologique s'amoindrit.
Une évolution des esprits nécessaire.Le Royaume-Uni, la Suède et (dans la mesure de leurs moyens), la Pologne ou la Bulgarie sont devenus des
supporters de cette politique.Il ne s'agit pas d'une vision continentale opposée à une vision atlantiste, car les Etats-Unis ont déjà tracé la voie, ou d'une
Europe intégrationniste opposée à l'Europe des Nations. Car, effet (bénéfique?) de la crise économique, la plupart des Etats ont compris qu'ils ne pouvaient plus entretenir des forces trop
surévaluées, pesant trop lourd sur leur budget. La solution est alors (pour ce surplus utilisable quelques jours par an) de mutualiser certains moyens pour, dans les cas exceptionnels, pouvoir
faire appel au voisin, voire à des moyens disponibles (de façon fédérale) au niveau de l'Union européenne. Là réside encore le débat. La volonté de la présidence suédoise de développer la gestion
civile des crises (lire le papier de Malmström) est à remarquer. En espérant que cette fois-ci, le débat ne s'enlisera pas et que
des solutions pratiques, pragmatiques surgiront... comme en matière de feux de forêts (en Grèce) où la mutualisation temporaire de Canadair pour les feux de forêt montre son utilité (même si elle
n'est pas encore parfaite).
(Brève d'été). Après la demande de la Grèce (qui n'a été faite que samedi), le mécanisme de réaction rapide de l'UE est activé
dimanche 23 août. L'Italie(2 CanadairCL-415, arrivés dimanche après-midi),
Chypre(1 hélicoptère Kamov 32, arrivé dimanche soir), la France(2 CanadairCL-415, arrivés lundi après-midi), l'Espagne(2 CanadairCL-415)fournissent des moyens, en complément des 2 avions (Canadair CL-215, arrivés dimanche soir
l'un,lundi pour l'autre) de la Réserve tactique européenne. C'est le plus gros déploiement "feux de forêts" en
2009.Détails, sur
le site de la Commission européenne. Lire aussi : "Sécurité civile le chaînon manquant de l'UE, Puissance civile".
A total of eight planes and one helicopter are assisting Greece. Italy, France, Spain and Cyprus provided assistance in response to Greece's request. In addition, the EU forest fire
tactical reserve is being deployed to fill gaps in aerial fire-fighting capacity. The intervention in Greece is the biggest Civil Protection Mechanism operation in 2009 to date.
(Brève d'été) Le navire marchand battant pavillon maltais est bien repéré au large du Cap Vert. Et la frégate lance-missiles Ladny de la marine
russe (voir photo) est intervenue ; elle libère les 15 hommes d'équipage et fait prisonniers "huit pirates" - dont 6 ressortissants de l'UE :quatre Estoniens,
deux Lettoniens et deux Russes. Ceux-ci seraient montés à bord le 24 juillet (au large de la Suède) et auraient ensuite débranché les principaux instruments de
communication du navire, selon Ria Novosti. A priori, il s'agirait donc bien d'un acte de piraterie, contrairement à ce qu'affirmait la Commission européenne se fiant aux services de sécurité européen. A suivre, car des rebondissements pourraient bien survenir...
La frégate Ladny lors de l'exerciceIONEKS 2008 (crédit photo : marine russe -
flotte de la mer noire)
Après la récupération de l'Artic Sea (ce navire sous pavillon maltais détourné par des "pirates" vers les côtes africaines - voir les nouvelles d'août), la Commission européenne n'estime pas que les règles de sûreté maritime européenne soient en cause ou nécessite leur
renforcement, a souligné un des portes-paroles de l'institution à Bruxelles, ce mardi (18 août). "Près de la Guinée Bissau". La Commission européenne a ainsi, bien été « informée hier après midi par les
autorités maltaises (autorités du pavillon), que l’Arctic Sea a été retrouvé, et est sous contrôle de la marine russe, à 300 miles nautiques au sud du Cap Vert et 15 miles de la Guinée Bissau.
» a expliqué Martin Selmayr (qui assure la responsabilité du service du porte-parole de la Commission durant la période vacances). Mais, selon les autorités maltaises informées par le gérant de la
société propriétaire du navire, « tout l'équipage est sain et sauf ». Une équipe d'enquête conjointe, coordonnée par la Finlande (siège de la société propriétaire), incluant des
représentants de Malte, et de plusieurs autres pays (Suède...), travaille ensemble et mène une enquête criminelle.
Un "bon scénario pour Hollywood". Durant tout le temps de l'enquête, les différentes autorités européennes concernées ont en effet tenu Bruxelles informé. Et
la Commission européenne « est satisfaite de cette consultation ad hoc et des informations fournies ». En l'état des choses, il ne paraît donc pas nécessaire de modifier la réglementation
européenne en vigueur (règlement 725 datant de 2004). Même, si en l'état des choses, Bruxelles préfère resté « discret ». « Une enquête criminelle est en
cours.Un jour tous les détails connus, cela pourrait faire un bon film pour Hollywood » ajoute, ironique, Martin Selmayr (qui a toujours le sens de la formule).Il n'a cependant pas voulu expliquerpourquoi la Commission avait, un jour, expliqué qu'il y avait acte de piraterie. Et pas le lendemain... La coopération avec les Russes "difficile". Selon un inspecteur de la police finlandaise, cité par la presse nationale, les pirates seraient restés à bord du navire depuis la première
attaque le 24 juillet, au large de la Suède. Et si lademande de rançon paraît authentique, l'hypothèse d'une fraude à
l'assurance n'est pas exclue comme tant d'autres y compris une opération destinée à rehausser le prestige national. Quant à savoir qui va mener l'enquête judiciaire, comment notamment vont être
réparties les responsabilités entre les différentes autorités nationales, elle reste à déterminer.Si entre les Européens, après un démarrage plutôt chaotique,
la coordination semble s'être affirmée, en revanche, « il a été difficile de coopérer avec les Russes dans la traque internationale de ce navire » expliquent les
Finlandais... (autres informations, lire l'article du Helsingin Sanomat, en anglais)
(brève d'été) Les deux avions de réserve tactique de la Commission européenne - stationnés durant l'été près de Marignane - sont mis en alerte, durant le week-end des
15 et 16 août, face aux feux de forêt au Portugal et aux conditions climatiques dégradées (haute température et atmosphère sèche).
Une équipe de spécialistes de l'UE composée de Français, Suédois, Britanniques a été dépêché, le 13 août, à Taïwan pour évaluer les besoins après le cyclône, annonce
la Commission européenne le 17 août. Lire le communiqué.
• Ven 14 août (piraterie, Atlantique) : l'Arctic sea n'a pas été victime d'un acte de piraterie. La Commission européenne a démenti, aujourd'hui, que la
disparition de l'Arctic sea entre la Manche et l'Atlantique ne pouvait être imputée à un acte de piraterie. "Il faut être très prudent" a d'abord précisé Martin Selmayr, porte-parole de la
Commission. Mais "les services de la Commission européenne ont pleinement conscient, de ce qui paraît être la disparition d'un navire battant pavillon UE. Des signaux radio AURAIENT été reçus
de ce navire qui AURAIT été attaqué, à deux reprises, au large de la côte suédoise et ensuite de la côte portugaise. Selon les informations disponibles, ces attaques signalées n’ont aucun rapport
avec des actes traditionnels de piraterie ou d’attaque en mer pour vol.Une coordination entre les Etats membres concernés est en cours.Aucun commentaire supplémentaire de la Commission européenne afin de ne pas empêcher les opérations en cours." conclut
le porte-parole, qui n'en dira pas plus.Lire aussi "Piraterie, pas piraterie"
• Mar 11 août (piraterie, mer Baltique) : toujours pas de nouvelle du navire marchand « Arctic sea » disparu des écrans radars dans l’Atlantique alors qu’il
faisait route vers l’Algérie (où il auraît dû arriver le 4 août). Ce navire marchand finlandais, sous pavillon maltais, avec un équipage russe, avait été attaqué, le 24 juillet,… en mer Baltique,
par une équipe de pirates qui ne sont restés que 12 heures à bord avant de quitter les lieux. Le navire avait alors poursuivi sa route avant de disparaître... mystérieusement. Son dernier signe de
vie date du 1er août. Son armateur Solchart a demandé l'aide de la Russie pour le retrouver.Selon le commandant des forces navales russes, cité par l'agence
de presse Ria Novosti, quatre bâtiments de guerre rattachés à la Flotte russe de la mer Noire sont actuellement dans la région, entre Gibraltar et le large des côtes portugaises.
• Ven 24 juillet (piraterie, mer Baltique !) : un navire marchand finlandais, sous pavillon maltais, avec un équipage russe est attaqué, le 24 juillet,… en mer Baltique. Oui vous avez bien lu !
C’est le premier acte de piraterie dans ces eaux depuis la fin de la seconde guerre mondiale. L’Arctic Sea transportait du bois de Finlande vers l’Algérie. Les « pirates » cagoulés ont pris
d’assaut le bateau dans la nuit, se faisant passés pour des policiers à la recherche de stupéfiants. Ils sont restés 12 heures à bord. Puis ont quitté le bateau sans rien vraiment emporter. Le
bateau a ensuite continué sa route vers l’Algérie. L’enquête a été confiée à la police suédoise, l’incident ayant eu lieu dans ses eaux. Selon un quotidien suédois, les « pirates » se seraient
trompés de navire. L’affaire reste cependant mystérieuse (lire août).
(Brève d'été) Selon les estimations du système européen d’information sur les feux de forêt (EFFIS), géré par la Commission européenne, les incendies de forêt ont,
déjà au début d'août, touché 200 000 hectares de terres dans l’UE en 2009. Ce qui est davantage que l’année dernière : 180 000 hectares avaient été détruits sur l’ensemble de l’année 2008. Détails.
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Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" de Ouest-France, spécialiste
"défense-sécurité" à Europolitique (agence de presse européenne) et responsable des "dossiers-enquêtes". Ma carrière de journaliste commence en 1989
par des reportages en Europe de l’Est (Hongrie, Tchécoslovaquie, Pologne) à la réunification. J'ai travaillé pour La Tribune, Le Quotidien de
Paris, Impact Médecin, Radio France Urgences, Arte et LCI. Pour d'autres archives articles et travaux, voir ce site. ou le
blog Europe sociale (en veilleuse). Pour m'écrire.