Golfe d'Aden - Somalie pirates

Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Golfe d'Aden - Somalie pirates
Dimanche 13 décembre 2009 7 13 12 2009 16:10
Les marins du navire néerlandais, Evertsen (F805) risquent de louper la dinde de Noël ! Les 13 pirates qu'ils ont arrêtés, début décembre, après l'attaque du BBC Togo (lire : Le navire amiral d'Atalanta arrête 13 pirates au large d'Oman) sont toujours à bord.

Aucun Etat européen n'en veut. Et les Etats de la région ne sont pas très chauds non plus. L'arrestation s'est produite non loin d'Oman (1) ; l'accord avec les Seychelles ne peut donc pas vraiment jouer. La Tanzanie qui était concernée plus directement (les pirates avaient attaqué un bateau de pêche tanzanien et pris en otage deux pêcheurs) a été approchée mais elle a décliné l'offre. Reste le Kenya. Mais on n'est pas vraiment dans le cadre de l'accord non plus ("au large de la Somalie"). Et le pays se fait de toute façon, de plus en plus, tirer l'oreille pour accepter de nouveaux pirates. Selon le ministère de la Défense néerlandais, les négociations seraient cependant bien avancées (2). Faute de cette solution, on pourrait s'en remettre à la solution traditionnelle française - remettre les pirates au Puntland (remise effectuée non au niveau de l'UE mais au plan national) - voire les libérer (solution à laquelle ne veut se résoudre le QG d'Atalanta à Northwood). A suivre.

L'Evertsen vient de terminer une mission de 4 mois dans l'Océan indien où il a assuré le rôle de navire-amiral. Il devait reprendre la route ce dimanche après avoir remis le commandement au navire italien Etna qui prend la relève. Pour un bilan de l'action anti-pirates durant le commandement néerlandais, voir le blog de mon confrère néerlandais, Hans de Vreij.

(1) L'UE n'a pas d'accord avec Oman.
(2) Une troika européenne était à Nairobi jeudi, conduite par la ministre suédoise du développement Gunilla Carlsson, pour une rencontre avec le ministre des Affaires étrangères sur divers sujets notamment la constitution kenyane et le point a pu ainsi être abordé au plus haut niveau.
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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Golfe d'Aden - Somalie pirates
Dimanche 13 décembre 2009 7 13 12 2009 16:02
atalanta06 tcm46-142451Changement de navire-amiral et de drapeau à Djibouti. Les Italiens ont pris le commandement de la force Eunavfor Atalanta au large de la Somalie.
 
Le commodore néerlandais, Pieter Bindt, a, en effet, passé le relais - et le drapeau de la force EUNAVFOR Atalanta à son homologue italien, le rear-admiral Giovanni Gumiero, ainsi qu'annoncé sur ce blog (lire Le Contre-Amiral italien Gumiero futur chef d'Atalanta "sur zone ...).

L'Etat-Major de force (FHQ) - qui assure le commandement tactique sur zone - passe ainsi du navire néerlandais Evertsen (F805) au navire italien Etna (A5326), placé sour le commandement du capitaine de vaisseau, Marco Novella.
Seul problème, l'Evertsen (F805) qui devait commencer à rentrer vers les Pays-Bas (avant Noël) est pour l'instant toujours bloqué dans l'Océan indien avec 13 suspects de piraterie à bord (lire L'Evertsen va louper la dinde).

Changement à Northwood. Autre changement, le numéro 2 de l'Etat-Major d'opérations (OHQ), qui assure la coordination de toute l'opération et est basé à Northwood (Londres), est désormais un Espagnol. Le Contre-amiral Bartolomé Bauzá remplace son homologue Allemand Thorsten Kaehler. Celui-ci avait expliqué, il y a quelques jours à Rome, que « la piraterie continue et devrait continuer tant qu'une solution politique n'est pas trouvée en Somalie ».

Le Rear Admiral Bartolomé Bauzá a servi dans la fotte espagnole à bord de la corvette  “Infanta Elena”, du destroyer “Gravina” et des frégates “Andalucía” et “Cataluña” et a été également affecté au quartier général de l'Armada (la marine espagnole) ainsi qu'au quartier général conjoint.


(photo : Le néerlandais "Evertsen" et l'Italien "Etna" naviguent de concert - crédit : ministère de la défense néerlandais)
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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Golfe d'Aden - Somalie pirates
Vendredi 11 décembre 2009 5 11 12 2009 00:11
C'est une lettre de quelques paragraphes, envoyée par la Commission de l'Union Africaine (UA) à l'ambassadeur suédois en poste à Nairobi, qui représente, lui, l'Union européenne. La lettre peut paraître bien anodine. Mais elle est le préalable nécessaire à la mise en place de l'opération militaire de l'UE. L'UA confirme ainsi l'intérêt de l'Union africaine à voir se développer la mission de l'UE pour former les soldats somaliens.

C'est, en effet, une des tâches majeures de l'AMISOM que d'assister à la mise en place d'un plan de stabilisation et de sécurité nationale en Somalie. L'AMISOM a d'ailleurs déjà entraîné des troupes, avec la France et Djibouti - rappelle la lettre, en fournissant dans une caserne militaire de quoi recevoir un soutien nécessaire en nourriture, services sociaux et formation. Ce type de services devrait être fourni aux futures recrues "dans l'objectif d'assurer leur subsistance et éviter de les perdre dans des clans de milices et des extremistes".


Un accord cadre. L'Union africaine propose ainsi d'avoir un accord cadre entre les deux institutions "pour définir les rôles et responsabilités de chaque entité, durant et après l'entraîenement". Une équipe pourrait ainsi être mise en place pour mettre au point un projet d'accord, prenant en considération la planification européenne.
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Mercredi 9 décembre 2009 3 09 12 2009 06:10
DrapeauErythréeLa volonté de l'UE de s'impliquer davantage dans la Corne de l'Afrique (lire la stratégie) n'est pas un vain mot. L'UE a assurément dans la région un rôle à jouer. Le général Pierre-Michel Joana - qui exerce des actions civiles maintentant en tant que conseiller Afrique auprès de l'Union européenne et est le représentant personnel de Javier Solana (1) pour la Somalie -, a ainsi été reçu longuement par le président de la République erythréen, début novembre. Une audience plutôt exceptionnelle. « L'ambassadeur des Etats-Unis qui est là, depuis plus 2 ans, attend toujours d'être reçu »

Un signe d'ouverture. Le fait même d'avoir un entretien est, en soit, un évènement. 
L'Erythrée reste, en effet, un pays mystérieux, fermé au monde, surnommé l'Albanie de l'Afrique et considéré par plusieurs pays comme le point de passage des livraisons d'armes et de l'influence iranienne dans la région. La façon dont le diplomate européen a été reçu et la longueur de l'entretien - « près de deux heures et demi ! » - est un signe, a précisé le général Joana. « Les Erythréens avaient visiblement besoin de parler. Ils sont sous la menace de sanctions de l'ONU et cherchent à plaider leur cause. Ce pays qui ressemble plus à Corée du Nord ou à l'Albanie est plutôt fatigué de l’isolement et cherche à lâcher du lest pour reprendre le dialogue. » « En fait, ils semblent plutôt préoccupés par l’avenir du Soudan plus déstabilisateur pour eux que la Somalie. » a-t-il commenté, lors d'une séance de la sous-Commission Défense du PE.

Un langage différent. Alors que l'Erythrée est le seul Etat de la région à ne pas soutenir le gouvernement fédéral de transition de Somalie et même à le condamner en termes très durs, cette fois il y avait « une ouverture » selon Joana. Le président « nous a dit que "Le GFT est le pire des gouvernements". Mais il a reconnu aussi que (le GFT) "devait participer à des discussions".
Il a critiqué le rôle de l’AMISOM mais n’a pas demandé son départ » (comme auparavant). Pour Joana, il y a là une évolution. Certes l’Erythrée « n’a pas abandonné tout espoir de chasser (le gouvernement somalien). Mais il semble se résigner à l'accepter. (...) Et le langage bien différent de ce que répétait l’ambassadeur erythréen à Bruxelles – qui en était encore à parler du GFT comme d'un gouvernement illégitime qu'il fallait chasser, etc. »

Opération de séduction ou évolution politique. Le général Joana ne veut pas se leurrer : « C'était une grande opération de séduction. Il ne faut pas être naïf. Mais on sent une évolution dans le discours. ». « Est-ce de la manipulation ou du double langage ? Il faudra voir... »

(1) Le général français Joana a quitté le service d'active. Il a notamment commandé l'opération Eusec (assistance à la sécurité) au Congo. Son titre officiel est encore incertain, avec l'arrivée de la nouvelle Haute représentante, Catherine Ashton.
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Mardi 8 décembre 2009 2 08 12 2009 14:52
Les 27 ministres des Affaires étrangères ont adopté, mardi, une approche "globale" sur la Corne de l'Afrique. Objectif : s'attaquer aux « causes profondes de l'instabilité dans la région » et briser le « cercle vicieux de conflits qui perpétuent le déclin du développement, les déplacements forcés et les migrations aussi bien que la confiance déclinante dans des Etats faibles ».

Cette "stratégie" reste rédigée en termes assez généraux (on est dans la diplomatie pas dans l'action militaire). Elle appelle ainsi à être plus actif dans la région (à travers notamment les envoyés spéciaux), à renforcer les synergies à travers les instruments de l'UE, à construire des partenariats avec d'autres acteurs dans la région (Union africaine d'abord mais aussi Ligue arabe ou Etats-Unis). Mais les Européens sont bien conscients que cette région est source de problèmes. Et le simple fait qu'il existe désormais une stratégie commune et "globale" est un point important de développement pour des actions futures.

Quatre sujets sont particulièrement au centre de l'attention des Européens :

la médiation et le dialogue pour la prévention des conflits. "L'UE doit être prêt à être un médiateur et à soutenir la médiation comme un acteur sur des questions de nature politique et technique".

le suivi des accords de paix. L'UE soutient déjà de façon technique et financière la participation à des mécanismes d'observation ou de garantie (comme l'accord d'Alger entre l'Ehiopie et l'Erythrée). L'UE veut s'engager davantage notamment sur les litiges de frontière, particulièrement entre l'Erythrée et Djibouti, mais aussi sur tous les autres,
nombreux dans la région, Soudan-Ethiopie, Somalie-Kenya, Ouganda-Kenya, Soudan Tchad. L'UE veut mettre l'accent en 2010 et 2011 sur le Soudan (élections antionales, référendum sur le statut du sud Soudan et Abyei).

le processus politique et les élections. Une série d'élections
vont avoir lieu prochainement dans la région : Soudan et Ethiopie en 2010, Ouganda en 2011, Kenya en 2012, Somaliland au plus tôt en 2010... Mais c'st surtout en Somalie où le mandat du gouvernement fédéral de transition vient à échéance fin aout 2011, et l'organisation d'un référendum sur la nouvelle constitution, qui suscite l'attention.

l'intégration économique et les changements climatiques. La question de le vie des Africains de l'Est est cruciale. En 2009, près de 20 millions de personnes - selon le rapport de l'UE - sont menacées par les conflits, la mauvaise gouvernance et les catastrophes naturelles (dites : changements climatiques, ca fait plus moderne -:)). L'UE est particulièrement attentive à la question du Bassin du Nil. Un point crucial étant le réferendum de 2011 dans le sud Soudan et le partage des ressources en eau.
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Mardi 8 décembre 2009 2 08 12 2009 10:05
Il y a peut-être d'autres endroits pour faire de la voile que dans l'Océan indien au large d'Aden en ce moment ! Un Français amateur de voile en solitaire, a pourtant été intercepté lundi (7 décembre), dans le Golfe d'Aden, par l'Evertsen, la frégate néerlandaise de la Flotte européenne anti-piraterie EUNAVFOR Atalanta ! Il était parti d'Aden et comptait rallier Madagascar... Une promenade de santé ! -:) Plusieurs voiliers de plaisance, français (Carré d'As, Tanit) ou britannique (Lynn Rival), ont déjà été capturés dans la zone dans les derniers mois. Et deux plaisanciers britanniques sont toujours otages des pirates. Et la zone est, pour l'instant, classée rouge dans l'échelle des attaques pirates.
Le voilier français accompagné par les RHIB de l'Evertsen - crédit : UE / EUNAVFOR Atalanta

Un officier français qui se trouvait à bord de l'Evertsen (1) a été "au contact". L'Evertsen a d'ailleurs mis à l'eau ses RHIB pour "accompagner" le voilier. Ayant lui-même participé à l'intervention sur le Tanit, il était "assez motivé" explique-t-on au QG Atalanta. On a, sans peine, à imaginer que le dialogue a été vif et imagé. Le plaisancier a bien tenté d'argumenter : il s'était fait volé tout son argent à Aden (2), son moteur était cassé, et il était pleinement conscient des dangers, etc... Le militaire a été plus têtu. L'officier a ainsi rappelé au plaisancier les risques de la navigation de plaisance et de la zone et lui a conseillé, fortement, de repenser sa route. Le plaisancier a, finalement, accepté de se détourner vers Djibouti. Du coup, les responsables d'Atalanta ont lancé un appel à la raison pour les plaisanciers : "don’t sail in the Dangerzone" (3).

(1) L'Evertsen est le navire amiral pour quelques jours encore de l'opération Atalanta. Il se dirige vers Djibouti pour passer le relais au navire italien, Etna, qui prend la relève à partir du 13 décembre.
(2) Une "coutume locale" apparemment, selon de nombreux marins de plaisance qui ont débarqué dans le port yéménite.
(3) Le Contre-Amiral qui codirigeait l'opération en début d'année l'avait déjà dit (après la capture du Tanit). Lire :
CA Labonne: Eunavfor permet de limiter le risque, pas de le supprimer.
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Mardi 8 décembre 2009 2 08 12 2009 08:04
La coopération entamée entre les marins de l'opération européen anti-piraterie et les Seychelles se poursuit. Les gardes-côtes des Seychelles ont pris en charge, le 6 décembre au soir, à 250 milles nautiques de l'ile principale de l'archipel, un groupe pirates. L'avion de patrouille maritime d'EUNAVFOR  avait reperé un groupe de pirates sur un bateau mère, avec deux skiffs, samedi soir. La frégate française, le Floréal, s'était rendu sur place, suivi du Topaz, le navire des gardes-côtes Seychellois. Les Français ont prêté main forte à leurs collègues Seychellois. L'hélicoptère du Floréal est ainsi intervenu pour immobiliser les pirates. Finalement 11 pirates ont été arrêtés, avec tout leur attirail de piraterie saisis. Les deux skiffs d'attaque ont été détruits.
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Dimanche 6 décembre 2009 7 06 12 2009 02:08
La participation ukrainienne à l'opération anti-piraterie de l'UE "Atalanta" se confirme. Lors du sommet UE-Ukraine, qui vient de se tenir à Kiev, vendredi, il en a été question. Et les participants sont tombés d'accord. Les conclusions publiés après ce sommet ont ainsi salué la possible contribution de l'Ukraine: « In this regard they welcomed the fact that Ukraine is considering a contribution to international efforts in combating piracy through taking part in the Operation Atalanta

A Kiev, le chef de la sécurité ukranienne (SBU), Valentyn Nalyvaichenko, a confirmé que 25 hommes des commandos Alfa, la force spéciale des services de sécurité ukrainiens, avaient été spécialement entraînés pour cela et étaient prêts à se joindre à l'opération, ont relaté les médias ukrainiens. Et on n'attend que le feu vert de la Verkhovna Rada - l'assemblée ukrainienne - à la demande du président. Le coût de l'opération reviendrait à environ 3 millions d'euros sur une année, selon le ministère des Affaires étrangères ukrainien.

Coté européen, un expert du dossier m'a confirmé que la volonté était bien présente de part et d'autre, au niveau. Mais qu'il y avait encore du travail. On reste prudent. Les modalités pratiques d'association des forces ukrainiennes étaient étudiées. Ces forces peuvent, en effet, prendre place à bord de navires marchands, de préférence ukrainiens, voire de bateaux du PAM ou de l'AMISOM, escortés par les navires européens EUNAVFOR Atalanta (ou d'autres navires des forces multinationales ou forces nationales, présentes dans la zone).

Une arlésienne : la participation ukrainienne. Cela fait longtemps qu'une participation ukrainienne dans le Golfe d'Aden est évoquée. Le général Bentegeat, qui était président du comité militaire jusqu'à peu l'avait évoqué publiquement il y a un an déjà (lire :
Les Ukrainiens avec les Européens dans l'opération Atalanta?). Et le même commandant du SBU avait (déjà) annoncé, en mars 2009, l'arrivée rapide de membres du commandos Alfa. On comprend donc la prudence des responsables européens. La prise du cargo "Faina", en septembre 2008, avec ses 17 marins ukrainiens et... son chargement d'armes, avait convaincu les autorités ukraniennes de "faire quelque chose". Mais ceci était restée lettre morte, notamment pour des raisons financières. La participation de l'Ukraine à l'opération européenne ressemblait donc plutôt (jusqu'ici ?) à une Arlésienne. Le phénomène de piraterie ne s'arrêtant pas, et les marins ukrainiens étant nombreux à bord des navires de commerce, le phénomène a pris de l'ampleur. La médiatisation a atteint un sommet avec la découverte qu'une enfant ukrainienne qui accompagnait sa mère restait détenue à bord du MV Ariana (le capitaine de l'Alakrana avait été prié de leur apporter à manger). L'Ukraine étant, par ailleurs, en période électorale (l'élection présidentielle a lieu à la mi-janvier), il paraissait peut-être urgent à Kiev d'agir un peu plus pour protéger ses navires et ses marins...

NB : Les forces ukrainiennes participent à plusieurs opérations internationales de stabilisation ou de maintien de la paix (Unmil au Liberia ou Monuc au Congo par exemple). C'est la première participation à une opération militaire de l'UE. En revanche, lUE a une mission, presque PESD, d'assistance aux douanes pour la lutte contre la contrebande aux frontières de la république autonome (non reconnue) de Transnistrie, entre l'Ukraine et la Moldavie (lire :
La mission Eubam aux frontières de l'Ukraine et Moldavie).
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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Golfe d'Aden - Somalie pirates
Jeudi 3 décembre 2009 4 03 12 2009 10:35

La frégate néerlandaise Evertsen (navire amiral de l'opération européenne anti-piraterie Eunavfor Atalanta) a arrêté, mercredi, 13 pirates qui ont tenté de détourner un navire marchand, à 150 miles au sud de Salalah (Oman).

Mercredi, il est un peu plus de midi au large de Salalah, les pirates, à bord de deux skiffs, partent en effet à l'assaut du BBC Togo, un cargo battant pavillon d'Antigua-et-Barbuda. Au cours de cette attaque, plusieurs coups de feu sont tirés sur le navire de commerce. Les pirates essaient de monter à bord. Mais la tentative échoue grâce aux "Best management practices" mises en oeuvre par l'équipage du "BBC Togo", explique le QG d'Atalanta. Les pirates stoppent l'attaque et se replient sur une boutre voisine (un dhow servant sans doute de bateau-mère)...

(crédit photo : BBC Togo - le skiff pirate vu de la passerelle du navire marchand)

Pas de chance pour les pirates... Le Hr.Ms. Evertsen sort justement de Salalah, après un réapprovisionnement et une rencontre avec les autorités d'Oman. Le QG d'Atalanta lui demande donc de partir à la recherche du groupe pirates. Le navire canadien NCMS Fredericton, qui vient d'arriver dans le SNMG1 l'OTAN, et est tout près de l'attaque, est également mis à contribution.

A la faveur de la nuit tombante, l'Evertsen repère un dhow et deux skiffs ressemblant de près à la description donnée par les marins civils. Une équipe de visite néerlandais aborde les bateaux pirates, les sécurisent et appréhendent la quinzaine de personnes qui s'y trouvent. Aucun doute sur leur intention. A bord, les marins européens trouvent, en effet, "une grande quantité d'armes, dont des AK-47, des grenades RPG, des munitions, des grappins et des échelles" relate la marine néerlandaise. Bref tout l'attirail pirate. Outre les 13 pirates, les forces néerlandaises identifient deux pêcheurs tanzaniens qui déclarent être otages des pirates, depuis quelques mois. Leur navire a, durant tout ce temps, servi de ravitailleur pour les activités de piratage. Ils sont libérés. Quant aux pirates, ils ont été transférés à bord de l'Evertsen et mis aux arrêts, après consultation entre le commandant du navire et le Procureur général aux affaires maritimes de Rotterdam. Ils pourraient être transférés au Kenya ou aux Seychelles, voire dans un autre pays, annonce-t-on du coté néerlandais.

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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Golfe d'Aden - Somalie pirates
Mardi 1 décembre 2009 2 01 12 2009 16:21
C'est d'une certaine façon la première application de l'échange de lettres entre l'UE et les Seychelles, qui vaut accord de transfert de suspects  jusqu'à formalisation. Mais aussi un exemple concret de la coopération qui s'est instaurée pour la lutte anti-piraterie entre les différents moyens de la zone (EUNAVFOR, Seychelles, Otan).

Quant dimanche matin, un navire de pêche espagnol est attaqué à 175 miles nautiques à l'est de Victoria, il doit de n'être pas pris à l'équipe de sécurité privée embarquée à bord qui réagit aux tirs de pirates par des tirs d'avertissement. Mais il ne s'agit pas de laisser recommencer les pirates. Le QG d'Eunavfor Atalanta envoie donc sur la zone un des avions de patrouille maritime luxembourgeois, basé aux Seychelles, pour en savoir plus et repérer les bateaux suspects. Les gardes-côtes des Seychelles sont également avertis ainsi que tous les navires présents dans les environs. Le navire allemand Bremen étant à quai à Victoria en train de se réapprovisionner (et se détendre), c'est la frégate portugaise Alvares Cabral de l'OTAN qui est mise à contribution.

Assez vite, « dans l'après-midi, l'avion de patrouille maritime repère dans les environs de l'attaque un groupe pirate avec un bateau-mère et deux skiffs d'attaque » explique alors le QG d'Atalanta (1). « Toutes les unités se dirigent alors sur la zone. Le navire des gardes-côtes des Seychelles - le plus près de la zone - arrête le bateau mère et un des skiffs. 4 suspects au total sont arrêtés Mais un skiff prend la fuite. Quelques heures plus tard, le NRP Alvares Cabral intercepte avec succès le skiff (perdu). Six autres suspects sont arrêtés et remis aux gardes-côtes des Seychelles ».

NB : Cette version officielle permet d'éviter de se poser la question comment un navire portugais de l'OTAN peut remettre aux autorités des Seychelles des suspects appréhendés. La réponse en fait est assez rapide : juridiquement ce n'est pas possible pour un navire de l'OTAN. Si le Portugais faisait partie de la flotte Atalanta, au contraire ce serait possible. Mais comme nous sommes dans la zone économique exclusive des Seychelles, les gardes-côtes des Seychelles gardent une certaine compétence.


(1) On indication of the attack Luxembourg EU NAVFOR Maritime Patrol Aircraft, operating from the Seychelles, was tasked to confirm the situation of the vessel and search for the pirate attack group. The Seychelles Coast Guard was informed by EU NAVFOR and immediately sent the Coast Guard vessel Andromache to the attack position. German EU NAVFOR warship FGS Bremen, at the moment of the attack loading gasoline in the port of Victoria, was tasked to search and neutralize the pirate attack group as soon as the loading was completed. Portuguese warship NRP Alvares Cabral of NATO, also in the area on counter piracy patrol, responded to participate in the search for the Pirate Attack Group.In the afternoon the maritime patrol aircraft detected in the vicinity of the earlier attack a complete pirate attack group with one mother skiff and two attack skiffs. All units were directed to this position to intercept. The Seychelles Coastguard closest to the position boarded and secured the mother skiff and one attack skiff. A total of 4 suspected pirates were detained. The third skiff initially escaped the arrest but NRP Alvares Cabral successfully intercepted this skiff several hours later. The six suspected pirates on board were handed over to the Seychelles Coast Guard.

 

Crédit photo : OTAN, JCL Lisbonne

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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Golfe d'Aden - Somalie pirates
Dimanche 29 novembre 2009 7 29 11 2009 17:30
Un thînier espagnol - l'Ortube Berria - qui pêchait au large des Seychelles (à 230 miles à l'ouest de Mahé l'ile principale des Seychelles et à hauteur de Mombasa, Kenya), a été victime d'une attaque de pirates vers 4h40 (heure zoulou, 8h40 locales) dimanche matin.  C'est le navire de pêche qui naviguait à proximité, Intertuna III, qui a informé le centre de surveillance maritime des opérations de pêche espagnol ( Centro de Operaciones de Vigilancia Marítima ou COViM).

La dizaine de pirates montés à bord de deux skiffs de couleur blanche a mené l'attaque, durant plus de 30 minutes, utilisant des armes et une grenade de RPG. L'équipe de sécurité privée à bord a répliqué, faisant usage de leurs armes, a confirmé le Ministère de la défense espagnole. Aucun dommage n'a été subi par le navire et l'équipage est sain et sauf.

Un des avions de patrouille maritime de l'opération européenne anti-piraterie, basé aux Seychelles, a survolé la zone. Et le commandant de l'opération Atalanta a demandé à la frégate portugaise "Alvarez Cabral", qui faisait partie de la flotte de l'OTAN,
de sécuriser la zone. La frégate espagnole Canarias se trouvait à plus de 600 miles du lieu de l'attaque, précise-t-on du coté espagnol (NB : elle remonte normalement vers l'Espagne ayant terminé sa mission).
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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Golfe d'Aden - Somalie pirates
Samedi 28 novembre 2009 6 28 11 2009 17:49
Les forces armées des Seychelles ont présenté, cette semaine, la nouvelle unité - dénommée "Tazar" spécialement dédiée à la lutte - et de protection du territoire. Décidée en juin, cette création s'intègre dans une restructuration de plus grande ampleur de modernisation des forces seychelloises et des gardes-côtes de l'archipel. Les hommes de cette unité ont d'ailleurs suivi des entraînements de commando, de protection des personnalités VIP, anti-terroristes ou d'opérations spéciales maritimes, rapporte la presse seychelloise. Certains d'entre eux reviennent tout juste d'un entraînement spécial avec les forces indiennes (y participaient coté indien le 4e régiment de Gurkhas spécialisées dans le contre-terrorisme et les forces spéciales du régiment parachutiste). L'armée indienne est depuis longtemps étroitement associée à la mise sur pied des forces seychelloises. A la présentation aux armes, le haut commissaire indien, Asit Kumar Nag, ainsi que des officiers de l'armée indienne étaient présentes, et des officiers français (NB : un officier français participe régulièrement aux travaux du comité de haut niveau de lutte contre la piraterie des Seychelles, et certaines formations ont été dispensées par les officiers français).
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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Golfe d'Aden - Somalie pirates
Vendredi 27 novembre 2009 5 27 11 2009 17:19
Le navire grec, Adrias (F-459), participant à l'opération européenne anti-piraterie a arrêté un groupe de pirates, le 25 novembre, à environ 260 miles nautiques, au nord-est des Seychelles. Ceux-ci sont fortement soupçonnés d'avoir mené l'attaque contre un cargo battant pavillon français, la veille. Celui-ci n'avait dû de n'être pas capturé à la présence à bord d'une équipe de protection embarquée, qui avait dû faire des tirs d'avertissement pour éloigner les attaquants. L'avion de patrouille maritime basé aux Seychelles était arrivé rapidement sur zone, pour retrouver la trace des pirates et avait reperé un bateau-mère. Sur ces indications, la frégate Arias s'était alors rendue sur place pour intercepter le groupe concerné.

Les Grecs ont ainsi trouvé 2 bateaux et 9 personnes à bord, ainsi que tout l'attirail habituel des pirates (armes, échelles...). Le matériel a été saisi. Aucune preuve de la relation avec l'attaque ne pouvant être dûment fournie (les Européens veulent étendre le mandat d'Atalanta de saisine des pirates inclus en cas d'intention, lire modifications), les pirates ont été relâchés. Un des bateaux pirates a été détruit. Il faut remarquer que les suspects arrêtés n'entraient pas de plein pied dans les clauses de l'accord avec les Seychelles (sur le transfert des pirates) : pas de relations directe avec l'archipel (localisation, bateau ou marin ou intérêt seychellois directement menacé).

(crédit photo : marine grecque, archives)
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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Golfe d'Aden - Somalie pirates
Vendredi 27 novembre 2009 5 27 11 2009 11:20
A l'approche de décembre, c'est le moment des relèves dans les opérations multinationales qui se déploient dans l'Océan Indien. Coté français, c'est ainsi le Primauguet (basé à Brest) qui va rejoindre l'opération Enduring Freedom, après un détour de trois semaines à l'exercice Pean en Méditérannée - auquel participe également le Charles de Gaulle, le Jean Bart... et les marines italiennes et grecques (1). La frégate "Surcouf" (basée à Toulon) est plus proche (actuellement au Canal de Suez d'après mes informations), devrait la précéder dans l'opération Enduring Freedom avant de rejoindre l'opération européenne "Atalanta". Des forbans à l'assaut des pirates. Cela méritait d'être relevé...

Ces deux frégates sont renforcées par une frégate de la Réunion (actuellement le Floréal). Ces batiments viennent ainsi relayer le "La Fayette" et l'aviso Jacoubet qui rentrent à métropole.

Le Surcouf (F-711) est de la même classe que le Lafayette. Long de 125 mètres et jaugeant 3600 Tonnes, il a été fabriqué il y a 15 ans et mis en service, en 1997. Navire doté d'innovations technologiques, c'est l'instrument type d'intervention en zone de crise, à titre précurseur, de renseignement ou d'embargo, selon la Marine. Il a une autonomie en mer de 50 jours (vivres et carburant) ce qui est appréciable dans une mission type Atalanta. Il peut atteindre une vitesse de 25 noeuds, dispose d'un l'hélicoptère embarqué Panther et peut embarquer une équipe de commandos. Son équipage est d'environ 150 hommes. L'Océan indien n'est pas une nouveauté : il faisait partie des forces qui sont intervenues pour la libération du Ponant et a escorté ensuite le yacht, une fois libéré vers Marseille (Crédit : DICOD / Sirpa Marine).

Le Primauguet (D-644) est une frégate de lutte anti-sous-marine, de la classe Georges Leygues, type F70. Il est un peu plus gros que le Surcouf. Long de 139 mètres et jaugeant 4900 Tonnes (chargé), il peut développer une vitesse de 21 ou 30 noeuds selon la turbine employée (diesel ou gaz).  Il a plus de 20 ans de bons et loyaux services mais garde une autonomie de 45 jours (8000 miles à 15 noeuds). Doté de deux hélicoptères WG-13 Lynx, à vocation principale de lutte anti-sous-marine, il a un équipage d'environ 240 personnes.
Le Primauguet (Crédit : DICOD / Sirpa Marine)

(1) Plus de détails sur cet exercice, sur le site des réservistes de la marine. A ne pas confondre avec le site des officiers de réserve de la marine (Acoram)
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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Golfe d'Aden - Somalie pirates
Jeudi 26 novembre 2009 4 26 11 2009 23:08
Si les Ministres de la Défense de l'UE l'ont décidé en mai dernier, et approuvé en novembre, la prolongation de l'opération anti-piraterie de l'UE "EUNAVFOR Atalanta" n'est pas encore faite formellement. L'approbation de l'Action commune - qui permet la reconduction - devrait être faite début décembre (au Conseil des Ministres des Affaires étrangères (*) du 7 décembre). On attend, en fait, la résolution des Nations-Unies qui reconduit pour un an les résolutions (1814, 1816, 1838) sur lesquelles se base l'action militaire de l'Union européenne.

Quelques modifications
pourraient être introduites dans "Atalanta 2" par rapport au premier texte de l'Action commune.

Tout d'abord, il s'agit d'introduire les modifications de base juridique et de dénomination du Haut représentant, introduites par le Traité de Lisbonne.

Plus substantiellement, plusieurs points du mandat devraient être précisées, voire étendus. Ainsi il pourrait être préciser nommément les navires de pêche parmi les navires vulnérables.

Ensuite, il s'agit d'étendre le mandat d'Atalanta au-delà de l'acte de piraterie ou de vol à main armée à l'intentions de le faire ; ce point juridique est important car il oblige (en partie) à de nombreuses remises en liberté de suspect dont on sait pertinemment qu'ils avaient l'intention, voire qu'ils ont commis un acte de piraterie car il y a de nombreux indices matériels (échelle, fûts d'essence, armes, aucun ustensile de pêche à bord, etc...) mais dont on ne peut relier avec certitude la présence dans la zone avec l'attaque d'un bateau nommé (il n'y a pas de flagrant délit).

Enfin, la mission pourrait recevoir le mandat de surveiller les activité de pêche au large des côtes de Somalie (pour éviter la pêche illégale - et également pouvoir ainsi contrôler les activités des bateaux pirates) ; dans un second temps, une fois que les forces somaliennes auront les capacités de le faire, la force Atalanta agirait en liaison avec les autorités locales, notamment avec l'échange d'informations. Ce qu'on appelle au niveau français, classiquement, des missions ressortant de "l'action de l'Etat en mer".

Il faut remarquer que les accusations de pêche illégales sont assez souvent mises en oeuvre, soit pour justifier la piraterie, ses causes, ou même expliquer la situation des pêcheurs en Somalie. Les pêcheurs européens dénient toute pêche illégale, estimant être "très surveillés"  : "un signal de position est envoyé toutes les 2 heures par tous les bateaux de pêche européens - m'a expliqué un représentant des pêcheurs - , appel répercuté à la Commission européenne, DG Mare, qui a ainsi les moyens techniques de savoir si un bateau de pêche - du moins européen - est en "zone non autorisée".

(*) A partir du 1er décembre, ce sera désormais le nom officiel du Conseil des ministres chargés des relations extérieures
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L'auteur

Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" de Ouest-France, spécialiste "défense-sécurité" à Europolitique (agence de presse européenne) et responsable des "dossiers-enquêtes". Ma carrière de journaliste commence en 1989 par des reportages en Europe de l’Est (Hongrie, Tchécoslovaquie, Pologne) à la réunification. J'ai travaillé pour La Tribune, Le Quotidien de Paris, Impact Médecin, Radio France Urgences, Arte et LCI. Pour d'autres archives articles et travaux, voir ce site. ou le blog Europe sociale (en veilleuse). Pour m'écrire.

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