Aucun Etat européen n'en veut. Et les Etats de la région ne sont pas très chauds non plus. L'arrestation s'est produite non loin d'Oman (1) ; l'accord avec les Seychelles ne peut donc pas vraiment jouer. La Tanzanie qui était concernée plus directement (les pirates avaient attaqué un bateau de pêche tanzanien et pris en otage deux pêcheurs) a été approchée mais elle a décliné l'offre. Reste le Kenya. Mais on n'est pas vraiment dans le cadre de l'accord non plus ("au large de la Somalie"). Et le pays se fait de toute façon, de plus en plus, tirer l'oreille pour accepter de nouveaux pirates. Selon le ministère de la Défense néerlandais, les négociations seraient cependant bien avancées (2). Faute de cette solution, on pourrait s'en remettre à la solution traditionnelle française - remettre les pirates au Puntland (remise effectuée non au niveau de l'UE mais au plan national) - voire les libérer (solution à laquelle ne veut se résoudre le QG d'Atalanta à Northwood). A suivre.
L'Evertsen vient de terminer une mission de 4 mois dans l'Océan indien où il a assuré le rôle de navire-amiral. Il devait reprendre la route ce dimanche après avoir remis le commandement au navire italien Etna qui prend la relève. Pour un bilan de l'action anti-pirates durant le commandement néerlandais, voir le blog de mon confrère néerlandais, Hans de Vreij.
(1) L'UE n'a pas d'accord avec Oman.
(2) Une troika européenne était à Nairobi jeudi, conduite par la ministre suédoise du développement Gunilla Carlsson, pour une rencontre avec le ministre des Affaires étrangères sur divers sujets notamment la constitution kenyane et le point a pu ainsi être abordé au plus haut niveau.
Changement de
navire-amiral et de drapeau à Djibouti. Les Italiens ont pris le commandement de la force Eunavfor Atalanta au large de la Somalie.
La volonté de l'UE de
s'impliquer davantage dans la Corne de l'Afrique (lire la
(crédit photo : BBC Togo - le skiff pirate vu de la
passerelle du navire marchand)
Assez vite, « dans l'après-midi, l'avion de patrouille maritime repère dans
les environs de l'attaque un groupe pirate avec un bateau-mère et deux skiffs d'attaque » explique alors le QG d'Atalanta (1). « Toutes les unités se dirigent alors sur la zone. Le navire
des gardes-côtes des Seychelles - le plus près de la zone - arrête le bateau mère et un des skiffs. 4 suspects au total sont arrêtés Mais un skiff prend la fuite. Quelques heures plus tard, le NRP
Alvares Cabral intercepte avec succès le skiff (perdu). Six autres suspects sont arrêtés et remis aux gardes-côtes des Seychelles ».
Le navire grec, Adrias (F-459),
participant à l'opération européenne anti-piraterie a arrêté un groupe de pirates, le 25 novembre, à environ 260 miles nautiques, au nord-est des Seychelles. Ceux-ci sont fortement soupçonnés
d'avoir mené l'attaque contre un cargo battant pavillon français, la veille. Celui-ci n'avait dû de n'être pas capturé à la présence à bord d'une équipe de protection embarquée, qui avait dû faire
des tirs d'avertissement pour éloigner les attaquants. L'avion de patrouille maritime basé aux Seychelles était arrivé rapidement sur zone, pour retrouver la trace des pirates et avait reperé un
bateau-mère. Sur ces indications, la frégate Arias s'était alors rendue sur place pour intercepter le groupe concerné.
Si les Ministres de la Défense de l'UE
l'ont décidé en mai dernier, et approuvé en novembre, la prolongation de l'opération anti-piraterie de l'UE "EUNAVFOR Atalanta" n'est pas encore faite formellement. L'approbation de
l'Action commune - qui permet la reconduction - devrait être faite début décembre (au Conseil des Ministres des Affaires étrangères (*) du 7 décembre). On attend, en fait, la résolution des
Nations-Unies qui reconduit pour un an les résolutions (1814, 1816, 1838) sur lesquelles se base l'action militaire de l'Union européenne.