Par Nicolas Gros-Verheyde
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Publié dans : Proche Orient - Israel Liban Palestine
Mercredi 9 décembre 2009
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Le conseil des Ministres des affaires étrangères qui vient de se terminer mardi a, en bonne partie, été consacré à quelques mots entre parenthèses (on dit "brackets"
dans le langage franglais des couloirs européens). Le Proche-orient est, en effet, une des questions sur lesquelles les Européens ont le plus de mal à offrir un point de vue uni, original et
percutant. En général, ils se bornent donc à suivre les positions du Conseil de sécurité. Entre pays plutôt pro-palestiniens (Suède, Autriche , Espagne...) et
pays plutôt pro-israéliens (rép. Tchèque, Italie...), l'UE offre toute une palette de positions.
Le texte suédois, soumis au Conseil, a suscité des remous, car il était assez dur avec un appel à la négociation immédiate et précisant, de façon claire, les limites de l'Etat palestinien: la
Cisjordanie (rive ouest du Jourdain) - en incluant Jerusalem Est - et Gaza. Ce qui, en soi, n'est une révolution puisque l'assemblée générale de l'ONU n'a jamais reconnu l'annexion de Jerusalem Est
par les Israéliens et l'a toujours incorporé dans les Territoires occupés. Mais en le juxtaposant avec la nécessité d'un Etat de Palestine "indépendant, démocratique, contigü et viable", cela a
semé le trouble un peu partout dans le monde, à commencer par une importante pression israélienne.
Les points intéressants. Après quelques heures de discussion cette délimitation géographique a été enlevée. Mais les conclusions du Conseil demeurent dans toute leur vigueur. Je perçois
quatre points intéressants :
• L'UE appelle à la « reprise "urgente" des négociations qui doivent conduire à une solution de deux Etats, avec un Etat d'Israël, et un Etat de Palestine indépendant, démocratique, contigü et
viable (tous les mots sont importants), vivant côte à côte en paix et en sécurité ».
• L'UE rappelle également « qu'elle ne reconnaîtra jamais l'annexion de Jerusalem Est. Et qu'une voie doit être trouvé à travers des négociations (les mots ont été conservés) pour résoudre le statut de Jerusalem comme capitale future de deux Etats. »
• Plus généralement l'UE « ne reconnait aucun changement des frontières d'avant 1967, en incluant Jerusalem » (les mots qui figuraient entre parenthèses ont été conservés)». Elle appelle
le gouvernement d'Israël « à mettre fin immédiatement à toutes activités de construction, à Jerusalem Est et dans le reste de la Cisjordanie, et
de démanteler toutes celles qui ont été érigées depuis 2001 ».
• L'UE estime « inacceptable et politiquement contreproductive la politique continue de fermeture » de Gaza. Elle « réitère sa demande d'une ouverture immédiate, inconditionnelle et
soutenue du passage pour l'aide humanitaire, les marchandises commerciales et les personnes de et vers Gaza ».
Rien de nouveau vraiment diront les spécialistes du Proche-Orient, Oui et Non. Ces mots là ont déjà été entendus d'une certaine façon de part et d'autre. Et cela ne reste que des mots.
Mais les mots sont une grande partie de la diplomatie. Et il faut bien veiller au sens.
1° Ces mots là sont repris par les 27, y compris par des Etats qui n'ont pas vraiment condamné l'offensive sur Gaza (la république Tchèque par exemple il y a un an avait une position très
différente). Elle les engage donc.
2° Les mots également sont assez durs et clairs. Il n'y a aucune ambiguité possible : deux Etats, séparés, autonomes, viables, avec Jerusalem comme capitale (pour les deux), la fin des colonies de
peuplement, reprise des négociations immédiate. C'est important de le rappeler de temps à autre.
3° Enfin, l'Union européenne montre qu'elle a quelque chose à dire et qu'elle compte. Que "ses" mots à elle ont du poids quand ils sont prononcés. Qu'il n'y a pas dans ce "concert mondial" que les
Etats-Unis qui peuvent faire entendre leur voix.
Ce faisant la présidence suédoise a perdu quelques mots dans la bataille - mais qui sont de toute façon suggérés dans le reste du texte - mais a gagné de replacer l'UE dans le champ de la
diplomatie mondiale. D'une certaine façon, ils demandent à Catherine Ashton, la nouvelle Haute représentante de l'UE, de s'en saisir. Elle a ainsi une feuille de route approuvée. Dont elle ne
pourra pas trop dévier.
Par Nicolas Gros-Verheyde
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Mercredi 25 novembre 2009
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23:04
En début d'année, on aurait pu espérer que la mission Eubam Rafah (la mission de surveillance de l'UE au point-frontière de Rafah) pourrait retrouver un nouveau rôle
et une nouvelle vigueur (lire : EUBAM Rafah: le
redéploiement en phase accélérée). Tout espoir est désormais envolé.
L'équipe Eubam Rafah, en juillet quand l'effectif était encore conséquent (crédit photo : Eubam)
La mission a donc retrouvé un effectif minimal : 18 personnes.
Et le budget de la mission a donc été réduit en conséquence. Le budget d'1,12 millions d'euros disponible pour 2009 en crédits d'engagement utilisé pour moitié en
2009 sera utilisé pour l'autre moitié en 2010 (*). A comparer aux budgets précédents : 5,1 millions d'euros en 2006, 7 millions d'euros en 2007, 2,5 millions en 2008, la chute est sévère.
La mission est cependant prolongée jusqu'au 24 mai 2010. Et on pourrait se demander à quoi sert de maintenir ainsi une mission
qui ne servira pas tout de suite. A cela plusieurs raisons:
1° La principale est d'ordre stratégique : si l'Europe veut pouvoir jouer un rôle un jour dans la région, elle doit maintenir coûte que coûte sa présence, aux bordures de Gaza, et être prêt dès que
l'instant politique se rapproche à remonter en puissance. Comme les 27 Ministres des Affaires étrangères l'ont entériné le 17 novembre « l'UE (est) prête à redéployer rapidement son personnel
au point de passage de Rafah, dès que les conditions le permettraient ». Le Proche-Orient est d'ailleurs qui tient à coeur à Javier Solana, l'actuel Haut-représentant pour la politique
étrangère qui n'a pas ménagé sa peine pour rapprocher les points de vue et donner à l'Europe davantage de poids dans la région.
2° Cette mission fait partie d'un accord plus global sur la surveillance des frontières entre Palestiniens et Israéliens, sous l'égide du Quartet. La fermer serait pour les Européens entériner le
fait acquis : la quasi fermeture de la frontière.
3° Le dernier point est d'ordre plus tactique et juridique : actuellement il y a un accord tacite avec le gouvernement israélien pour reconduire la mission
("tous les six mois, à moins que les parties soient d'accord pour la fermer"). Si la mission ferme boutique, il faudra tout renégocier le jour présent... Ce
n'est pas dit que demain il y aura à nouveau un accord d'Israël pour que les Européens soient présents. Alors un million d'euros pour assurer la présence de l'Europe dans cette région, ce n'est pas
énorme...
(*) Point avalisé entre les ministres des Affaires étrangères et approuvé formellement par les ministres de... l'Agriculture, le 20 novembre (en point
A).
Par Nicolas Gros-Verheyde
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Mercredi 5 août 2009
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20:44
(Brève d'été) La mission européenne en Palestine termine, le 5 août, une formation de la police palestienne (Palestinian Civil Police) sur le rôle durant les
élections.
Par Nicolas Gros-Verheyde
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Vendredi 3 avril 2009
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13:32
La Turquie pourrait participer à la mission européenne de formation de la police palestinienne (Eupol Copps). Le Comité politique et de sécurité (COPS) vient
d'approuver cette participation. La Turquie avait indiqué qu'elle était prête à participer à cette mission dès le début en 2005. Sans suite car la mission était très réduite. Aujourd'hui, que la
mission Eupol s'étend à d'autres aspects (police mais aussi justice pénale), cette candidature redevient active. Les Turcs vont proposer des officiers de police. Mais leur nombre exact dépendra du
nombre de postes offerts à la mission. Dans les missions civiles, c'est, en effet, le chef de mission, et l'Etat-major civil de l'UE (CCPC), qui procèdent au recrutement, selon les règles en usage
dans l'UE (appel d'offres, sélection, recours).
Des Turcs déjà actifs dans la PESD. Des Turcs participent déjà à la mission Etat de droit "Eulex" Kosovo, à la mission de police Eupm et la mission militaire Althea en Bosnie-Herzégovine. La
Turquie a également déposé sa candidature pour devenir observateur de la Force de gendarmerie européenne, constituée de façon multinationale, par six Etats membres (France, Espagne, Italie,
Portugal, Pays-Bas, Roumanie). L'acceptation de cette candidature pourrait se produire rapidement dès la réunion du comité ministériel (*). La Turquie a également indiqué sa disponibilité pour
participer à une future mission de la Gendarmerie européenne en Afghanistan.
(*) Elle ne peut en devenir membre en tant que tel, n'étant pas membre de l'UE.
Par Nicolas Gros-Verheyde
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Samedi 31 janvier 2009
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23:10
Quand Javier Solana, le Haut
représentant pour la politique étrangère de l'Union européenne, s'exprime sur l'après-élection aux Etats-Unis, il faut s'attendre à ce qu'une large partie de son intervention soit consacrée à Gaza.
Surtout quand le diplomate en chef de l'UE revient tout juste d'un voyage de trois jours dans la région où il a rencontré l'envoyé spécial américain tout juste nommé, G. Mitchell. Cette
intervention (*) m'a parue intéressante sur deux points essentiels : l'accès à l'aide humanitaire, qui reste encore parcellaire, et les négociations interpalestiniennes et avec Israël pour lesquels
Solana semble avoir bon espoir, puisqu'il s'est même permis de donner un calendrier... assez précis.
L'espoir de Javier Solana. Le Haut représentant a exprimé son espoir de voir les parties s'accorder sur "un cessez-le-feu véritable qui puisse durer plus qu'un an". La négociation
menée par le gouvernement égyptien (soutenue par les Européens) est à double effet. D'abord entre les différentes "factions palestiniennes" (autrement dit l'autorité palestinienne et le Hamas), et
en parallèle sur un accord de cessez-le-feu permanent avec Israël. Afin d'aboutir à un accord sur la "réouverture pleine et entière des points de
passage", puis "d'entamer la réconciliation". Javier Solana espère un "cessez-le-feu permanent vers le 4-5 février et un accord inter
palestinien vers le 24-25 février". Si ces objectifs sont tenus, le "point de passage de Rafah pourrait être réouvert", où sera présent
la mission européenne Eubam. L'Union européenne soutient un gouvernement de "consensus" ou
de "techniciens", comme proposé par le président de l'autorité palestinienne, M. Abbas à la conférence de Koweit. "C'est important de parler de deux Etats et non de trois", a-t-il
complété.
L'aide humanitaire ne passe qu'au compte-goutte. Javier Solana a cependant pointé du doigt un problème fondamental : "Les points de passage (entre Israël et Gaza) ne sont pas
complètement ouverts. 150 camions seulement passent chaque jour, et chargés de 15 à 20 types d'articles d'aide humanitaire. (...) Ce qui est un niveau trop réduit."a-t-il expliqué. Et de
préciser : "Deux mesures sont à prendre dans un délai très court : tout d'abord, augmenter le nombre d'articles d'aide humanitaire et aller au-delà des éléments de base, et, deuxièmement,
augmenter le nombre de camions jusqu'à 600. Sans cela, le volume de l'aide humanitaire ne sera pas suffisant". "La deuxième question, après l'aide humanitaire, est l'aide à la
reconstruction - a-t-il ajouté - comment cela peut être fait sur le terrain et qui sera chargé de distribuer l'argent et de mener le processus de reconstruction ?" Un point crucial
loin d'être réglé, selon des responsables du dossier à la Commission européenne.
Les problèmes au quotidien à Gaza. Dans une salle voisine, juste avant, deux responsables de la Commission, l'un de la DG Relations extérieures (Relex), l'autre de l'Office européen d'aide
humanitaire (Echo), détaillaient, en effet, devant les députés de la sous-commission Défense du Parlement européen les difficultés pratiques auxquelles ils se trouvent tous les jours confronter :
"Israël a restreint les arrivées d'argent à l'exception de celles nécessaires pour payer le personnel de l'l'UNWRA. Ce qui n’est pas suffisant. Notre aide va se trouver gravement affectée car
on ne peut même pas faire les virements par le biais de Pegase. Et donc faire repartir l’économie" a expliqué Leonidas Tzedapidis (DG Relex). Parmi les problèmes, a complété Jean-Claude
Heyraud (DG Echo), il y a "l’approvisionnement en eau. Déjà avant ce conflit, il était compromis par l'absence de pièces de rechange et les possibilités de réparation. Mais aujourd'hui, le
problème est crucial. Israël ne veut pas faire entrer de tubes nécessaires pour réparer les canalisations par crainte qu'ils soient utilisés à d’autres fins" (pour faire des lanceurs). "Il
faut rouvrir la circulation pour les biens humanitaires et commerciaux Et que d’autres points de passage que Rafah soient ouverts (**). On ne peut pas revenir à la situation antérieure de statu
quo", conclut Tzedapidis.
(*) Javier Solana s'exprimait dans une conférence organisée, jeudi matin, par le Parti populaire européen (PPE) et consacrée à la "coopération UE-États-Unis après l'élection d'Obama".
(**) Précision importante : le point de Rafah n'est ouvert qu'au transit des personnes, m'a indiqué un spécialiste de cette question. Le transit lourd - marchandises et camions (d'aide humanitaire
ou commerciaux) - n'est possible selon l'accord de 2005 que dans les points de passage tenus par Israël.
(photo : Javier Solana et Jonathan Evans, député européen conservateur britannique, président de la délégation UE-USA au Parlement européen" ©
PPE-DE)
Par Nicolas Gros-Verheyde
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Samedi 31 janvier 2009
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21:00
Près de 1000 bâtiments détruits (857 totalement détruits et 151 sévèrement endommagés), 116 cratères de bombes sur les routes, 361 dans les champs cultivés ou non...
le bilan effectué par l'agence satellitaire de l'ONU (UNOSAT) est mathématique mais donne tout de même une nette idée des dommages subis dans la bande de Gaza. Une carte réalisée à partir d'images satellite des 6, 10 et 19 janvier. L'Agence prend bien soin de préciser que ce bilan reste imprécis. Il ne s'agit ici que de dégâts visibles
de satellites. A première vue, on peut noter que les dégâts sont sans commune mesure avec ceux recensés à Gori durant la guerre
du mois d'août en Géorgie, lors de l'offensive russe. Pour télécharger la carte des dégâts à Gaza, cliquez ici.
Par Nicolas Gros-Verheyde
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Jeudi 29 janvier 2009
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19:00
Devant les députés européens de la Sous-Commission défense, l'ambassadeur tchèque auprès du Comité de politique et de sécurité de l'UE, Ivo Šrámek, estime que dans
le dernier conflit à Gaza, c'est le Hamas qui a entamé les hostilités. Et que si une enquête sur les crimes de guerre est utile. Elle l'est aussi sur les crimes du Hamas. Quant au trafic d'armes
le diplomate assassine en creux l'iniative de Sarkozy d'envoyer une frégate en Méditerranée.
Ivo Šrámek s'exprimait devant les députés de la sous-commission défense. Exercice clasique de présentation du travail de la prochaine présidence. Mais le dialogue avec les députés est toujours
intéressant, et parfois savoureux.
C'est le Hamas qui a commencé. "Tout a été entamé par le Hamas qui n’a pas voulu renouvelé le cessez-le-feu. C’est le Hamas qui a commencé à toucher au territoire israélien. La
neutralisation du Hamas est importante. Relancer le processsus de paix l’est aussi. Les Palestiniens ont des préoccupations de sécurité légitimes. Mais ceci doit être réglé dans le cadre du
processus de paix et d’Annapolis. Nous savons que le Hamas a largement hypothéqué le processus de paix. Il faut recommencer l’effort de pacification de concert avec l’administration
américaine." Ce propos clair confirme la qualification par un porte-parole du Premier ministre tchèque de l'action israélienne comme "défensive". Qui n'était pas un faux-pas mais tout simplement l'application de la doctrine du gouvernement tchèque
sur le conflit au Moyen-Orient (ou du moins d'une partie du gouvernement = le Premier ministre, et une partie de la diplomatie
tchèque).
Une enquête sur les crimes de guerre, du Hamas aussi. "Nous appuyons l’enquête et l’appel du
Secrétaire général Onu en faveur d’une enquête. Nous espérons que les enquêtes seront conduites correctement. Le plus grave du problème est le Hamas et les enquêtes sur les crimes de guerre
du Hamas."
Lutte contre les trafics d'arme : l'initiative Sarkozy = inutile ! Le diplomate est très diplomate. Et il ne prononce même pas le nom du président français qui a décidé l'envoi
d'une frégate en Méditerranée. Mais là aussi c'est assez transparent. "Toutes les analyses montrent - explique-t-il -
que les armes passent par la mer rouge, via le Sinaï. Donc, quand on parle de la composante maritime, c’est plutôt à la composante maritime en mer rouge à laquelle on pense (NB : ce sont les
Etats-Unis qui sont à l'oeuvre de ce coté). La Méditerranée est déjà couverte par les forces israéliennes. Et elles s’assurent que rien ne passe.
Le trafic continuera tant que les points de passages seront fermés. L'ambassadeur se veut pratique : "Tant qu’il n’y aura pas de points de passage (ouverts), il y aura du
trafic. Ce que nous avons l’intention de faire est de fournir aux Egyptiens une technologie, sismique, pour détecter les tunnels. Et c’est une composante importante pour Israeliens si on veut un
cessez-le-feu durable. Il ne faut pas que le Hamas puisse se réarmer."
Par Nicolas Gros-Verheyde
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Mercredi 28 janvier 2009
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10:20
C'est plus discret qu'une frégate pour lutter contre la contrebande d'armes. Mais peut-être plus
efficace. Et surtout mieux accepté. L'Allemagne a envoyé, lundi, en Egypte une équipe de six experts des ministères de l'Intérieur et des Affaires étrangères. Mission : examiner sur place comment soutenir l'Égypte dans ses efforts "pour contrôler de manière efficace ses frontières". Un point qui figure dans le fameux
plan du président Moubarak pour un retour à la paix. Initiative égyptienne que le président français Nicolas Sarkozy s'était assez vite appropriée en le rebaptisant Plan Moubarak-Sarkozy
(dénomination repris par les médias - y compris moi-même, mea culpa). Au dîner des ministres des Affaires étrangères de dimanche soir (25 janvier), "tout le monde a parlé de l'imitative
égyptienne et personne n'a mentionné le nom de Sarkozy pour ce plan" m'a confié un diplomate, rigolant sous cape...
L'Egypte déconseille formellement (refuse) un déploiement militaire occidental. Lors de ce dîner, à Bruxelles, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Ahmed Aboul Gheit, a
particulièrement été dur, déconseillant formellement aux Européens de s'engager sur la voie d'une présence militaire terrestre ou navale. Une implication qui pourrait être reçue comme partisane.
Les jeunes soldats envoyés sur place pouvant être pris à partie et être l'objet des tirs, a-t-il expliqué à ses homologues européens. Publiquement, devant les journalistes, il a ajouté : "la
contrebande se fait par terre, et l’armée et police égyptienne suffisent". Mardi, encore, en présence de Javier Solana, le diplomate en chef de l'UE en visite en Egypte, le ministre égyptien, en a
remis une couche : "Nous n'envisageons pas que les pays européens puissent envoyer des navires dans les eaux territoriales palestiniennes pour mener une tâche qui est de la responsabilité
d'Israël", a-t-il déclaré, selon l'AFP. Enjoignant les Européens de bien "réfléchir" aux conséquences d'un tel déploiement, qui peut affecter "les relations entre (les pays européens) et
les Palestiniens, les Arabes et les musulmans à l'avenir"... C'est clair ! L'Egypte, en effet, réfute, depuis le début, toute présence internationale sur son sol (hormis la force
multinationale et observateurs de l'ONU - FMO -, présente dans la Sinaï depuis 1979).
Par Nicolas Gros-Verheyde
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Mardi 27 janvier 2009
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(extrait d'un article paru dans Europolitique) Au Conseil des ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne, les 27 ont décidé et proposé six actions aux
parties au conflit:
- le renforcement de l’aide d'urgence humanitaire immédiate, notamment pour l’Agence de l’Onu pour les secours aux réfugiés palestiniens (UNWRA) et les autres agences internationales;
- un soutien à la réhabilitation, la reconstruction, au redressement économique et au développement économique futur de Gaza ;
- la réactivation d'assistance frontalière de l’UE au point-frontière de Rafah (EU BAM Rafah), « dès que les conditions le permettent » ;
- la « possibilité » d'étendre cette assistance à d'autres points de passage (sous entendu, tenus par Israël) dans la région ;
- la prévention du commerce illicite et du trafic d'armes et de munitions, avec l’engagement à « trouver des moyens de collaborer » aux efforts des États-Unis ;
- un soutien à la reprise du processus de paix. Javier Solana est parti, lundi, pour une nouvelle tournée de trois jours au Proche-Orient. Il devrait rencontrer le président Hosni Mubarak (Egypte),
le roi Abdullah II (Jordanie), le président Mahoud Abbas, et le Premier ministre Salam Fayyad (Autorité palestinienne) ; le Premier ministre Ehud Olmert et sa chef de la diplomatie Tzipi Livni
(Israël), ainsi que le nouvel envoyé spécial américain pour le Moyen-Orient, George Mitchell. Objectif, entre autres : trouver un accord pour rouvrir rapidement EUBAM Rafah (cf. plan de développement accéléré).
Par Nicolas Gros-Verheyde
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Vendredi 23 janvier 2009
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Une frégate porte-hélicoptères française,
le Germinal (F-735), va se déployer dans les eaux internationales au large de Gaza pour des actions de surveillance, "en pleine coopération avec l’Egypte et Israël", a annoncé l'Elysée. Et
une coordination étroite avec les Etats-Unis et les partenaires européens va être engagée pour proposer des actions complémentaires "dans la lutte contre la contrebande des armes par voie maritime
et terrestre".
Cette action doit permettre accompagner une réouverture totale et permanente des points de passage vers Gaza, estime-t-on à Paris. Qui souhaite également deux choses :
1) la réactivation rapide sous supervision européenne du point de contrôle de Rafah (c'est chose faite, en réalité, car les effectifs de renfort ont commencé à arriver, dans le cadre d'un plan de déploiement accéléré) ;
2) l’extension de la mission PESD EUBAM Rafah aux points de contrôle entre Gaza et Israël. Deux sujets qui seront abordés lundi au Conseil des ministres des
Affaires étrangères de l'Union européenne. Ce qui correspond au panel d'actions annoncés il y a quelques jours dans un précédent post.
Le Germinal, frégate mise en service en 1994 est dotée d'un hélicoptère Panther et est commandée par le capitaine de
frégate François Majoufre. Il croisait actuellement au large du Liban dans le cadre de
l'opération TF 448. Il lui faut une demi-journée pour rejoindre la zone de surveillance qui lui est assignée.
(photo : Marine française)
Par Nicolas Gros-Verheyde
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Vendredi 23 janvier 2009
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15:46
C'est parti. Au siège provisoire d'EUBAM, à Ashkelon, on s'active! Suspendue depuis plus de deux ans, la Mission européenne de surveillance aux frontières de Rafah,
pourrait reprendre rapidement ses fonctions (tout dépend des dernières négociations avec les Etats voisins). En tout cas, un plan de redéploiement accéléré (par rapport au précédent, voir mon article de fin décembre) a été mis au point et agréé au point de vue opérationnel (CPCC) comme politique (COPS) par
les 27. Depuis plusieurs jours, une douzaine de personnes sont ainsi venues s'ajouter aux 18 déjà présentes sur place, en renfort de l'Etat-Major de gestion de
crises civiles de l'UE (CPCC). Mission: planifier et préparer le redémarrage de la mission, prendre les premiers
contacts, assurer toute une série de tâches administratives, qui peuvent paraître anodines, mais constituent l'essentiel de la préparation (et de la réussite ultérieure) d'une mission.
Dès ce vendredi après-midi, d'autres renforts vont arriver dans le pays et s'étaler dans les jours qui viennent. 23 personnes supplémentaires en tout - chargées du support administratif, de
sécurité et d'encadrement (pour prendre le relais des "intérimaires" de la CPCC). Le staff de direction de la mission -
adjoint au chef de mission, chef des opérations et son adjoint, etc. - sera ainsi au complet. Ce qui permettra d'assurer toutes les prises de contact
nécessaires avec les différentes parties, de faire de la reconnaissance, de monter le dispositif opérationnel et de négocier les différents accords politiques, logistiques et administratifs.
20 autres personnes supplémentaires sont par ailleurs, en "stand bye" à H24, prêtes à partir en 24 heures. Soit en tout 60 personnes qui pourraient être à pied
d'oeuvre quand le top départ politique du reploiement sera prononcé. Et pour le reste du personnel, le recrutement dans les Etats membres est toujours en cours mais "en bonne voie". Au total la
mission devrait comprendre entre 70 et 80 personnes. Ce qui représente une certaine augmentation d'effectifs. Donc une augmentation du budget - et l'aval de la Commission européenne (et du
Parlement européen) ce qui ne devrait pas poser de problème mais nécessite un peu detemps-. A noter qu'il s'agit là de l'effectif pour la mission Eubam Rafah (originelle) et non de la mission Eubam
Rafah Plus (avec déploiement tout le long de la frontière de Gaza, coté égyptien.
Négocier un nouvel accord. Le premier travail est, en effet, d'établir les contacts et de (re)négocier un accord avec toutes les parties : Palestiniens (Ramallah), Egyptiens, Israéliens.
Apparemment ce n'est pas évident car chacun a un avis différent : "Les Egyptiens veulent l'application de l'accord de 2005 - sans plus. Les Palestiniens veulent un accord amélioré - avec un
véritable poste frontière autorisant l'import et l'export. Les Israéliens sont plus focalisés sur la lutte contre la contrebande et les tunnels." m'assure un connaisseur du dossier.
Officiellement, il n'y a bien sûr pas de "négociation" avec des responsables de sécurité ou politiques du Hamas. Mais les rencontres avec les Egyptiens se passent dans un lieu plutôt discret de la
frontière, hors des endroits connus (Rafah) qui permettent ainsi à plusieurs interlocuteurs de se rencontrer en toute tranquillité...
Par Nicolas Gros-Verheyde
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Vendredi 23 janvier 2009
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07:30
Après le dîner des ministres des Affaires
étrangères des 27, avec leur homologue israélienne, Tzipi Livni, outre la conférence de presse officielle (avec la présidence de l'UE), quelques ministres ont confié - souvent en aparté - aux
journalistes qui se trouvaient au bon endroit leurs impressions. Il était tard, tout le monde était pressé de rentrer chez lui. Et nous n'étions que quelques journalistes (l'AFP, Radio
France, un collègue arabe) quand le ministre français, Bernard Kouchner — qui préside également le Conseil de sécurité de l’ONU (pour quelques jours encore) — est passé. Juste le temps d'un rapide
échange de questions (posées par l'AFP et moi-même) pour recueillir ses premières impressions. Voici le résultat :
• Qu’avez-vous obtenu ?
« Nous avons obtenu d’offrir la même demande insistante, ouvrez les portes. Il faut absolument que l’aide humanitaire passe ; la définition de l’aide « humanitaire » étant de mon point de vue très
politique et c’est un vieux débat. C’est absolument indispensable. On ne peut pas faire comme si le cessez-le-feu n’existait pas et revenir à ce qui s’était passé avant. Voilà ce que nous avons
demandé, les 27 d’une seule voix, unie. Nous avons prié, supplié pour que les portes s’ouvrent. Me Livini a répondu qu’elle était très étonnée et que, oui, l’aide humanitaire devrait passer, nous
verrons bien jeudi (22 janvier).
• Sous quel contrôle ?
On peut avoir le contrôle qu’on veut. Nous sommes prêts à contrôler, nous l’avons dit. Les Israéliens et les Egyptiens sont sûrement prêts à contrôler aussi. Ca n’a aucune importance. Pour le
moment, les portes sont fermées, beaucoup plus fermées qu’on ne croit. Par exemple, l’hôpital français et l’équipe médicale sont à Rafah. On les envoie à Kerem Shalom. Et on les renvoie à Rafah. Ce
n’est pas supportable. On ne peut pas, à la fois, être très satisfait que les roquettes ne tombent plus sur Israël, que l’armée israélienne se retire et faire comme si de rien n’était. Voyons…
• Il y avait un deuxième point pour les Européens, la réouverture des postes-frontières, notamment de Rafah ?
Nous avons absolument parlé d’un seul point (NB : l’aide humanitaire).
• L’aide humanitaire c’est aussi l’ouverture des frontières ?
Vous pouvez employer le mot que vous voulez. L’aide, c’est cesser que l’accès à la vie ne soit pas possible. Pour moi, l’aide humanitaire, j’englobe çà dans un très grand volume, politique. (…)
Vous savez chaque jour est un combat. (hier – mercredi), nous avons parlé avec Me Livni, nous l’avons écouté. Dimanche, nous parlons avec nos amis arabes. Et nous les écouterons. Et puis nous nous
prononcerons au Conseil de lundi.
• Et le début d’un dialogue avec le Hamas ?
Nous ne parlons pas au Hamas. Enfin nous parlons par intermédiaire, vous savez très bien tout l’enjeu de cette négociation si longue. Il est évident que s’ils participent à n’importe quel processus
de paix - par exemple l’OLP qui demande qu’il y ait un semblant même pas de gouvernement national mais d’unité, ou quelque chose comme çà - nous serons prêts dès lors que le Hamas offre des
perspectives de négociation et de paix comme tout le monde, à considérer comme un interlocuteur…. Mais on n’a pas besoin de nous maintenant.
(publié également dans Europolitique - photo : Conseil de l'UE)
Par Nicolas Gros-Verheyde
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Lundi 19 janvier 2009
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Le dispositif européen (et américain) qui pourrait être mis en place dans le cadre d'un cessez-le-feu durable à Gaza est
actuellement l'enjeu d'une bataille, toute diplomatique, qui a commencé entre alliés, de part et d'autre de l'Atlantique.
Une offre de service européenne. Samedi dernier Gordon Brown (Royaume-Uni), Angela Merkel (Allemagne), Nicolas Sarkozy (France) avaient adressé une lettre commune et identique aux Israéliens
et aux Egyptiens (pour transmissions aux autorités de Gaza) contenant une offre de service pour lutter contre les trafics d'armes (pour télécharger la lettre). L'organisation d'un sommet avec l'Egypte à Charm El Cheikh a permis. Reste
maintenant à préciser cette offre et surtout obtenir un accord de part et d'autre, à partir des premières pistes évoquées.
Une négociation à Bruxelles. C'est le sens des réunions extraordinaires des Ministres des Affaires étrangères des 27, à Bruxelles, sous forme de deux dîners : l'un mercredi soir avec leur
homologue israélienne, Tzipi Livni ; l'autre, dimanche, avec les ministres jordanien, turc, palestinien et turc. Le lendemain, lundi 23, réunion (prévue de longue date) du Conseil des Ministres des
Affaires étrangères de l'UE. L'implication des Européens dans le processus de paix sera à plusieurs niveaux : l'aide humanitaire et le soutien économique (L'Europe a l'habitude! Elle le fait depuis
des années. A chaque conflit, elle paie les "pots cassés"), la négociation politique et la présence opérationnelle.
Un enjeu. Si les Européens arrivent à imposer une présence militaire ou civile dans le processus de paix plus grande que celle qu'ils ont dans la région jusqu'ici (présence - suspendue
depuis juin 2007 - au point frontière de Rafah), ils auront gagné le pari : imposer l'Europe dans le processus de paix.
Le dispositif opérationnel qui pourrait être mis en place est le suivant :
1. Réouverture du point frontière de Rafah avec redéploiement de la mission de l'Union européenne (EUBAM Rafah) renforcée et éventuellement étendue à d'autres points frontières (maritime ?).
2. Surveillance maritime pour empêcher la contrebande d'armes - ce qui est plus facile qu'au niveau terrestre.
- du coté de la mer rouge, cette surveillance pourrait être effectuée par des navires américains et autres (dans le cadre d'une des tasks forces internationales présentes sur place)
- du coté de la Méditerranée, cette surveillance pourrait être effectuée par des navires européens, dans un dispositif équivalent à celui existant au large du Liban (Finul maritime ou Task force
448 sous commandement européen, Euromarfor). La proximité des zones maritimes incite d'ailleurs à penser que les opérations pourraient être sinon jointes du moins combinées.
3. Surveillance terrestre du cessez-le-feu. Ce point reste à négocier. Une extension du mandat des observateurs de l'ONU - la FMO (force multinationale et observateurs), dirigée par le norvégien
Kjell Narve Ludvigsen - déjà présents dans le Sinaï, pourrait être étudiée coté égyptien. A l'étude également un renforcement des forces égyptiennes (qui a
souvent été critiqué par les Israéliens qui y voyaient une entorse aux accords de démilitarisation de la région). Coté israélien ou coté palestinien, tout est à inventer : mandat de l'ONU, mandat
de la force, règles d'engagement.
4. Coopération technologique avec fourniture de matériels électroniques, satellitaires et techniques, fournis coté israélien (par les Américains
essentiellement) et égyptien.
5. Formation des forces. L'UE a déjà une mission de formation de la police palestinienne "Eupol" basée à Ramallah. Celle-ci, théoriquement, forme les policiers de Gaza (mais depuis le blocus du
territoire par les Etats-Unis et l'UE, cette coopération n'est plus possible à Gaza). Cette mission pourrait être étendue soit géographiquement (coté égyptien), soit au niveau fonctionnel
(formation des gardes-frontières)
Par Nicolas Gros-Verheyde
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Publié dans : Proche Orient - Israel Liban Palestine
Samedi 17 janvier 2009
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22:27
Plusieurs initiatives ont été élaborées ces derniers jours, afin de trouver une solution complémentaire au cessez-le-feu et pouvoir l'inscrire dans un cadre durable.
Celles-ci pourraient être examinées lors du sommet international en Egypte ce dimanche, après l'annonce du cessez-le-feu unilatéral par Israël. Résumons.
• l'ouverture contrôlée de la bande de Gaza
- la surveillance des points de passage comme le point de Rafah. L'Union européenne qui a déjà une équipe (EUBAM) en astreinte - et a préparé un plan de redéploiement rapide - devrait logiquement en être chargée. Reste à obtenir un accord de réouverture. L'Egypte souhaite que du
coté palestinien soient en place des officiers de l'Autorité palestinienne - de Rammalah donc - et non du Hamas.
• la lutte contre la contrebande d'armes
- une force navale pour surveiller la contrebande d'armes. L'Allemagne, la France et le Royaume-Uni ont indiqué être prêts à y participer. Cette force peut être mise en place rapidement, tant d'un
point de vue diplomatique qu'opérationnel.
- une force terrestre pour lutter contre les trafics d'armes et les tunnels. C'est le plus difficile. Aux niveaux opérationnel et diplomatique. L'Egypte a refusé la présence d'une force
internationale à sa frontière avec Gaza. En revanche, elle ne voit pas d'inconvénient à la présence internationale, coté palestinien. L'autorité palestinienne souhaiterait plutôt une force sur
toute la zone de Gaza. Mais on voit quelle capacité de négociation et de pression elle peut avoir. La présence de cette force - son mandat et son étendue géographique - pourrait être une des
conditions du retrait israélien. Selon son étendue, ce pourrait un moyen de pression face au Hamas, pour diminuer son emprise sur Gaza.
- une mission d'assistance à l'Egype et à Israël pour la lutte contre les contrebandes d'armes.
D'ores-et-déjà, un accord a été signé, à Washington vendredi, entre les Etats-Unis et Israël.
Par Nicolas Gros-Verheyde
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Publié dans : Proche Orient - Israel Liban Palestine
Vendredi 16 janvier 2009
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08:30
Carl Bildt, Le ministre des Affaires étrangères de Suède - qui présidera l'Union européenne au 2e semestre 2009 - vient de l'exprimer vertement. En tout cas plus
clairement et plus fort que la présidence actuelle de l'UE. "Maintenant cela prendre fin" estime-t-il sur son blog.
Je cite quelques extraits : "Avec la poursuite obstinée de ses opérations militaires à Gaza, Israël menace de perdre rapidement les derniers vestiges d'accord que, nous avions après tout, quand
elle a commencé sa réponse militaire aux attaques de roquettes du Hamas. Aujourd'hui, l'attaque contre le siège de l'UNRWA dans la bande de Gaza est certainement une erreur. Mais le plus grave de
cette guerre, ce sont toutes ces "erreurs" avec toutes les victimes et toute l'amertume ainsi créée". "Il y a déjà plus d'un millier de personnes tuées - et seulement une petite partie d'entre eux
peuvent être décrits comme impliqués dans les activités militaires du Hamas ! Une opération de guerre, où la majorité des personnes tuées sont des civils innocents, (perd) rapidement une fois la
légitimité qu'elle aurait pu avoir."
Il semble, ajoute le Ministre, que "le Hamas soit aujourd'hui prêt à accepter des arrangements qui sont proches de ceux que nous avons discuté avec la Troïka de l'UE au début de la semaine
dernière et qui a depuis fait l'objet de négociations, principalement en Egypte. Il est grand temps maintenant pour Israël de se conformer aux exigences du Conseil de sécurité des Nations unies
pour un cessez-le-feu." "Si cela continue, on risque des vies d'innocents, ou que "des erreurs" comme l'attentat perpétré aujourd'hui contre le siège de l'ONU, se reproduisent et causent encore
plus de dommages à Israël par les possibilités de paix à long terme". (traduction non officielle)
NB : j'aurai bien aimé que la présidence tchèque de l'UE tienne ce langage au lieu de perdre son temps dans quelques arguties inutiles autour de la liberté de l'art. L'art n'est pas menacé
aujourd'hui en Europe. La paix en revanche au Moyen-Orient, et à terme en Europe. Car nous ne pourrons plus nier les risques "d'importation" de ce conflit qui entretient la lie des
extrêmismes.