Afrique - Guinée

Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Afrique - Guinée
Lundi 26 octobre 2009 1 26 10 2009 18:00
Le Conseil des ministres de l'UE va adopter, mardi, une décision d'embargo sur les armes à destination de la Guinée (comme déjà mentionné). En voici les détails.

Principe d'interdiction : « Sont interdits la vente et la fourniture à la Guinée ainsi que le transfert et l'exportation à destination de ce pays, par les ressortissants des États membres ou depuis le territoire des États membres, ou au moyen de navires ou d'aéronefs de leur pavillon, d'armements et de matériels connexes de quelque type que ce soit, y compris des armes et des munitions, des véhicules et des équipements militaires, des équipements paramilitaires et des pièces détachées pour les susdits, qu'ils proviennent ou non de leur territoire. »

Trois exceptions sont prévues, essentiellement pour les opérations internationales, européennes et la protection du personnel :
 - (opérations internationales ou europeénnes) « vente, à la fourniture, au transfert ou à l'exportation d'équipements militaires non létaux destinés à des fins humanitaires ou de protection exclusivement, ou à des programmes des Nations unies, de l'Union européenne et de la Communauté concernant la mise en place des institutions, ou pour des opérations de gestion de crise de l'Union européenne et des Nations unies;»
- (protection du personnel européen) « vente, à la fourniture, au transfert ou à l'exportation de véhicules non destinés au combat qui ont été conçus pour offrir une protection balistique ou équipés de matériaux antibalistiques, aux seules fins de la protection du personnel de l'Union européenne et de ses États membres en République de Guinée; à condition que les exportations concernées aient été préalablement approuvées par l'autorité compétente ».
- (gilets pare-balles pour les personnels expatriés, ONU, UE, Etats, médias, ONG). L’embargo « ne s’applique pas aux vêtements de protection, y compris les gilets pare-balles et les casques militaires, temporairement exportés en République de Guinée pour leur usage personnel exclusivement, par le personnel des Nations unies, le personnel de l'Union européenne, de la Communauté ou de ses États membres, les représentants des médias, personnel humanitaire, le personnel d'aide au développement et le personnel associé ».
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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Afrique - Guinée
Jeudi 22 octobre 2009 4 22 10 2009 11:29
Le Conseil des ministres des Affaires étrangères de l'UE devrait prononcer, le 27 octobre, une première série de sanctions vis-à-vis de la Guinée où la situation sécuritaire se détériore. Les émeutes de septembre où 150 personnes avaient péries ont sonné l'alarme parmi les dirigeants européens. Ces sanctions seraient ciblées sur les membres de la junte au pouvoir (gels des avoirs et restriction des visas) et accompagné d'un embargo sur les armes. Il faut remarquer la rapidité avec lesquelles ce type de mesures a été prise. D'ordinaire, ce type de mesures est plus lente à entrer en action.

Par ailleurs, les 27 devraient lever les sanctions qui affectent l'Ouzbékistan (livraisons d'armes essentiellement - les autres mesures avaient été levées il y a un an). Les diplomates de l'UE estiment en effet que le pays a fait de nombreux efforts en matière de respect des droits de l'homme et de la démocratie. et que cela mérite un encouragement. Ces mesures avaient été mises en place après les émeutes de 2005 qui avaient fait plusieurs centaines de morts et le refus du gouvernement d'accpter une enquête internationale.
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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Afrique - Guinée
Vendredi 6 mars 2009 5 06 03 2009 00:00

Après le double assassinat du chef d'Etat major et du présidence de la République de Guinée-Bissau, la petite mission civile PESD d'assistance à la réforme de sécurité (EU SSR) reste sur place. Selon ses responsables, «la situation est tendue mais tenable. Et il n'y a pas nécessité pour l'instant d'évacuer les membres de la mission. Il y a risque d'Etat failli (failed State). Mais nous ne sommes pas face à un nouveau coup d’Etat» insiste mon interlocuteur.

«L'ordre constitutionnel est et a été respecté. Ce qu’il faut c’est maintenant continuer les engagements dans la région. Il est possible de continuer la mission.»

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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Afrique - Guinée
Lundi 2 mars 2009 1 02 03 2009 17:33
Coup sur coup, le chef d'Etat-Major guinéen et le président de la République sont morts dans un attentat/assassinat. La petite mission d'assistance à la réforme de l'armée (EU SSR) qu'entretient l'Union européenne - qualifiée de mission plutôt "tranquille" - se retrouve ainsi sous les feux de l'actualité... et surtout sa mission de conseil et restructuration des forces armées s'en trouve compromise, ou du moins transformée. Javier Solana, le diplomate en chef de l'Union européenne, a donc lancé un "appel à tous pour rétablir l’ordre constitutionnel et contribuer à apaiser les tensions dans le pays". En espérant qu'il sera entendu.
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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Afrique - Guinée
Mercredi 12 novembre 2008 3 12 11 2008 11:30
Après leur participation entérinée à Eulex Kosovo, les Etats-Unis devraient participer à une nouvelle mission civile de la PESD, sous commandement européen, ce sera en Guinée Bissao pour la mission "Eussr" de soutien à la réforme de sécurité.

Le principe d'une participation a été entériné au Comité de politique et de sécurité (COPS) fin octobre. Reste à en préciser les modalités, notamment le nombre de conseillers qui y participeront. Ce devrait être de l'ordre de quelques personnes.
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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Afrique - Guinée
Mardi 20 mai 2008 2 20 05 2008 00:00
La mission de l'Union européenne visant à aider la Guinée-Bissau pour la réforme de son secteur de la sécurité (armée, police, justice) devrait démarrer officiellement la première semaine de juin, après le feu vert officiel du Conseil. Le chef de la mission, le général espagnol Juan Esteban Verástegui, a accepté de me rencontrer pour détailler le sens de cette mission nouvelle de l’UE.

Comment l’Europe peut-elle réformer des structures de sécurité d’un pays africain ?
Tout d’abord, ce n’est pas une réforme de l'UE mais une réforme voulue et décidée par les autorités de Guinée. Il y a un clair engagement des autorités politiques nationales, partagé par l’opposition. Ainsi, nous n’avons pas de rôle directement opérationnel. Nous sommes là pour donner des conseils, établir des plans pour le futur, transformer une décision stratégique en un concept opérationnel. Notre mission est avant tout intellectuelle.

Quels sont les objectifs de cette réforme pour l’armée, pour la police ?
Pour l'armée, on pourrait dire que c’est simple. Cette force devra être diminuée de moitié, pour atteindre un effectif de 2000-2500 hommes. Elle devra être composée d’unités légères, simples ; et non d’unités lourdes blindées. Une restructuration comme nous en avons connue en Europe. Pour la police, c’est un peu plus compliqué. Nous avons actuellement huit - neuf corps policiers contrôlés par cinq différents ministères, sans réelle coordination. Cela ne peut pas fonctionner. Il faut revoir l’organisation. Il faut d'abord donner un cadre juridique au nouveau dispositif. Et on doit restructurer. Si le nombre de policiers va rester identique, il y aura au final quatre forces, selon le modèle portugais : maintien de l’ordre public, police judiciaire, gendarmerie et services secrets. La gendarmerie va être créée de toutes pièces, en rassemblant d’autres corps déjà existants (frontières, immigration…), sur le modèle de la « Guardia nacional » portugaise.

Par qui va être suivie cette réforme ?
C’est fondamental. Il nous faut trouver les futurs leaders qui vont encadrer la réforme. Ce qui pose la question de la formation de l'encadrement. Plusieurs pays (Portugal, Brésil, Cap-Vert, Angola) ont été sollicités pour cette mission.

Vous venez de passer plusieurs jours sur place, quelle est selon vous la principale difficulté de votre mission et… de cette réforme ?
La principale, c'est le manque de moyens dans l’armée comme dans la police. La situation est très pénible. Il n’y a presque pas d’infrastructures. Les casernes quand elles existent sont dans un état lamentable. Il manque de tout! Les véhicules existent au compte-goutte. Les services d’immigration, par exemple, n’ont qu’un seul véhicule, ils font tout à pied. Quand j’ai été au Congo, au Guatemala — qui ne sont pas des pays riches —, je n’avais pas connu cela. Ce n’est pas une réforme seulement dont on a besoin… Il faut tout rebâtir de zéro !

Les Etats membres vont contribuer ?
On l'espère. Les investissements nécessaires ne sont pas incroyables. Avoir des vélos tout terrain pour la police, ce serait déjà bien. L’Espagne devrait ainsi donner des motos et des vélos VTT. Nous avons aussi besoin de 30 véhicules qui semblent un minimum si on veut que ce pays soit capable de contrôler ces frontières et être en capacité de contrôler l’immigration. C’est aussi cela, notre mission: identifier les besoins et trouver les pays prêts à financer.

La difficulté n’est-elle pas aussi de lutter contre une corruption qu’on dit rampante ?
Quand ceux qui travaillent pour l’Etat ne reçoivent pas de salaire, durant des mois, il est difficile de parler de corruption... La frontière, par exemple, est gardée par des gens bien, qui ne sont plus payés. Ils sont un peu comme oubliés! Ils vivent au milieu de la population, dans des cahutes, comme les autres paysans, ne reçoivent aucun soutien, même médical. Souvent ils sont assez âgés. Et quand ils quitteront le service, on sent bien qu’on ne trouvera personne pour les remplacer. Il faut donc changer le système, trouver des personnels, les former… et s’assurer qu’une fois en place qu’ils seront bien payés, les 30 ou 40 euros qu'on leur doit par mois. Quand on a l’orgueil d’appartenir à une mission qui marche et qu’on est payé pour cela, cela peut changer.

Cela veut dire que l’Europe doit s’engager davantage dans ce pays ?
Oui. Je le pense. C’est peut-être un peu égoïste, mais c’est plus intelligent et moins couteux d’avoir des pays plus forts, dans leurs structures, qui assurent un réel contrôle aux frontières, plutôt que de devoir en subir le résultat, avec une immigration sur nos côtes.

A noter :
• La mission PESD en Guinée est une mission première du genre, civilo-militaire. Entamée à la mi-avril, la montée en puissance devrait être terminée début juin. Elle est composée d’une quarantaine de personnes (21 spécialistes internationaux + 18-19 locaux), de plusieurs pays européens (Portugal, Espagne, France pour les conseillers ; Allemagne, Suède, France, Italie, Portugal pour l’administration). Plusieurs pays tiers ont été sollicités. Si le Canada et le Brésil ont décliné l’offre (ce dernier pays doit envoyer en 2009 une mission bilatérale, pour soutenir la réforme militaire), les Etats-Unis sont très intéressés ; le Cap-Vert et l’Angola pourraient aussi participer. La mission va être établie dans la capitale, de façon "centrale", à proximité de l’Assemblée nationale, dans un bâtiment ayant servi transitoirement d’ambassade pour la France.

• Un premier plan de réforme des forces de sécurité a été adopté par le gouvernement de Guinée-Bissau en novembre 2006, suivi d’un plan de restructuration en septembre 2007. Au niveau de l’UE, deux missions d’information communes avec la Commission européenne, en mai et en octobre 2007, ont précédé le processus décisionnel. La première décision a été prise au Conseil des ministres de la défense, le 19 novembre 2007 ; le concept général de la mission a été approuvé le 10 décembre 2007, le concept d’opération (Conops) et la 0015:FR:PDF" target="_blank">décision d'action commune ont été approuvés le 12 février 2008, le plan d’opération (OpPlan) a été accepté par le Cops le 14 mai.

(© article paru dans Europolitique) - Crédit photos : Conseil de l'UE

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L'auteur

Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" de Ouest-France, spécialiste "défense-sécurité" à Europolitique (agence de presse européenne) et responsable des "dossiers-enquêtes". Ma carrière de journaliste commence en 1989 par des reportages en Europe de l’Est (Hongrie, Tchécoslovaquie, Pologne) à la réunification. J'ai travaillé pour La Tribune, Le Quotidien de Paris, Impact Médecin, Radio France Urgences, Arte et LCI. Pour d'autres archives articles et travaux, voir ce site. ou le blog Europe sociale (en veilleuse). Pour m'écrire.

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