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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Europe pouvoir
Vendredi 6 novembre 2009
Le dernier instrument de ratification du Traité de Lisbonne (le Tchèque) sera déposé personnellement par le Premier ministre tchèque, Jan Fischer, lors de son voyage à Rome, le 13 novembre, profitant ainsi d'une visite au Vatican. Est-ce que le Premier ministre - qui a contresigné mardi 3 novembre, la ratification du président Klaus -, a peur que la lettre se perde en route dans l'administation tchèque ? Ou, plus classiquement, entend-il ainsi marquer, personnellement et médiatiquement, le travail mené par le gouvernement tchèque dans cette ratification. Commencera alors une véritable course contre la montre au niveau européen ; pour adopter et adapter toute une série d'instruments législatifs et réglementaires des nouvelles institutions (voir la CE est morte, vive l'UE). Toutes les décisions ne sont pas encore prises, notamment concernant le règlement du Conseil européen (une nouvelle institution qui doit encore prendre ses marques).
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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Europe pouvoir
Mercredi 4 novembre 2009
Tout s'accélère au niveau européen. Alors que la Constitution puis le Traité de Lisbonne ont traîné dans leur ratification plusieurs années, avec maints rebondissements (les "Non" successifs français, néerlandais, irlandais), les 27 sont aujourd'hui décidés à "mettre la gomme" pour permettre aux nouvelles institutions européennes de se mettre en place aussi vite que possible. La Commission européenne ne peut pas, en effet, rester en "gestion d'affaires courantes" durant plusieurs mois.

Un travail effectué en coulisses... La Commission européenne a modifié son règlement intérieur la semaine dernière. Le Parlement européen s'apprête à le faire (le comité des affaires constitutionnelles a adopté le projet de modifications). Et le Conseil a modifié divers instruments d'organisation (cf. la présidence des comités). Il doit encore adopter le règlement du Conseil européen. Le 11 novembre, la commissaire Margot Wallström présentera les modalités d'application du référendum d'initiative citoyenne. Mais il manquait encore la formalité suprême : la dernière ratification. Après l'accord obtenu au sommet européen, la ratification tchèque devait être une formalité. Mais chacun était méfiant par rapport à une surprise de dernière minute. Il n'en a rien été. Au contraire, tout a été rapidement.

Une ratification tchèque expresse. L'arrêt de la Cour constitutionnelle tchèque, qui rejette le recours des plaignants, a été connu aux premières heures de la matinée. Et à 15h, le président tchèque Vaclav Klaus annonçait à la télévision avoir apposé sa signature sur le Traité de Lisbonne. Il suffit que cette ratification - avec la contre-signature du Premier ministre - soit reçue à Rome dans les temps (avant le 30 novembre) pour que le Traité soit pleinement applicable dès le 1er décembre. Mais d'ores-et-déjà, les leaders européens poussent un "Ouf" de soulagement ! Et tout le travail accompli ces dernières semaines va pouvoir être finalisé et officialisé.


Les nominations.
Un sommet extraordinaire va pouvoir être convoqué, très rapidement, dans les jours qui viennent, pour finaliser toutes les nominations. La plupart des pays ont déjà désigné leur représentant à la Commission européenne (lire la page actualisée). Il ne manque plus que quelques pays à ne pas l'avoir fait (Irlande, Pays-Bas, Royaume-Uni, Suède République Tchèque, Hongrie, Roumanie) soit par calcul tactique (en piste pour le Haut représentant), soit par difficulté politique interne. Mais il reste surtout deux inconnues principales : Qui sera le président du Conseil européen ? Qui sera le Haut Représentant ? La présidence suédoise consulte donc à tout bras, "confesse", dans le langage européen", demandant à chaque Etat membre de désigner leur candidat et un second nom (solution de repli) et espère arriver à une proposition consensuelle : "ce n'est qu'à ce moment que le Sommet sera convoqué" explique un expert européen. "Mais pour l'instant on n'est pas arrivé au point de consensus".

Les tickets dirigeants en course. Pour l'instant, le ticket Van Rompuy / Miliband a la cote à Bruxelles, le premier comme président du Conseil européen, le second comme Haut représentant.
Ce "couple" a un avantage : être équilibré au plan linguistique comme politique et géographique et semble recueillir une majorité de suffrages. Mais cela se heurte à une impasse : sont-ils d'accord et qui peut les remplacer au plan national ? Assurément le problème le plus complexe est en Belgique. Herman Van Rompuy était arrivé à la tête du gouvernement belge après une période de latence et de remous (la démission du gouvernement Leterme, les accusations d'ingérence dans le dossier Fortis de plusieurs responsables ministériels et les problèmes communautaires francophones / flamands aiguisés). Quelques mois après, tout s'est apaisé. Et le remplacement de celui qui s'estimait "tout sauf indispensable" avant sa nomination, ne paraît pas évident. Déjà, plusieurs partis évoquent, s'il part, la possibilité d'élections anticipées. Du coté de l'intéressé, on reste très laconique, "pas de commentaire", précisent ses proches, indiquant ainsi dans le langage "vanrompuyien" que l'intéressé penche très sérieusement vers la porte de sortie européenne. (*) Au Royaume-Uni, la problématique est différente mais identique. Partir à Bruxelles n'a jamais été considéré par les Britanniques comme une promotion. David Miliband promis à un destin brillant de chef du parti travailliste, voire de Premier ministre pour quelques semaines avant les élections, acceptera-t-il cette "entrée au couvent européen". En même temps, partir dans l'opposition pour au moins 5 voire 10 ans n'est pas automatiquement enthousiasmant. (dans ce cas, Mandelson reprendrait la tête du parti travailliste). Pour remplacer ce ticket, les autres formules sont moins séduisantes. La paire Balkenende / D'Alema présente certaines limites ainsi. Le Premier ministre Néerlandais Jan-Peter Balkenende a réduit ses chances pour conquérir le poste de Président du Conseil européen car il ne parle français, ce qui est un sérieux handicap. Avec d'Alema, comme Haut représentant, la Commission aurait un excellent connaisseur des affaires internationales (ce candidat aurait la préférence de Nicolas Sarkozy) mais elle se retrouverait alors dirigée par deux personnalités du monde latin, ce qui n'est pas très équilibré. L'hypothèse de l'ex-Premier ministre autrichien Schüssel est plus délicate, car il paraît difficile de faire devenir le Premier président du Conseil européen un chef de gouvernement qui a conclu une alliance avec l'extrême-droite. Quant à l'hypothèse De Hoop Scheffer, comme Haut Représentant, elle n'est pour l'instant plus évoquée. Ce qui (en langage européen) n'est pas automatiquement un gage d'échec. Au contraire ! Le prochain sommet européen pourrait donc comme un "milk-shake" faire surgir... d'autres noms.

(*) Le précédent sommet européen (en juin) s'était réservé la possibilité d'une entrée en vigueur progressive des institutions européennes nouvelles. Dans cette hypothèse, l'Espagne pourrait présider - comme maintenant - l'Union européenne. Et Van Rompuy présiderait alors l'Union européenne au 2e semestre 2010, en tant que Premier ministre belge. La fonction propre du Conseil européen ne commencerait alors qu'au 1er janvier 2011... soit à quelques mois de la date prévue des élections belges (juin 2011).
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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Europe pouvoir
Vendredi 30 octobre 2009
Parmi les Etats qui n'ont pas encore désigné de commissaire (voir la page actualisée), il y en que certains qui pourraient prétendre au poste : Irlande, Pays-Bas, Suède, Royaume-Uni, Grèce, France (éventuellement). Avec les paramètres définis, un nom se détache en tête de liste : David Miliband, socialiste bon teint, mais très acceptable par la droite; jeune, britannique, européen convaincu. Seul problème : Gordon Brown, le Premier ministre britannique ne paraît enclin à le présenter au poste de commissaire. Sèchement il a répondu aux questions des journalistes qui l'interrogeait sur ce point, alors que l'intéressé était à ses cotés : "David Miliband n'est pas candidat". Mais ce genre de déclarations est souvent peu crédible. Et la vraie question est de savoir si Miliband voit vraiment son avenir à Bruxelles ou s'il ne se rêve pas plutôt en chef de l'opposition travailliste (une fois le gouvernement actuel tombé et les conservateurs revenus au pouvoir). On peut remarquer quelques éventuels outsiders, comme l'improbable Bernard Kouchner, ou l'éternelle Irlandaise Mary Robinson... La dernière journée du sommet européen, vendredi, sera l'occasion de "tester" cette candidature
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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Europe pouvoir
Vendredi 30 octobre 2009
Jeudi soir, les 27 sont tombés d'accord sur la nature de la concession tchèque. La discussion a été "acharnée". Mais rapide, à 22h00 à peine, ce qui est très tôt pour un Conseil européen, la présidence suédoise pouvait annoncer son premier "succès". La route de Lisbonne est dégagée.

Les termes du compromis. L'acceptation s'est faite en trois étapes.
1) Le président Vaclav Klaus, resté à Prague mais représenté au sein de la délégation tchèque à Bruxelles par son
chancelier Jiří Weigl, avait déjà accepté par avance de ratifier le traité de Lisbonne - sous réserve des formalités constitutionnelles tchèques à respecter (l'arrêt de la Cour constitutionnelle tchèque est attendu pour le 3 novembre) et que la proposition suédoise de compromis soit acceptée par tous.
2) La proposition suédoise consistait à élargir à la République Tchèque le protocole "britannique" et "tchèque" qui exprime non pas un "opt-out" à la Charte des Droits fondamentaux mais certaines réserves juridiques. C'était la solution politique la moins couteuse et la plus simple, puisqu'il s'agit de rajouter le mot "république Tchèque" avant les deux pays déjà désignés (selon l'ordre alphabétique). Comme il n'était pas question de recommencer un processus de ratification tout de suite, on adoptait la solution irlandaise : un engagement des 27, inscrit dans les conclusions du sommet européen, à insérer dans le prochain Traité à venir (le Traité d'adhésion de la Croatie (et) de l'Islande ?), la modification du protocole.
3)
Mais en réclamant une dérogation à la Charte européenne des droits fondamentaux, au nom des décrets Bénès, qui ont organisé l’expropriation des Allemands et Hongrois de Tchécoslovaquie au lendemain de la seconde guerre mondiale, Vaclav Klaus a réveillé des démons qu’on croyait oubliés. Les pays voisins, concernés à un titre ou un autre (Autriche, Slovaquie, Hongrie), voulaient des ajustements. La solution est donc venue du juris consulte du Conseil (le directeur du service juridique), Jean-Claude Piris (la mémoire des Traités!), qui rappella que la Charte des droits fondamentaux ne s'appliquait qu''aux relations entre les citoyens et les institutions européennes et dans le cadre du Traité de Lisbonne (autrement dit pas aux relations entre un citoyen et un Etat membre...). La présidence suédoise proposa d'inscrire noir sur blanc ce rappel de principe, ce qui emporta l'adhésion des plus réticents. Aussitôt l'accord empoché, sans attendre, la présidence déclencha alors la conférence de presse. Histoire d'éviter tout retour en arrière.

Le calendrier accéléré. "La voie est dégagée désormais pour la ratification du Traité de Lisbonne" comme l'a expliqué Fredrik Reinfeldt, le Premier ministre suédois qui présidait la réunion. Première étape : le 3 novembre avec l'arrêt de la Cour constitutionnelle Tchèque. Mais personne du coté tchèque comme suédois ne s'attend à un coup de théâtre de ce coté. La Cour ayant dans le passé déjà rejeté tous les recours déposés sur la conformité du Traité de Lisbonne à la constitution tchèque. Ensuite, signature du traité de Lisbonne par le président tchèque et envoi de l'instrument de ratificaiton à Rome. Tout pourrait se passer avant la fin novembre. Ce qui signifie une entrée en vigueur au 1er décembre (1). Le Conseil européen des 10 et 11 décembre pourra alors ratifier le choix du vice-président de la Commission, Haut représentant, ainsi que des autres commissaires et du Président du Conseil européen. Les auditions des commissaires européens au Parlement europén pourraient être organisées en janvier. Et la nouvelle Commission entrer en fonction dans la foulée, courant février.

(1) L
e traité entre en vigueur le 1er du mois suivant le dépôt du dernier instrument de ratification
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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Europe pouvoir
Vendredi 30 octobre 2009
"Cherche Haut représentant, disponible rapidement, personnalité reconnue mais habile diplomate, en excellente santé prêt à passer 40 heures par semaine dans l'avion minimum, parlant français et anglais (et l'allemand), fin connaisseur de la politique mondiale, ayant un passé de ministre des Affaires étrangères mais connaissant également la chose militaire, partisan de l'Europe de la Défense mais atlantiste ou au moins ami des Américains, plutôt socialiste mais pas trop, et si c'est une femme c'est parfait" Bref s'il fallait rédiger une petite annonce pour ce poste, en tracer le profil ne manquerait pas de contradictions. Et surtout il serait très difficile de mettre un ou deux noms derrière ce profil.

Un choix difficile. Autant trouver un président du Conseil européen est assez facile. Il ne manque de personnalités qui pourront exercer ce rôle, chacune ayant un style particulier : le luxembourgeois Jean-Claude Juncker - si on veut un fidèle serviteur de l'Europe, venant d'un petit pays -; le britannique Tony Blair - si on veut une star de brio international même si aujourd'hui il est un peu "grillé" -; l'irlandaise Mary Robinson - si l'on veut une femme et une personnalité qui colle davantage à l'idée des droits de l'homme ; ou Tarja Halonen, la présidente finlandaise, etc... En revanche, trouver le personnage idoine pour occuper le poste de futur Haut représentant apparait plus difficile.

Un commissaire... Car on l'oublie, parfois, le Haut représentant doit avant tout être commissaire, donc être désigné par son gouvernement... et accepté par le Parlement européen. Or les socialistes européens l'ont répété, jeudi à Bruxelles, ils veulent qu'un des leurs "occupe le poste de Haut représentant". Un choix estimé logique et plus ou moins soutenu par plusieurs membres du PPE. Et des proches de Sarkozy ont confirmé cette logique.

... socialiste, non latin. Ainsi le conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy a confirmé, jeudi, lors d'un point d'information avec la presse la "couleur socialiste du prochain diplomate en chef de l'UE décrivant ainsi  les différents "paramètres" (c'est son terme) qui doivent présider à la désignation du Haut représentant : « Il faudra qu'il recueille une majorité selon le Traité de Lisbonne. Donc la nomination du haut représentant doit prendre en compte la nécessité d'avoir cette majorité. Barroso est du PPE, suivez mon regard, il faudra trouver un profil plus complémentaire que réducteur, s'assurer également de l'équilibre géographique, et de l'équilibre hommes / femmes si possible. Le fait de l'équilibre grand ou petit pays joue moins. » Quant à ce qu'il vienne d'un pays qui n'a pas désigné de commissaire - « il y en sept je crois » - a confirmé un diplomate français présent - ce n'est pas automatiquement une nécessité. « On peut très bien imaginer qu'un consensus se fasse sur le nom d'une personnalité venant d'un autre pays, et que celui-ci considère qu'il s'agit d'un grand honneur et puisse retirer le nom ainsi désigné », explique-t-il. Au passage, concernant la France, il a confirmé que même si le choix de Michel Barnier n'est pas « encore officiel », c'est ce que dira le Président.
Et que ce dernier avait d'autres visées de poste que celui de Haut représentant.

De nombreux noms "éliminés"... Parmi les noms cités couramment, beaucoup ne remplissent en effet vraiment les critères non dits dont j'ai déjà parlé (voir
Il faut engager le débat sur le Haut représentant: tout de suite !). Certains noms cités, tels Olli Rehn, l'actuel commissaire à l'élargissement, ont le défaut de ne pas avoir été ministres des Affaires étrangères. D'autres noms cités qui pourraient convenir - Benita Ferrero Waldner, Ursula Plassnik (Autriche), Joshka Fischer (Allemagne), Moratinos (Espagne) ... - mais ne figurent pas dans la "play list" de la Commission, et leur gouvernement a choisi un autre représentant à Bruxelles. Plusieurs candidats valables, comme Carl Bildt (PPE, suédois), Jaap de Hoop Scheffer (PPE, néerlandais), Michel Barnier (PPE, français), ou Karel De Gucht (libéral belge) ont le "tort" de ne pas être socialiste... Qui reste-t-il alors ...
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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Europe pouvoir
Lundi 26 octobre 2009
Depuis mon dernier pointage (juillet), il y a eu de nombreux changements. J'ai donc mis sur une "page" permanente, actualisée régulièrement, une liste des noms pressentis pour prendre place dans la future Commission européenne en 2010.

2010... Le ministère italien des affaires étrangères, qui est le dépositaire officiel du Traité de Rome comme de Lisbonne, a en effet confirmé officiellement que le Traité de Lisbonne devrait entrer en vigueur le 1er janvier 2010. Ce n'est qu'à ce moment que les 27 Chefs d'Etat et/ou de gouvernement pourront désigner leurs représentants officiellement. Et le Parlement européen pourra alors commencer son travail d'audition des commissaires pressentis. La nouvelle Commission prendrait alors ses fonctions en février (si tout va bien, et qu'aucun commissaire n'est "recalé"). Jusqu'à là l'actuelle Commission sera en "affaires courantes".


Même si la nomination officielle devrait être plus tard, une majorité de pays a déjà désigné, plus ou moins officiellement son représentant au sein de la future Commission. Et on peut déjà faire plusieurs constats.
Une nette prédominance de la droite - PPE (11 à 14 contre 9 aujourd'hui) et ADLE (7 contre 10 aujourd'hui) tandis que le PSE plafonne (4 à 7, en comptant le Slovaque, le Tchèque et le Néerlandais, contre 6 aujourd'hui), et 2 à 3 "techniciens". Ce qui est assez logique et reflète la composition actuelle des gouvernements européens. Mais cela ne reflète pas l'équilibre Gauche-Droite en Europe qui oscille souvent entre 40-60%. Cela constitue donc un risque pour une institution sensée représenter l'intérêt général. D’autant qu’en 5 ans, la tendance peut s’inverser dans les Etats membres. Attention cependant aux amalgames rapides : un social-démocrate tchèque ou britannique est plus proche d'un libéral néerlandais tandis qu'un libéral belge ou un UMP français est plus proche d'un social-démocrate suédois.

Très peu de femmes
pour l'instant : seulement 4 dans les "nominés" ! (contre jusqu'à 10 dans la Commission 2004). Du coup, les pays qui avancent une "bonne" candidate ont toujours plus de chance qu'un "bon" candidat.


Un certain nombre de commissaires reste en poste : au moins 9 si on ne décompte pas ceux arrivés récemment, 12 dans l'autre hypothèse


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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Europe pouvoir
Samedi 3 octobre 2009
De façon implicite, mais claire, le président de la Commission européenne, José-Manuel Barroso a confirmé, samedi, s'exprimant devant la presse après le réferendum irlandais positif que la future Commission « ne pouvait pas être constituée tout de suite. J'espère que ce sera fait sur la base du Traité de Lisbonne. Mais nous ne connaissons pas le calendrier. » Conséquence: l'actuelle Commission resterait en poste, « un certain temps en affaires de gestion courante. Son mandat prend fin le 31 octobre. Mais il faut que ce temps (de transition) soit le plus court possible » Et le président de la Commission, qui a reçu l'aval du Parlement européen et du Conseil européen, pour un deuxième mandat à la tête de l'exécutif européen, de « lancer un appel au Conseil pour avoir le plus tôt possible le traité de Lisbonne en place ».

Quant au futur Haut représentant pour la politique étrangère — « Un poste important » a-t-il ajouté, puisqu'il sera également vice-président de la Commission — il a voulu faire taire toute rumeur de négociation sur ce poste : « Le Haut représentant à la politique étrangère doit être proposé par le Conseil. Je n’ai fait aucune invitation pour un portefeuille précis. » a-t-il précisé. En fait, ce que Barroso n'a pas précisé : c'est que cette nomination se fait
(selon le Traité de Lisbonne) « en accord » avec le président de la Commission. Et que, naturellement, il y a actuellement d'étroites concertations et négociations entre tous les Etats membres. Il semble cependant qu'il n'y ait pas encore vraiment d'accord. Plusieurs pays (Suède, France, Italie, Autriche, Grèce, Pays-Bas) ont plus ou moins ouvertement revendiqué ce poste ou ont une personnalité qui pourrait convenir au poste. L'idée de favoriser à ce poste un équilibre politique - ce qui mettrait une personnalité du centre gauche - voire la parité - en l'attribuant à une femme — complique la donne. Car, pour l'instant, aucun nom cité couramment ne remplit ces deux critères.

(crédit photo : Commission européenne)
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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Europe pouvoir
Samedi 3 octobre 2009
"Aujourd'hui, c'est un bon jour pour l'Europe" a réagi le Premier ministre suédois, Fredrik Reinfeldt qui préside actuellement l'Union européenne, après l'annonce de la victoire du "Oui" irlandais au Traité de Lisbonne (1). "C'est une bonne chose pour l'Europe, une bonne chose pour l'Irlande". 

Même sentiment de satisfaction à la Commission européenne. Où son président, José-Manuel Barroso, a dit "merci" au peuple irlandais pour ce choix. "Je vois un choix très clair des Irlandais pour l'Europe" a-t-il ajouté. Mais pour que le traité de Lisbonne entre en vigueur, il faut désormais obtenir les ratification de la Pologne et de la République tchèque.
D'où l'appel de Barroso aux chefs d'Etat et de gouvernement pour "obtenir aussi vite que possible l'entrée en vigueur du traité" et faire pression sur les deux gouvernements. 

Pression sur Prague. Si le président Lech Kaczynski s'est engagé à rapidement signer le Traité, son homologue Vaclav Klaus semble beaucoup plus réticent. Une réunion avec le Premier ministre tchèque, Jan Fischer, est organisée à Bruxelles, ce mercredi, pour esquisser les solutions possibles.

(1) En début d'après midi, le  "oui" était placé à environ 67% des suffrages exprimés contre 33% pour le "non" (selon des résultats définitifs sur 40 des 43 circonscriptions.

(crédit photo : Commission européenne)
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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Europe pouvoir
Mercredi 30 septembre 2009
Les Tchèques ont toujours autant le sens de la provocation. Le Parti communiste de Bohême et de Moravie a proposé un militaire de carrière de l'armée tchécoslovaque, Vladimir Remek au poste de commissaire européen. Ayant fini lieutenant général, il  est incorporé en 1966, finit l'école d'aviation et débute comme pilote militaire en 1970, adjoint pour l'armée de l'air de 1973 à 1975, commandant d'une division d'aviation de l'armée tchèque de 1976 à 1980, il devient après la révolution de velours, directeur du musée militaire en 1990 de l'aviation.

Le premier cosmonaute européen. Remek a surtout un autre fait d'arme à son actif : avoir été le premier Tchèque et même Européen à volet dans l'espace. A l'époque, il l'avait fait sur un vol Soyouz soviétique, en mars 1978 (10 ans après l'écrasement de la révolte de 1968). Ce qui n'était pas très commun... Il a été d'ailleurs été fait héros de l'URSS. Ce cosmonaute pourrait donc fort bien occuper le siège du "scientifique de haut vol" que désirait avoir José-Manuel Barroso, pour sa future Commission européenne. Il est actuellement eurodéputé sur les bancs de la Gauche communiste.

Cette candidature a cependant bien peu de chance d'aboutir. Ce parti étant minoritaire et ne participant pas au gouvernement. Les leaders des deux grands partis au pouvoir, Topolanek (ODS, droite) et Paroubek (CSSD, socio-démocrates) sont d'ailleurs en visite à Bruxelles ces jours (Topolanek, mercredi, Paroubek, jeudi) pour voir le président de la Commission européenne, José-Manuel Barroso et discuter (entre autres) de leur candidat au poste de commissaire européen et de la ratification du traité de Lisbonne par la république Tchèque. 
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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Europe pouvoir
Lundi 28 septembre 2009
Le mandat du Haut représentant pour la politique étrangère de l'UE, Javier Solana, se termine normalement mi-octobre. Mais il pourrait être prolongé, au besoin par les Chefs d'Etat et de gouvernement, si l'Irlande dit oui au Traité de Lisbonne, jusqu'à l'entrée en vigueur de la nouvelle Commission européenne en janvier 2010. En tout cas, assure un de ses proches, "ce n'est pas vraiment un problème. S'il le faut, Solana est suffisamment souple, il peut prolonger son mandat".

Photo : Javier Solana à son arrivée à Göteborg échange avec les journalistes présents (
© NGV)
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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Europe pouvoir
Mercredi 16 septembre 2009
La reconduction de José-Manuel Barroso à la tête de la Commission européenne pour un nouveau mandat de 5 ans doit être entérinée par le Parlement européen à 13h, à l'issue d'un vote à bulletin totalement secret, manuel (pas de vote électronique). Devrait alors commencer la constitution de la Commission, et la valse des prétendants aux postes de commissaires et du Haut représentant à la politique étrangère. Une valse compliquée par la donne juridique.

Complexité juridique... Le Traité de Lisbonne - soumis à référendum en Irlande et à ratification en Pologne (une formalité) et République tchèque (pas une formalité !) - n'entrera pas en vigueur avant décembre voire 2010 (NB : en supposant que les Irlandais votent Oui. S'ils votent non, le débat sur le futur des institutions prend une autre tournure...). C'est donc sous le Traité actuel, celui de Nice, que doit être avalisée la nomination de la future Commission et du futur Haut représentant à la politique étrangère. Le processus de nomination va donc commencer sous le Traité de Nice et se finir sous le Traité de Lisbonne.
Il n'y a pas d'autre moyen ainsi qu'on peut le constater en lisant la note confidentielle, rédigée par les juristes du Parlement que j'ai pu consultée (voir également un post plus complet sur ce sujet). Or les deux Traités ne prévoient pas la même procédure de nomination, ni le même nombre de commissaires, ni le même rôle des commissaires. Donc problèmes.. Ce qui ajoute des risques politiques et juridiques à la nomination de la nouvelle Commission comme du Haut représentant.

L'exclusion d'un commissaire.
Le Traité de Nice prescrit, en effet, une Commission composée de moins de commissaires que d'Etats membres à partir de l'adhésion du 27e Etat membre. La disposition qui paraît satisfaire techniquement et politiquement tout le monde est que le pays qui "ait" le Haut représentant n'ait pas de commissaire, juste pour quelques mois. Avant cela, d'un point de vue formel, les 27 doivent formaliser une décision qui d'une part exclu le droit pour (au moins) un Etat membre de désigner un commissaire, et de mettre en place un dispositif de "rotation égalitaire" entre tous les Etats. Même si ce dispositif n'est pas sensé s'appliquer au-delà de quelques semaines et quelques mois. Une disposition prévue au Traité de Nice, article 4 du protocole sur l'élargissement. Si l'accord oral semble facile à faire, le coucher par écrit et le parfaire juridiquement, sous forme de "rotation égalitaire" n'est pas évident. Ensuite interviendra la nomination des autres commissaires.

Une valse en trois temps (deux temps, une pause, un temps).
La nomination des commissaires obéit à un dispositif désormais assez bien rôdé, en deux temps : proposition par chaque Etat membre et négociation du portefeuille avec le président de la Commission, audition parlementaire et vote du Parlement. Le Haut représentant échappe à ce processus, étant désigné sous le Traité de Nice. Du moins théoriquement. Sa nomination ne résulte en effet, juridiquement, que d'un choix des Etats membres. Et il ne passe pas les auditions devant le Parlement. En pratique, la solution la plus probable est que la personnalité du Haut représentant soit inclus dans le premier round, de la négociation politique (entre les gouvernements et le Président de la Commission) et qu'un accord politique se fasse sur la nomination du successeur de Solana. Mais qu'elle ne soit formalisée que quelques semaines ou mois plus tard, quand le Traité de Lisbonne sera en vigueur et la nouvelle commission nommé. Aura alors lieu le crash test démocratique devant le Parlement européen pour le futur Haut représentant. Et un nouveau vote du Parlement soit sur le Haut représentant tout seul, soit sur l'ensemble de la Commission, comme je le crois.

Premier temps, la négociation entre les exécutifs. Tout commence par une proposition de chaque Etat membre indiquant qui il entend nommer. Chaque Etat propose le candidat qu'il désire, selon des procédures propres à chaque Etat. Dans certains - comme en Belgique ou en Allemagne en cas de coalition - le poste de commissaire est négocié lors de la constitution du gouvernement ; dans d'autres - comme en France - cela ne dépend que de la volonté du Chef d'Etat. Mais cette nomination doit se faire "en accord" avec le président de la Commission, qui peut, en pratique, demander à un Etat de lui présenter un autre choix et a surtout le droit de répartir les portefeuilles comme il l'entend. Devant le nombre de prétendants aux postes emblématiques que sont celui des affaires extérieures (futur Haut représentant), et les portefeuilles "économiques" (Concurrence, Marché intérieur, Services, Economie, Fiscalité), un choix devra se faire. Les Etats qui vont présenter une femme auront une priorité (on manque de femmes). Mais le pouvoir de négociation du président de la Commission est relatif au poids de l'Etat (difficile de contrer une volonté britannique ou allemande, plus facile par rapport à une proposition roumaine ou slovaque, c'est la réalité géopolitique de l'Europe qui parle, tous les Etats ne sont pas tout à fait égaux entre eux...). Même si formellement le Haut représentant - sous la règle du Traité de Nice - n'est nommé que par un seul accord des gouvernements, politiquement il est certain que sa personnalité fera l'objet de nombre de discussions, sans doute parmi les plus âpres. Et qu'il sera un élément de l'équilibre global.

Deuxième temps, le crash test démocratique. La deuxième manche se joue devant le Parlement : chaque commissaire doit venir se présenter devant la ou les commissions parlementaires compétentes en fonction du dossier. Un grand oral qui n'est pas sans risque pour un candidat même expérimenté.
C'est un véritable crash test. Certains peuvent choir à l'examen : en 2004, trois commissaires avaient raté leur examen : deux avaient dû abandonné le poste (l'Italien Buttiglione, la Lettone Rute), un avait été repêché mais changé de poste (le Hongrois Kovacs). Le Parlement européen se prononce ensuite par un vote formel sur l'ensemble de la Commission. Mais un avis défavorable en commission parlementaire est rédhibitoire. Le futur Haut représentant  Dans les auditions, les revendications des trois groupes majeurs au Parlement européen donneront le là au passage de chaque personnalité : Chrétiens démocrates du PPE, Socialistes & Démocrates (pour une politique sociale et vers le Haut représentant, lire ici), Libéral et démocrate (pour une politique d'encadrement du secteur financier et vers les postes à visée économique). Même si le Haut représentant ne subira pas cette épreuve (du moins pas tout de suite), il est à gager que sa personnalité ne satisfait pas un ou plusieurs des groupes, ceux-ci prennent en "otage" un ou plusieurs commissaires du même bord politique pour manifester leur mauvaise humeur. Voire si l'humeur est très mauvaise prennent en otage toute la Commission. Hypothèse difficilement envisageable. Mais il ne faut jamais parier sur les "humeurs" du Parlement européen qui peut toujours se révéler moins facilement domptable qu'on ne le croit.

Troisième temps, Nouveau vote nécessaire à l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne.
L'incorporation du Haut représentant dans la Commission européenne suppose le respect de toute la procédure, selon mon analyse. Il y a nomination d'un nouveau commissaire : avec décision du Conseil, de la Commission, audition du nouveau commissaire et vote du Parlement européen. Cela paraît clair. Mais cela ne me semble pas suffisant. En effet, ce n'est pas la simple succession d'un commissaire à un autre, ou d'un changement de portefeuille. Il y a un véritable changement de structure de la Commission : non seulement une augmentation du nombre de commissaires, mais aussi de ses pouvoirs, de son organisation et de son équilibre internes (le Haut représentant n'est pas un simple commissaire ou même un simple vice-président, c'est une personnalité et une quasi-institution à lui toute seul), il faut donc au minimum politiquement, et même juridiquement, un nouveau vote sur l'ensemble de la Commission, à la majorité absolue (l
es abtentions, et autres absences se décomptant sur les votes "contre", le blocage de la Commission sera plus facile mathématiquement)... On le voit le parcours du futur Haut représentant est semé d'embûche. Et l'homme - ou la femme - devra être fin(e) politiquement et rodé aux négociations européennes... Un autre critère à ceux que j'avais déjà esquissé (lire il faut engager le débat sur le Haut représentant
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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Europe pouvoir
Mercredi 5 août 2009
(Brève d'été) Le commissaire Stravros Dimas, actuel commissaire à l'Environnement (et Protection civile) ne serait pas renouvelé au titre de la Grèce. Le Premier ministre grec, Caramanlis, d'après la presse nationale, qui mentionne l'information début août, ne le souhaitant pas.
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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Europe pouvoir
Lundi 20 juillet 2009
En repoussant à septembre (éventuellement plus), le vote sur la reconduction de José-Manuel Barroso à la tête de la Commission européenne, les eurodéputés se sont laissés du temps pour voir... Mais deux mois, c'est long, très long. Et dans l'entourage de José-Manuel Barroso, on est très anxieux. Et on a tout fait pour que l'échéance ne soit pas repoussée. Mais il est trop tard. Voici venu l'été, où l'actualité peut basculer à tout moment, puis l'automne. Et, au Parlement européen, l'ancien Premier ministre portugais, ardent soutien de l'intervention en Irak, est de moins en moins assuré d'avoir sa majorité. Malgré tous les appels pressants - parfois un peu trop se sont plaint certains députés - du cabinet de JM Barroso qui s'est reconverti en force de frappe électorale, au fil des jours, les opposants se renforcent. La bronca partie des Verts et des Communistes a ainsi gagné la plupart des autres "grands" partis.

• Les Socialistes et Démocrates ne sont plus décidés à faire de cadeau : le leader Martin Schulz, qui n'avait pas de mots assez durs pour Barroso en privé, était presque prêt à se ranger à la Realpolitik et soutenir ce candidat. Mais la défaite du PS a réduit et raidi ses troupes et la campagne électorale en Allemagne (comme au Portugal) n'incite pas à la mollesse. Même les Portugais et les Espagnols dont les gouvernements soutiennent Barroso ne sont pas tous disposés à le soutenir à Strasbourg.

• Les Libéraux et démocrates, sous l'impulsion de Guy Verhofstadt, ont commencé à basculer. L'ancien Premier ministre belge, qu'on pourrait croire a priori pas éloigné de Barroso sur certains points idéologiques est, en fait, son antithèse au point de vue politique : hostile à l'intervention en Irak, fédéraliste et volontaire pour une nouvelle audace européenne, devenu partisan de la régulation au fil des ans (1), le groupe est ainsi, en train, de basculer dans un attentisme voire une hostilité (pour un bon tiers des élus).

• Même chez les Chrétiens-Démocrates du PPE, le vote anti-Barroso gagne.
"Le PPE qui a été le seul parti à arborer un candidat pendant la campagne électorale européenne, s'est piégé avec ce candidat. Son problème est maintenant, comment s'en se dédire, renoncer à la candidature." explique un observateur attentif des milieux européens, proche du PPE, qui estime à « une petite centaine (sur 264), "le nombre de députés chrétiens-démocrates qui pourraient fuir la consigne de vote (en étant absents, s'abstenant voire votant contre)". Si le nombre de députés ainsi "volatiles" peut être précisé, cette pression est réelle et explique pourquoi les leaders du parti ont fait, en quelque sorte, le service minimum pour soutenir "leur" candidat. "Ce doit être Barroso parce que nous sommes le premier parti, que nous avons remporté les élections et que notre candidat est Barroso". Un peu court comme défense.

Si on fait un décompte plus serré, le seul moyen pour Barroso d'avoir une majorité (relative) serait de combiner une alliance avec l'extrême-droite et les eurosceptiques : ce qui pourrait être suffisant sur le papier mais néfaste politiquement et condamne, de fait, sa candidature (un président de la Commission élu avec une telle majorité, et une abstention importante, n'aurait pas la légitimité nécessaire dans une Europe où la coalition gouvernementale est la règle).

A l'usure du candidat répond l'objectif du Parlement : se "faire" le candidat du Conseil. En fait, chacun sait en effet que le candidat est usé. Usé par cinq ans de présidence de la Commission européenne où il n'a pas montré un grand dynamisme dans sa fonction. Eculé jusqu'à dans sa méthode politique : son coté caméléon — « disant à l'un « "je suis pour le marché libre", à l'autre "je suis pour l'économie", au troisième "je suis pour la solidarité" et au quatrième "je suis pour tout ce que vous voulez" », comme le raconte si bien Verhofstadt — a vécu ! Usé surtout par son loupé monumental sur la crise financière et économique. Minimisant les faits jusqu'au dernier moment, quand la crise était connue au vu et au su de tout le monde, il a fallu encore plusieurs mois à la Commission européenne pour tenter de reprendre l'initiative. Trop tard ! les États avaient déjà agi, dans le désordre. Résultat : dans le domaine économique, qui est le coeur même de l'action de la Commission européenne, celle-ci s'est retrouvée à la remorque contrainte de rhabiller en plan européen ce qui n'était ni plus ni moins qu'une vingtaine de plans de relance nationaux (certains États sont au bord de la faillite et on ne peut pas parler de plan de relance mais de plan de survie). Comment continuer de faire confiance au guetteur d'incendie qui a vu les feux se déclarer sans donner l'alarme et envoyé en retard les Canadairs ?

Une notion de pouvoir pour le Parlement européen. A toutes ces causes intrinsèques au candidat s'ajoute un fait majeur, plus politique, de pouvoir entre les institutions européennes, qui supplante tous les autres aspects : en avalisant, sans coup férir, le candidat imposé par le Conseil, le Parlement européen nouvellement élu se retrouve inféodé à celui-ci. Pour marquer son autonomie, son pouvoir politique, tant par rapport aux Chefs d'Etat qu'à la Commission européenne, le Parlement européen est donc tenu de "remiser" le candidat proposé par le Conseil. Cette notion est fondamentale. C'est comme une pole position dans un rallye automobile. Si le Parlement ne le fait pas, il perd un peu de sa puissance. S'il le fait, il peut prétendre tenir son rang par rapport aux chefs de gouvernement. 


Candidats alternatifs : ils existent. La seule solution parait maintenant de trouver une issue honorable pour JM Barroso. Deux pistes sont possibles : 1) Le poste de président du Conseil européen pour deux ans et demi - une idée qui coure depuis quelques temps dans les milieux européens et que Dany Cohn-Bendit a exprimé publiquement la semaine dernière - ou un retour au Portugal, le gouvernement socialiste semblant s'acheminer vers une possible défaite. Et de lui trouver un remplaçant à la tête de la Commission européenne. Les principaux partis (libéraux et socialistes) ne disputant pas au PPE le soin de proposer un autre candidat. Celui-ci a tout l'été pour trouver la personnalité idoine susceptible de rencontrer l'adhésion des 27 chefs d'Etat et de gouvernement. Et, contrairement, à ce que prétendent certains observateurs proches de JM Barroso, les "bons" candidats ne manquent. Rien qu'au sein du PPE : un Allemand comme le ministre de l'Intérieur W. Schäuble, un Autrichien comme l'ancien Premier ministre W. Schüssel (aujourd'hui chef de groupe au parlement autrichien), un Néerlandais comme le premier ministre J. Balkendende ou l'ancien secrétaire général de l'Otan J. De Hoop Scheffer... pourraient faire des noms susceptibles de rencontrer une certaine adhésion. Lire également notre dossier "Trois têtes" publié, début juin, à Europolitique.

(1) Guy
Verhofstadt, lors d'une conférence de presse au Parlement européen le 15 juillet, retrace ainsi son parcours : "J’ai flirté avec le néolibéralisme. Il y a dix ans je pensais qu’on pouvait faire le marché sans régulation. Ça m’a pris dix ans, mais je suis persuadé aujourd'hui qu’il faut un minimum de régulation pour le marché financier. Adam Smith disait déjà que pour faire fonctionner un marché, il faut des règles. Et on ne comprend pas en Europe pourquoi on régule le lait et les voitures mais pas le marché financier !". Son groupe demande ainsi l'établissement d'un superviseur financier.
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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Europe pouvoir
Dimanche 12 juillet 2009
Depuis mon premier pointage, il y a eu quelques évolutions. Des pays ont désigné leur représentant à la Commission (en général à la faveur des élections au Parlement européen ou d'élections nationales). Mais dans nombre de pays, la situation reste encore incertaine, soit du fait d'élections nationales en cours (Allemagne, Rép. Tchèque...), soit par stratégie (beaucoup de pays brouillent les pistes tant des candidats que des postes pressentis, pour pouvoir obtenir mieux que ce qui leur est proposé).

Une Commission qui penche (logiquement) à droite. Ce qui est certain, c'est que la plupart des candidatures actuelles reflètent l'évolution des Etats membres de l'UE vers la droite : la plupart des candidats sont ainsi logiquement chrétien-démocrate ou libéral. Ce qui n'est pas sans poser de problème pour la légitimité de la Commission européenne qui se doit de respecter un certain équilibre des familles politiques, et de réprésenter toute la population, au-delà des élections du moment (qui sait dans 3 ou 4 ans, si cette mono-couleur politique sera encore d'actualité).

Cherche femme désespérement. Quant à la répartition hommes-femmes, elle est franchement inégalitaire. Le nombre de femmes déjà désigné ou susceptible de l'être est très faible : seules trois femmes sont sûres de figurer dans la prochaine Commission (Bulgarie, Danemark, Luxembourg). De fait, quand plusieurs candidats sont en balance, même s'il n'est pas le favori, le nom féminin a une chance de plus dans son escarcelle (Autriche, Irlande...). Mais même avec cette "discrimination positive", on
paraît encore loin du seuil "minimal psychologique" de 8-9 commissaires (c'est le tiers de la Commission). Dans les pays qui n'ont pas encore de favori désigné, un candidat féminin pourrait donc d'autant plus facilement surgir, qu'en présentant une femme, le pays concerné est davantage en position de force pour tenter d'obtenir le poste visé.

Allemagne. Rien n'est sûr. Seul acquis : l'actuel commissaire Günther Verheugen (SPD/social-démocrate) s'en va. Les élections générales ont lieu en septembre. Et tout dépendra de la coalition qui sortira des urnes : la grande réunissant (comme aujourd’hui) CDU-CSU et SPD ou une coalition CDU-FDP voire CDU-FDP-Grüne. Chaque parti a donc un ou plusieurs candidats. Coté SPD (Social-démocrate), c’est simple : Martin Schulz, leader du PSE au Parlement européen a été désigné comme le candidat. Coté CDU (PPE), c’est plus confus. Un candidat idéal aurait été Wolfgang Schaüble (ancien leader de la CDU/PPE, actuel ministre de l'Intérieur). Mais il a été le concurrent d’A. Merkel. Interrogé officiellement Angela Merkel a refusé d’indiquer qu’il pourrait être son candidat, ce qui est une sorte de démenti tacite. Un des candidats préférés de la Chancelière était au départ, Peter Hintze (secretaire d'Etat à l'Economie). Mais on mentionne également le nom de l’expert économique, Friedrich Merz, voire du spécialiste de la politique étrangère, l’eurodéputé Elmar Brok. En cas d'alliance, avec les Verts ou les libéraux, il parait difficile que les Unions chrétiennes (CDU, CSU) acceptent un candidat qui ne soient pas des leurs (on se souvient du parcours calvaire de Schreyer attaqué sans cesse durant son mandat). Dommage car le nom de Joshka Fischer, parfois cité, aurait fait un bon candidat. Côté portefeuille, l’Allemagne pourrait viser la Concurrence ou l'Economie/Finances. Point important : lors de leur rencontre à Paris en juin, Angela Merkel et surtout Nicolas Sarkozy ont affirmé qu’ils avaient un accord réciproque pour soutenir les prétentions et candidats respectifs de leurs deux pays à la Commission.

Autriche. La commissaire aux Relations extérieures Benita Ferrero-Waldner (OVP/PPE) aurait bien voulu rester. Mais la coalition au pouvoir socialiste/chrétienne démocrate (SPO/OVP) ne l'entend pas de cette oreille. Wilhelm Molterer, porte-parole constitutionnel de l'OVP au parlement national est le candidat le plus récemment cité. Mais l’intéressé, interrogé par la presse, a encore refusé de répondre qu’il était candidat. Autre candidat possible pour le poste de Haut représentant à la politique extérieure, Ursula Plassnik (ÖVP), la Ministre des Affaires étrangères. Poste possible : l’élargissement.

Belgique. Avec le départ de Louis Michel (MR/Libéral), au Parlement européen, le renouvellement du poste Belge est déjà acquis. Le Ministre des Affaires étrangères Karel de Gucht (VLD/Libéral) prend le poste de commissaire au Développement dans la Commission actuelle. Selon le principe de rotation linguistique propre au pays, le francophone doit céder la place à un Flamand, plus précisément, un libéral flamand, selon la répartition actuelle de la coalition au gouvernement fédéral.  Et il devrait le rester dans la future Commission. Mais à un autre poste. Il vise un poste plus prestigieux comme celui de Haut Représentant pour la politique étrangère.

Bulgarie. L'actuelle commissaire à la Consommation, Meglena Kuneva (MSNE Mouvement Siméon II/Libéral) a été élue au Parlement européen. Mais ne veut pas y siéger. Son renouvellement à la Commission en 2009 n’est cependant pas acquis. Le nouveau Premier Ministre Boiko Borisov ayant toujours indiqué qu’il souhaitait un nouveau nom, proche ou membre de son parti. Le nom de Roumiana Jeleva (GERB / PPE), sociologue de renommée, actuellement eurodéputée est souvent citée.

(à confirmer) Chypre. L'actuelle commissaire à la Santé, Androulla Vassiliou (Libéral), veut être renouvelée. Mais le gouvernement (gauche) pourrait lui préférer un autre candidat.

Danemark. La commissaire actuelle à l'agriculture, Mariann Fischer-Boel (Venstre/Libéral), a fait un bon travail, assure-t-on à Copenhague, et pourrait être renouvelée. Le Danemark vise à garder le même poste : Agriculture. Ce qui lui est contesté par les Etats « agricoles » (France, Roumanie…).

Espagne. Le commissaire actuel à l'Economie, Joaquim Almunia (PSE), est candidat au renouvellement et son gouvernement est prêt à l'appuyer. Javier Solana, vient d'indiquer qu'il abandonnerait le poste de Haut représentant à la Politique étrangère, à la fin de son mandat (octobre).

Estonie. Le commissaire actuel à l'Administration, Siim Kallas (passé du PC au Parti de la Réforme/Libéral) devrait rester. Il est candidat au renouvellement et son gouvernement l’appuie.

Finlande. L'actuel commissaire à l'élargissement, Olli Rehn (Parti du centre/Libéral), est bien parti pour être renouvellé. Il visait un poste "Affaires étrangères", ce qui paraît exclu. Mais les questions énergétiques ou la coopération au développement auraient également sa préférence.

France. Le candidat "naturel" pourrait être Michel Barnier (UMP/PPE, actuel ministre de l'agriculture et ancien ministre des Affaires étrangères et ancien commissaire à la politique régionale - tête de liste aux élections européennes). La France vise un poste économique d’importance (Marché intérieur ou Concurrence) voire le poste de Haut représentant.

Grèce. Le commissaire actuel à l'environnement, Stavros Dimas (Nouvelle Démocratie/PPE) est candidat au renouvellement. C'est une vraie réussite (une des seules !) de cette Commission. On ne le repétera jamais assez.

Hongrie. Le commissaire actuel à la fiscalité, Laszlo Kovacs (ex PC devenu social-démocrate au MZSP/PSE), ne serait pas renouvelable. Il pourrait être remplacé par l’actuel Ministre des Affaires étrangères, Péter Balázs (affilié PSE), brièvement commissaire en 2004.

Irlande. A la place du commissaire au marché intérieur, Charlie McCreevy (Fianna Fail/Libéral), qui devrait quitter son poste, le nom de;. Au sein de celui-ci, trois noms sont cités: Mary Harney, la ministre de la Santé, Mary Coughlan, ministre des Entreprises, du Commerce et de l'Emploi, ou Noël Dempsey, le ministre du Transport. Si l’Irlande veut viser un poste plus important elle pourrait envoyer deux personnalités en cote à Bruxelles : Pat Cox, l’ancien président du Parlement européen (Libéral), ou John Brutton, actuel chef de la délégation de la CE aux Etats-Unis et ancien Premier ministre (Fine Gael/PPE). Seuls hics, ce deux hommes n'appartiennent pas à un parti au pouvoir. Mais des arguments plaident en leur faveur, y compris au plan de la politique interne. Lire l’excellent commentaire de Jamie Smith du quotidien "Independant".

Italie. Le commissaire actuel au Transport, Antonio Tajani (Forza Italia/PPE), nommé récemment par Berlusconi, devait être reconduit. Mais récemment, Berlusconi a évoqué la revendication du poste de Haut Représentant pour Franco Frattini qui repartirait ainsi à Bruxelles (il était commissaire à la Justice et aux Affaires intérieures de novembre 2004 à mai 2008).
 
(à confirmer) • Lettonie. Le commissaire actuel à l'Energie, Andris Piebalgs (Latvijas Cels "la voie lettone"/PPE), propulsé par défaut (la candidate Ingrida Udre avait alors été recalée par le Parlement) n'a pas fait un si mauvais parcours malgré des débuts balbutiants. C'est un des rares à ne pas vouloir vraiment rempiler mais dont le gouvernement a bien du mal à remplacer.

Lituanie. La commissaire chargée du budget, Dalia Grybauskaité, étant devenue Présidente de Lituanie après une élection triomphale le 17 mai 2009, elle a déjà été remplacée par Algirdas Gediminas, qui a été ministre des Finances à plusieurs reprises en Lituanie. Celui-ci pourrait rester dans la Commission 2009.

Luxembourg. La commissaire chargée de la société de l'information, Viviane Reding (CSV/PPE), a été désigné par le son pays pour rester à la Commission. Le Premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, qui a longtemps été le "meilleur candidat entre tous" à la tête de la Commission européenne, n'est pas du tout cité dans cette perspective. Il exerce actuellement la présidence de l'Eurogroupe – la réunion des Ministres des Finances de la zone Euro .

(à confirmer)Malte. Le commissaire chargé de la Pêche, Joe Borg (Parti national/PPE) est candidat à la reconduction.

Pays-Bas. L'actuelle commissaire à la concurrence, Neelie Kroes (VVD/Libéral), malgré son bon parcours, pourrait ne pas être reconduite. Elle a le tort de n’être du même bord que la coalition au pouvoir (même si elle est soutenue également par les Verts et D66). Le problème est de trouver un commissaire qui fasse le consensus entre les deux partis de la coalition. Au CDA/PPE (Chrétien-démocrate), on estime qu'après deux libéraux (Bolkestein, Kroes), il est temps d'avoir un commissaire chrétien-démocrate. Peuvent être candidats Piet-Hein Donner (ministre des Affaires sociales) ou Cees Veerman (ancien ministre de l'agriculture, déjà candidat en 2004) mais un outsider de poids pourrait être Jaap de Hoop Scheffer qui termine son mandat à l'OTAN si le poste de Haut Représentant à la politique étrangère lui est offert (lire ici). Du coté du PVDA/PSE (social-démocrate), l'autre partenaire de la coalition, sont en lice Frans Timmermans (Affaires européennes) ou son prédécesseur Dick Benschop.

Pologne. Malgré la désignation d’un autre commissaire, Pawel Samecki, pour remplacer Danuta Hübner au portefeuille de la Politique régionale dans l’actuelle Commission, c’est Jacek Lewandowski (PO-PPE, député européen) qui tient toujours la corde à Varsovie pour être le nouveau commissaire. Ancien de Solidarnosc, vice-président de la Commission budget au Parlement européen. Porfeuilles convoités : un poste "économique" important (dixit le Premier ministre Tusk). Ce pourrait être en fait : l’industrie – PME, voire l’énergie qui a également été évoqué.

Portugal. C'est simple. José-Manuel Barroso (PPE), président de la Commission, est candidat au renouvellement. Et le gouvernement (social-démocrate) de Socrates le soutient. Au nom de la solidarité nationale mais aussi car il est toujours préférable de laisser un potentiel concurrent loin de Lisbonne. Si par un singulier hasard, il échoue à être désigné comme président, la question reste alors ouverte. Et on pourrait entendre reparler d'Antonio Vitorino qui a laissé un excellent souvenir comme commissaire Affaires intérieures et Justice, et avait été débarqué pour faire la place à J.-M. Barroso.

Roumanie : l'actuel commissaire au Multilinguisme, Leonard Orban (PNL/Libéral) serait remplacé. Même si Lazar Comanescu, l’ancien représentant auprès de l'UE et ministre des Affaires étrangères, a été souvent cité, c’est davantage le ministre de l’Agriculture, Davian Ciolos, qui a la cote à Bucarest. Il a le soutien des deux principaux partis (socialiste du PSD et libéral du PDL). Et la Roumanie qui veut un autre poste qu’un strapontin, vise le poste de commissaire à l’Agriculture (une revendication soutenue par la France).

(à confirmer) • Royaume-Uni. L'actuelle commissaire (Commerce), Catherine Ashton (Labour/PSE), nommée il y a peu en remplacement de Mandelson reparti à Londres, voudrait bien être renouvelée. Mais son parti a dû mal à suivre. Et le gouvernement Brown a, pour l'instant, d'autres chats à fouetter que de nommer un représentant à Bruxelles. En cas de pression accrue pour le gouvernement, ou de nouveau départ de ministre, le poste de Commissaire pourrait être une porte de sortie.

Slovaquie. Le commissaire à l'Education, Jan Figel (KDH/PPE) s'en va. Même si le nom de Milan Urbani, député du LS-HZDS, est souvent cité, le commissaire devrait être désigné par le parti majoritaire au gouvernement (SMER/PSE) qui a gagné les élections européennes. Deux candidats : l'ancien Ministre des affaires étrangères, Jan Kubis (SMER/PSE), ou l'actuel, Miroslav Lajcak, qui était il y encore peu haut représentant de l'UE en Bosnie-Herzégovine.
 
Slovénie. Le commissaire actuel à la Recherche, Janez Potocnik (LDS/Libéral) qui était donné un moment partant de la Commission se verrait bien reconduit. Il semble avoir le soutien du gouvernement actuel (coalition gauche et petits partis du centre). La seule alternative sérieuse pourrait être l'ancien Premier ministre, Anton Rop (aujourd'hui social-démocrate/PSE).

Suède. Pour remplacer Margot Wallström (PSE), le gouvernement suédois de centre-droit a la tâche délicate de désigner son candidat alors qu'il préside l’Union européenne au 2e semestre 2009. Un candidat possible pourrait être l'ancienne députée européenne, passée ministre, Cécilia Malmström (PPE). Mais cela l'obligerait à abandonner son poste avant la fin de la présidence (à moins que Wallström accepte de pousser les feux d'un mois ou deux). Quant à l'actuel ministre des Affaires étrangères, Carl Bildt (Modérés/PPE), il a récemment déclaré forfait ; sa candidature au poste de Haut Représentant étant apparemment refusée par plusieurs pays.

Rép. Tchèque. Tout dépend du résultat des élections législatives anticipées. Les partis s’étant mis d’accord pour ne pas révéler le nom de leur candidat qu’après les élections d’octobre. Parmi les candidats potentiels, l'actuel commissaire européen à l'Emploi, Vladimir Spidla (CSSD / PSE) qui souhaiterait rester à Bruxelles. L’ancien Premier ministre Mirek Topolanek (ODS / ECR) se verrait bien revenir sur le devant de la scène ; ce qui serait une consolation pour celui qui a été défait en plein milieu de la présidence tchèque de l’UE et ce qui serait une sorte de continuité (Spidla également avait été Premier ministre). Ce d’autant qu’un accord entre les deux principaux partis – cités par les médias tchèques – mentionne que le poste irait au leader du parti qui n’obtiendrait pas le poste de Premier ministre. Selon cet accord, si les socio-démocrates ne l’emportent pas, ce serait Jiri Paroubek (CSSD/PSE). D’autres noms ont également été cités comme Jan Fischer, l’actuel Premier Ministre du gouvernement technique (sans étiquette), voire le candidat défait à la présidentielle, Jan Svejnar (proche PSE ou Verts) ou Jan Kohout, l’actuel ministre des Affaires étrangères (affilié PSE). Parmi les portefeuilles visés : l’énergie, la science et la recherche, ou les affaires sociales.
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Par Nicolas Gros-Verheyde - Publié dans : Europe pouvoir
Vendredi 3 juillet 2009
Le proviseur en la personne de Fredrik Reinfeldt, le Premier ministre suédois, qui préside actuellement l'Union européenne a remis, vendredi, son bulletin de notes à l'élève Barroso: pas suffisant pour passer à la session de juillet. Mais il est admis à une session de rattrapage en septembre... C'est en résumé très scolaire ce qui s'est passé ces derniers jours, après d'intenses tractations entre Bruxelles et Stockholm ainsi que quelques capitales européennes.

L'opposition majeure du Parlement. Après un entretien avec Nicolas Sarkozy (un hasard sans doute -:)), le Premier ministre suédois qui tenait à voir avaliser la candidature de Barroso (qui a promis aux Suédois en retour un poste d'importance) s'est rendu à l'évidence. «On ne prendra pas de décision sur José Manuel Barroso au mois de juillet mais nous espérons que cette décision sera prise plus tard». La candidature risquait, en effet, de ne pas passer la rampe au Parlement européen en juillet et il vallait mieux repousser à plus tard. Quatre groupes politiques du Parlement - à gauche et au centre (communistes, socialistes et démocrates, verts, libéraux)- refusaient qu'on leur torde la main et de désigner le futur Président de la Commission européenne en juillet. Les Verts emmenés par Dany Cohn-Bendit avaient donné les premiers le la .En sonnant une charge vigoureuse contre le renouvellement du président de la Commission européenne en juillet et contre la personne même de José-Manuel Barroso. Ils avait été suivis par les communistes de la GUE, les Libéraux dirigés par Guy Verhofstadt puis les socialistes et démocrates de Martin Schulz.

Un soutien jamais formalisé. L'ancien Premier ministre portugais était pourtant assuré du soutien "unanime" des 27 chefs d'Etat et de gouvernement, acquis lors du sommet européen de juin. Mais ce soutien n'avait pas été formalisé. Pour des raisons politiques. Certains Etats et non des moindres (France, Allemagne et Belgique dans une certaine mesure) ne souhaitant pas qu'il en soit ainsi. Mais pour des raisons juridiques. Formaliser la nomination du futur président, c'est formellement entamer la procédure de nomination de la nouvelle Commission européenne. Le seul traité applicable étant le Traité de Nice, la Commission doit compter moins de membres que d'Etats membres. Et là est le sérieux problème pour les Etats qui ne veulent pas (ne veulent plus) de cette disposition qui figure dans le Traité de Nice, a été réinscrit dans le projet de Traité constitutionnel et repris, bien que limité dans la valeur, dans le Traité de Lisbonne (avec un report de la mesure de 5 ans et la possibilité laissée au Conseil européen de moduler - ou d'annuler - cette mesure à tout moment. 

L'erreur institutionnelle. On ne changera pas José-Manuel Barroso. Comme en 2004, quand il avait maintenu contre vent et marée la candidature de Buttiglione, le commissaire italien pressenti pour les questions de Justice et d'Affaires intérieures qui avait fait une déclaration peu justifiée sur les homosexuels, il n'a pas senti vraiment les lignes de force et de rupture. Cinq ans à la tête de la Commission, et son président n'a toujours pas compris que passer en force, par dessus le Parlement européen, peut avoir un effet boomerang. Quand l'assemblée est en position d'augmenter son pouvoir, ou en danger de le voir diminuer, il se produit, en général, une réaction d'institution, plus indépendante des liens qu'on veut lui faire endosser. Les députés européens - nouvellement élus - ne voulant pas obéir le doigt sur la couture du pantalon, à des contingences politiques de leur gouvernement.

Le risque pour Barroso. Ce faisant, et le Portugais sait bien le risque qu'il prend. A repousser de trois mois
la décision, la possibilité d'être nommée devient moins sûre. Peuvent surgir d'autres évènements qui bouleversent la donne (notamment l'aggravation de la crise économique et sociale ou des actes terroristes) ou, pire, un autre candidat. Si personne ne s'est pour l'instant profilé sur le poste, contrairement à tout ce que peuvent dire les uns et les autres, les "bons" candidats potentiels ne manquent pas. Il suffit que la course à la candidature soit ouverte. C'est ce qui vient de se passer aujourd'hui...
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L'auteur

Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" de Ouest-France, spécialiste "défense-sécurité" à Europolitique (agence de presse européenne) et responsable des "dossiers-enquêtes". Ma carrière de journaliste commence en 1989 par des reportages en Europe de l’Est (Hongrie, Tchécoslovaquie, Pologne) à la réunification. J'ai travaillé pour La Tribune, Le Quotidien de Paris, Impact Médecin, Radio France Urgences, Arte et LCI. Pour d'autres archives articles et travaux, voir ce site. ou le blog Europe sociale (en veilleuse). Pour m'écrire.

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