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4 juin 2009 4 04 /06 /juin /2009 18:00
En matière de défense, les six mois à venir de la présidence suédoise de l'UE seront certainement plus actifs que les six mois actuels. Ca va changer après le "roupillon" de la présidence tchèque ! (au propre comme au figuré).

Pour une Europe acteur global
La Suède entend, en effet, promouvoir son "fort engagement au développement de la PESD" dans la lignée de "son engagement international pour les opérations de paix dans le cadre de l'ONU", et "renforcer le rôle de l’UE en tant qu’acteur global" ainsi que vient de le rappeler l'ambassadeur de Suède à Paris, devant l'UEO, début juin (1).
"Il ne s’agit pas de renforcer l’aspect militariste de l’UE mais avoir des missions plus ambitieuses au niveau de maintien de la paix" a précisé le ministre de la Défense suédois, Sten Tolgfors (2). Précisons que le thème de la "Défense" en Suède n'est pas un sujet anodin. Au plan interne, le pays amorce, en effet, un changement stratégique avec une volonté du gouvernement de se rapprocher de l'OTAN et moderniser la capacité de ses armés.

La priorité : les capacités militaires, et surtout les battlegroups, et les capacités civiles.

Concernant les Battlegroups européens, l'évolution paraît nécessaire et la Suède qui a testé l'inutilité de la formule (en 2008 lors de son tour d'astreinte) est bien décidée à utiliser sa présidence pour obliger à évoluer.
Pour éviter de voir la situation se répéter. (La Suède reprendra son tour de garde en 2011. Et la préparation du battlegroup nordique a déjà commencé...).

Deux groupements d'intervention légère, d'environ 1500 hommes, sont en effet d'astreinte par semestre (le planning tournant entre les Etats membres). Mais ils n'ont jamais été utilisés.
Ce n'est pas faute de préparation (certains se préparent très sérieusement, notamment les Nordiques) ou de besoins sur le terrain (au Tchad par exemple avant la mission Eufor ou au Congo où l'UE a finalement décidé de ne pas intervenir). Mais plutôt de convenances. Soyons clair : on a un beau joujou et on le remise soigneusement sur une étagère pour ne pas l'abimer... Ce sujet est important et mérite le détour. Sinon on pourra ranger ces "battlegroups" au rang des inventions inutiles ! (NB : c'est moi qui le dit et non la présidence. Mais en privé certains militaires ne se cachent pour être encore plus brutal).

Pour la Suède, il faut "entamer les discussions pour avoir une vision plus flexible de leur emploi" sur le terrain. Il s'agit - précise Tolgfors - "d'étudier toutes les évolutions possibles : le type de situations auxquelles doit faire face un Battlegroup, l'usage comme réserve stratégique ou pour la génération de force, les échanges d'information et une meilleure coopération, le financement (quelle part de budget commun peut couvrir les frais d'engagement, etc...)".

Concernant les capacités civiles, la priorité est de renforcer la disponibilité du personnel - pour avoir du personnel qualifié et en nombre suffisant.

Un agenda chargé coté opérations

Coté opérations, la Suède aura à gérer la prolongation de l'opération Atalanta au large de la Somalie (et des Seychelles) contre les pirates, son extension, en dépendant de la situation sur le terrain, totalement changeante. La "nouvelle génération de force devrait être entamée en septembre pour la continuité de l'opération" explique-t-on coté suédois. Il s'agira aussi d'étudier le renforcement de la "coopération avec les forces déjà présentes" (NB : Otan, CTF, ...). "Il est nécessaire de ne pas dupliquer les forces". Et, surtout, les "possibilités pour stabiliser la Somalie : le renforcement des institutions (à étudier avec la Commission européenne qui est partie intégrante de ce sujet), la mission de formation des forces de sécurité". Dont la situation reste criante.

En Bosnie, aussi le moment est crucial. L'évolution de l'opération Althea doit se décider. si "l'option 3 d'une force avec un mandat "non exécutif" est reconnu comme nécessaire par la plupart des Etats membres, il existe encore de nombreuses différences", reconnait le Ministre. "Certains Etats considèrent que le moment de quitter la région n'est pas venu". Il est "important de prendre en compte toutes les considérations y compris celle de la sécurité" ajoute-t-il. Et, "surtout, il ne faut pas lier les deux questions l'opération et la présence militaires et la continuité du poste d'Haut représentant de la Communauté internationale".

La Géorgie sera également au centre de la préoccupation. Si la situation s'est stabilisée, gelée, le risque d'incidents frontaliers demeurent avec l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie. Et la situation politique interne est toujours instable. Le représentant spécial de l'UE dans le Caucase, Semneby, est suédois. Et dans les cercles européens, on perçoit tout l'intérêt que la Suède a dans le Caucase, une région test pour les relations de l'UE avec la Russie. Autre sujet de priorité de la présidence suédoise.

Même si le Moyen-Orient est peu mentionné officiellement, on peut être sûr qu'il reviendra rapidement au devant de l'agenda politique (d'autant que l'évolution américaine sur la question Israël-Palestine s'affirme de jour en jour). Dans ce contexte, le reploiement d'Eubam Rafah - toujours bloqué - pourrait revenir rapidement sur la scène. Les deux missions de l'UE de la région, qui ont commencé à être renforcées, pourraient également être dans les discussions
: Eupol Palestine (vers une mission Etat de droit sur la chaine pénale et les prisons), Eujust Iraq (extension au niveau géographique).

La Suède aura également à gérer la montée en puissance d'EUPOL Afghanistan - dans un contexte risqué électoral - alors que l'effectif n'est toujours pas au complet.

Bref... On n'aura pas le temps de s'ennuyer. Notons que la présidence se prépare très sérieusement. Les visites d'expert se succèdent à Bruxelles depuis déjà plusieurs mois. Le ministre de la Défense a déjà rencontré plusieurs de ses homologues (allemand, polonais...). Et les diplomates suédois de la Représentation permanente sont bien décidés à s'impliquer pleinement dans tous les dossiers.

Le blog du ministre de la défense suédois

(1) Discours prononcé à Paris, devant l'assemblée de l'UEO.
(2) Entretien à batons rompus avec quelques journalistes, lors d'une visite à Bruxelles
(3) Lire aussi "comment répondre non poliment à l'ONU"

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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Défense UE (droit doctrine politique)
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4 juin 2009 4 04 /06 /juin /2009 12:32

Passées les réticences du début, et les difficultés en cours, aucun pays européen n’est désormais réticent à la poursuite ou l’approfondissement de l’opération. Plusieurs pistes d’évolutions futures, dont les grands principes sont acquis, sont ainsi évoquées : l’extension géographique de l’opération aux Seychelles, l’évolution des tactiques, la prolongation de l’opération, une solution à moyen et long terme (la formation de l’armée somalienne et la stabilisation de la Somalie).

Extension aux Seychelles. Les 27 ont donné leur feu vert, confirmé le 19 mai lors d’une réunion du Comité politique et de sécurité (COPS), à l’extension de la mission vers le sud-est de la zone de l'Océan indien, autour des Seychelles (une autre option visant à une extension globale à l’Océan indien a été repoussé). Cela répond à une demande espagnole, soutenue par la Grèce et la France, fondée surtout sur la nécessité de protéger les pêcheurs thoniers (espagnols et français essentiellement) qui ont vu leur zone de pêche réduite. Cette extension oblige à revoir le plan d’opération (OpPlan), le positionnement et le nombre des forces requises, et, surtout les tactiques, pour contrer la piraterie, sur une zone qui reste vaste. Elle oblige également à signer plusieurs accords avec les Seychelles pour : la pénétration dans les eaux territoriales et l’usage des ports, l’accueil des forces (SOFA), l’éventuel transfert des pirates arrêtés. Des accords qui pourraient être accompagnés d’un soutien financier et matériel à l’Archipel (comme pour le Kenya).

Evolution des tactiques. L’extension de la zone oblige aussi à « revoir les tactiques. On ne peut « pas utiliser les mêmes moyens dans les Seychelles que pour le Golfe d’Aden » a confirmé le premier commandant de l’opération, Philip Jones (1). Des « pirates peuvent utiliser des bases plus isolées dans la région ». Cette nouvelle tactique pourrait ainsi comprendre une action plus précise vers les bateaux mères (repérage, neutralisation, arrestation), en s’aidant davantage de moyens aériens de détection (satellites, avions de patrouille maritimes…) et de renseignement.

 


Accords avec les pays tiers. Plusieurs séries d’accords sont en cours avec les États tiers. D’une part, pour participer à l’opération, en matériels ou en hommes (Suisse, Croatie, Ukraine…). D’autre part, pour permettre le jugement des pirates arrêtés (Oman, Tanzanie, Seychelles…) ou faciliter leur transfert (Djibouti) vers d’autres États. Des discussions sont régulièrement en cours, notamment avec l’OTAN et la coalition américaine CTF-151, afin de coordonner les opérations. NB : l'accord avec les Seychelles (SOFA et juridictions) est en bonne voie, ainsi que l'a confirmé le ministre des Transports de l'archipel lors d'une rencontre avec Javier Solana, le diplomate en chef de l'Union.

Prolongation de l'opération. Les responsables de l’UE ont annoncé leur intention, lors de la réunion informelle de Prague en mars dernier, de prolonger cette mission, au-delà de son année initiale. "Toutes les interventions des ministres à ce sujet montrent qu'ils sont plutôt enclins à continuer" a précisé, Javier Solana. Le Royaume-Uni a proposé de continuer à utiliser le QG de Northwood. Et plusieurs États ont indiqué être prêts à contribuer à l’opération. Une nouvelle conférence de génération de force pourrait démarrer en septembre.

Stabilisation de la Somalie. Lors d’une conférence des donateurs, réunie à Bruxelles le 23 avril, la communauté internationale a promis de consacrer 213 millions de dollars, soit 165 millions d’euros, pour soutenir la mission de maintien de la paix de l’Union africaine en Somalie (AMISOM) et la constitution d’une force de police somalienne. Soit un tiers de plus que ce qui était demandé par les Nations-unies initialement. Plus de la moitié de la somme proviendra de l’UE. Le commissaire européen au développement et à l’aide humanitaire, Louis Michel, a confirmé que 72 millions d’euros allaient être débloqués, au titre du budget communautaire : 60 millions consacrés à l’AMISOM et 12 millions pour les forces de police (une année de formation et de salaires pour les 10 000 policiers somaliens). Une somme à laquelle il faut ajouter environ 15 millions d’euros des États membres de l’UE (Espagne 6 millions d’euros, Italie 4 millions, Pays-Bas 1,4 millions, Belgique 500 000 euros,…). En outre, la Commission européenne soutient la Somalie à hauteur de 18 millions d’euros, au titre du 10e Fonds Européen pour le Développement (FED) pour l’Etat de droit, et de 48 millions d’euros au titre de l’aide humanitaire (financée par ECHO).
Nouvelle initiative PESD. Sur initiative française, présentée le 18 mai lors du Conseil des Ministres de la Défense de l'UE, les services du Conseil ont commencé à étudier l’hypothèse d’une mission de la PESD visant à soutenir le processus de réforme des forces de sécurité somaliennes (SSR). Il s'agit, à terme, de permettre la mise en place d'une force "robuste", d'environ 6.000 hommes. La France s'était engagée - lors de la conférence de la communauté internationale - à former 500 hommes (un bataillon), dès septembre (2). Une formation courte (six semaines) qui serait menée, en s'appuyant sur les forces françaises basées à Djibouti (FFDJ). Les pays arabes se sont aussi engagés à financer les salaires directement versés au gouvernement somalien (3 millions $ par mois sur six mois). Tandis que d’autres pays (Egypte) fournissent des matériels (uniformes…).

L’objectif est de transformer cette initiative bilatérale en une opération européenne. Ce qu'on appelle une mission SSR (réforme des forces de sécurité). Le format serait légèrement différent de la mission SSR au Congo ou la future mission « Althea II » en Bosnie-Herzégovine. Mais l'objectif resterait le même : former une armée moderne, efficace et démocratique.

Les soldats seraient formés non pas en Somalie – à cause du danger - mais dans des bases à l’étranger : Djibouti ou Burundi (où l’ONU a une base de formation) sont communément cités. En quelque sorte, une mission "off-shore"
NB : cette opération devrait connaître un premier débouché officiel d'ici le mois de juillet d'après des diplomates européens.

Autres projets. D’autres idées ont été développées pour contrer la piraterie, notamment de soutenir la mise en place de centres anti-piraterie et renforcer les gardes-côtes des pays voisins (Yemen, Djibouti…). Il s’agit aussi de renforcer la formation des personnels navigants des navires marchands. Voire de placer des hommes armés (privés) à bord de ces navires. Une solution qui laisse dubitatif le monde maritime. Doute partagé par les responsables d’Atalanta. « Ce serait un élément d’escalade de la violence. Et ce n’est pas une solution face aux pirates » a expliqué récemment Phil Jones, le premier commandant d’opération.


(1) Phil Jones, chef d'Atalanta : "nous devons revoir nos tactiques

(2) Somalie : la France va former 500 militaires somaliens à Djibouti

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4 juin 2009 4 04 /06 /juin /2009 07:14

InterceptPiratesJeanDeVienne-Fr090104.jpgLa piraterie somalienne, ses causes, son organisation, reste encore un mystère. Mais l’un des mérites de l’opération européenne EUNAVFOR Atalanta est de pouvoir en cerner certaines causes et modalités d'action.


Trois causes

Plusieurs faits semblent fonder la piraterie. Tout d’abord, la pauvreté. Devenir pirate dans un pays pauvre comme la Somalie est la perspective d’un revenu assuré. Un marin engagé dans une opération, peut gagner environ plusieurs milliers de dollars. Une somme importante quand on sait que le revenu ne dépasse pas 1 $ par jour. La mise de départ pour une opération peut ainsi être de 20 000 $ alors que le revenu espéré dépasse le million de dollars. Les rançons versées oscillent, en général, entre 1,5 et 3 millions d’euros.

Avec un risque très faible. C’est le deuxième élément : la désagrégation de l’État somalien, permet, facilite, encourage la piraterie. Avec une large portion du territoire qui lui échappe totalement. Et des tendances centrifuges, s’exprimant sous forme de revendications indépendantistes (Somaliland, ancienne colonie britannique) ou autonomistes (Puntland).

Le troisième élément est la « volonté de revanche » par rapport au pillage des ressources somaliennes (pêche illégale ou rejet de produits toxiques). Un élément plus flou mais qu’ont pu percevoir les responsables d’Atalanta lors de leurs prises de contact avec la diaspora somalienne à Londres, comme l’a confirmé récemment le premier chef de l’opération, le Contre-amiral, Phil Jones.

L'organisation en bande

La piraterie semble être le fait de plusieurs bandes qui opèrent sur un modus vivendi calqué sur l’organisation de la pêche. Des noyaux différents : ceux qui interviennent, ceux qui gardiennent le bateau et les otages, ceux négocient la rançon. Des bateaux-mères, qui permettent d’aller loin en mer, et autour duquel opèrent plusieurs petits skiffs. La plupart des pirates sont des gens de mer - d’anciens pêcheurs, voire d’anciens gardes-côtes (certains formés par les programmes internationaux).

Les moyens utilisés sont assez rudimentaires – que ce soient en matière de skiffs (de petits bateaux de pêche) ou d’armes. Des armes basiques, plutôt anciennes (AK147, RPG…) de fabrication russe ou chinoise, qui servent davantage à intimider qu’à tuer. Ils sont cependant équipés des moyens classiques de liaison : radio VHS, GSM… qui leur permettent de se tenir au courant. Et des armes plus récentes ont fait leur apparition (fusil M 16 de fabrication américaine).

Les pirates somaliens ont une large autonomie tactique – qui permet d’évoluer et de faire face à différentes situations. Nous avons ainsi constaté, explique le Contre-Amiral Jones, que « Les bateaux mères s’échangent des informations sur les navires vus ou à attaquer ».

D’après plusieurs sources, il semblerait que certains des pirates aient été formés soit comme militaires dans les écoles soviétiques (cf. témoignage d’un ancien contre-amiral soviétique Sergey Bliznyuk publié dans Gazeta Po Kievski et relaté par Lloyd List), soit comme gardes-côtes par des sociétés privées, notamment dans le cadre de l’effort international pour soutenir la Somalie (cf. Roger Middelton).

Si les objectifs des pirates sont la délinquance de haute mer : saisir les bateaux, s’en assurer un profit assez rapide, mais sans victimes, la crainte des milieux internationaux et des autorités régionales (comme à Djibouti) est de voir la piraterie devenir plus internationale avec l’arrivée des mafias (européennes), la présence d’un armement plus important, plus moderne – notamment des missiles sol-air (type Stinger) qui pourraient être utilisés contre les hélicoptères. Des rumeurs persistantes font également état de ce type d’armement. Mais ces faits n’ont jamais, pour l’instant, été étayés. Ce serait un signe vers un enchaînement du banditisme au terrorisme.


L'objectif d'EUNAVFOR

L’intérêt stratégique de la communauté internationale – et donc d’EUNAVFOR et des autres forces internationales engagées dans le Golfe d’Aden — est donc de rééquilibrer la tendance à l’impunité, d‘augmenter le risque d’être pris et ainsi de diminuer l’attrait pour d’autres bandes organisées de venir sur « ce marché ». Jusqu’à l’arrivée des forces multinationales, le seul véritable risque pour les pirates était la noyade. La plupart des décès constatés l’ont été pour cette cause (six pirates notamment noyés dans le renversement de leur skiff après la remise de la rançon pour le Sirius Star).

Maintenant, il existe deux risques : être tué, être prisonnier. Même si aucun pirate n’a été tué dans une opération EUNAVFOR, jusqu’à mai, en revanche, plusieurs l’ont été lors d’un engagement avec un navire militaire : trois dans un heurt avec le navire britannique Cumberland, sous pavillon de l’OTAN, en novembre 2008 ; 5 autres dans deux opérations consécutives de libération des otages, l’une menée par la marine française (Tanit), l’autre par la marine américaine (Maersk Alabama). Le cas le plus dramatique recensé ces derniers mois dans la zone, est le décès de 15 personnes – la plupart pêcheurs d’un bateau thaïlandais, pris en otage par les pirates, et coulé par la marine indienne dans ce qui ressemble à une « bavure ».

Les démocraties ne pouvant avoir comme objectif de tuer les pirates, l’objectif le plus précis est de traduire ces pirates devant la justice. Ce qui se heurte à de maintes difficultés, techniques, légales, politiques. Mais somme toute réussit.

Selon nos sources, en un an, environ 200 suspects ont été remis aux autorités judiciaires, le plus souvent des pays riverains (Yemen, Puntland-Somalie, Kenya, Seychelles), de façon plus rare des pays du pavillon attaqué. 21 ont ainsi été rapatriés en France (15) aux Pays-Bas (5) et aux Etats-Unis (1) pour jugement. Le risque d’être pris lors d’une attaque d’un navire est désormais monté à 1 sur 3 environ. Ce qui n’est pas encore dissuasif pour des pirates pauvres. Mais permet de « circonscrire » le nombre de candidats potentiels.

Voir le bilan réactualisé jour après jour.

(crédit photo : marine française)

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3 juin 2009 3 03 /06 /juin /2009 12:40

Qui observe la piraterie attentivement, pourra remarquer un déplacement ces derniers jours de la piraterie, non vers le sud, mais le nord, en mer rouge. Là où les navires de guerre ne sont pas déployés. Dimanche ainsi, un chimiquier japonais, battant pavillon des Philippines est attaqué par deux skiffs. La "première fois", depuis plusieurs semaines, précise le Quartier général d'Atalanta. Lundi, au petit matin, c'est un tanker grec, battant pavillon libéria, qui a réussi à déjouer une attaque en utilisant notamment ses lances à incendie. Un dernier avatar de la capacité d'adaptation des pirates ou la résurgence de la "bande du nord" ou de la "bande yéménite"...

Moins de succès pour les pirates ? On peut remarquer aussi que si le rythme des attaques se succèdent, les "déjouements" sont plus nombreux et les "succès" - bateaux capturés - des pirates ont sensiblement diminué ces derniers jours. Pour conclure que la baisse est durable, il est sans doute trop tôt. Mais, au QG d'Atalanta, à Northwood, on explique ce résultat par la mise en oeuvre par les navires marchands de mesures plus efficaces pour contrer les pirates.

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1 juin 2009 1 01 /06 /juin /2009 23:03
C'est par 45° au fin fond de la province d'Helmand, en Afghanistan, que le vote pour les élections européennes a commencé. Tous soldats de l'ISAF (- la force de stabilisation de l'OTAN) qu'ils sont, ils sont aussi des citoyens européens. Dans un isoloir confectionné pour l'occasion avec une toile et deux caisses de transport, les quelque 60 soldats danois de la compagnie Charlie C du camp Armadillo, ont glissé leur bulletin dans l'urne pour la désignation des députés européens. L'opération devrait être répétée dans les différents camps où sont stationnés les soldats européens.

Si j'ai bien compté, près de 60.000 militaires et civils européens sont déployés, un peu partout dans le monde dans différentes missions, de l'OTAN, de l'ONU, de l'UE ou de l'OSCE.
Ce sans compter les forces présentes à titre national (bases extraterritoriales comme à Djibouti, au Tchad ou à Dakar pour les Français, coalitions ad hoc CTF 151 ou Irak...). Sur ce nombre, les effectifs de la PESD se montent à environ 7.000 hommes et femmes, militaires et civils. Ils sont essentiellement en Afghanistan (près de la moitié), dans les Balkans et au large de la Somalie.

Entre l'éloignement, les dates d'élection différentes et les différents modes de vote, selon les pays, pour faire voter tout ce monde, ce sera un beau vrai casse-tête.

(photo : armée danoise)
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1 juin 2009 1 01 /06 /juin /2009 07:11

P3orionDjibouti-Esp081029_G.jpgL’opération européenne de lutte anti-piraterie EUNAVFOR Atalanta a, peu à peu, augmenté ses moyens depuis son démarrage. De 3 à 4 navires de guerre, au début décembre 2008, elle comptait, fin mai 2009, une douzaine de navires (Allemands, Espagnol, Français, Suédois, Italien, Grec) et 3 avions. Si le chiffre varie, jour par jour, En moyenne, 6-7 navires européens (frégates et navire ravitailleur), une dizaine d’hélicoptères (chaque frégate est équipée d’un ou deux hélicoptères) et 2 avions de surveillance maritimes sont mobilisés.

Le P3 Orion en survol. Les avions un élément essentiel de l'opération (crédit : ministère espagnol de la Défense)

Etats participants. La plupart des pays européens participent à l’opération, notamment tous les États disposant d’une marine (Espagne, France, Grèce, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Suède, Belgique et Pays-Bas). Une exception notable: le Portugal. Les autres pays y participent par l’intermédiaire d’officiers, placés dans les Etats-Majors (Finlande, Lettonie, Roumanie…). NB : L'Irlande, la Bulgarie... viennent de décider d'envoyer des officiers à l'Etat-Major. En outre, plusieurs pays tiers ont décidé de participer à l’opération (Norvège) ou envisagent de le faire (Suisse).

A noter que comme toute opération militaire, le Danemark ne participe pas à l’opération. Ce qui est cependant paradoxal. Sa marine, présente dans la coalition dirigée par les Américains (CTF) est, en effet, une des plus actives dans la lutte anti-piraterie. Mais ne disposant pas du cadre juridique nécessaire, les saisies de pirates qu'elle effectue sont sans résultat car elles aboutissent à la remise en liberté, sauf si un autre État en demande le transfert (un seul cas jusqu'ici avec les Pays-Bas, début janvier: après l’interception du Samanyulo, navire immatriculé aux Antilles néerlandaises).

La base logistique arrière (FHQ Log) est située sur l’aéroport militaire de Djibouti (avec 25 hommes dirigés par un Britannique) et le port de Djibouti. Elle bénéficie de l’appui des troupes européennes basées dans la zone : la France a une base permanente (plus de 2000 personnes, avec avions de transport et de chasse, navires) et l’Allemagne entretient également un petit détachement logistique dans le cadre de l’opération Enduring Freedom.

Commandement. L’opération est commandée par un petit État-major multinational dirigé par un contre-amiral britannique (Philip Jones pour les six premiers mois, remplacé par Peter D. Hudson), assisté d’un adjoint — le contre-amiral français Jean-Pierre Labonne (pour les six premiers mois) et l’amiral de flotille allemand Torsten Kähler (pour les six mois suivants). La relève des commandants est prévue début juin.

Le quartier général d'opération (OHQ) est situé à Northwood (à 25 miles au nord de Londres) qui abrite également le commandement conjoint des opérations britanniques outre-mer (Iraq, Afghanistan, …) et un des commandements interalliés maritimes de l’OTAN.

Dans la zone, le commandant de la force (en mer) est assuré directement sur une des frégates, par rotation entre plusieurs pays. Après le commodore grec Antonios Papaioannou qui a assuré le commandement, de décembre à mars, depuis la frégate grecque Psara, un Espagnol a pris le relais, en avril 2009, Juan Garat Caramé. A partir d'août 2009, il sera, à son tour, relevé par un Néerlandais.

Financement. L’opération est financée essentiellement par les États membres. On estime qu’un avion de patrouille maritime de type Orion, avec son équipage et sa maintenance revient à 30 millions d’euros sur une année pleine (selon les Espagnols). Tandis qu’une frégate revient (selon le budget allemand) à environ 40 millions d’euros sur une année pleine.

Le budget global de l’opération revient donc aux alentours de 300 millions d’euros. Seule une petite partie de ses frais est pris en charge par le mécanisme de solidarité « Athena » (les frais d’État-major) : 8,3 millions d’euros.

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31 mai 2009 7 31 /05 /mai /2009 23:16
Les Suisses se hâtent très lentement ! L'accord pour une participation suisse à l'opération de lutte anti-piraterie de l'UE "Atalanta" ne pourrait pas avoir lieu avant l'automne. Et encore... C'est du moins le sentiment de plus en plus partagé à Berne.

Fin avril, le Parlement avait déjà averti : "le message du Conseil fédéral et les projets d’arrêté fédéraux n’ayant pas été transmis au Parlement, les commissions ne sont plus en mesure de procéder à l’examen préalable de cet objet pour la session d’été 2009 des Chambres fédérales ; le Parlement ne pourra donc pas rendre sa décision avant la session d’automne 2009". Clair. Le document a finalement été transmis le 20 mai, d'après mes informations. Mais il n'est pas vraiment acquis que le Parlement soit positif lors du débat.

Du coté des partis politiques, ce n'est pas, en effet, l'enthousiasme folichon,
selon mes confrères suisses. C'est le moins qu'on puisse dire... Une audition préalable, tenue mi-mai, l'a montré. Bien sûr s'attendre à ce que l'UDC défende le projet aurait été illusoire. Ce parti rejette par principe, au nom de la neutralité, que des soldats suisses défendent des personnes ou des biens étrangers. Mais les démocrates-chrétiens ont boudé les auditions, estimant que le temps accordé à chaque parti (environ 5 minutes) n'était pas suffisant. Même les socialistes et les libéraux démocrates ne sont pas, parfaitement positifs, ils soutiennent l'engagement de soldats suisses «uniquement pour défendre des navires du programme alimentaire mondial ou des bateaux suisses». Mais ils sont opposés à toute modification de la loi d'engagement de l'armée suisse. On se rappelle qu'effectivement le gouvernement suisse (le Conseil Fédéral) a tenté un doublé : autoriser l'envoi de 30 soldats suisses pour la mission Atalanta et modifier la loi militaire, permettant que la Suisse participe aux missions de police de l'UE par exemple. C'est surtout ce dernier élément qui suscite une opposition très nette. Mais qui risque ainsi de "polluer" l'autorisation requise du parlement suisse au premier élément : la mission Atalanta...

(Crédit Photo : Parlement suisse)
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31 mai 2009 7 31 /05 /mai /2009 07:33

1) La protection des bateaux du PAM

La mission prioritaire de « Eunavfor Atalanta » est d’assurer l’accompagnement des bateaux du Programme alimentaire mondial (PAM) qui acheminent l’aide humanitaire à la Somalie. Une tâche jusqu’alors assurée par des États individuellement (France, Pays-Bas, Canada). Mais on se souvient des difficultés que rencontrait le PAM, il y encore quelques mois, obligé de quémander auprès de chaque État, à tour de rôle, leur assistance et leur protection pour escorter ces bateaux. EUNAVFOR dispose aujourd’hui des moyens pour assurer cette mission. Ce qui n’est pas un mince succès.

Début mai, plus d’une vingtaine d’escortes vers la Somalie ont ainsi pu avoir lieu, délivrant 130 000 tonnes de nourriture, permettant de nourrir chaque jour environ 1,6-1,7 millions de personnes. Une escorte d’un bateau du PAM a également eu lieu vers la Corée du Nord, en début de mission.

2) La sécurité des navires marchands "vulnérables"

La deuxième mission d’EUNAVFOR est d’assurer la sécurité des navires marchands « les plus vulnérables ». Bien sûr, avait expliqué le contre-amiral Phil Jones, lors du démarrage de la mission : « Nous ne pouvons pas prétendre, avec quelques navires, éradiquer la piraterie. Mais nous ferons une contribution utile à la lutte contre le phénomène ». Cette mission se trouve aujourd’hui remplie de deux manières.

La mise en place d’un double corridor « sécurisé ». Un corridor était déjà en place avant EUNAVFOR, il a été déplacé, plus loin des côtes yeménites, pour éviter des attaques surprises, et double avec un couloir descendant et un couloir montant.

Des escortes en convoi, pour les bateaux plus vulnérables. Une centaine de navires marchands ont ainsi pu être accompagnées lors d’une vingtaine d’escortes. Même si tous les navires escortés ont pu ainsi échapper aux attaques de pirates, ceux-ci n’ont pas hésité, parfois avec succès, à s’en prendre à des navires, proches de ces convois.

Le travail se fait en étroite coordination avec les autres forces présentes dans la zone, comme la coalition anti-terroristes, dont le QG est à Bahreïn (US Navy) ou de l’OTAN (qui a une « force permanente maritime » (SNMG) dans la zone). « Nous partageons des informations, des renseignements sur l’activité des pirates » explique le Contre-amiral Jones. Ces informations transitent par un « chat » informatique sécurisé. Les escortes sont notamment menées de concert avec les autres navires des forces présentes dans la région (CTF, OTAN, Russie, Inde…).

3) La dissuasion de la piraterie

La troisième mission est d’assurer la dissuasion et l’arrestation des pirates. Un objectif qui, sans être prioritaire, est devenu aujourd’hui une des clés du succès de l’opération. Certes le nombre d’attaques pirates est en hausse continue depuis un an. Mais deux éléments permettent de jauger l’efficacité de l’opération. D’une part, le taux d’attaques « réussies » a diminué. De presque un sur deux, il est passé à un sur quatre au premier trimestre. D’autre part, le nombre d’arrestations et de remise en justice est conséquent.

Enfin, ainsi que l’a annoncé, le premier commandant de l’opération, Phil Jones, les forces multinationales avaient détruit 4 bateaux-mères début mai. Le tout a été réalisé sans effusion de sang. Malgré les risques d’intervention, l’opération n’avait causé en six mois que trois blessés (1 marin et 2 pirates). Toutes les autres opérations durant la même période de temps se sont soldées par des décès de pirates. En revanche, Atalanta ne mène normalement pas de mission de recherche de pirates, ou de libération d’otages.

  • Prises d'otage : zone nationale. L’intervention militaire en cas de prise d’otages appartient uniquement à l’État du pavillon. Peu de pays ont utilisé la force, la grande majorité préférant négocier. Deux pays font exception : la France et les Etats-Unis. Dans une opération épique,début avril 2008, après la libération des otages du Ponant (un navire de croisière de la CMA-CGM) par versement de rançon, elle intervient directement sur le territoire somalien pour récupérer les pirates et une partie de la rançon. Six pirates sont rapatriés sur Paris pour être jugés. A nouveau, en septembre 2008, après la capture d’un voilier de plaisance, le Carré d’As, les commandos marine interviennent, libèrent les otages et arrêtent six pirates (un septième est tué dans l’opération. Troisième intervention, en avril 2009, sur un voilier de plaisance, le Tanit. Les otages sont libérés. Mais un décède dans l’opération, ar tir non identifié officiellement (même si l’origine semble être française). Deux pirates sont également tués. Et trois autres arrêtés. Dans ce type d’opérations interviennent normalement les moyens militaires des États concernés, sous leur propre pavillon. Mais d’autres navires interviennent en soutien. Ainsi durant l’opération sur le Tanit, un navire allemand, le Mecklenburg-Vorpommern – qui disposait d’un bloc chirurgical, a été prépositionné en soutien.

 

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29 mai 2009 5 29 /05 /mai /2009 17:20
L'extension de l'opération Atalanta aux Seychelles devra être approuvée par le Bundestag. Ce qui pourrait être chose faite le 19 juin, selon des sources allemandes. Si l'opération anti-pirates ne change pas de nature, son extension géographique vers le sud et le sud-est oblige le gouvernement allemand à soumettre cette modification de l'opération aux élus. En effet, lors de la première autorisation en décembre, une carte avait été présentée aux parlementaires, présentant précisément la zone d'action d'Atalanta. Et l'augmentation de la zone couverte n'est pas mineure. "Jusqu'à présent la zone d'Atalanta couvrait une zone aux environs de 500 miles marins des côtes de Somalie et du Kenya. Avec l'extension de la zone d'opération, on atteint environ les 700 miles marins" résume-t-on à Bonn. On passe de 3,5 millions de km2 à 5 millions de km2. Le cabinet ministériel a ainsi approuvé, le 27 mai, la modification du projet de loi qui va maintenant être soumis au Bundestag.
NB : la Bundeswehr a actuellement trois navires sur place, les frégates
Emden, Rheinland-Pfalz et le navire de soutien Berlin, ainsi qu'un avion de type Orion. 
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29 mai 2009 5 29 /05 /mai /2009 16:02

Est-ce une nouvelle bavure de la marine indienne ? En tout cas, certains faits le laissent sous-entendre. Un vraquier norvégien, battant pavillon libérien, le MV Maud, a été attaqué, jeudi matin, dans le Golfe d'Aden (à 225 miles à l'est d'Aden) par des pirates. Il a poussé un appel de détresse. Et si le flou demeure sur certaines circonstances, il y a désormais confirmation par la marine indienne. C'est bien une frégate indienne, le INS Talwar, qui est intervenue (NB : une partie de l'équipage du MV Maud est indien) ; et a simplement écarté la menace en faisant feu sur le skiff suspect. Au bilan : deux morts.

Coté indien

On explique que la frégate escortait trois navires marchands quand elle a reçu l'alerte. Elle a aussitôt envoyé son hélicoptère de combat Chetak et un RHIB, puis donné instructions au navire marchand d'accélérer l'allure et de faire une série de manoeuvres d'évitement. Mais les pirates avaient déjà lancé l'abordage par l'arrière du bateau quand l'hélicoptère est arrivé sur place. L'hélicoptère indien a alors ouvert le feu à l'aide de son canon de 7.62. Et deux pirates sont tombés à l'eau. Le RHIB est alors arrivé à hauteur du skiff pirates, a arrêté les six pirates restants. A bord, il a découvert les traditionnels AK47, lanceurs de grenades et un dispositif GPS. Les commandos ont aussi mis la main sur un lance-roquette Katyusha. Arme plutôt inhabituelle entre les mains des pirates, car assez longue, elle est davantage destinée à un usage terrestre. Les armes ont été saisies, l'essence du navire vidée... Et la frégate indienne a - tranquillement - poursuivi sa route et sa mission d'escorte ! (lire le récit dans Indian Today)

Coté européen, la version est légèrement différente

Alertée, et sur demande du Quartier-général, un des navires d'Atalanta, une frégate française, arrive sur les lieux. Aux fins "d'enquête" précise-t-on au Quartier général d'Atalanta. Elle a effectivement découvert, à proximité des lieux, un skiff (dont on a tout lieu de penser qu'il pourrait être ce skiff de pirates), il a trouvé 8 personnes à bord : 2 morts, 4 blessés et 2 personnes saines et sauves. Les personnes, qui ne sont "pas qualifiées de suspects" par Atalanta - aucune arme ni instrument suspect n'a été retrouvé à bord - ont été "prises en charge" à bord, sont soignées par le médecin du bord et seront amenées dans un centre médical dès que possible. Toute la question est de déterminer quel pays pourra accueillir les 6 rescapés et où enterrer les 2 décédés.

(mise à jour : vendredi 17h20 et lundi 1er juin) : les corps des deux personnes tuées et les deux survivants ont été remis aux autorités du Puntland, le lundi 1er juin au matin.

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logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.