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5 mai 2009 2 05 /05 /mai /2009 16:58
C'est finalement un ... Néerlandais qui présidera, à partir du printemps prochain, l'Etat-Major de l'Union européenne. Mea culpa. Emporté par un brin d'optimisme, et certaines informations, on pouvait penser que le candidat grec (au beau profil européen) serait nommé. Finalement les chefs d'Etats-major de l'Union européenne, rassemblés aujourd'hui à Bruxelles, ont préféré - à une majorité acquise dès le premier tour apparemment - le candidat néerlandais, dont la moindre qualité n'est pas d'être Nato-compatible, et sur une ligne en parfait accord avec les Etats-Unis. Cette décision doit être encore avalisée, d'un point de vue formel, par le Conseil des ministres. Mais d'ordinaire, la décision des militaires n'est pas contestée par les autorités politiques.

Né en 1955, le
Lieutenant général Ton Van Osch est aujourd'hui le représentant militaire des Pays-Bas auprès de l'UE et de l'OTAN (depuis 2007) (*). Formé à l'Académie militaire royale des Pays-Bas à partir de 1974, il a aussi suivi des cours aux Etats-Unis du US Army Command and General Staff College. Artilleur. il a commandé le 41e bataillon d'artillerie terrestre déployé en Allemagne. Il était en 1999 chef OPs (terre) au quartier-général de la SFOR (force de stabilisation de l'Otan en Bosnie-Herzégovine). Directement après le 11 septembre 2001, il passa à Tampa (Etats-Unis) comme "planner" opérationnel du centre de coordination de la coalition à l'US Central Command. Promu brigadier-général en 2002, il devient chef-adjoint des opérations à l'Etat-major puis chef-adjoint pour la coopération et la planification internationale. En décembre 2004, il prend la tête de l'Académie militaire royale des Pays-Bas puis du nouveau Collège supérieur de défense des Pays-Bas (qui fusionne les différents collèges militaires néerlandais).

(*) La plupart des pays européens ont une représentation militaire commune à l'OTAN et l'UE. La France qui était un des derniers pays à maintenir la distinction a décidé de fusionner ces deux instances. Ce qui est évidemment au détriment de l'Europe de la défense. Décision très politique - dans la filigrane - de la réintégration de la France du commandement intégré de l'OTAN.
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5 mai 2009 2 05 /05 /mai /2009 00:00
Javier Solana, le Haut représentant de l'UE pour la politique étrangère et de sécurité, devrait confirmer prochainement la nomination de Giovanni Manione comme directeur adjoint à la toute nouvelle direction de gestion et de planification des crises (CPMD) du Conseil de l'Union européenne. Les institutions européennes ne devraient pas être une grande découverte pour l'Italien. Pour la bonne raison qu'il officie déjà à l'Etat-Major de l'Union européenne comme chef de la cellule civilo-militaire (depuis octobre 2007). Et qu'il a, depuis quelques années, "traîné ses guêtres", dans les couloirs européens...

Né en 1960, Manione entre dans l'armée italienne en 1979. Après ses études à l'académie militaire, il démarre une carrière active dans l'infanterie de montagne. Responsable de la branche "planification des forces" à l'Etat-major italien, il passe à la représentation militaire italienne auprès de l'UE, où il suit pratiquement depuis le début le processus des "Headline goal", avant de devenir responsable de la task force "Headline goal". Coté opérations internationales, il a été le CJ2 à la SFOR en Bosnie-Herzégovine et chef de la branche politique (1996-1997) et commandant du Battle group italien à l'ISAF en Afghanistan (2007).

Cette nomination est somme toute assez logique puisque la nouvelle direction "gestion de crises" de l'Union européenne entend rassembler les gestionnaires et planificateurs de gestion de crise, militaires et civils. Elle aura à sa tête un civil et comme numéro 2, un militaire. Nommer celui qui est actuellement aux commandes de la planification coté militaire est ondc logique. En revanche, la nomination du numéro 1 est encore sujette à discussion au sein du Conseil. Plusieurs candidats disputent à la Française Claude-France Arnould, candidate "naturelle", actuellement directeur des questions de défense (E VIII), le soin de diriger la nouvelle direction.

(photo : © NGV)



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3 mai 2009 7 03 /05 /mai /2009 20:15
La frégate grecque Nikoforos Fokas (F-466) est venue renforcer l'opération militaire européenne EUNAVFOR Atalanta qui lutte contre les pirates au large des côtes somaliennes. Cette frégate n'est pas une inconnue de ce blog puisqu'elle avait été pressentie pour être le premier navire amiral avant que les autorités grecques ne désignent le Psara (plus opérationnel).

La force est ainsi composée actuellement de 11 navires et de 4 avions patrouilleurs, selon le QG d'Eunavfor:

- 2 navires espagnols : la frégate Numancia (F-83) - qui est le navire amiral - et le ravitailleur Marques de la Ensenada (A-11).

- 4
navires allemands : trois frégates - le Rheinland-Pfalz (F-209), le Emden (F-210), et le Mecklenburg-Vorpommern (F-218) - ainsi que le navire logistique Berlin (A-1411)

- 3 navires français : l'aviso Cdt Ducuing (F-795), la frégate Nivose (F-732), et le patrouilleur Albatros (P-681) - navire normalement dédié aux Terres Antarctiques, qui est remonté vers le nord et va plus spécifiquement la protection des pêcheurs aux alentours des Seychelles.

- 1 navire italien : la frégate ITS Maestrale (F-570)

NB : les 3 navires suédois - le navire de soutien HMS Trossö (A-264) et deux corvettes HMS Malmo (K-12) et le HMS Stockholm (K-11) - vont être rapidement opérationnels et relayer certains des navires (allemands notamment) qui devraient rentrer.

4 Avions patrouilleurs maritimes complètent la force navale : un P3 Orion espagnol (qui devrait être basé au Kenya), un P3 Orion allemand (à Djibouti), le Bréguet-Dassault Atlantique 2 français (par intermittence) et le Falcon 50 (plus près des Seychelles).


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3 mai 2009 7 03 /05 /mai /2009 17:55
Les chefs d'Etat-Major (CHOD) de l'UE se réunissent, le 5 mai, pour décider du nom du nouveau chef d'Etat-major de l'UE. Il s'agit de remplacer le général britannique Leakey qui est aux commandes jusqu'à février 2010.

Trois candidats sont en lice : un Grec, Italien, un Néerlandais. Et, bien sûr, on ne peut rien dévoiler avant l'issue du vote (*)... Suspense donc ! Mais certaines indications laissent à penser que ce pourrait être le candidat grec Gogouvitis qui serait nommé. Un choix qui serait somme toute logique puisque celui-ci a été un de ceux qui a été aux prémices de la politique européenne de Sécurité et de Défense (PESD). Avec le futur président du Comité militaire de l'UE, un Suédois, qui doit entrer en fonction à la fin 2008, il formera alors le nouveau "couple dirigeant" de l'approche militaire de l'UE.

Le Grec Vassilios Gogouvitis (ltt général). Né à Lamia en 1951, il est actuellement à la retraite de la carrière active, après avoit été chef adjoint d'Etat-Major de l'armée de terre. C'est un artilleur qui a commencé sa carrière comme second lieutenant avant de commander un bataillon d'artillerie, puis la 80e Brigade de la garde nationale, pour finir par la 4e division d'infanterie. Il a occupé plusieurs postes internationaux. Notamment à l'OTAN, d'abord comme chef du bureau des directeurs de la NHPLO (l'organisation logistique et production de l'HAWK) puis comme d'Etat-major de planification de l'ACE Reaction Forces, au Shape (1993). C'est le moment où se planifient les opérations dans l'ex-Yougoslavie. Président du comité de l'UEO qui envisage le futur des forces européennes terrestres (Eurolongterm - Terre), il est ensuite chef de l'Etat-major de soutien de l'UEO (de 1998 à 2001), et conduit les travaux du groupe de travail des délégués militaires (MDWG). En parallèle, il devient (de 2000 à 2001), responsable de l'Etat major militaire intérimaire de l'Union européenne, ancêtre de l'Etat-major de l'UE, et qui met en place les fondements de la politique militaire de la PESD. Il a été également le représentant militaire adjoint durant la présidence grecque de l'UE - qui se prolonge durant 12 mois, au moins pour la partie de la PESD militaire, du fait de l'opt out danois.

L'Italien De Vincenti, a fondé le Centre italien d'opérations pour les opérations conjointes (Combined operations center) créé en 1997 à Rome, où il a dirigé durant 4 ans la division de la planification des forces. Durant cette période s'est notamment déroulée l'opération au Kosovo. Il a été également attaché militaire à Berlin (2001-2004) puis est revenu en Italie. Il est actuellement chef adjoint des opérations à l'armée de l'air (à Ferrare).

Le Néerlandais Ton Van Osch (ltt général). Né en 1955, c'est l'actuel représentant militaire à Bruxelles auprès de l'UE et de l'OTAN (depuis 2007). Formé à l'Académie militaire royale des Pays-Bas à partir de 1974, c'est aussi un artilleur. Il a commandé le 41 bataillon d'artillerie terrestre déployé en Allemagne. Il a suivi des cours aux Etats-Unis du US Army Command and General Staff College. Il était en 1999 chef OPs (terre) au quartier-général de la SFOR. Directement après le 11 septembre, il passa à Tampa comme "planner" opérationnel du centre de coordination de la coalition à l'US Central Command. Promu brigadier-général en 2002, il devient chef-adjoint des opérations à l'Etat-major puis chef-adjoint pour la coopération et la planification internationale. En décembre 2004, il prend la tête de l'Académie militaire royale des Pays-Bas puis nouveau Collège supérieur de défense des Pays-Bas (qui fusionne les différents collèges militaires néerlandais).

(*) Ce vote se déroule en plusieurs séquences : un premier vote permet de retenir deux candidats, un deuxième vote permet de retenir le candidat définitif.
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans La PeSDC: comment çà marche
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3 mai 2009 7 03 /05 /mai /2009 07:00
Le gouvernement néerlandais a proposé de reconduire jusqu'au 30 mai 2010 la participation néerlandaise dans la force militaire européenne "EUFOR ALTHEA". Elle a ainsi présenté à la 2e chambre du pays un projet de décision. 85 soldats sont présents, notamment dans les équipes de liaison et d'observation (LOT) à Travnik, Mrkonjic Grad, Drvar et Livno. Coût de la mission pour un an de mission : 7 millions d'euros (3,6 millions pour 2009 et 3,4 millions pour 2010).

Pas de transformation de la mission militaire Eufor tout de suite

En filigrane derrière cette décision apparemment opérationnelle figure une décision très politique : les Pays-Bas sont un des pays, plutôt réservés au retrait des militaires européens de Bosnie (lire les différents avis en présence). "C
omme la majorité des Etats membres de l'UE, (ils) ne s'opposent pas, en principe, à la transformation d'EUFOR en une mission de formation militaire (1) mais estiment que ce n'est pas encore le moment de transformer EUFOR".

Le risque de retrait minimisé. En 2008, la Suède, la République tchèque et la Belgique ont retiré leurs soldats d'Eufor (une participation modeste). Plus récemment, la France (96 soldats) et la Finlande (45 soldats) ont décidé, de façon unilatérale, de retirer leurs troupes à l'horizon l'été 2009. Un retrait qui n'a pas d'impact opérationnel, soulignent les Néerlandais, d'autant que d'autres pays ont déjà annoncé une contribution accrue. L'Espagne et l'Irlande, aussi, ont également annoncé leur retrait (ce qui est sans doute plus inquiétant). De tels retraits sont considérés comme regrettables par le gouvernement néerlandais qui craint que la "crédibilité de l'opération soit affectée".

Une situation toujours à risque. La présence des militaires de l'EUFOR est "importante pour remplir complètement les objectifs de l'accord de Dayton  (y compris la démobilisation, le déminage, le contrôle de l'espace aérien, d'armes)". Elle "ne crée pas seulement un environnement fiable pour la coopération entre les différentes entités de Bosnie dans le complexe de l'État. Mais elle a aussi un effet dissuasif sur ceux qui voudrait perturber le processus politique d'unité de la Bosnie. En outre, la situation sécuritaire en Bosnie-Herzégovine doit être suivie de près dans le contexte plus large de la stabilité dans les Balkans. La criminalité organisée (avec le trafic d'armes et de drogues) et la corruption constituent encore une menace pour le processus politique."

Les conditions de la transformation. Une décision sur l'avenir de l'EUFOR Althea devrait tenir compte de la transition de la fonction du Haut Représentant (OHR) à celui d'un envoyé spécial de l'UE (EUSV). La fermeture de l'OHR et la fin de la possibilité d'auto-saisine (substitution, destitution, annulation... pouvoirs-dits de Bonn) pourrait signifier un vide du pouvoir et la possibilité de troubles reste inquiétante. Idéalement, le passage d'EUFOR à une mission de formation devrait avoir lieu qu'après avoir constaté que le passage à l'EUSV a été achevée avec succès.

(1) Parmi les 4 options en cause — 1) poursuivre la situation actuelle, 2) nouvelle réduction de la mision, 3) transformation  en mission de formation militaire et 4) fin de la mission — le Conseil a choisi l'option 3 (la transformation).

Télécharger le projet soumis par le gouvernement à la 2e chambre (en néerlandais)
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2 mai 2009 6 02 /05 /mai /2009 12:05
Un vraquier britannique, transportant un chargement de 35.000 tonnes de soja, a été détourné, ce samedi, aux premières lueurs du jour à environ 250 miles nautiques du sud-ouest des Seychelles (0719Sud 05211Est) a annoncé le Quartier général de l'opération européenne anti-piraterie EUNAVFOR Atalanta. L'équipage semble être indemne. Dans la même zone, une autre attaque avait eu lieu, le soir précédent. Le QG Eunavfor a averti les navires d'éviter cette zone.
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1 mai 2009 5 01 /05 /mai /2009 14:59
De nouveaux recrutements sont en cours pour les missions PESD de l'UE, en Iraq et en Afghanistan. Attention : la plupart des postes sont offerts en détachement à des personnes déjà en poste dans des organisations publiques (européennes ou des Etats membres). Mais certains postes sont en contractuels. Date limite pour envoyer la candidature : 15 mai

La mission "Etat de droit" en Iraq (Eujust Lex) recrute 16 personnes : experts en Etat de droit (pénitentaire, justice, police), coordinateurs, assistants administratifs. L'essentiel à Bruxelles. Mais six postes sont à Bagdad...

Télécharger le détail offres d'emploi

formulaire pour poser candidature


• La mission de formation de la police en Afghanistan (EUPOL Afghanistan) recrute une centaine de personnes, en Afghanistan, à Kaboul et dans les différentes provinces, essentiellement des formateurs (police, Etat de droit) ou personnes pouvant servir de "mentor" aux forces afghanes. Des postes administratifs, de support logistique (médical...) ou officiers de sécurité sont aussi recherchés.

télécharger le détail des offres d'emploi

formulaire pour poser candidature


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1 mai 2009 5 01 /05 /mai /2009 14:12
Louise-Marie en examenLa frégate belge F931 Louise-Marie n'arrivera finalement au large de la côte somalienne, qu'en septembre.

Dernier stade de qualification. La frégate Louise-Marie (1) a débuté - le 20 avril - à Plymouth en Grande-Bretagne, la dernière phase du cycle de six examens qui qualifie la frégate pour être opérationnelle au niveau de l'Otan, le Safety and Readiness Check (SARC). Entre autres épreuves, le weekly wars. une guerre fictive où les contrôleurs britanniques, la "crème de la Royal Navy" dixit les spécialistes, auscultent les réactions de l'équipage. Le Louise-Marie rejoindra Zeebruges - son port d'attache - le 26 mai après cinq semaines d'exercice. Elle devrait appareiller, ensuite, le 17 août 2009 vers le canal de Suze et la Somalie pour une mission de quatre mois demi. Retour prévu, juste avant Noël, le 23 décembre 2009.

Pas de loi contre les pirates sans implication directe belge. La
Belgique ne pourra pas arrêter ou juger des pirates, "à moins qu'il ne s'agisse d'un navire battant pavillon belge ou que des victimes belges soient impliquées", selon Pieter De Crem, le ministre belge de la Défense. Elle pourra en revanche bénéficier, comme tous les autres Etats (membres ou non de l'UE), engagés dans l'opération EUNAVFOR des accords signés par l'Union europénne avec les Etats tiers. Le Kenya aujourd'hui, les Seychelles (peut-être demain). 

(1) La frégate-soeur de la Louise-Marie, le Léopold Ier, a servi dans la composante maritime de la force internationale au Liban.
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1 mai 2009 5 01 /05 /mai /2009 12:12
Le gouvernement belge, réuni jeudi, a décidé de proposer aux navires battant pavillon belge de mettre à leur disposition une équipe de militaires à bord pour les protéger des attaques des pirates. Des attaques qui ont fortement augmenté ces derniers jours dans l'Océan indien et le Golfe d'Aden (un navire belge a ainsi été kidnappé le 18 avril). Cette demande pourra être exécutée sous deux conditions 1° l'armateur doit avoir demandé la protection de la force européenne, EUNAVFOR Atalanta, et celle-ci n'est pas disponible (une frégate belge participera à Atalanta en septembre) ; 2° l'armateur doit accepter les conditions juridiques et financières posées par les ministères des Affaires étrangères et de la défense belges (cf. ci-dessous). Cette offre fera l'objet d'une période de test, entre mai et juin, avant - éventuellement d'être prolongée.

Cette mise à disposition ne sera pas gratuite. L'armateur devra assurer les frais de l'équipe de huit militaires qui sera à bord (115 000 euros selon les estimations pour une mission d'une semaine environ). Par ailleurs il devra signer un engagement "renonçant à toute poursuite à l'encontre de l'Etat belge en cas de dommages causés à l'embarcation, à la cargaison ou à l'équipage".

Une solution à généraliser ?
On sait, en effet, que la question de la responsabilité et du coût des militaires sont les deux principaux problèmes qui se posent et qui a, jusqu'ici, retardé la généralisation de l'embarquement de militaires à bord des navires marchands. La triple solution mise en place par la Belgique - condition préalable de non-disponibilité des forces sur place, prise en charge des coûts, et dégagement de responsabilité - est, somme toute logique et pourrait être généralisée à l'ensemble des navires et des bateaux européens. Faire payer les armateurs - même si elle est une solution qui pourrait apparaître choquante - peut apparaître justifié au regard des moyens que la puissance publique met pour les protéger.

La question du pavillon à envisager.
Il serait délicat de ne choisir de protéger que les navires sous pavillon national. Mais on pourrait ajouter une nuance, à mon sens, une sorte de "tarif" différencié pour la contribution, selon que le navire est sous pavillon national (européen) ou non. Il n'est, en effet, pas logique qu'un armateur qui a choisi un pavillon national (donc assume certains coûts supplémentaires déjà) ne paie pas la même "contribution" que celui-ci qui a choisi un pavillon exotique, national ou de complaisance, justement pour échapper à certains coûts et certaines obligations.
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30 avril 2009 4 30 /04 /avril /2009 22:56

L’Airbus 400M est, à la fois, un appareil à la fois stratégique et tactique.

Le seul concurrent potentiel est (était) l’avion ukrainien, l’Antonov 70. Mais la première sortie en série est prévue seulement pour 2011, avec montée en puissance de 2013 à 2022. Et de nombreux incidents techniques et commerciaux ont marqué sa production : collision en vol du premier prototype en 1995, atterrissage forcé du deuxième prototype en 2001, abandon du programme par les Russes (qui avaient commandé 164 avions).

La seule alternative « disponible » est donc d’avoir une flotte mixte : stratégique (composée par exemple de Boeing C-17 ou d’Antonov An 124, voire du futur avion multirôle Airbus A330-220) et tactique (Lockheed C-130J). D’autres avions tactiques existent aussi sur le marché (Casa 235 ou Casa 295, Alienia C-27J…) mais ils ont une capacité d’emport beaucoup plus limitée – au moins pour les matériels.

La solution mixte a un avantage : l’Antonov An 124 comme le C-17 permettent de transporter des matériels plus lourds ou volumineux (chars). Mais un grave inconvénient : elle oblige à entretenir deux types d’avions différents, à former des pilotes sur deux avions et, surtout, en opérations oblige à une rupture de charge (transfert d’un avion ou un autre qui oblige à avoir du personnel, du matériel et du temps disponible). Le prix d’achat de ce type de matériel n’est pas non plus négligeable et revient grosso modo au prix de l’Airbus A400M pour des appareils de conception plus ancienne. A terme, elle est aussi plus onéreuse et moins opérationnelle.

Keine Alternativ ? Enfin, et ce n’est pas le moindre des enjeux, derrière le côté opérationnel, se profile l’enjeu stratégique industriel et l’enjeu politique. Un nouvel avion permet de se positionner et de rester sur le marché, d’investir dans la recherche et technologie, qui peut servir à d’autres programmes, d’avoir un poids de décision sur le programme. En achetant un appareil existant, ce poids diminue et l’investissement est en partie faits à « fonds perdus ». Ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’interrogé par ses parlementaires sur l’existence d’une solution alternative, le gouvernement allemand a répondu : « Keine » (aucune).

(photo : Wikipedia - l'Antonov 70)

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logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.