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25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 06:20

C'est le constat sans nuances d'Irakli Porchkhidze, le secrétaire général adjoint du Conseil national de sécurité de Géorgie, qui était présent devant la sous-commission Défense du Parlement européen, ce jeudi. « La Russie bloque l'exécution complète du mandat d'EUMM (la mission d'observation de l'UE), alors que le mandat de l’EUMM s’exerce normalement sur l’ensemble du territoire géorgien dans ses frontières reconnues internationales. Les conséquences sont désastreuses sur le terrain : nous assistons à une dépopulisation, une militarisation des 2 enclaves, et une menace à la souveraineté géorgienne. ».

"Epuration ethnique"

« La Russie occupe un territoire qu’elle ne contrôlait pas avant 2008. Et on assiste sur les territoires occupés à une véritable épuration ethnique » affirme-t-il. « Environ 400.000 géorgiens ne peuvent rentrer chez eux. Mais il n'y a pas que les Géorgiens: il y a aussi quelques minorités comme des Estoniens ou Grecs. Les Russes ont rasé des villages en Ossétie, afin de porter atteinte à l’équilibre démographique. On retrouve la même situation en Abkhazie. Il n’y a plus que 10.000 personnes (alors qu’avant 40.000 habitants). Il y a un processus de dépeuplement en cours. »

"Une forteresse militaire"

Ce n'est pas tout ! « En violation flagrante du cessez-le-feu, 10.000 soldats russes sont stationnés sur les territoire occupés. Les Russes en ont fait une forteresse militaire. Nous sommes à 40 Kms de Tbilissi. C'est un endroit stratégique. Car l'autoroute Est Ouest qui relie les deux parties de la Géorgie, est un lien vital pour son équilibre, sa sécurité et le commerce. La présence militaire exerce une véritable pression psychologique. L'État géorgien se trouve en état de siège. » explique-t-il. « Il y a des coûts humains mais aussi environnementaux. Les Russes extraient en Abkhazie des pierres, du sable, des métaux, pour exporter des matériaux en Russie, notamment pour les travaux des J.O. de Sotchi. On menace ainsi l'équilibre géologique et environnemental. »

"EUMM doit rester et aller en Ossétie et en Abkhazie"

Et le responsable géorgien de lancer un appel au maintien de la mission européenne EUMM. « Elle est nécessaire. C'est la seule force internationale présente dans la région. (...) La Russie a toujours pensé que la présence d’observateurs internationaux en Géorgie n'était pas nécessaire. Elle a utilisé le mécanisme consensuel de l’OSCE pour bloquer la présence de l’OSCE, tout comme de l’ONU. L’EUMM est la seule présence internationale sur lequel la Russie n’a pas de veto. Cette présence sur le terrain est le préalable nécessaire à la stabilité à venir. Il est essentiel d’étendre la mission EUMM et d’avoir accès aux territoires occupés. »

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24 juin 2010 4 24 /06 /juin /2010 23:50

Les ambassadeurs du COPS - le Comité politique et de sécurité de l'UE - se réunissent ce vendredi avec comme point important à son ordre du jour : le Kirghizstan. Il s'agit non seulement d'évaluer la situation dans ce pays peu éloigné de l'Afghanistan, secouée par des violences inter-ethniques, mais aussi de préciser le possible engagement européen dans le pays. L'assemblée parlementaire comme l'envoyé spécial de l'OSCE dans la région, Kimmo Kiljunen, ont recommandé l'envoi d'un corps de police international. Une force civile de 50 à 150 policiers destinées à aider la police khirghize à stabiliser la situation et rechercher les fauteurs de troubles, et qui assurerait également une certaine présence internationale donc un retour à la confiance.

Mais cette force est suspendue pour l'instant à l'accord de Moscou (les décisions de l'OSCE se prenant au consensus). De Washington où il est actuellement en visite, le président russe Medvedev n'a pas montré d'enthousiasme : la Russie ne planifie pas l'envoi de forces de paix dans le pays, a-t-il déclaré.  Il n'est pas encore question d'une mission de l'UE. Mais il n'est pas interdit d'y songer... Et on y songe apparemment (en se référant au modèle géorgien) même si tous les représentants des 27 ne sont pas sur la même ligne, pour l'instant. En attendant, l'équipe du représentant spécial de l'UE en Asie centrale, Pierre Morel, va être renforcée d'urgence. La décision a déjà été prise ce mercredi. Et 6 personnes sont en passe d'être recrutées pour renforcer les bureaux du Représentant spécial au Kirghizstan et en Ouzbékistan.

CarteKhirghizstan@OnuLes violences qui ont début à la mi-juin ont fait officiellement 261 morts. Mais le bilan pourrait atteindre les 2000 morts, selon d'autres sources (un chiffre repris même par la présidence par intérim du pays, Roza Otunbayeva). Elles auraient été provoquées par des proches l'ancien président Bakyev et à des militants venant d'Afghanistan de la province voisine du Badakhshan affirme le chef de la sécurité khirghize, Keneshbek Dushebayev, selon des propos rapportés par Ria Novosti. L'hypothèse de trafiquants de drogues en provenance d'Afghanistan n'est pas exclue non plus, selon nos confrères russes. "La région d'Och (dans laquelle se sont produits des troubles) représente une sorte d'embouchure par laquelle les stupéfiants se propagent dans toute l'Asie centrale. Cette région est une plaque tournante du trafic de drogue", estime le directeur du Service russe de contrôle des stupéfiants (FSKN) Viktor Ivanov, selon RIA Novosti. La Russie songerait ainsi à implanter une deuxième base militaire au Kirghizstan, en plus de la base aérienne de Kan ( 10 avions, 14 hélicoptère, deux compagnies de parachutistes).

Lire aussi : Kirghizstan, l'UE préoccupée. Le mot est un peu faible ! (maj)

(crédit carte : ONU)

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24 juin 2010 4 24 /06 /juin /2010 17:10

SaryuszWolski2.jpg(Parlement européen, Bruxelles) Le débat au Parlement européen, sur le concept stratégique de l’OTAN s’annonçait tranquille, mercredi. Jamie Sheah et Jean-François Bureau pour l’OTAN, l'un directeur de la planification politique, l'autre assistant au secrétaire général chargé de la diplomatie publique, avaient exposé les enjeux majeurs. On en était aux prises de parole des parlementaires. Et voilà que le chef de la délégation du PE auprès de l'assemblée parlementaire de l'OTAN, Jacek Saryusz-Wolski, décida de jouer les trublions et de mettre les pieds dans le plat. « Oui nous avons une relation difficile, très difficile. Il ne faut pas le nier » a-t-il précisé. « Ce ne sont pas des questions techniques. C’est un problème plus fondamental de volonté politique. Entre nos deux organisations, il y a deux volontés politiques différentes, deux philosophies différentes. » ajoute Saryusz-Wolski. « La Pologne et la France sont les seuls Etats membres qui veulent élaborer un rapprochement entre les deux. C’est une priorité de la présidence polonaise. »

Le parlement européen n'est pas mieux traité par l'OTAN que le parlement iranien

Principal reproche de l’eurodéputé polonais de la Plate-Forme civique : « Nous avons demandé plusieurs fois au Secrétariat général de l’Otan de venir, il n’est jamais venu. Nous souhaiterions le voir en plénière, dans une grande salle, dans une réunion du comité. Le Parlement européen a rédigé un rapport sur l’OTAN (celui d’Ari Vatanen). Personne ne semble l’avoir lu (…). Nous avons besoin de relations plus étroites, qui ne soient pas en concurrence. Nous avons surtout besoin d’une volonté politique. Mais elle fait défaut. On s’écoute. Mais on ne s’entend pas. Il y a deux monologues au lieu d’un dialogue. (…) Le Parlement européen est traité au même niveau de relations que le Parlement iranien »

Et le député de conclure, la question c’est : « Comment la PSDC va être prise en compte (avec les changements du Traité de Lisbonne). Nous avons besoin d’une NATOisation des capacités européennes, mais aussi une EUROPEisation de l’OTAN, un réel changement mental, philosophique».

 

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23 juin 2010 3 23 /06 /juin /2010 17:23

L'article paru dans Rolling Stones sur le général Mc Chrystal, commandant en chef des forces américaines et alliées de l'OTAN en Afghanistan, a fait du bruit car il mettait en cause la haute hiérarchie politique de Washington, le président Obama et le vice-président Biden, en tête. Ce que l'on a moins commenté est son attitude pour le moins autant désinvolte vis-à-vis de ses alliés, à commencer par la France. L'article commence d'ailleurs par un dîner tenu à Paris, à l'hotel Westminster, où le général doit présenter à des officiels français (ministres y compris) la stratégie militaire en Afghanistan. Il est chargé, comme le raconte le journaliste "de vendre la nouvelle stratégie de guerre aux alliés de l'OTAN pour maintenir la fiction que nous avons des alliés". Apparemment McChrystal va à ce dîner à reculons. Il n'est pas dans son élément. Il déclare ainsi : "I'd rather have my ass kicked by a roomful of people than go out to this dinner," He pauses a beat. "Unfortunately," he adds, "no one in this room could do it." Et tout est à l'avenant...  A lire absolument ! lire l'article ici

(dernière minute) Le président américain a décidé de décharger le général Stanley McChrystal de ses fonctions et de le remplacer par le général David Petreaus.

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23 juin 2010 3 23 /06 /juin /2010 15:49

Les trois pays qui vont prendre la présidence (Belgique, Hongrie, Pologne) sont tombés d'accord un papier de position commune sur la coopération structurée permanente (PESCO selon l'acronyme anglais). Un papier qui fait suite à un premier "non-paper" (document de discussion) de la Belgique.

 

Priorité de la présidence belge

Une réunion d'experts de haut niveau y sera consacrée le 13 juillet. Et la présidence belge qui a placé cette innovation du Traité de Lisbonne au centre de ses priorités (du moins en matière de défense) espère bien susciter un engouement (qui n'a pas encore vraiment existé jusqu'ici) voire trouver un accord général au second semestre 2010 pour permettre la mise en place de la PESCO en 2011.

Priorité essentielle car il s'agit au final d'avoir une "plus grande efficacité" des dépenses de défense, "d'éliminer certaines duplications actuelles", de "remédier aux déficits identifiés" de capacités et "d'aboutir à un meilleur taux d'efficacité opérationnelle" (4% seulement des forces de l'UE sont actuellement déployés).

Ce document reprend nombre d'éléments de l'approche belge (1), notamment sur la notion d'objectifs progressifs. De manière générale, il prône ainsi une approche "pragmatique et prudente", en évitant un "enlisement" dans un débat trop technique car le premier objectif "est de créer un rapprochement politique". Il fixe aussi un développement en trois étapes : 1° d'abord, un accord sur les choix existants, 2° ensuite, la définition en principe des critères à respecter, 3° enfin, la réflexion sur le rôle de l'Agence européenne de défense.


1. Les choix principaux

La coopération structurée permanente doit être : inclusive, militaire, unique, permanente et progressive ou convergente.

Ainsi la PESCO ne doit "pas se limiter à un petit nombre de pays". Elle devrait être selon la vision du trio Belgo-Hungaro-Polonais "plutôt inclusive". Une Europe de la Défense à deux vitesses doit être évitée." Quoi qu'il en soit le travail effectué dans le cadre de la PESCO devrait rester "transparent pour tous les Etats membres" (autrement dit pour ceux qui n'y participent pas.

La PESCO doit garder son objectif militaire initial. Il est "prématuré de considérer une intégration complète des aspects civils et militaires, même si cette possibilité ne peut être exclue". Elle doit viser aussi bien le renforcement des capacités, que l'armement ou les aspects opérationnels.

La coopération structurée permanente est une mais divisible. La PESCO doit rester "unique et permanente". Il n'y a pas d'autre interprétation juridique possible. Ce ne peut "pas être une coopération occasionnelle". Mais des coopérations ad hoc peuvent s'établir en dehors d'elle. "Intégrer toutes les formes existantes de coopération ne présenterait pas automatiquement d'avantages additionnels". Pour le trio auteur du document, c'est davantage un "cadre stratégique  et général" permettant de donner une "structure à des formes thématiques de coopération dans différents domaines". Quatre domaines sont cernés : les capacités, l'opérationnel, l'industrie de défense et d'armement, la recherche & technologie.

Enfin, pour ses concepteurs, la PESCO doit être un processus de convergence. Elle ne doit pas refléter la situation actuelle des différents Etats membres mais ce qu'ils ont l'intention de développer dans un temps donné. (NB : un processus très proche de l'Union économique et monétaire en quelque sorte).


2. Des critères de convergence : mesurables et progressifs dans le temps

Le principe est de pouvoir remédier "de façon multinationale" aux déficits en matière d'opérations et de capacités. Ce qui implique tout d'abord d'avoir une définition de "standards". Les critères de sélection des Etats participant à la PESCO doivent être conformes aux engagements de l'OTAN, tournés vers ce que les Etats peuvent fournir en matière de défense (outputs) et non ce qu'ils fournissent (inputs), être "mesurables" en termes de tâches à effectuer ou de capacités acquises, et, pourrait-on dire, raisonnables, faisant la part entre la nécessité d'avoir des "critères ambitieux" et d'avoir une "coopération inclusive".

Chacun des objectifs sera défini pour chacun des 4 domaines. Ce qui devrait permettre de "convaincre des Etats membres hésitants" (qui peuvent être d'un intérêt notable pour certaines tâches et pas pour d'autres par exemple).

Ces objectifs seront conçus de manière dynamique. Les objectifs peuvent évoluer dans le temps, par paliers. Ce qui permettrait d'encourager les Etats membres à "systématiquement augmenter leur niveau actuel d'ambition".

L'obligation de mettre à jour le plan de développement des capacités (CDP) en 2010 serait une "opportunité" pour l'harmoniser avec les objectifs de la coopération structurée permanente.


3. Le rôle de l'Agence européenne de défense : renforcé

L'Agence européenne de défense a un rôle précisément défini dans la PESCO, d'évaluer chaque année les contributions des Etats membres y participant. Le rôle de l'Agence reste "peu clair". Le trio estime que ce rôle de "facilitateur, qui presse les Etats membres de coopérer et participer aux programmes conjoints" est essentiel. Et que le rôle existant de l'Agence doit être "confirmé et renforcé".


Papier à télécharger ici

 (1) lire : La coopération structurée permanente, selon la Belgique

 

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23 juin 2010 3 23 /06 /juin /2010 06:01

 

Voici quelques détails sur le personnel et l'organisation budgétaire du nouveau Service diplomatique de l'UE qui a obtenu l'aval politique de toutes les parties prenantes (lire : Accord sur le service diplomatique : voici le texte ! et quelques commentaires).

 

Le service européen d'action extérieure (SEAS) comprendra ainsi exactement - selon le document budgétaire présenté par la Commission - 1525 personnes : 411 postes transférés du Conseil, 1 114 postes transférés de la Commission. A cela il faut ajouter : 100 nouveaux postes d'administrateurs supplémentaires créés (dont 80 dans les délégations) d'ici la fin 2010 (premiers recrutements en octobre et novembre) ainsi que 70 contractuels (10 au siège "afin de remplir les tâches supplémentaires assignées par le traité" et 60 agents locaux supplémentaires dans les délégations). Si on prend l'ensemble du personnel (notamment les agents locaux des délégations, on arrive à 5-6000 personnes selon un diplomate européen).

Le budget "personnel" de la PeSDC dans le nouveau SEAE se monte à : 9,5 millions d'euros. 

Le renforcement des ambassades de l'UE

Le renforcement des ambassades de l'UE est assez urgent. Depuis le 1er janvier 2010, plus de 60 délégations de l'UE assument le rôle joué jusqu'à là par la présidence tournante de l'UE, ce qui inclut notamment des "tâches supplémentaires de représentation, de coordination et de négociation" (à New-York, c'est environ 1.000 réunions par an de coordination des Etats-membres pour les Nations-Unies, selon un haut diplomate européen).

L'objectif est donc de leur donner quelques moyens supplémentaires. Les 80 nouveaux postes AD, seront progressivement pourvus au cours du dernier trimestre de 2010. Des besoins complémentaires évalués ainsi :
– renforcement des délégations qui ne comptent aucun spécialiste des questions politiques (environ 40 nouveaux postes AD);
– renforcement des délégations multilatérales (environ 20 nouveaux postes AD);
– revalorisation des délégations régionalisées et création de fonctions de chef de délégation adjoint (environ 20 nouveaux postes AD);
– 60 agents locaux qui fourniront l'appui nécessaire.

Répartition des postes

Une première partie des nouveaux postes AD sera réservée aux diplomates des Etats membres. "Ce qui permettra aussi de respecter en 2013 l'engagement d'attribuer un tiers des postes AD à du personnel issu des services diplomatiques des États membres" explique la Commission.

D'un point de vue formel, tout recrutement en 2010 sera fait officiellement au nom de la Commission. Simplement, la Commission déléguera entièrement les compétences requises d'autorité de nomination/de pouvoir adjudicateur à la Haute Représentante pour lui conférer une compétence exclusive en matière de procédure de sélection.

Une nouvelle section au budget : la section X

Un document budgétaire a été adopté par la Commission européenne afin de modifier le budget 2010. Il s'agit de créer une section X dans le budget pour le Service européen d'action extérieure, puis d'assurer les transferts de crédits nécessaires et prévoir le budget pour les recrutements supplémentaires.

L'objectif de la Commission pour l'exercice budgétaire 2011 est "de faire en sorte que le SEAE dispose de son propre budget total pour 2011, y compris tous les crédits connexes". Une lettre rectificative au projet de budget 2011 va ainsi être transmise "en temps opportun" pour être intégrée dans la procédure budgétaire annuelle.

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22 juin 2010 2 22 /06 /juin /2010 16:40

SousMarinBruinvis-Nl020605.jpgC'est très officiel.... Le ministère néerlandais des Affaires étrangères a confirmé que les Pays-Bas allaient déployer un sous-marin pour combattre la piraterie au large de la Somalie. Les ministres de la Défense, Eimert van Middelkoop, et des Affaires étrangères, Maxime Verhagen, ont envoyé une lettre à la Seconde Chambre pour annoncer que ce navire participerait à l'opération de l'OTAN "Ocean Shield" de septembre à novembre 2010.

Objectif de ce déploiement : parfaire la surveillance des unités dans la zone opérationnelle, et assurer le complément avec les hélicoptères ou les avions de patrouille maritime. Ca c'est l'objectif officiel. On peut considérer aussi que ce sous-marin aura une vocation de surveillance plus soutenue (et discrète) des ports pirates ou des différents mouvements de navires suspects, voire d'assurer un soutien en cas d'assaut pour récupérer un bateau capturé par les pirates.

Coût de ce déploiement : 2,3 millions d'euros, payé sur le budget "gestion de crises".

A noter : les PaysBas déploieront également une frégate : le HNLMS Tromp, de mars à juin 2011, ainsi que les frégates De Zeven Provinciën et HNMLS De Ruyter pour l'opération européenne Atalanta (la planification est en cours).


 
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22 juin 2010 2 22 /06 /juin /2010 12:42

Après l'accord sur le service diplomatique de l'UE, nous commençons à apercevoir le détail des négociations.

Voici les textes mis au point (amendements en gras) :

- le projet de décision tel qu'il ressort des dernières discussions (à télécharger ici) accompagnée de deux déclarations.

- l'une sur la responsabilité politique (à télécharger ici),

- l'autre sur l'organisation basique de l'administration centrale du Service (à télécharger là).


Et quelques commentaires... Parmi les changements notons (rapidement) :

Au niveau des structures

 - La création d’un poste de « directeur général au budget » qui aura un accès direct à la Haute représentante (article 4). Un board réunira donc la Haute représentante, les trois secrétaires généraux (lire : le trio), et le Directeur général du budget. Le "club des 5" en quelque sorte !

- La création d'un département "relations institutionnels" chargé notamment des relations avec le Parlement européen et les parlement nationaux (déclaration 1).

- la création d'un département "cohérence" chargé auprès de la HR d'assurer la cohérence de l'action extérieure de l'UE, notamment avec les autres membres de la Commission européenne (déclaration 1).

Au niveau du recrutement

- Une attention soutenue à l’équilibre géographique (il s’agit d’un engagement politique uniquement, considérant 7ter).

- Un meilleur équilibre des agents européens et des agents nationaux : au moins 60% de fonctionnaires Européens niveau Administrateurs (AD), à terme. Ce chiffre comprend également les diplomates venus des Etats membres qui auront été titularisés (article 6-8). En attendant, ainsi que le précise-t-on à la Commission, il y aura une attention soutenue aux candidatures nationales, afin de permettre leur insertion dans le service diplomatique. Le Parlement européen souhaitait éviter une appropriation par les Etats membres.

- la possibilité pour les diplomates nationaux de rester au maximum 10 ans au service diplomatique : 4 ans renouvelable 2 fois + 2 ans exceptionnel. Le Parlement européen refusait qu’ils soient soumis à une rotation nationale trop rapide (article 6 note 8).

- l'obligation pour chaque institution de réintégrer ses membres d'origine (article 6-10).

- Le transfert de tous les effectifs prendra effet au 1er janvier 2011 (article 6bis).

- En annexe, figurent le détail de tous les services "Commission" et "Conseil" transférés au Service diplomatique.

 Au niveau de la gestion financière et budgétaire

- Le renforcement de la capacité d'audit interne (article 3).

 - Des engagements sur les manières de gérer le budget et d'engager les dépenses (article 7).

- La répartition des tâches avec la Commission pour le budget PESC, l'Instrument de stabilité, l'instrument de coopération avec les pays industrialisés (article 8-6).

- Une clause de rendez-vous est fixée à mi-2013 pour mettre à jour cette décision et en vérifier la bonne application, notamment en matière de l'équilibre géographique (article 12).

 

Le calendrier reste très tendu : séance au Parlement européen en juillet, adoption au Conseil des Affaires générales du 26 juin, publication de la décision dans la foulée. Il faudra encore attendre un peu pour les règlements « personnel » et « budget ». Début des recrutements en octobre. Service opérationnel en décembre. En fait, en 2011. Chez Catherine Ashton, et à la Commission européenne, on croise maintenant les doigts et on a déposé un cierge à la "Saint Schuman"  pour que le Parlement européen ratifie l'accord et donne son aval à tout le paquet.

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22 juin 2010 2 22 /06 /juin /2010 06:15

 

L'accord politique sur la création du Service européen d'action extérieure a un avantage : permettre de déboucher le processus de nominations, à commencer par le trio de tête.  A la tête du service d'action extérieure, trois noms se profilent le plus souvent pour occuper les postes de direction au secrétariat général (*) : un Français, fin produit de la Diplomatie française, un Italien, ancien de la Diplomatie italienne passé au service de la Commission, un Polonais plus jeune mais très politique. Tous ont l'avantage d'avoir un parcours varié soit en diplomatie, soit à la Commission européenne, ou dans une autre institution européenne dans des postes techniques ou plus politiques.


PierreVimont-Fr09.jpgLe Français Pierre Vimont, serait le Secrétaire général exécutif. « Pour ce poste, il faut quelqu'un d'une certaine stature, il n'y a pas 10.000 personnes à avoir ce profil et être disponible » précise un proche de Cathy Ashton. Vimont a effectivement la carrure : un diplomate hors pair, fin connaisseur des arcanes de l'Union européenne. Il est aujourd'hui ambassadeur de France à Washington (depuis juillet 2007), et a été auparavant. ancien directeur de cabinet du ministre des Affaires étrangères (d'abord Michel Barnier puis de Philippe Douste-Blazy).

Né le 15 juin 1949, après l'ENA, il opte pour la carrière diplomatique. L'ambassade de France à Londres est son premier poste d'abord comme deuxième secrétaire puis premier secrétaire (1977-1981). A la nomination de la gauche au pouvoir, il occupe le poste stratégique de l'information et de la presse au Quai d'Orsay (1981-1985) puis passe à l'Institut pour les études des problèmes de sécurité est-ouest à New York. En 1986, il effectue son premier séjour à la Représentation permanente à Bruxelles (jusqu'en 1990). Il est ensuite directeur du cabinet du ministre délégué aux Affaires européennes (1990-1991) aant d'occuper plusieurs postes au Quai d'Orsay (directeur du développement et de la coopération scientifique, technique et éducative, directeur général adjoint des relations culturelles, scientifiques et techniques, directeur de la coopération européenne). En 1999, il revient à Bruxelles comme ambassadeur - représentant permanent, avant de passer en 2002 directeur de cabinet du ministre des Affaires étrangères sous le gouvernement De Villepin (d'abord Michel Barnier puis Philippe Douste-Blazy).


Saninno-.jpgL'Italien, Stefano Sannino, serait nommé Secrétaire général adjoint. Il est actuellement directeur général adjoint de la DG Relex chargé de l'Amérique latine et de l'Asie à la Commission européenne. Mais il a un parcours diversifié. Sannino a d'abord en effet occupé différents postes au sein des ministères italiens des affaires étrangères et du commerce extérieur, notamment dans les Balkans. Il a été chef de mission adjoint à l'ambassade d'Italie à Belgrade (1993-1995) et chef de la mission de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) auprès de la République fédérale de Yougoslavie (2001-2002), avant de rejoindre la Commission européenne en 2002.

Il sert d'abord en tant que conseiller pour les relations extérieures et le commerce au sein du cabinet du Président de la Commission, l'Italien Romano Prodi. Il a notamment été son sherpa au G8. En 2005, il est nommé directeur chargé de la plateforme de crise et représentant au COPS, au sein de la DG Relations extérieures. Quand Prodi est repassé à la tête du gouvernement, il l'a suivi. De 2006 à 2008, il a été détaché au cabinet du Premier ministre italien en tant que sherpa du G8 et conseiller principal pour l'UE et les affaires internationales, avant de revenir à la Commission en 2008 comme directeur chargé de l'Amérique latine.


Dowgielewicz-Fb.JPGLe Polonais, Mikołaj Dowgielewicz, serait le 2e secrétaire général adjoint. Actuellement serétaire d'Etat aux Affaires européennes, en charge de la préparation de la présidence polonaise, c'est le plus jeune du trio. Mais sa carrière a été rapide. Né en 1972, il étude à l'université des sciences sociales de Varsovie, à l'université de Hull (Royaume-Uni) puis au collège d'Europe de Natolin.

Entré au cabinet politique du ministre polonais des Affaires étrangères (1998-2000), puis conseiller du président de la commission des lois européennes de la Diète polonaise (2000-2001) et chef du service académique du Collège d'Europe (2002-2003), il rejoint ensuite Bruxelles d'abord comme conseiller presse du président du Parlement européen, le libéral Pat Cox (2003-2004), puis comme porte-parole de la vice-présidente de la Commission européenne en charge de la Communication, la Suédoise (sociale-démocrate) Margot Wallström (2004-2007), avant d'intégrer son cabinet (2007). Il retourne à Varsovie avaec la victoire de la plate-forme civique et devient de 2007 à 2009, secrétaire puis Secrétaire d'Etat du comité à l'intégration européenne.

 

Attention ! Tant que ces nominations ne sont pas faites, on ne peut parier sur rien. Et d'autres noms peuvent apparaître.

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21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 17:38

Ouf ! Cette réunion aura été la bonne. Réunis à Madrid, en "quadrilogue", la présidence espagnole de l'UE, la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, la Commission européenne et le Parlement européen sont tombés d'accord sur la proposition de décision du Conseil créant le service diplomatique, qui comprendra, en annexe, deux déclarations de la Haute représentante sur la responsabilité politique et sur la structure de l'administration centrale. Chacune de ses institutions s'engage à rechercher l'adoption du "paquet" aussi vite que possible. Et à travailler "de façon constructive" pour chercher une solution aux questions restant en jeu notamment sur le règlement financier et le règlement du personnel. Il ne s'agit, en effet, que d'un accord politique. Certains détails restent à fixer. Mais il était plus que temps ! Cela fait plus de six mois que le Traité de Lisbonne est en vigueur, maintenant. Et plusieurs réunions ont été nécessaires depuis la présentation du texte, en mars, pour en arriver là (lire : Ashton revendique un Service diplomatique "autonome". Détails). Citons notamment quelques dates : le 14 avril, le 27 avril, le 10 mai, le 27 mai et le 8 juin...

  • Voici le texte de la déclaration en trois points (en anglais)
  • 1.      The parties reached today political agreement on the proposal for a Council Decision establishing the organisation and functioning of the European External Action Service. In addition to the Decision, parties reached agreement on the text of two Declarations by the High Representative: on political accountability and on the basic structure of the central administration.
    2.    On the basis of the agreement reached, the participants committed themselves to seek endorsement of the package by their respective institutions as soon as possible in order to proceed to formal adoption of the Council Decision establishing the organisation and functioning of the European External Action Service and the related Declarations, once all the procedural steps would have been completed.
    3.    In addition, the participants agreed that they have now to work constructively for the solution of the remaining questions in particular the adoption of the Financial Regulation and the Staff Regulations and CEOS.
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logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.