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21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 14:06

InsBrahmaputraF31-Ind.jpgAprès la discussion sur le service diplomatique à Madrid, la diplomate en chef de l'UE, Cathy Ashton s'envole vers l'Inde, quatrième destination importante après Washington, Moscou, Pékin. La piraterie et la politique de sécurité et de défense figurent au programme. Objectif (entre autres) : resserrer les liens avec l'Inde tant dans la gestion de crises - dans la lignée de la déclaration finale du sommet UE-Inde de Marseille en 2008 (1) - que dans la lutte anti-pirates. Elle emmène d'ailleurs avec elle le "monsieur terrorisme" de l'UE (Gilles de Kerchove) ainsi que le chef d'Etat-Major militaire de l'UE (Ton Van Osch) et devrait notamment rencontrer à Delhi, le conseiller indien à la sécurité nationale, Shiv Shankar Menon.  

Coté piraterie, la marine indienne est en effet très active, et il importe ainsi d'avoir une coopération plus rapprochée, voire de conclure un accord de transfert des suspects (ce qui paraît difficile), d'autant que la piraterie se rapproche des côtes indiennes. La marine indienne vient d'ailleurs de publier son bilan, depuis octobre 2008, le début de sa présence dans le Golfe d'Aden. Elle a ainsi escorté très exactement 1037 navires, dont 134 battant pavillon indien et 903 battant un autre pavillon. Et le ministère de la Défense a récemment exprimé son intention de maintenir en permanence au moins un navire de guerre dans la zone.

(1) Plusieurs thèmes de coopération étaient inscrits, notamment "l'échange de bonnes pratiques sur les opérations de contruction de la paix, y compris en Afrique, ou l'intensification des échanges en matière de lutte anti-terroriste".Téléchager le Joint Action Plan (JAP)

(crédit photo : Marine Indienne - la frégate Brahmaputra F31)

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21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 12:49

AshtonHearing@PE100112Catherine Ashton, la diplomate en chef de l'UE, a soumis aux parlementaires européens, lors d'une nouvelle réunion du "quadrilogue", à Madrid ce lundi, un projet de "lettre d'engagement politique" (1).

L'objectif est de pouvoir donner les garanties que le Parlement européen exige pour donner son aval à la création du Service, sans devoir modifier le texte de la décision sur le Service d'action extérieure de l'UE qui a fait l'objet d'un accord à 27 (les Etats membres). Ce qui permettrait de débloquer le texte principal créant le Service européen d'action extérieure et de pouvoir passer aux étapes suivantes (nominations...). Ce dispositif de lettre d'engagement politique est un procédé assez courant au niveau institutionnel quand il s'agit - sans modifier un texte - de modifier la pratique (il avait notamment été utilisé par Romano Prodi, président de la Commission européenne, pour obtenir l'aval des députés européens à sa commission en 1999).

Cette lettre préciserait notamment, noir sur blanc, l'engagement de la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, de venir devant le Parlement dès que celui-ci en fait la demande, ou de se faire représenter le cas échéant au plus haut niveau politique - soit par un commissaire européen si cela concerne plus l'activité de la Commission européenne, soit par un ministre des Affaires étrangères (de la présidence ou autre) si cela concerne l'activité du Haut représentant. 

Le Parlement européen n'a qu'un pouvoir d'avis sur cette décision... mais il peut faire traîner cet avis. Ce qui retarde d'autant l'adoption du texte. Sur les autres éléments du paquet "service diplomatique européen" (budget, personnel), le Parlement européen a le pouvoir de codécision. La commission des affaires juridiques du Parlement européen débat ainsi mercredi du texte fixant les statuts du personnel. L'objectif de la présidence espagnole reste de boucler le dossier aussi vite que possible pour permettre les premiers recrutements à l'automne.

(1) Le "quadrilogue" regroupe toutes les parties : les rapporteurs du Parlement européen (Guy Verhofstadt, Elmar Brok, Roberto Gualtieri), la présidence tournante de l'UE (le ministre espagnol des Affaires étrangères M.A. Moratinos) ainsi que le jurisconsulte du Conseil (Jean-Claude Piris), la Haute représentante de l'UE ainsi que la Commission (Maros Sefcovic, le commissaire chargé des Affaires administratives).

(crédit photo : Parlement européen - C. Ashton lors de son audition au Parlement européen)

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21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 06:38

La société de sécurité privée, Unity OSG, établie à Dubaï et Kaboul, qui était en conflit avec le Conseil de l'UE pour ne pas avoir obtenu le contrat de protection des forces de la mission de police EUPOL en Afghanistan a finalement renoncé à agir. Une ordonnance du président du tribunal a prononcé, le 29 avril dernier, en toute discrétion, la radiation de cette affaire. Il semble que les deux parties aient trouvé un arrangement amiable pour éviter de porter cette affaire en justice.

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20 juin 2010 7 20 /06 /juin /2010 20:58

Le canot des pirates présumés ont été entourés par des vedettes rapidesSix pirates ont été interceptés par les marines néerlandais du Jo han de Witt (qui participe à l'opération anti-piraterie de l'UE "EUNAVFOR Atalanta") dans le Golfe d'Aden, vendredi. Ils avaient été repérés dans la matinée par un avion de patrouille maritime allemand P3C Orion à bord d'une embarcation considérée comme suspecte avec une échelle sur le pont.

A l'approche des Marines, les six suspects avaient d'ailleurs balancé échelle et armes par-dessus bord. Et des tirs de sommation ont été nécessaires pour les stopper. Après interrogatoire et examen médical, à bord du Johan de Witt, les six Somaliens ont été relâchés et ramenés à terre.

Le Johan de Witt a également à bord une équipe de protection embarquée maltaise (Lire également : Malte va participer à l'opération Atalanta et Eutm Somalia).

(crédit photo : Bundeswehr)

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20 juin 2010 7 20 /06 /juin /2010 19:56

Le général Janusz Bojarski, chef du Département des ressources humaines au ministère de la Défense, pourrait être le prochain représentant militaire polonais à l'OTAN et à l'Union européenne. Cette possible nomination est cependant critiquée au sein de l'armée polonaise, selon le quotidien Rzeczpospolita, qui évoque son manque de leadership et d'expérience sue le terrain,

Ce changement ferait suite à la nomination du général Mieczyslaw Bieniek au poste de commandant adjoint du Commandement de la transformation de l'OTAN à Norfolk. De nombreux changements en cascade sont effectivement en cours dans l'armée polonaise pour remplacer l'Etat-Major décapité dans le crash de l'avion présidentiel à Smolensk (1).

Né en 1956, diplômé de l'école des officiers de communications de Zegrze (1979) et de l'Académie militaire politique de Varsovie "Feliks Dzierżyński" (1984), Bojarski complète ces études par un cursus à l'université de journalisme de Varsovie (1986) et des études de stratégie à l'Académie de Défense nationale (1991). Rédacteur en chef du programme militaire de la radio militaire, il est attaché militaire à Paris en 1993. Chef des relations extérieures du WSI (le service de renseignement militaire), en 1997, puis responsable du bureau des attachés militaires du WSI, il passe à l'ambassade à Paris et Washington comme attaché militaire. Il revient ensuite comme responsable du WSI (chef adjoint en 2004 puis chef faisant fonction à 2006) puis est nommé directeur du département du personnel au ministère polonais de la Défense. Il a été décoré de la médaille d'officier de Légion du mérite (Etats-Unis) et du chevalier de l'Ordre National du Mérite français. 

(1) Lire également : L'avion présidentiel polonais crashe: président tué, Etat-Major décapité

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19 juin 2010 6 19 /06 /juin /2010 23:44

DhowSuspectControl-Swe1006.jpgIntéressante hypothèse qu’ont développée des étudiants du Master Etudes Internationales et Européennes, Sciences Po Grenoble, Paul Houot & Jonathan Crozier : "et si l’emploi de gardes privés à bord des navires n’était pas la meilleure réponse à la piraterie ?" La consigne de l'exercice - comme ils l'expliquent - était d'incarner une société de consulting basée à Bruxelles (société fictive néanmoins) contactée par des groupes d'armateurs tel que la CMA-CGM afin de répondre à leurs exigences sécuritaires lors du passage du Golfe d'Aden. Les étudiants sont en effet partis d'une déclaration d'un délégué de la CMA-CGM dans la presse (publiée par mon collègue du Point, Jean Guisnel sur son blog "Défense ouverte"), demandant la généralisation de l'embarquement de contractuels armés sur les navires pour les protéger des attaques de pirates. Et ils ont voulu défendre "cette option, assez polémique, (pour) en étudier tous les aspects afin de la rendre aussi crédible et efficace que possible".

Le travail est plutôt réussi. Vous pouvez en juger vous-même (en téléchargeant le mémoire). Le format – façon étude, cabinet de lobbying – est facile à lire. Et l'ironie qu'ils y ont maniée est séduisante. Le texte est travaillé et documenté. L’argumentaire se veut très engagé et convaincant. Un peu trop même. Car une telle initiative qui a un certain avantage économique ou opérationnel, présente également de sérieux inconvénients. A commencer par le contexte international et juridique, mais aussi au niveau international. Quelques points que je veux développer ici...

Contexte juridique et de responsabilité.

Au plan international, seules les autorités militaires ou publiques sont, en effet, habilitées à traquer la piraterie maritime. Le devenir des pirates qui pourraient être appréhendés, blessés ou tués est également laissé en suspens. Quant aux problèmes de responsabilité de l’armateur ou du capitaine du navire, ils restent complexes. L’emploi de gardes privés armés peut être (et est souvent) considéré par les assurances comme un facteur de risque supplémentaire (et peut aboutir non pas à une diminution mais une augmentation la prime, ou alors à des conditions d’exclusion de l’assurance).

La question de la qualification et du sérieux des compagnies privées de sécurité. On a vu dans un passé, pas si lointain, quelques gardes privés s’enfuir du navire qu’ils étaient sensés gardés. L’armateur est là triplement perdant : il paie la sécurité, le bateau est capturé, les pirates ne sont pas enclins à des concessions si les conditions d’abordage ont été « dures ». Enfin, le risque de dérapage et de transformation n’est pas apprécié. La piraterie ressort pour l’instant d’un banditisme armé, parfois brutal mais pas sanguinaire. L'emploi de gardes privés ne peut donc se faire sans un sérieux encadrement par l'Etat du pavillon, un peu comme l'ont fait les Espagnols avec les gardes déployés sur les thoniers battant leur pavillon.

Une activité régalienne par excellence

Enfin, il y a à mon sens une question de principe. l’exercice de fonctions régaliennes de police et de justice ne peuvent être déléguées à des personnes privées, que sous certaines conditions.  Si le privé peut intervenir dans certaines fonctions, de soutien (analyse, conseil, entraînement…) voire de présence à bord, le développement de milices privées à bord des bateaux aurait un coût inflationniste et ne résoudrait pas vraiment la piraterie de façon globale. Les pirates soit s’en prendraient à des bateaux qui n’auraient pas de protection – ce qui en termes de protection collective n’arrangerait rien -, soit recourraient à des moyens plus brutaux.

On peut concevoir que la sécurité des 16.000 navires marchands dans le Golfe d’Aden attire des sociétés privées en recherche de marché. On ne peut pas renoncer à ce qui constitue une des motivations primaires d’un État. La sécurité a un coût certain pour la collectivité. Mais c’est pour cela que les Etats ont été instauré : assurer la sécurité collective et le monopole de l’emploi de la force comme de sa légitimité. L’emploi de forces privées ne peut donc pas être seulement considéré sous l’angle de l’efficacité technique et du coût. 

(photo : contrôle d'un dhow suspect par les forces maritimes anti-piraterie de l'UE - marine suédoise)

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19 juin 2010 6 19 /06 /juin /2010 06:04

Le Parlement européen a condamné, le 17 juin, dans une résolution, "l'attaque contre la flottille dans les eaux internationales, qui constitue une violation du droit international" et demandé "une enquête internationale et impartiale sur cette attaque".

Un blocus de la bande de Gaza qui renforce les plus radicaux

Il a également condamné le blocus de la bande de Gaza qu'il considère "une sanction collective qui est contraire au droit humanitaire international" et appellé à sa levée. Ce blocus "n'a pas atteint son objectif, qui était de porter un coup aux extrémistes et, dans la mesure où il touche plus particulièrement les groupes les plus vulnérables de la population, il a conduit à une radicalisation croissante". Il est radical selon le Parlement européen : 3 600 camions d'aide alimentaire seulement sont entrés à Gaza au cours des trois premiers mois de l'année, contre 36 000 au cours du premier trimestre de 2007. Seuls 80 produits seulement sont autorisés à entrer à Gaza alors que l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) estime que 6 000 produits sont nécessaires pour satisfaire les besoins humanitaires essentiels".

Une mission EUBAM renforcée

Le Parlement européen a aussi, et surtout, exprimé son soutien à la mise en place d'une mission européenne de surveillance aux frontières élargie au niveau terrestre voire au niveau maritime. Il "invite (ainsi) instamment la haute représentante (de l'UE)/vice-présidente à prendre immédiatement l'initiative en soumettant au Quatuor un plan de l'Union européenne en vue de lever le blocus de Gaza et d'aborder les préoccupations d'Israël en matière de sécurité en assurant le contrôle international des points de passage, y compris en réévaluant le mandat de la mission d'assistance à la frontière de l'Union européenne (EU-BAM), avec éventuellement une dimension maritime, ainsi qu'en réactivant cette mission et en déployant une force navale internationale pour surveiller le rivage de Gaza".

NB : les parlementaires ont demandé aux Etats membres de "prendre les mesures nécessaires pour convoquer sans délai le Conseil d'association UE-Israël afin de discuter de la situation actuelle". Mais aucune référence n'est faite à une possible sanction sur ce point.

Texte de la résolution à télécharger ici


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18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 22:31

ChurchillBureau.jpgLe 18 juin 1940, le Premier ministre britannique Winston Churchill vient, en effet, devant la Chambre des communes. Le lendemain de la demande d'armistice de la France. Il met non seulement en cause l'erreur tactique française mais aussi ce qu'il faut bien appeler une trahison politique, une rupture de l'accord signé le 28 mars 1940 de ne pas signer de paix séparée. Puis, fidèle à sa constante politique, il appelle à continuer la lutte, éventuellement avec "tout autre gouvernement français" (1).

Coté tactique, le constat du Premier ministre conservateur est direct : « le colossal désastre militaire qui s'est produit lorsque le Haut commandement français n'a pas retiré de Belgique les armées du Nord, alors même qu'il savait que le front français était irrémédiablement enfoncé à Sedan et sur la Meuse. Ce retard a entraîné la perte de 15 à 16 divisions françaises et mit hors d'action, à un moment critique l'ensemble du Corps expéditionnaire britannique ». L'armée britannique et 120.000 soldats français rembarquent à Dunkerque mais y perd « (son) artillerie, (ses) véhicules et (ses) équipements modernes ».

Coté politique, sa lucidité l'est plus encore : « Nous ignorons encore ce qui se passera en France, et si la résistance française se prolongera, sur le sol de France et dans l'Empire. Le gouvernement français va laisser filer de grandes occasions et sérieusement compromettre l'avenir de la France s'il ne continue pas la guerre conformément aux clauses du traité dont nous n'avons pas cru devoir le délier. » Mais il lance un appel au changement : « Quoi qu'il advienne en France, avec le gouvernement actuel, ou avec tout autre gouvernement français, nous tous, sur cette île et dans l'Empire, ne renierons jamais la fraternité qui nous unit au peuple français ».

Coté stratégique, Churchill dresse ce qui peut être un inventaire de la capacité de résistance des Britanniques contre les Nazis : « plus d'un million 250.000 hommes sous les armes et derrière eux, un demi-million de volontaire de la défense locale (LDF), dont une partie seulement est déjà équipée de fusils..., les troupes d'élites venues des Dominions... l'aviation de chasse plus forte qu'elle ne l'a jamais été par rapport à celle des Allemands » Etc. Et il réitère la résolution de la Grande-Bretagne et de l'Empire britannique de continuer la lutte « même s'il y faut des années, même si nous sommes seuls ». « Nous ne renonçons à aucune de nos revendications légitimes ; nous ne reculons pas d'un pouce, pas d'un iota. Les Tchèques, les Polonais, les Norvégiens, les Néerlandais, les Belges ont lié leur sort au nôtre : tous seront un jour rétablis dans leurs droits. »

Plusieurs gouvernements européens rejoignent Londres, capitale-refuge pour la Résistance

A Londres, à l'été 1940, De Gaulle devait se sentir un peu seul face à des gouvernements de plusieurs pays européens qui avaient choisi, souvent avec armes et bagages de rejoindre la résistance.

Un des premiers gouvernements à rejoindre les Britanniques est le Norvégien. le roi Haakon VII et le gouvernement se réfugient à Londres. Il est suivi par le gouvernement néerlandais, qui Reine en tête, arrive en mai. La Reine Wilhelmine dissuade son Premier ministre, Dirk Jan de Geer, de signer une paix séparée, puis le renvoie l'estimant peu fiable. C'est Pieter Gerbrandy qui prend le relais. Dans la corbeille, les Pays-Bas apportent la flotte néerlandaise, les réserves pétrolières des Indes orientales néerlandaises (Indonésie).

ArmeePolonaiseCampSuisse.jpgLe 19 juin, c'est au tour du gouvernement polonais de se constituer à Londres pour "continuer le combat" (il a quitté la France, d'abord Paris puis Angers).

Le général Władysław Sikorski lance un appel à la radio, le 19 juin, aux soldats polonais présents sur le continent de continuer le combat comme allié du Royaume-Uni et appelle les unités polonaises présentes en France (environ 80.000 hommes) rejoindre l'Angleterre, soit par voie navale, soit par la Suisse. Une partie a déjà rembarqué à Dunkerque (notamment la 10e armée de cavalerie blindée).

Des unités polonaises, qui ont été parmi les dernières à combattre en France... jusqu'au 18 juin, notamment autour de Belfort. La première division et la deuxième division passent en Suisse.

Le gouvernement tchécoslovaque, dirigé par Beneš et avec Jan Masaryk aux Affaires étrangères, choisit aussi le chemin de Londres. Puis c'est au tour du gouvernement belge, malgré un peu d'hésitation, et la capitulation du Roi Léopold III. Les Belges apportent leur colonie belge du Congo, précieux apport notamment pour les minerais.

Le gouvernement français (avec Pétain) est ainsi un des seuls gouvernements alliés (avec le gouvernement danois) à être resté au pouvoir et avoir collaboré avec le pouvoir nazi !


(1) Extraits de "Discours de guerre" de Winston Churchill

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18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 21:45

Le format des représentants spéciaux tels qu'on l'a connu jusqu'ici va être bel et bien revu. Même si du côté de Catherine Ashton, la diplomate en chef de l'UE, on s'attelle à démentir toute velléité de suppression pure et simple. Une remise en ordre s'impose, arrivée du Service diplomatique européen oblige. Il est vrai également que la nouvelle Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères n'a jamais prisé vraiment ces envoyés et représentants spéciaux de l'UE (1) établis sous la direction de Javier Solana, qui ont acquis un peu trop d'autonomie et qui font un peu trop "ce qu'ils veulent". Leur mandat n'a ainsi été que provisoirement reconduit, jusqu'à fin août normalement (lire : Les représentants spéciaux de l'UE confirmés, provisoirement).

 

 Une remise en ordre

D'ores-et-déjà, un fait peut être considéré comme acquis : il n'y aura plus - sauf exception - de représentant spécial confiné à un seul pays. La transformation des délégations de la CE en "ambassades de l'UE" va, en effet, propulser les chefs de délégation en "ambassadeurs". Et certains postes de représentants spéciaux pourraient donc être "fusionnés" avec les chefs de délégation. C'est la première piste de travail, déjà appliquée avec l'Afghanistan récemment - où le nouveau représentant spécial, le Lituanien, Vygaudas Usackas, occupe le poste de chef de délégation - ; et de façon anticipée au Traité de Lisbonne avec le Belge Koen Vervaeke à l'Union africaine et Erwan Foueré en Fyrom (Macédoine). Cette solution pourrait être appliquée à d'autres pays : au Soudan par exemple, voire en Moldavie.

Autre piste de travail : l'intégration des représentants spéciaux au nouveau service diplomatique. Ce qui n'est pas évident car le poste de "Représentant spécial" est la seule fonction de politique étrangère, prévue et organisée par les Traités. Il exerce sous l'autorité du Haut représentant, autrement dit "directement" (2), et ne peut donc être intégrée dans une structure hiérarchique trop contrainte. De plus, cela perdrait tout intérêt à la fonction d'un représentant spécial.

Troisième piste de travail : qui semble avoir la préférence (pour l'instant) de Catherine Ashton serait de rendre à ce poste une fonction plus éminemment politique que diplomatique en faisant venir des personnalités politiques de premier plan.

   

Ceux qui resteraient, ceux qui partiraient

Concrètement, Catherine Ashton aurait ainsi indiqué aux ambassadeurs de l'UE qu'elle envisageait de revoir trois postes : le Hongrois Kálmán Mizsei en Moldavie (un peu plus tard), le Suédois Peter Semneby dans le sud Caucase, et - plus étonnant - le Belge Marc Otte au Moyen-Orient. D'autres seraient confirmés, comme le poste de représentant spécial pour les Grands lacs ou celui pour l'Asie centrale. Les représentants ayant une double casquette européenne et internationale — l'Autrichien Valentin Inzko en Bosnie-Herzégovine et Pieter Feith au Kosovo — seraient aussi maintenus. Ces postes sont confinés à des Etats mais il est trop compliqué de découpler les deux fonctions, du moins rapidement. Même si certains responsables d'Etats membres l'estiment nécessaire (voir : P. Lellouche : il faut fermer le poste de OHR en Bosnie).

 

Le retour de Paddy...

Considérée comme "une rumeur", par Catherine Ashton elle-même, l'hypothèse d'un retour de Paddy Ashdown sur la scène européenne et balkanique "ne paraît pas farfelue" selon un diplomate européen. L'ancien envoyé spécial de la communauté internationale en Bosnie-Herzégovine de 2002 à 2006, et également ancien leader des LibDem, ne rêve que de repartir sur le terrain. Et il serait soutenu par le Foreign Office selon le quotidien britannique The Guardian. A défaut d'un poste de représentant spécial en tant que tel, il pourrait obtenir le poste de "conseiller spécial" sur les Balkans. Une manière également très politique pour la Haute représentante de se rapprocher du pouvoir de Londres. 

 

(1) L'UE a actuellement 11 représentants spéciaux : Moldavie, Caucase du Sud, Asie centrale et conflit en Géorgie, Afghanistan, Soudan, Grands Lacs, Union Africaine, Kosovo, Fyrom, Bosnie-Herzégovine,  paix au Moyen-Orient. Lire : Les représentants spéciaux de l'UE confirmés, provisoirement

(2) Article 33 : Le Conseil peut, sur proposition du haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, nommer un représentant spécial auquel est conféré un mandat en liaison avec des questions politiques particulières. Le représentant spécial exerce son mandat sous l'autorité du haut représentant.

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18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 16:16

Le gouvernement kenyan a pris toute une série de mesures, relayée aujourd'hui par la presse kenyane, pour mieux surveiller la circulation "d'argent sale" dans le pays. Il veut mettre ainsi sous surveillance les bureaux de change de monnaie étrangère (forex) ainsi que mener un audit dans ces bureaux. Un amendement à la loi sur la banque centrale (Central Bank of Kenya Act) a été rédigé afin de pouvoir accéder aux informations obtenus de ces audits. On soupçonne notamment les pirates d'utiliser ces voies pour "blanchir" l'argent des rançons. Le gouvernement, très préoccupé par la question, et mis sous pression internationale, semble désormais prêt à agir.

Lire également: Le Kenya veut tracer l'argent illégal (des pirates) sur son territoire

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logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.