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8 décembre 2008 1 08 /12 /décembre /2008 10:05
Finalement, il n'y aura pas de nouvelle stratégie de sécurité et de défense, en tant que telle. Mais simplement une mise à jour, sous forme d'un rapport de Javier Solana, le Haut représentant pour la Politique étrangère et de sécurité commune, au Conseil européen sur la "mise en œuvre de la stratégie européenne de sécurité - Assurer la sécurité dans un monde en mutation". Un rapport élaboré, de façon très étroite, explique un responsable du Conseil avec la Commission européenne et le Parlement européen, qui dresse un inventaire des nouvelles menaces auxquelles serait confrontée l'Union européenne et des avancées (et défis) de l'UE. Rapport examiné par les Ministres des affaires étrangères le 8 décembre.
 
Beaucoup a été accompli en cinq ans. "L'UE a fait des substantiels progrès". Mais il faut aussi relever les défis être "more capable, more coherent and more active", les trois maîtres mots de Javier Solana qui trace ainsi la feuille de route vers l'avenir. Ce rapport n'avance cependant pas d'idée sur ce qui pourrait suivre, comme un "Livre blanc" demandé notamment par le Parlement européen. "Mais ce n'est pas exclu à un stade ultérieur", précise la directrice de l'unité politique du Conseil, Helga Schmidt. De même, il ne se prononce pas sur la proposition russe de "nouveau partenariat de sécurité". Cela n'a pas "l'objectif de ce document".

Des défis plus complexes. "20 ans après la fin de la guerre froide, l'Europe fait face à des défis et menaces de plus en plus complexes". "Certains conflits - comme au Moyen-Orient ou ailleurs dans le monde restent non résolus, d'autres ont même éclaté dans notre voisinage. Les Etats défaillants affectent notre sécurité à travers le crime, l'immigration illégale et, plus récemment, la piraterie. (...) Le programme nucléaire de l'Iran a avancé, de façon significative, représentant un danger pour la stabilité de la région et pour le dispositif de non-prolifération." L'UE, dans cet océan d'instabilité, reste une ère de "stabilité". "L'élargissement a développé la démocratie et une ère de prospérité sur notre continent. Les Balkans changent pour le meilleur. Notre politique de voisinage a créé un instrument cadre fort pour les relations avec le sud et l'est, et une nouvelle dimension avec l'Union pour la Méditerranée et le partenariat oriental."

Avec la mondialisation, des menaces plus interconnectées. La "mondialisation apporte de nouvelles opportunités" explique le rapport. "La croissance soutenue dans le monde en développement, conduit par la Chine, sort des millions de personnes de la pauvreté. Mais la mondialisation apporte aussi des menaces plus complexes et interconnectées. Les artères de notre société - comme les systèmes d'informations et les fournitures d'énergie - restent très vulnérables. Le réchauffement climatique et la dégradation environnementale menacent la face de notre planète. La mondialisation accélère les changements de pouvoir et affiche les différences de valeurs. La récente crise financière a secoué tant les économies développées que les économies en développement".

La palette des instruments de l'UE. Le rapport dresse une version optimiste de l'UE. L'originalité de l'Europe, c'est sa"palette unique d'instruments" (politique, diplomatique, humanitaire, développement, gestion de crises…), qui lui a permis de contribuer "à un monde plus sûr". "L'UE reste le plus grand donateur aux pays dans le besoin. (...) Dans la dernière décennie, la PESD - partie intégrante de la politique étrangère a cru en expérience et capacité, avec plus de 20 missions déployées en réponse aux crises, de la construction du processus de paix post-tsunami à Aceh à la protection des réfugiés au Tchad".

Le credo de Javier Solana : être plus stratégique...

Foin de "complaisance" comme le rappelle lui-même Javier Solana, dans son rapport. Pour "assurer notre sécurité, nous devons être prêts à faire face aux évènements". Il faut être "plus stratégiques dans notre manière de voir, être plus efficaces et visibles dans le monde".

Et le Haut représentant de dresser trois priorités "stratégiques" pour les Européens:

• la protection des populations. "Les gouvernements doivent prendre leur responsabilité des conséquences de leur action et partage leur responsabilité pour protéger les populations du génocide, des crimes de guerres, des nettoyages ethniques et des crimes contre l'humanité". (cela sonne comme un rappel à l'ordre pour les Etats, plutôt passifs face à ce qui se passe au Congo).

• le respect de l'intégrité territoriale. Il est aussi clair que le respect de la souveraineté, de l'indépendance et de l'intégrité territoriale des Etats et le règlement pacifique des conflits n'est "pas négociable". "La menace ou l'usage de la force militaire ne peut être pour résoudre des conflits territoriaux, n'importe où". (une référence on ne peut plus nette à ce qui s'est passé en Géorgie).

• le multilatéralisme. "Nous sommes à un moment unique de renouvellement du multilatéralisme", avec les Etats-Unis et nos autres partenaires. Les priorités de l'UE en matière de sécurité sont "liées aux objectifs de l'ONU". L'UE et l'Otan doivent "approfondir" également leur partenariat pour trouver une "meilleure coopération dans la gestion des crises".
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Défense UE (droit doctrine politique)
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7 décembre 2008 7 07 /12 /décembre /2008 22:48
C’est sur les hauteurs de Tbilissi, que la mission européenne a établi son quartier général, dans ce qu’on appelle la datcha de Chevardnadze, le premier président de la Géorgie indépendante (et ancien ministre des Affaires étrangères de Gorbatchev), des arbres aux essences rares, des herbes qui folâtrent… Ici on respire un autre air que le bas de ville, encombré de gaz de circulation, aux heures de pointe. Et le calme s'y profile, au contraire des coups de klaxon qui résonnent en permanence dans la ville.
Vue de Tbilissi à partir de la mission © NGV

Logés, d’abord dans une datcha officielle, les Européens se sont très vite repliés – dès qu’il a été aménagé – sur le bâtiment d'coté, qui leur était attribué (question de finances, également, la datcha avait un certain prix. Nb : les bâtiment auparavant publics appartiennent désormais  à une personne privée qui prévoit une opération immobilière). L’ancien bâtiment qui servait aux réceptions d’hôtes étrangers est resté à l’abandon durant plusieurs années. Et la première tâche des « Européens » a été de l’aménager pour pouvoir y travailler. Encore aujourd’hui, les peintres et électriciens sont au travail, pour aménager des bureaux, un peu plus pratiques que les grandes salles.
Siège de l'Eumm Georgia Tbilissi © NGV

Au rez-de-chaussée, l’accueil est réduit au plus sommaire, une table, une chaise, un ordinateur. Bientôt, on pourra y aménager une cafétéria bar. En attendant c’est la femme de ménage qui amène quelques friandises et plats chauds à midi. Bien pratique. Car « ici il n’y a pas grand chose pour manger ».

Au 1er étage, la salle de réunion générale – qui accueille les briefings du matin- et des bureaux, encore en cours d’aménagement (quand j’y suis passé), qui serviront à l’équipe administrative et de soutien (marchés publics, gestion du personnel…). Aujourd’hui encore, tous les plâtres ne sont pas encore secs, au propre comme au figuré.
On peint, on répare, on cable © Ngv

Au 2e étage, le « commandement », la communication et les « opérationnels » (renseignement, liaison avec le terrain…). Ceux-ci sont installés dans une salle magnifique, à faire pâlir de jalousie Javier Solana ou les plus hauts responsables européennes. Parquet au sol, lustres, grandes baies vitrées sur le parc, elle paraît un « peu démesurée presque » pour la petite dizaine d’opérateurs qui y travaillent d’ordinaire. Mais bien pratique pour étaler les cartes (elles sont au mur et on attend encore les tables pour travailler de façon plus précises). On comprend d’ailleurs pourquoi il y a une « top interdiction d’entrer, de photographier. Interdiction plutôt inutile, il faut le reconnaître. Une « connerie » reconnaissent la plupart des agents qui travaillent ici. « Il n’y a rien de vraiment secret ».
la salle opérationennelle (vue d'une partie de la salle) © NGV

Tous les matins, à 9h, les « opérationnels » prennent possession de la salle de réunion, pour un tour d’horizon rapide : renseignement, planification, conduite des opérations, etc... Puis à 10h30 c’est la réunion avec tout l’Etat-Major. Chacun des responsables (opérations, renseignement, presse information, politique) fait le point de ce qu’il a remarqué. Tous les jeudis, une réunion avec tous les ambassadeurs présents dans la capitale géorgienne (de l’UE mais aussi de pays comme les Etats-Unis), et des autres organisations impliquées comme l’OSCE, l’ONU…) a lieu. A cette réunion, où il y a environ 20 à 30 personnes, commence par un point de situation de la semaine écoulée (avec les évènements marquants). On « croise les rapports » des autres organisations présentes sur le terrain (Osce ou Monug). Mais il n’est pas question encore de « coordonner les patrouilles »...
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Asie centrale-Géorgie-Russie
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7 décembre 2008 7 07 /12 /décembre /2008 19:54
C'est confirmé. Vendredi, le conseil des Ministres a décidé que la Belgique participerait à l'opération militaire européenne de lutte contre la piraterie dans le golfe d'Aden (Eunavfor Atalanta).

La frégate Louise Marie (F-931) (*) basée à Zeebruge viendra aux cotés des navires néerlandais renforcer la force européenne au cours de la troisième période de l'opération, d'août à novembre 2008.

De 3300 tonnes, cette frégate multifonctionnelle (anti sous-marine, antiaérienne, navires de surface) peut filer à 21 noeuds et est servie d'un équipage de 145 marins. Son armement est détaillé sur l'image ci-contre.

Acquise par la Belgique tout récemment (en avril 2008), auprès de la marine néerlandaise (dans le cadre d'un contrat de coopération Benelux), elle est la deuxième frégate de ce type aux cotés de la frégate Leopold 1er, qui sert au Liban (dans la marine néerlandaise, ces bateaux étaient connus sous les références F829 Willem van der Zaan et F827 Karel Doorman).

(*) et non le Léopold 1er comme mentionné dans un premier temps.
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7 décembre 2008 7 07 /12 /décembre /2008 07:18
En même temps que l'opération militaire Eu Navfor (Atalanta), l'Union européenne met en place un Centre de sécurité maritime pour la Corne de l'Afrique (MSC-HOA). Qui succède en quelque sorte à la cellule EU Navco - mise en place en septembre.  L'objectif, comme le décrit la décision du Conseil est d'assister les marins présents dans le Golfe d'Aden, au large de la Somalie et de la Corne de l'Afrique, en leur donnant une image aussi précise que possible des risques possibles dans les eaux traversées, comme prévu par les résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU (voir en dernier lieu la 1846).

Le Centre, pourvu de militaires et de personnel de la marine marchande de plusieurs pays, sera en étroite coordination avec les forces militaires opérant dans la région (notamment celles d'Eu Navfor) et fournira un soutien et la protection aux marins. Afin de connaître les destinations des navires marchands transitant dans la région, le MSC-HOA recommande aux propriétaires ou capitaines de navires, d'enregistrer, via un site web - de manière sécurisée - les positions de leurs navires. Ils peuvent, dans le même temps, recevoir également des alertes, et toutes les informations et conseils propres à réduire le risque d'attaques de pirates. Ce site fonctionnera en étroit lien avec les autres organismes (notamment liés à l'Organisation maritime internationale)

Comme l'opération, le MSCHOA est placé sous l'autorité de l'amiral Philip Jones, basé à l'OHQ de Northwood (Royaume-Uni). Il démarrera le 8 décembre à 8h00. N'espérez pas une réponse avant. Vous risqueriez de recevoir ce message : « OP ATALANTA is still establishing full operational capability, at which time 24/7 cover will be commenced. The HQ is closed until Monday 8th - 0800 hours, when you will receive a response to your message"...

Notons que cette création est assez originale dans le cadre des missions européennes de défense. C'est ainsi la première fois qu'une opération militaire met à la disposition de façon aussi transparente des principaux acteurs économiques concernés un service particulier d'information et de renseignement.
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7 décembre 2008 7 07 /12 /décembre /2008 02:49
Deux hauts fait d'arme du Absalon - le navire danois qui commande actuellement la TF 150 dans le Golfe d'Aden -... Alerté qu'un cargo panaméen était attaqué par des pirates, le navire danois Absalon a envoyé, lundi, son hélicoptère qui a repéré un bateau suspect pirates. Les marins sont alors intervenus. Les pirates ont été désarmés. Mais le siège de la coalition à Bahrein a estimé qu'il n'y avait pas lieu à poursuivre l'enquête et les pirates... ont été laissés libres.

Cette impossibilité de détenir les pirates suscite certaines critiques au Danemark, notamment du coté de la marine marchande. "Cela envoie un signal en effet que c'est juste un terrain de jeu", a ainsi déclaré, dans le "Berlingske", Jan Fritza Hansen, Vice President de la marine marchande.

Jeudi, dans la nuit, nouvelle intervention. Alerté qu'un bateau de pêcheurs, présumé pirates, était en détresse, suite aux mauvaises conditions météo, l'Absalon s'est porté à son secours (comme les lois de la mer l'y obligent)... a récupéré les huit pêcheurs-pirates (armées de lance grenades et AK 47 selon le porte-parole de la marine danoise) dans les bateaux pneumatiques de la marine. Puis, les marins danois ont envoyé par le fond le bateau (désormais vide), en tirant plusieurs rafales provoquant l'explosion du bateau pirate (ou suspecté tel) qui a ensuite coulé. Les pirates ont expliqué aux Danois qu'ils avaient eu une panne moteur et dérivé durant sept jours, dont trois sans rien avoir à manger ni à boire. Couler le bateau était nécessaire, justifie la marine danoise, les conditions météo empêchant le remorquage du bateau. Les personnes arrêtées ont ensuite été remises aux gardes-côtes du Yemen au port de Mukala.
Voir ce reportage sur TV2 (télévision danoise)
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7 décembre 2008 7 07 /12 /décembre /2008 01:13
Donc pas de drapeau de pirate à l'horizon, voici le log de l'opération militaire de lutte contre la piraterie Eu Navfor Somalia (Atalanta) que pourront arborer dès lundi les bateaux européens dans la zone, ainsi que les marins sur leur tenue. Un drapeau flottant avec la corne de l'Afrique stylisé et une cible en cercles arrondis autour de la zone....
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6 décembre 2008 6 06 /12 /décembre /2008 23:06

Le premier effet de la nouvelle résolution 1846, qu'a votée le Conseil de sécurité des Nations-Unies le 2 décembre, est de prolonger de 12 mois la précédente résolution (1816). Dont l'objet essentiel - rappelons-le - est de permettre aux Etats qui le souhaitent - et se sont signalés auprès du gouvernement transitoire somalien (GFT) et du Secrétaire général de l'ONU - de pénétrer dans les eaux territoriales somaliennes pour y "réprimer les actes de piraterie et les vols à main armée en mer, d’une manière conforme à l’action autorisée en haute mer en cas de piraterie en application du droit international applicable". Le Conseil de sécurité envisage déjà - à la demande du GFT - la prolongation de cette mesure au-delà des 12 mois. Ce qui permettrait à l'UE de poursuivre au-delà des premiers 12 mois l'opération Atalanta qui démarre le 8 décembre (1).

Les moyens à mettre en oeuvre
Cette résolution - comme les précédentes - lance un appel et cautionne l'action militaire des Etats de l'ONU dans la zone, et leur demande également de prêter une assistance technique aux navires civils. Point intéressant : elle envisage le moyen terme avec l'assistance aux pays de la zone pour lutter contre la piraterie. Et un rapport est demandé au secrétaire général de l'ONU sur d'autres moyens à mettre en oeuvre.

L'action militaire

Autre rappel (salué déjà dans la résolution 1838) : l'ONU "accueille avec une vive satisfaction la décision prise par l’UE de mener (...) une opération navale visant à protéger les convois maritimes du PAM qui acheminent l’aide humanitaire en Somalie ainsi que d’autres navires vulnérables et de réprimer les actes de piraterie et les vols à main armée au large des côtes somaliennes".

Plus généralement, elle demande "aux États et les organisations régionales qui en ont les moyens de participer activement à la lutte contre la piraterie et les vols à main armée au large des côtes somaliennes, en particulier, conformément à la présente résolution et au droit international applicable, en y déployant des navires de guerre ou des aéronefs militaires, et en saisissant et en détruisant les embarcations, navires, armes et autre matériel apparenté qui servent ou dont on a de bonnes raisons de penser qu’ils serviront à commettre des actes de piraterie et des vols à main armée au large des côtes somaliennes".

Assistance aux navires de commerce. Elle demande également aux Etats de "veiller à ce que les navires battant leur pavillon reçoivent les informations et les directives appropriées concernant les techniques d’évitement, d’évasion et de défense et les mesures à prendre en cas d’attaque ou de menace d’attaque au large des côtes somaliennes".

Renforcement des moyens des Etats cotiers. L'ONU préconise "une assistance technique visant à renforcer la capacité de ces États d’assurer la sécurité côtière et maritime, y compris la lutte contre les actes de piraterie et les vols à main armée au large des côtes somaliennes et des côtes des pays voisins".

Un rapport devra être fourni dans les trois mois, "sur les moyens de garantir durablement la sécurité de la navigation internationale au large des côtes somaliennes, y compris la sécurité des convois maritimes du PAM effectuant des livraisons en Somalie". Le rôle de coordination et de direction de l'ONU ou d'autres organisations régionales, devra également être précisé.

Trois précisions juridiques à retenir

On sait combien la question de l'intervention en mer - en eaux territoriales essentiellement - contre des pirates est délicate comme le sont celles de l'arrestation, détention et du jugement des bandits de mer (Voir : Le droit applicable pour la piraterie (Montego bay et code pénal). Trois points méritent ainsi d'être lus avec attention

Les eaux somaliennes uniquement

L'ONU émet une réserve importante au pouvoir donné aux Etats d'intervenir (dans les eaux territoriales somaliennes notamment): "les autorisations données dans la présente résolution s’appliquent à la seule situation en Somalie et n’affectent pas les droits, obligations ou responsabilités dérivant pour les États Membres du droit international, notamment les droits ou obligations résultant de la Convention, pour ce qui est de toute autre situation, et souligne en particulier que la présente résolution ne peut être regardée comme établissant un droit international coutumier". Cela signifie notamment que les eaux territoriales des autres Etats cotiers (Djbouti, Seychelles, Egypte, Oman...) doivent être préservées et que les règles habituelles du droit de la mer s'appliquent (pas de poursuite) ou que les Etats engagent leur responsabilité en cas de poursuite ou visite non avérée.

Coopération juridique

La résolution demande en effet aux États (du pavillon, du port, côtiers, de nationalité des victimes ou des auteurs d’actes de piraterie ou de vols à main armée...) "de coopérer en vue de déterminer lequel aura compétence et de prendre les mesures voulues d’enquête et de poursuite à l’encontre des auteurs d’actes de piraterie et de vols à main armée commis au large des côtes somaliennes, conformément au droit international applicable, y compris le droit international des droits de l’homme, et de seconder ces efforts, notamment en fournissant une assistance en matière de logistique et d’exercice des voies de droit vis-à-vis des personnes relevant de leur juridiction et de leur contrôle, telles que les victimes, les témoins et les personnes détenues dans le cadre d’opérations menées en vertu de la présente résolution."

Criminalisation des actes de piraterie en droit international

"Les États parties sont tenus d’ériger en infraction le fait de s’emparer d’un navire ou d’en exercer le contrôle par violence ou menace de violence ou toute autre forme d’intimidation, d’établir leur compétence aux fins de connaître de ces infractions, et d’accepter la remise des personnes responsables ou soupçonnées de tels actes". La résolution "exhorte (ainisi) les États parties à ladite Convention à s’acquitter pleinement des obligations que celle-ci leur impose et à coopérer avec le Secrétaire général et l’OMI en vue de mettre en place les moyens judiciaires de poursuivre les personnes soupçonnées d’actes de piraterie et de vols à main armée commis au large des côtes somaliennes".

(1) Dispositif de l'opération Atalanta

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6 décembre 2008 6 06 /12 /décembre /2008 10:26
En réaffirmant leur attachement à l'Europe de la Défense, vendredi prochain, les 27 chefs d'Etat et de gouvernement ne se gargariseront pas de mots seulement. Ils devraient aussi s'engager sur des "objectifs chiffrés" afin de "remédier à l'insuffisance des moyens disponibles en Europe en améliorant progressivement les capacités civiles et militaires". Selon le texte des conclusions que j'ai pu lire, ces objectifs seraient les suivants :

"L'Union doit être effectivement capable, d'ici dix  ans, en ayant recours aux moyens et capacités des Etats, de l'UE et de l'OTAN, dans le cadre de l'objectif de déploiement de 60 000 hommes, de planifier et de conduire simultanément:
-    deux opérations importantes de stabilisation et de reconstruction, avec une présence civile appropriée, soutenue par 10 000 hommes pendant au moins deux ans;
-    deux opérations de réaction rapide d'une durée limitée utilisant les groupements tactique de l'UE;
-    une opération d'évacuation de ressortissants européens (en moins de 10 jours);
-    une mission de surveillance / interdiction maritime ou aérienne, dans une zone où les intérêts de l'Union sont en jeu;
-    une opération civilo-militaire d'assistance humanitaire allant jusqu'à 90 jours;
-    une douzaine de missions PESD civiles de différents formats, incluant une mission majeure qui pourrait durer plusieurs années."


L'objectif s'il ne paraît pas démesuré par rapport aux menaces en cours et aux missions déjà menées (actuellement l'UE mène 12 missions simultanées, dont 3 militaires et 9 civiles) exige tout de même un renforcement assez soutenu. Car il s'agit de pouvoir mener toutes ces opérations de front, "simultanément".

D'ailleurs, le Conseil européen en est conscient puisqu'il explique que "Cette ambition requiert un engagement à développer des capacités robustes, flexibles et interopérables". Concrètement cela oblige à "sur une base volontaire", recourir à "des formules innovantes de spécialisation, de mutualisation et de partage de grands projets d'équipements, en priorité en matière de planification, de gestion de crises, d'espace et de sécurité maritime".

Ce faisant, les 27 avalisent également les projets capacitaires déjà approuvées par le Conseil des Ministres de la Défense de l'UE le 10 novembre.
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6 décembre 2008 6 06 /12 /décembre /2008 10:02
Selon le premier texte des conclusions que j'ai pu consulter, le Sommet de la fin de présidence française, qui réunira les 27 chefs d'Etat ou de gouvernement, les 11 et 12 décembre à Bruxelles, devrait approuver une déclaration sur le "renforcement de la politique européenne de sécurité et de défense (PESD)" qui approuve plusieurs décisions. Certaines ont déjà été débattues et approuvées au Conseil des ministres de la défense, le 10 novembre. Il s'agit alors plutôt d'une consécration, d'une "imprimatur" officielle (capacités ou Erasmus militaire). D'autres concluent des travaux plus récents, comme la révision de la stratégie de sécurité (qu'aura avalisée entretemps les ministres des Affaires étrangères le 8 décembre), le objectifs chiffrés pour la PESD ou le renforcement de la planification stratégique et méritent donc qu'on s'y attarde davantage (surtout ce dernier point).

1. La doctrine : la Stratégie de sécurité. La première stratégie date de 2003, et donnait une "analyse partagée des menaces et des risques qui pèsent sur les intérêts de sécurité communs aux Européens". Cette stratégie reste valable - les menaces identifiées en 2003 "persistent" diront les 27 - mais elle nécessite d'être mise à jour - avec "l'émergence de nouveaux risques susceptibles de menacer, directement ou indirectement, la sécurité de l'UE", en particulier la sécurité énergétique.

2. Les capacités : à renforcer. Il faut "remédier à l'insuffisance des moyens disponibles en Europe en améliorant progressivement les capacités civiles et militaires" diront les 27. C'est la condition pour être "assumer de manière crédible et efficace leurs responsabilités dans le cadre du partenariat transatlantique". Dans une déclaration, les 27 fixent ainsi des objectifs chiffrés à atteindre en matière de capacités pour mener les opérations (ce qui est nouveau, et réactualise en fait les objectifs fixés à Helsinki en 1999). Ils confirment également le lancement de projets concrets (qui avaient été déjà avalisés au Conseil des ministres de la défense le 10 novembre).
.
3. La base industrielle : à restructurer. Les 27 devraient appeler à un "renforcement des mécanismes de gouvernance d'entreprise, une dynamisation du marché européen de l'armement et un effort accru de recherche et de technologie"

4. La formation : lancement d'Erasmus militaire. Le Conseil européen appuie "initiative, inspirée du programme Erasmus, afin de favoriser les échanges de jeunes officiers européens"

5. La planification des opérations : renforcée. Le Conseil soutient décision de créer une structure unique de planification stratégique civilo-militaire pour les opérations et missions de la PESD .

6. Coopération UE-Otan : améliorée. "Un groupe à haut niveau UE-OTAN" va être établi afin "d'améliorer de façon pragmatique la coopération entre les deux organisations sur le terrain". Il souligne la nécessité d'associer pleinement à la PESD les alliés européens non membres de l'UE

7. La sécurité internationale : des actions concrètes. Dans une déclaration, les 27 devraient décider "d'actions concrètes pour permettre à l'UE de jouer un rôle plus actif dans la lutte contre le terrorisme, la prolifération des armes de destruction massive, la criminalité organisée et les attaques cybernétiques".
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6 décembre 2008 6 06 /12 /décembre /2008 09:35
De passage à Northwood pour inaugurer l'OHQ de l'opération Atalanta et célébrer les 10 ans de la déclaration franco-britannique de Saint-Malo, avec son homologue britannique, John Hutton, le ministre de la Défense français Hervé Morin a aussi (ré)affirmé sa volonté de restructurer l’industrie de la défense, française et européenne. Il l'avait déjà expliqué en partie à Deauville. Là c'est encore plus précis...

Un screening de la situation. « J’ai demandé aux industriels français d’engager avec nos partenaires européens, des discussions. Et naturellement avec nos partenaires britanniques. Notre partenaire industriel naturel est le Royaume-Uni ; la raison en est simple : tous deux, avons encore une industrie de la défense et consacrons de l’argent ; beaucoup de choses ont été faites par le passé avec le Royaume-Uni (par exemple le Jaguar)

Un groupe de haut niveau va travailler sur ces questions, « faire une analyse précise des compétences et technologies, pour voir ce que les uns et autres pouvons mettre en commun. En France, j'ai donné mandat à la DGA (délégation générale de l'armement) de faire ce travail.» Le moment venu, le ministre n'exclut « comme l'a proposé Hutton de présider au niveau ministériel ce groupe de haut niveau, afin de donner l'impulsion politique nécessaire».

Arrêter les doublons d'abord, regrouper ensuite. « Je veux qu’on cesse d’avoir des bureaux d’études qui font dans tous nos pays la même chose. Je veux qu’on ait davantage de nouveaux programme conjoints, et à court ou moyen terme amener à des regroupements – sous forme de joints venture ou autres.» Et le ministre d'ajouter : « Si on ne fait pas cela, compte tenu de la faiblesse du budget européen, dans quelques années, les Européens n’auront plus q’un seul fournisseur, un industriel américain. Et, malgré toute mon amitié pour les Etats-Unis, je n’ai pas envie que l'industrie française, demain, disparaisse.»

Photo :
Hervé Morin © NGV
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Derrière les murs, la politique (européenne) des affaires étrangères (PESC), de sécurité et de défense commune (PeSDC) est décryptée. Stratégie, politique, gestion de crises, industrie ou transport aérien militaire, surveillance maritime et protection civile...Missions militaires et civiles de l'UE (Bosnie-Herzégovine, Kosovo, Géorgie, Moldavie / Ukraine, Afghanistan, Irak, Palestine, Congo RDC, Guinée-Bissau, Haïti, Océan indien, Somalie, Tchad).

logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.