Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
6 juin 2010 7 06 /06 /juin /2010 17:30

 

Peu à peu au fur et à mesure des retours des différents militants de la flottille pour Gaza, les témoignages arrivent et sinon la vérité, les différents points de vue se précisent. Il semble ainsi que des combats se sont bel et bien déroulés sur le pont du Mavi Marmara, le navire turc "amiral" de la flottille (1). Mais une bataille totalement inégale. D'un coté des pistolets chargés de balles de 9mm tirés parfois à bout portant, parfois dans le dos ; de l'autre coté des canifs et couteaux de cuisine et des barres de fer. Et, jusqu'à présent l'armée israélienne n'a pu trouver aucune autre arme à bord...

NB : le dernier bilan fait toujours état de 9 morts (Turcs dont un a la nationalité américaine) et d'une bonne trentaine de blessés dont 2 sont entre la vie et la mort.

Le témoignage d'un militant Irlandais, ancien marine US : victimes de mauvais traitements

Un témoignage intéressant vient d'être publié dans Hurriyet. Ken O'Keefe un citoyen irlandais, ancien marine américain de la guerre du Golfe, qui raconte la lutte contre les militaires israéliens sur le pont du Mavi Marmara, ainsi que les mauvais traitements subis ensuite. Il a été ainsi battu à deux reprises, au cours de sa détention avant son expulsion vers Ankara.

Il raconte s'être battu mais "pour défendre nos vies et la liberté", mais essentiellement pour désarmer les soldats israéliens qui venaient d'arriver par hélicoptère et prenaient pied sur le pont supérieur. Il reconnaît aussi avoir subtilisé aux commandos le pistolet 9 mm qu'il portait. Mais pas pour l'utiliser. « J'ai pris le pistolet volontairement, et je l'ai désarmé. Nous n'avons pas utilisé ces armes contre des commandos israéliens. (...) Nous nous sommes battus pour défendre nos vies ». Dans un escalier, il neutralise - avec l'aide d'autres militants - trois hommes des commandos. « Ils ont abaissé leurs armes, avec désespoir. (...) Je voyais la peur dans leurs yeux. J'ai regardé dans les yeux ces trois enfants comme un père en colère. Ils croyaient qu'on allait les tuer. Nous les avons libérés. Ils étaient étonnés » (1).

  • Ken-marine-shipKen O'Keefe est un personnage. Né en 1969, en Californie, ancien marine et vétéran de l'Irak en 1991, il a renoncé à la nationalité américaine en 2001 et possède un passeport irlandais (de par sa grand-mère), d'Hawaï et de Palestine. Sur son site, il explique qu'il a alors souffert, comme plusieurs centaines de soldats, du "syndrome du Golfe" ayant été forcé de subir injections et médicaments et ayant été exposé à de l'uranium appauvri au Koweit. A Hawaï, il crée une société "Deep Ecology" qui entend sauvegarder la faune maritime.
  • Son intérêt pour Gaza n'est pas né d'hier. Il est marié avec une Palestinienne, Fadiwa Dajani, née et vivant en Grande-Bretagne après que son père ait été expulsé de Palestine en 1948. Pendant le siège de 2008, capitaine du navire "Free gaza", il réussit à forcer les barrages israéliens avec 2 bateaux qui ont embarqué avec 46 autres personnes dont Laureen Booth, journaliste et militante des droits de l'homme, qui est aussi la belle-soeur de Tony Blair (l'ancien Premier ministre). Laureen avec qui il a fondé une entreprise d'intérêt social, Aloha Palestine, avec l'ambition d'établir un service de ferry maritime entre Chypre et la Palestine.  
  •   (crédit photo : website de  Ken O'Keefe - prise en 1991 au moment de la guerre du Golfe)

L'autopsie effectuée par les médecins turcs révèle des tirs nourris

On peut ainsi lire dans le quotidien britannique The Guardian un extrait de l'autopsie pratiqué par les médecins turcs sur les corps des militants rapatriés en Turquie. Il est éclairant... Sur les neuf corps, ont été retrouvés pas moins de 30 balles. Celles-ci ne proviennent pas de balles perdues ou de tirs par ricochet, précise le médecin, vice-directeur de l'institut turc< de médecine légal. Elles sont intactes et témoignent donc d'un tir direct. L'intention de tuer semble évidente. Cinq des activistes se sont retrouvés ainsi avec une balle dans la tête. Un des militants (celui qui a la double nationalité turque et américaine) a été tué à bout portant (à 45 cms). Plusieurs d'entre eux ont reçu également des balles dans le dos. Lire : Gaza flotilla activists were shot in head at close range.

Commentaire : Il semble bien ainsi que les commandos aient cédé à une peur panique et tiré dans le tas. Précisons que si les commandos marines sont normalement formés, entraînés et équipés pour faire face à des situations d'assaut et d'action armée, ils ne sont pas entraînés et armés pour effectuer du maintien de foule. Ce n'est pas la première fois d'ailleurs que des militaires, employés dans ce type d'action, dérapent... Une version qui semble confirmée par le témoignage d'un soldat israélien ayant participé à l'assaut.


Le témoignage d'un soldat israélien qui a participé à l'assaut : des tirs paniques

"Nous n'avions pas d'autre choix" c'est ainsi que s'exprime le sergent-chef S., un des marines qui a mené l'assaut sur le Mavi Marmara, interrogé par notre confrère du Jerusalem post sur la base des Shayetet (2) au nord d'Israël.

Descendu par l'hélicoptère  par l'hélicoptère Black Hawk sur le pont, il ne s'attend pas à trouver ce qu'il appelle une "bataille rangée" et devant faire face à des "mercenaires meurtriers". Le commandement du commando est décapité. Aussitôt arrivé, explique-t-il, nous avons été "immédiatement attaqués". Il voit ainsi à coté de lui "trois de ses commandants blessés, un par un tir à l'estomac, l'autre par un tir au genou, le troisième semblait inconscient, le crâne fracturé par une barre de fer". Il prend le commandement, pousse les blessés contre un mur du pont supérieur, ordonne à ses hommes de créer un périmètre de sécurité autour et de commencer à traiter les blessés, puis forme un second périmètre et sort son pistolet Glock 9 mm.

Faisant face à "une douzaine de mercenaires" et "convaincus que ses vies sont en danger, lui et ses camarades ouvrent le feu". A lui seul, S. descend 6 hommes. « Il n'y avait aucun doute que c'étaient des terroristes — explique-t-il —. Je pouvais voir la rage meurtrière dans leurs yeux. Et qu'ils voulaient nous tuer ». Une version qui concorde en tous points avec la version officielle. Un officier supérieur des Shayetet, le lieutenant-colonel T.,  assiste d'ailleurs à l'entretien avec le journaliste du Jerusalemn Post, et complète au besoin la version de son homme.

(1) Le journal turc Hurriyet publie plusieurs séries de photos notamment sur les soldats israliens blessés et les blessés et morts des militants prises à bord du Mavi Marmara

(2) Pour en savoir plus sur ces commandos voir le site de mon ami Merchet:  Secret Défense: Shayetet 13, les commandos-marine d'Israel

Repost 0
Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Proche Orient - Israel Liban Palestine
commenter cet article
6 juin 2010 7 06 /06 /juin /2010 14:40

Geoffrey-Palmer.jpgLa commission internationale d'enquête chargée d'élucider les faits après l'assaut par la marine israélienne du Mavi Marmara et des autres navires de la "flottille vers Gaza" le 31 mai, pourrait se mettre en place. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki Moon en a proposé les principaux élements. Mais Israël conteste, pour l'instant, à la fois le principe d'une commission internationale et refuse d'y participer.

Cette commission serait présidée par l’ancien premier ministre néo-zélandais et professeur de droit Sir Geoffrey Russel Palmer, a annoncé Ban Ki Moon et comprendrait 4 autres membres : deux désignés par Ban Ki Moon (un expert en droit international et un militaire - l'un d'entre eux serait Américain), un désigné par la Turquie et l'autre par Israël. On se demande toujours quel rôle jouent les Européens...

Des poursuites judiciaires dans plusieurs pays

Cette commission d'enquête n'éteindrait pas cependant d'éventuelles poursuites devant les tribunaux nationaux. La situation en haute mer implique que c'est normalement l'Etat du pavillon qui est compétent. Les faits s'étant produit sur un navire turc essentiellement, ainsi que sur les autres navires, c'est soit la loi du pavillon concernée qui s'applique, soit la loi des victimes (si le droit national permet cette application "extra-territoriale).

Le procureur turc pourrait ainsi ouvrir une enquête. Et en Allemagne, l'ancien député de Die Linke, Norman Päch, à bord d'un des bateaux, entend déposer plainte devant le parquet fédéral. Les Français de retour d'Israël ont indiqué également leur intention similaire. Et il paraît certain que nombre des militants emprisonnés à Ashdod après le détournement de leur navire et libérés aujourd'hui fassent de même auprès des autorités judiciaires de leur pays. Ce qui ajoutera à la confusion ambiante. Même si la suite de ces procédures judiciaires n'est pas avérée, elle pourrait entraîner cependant pour les forces israéliennes une insécurité juridique et des répercussions médiatiques en cascade qui signifieront une seconde défaite politico médiatique après l'assaut sanglant sur le Mavy Marmara (1).

(1) Lire :  Assaut de la flottille de Gaza: le film de l'armée israélienne ne tient pas la route

Lire aussi : La déclaration du Conseil de sécurité du 31 mai 2010 et les positions des Etats membres

Repost 0
Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Proche Orient - Israel Liban Palestine
commenter cet article
6 juin 2010 7 06 /06 /juin /2010 07:31

Suite de notre entretien avec Pierre Lellouche, secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes, consacré au service européen d'action extérieure

"Le combat d'arrière-garde que se livrent le Parlement européen et la Commission européenne doit cesser"

• Dernier point, la négociation du nouveau service européen d’action extérieur semble s’enliser ?

Effectivement. Je suis inquiet. Le Parlement (européen) se livre actuellement à un combat d'arrière-garde avec la Commission qui retarde tout. Mais soyons sérieux ! La politique étrangère, ce sont les nations, avant tout. Ce ne sont pas les commissaires européens ni le Parlement européen qui vont décider d'aller faire tuer des soldats. Si le service extérieur doit être pris en otage par des gens comme çà ; cela pose problème. Dans nos capitales, nous nous sommes battus pour imposer un service européen contre nos "quais" respectifs ? Cela ne donne pas une bonne image de l’Europe. On doit avancer maintenant, rapidement, et cesser ces querelles de chapelle incompréhensibles.

"le SEAE ne doit pas devenir un 28e service diplomatique"

• Comment ce service ne fera pas doublon avec nos diplomaties ?

Ce Service doit apporter une valeur ajoutée, rajouter de la puissance dans le monde. Il ne doit surtout pas devenir un 28e service diplomatique qui va rajouter des problèmes et ajouter à la confusion institutionnelle.

"Cathy doit être une vraie chef d'équipe"

• Cathy Ashton vous paraît-elle taillée pour le job ?

Elle fait un formidable travail. C'est d’ailleurs actuellement le job le plus passionnant de l'Union. Pour moi sa tâche est multiple. Elle doit coordonner et mettre ensemble tout le monde, créer un service à partir de rien et arriver à un corps commun. Cela suppose un changement de culture pour les fonctionnaires de la Commission qui vont intégrer le Service ; ils servent l'Union, pas la Commission. Elle doit favoriser une position commune entre les Etats concernés. La "dame" doit aussi coordonner l'action des 5-6 commissaires européens qui ont une action extérieure (développement, énergie, commerce, voisinage). Un vrai travail de chef d'équipe. Mais c'est important. Nous devons changer notre mode de fonctionnement. Par exemple, nous avons 53 accords différents avec la Chine, et 120 accords avec la Suisse. Est-ce bien sérieux pour peser dans une négociation...

Repost 0
Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans HautReprésentant-ServiceDiplomatique
commenter cet article
6 juin 2010 7 06 /06 /juin /2010 07:00

LelloucheAvion2370a.jpg(Interview) Lors de son séjour à Sarajevo, nous avons pu échanger avec Pierre Lellouche, le secrétaire d’État aux Affaires européennes, à plusieurs reprises (dans l'avion, autour d'une table, au petit déjeuner), à plusieurs reprises, sur plusieurs sujets : la libéralisation des visas (il est contre, du moins, tout de suite), la politique migratoire (l'Europe doit renforcer ses instruments de contrôle et de surveillance), l'élargissement (il sent une fatigue de l'élargissement et avec la crise économique demande à certains comme la Bosnie de "se prendre en main"). Il s'exprime également sur la fermeture du poste de Haut représentant de la communauté internationale en Bosnie-Herzégovine, OHR (il est pour et le plus vite possible, lire ici). Enfin concernant le service européen d'action extérieure, il souligne combien il trouve déplorable le "combat d'arrière-garde que se livrent le Parlement européen et la Commission européenne" (lire là).

 

"La libéralisation des visas ce n'est pas un bonus de négociation"

• La Commission européenne vient de proposer de libéraliser les visas pour les Bosniens et les Albanais. Décision saluée par plusieurs participants comme l’Italien Frattini. Vous ne semblez pas partager cet enthousiasme (*) ?

Nous sommes pour l’intégration des pays à l’Union européenne, pour la libéralisation des visas. Mais cela doit se faire selon le principe « chacun selon ses mérites » dans le strict respect des conditions posées par les Etats membres de l’UE. Pour libéraliser les visas suppose des préalables rigoureux  : un État de droit, solide, un système de surveillance des frontières, des passeports biométriques fiables. La Bosnie–Herzégovine et l’Albanie doivent encore remplir des conditions, comme le souligne d’ailleurs la Commission. Les visas, ce ne peut pas être un bonus diplomatique, une sucrerie. C’est la gestion des flux migratoires. C’est une question politique très sérieuse.

"L'Europe doit être plus sérieuse dans le contrôle des flux aux frontières"

• Vous estimez que l’Europe ne prend pas au sérieux la politique migratoire ?

Non. On ne peut pas ouvrir sans cesse nos frontières. Nous avons des contraintes politiques sérieuses en France et dans plusieurs pays européens. Dans une douzaine de pays, les partis d'extrême-droite atteignent 16-20%. On ne peut pas fermer les yeux sur cela. La crise économique grave, combinée avec des flux migratoires sans contrôle, pourrait se révéler un mix dangereux. Notre principale source d'immigration illégale en Europe passe par la Turquie et la Grèce. La Grèce a arrêté l’année dernière plus de 150.000 personnes. Mais elle ne peut pas faire face toute seule. Avec 14.000 kms de frontières, c’est difficile. Si l'Europe était sérieuse sur l'immigration, on devrait avoir une batterie d’avions, de gardes-côtes européens pour éviter que la Grèce soit un terrain d'atterrissage pour les immigrés. C’est ce que soutient la France. L'Europe doit aider la Grèce dans son contrôle de l'immigration. C'est autrement plus conséquent que les déficits.

"On ne peut pas rentrer avec un placard plein de cadavres et des criminels de guerre en liberté"

• Revenons à l’adhésion des pays des Balkans, comment jaugez-vous leurs avancées ? Estimez-vous que cela puisse se faire rapidement ?

On va aider ces pays à rejoindre l'UE. Mais ce sera très progressivement. Et en « fonction des mérites de chacun ». La Slovénie est entrée en 2004. Et pour la Croatie c’est en cours : il y a un gouvernement stable, il reste quelques problèmes avec le TpiY (le tribunal pénal international pour l’Ex-Yougoslavie) et de frontière (avec la Slovénie). On s'approche s'ils remplissent les conditions de droits de l’homme, du passé de la guerre … La Serbie commence ce processus, très difficile pour elle, et que nous soutenons. Elle a deux problèmes importants à régler : le Kosovo et le TpiY. C’est très difficile pour elle. Il faut respecter le temps démocratique, accepter que la mémoire se décante. C’est important. L’Europe, c'est un ensemble de valeurs. On ne peut pas rentrer avec un placard plein de cadavres et des criminels de guerre en liberté. Il faudra beaucoup de sagesse politique aux responsables de ces pays pour les surmonter.

"L’État bosnien doit se prendre en main"Lellouche2523a.jpg

• Et la Bosnie-Herzégovine dans ce tableau ?

Franchement à chaque fois que je viens ici, c’est une tragédie, ça n'avance pas. Ce sera la dernière à rentrer dans l’UE. La greffe ne prend pas pour des raisons profondes. Le compromis de Dayton est impossible à gérer. On a beaucoup investi ici. La France a payé le prix du sang. 80 soldats sont morts. On a beaucoup investi aussi en argent avec nos partenaires de l’Union européenne. Mais ça ne peut plus durer. On n'a plus un rond. L’Europe traverse une crise économique. L’État bosnien doit se prendre en main, maintenant. J’ai l’impression qu’ils sont assis sur une chaise longue et quémandent des crédits et des visas.

"L'Europe ce n'est pas un restaurant
où on prend le menu à la carte"

• Vous sentez une fatigue de l'élargissement ?

Oui il y a une fatigue de l'élargissement, il ne faut pas le nier, même si le commissaire Füle ne le ressent pas comme cela. C'est ce que j'ai expliqué aux amis bosniens/bosniaques que j'ai rencontrés. "Il faut comprendre que l’Europe, ce n’est pas un restaurant où on prend le menu à la carte. C’est un ensemble de droits ET de devoirs. Une démocratie doit ainsi regarder vers le passé. Et une majorité doit regarder sa minorité. Je le répète : les criminels de guerre, les tensions interethniques sont incompatibles avec les valeurs de l’UE. Quand Français et Allemands ont signé la déclaration Schuman, en 1950, c’était 5 ans après Auschwitz. Ils ont opté pour la réconciliation et la reconstruction, mais sans se cacher l’histoire.

(*) NB : L'Allemagne et la France ont exprimé lors de la conférence UE-Balkans, jeudi à Sarajevo, une position "dure" sur les visas. Tandis que des pays comme l'Italie, ont défendu l'assouplissement rapide de cette politique.

NB : une version courte de cette interview est parue samedi matin dans Ouest-France.

Repost 0
Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Balkans-Bosnie-Kosovo
commenter cet article
5 juin 2010 6 05 /06 /juin /2010 21:03

InzkoLellouche2553a.jpgFermer le poste de Haut représentant de la Communauté internationale (OHR) en Bosnie-Herzégovie, Pierre Lellouche, le secrétaire d’État aux Affaires européennes, est pour. Et le plus vite possible. C'est clair !

Lors de sa rencontre avec Valentin Inzko, l'actuel Haut représentant et Envoyé spécial de l'UE, l'entretien a commencé par là : « Alors Valentin quand est-ce qu'on plie bagages ? ». A l'issue de cet entretien, Pierre Lellouche a justifié cette position « Je sais qu’il y a certaines réticences (NB : Russie, Etats-Unis, Britanniques sont contre notamment). Mais l’Europe doit prendre ses responsabilités. (...) Nous avons ici un chef de délégation de la Commission, un envoyé spécial de l’UE sans compter les chefs des mission de police et Althea. Il faut, comme on a réussi à le faire en Afghanistan, avoir un seul ambassadeur pour l’UE, faire que l’Europe puisse parler d’une seule voix. » Pour lui c'est cela l'objectif : « un seul représentant de l’UE ici ».

Et sur la méthode il est clair : « On se donne un délai. Et on ferme le bureau, au moins côté européen. On ne peut pas continuer comme çà 20 ans. » La fin de cette tutelle qu'exerce le OHR ne pourra qu’aider — estime le ministre — à ce que la Bosnie-Herzégovine se prenne en main (voir ici).


(crédit photo : © NGV)

Repost 0
Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Balkans-Bosnie-Kosovo
commenter cet article
5 juin 2010 6 05 /06 /juin /2010 12:08

MoratinosAshtonAmbEspBastarrecheSagues-UE100118.jpgL'Union européenne commence à plancher sur un plan de levée de blocus à Gaza. Le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos (1), a confirmé, lors de sa visite à Paris, vouloir proposer à ses homologues européens d'impulser au sein du Quartet un plan de résolution de la crise, impliquant la levée du blocus sur Gaza. « Nous devons en discuter dès que possible au niveau de l'UE » a-t-il ajouté, selon l'agence de presse espagnole EFE. Ce plan s'accompagnerait, selon mes informations, d'un contrôle international (européen ?) sur les points frontières, afin de faciliter l'acheminement de l'aide humanitaire et éviter la contrebande d'armes.

Un point de vue partagé par plusieurs pays. Le ministre portugais des Affaires étrangères a ainsi fait parvenir, jeudi, une lettre à Catherine Ashton demandant une attitude "cohérente" mais aussi "plus consistante" de l'UE sur la question. Il faut s'impliquer davantage pour "devenir un facteur de développement dans le processus de paix au Proche-Orient" explique-t-il. Il a aussi précisé que ce point devrait figurer à l'ordre du jour du conseil des Ministres des Affaires étrangères du 14 juin, voire lors d'une réunion informelle convoquée pour l'occasion. Une position partagée également par la France (lire : Gaza: "Ne plus se contenter de sortir le chéquier mais s'impliquer).

Du coté du cabinet de Cathy Ashton, on confirme aussi que la question est en débat à plusieurs niveaux : ministériel (par contacts téléphoniques) et technique. Plusieurs experts travaillent actuellement sur la question, tant sur le contexte juridique du blocus et des arraisonnements en mer (lire : Le blocus des navires ravitaillant Gaza : licite ?) que sur la possibilité de rouvrir les points-frontières et d'avoir une présence européenne de contrôle.

Parler du redéploiement de la mission EUBAM Rafah (à supposer que ce point frontière reste ouvert un certain temps) est encore trop "précoce" selon l'UE. Celle-ci reste « soumis à l'autorisation des autorités concernées » (autrement dit israéliennes et égyptiennes) précise un proche de la Haute représentante. Les ambassadeurs du COPS devraient normalement discuter de la situation à Gaza et au Proche-Orient cette semaine, avant un débat au niveau des ministres des Affaires étrangères, au Conseil du 14 juin.

(maj) Dimanche, à Paris, recevant son homologue britannique, Bernard Kouchner a proposé que l'UE assure le contrôle des navires se rendant à Gaza. "Nous pouvons bien contrôler la cargaison des bateaux qui se dirigent vers Gaza. Nous pouvons le faire, nous souhaitons le faire, nous le ferions volontiers" a-til précisé faisant référence également à la reprise du contrôle européen sur le poste terrestre de Rafah.

(maj2) Mardi, à Berlin, le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini a été plus réservé, selon l'AFP. "Il faut que les deux parties soient d'accord. Le contrôle international de Rafah a été arrêté parce que le Hamas ne le voulait plus et que les Egyptiens ont fermé le point de passage. (..) Nous devons aider nos amis israéliens à trouver un système pour contrôler la sécurité des biens, tout en maintenant l'accès aux biens car la population de Gaza n'est pas coupable". Et d'ajouter : "Nous en parlerons lundi à Luxembourg".

 

(1) Moratinos connait bien le Proche-Orient pour avoir été l'envoyé spécial de l'UE dans la région, de 199§ à 2003.

(crédit photo : Conseil de l'UE - Moratinos et C. Ashton avec l'ambassadeur espagnol à l'UE au centre - Bastarreche Sagues, lors du conseil du 18 janvier 2010)

Repost 0
Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Proche Orient - Israel Liban Palestine
commenter cet article
5 juin 2010 6 05 /06 /juin /2010 09:50

 

EupmBosnielogo.gifLa mission de police de l'UE en Bosnie-Herzégovine (MPUE) recrutent une vingtaine de personnes, par détachement : Senior Operational Advisor to DHoM (chef adjoint de mission), Senior Economic Crime Expert, Senior Criminal Justice Expert, Border Police Advisor, Interface Cell for Criminal Intelligence Expert, Customs expert, Senior Legal Advisor/Legal Council, Senior Reporting Officer, Communication Centre Officer, Chief Advisor to Regional Office, Deputy Chief Advisor to Regional Office, Criminal Justice Expert (prosecutor), Crime Advisor, Administration and Support Service, Chief of Personnel.


logo EupolCoppsLa mission de police / Etat de droit en Palestine (EUPOL COPPS) recrute quelques personnes. Deux agents en contractuel/détaché (un coordinateur de planning stratégique, un chef d'Administration et finances) et une dizaine d'experts en personnel détaché (prison et détention, poursuite judiciaire, formation de police spécialisée, officier "reporting"...) ainsi que son chef adjoint de mission.


logo_EUPOL_RD_CONGO_small.jpgLa mission de police au Congo (EUPOL RDC) recrute une trentaine de personnes, dans le cadre de son renforcement et son déploiement dans les provinces et de la mise en place d'un Centre de coordination, de commandement et de contrôle (C3C) à vocation nationale et provinciale : en contractuel (un paramedic à Bukavu, un expert de la justice civile, un expert interpilier...) et en personnel détaché (officiers de sécurité, ressources humaines, experts pour la police nationale congolaise PNC, budgétaire, justice civile,  en centre de commandement, contrôle et de coordination, experts "violences sexuelles" et "égalité hommes femmes", droits de l'homme, logistique, expert en statistiques, conseiller police judiciaire...).

Nom de la mission 

 Descriptif des postes

Date limite

Formulaire de Candidature

Contact

EUPM BiH

Job offer description

18 June 2010

Application form

cpcc.eupm@consilium.europa.eu
EUPOL RD Congo

Job offer description

18 June 2010

Application form

cpcc.eupolrdcongo@consilium.europa.eu
EUPOL COPPS

Job offer description

15 June 2010

Application form

cpcc.eupolcopps@consilium.europa.eu
Repost 0
Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans L'UE et la PeSDC embauchent
commenter cet article
4 juin 2010 5 04 /06 /juin /2010 21:11

DrapeauTurquie.png(humeur) Le nucléaire iranien fait tourner la tête au monde occidental, les Israéliens se frittent avec les Palestiniens, la Somalie s’enfonce dans le chaos, la Bosnie est ingouvernable... vous avez une fuite d’eau… N’hésitez plus. Un seul numéro est utile aujourd’hui, à garder près du téléphone. Celui du gouvernement turc, à Ankara. En 1970, Kissinger demandait "L'Europe, quel numéro de téléphone". 40 ans plus tard, l’Europe croyait avoir répondu à la question avec le Traité de Lisbonne. Mais celui-ci affiche - en matière de politique étrangère - une lisibilité proche de celle d’un tunnel de montagne par temps de brouillard l’hiver. Le temps que les Européens fassent le ménage et tentent d’y voir clairement, la Turquie a donc pris la place, laissée libre. Et affiche ses ambitions dignes de l'ancien empire ottoman (même si elle n'en a plus les moyens) ou byzantin (1), au point qu’elle a remplacé l’Union européenne sur la scène internationale, sur nombre de sujets où on attendrait... l'Union européenne

(1) Dont la capitale était Constantinople, aujourd'hui Istanbul.

Repost 0
Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Défense UE (droit doctrine politique)
commenter cet article
4 juin 2010 5 04 /06 /juin /2010 17:03

MvRachelCorrie-FreeGaza.jpg(Analyse) Une interception "musclée" du MV Rachel Corrie, ce navire irlandais qui file vers les côtes palestiniennes et israéliennes pour briser le blocus qui entoure la bande de Gaza (avec à son bord un prix Nobel de la paix, Maired Corrigan-Maguire), pourrait entraîner, à mon sens, la mise en oeuvre de la clause de solidarité du Traité de Lisbonne. « En cas d'agression armée sur son territoire, les autres États membres lui doivent aide et assistance par tous les moyens en leur pouvoir », précise l'article 42.

Un test de la clause de solidarité qui repose sur une demande de l'Irlande

Cette clause vise surtout les Etats non membres de l'OTAN... comme l'Irlande. Si la menace concerne les Etats membres de l'OTAN et de l'UE, c'est, en effet, le traité de l'Alliance Atlantique et son article 5 qui s'applique en priorité, le Traité a bien pris soin de le rappeler, à plusieurs reprises. Ce qui fait tout l'intérêt à mon sens, de l'affaire actuelle qui se déroule au large de Gaza et mérite une attention soutenue, en termes de précédents politique et juridique. L'Union européenne est ainsi en première ligne.

Certes tous les éléments ne sont pas réunis pour son application, à commencer par une demande du gouvernement irlandais et on peut aussi discuter la notion de "territoire" pour un navire (1). « Aucune demande en ce sens n'a été faite auprès des Etats membres » m'a-t-on affirmé du coté du cabinet de Catherine Ashton...

Le gouvernement irlandais reste, en effet, assez prudent, réclamant le passage de l'aide humanitaire vers Gaza et la sécurité de ses concitoyens, et refusant de négocier aux lieux et place de l'ONG : "The persons on the Rachel Corrie represent independent NGOs. The department respects this and it is not our role to negotiate on their behalf" explique ainsi la dernière déclaration du ministère des affaires étrangères, publiée dans la presse irlandaise ce matin. "The Government continues to call for safe passage for the  Rachel Corrie to Gaza. The Government’s top priority is the safety and welfare of the Irish citizens concerned and all those aboard the vessel; to avoid any further bloodshed or violence; and to see the safe delivery of humanitarian aid to the people of Gaza."

Quels paradoxes de l'histoire ...

Quand les 27 ont rédigé cette clause (dans le Traité constitutionnel tout d'abord puis dans le Traité de Lisbonne ensuite), ils n'avaient sans doute pas dans l'esprit qu'elle pourrait être mise en oeuvre très vite et que la menace pourrait provenir d'un pays "ami", comme Israël !

Et quand l'Irlande, soumise à une pression référendaire de ces citoyens (rejet du Traité de Lisbonne lors du premier passage) méfiants par rapport à une "militarisation" de l'Europe, avait insisté, en 2009, pour encadrer solidement cette clause dans un protocole additionnel au Traité (2), elle ne pensait pas qu'elle pourrait être un des premiers bénéficiaires de cette clause. Ce protocole enlève d'ailleurs tout caractère automatique à l'application de la clause en précisant que : "Il appartiendra aux États membres de déterminer la nature de l'aide ou de l'assistance à fournir à un État membre qui est l'objet d'une attaque terroriste ou est l'objet d'une agression armée sur son territoire."

Mais on ne peut que constater que, six mois à peine après l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, cette clause de solidarité assez anodine en apparence, pourrait entrer en application, au moins de façon dissuasive. Encore faut-il que les Etats membres de l'UE en aient la volonté...

(1) A supposer qu'on considère qu'un navire battant son pavillon constitue un élément de son territoire susceptible de justifier une intervention internationale. Ce qui, à mon sens, peut se justifier. Car le droit de la mer prévoit l'application de la loi de l'Etat du pavillon en haute mer. Mais je laisse d'autres plus compétents que moi en discuter.

(2) Lire : Le protocole "irlandais" sur la Défense: un simple couper-coller... Vraiment ?

(crédit photo : Free Gaza)

Repost 0
Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Défense UE (droit doctrine politique)
commenter cet article
4 juin 2010 5 04 /06 /juin /2010 16:59

BateauFreeGazaVedettesIsrl-Isl1006.jpg(Analyse) Le blocus de Gaza, ainsi que l'assaut israélien sur les bateaux "humanitaires" qui cherchent à accoster, posent quelques questions au plan légal. Des experts juridiques de l'UE planchent actuellement sur la question. Et un rapport devrait être présenté la semaine prochaine aux ambassadeurs du COPS. D'ores-et-déjà, on peut dire que ce contexte est assez précisément encadré, d'une part par le droit de la mer, d'autre part, par les résolutions de l'ONU.

Voici quelques éléments (non exhaustifs).

Le droit de la mer. C'est normalement la convention de Montego Bay qui fixe les conditions d'intervention en mer, notamment en haute mer. A l'article 110, sous le titre "droit de visite", il est ainsi précisé :

« 1. Sauf dans les cas où l'intervention procède de pouvoirs conférés par traité, un navire de guerre qui croise en haute mer un navire étranger, autre qu'un navire jouissant de l'immunité prévue aux articles 95 et 96, ne peut l'arraisonner que s'il a de sérieuses raisons de soupçonner que ce navire:

a) se livre à la piraterie;

b) se livre au transport d'esclaves;

c) sert à des émissions non autorisées, l'Etat du pavillon du navire de guerre ayant juridiction en vertu de l'article 109;

d) est sans nationalité; ou

e) a en réalité la même nationalité que le navire de guerre, bien qu'il batte pavillon étranger ou refuse d'arborer son pavillon.

2. Dans les cas visés au paragraphe 1, le navire de guerre peut procéder à la vérification des titres autorisant le port du pavillon. A cette fin, il peut dépêcher une embarcation, sous le commandement d'un officier, auprès du navire suspect. Si, après vérification des documents, les soupçons subsistent, il peut poursuivre l'examen à bord du navire, en agissant avec tous les égards possibles.

3. Si les soupçons se révèlent dénués de fondement, le navire arraisonné est indemnisé de toute perte ou de tout dommage éventuel, à condition qu'il n'ait commis aucun acte le rendant suspect.

Commentaire : Un rapide examen permet ainsi de vérifier que les navires interceptés récemment par les forces israéliennes ne remplissaient aucune des conditions visées pour permettre une interception sur cette base.

Pour rappel, cette même convention prévoit pour les navires de guerre une « immunité complète de juridiction vis-à-vis de tout Etat autre que l’Etat du pavillon »

Les résolutions du Conseil de sécurité. Dans sa résolution 1860 adoptée en janvier 2009, en plein bombardement sur Gaza, le Conseil de sécurité de l'ONU a appelé tous ses Etats membres à « redoubler d’efforts pour fournir des arrangements et garanties à Gaza afin de maintenir un cessez-le-feu et un calme durables, et notamment à prévenir le trafic d’armes et de munitions ». En revanche, l'ONU a appelé, à plusieurs reprises, au passage de l'aide humanitaire vers Gaza.

Commentaire : ceci pourrait donner une base à Israël pour le contrôle des navires qui arrivent à Gaza (même s'il n'y a pas d'armes à bord, le simple soupçon oblige, obligation de moyens, à vérifier cela). Mais aussi à toute la communauté internationale. Le "redoublement d'efforts" n'a pas été très soutenu très longtemps.

Les résolutions de l'Assemblée générale de l'ONU. Dans sa résolution 64/125 du 21 janvier 2010 (à télécharger), l'assemblée générale, a a appelé à respecter l’Accord de 2005 sur le passage de Rafah, « afin d’assurer la liberté de circulation de la population civile palestinienne ainsi que des importations et des exportations, tant à l’intérieur qu’à destination et en provenance de la bande de Gaza ». Tout comme elle appelle à « apporter aussi rapidement que possible au peuple palestinien une assistance économique et une aide humanitaire d’urgence, en particulier dans la bande de Gaza, en vue de compenser les effets de la crise actuelle ».

Commentaire : ceci contredit le blocus de fait mis en place par Israël et Egypte et donne une base aux ONGs qui tentent aujourd'hui de le forcer. En fait, si on se livre à une rapide analyse, les bateaux israéliens pourraient avoir le droit de contrôler les navires qui passent au large - pour vérifier qu'il n'y a pas d'armes à bord en contrebande (précisons que les conventions internationales n'interdisent nullement à un navire marchand de posséder certaines armes) mais ils devraient laisser les navires arriver à Gaza.

(Mise à jour) Bien entendu, les forces israéliennes n'ont pas la même approche et estiment ce blocus licite. Pour lire leur argumentaire.

(crédit photo : IDF - bateau de Free Gaza ancré à Ashdod avec les vedettes israéliennes)

Repost 0
Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Proche Orient - Israel Liban Palestine
commenter cet article

Nouveau Site


Bruxelles2 a migré depuis 2010 ! Les derniers posts sont sur  : www.bruxelles2.eu

Ou sur la version professionnelle du "Club" sur souscription

Sans oublier le fil http://www.bruxelles2.eu/feed/link... ou le fil Twitter

Avertissement B2 - Bruxelles2 n'est, en aucune façon, responsable de l'irruption de publicités, sur ce site, qui sont de l'unique initiative et responsabilité de l'hébergeur, over-blog. Vous pouvez nous suivre désormais sur le site (sans publicité) de B2

Bruxelles2 en quelques mots

Derrière les murs, la politique (européenne) des affaires étrangères (PESC), de sécurité et de défense commune (PeSDC) est décryptée. Stratégie, politique, gestion de crises, industrie ou transport aérien militaire, surveillance maritime et protection civile...Missions militaires et civiles de l'UE (Bosnie-Herzégovine, Kosovo, Géorgie, Moldavie / Ukraine, Afghanistan, Irak, Palestine, Congo RDC, Guinée-Bissau, Haïti, Océan indien, Somalie, Tchad).

logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.