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15 décembre 2001 6 15 /12 /décembre /2001 13:47
(entretien publié dans France-Soir, décembre 2001)

Daniel Cohn-Bendit, député européen (vert), président du groupe Verts au Parlement européen

La défense européenne paraît avoir des difficultés à avancer. Comment la définiriez-vous ?
C'est une priorité pour l'Europe à condition d'allier une politique de prévention, pour s'attaquer aux conflits en amont, et une politique de défense, proprement dite, pour intervenir sur le conflit quand on a échoué auparavant.

Faut-il aller en Afghanistan ? Sous une bannière commune ?
J'étais pour l'envoi d'une intervention américaine. Je suis toujours pour l'envoi d'une force internationale d'interposition, avec un mandat de l'Onu pour faire respecter l'ordre là où cette force va s'établir, et pas seulement pour protéger le personnel des Nations-unies. L'idée d'une réponse européenne est très bonne. Quant aux réticences nationales pour planter son petit casque national sur le casque européen, rencontrées à Laeken, j'espère qu'on pourra surmonter ces petites… déficiences intellectuelles.

Au Proche-orient, jour après jour, le territoire palestinien s'effiloche. Est-ce la fin d'un rêve ?
Ce qui se passe en Israël est absolument dramatique. Si la stratégie d'Ariel Sharon de répondre à la terreur par la terreur marche, pour beaucoup de Palestiniens, c'est la fin du rêve d'un Etat propre. Soit les Israéliens démoralisent complètement les palestiniens, laissent des territoires sans dynamisme, sans perspectives, sauf la pauvreté. Soit cette stratégie produira encore plus de terreur. Et elle ne marchera pas. Il y aura tellement d'attentats qu'elle fera flancher les Israéliens. Et tout le monde sera perdant, d'un coté comme de l'autre.

Quel est le rôle de l'Europe alors dans cette région ?
Si quelqu'un avait une méthode cela se saurait… L'Europe essaie de maintenir Arafat comme interlocuteur. Mais c'est plutôt un vœu pieu pour l'instant. Le problème surtout, c'est cette stratégie. Sharon se sent libéré de toute contrainte pour être enfin le Sharon qui avait envie d'être Sharon. Un Premier ministre à droite de la droite. La seule chance à moyen terme pour la paix est de renouer un dialogue avec la société israélienne pour qu'elle se réveille enfin. Sharon lui promet la sécurité. C'est une impasse. Il faut une "aide à peuples", au pluriel car, pour moi, il y a bien deux peuples, en danger.
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Défense UE (droit doctrine politique)
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14 décembre 2001 5 14 /12 /décembre /2001 15:39
(article paru dans France-Soir, décembre 2001)

Daniel Cohn-Bendit, député européen (vert), président du groupe verts au Parlement européen

Au Proche-orient, jour après jour, le territoire palestinien s'effiloche. Est-ce la fin d'un rêve
Ce qui se passe en Israël est absolument dramatique. Si la stratégie d'Ariel Sharon de répondre à la terreur par la terreur marche, pour beaucoup de Palestiniens, c'est la fin du rêve d'un Etat propre. Soit les Israéliens démoralisent complètement les palestiniens, laissent des territoires sans dynamisme, sans perspectives, sauf la pauvreté. Soit cette stratégie produira encore plus de terreur. Et elle ne marchera pas. Il y aura tellement d'attentats qu'elle fera flancher les Israéliens. Et tout le monde sera perdant, d'un coté comme de l'autre.

L'Europe impuissante ?
Si quelqu'un avait une méthode cela se saurait… L'Europe essaie de maintenir Arafat comme interlocuteur. Mais c'est plutôt un vœu pieu pour l'instant. Le problème surtout, c'est cette stratégie. Sharon se sent libéré de toute contrainte pour être enfin le Sharon qui avait envie d'être Sharon. Un premier ministre à droite de la droite. La seule chance à moyen terme pour la paix est de renouer un dialogue avec la société israélienne pour qu'elle se réveille enfin. Sharon lui promet la sécurité. C'est une impasse. Il faut une "aide à peuples en péril", au pluriel, car, pour moi, il y a bien deux peuples, en danger.

En Afghanistan, l'Europe semble plus engagée, mais certains Etats semblent encore réticents à y aller sous la bannière commune ?
J'étais pour l'envoi d'une intervention américaine. Je suis toujours pour l'envoi d'une force internationale d'interposition, avec un mandat de l'Onu pour faire respecter l'ordre là où cette force va s'établir, et pas seulement pour protéger le personnel des Nations-unies. L'idée d'une réponse européenne est très bonne. Quant aux réticences nationales pour planter son petit casque national sur le casque européen, rencontrées à Laeken, j'espère qu'on pourra surmonter ces petites… déficiences intellectuelles.

La défense européenne paraît avoir des difficultés à avancer ?

C'est une priorité pour l'Europe à condition d'allier une politique de prévention, pour s'attaquer aux conflits en amont, et une politique de défense, proprement dite, pour intervenir sur le conflit quand on a échoué auparavant.
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23 janvier 2001 2 23 /01 /janvier /2001 09:42
(article paru dans La Tribune 2001)
• Il est moins cher de prévenir un conflit que de les guérir, tel doit être le nouvel axiome de la politique étrangère européenne
• L’Europe a du mal à parler d’une seule voix.

« Prévenir plutôt que guérir » tel doit être le nouvel axiome de la politique étrangère européenne a résumé le ministre allemand des Affaires étrangères, Joschka Fischer, lors du premier débat organisé par la présidence suédoise autour de ce thème. « Il faut faire comprendre que les conflits sont souvent plus difficiles à résoudre que le fait de les prévenir » a-t-il ajouté. Les quinze ministres des affaires étrangères ont, avec une belle unanimité, opté pour cette orientation de la politique européenne, priorité de la présidence nordique, davantage basée vers la prévention des conflits que vers l’intervention militaire. « Parfois nous sommes arrivés trop tard, parfois nous ne voyons pas l'émergence du conflit", a reconnu, de son coté le ministre italien des Affaires étrangères Lamberto Dini. « La prévention des conflits doit donc devenir partie intégrante de notre pensée normale ».

Cette politique se justifie, estime un rapport remis aux Quinze, car elle est « l'essence même de l'Union européenne, parfaite illustration d'une entreprise réussie de réconciliation, de stabilité et de prospérité ». Mais aussi et surtout car les « conflits entraînent des souffrances humaines et nuisent au développement économique ». En ce qu'ils « engendrent l'instabilité, réduisent les échanges commerciaux, menacent les investissements, et font peser une lourde charge financière due aux coûts de la reconstruction, les conflits sont contraires aux intérêts de l'Union européenne ». De plus « Les dépenses liées à la prévention des conflits sont faibles si on les compare à ce qu'il en coûte de réparer les dommages causés par un conflit ». Dans cette nouvelle politique, l’Union européenne a un rôle particulier à jouer, car elle est devenue, au fil du temps, le premier fournisseur d'aide au développement et d'aide humanitaire dans le monde, et également le partenaire commercial le plus important. Plusieurs ministres comme l’anglais Robin Cook, se sont cependant demandé si les Européens faisaient « réellement tout », notamment pour limiter la vente des armements « vers l'Afrique, par exemple ». Et le secrétaire au Foreign Office, d’appeler les Européens et les pays candidats à l'Union européenne (UE) à lutter ensemble contre le trafic des armes légères qui « ne devraient pas alimenter les groupes rebelles, mais seuls les gouvernements ».

L'enjeu essentiel pour l'Union n’en reste pas moins de faire preuve de cohérence « en associant les bons instruments et en les utilisant dans un ordre judicieux, en temps opportun et de manière intégrée » estime le rapport. La complémentarité doit ainsi être développée à plusieurs niveaux : entre les instruments et moyens disponibles, entre les activités des États membres et celles de la Communauté ainsi qu'entre l'Union et ses partenaires internationaux. Car passé l’engagement des mots, la politique extérieure européenne demeure balbutiante. C’est ce qu’ont souligné deux autres rapports soumis aux ministres, l’un par la présidence suédoise, l’autre par le Haut représentant à la politique extérieure, Javier Solana. Celui-ci a ainsi déploré que « l’introduction par chaque nouvelle présidence d’un nouveau plan de travail et de nouvelles priorités » ne permet pas d’atteindre cet objectif.

La politique extérieure de l’Union européenne demeure encore par trop incohérente. Les rares décisions prises par ce conseil des ministres lundi en témoignent. Le thème de l’uranium appauvri qui pourrait avoir causé quelques dégâts en matière de santé et d’environnement n’a ainsi qu’à peine été effleuré. Anna Lindh, la ministre suédoise des Affaires étrangères, a bien assuré que «l'Union européenne entend travailler avec le maximum de transparence » sur ce dossier.


Mais la position des ministres est davantage attentiste, pour ne pas dire atlantiste. « Ce n’est pas à l’Union européenne de traiter de ce dossier en priorité. Il faut attendre les rapports de l’Otan » a ainsi estimé le ministre des affaires étrangères français, Hubert Védrine. Quant à la situation en république du Congo, si l’Union européenne a dépêché officiellement le Représentant spécial de l'Union européenne pour la région des Grands Lacs, Aldo Ajello, « en vue d' évaluer la situation après la disparition du président Kabila », celui-ci n’y sera pas seul. Il sera en effet précédé du ministre belge des affaires étrangères, Louis Michel, qui effectue une tournée de plusieurs jours dans les six pays de la région. L’Europe a, encore, quelques difficultés à parler d’une seule voix et à se déplacer d’un seul et même pas...

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17 janvier 2001 3 17 /01 /janvier /2001 09:32
(article publié dans France-Soir 2001)

La communication très maitrisée de l'Otan.
Quand il est question de cancers ou d’autres maladies chez ses soldats envoyés dans les Balkans, l’Otan n’entend pas laisser la communication lui échapper. Résultat... le pire ! Quand le général-major Van Hoof est venu hier rendre compte à la presse de la réunion qu’il présidait du comité des chefs des services de santé militaires (Comeds) des 19 pays membres de l’organisation militaire, il est apparu entouré des hommes en bleus et noirs de l’organisation militaire. Au point que le général, qui n’est cependant pas connu en Belgique pour être un adepte de la langue de bois - au contraire c’est même un des premiers à s’être sérieusement penché sur la question de la maladie des Balkans - a été sérieusement dompté par la discipline Otanienne. Fait symptomatique, face à la presse, alors que la plupart des questions se dirigeait vers le général belge, le porte-parole de l’Otan, Mark Laity, s’est arrogé le droit de répondre, ou engageait un médecin-colonel (plus sûr) de l’armée américaine d’apporter ses commentaires.

Officiellement le général Van Hoof dément
Solidement encadré, le général Van Hoof n’a ainsi pu que se fendre d’un démenti, bien innocent. « Nous ne trouvons pas dans les données disponibles une maladie atypique liée aux Balkans, il s’agit de plaintes très générales ». « D'après les donnés disponibles, a-t-il ajouté, nous ne pouvons identifier aucune augmentation de cancers sanguins ou de mort chez les militaires qui sont allés en mission dans les Balkans par rapport aux soldats non déployés ».

Il y a un syndrome dont les causes ne sont pas expliquées
Une opinion  qui n’est pas, d’après nos informations, aussi consensuelle. Avant même cette réunion un haut responsable militaire ne nous confiait-il pas que tous les symptômes spécifiques (fatigue chronique, perte de mémoire, problèmes de peau récurrents...) objet des plaintes des soldats revenus des opérations en ex-Yougoslavie forment bel et bien un « syndrome » dont les causes ne sont pas expliquées. D’ailleurs, sous couvert d’un discours policé, le général van Hoof a tenu à adresser un net avertissement aux forces militaires de l’Atlantique-Nord : « Il est important d’écouter les inquiétudes de la santé des militaires » a-t-il déclaré « et de procéder à toutes les  analyses médicales, y compris des études indépendantes de la situation ». Aussi a-t-il annoncé « le lancement d'une étude épidémiologique et l’élaboration « de principes communs de sécurité des soldats pour les opérations » de maintien de la paix.

Pas plus d'effet qu'une cigarette
En attendant de connaître cette réalité, il faut se réjouir d’une grande découverte, à la Pif-gadget, de l’Otan. Le plus sérieusement  du monde, le colonel de l’US Army David Lam a asséné sa « réalité scientifique : Celui qui fume une cigarette sur un an court autant de risque de radioactivité que celui qui détient un obus-flèche de 30 mms à 15 cms du corps ». Le tabac, la nouvelle arme atomique de l’Otan !
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Balkans-Bosnie-Kosovo
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9 janvier 2001 2 09 /01 /janvier /2001 09:46
(article paru dans France-Soir 2001)
Le « syndrome des Balkans » a atteint Bruxelles. Cet ensemble de symptômes inexplicables et de cancers inexpliqués dont souffrent certains soldats revenus des missions de paix dans les Balkans a occupé la journée des trois institutions principales de la capitale européenne. A la Commission, au conseil des ministres et à l’Otan, les réunions se sont donc succédées. Comme si tout d’un coup, les États européens et américains prenaient conscience que les armes modernes, même « propres », peuvent aussi faire des victimes dans le propre rang des.. militaires. Mais les principaux responsables politiques et militaires ont surtout convenu qu’il était urgent de... continuer à se réunir.

Des réunions à la pelle. Convoqué à la demande de l’Italie, le comité politique de l’Otan n’a pu ainsi se résoudre à décréter un moratoire sur l’usage des armes à l'uranium appauvri. Des études relatives à cette matière et à ses effets sur la santé pourraient cependant être engagées sous la responsabilité des États membres et d'organisations extérieures. Le principal organe décisionnel de  l'OTAN, le Conseil de l'Atlantique-Nord, se réunit mercredi pour en discuter. Lundi suivant, ce sera au tour des chefs des services de  santé des forces armées d’aborder la question. La seconde réunion de ce mardi, conduite sous l’égide des Suédois, réunissait les ambassadeurs des quinze États membres. Dire qu’elle n’a débouché sur rien serait un euphémisme.

La Commission européenne dans le jeu. De fait, dans la guerre de communication, c’est la Commission européenne qui semble avoir pris l’avantage. En demandant à un groupe d'experts indépendants de rendre d’ici février un avis scientifique sur l'éventualité  d'un lien entre l'utilisation de ces munitions et l'apparition de cancers chez des militaires ayant servi dans la région, l’institution communautaire entend prendre ses responsabilités. Son porte-parole Gunnar Wiegand estime en effet que ''plusieurs centaines voire plusieurs milliers'' de membres de son personnel et de personnes sous contrat se trouvaient dans les Balkans lorsque ces munitions ont été utilisées au cours de la décennie passée. Dans cette réunionnite aiguë, peu d’experts ont cependant mentionné les travaux déjà menés sur la question, par les Pays-Bas depuis 1997, et plus récemment par les Belges. Ils prouvent sinon un lien direct avec des armes à uranium enrichi, du moins un ensemble de symptômes inexplicables lié à l’envoi de troupes dans les Balkans qui atteindraient environ 5 % des militaires revenus de la région. Un homme aurait pu, peut être expliquer cette situation, Javier Solana. Mais le « Haut représentant de l'Union européenne pour la politique étrangère et de sécurité commune » plus connu comme secrétaire général de l’Otan jusqu’à 1999, durant les frappes sur la Yougoslavie, a choisi de se taire. C’est çà la transparence vous dit-on !
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Balkans-Bosnie-Kosovo
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24 novembre 2000 5 24 /11 /novembre /2000 00:15
Réunis à Zagreb avec l’Union européenne, les ex-Yougoslaves et l’Albanie se sont engagés à devenir de bons voisins. Un marché commun balkanique va être créé. Mais le Kosovo est resté à la porte de la conférence... tout comme il persiste à rester aux confins de la paix.
(article paru dans France-Soir, novembre 2000)

L’événement est « historique ». Près de dix ans après le début des guerres yougoslaves, les différents protagonistes du conflit se sont retrouvés à Zagreb, la capitale croate, autour d’une table commune avec les Quinze pays membres de l’Union européenne. Initiative personnelle de Jacques Chirac, ce sommet prévu depuis le printemps dernier était promis à n’être qu’une réunion bien ordinaire de dirigeants internationaux et se cantonner à un message pâlichon « aux Serbes et à la démocratie ». L’élection de Vladimir Kostunica en septembre à la tête de la Yougoslavie a changé la donne et permis à la présidence française de l’Union européenne d’engranger son premier succès diplomatique. Le seul peut-être ! Pour une fois, en effet, la rencontre entre frères ennemis serbes, macédoniens, croates et bosniaques n’avait pour objet de mettre fin à une guerre mais de décider de leur avenir. Un défi comme l’a commenté le jeune ministre serbe des affaires étrangères, Goran Svilanovic. « Il est facile d'entraîner des générations entières dans la guerre, il est plus difficile de faire face à ce que la paix apporte ». Les Quinze ont donc voulu tracer à chaque pays de la zone une perspective - l’adhésion à l’Union européenne - et un préalable - la signature d’un accord de stabilisation et d’association. Mais ils y ont mis un prix : le « bon voisinage ».

Les Balkans doivent ainsi s’habituer à régler pacifiquement leurs différends, à protéger leurs minorités et à solutionner la question des réfugiés. Au passage, la compétence du tribunal pénal international a été rappelée. Les États concernés (Albanie, Bosnie-Herzégovine, Croatie, Serbie et Monténégro, Macédoine) se sont engagés à créer un marché commun balkanique sur trois priorités : politique, économique - une zone de libre-échange va être créée - et policière, notamment pour lutter contre les mafias locales qui prolifèrent. La fête paraissait donc parfaite. Mais le Kosovo, dont les autorités politiques n’avaient pas été conviées, a occupé tous les esprits. L’ancienne province serbe, actuellement sous mandat des Nations-Unies, connaît en effet depuis plusieurs jours un regain de violences. C’est « le problème majeur en Europe » a tenu à souligner le président serbe Vladimir Kostunica, « qui pourrait provoquer de nombreux autres conflits ». Mercredi un attentat a visé à Pristina le siège du représentant yougoslave au Kosovo, son chauffeur a été tué. Jeudi, c’était au tour de la Ligue démocratique du Kosovo de pleurer un des siens, Xhemajl Mustafa, un proche de Rugova. A la frontière administrative du Kosovo, dans le sud-est de la Serbie, trois policiers serbes sont morts et cinq blessés après un accrochage avec des hommes de l’ex-UCK. Resté aux portes de la conférence, le Kosovo ne paraît pas prêt de briser la spirale du sang...
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Elargissement UE
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28 mars 2000 2 28 /03 /mars /2000 09:36
(article paru dans France-Soir 2000) Y-aurait-il un syndrome des Balkans, comme il y a aurait un syndrôme du Golfe ?

Les témoignages
de plusieurs soldats belges revenus de Bosnie, de Croatie ou du Kosovo le laisseraient supposer. Marc de Ceulaer, que nous avons rencontré, est de ceux-là. Parti à Visocko, en Bosnie, dans le cadre des opérations de maintien de la paix en 1996, il souffre aujourd’hui de graves problèmes de santé, bien réels, mais dont les médecins n’arrivent pas à cerner la cause. « Quand je suis revenu, je ne me sentais pas très bien, j’étais constamment fatigué, j’avais des troubles de mémoire, j’avais des saignements de nez. J’ai été voir le médecin de l’unité. Il m’a dit c’est psychologique. De petites tâches brunes apparaissaient sur tous mes membres, puis disparaissaient sans raison. J’ai consulté un dermatologue. Les analyses dans un laboratoire spécialisé ont confirmé un problème pathologique mais sans pouvoir préciser la cause. » Depuis, aidé de son syndicat (En Belgique les militaires, professionnels, peuvent se syndiquer), Marc de Ceulaer tente désespérément de déterminer l’origine du mal. Est-ce la pollution de l’eau du fait de l’utilisation de pesticides en abondance par exemple ? « Dans le camp de réfugiés voisin, des réfugiés étaient malades avec des problèmes de peau identiques ». Un peu simple peut-être.

Une pollution chimique plus complexe alors ? « Sur le sol il y avait constamment de la poussière noirâtre que nous inhalions » se rappelle Marc de Ceulaer. Et d’autres soldats envoyés en Croatie souffrent également de maux divers, parfois mortels. « C’est après s’être assis sur des sacs de sable dans une cave pour se protéger des mortiers qu’Éric Vande Ven avait ainsi constaté que son bras était complètement brûlé. Soigné sur place, un an plus tard, il constatait l’apparition de petites tâches. » Depuis ce caporal-chef du 5e de ligne est décédé. Diagnostic : « cancer de la peau ».

L’uranium appauvri pourrait-il être en cause comme le soutiennent certains spécialistes ? Peut-être pas dans tous les cas mais il y a des faits troublants. « Ces symptômes ressemblent étrangement à ceux des sauveteurs qui ont travaillé sur l’accident du Boeing à Amsterdam. » remarque Albert De Villers, président de Syndic. De plus, ajoute Marc de Ceulaer, « Au Kosovo, près du poste-frontière de Jankovic, nos collègues sur place ont relevé des traces d’amiante blanche au sol ».

1/6e des militaires ont problèmes de santé. L’armée a d’abord minoré cette « contamination par l’amiante de quelques soldats » puis, face à l’accumulation de témoignages, a décidé de réagir de façon plus vigoureuse. Les 12 000 militaires belges envoyés depuis 1992 dans les Balkans sont depuis plusieurs semaines invités à se présenter devant l'un de leurs 24 médecins du travail. Les premiers résultats (sur 2000 soldats) parlent d’eux-mêmes ! « Entre 15 % et 20 % de ces soldats se plaignent de problèmes de santé » a ainsi révélé le chef d'état-major du Service médical, le médecin général-major Roger Van Hoof, dans les colonnes du quotidien flamand de Morgen. Inquiétant !

Du coté français : no problem
L’armée française reste fidèle à sa qualité de Grande muette. Aucune trace de risques à l’amiante n’a été retrouvé au Kosovo, affirme le service de communication des armées. « J’ai un rapport sous les yeux de Kumanovo qui n’en parle pas » nous a assuré le médecin-chef Estripeau. « Je ne dis pas qu’il y a pas de problème mais s’il y en a, ces éléments ne sont pas parvenus aux médecins sur place ». Honnêteté scrupuleuse mais quelque peu détonnante. D’après nos informations, les militaires belges auraient transmis un échantillon de poussière contaminée « à un officier français » présent sur place qui aurait promis de « faire une intervention ». Cet échantillon se serait-il perdu ? Ou le mythe Tchernobyl, de l’invincibilité française face aux éléments, aurait-il encore frappé ?...
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22 février 2000 2 22 /02 /février /2000 23:19

(paru dans France-Soir, février 2000 - l'Erika s'est échoué sur les cotes bretonnes en décembre 1999)

Trois questions à Margot Wallström, commissaire à l’environnement.

Vous venez de rendre visite en Bretagne aux victimes de la marée noire et des tempêtes, quelle leçon en tirez-vous ?

Nous avons beaucoup appris. C’est important d’apprendre directement des habitants, des volontaires qui, sur place, ont agi pour préserver l’environnement, ce qu’ils ont ressenti, comment ils ont vécu cette catastrophe, de saisir leurs inquiétudes ou leurs colères. J’ai ressenti une réelle préoccupation pour l’avenir de la pêche, par exemple, ou du tourisme. Aussi, avec mon collègue Michel Barnier (commissaire à la politique régionale), nous avons voulu témoigner que la Commission européenne, ce n’est pas seulement une administration qui agit dans des bureaux mais des personnes en chair et en os, qui ont des émotions, et peuvent réagir .

Justement, avez-vous une idée de mesures à prendre ?

Nous avons plus qu’une idée. Tout d’abord, il faut renforcer la sécurité maritime. Dès le mois prochain, en mars, la Commission européenne va publier une communication qui recensera toutes les mesures à prendre. Nous entendons proposer de nouvelles règles en matière de circulation maritime, des normes renforcées pour les navires (double coque par exemple) et des contrôles plus efficaces... D’un autre coté, nous travaillons à établir un principe général de responsabilité environnementale au plan européen. Il faut en effet garantir que, partout en Europe, les pollueurs soient effectivement reconnus responsables des dommages causés à l'environnement. Enfin, nous voulons renforcer nos moyens de protection civile.

Mais, en matière de protection civile, l’Europe n’a pas vraiment de compétences ?

C’est vrai la protection civile n’est pas une compétence entière de l’Union européenne. Ainsi l’unité de la Commission sur la protection civile est très petite et n’a que peu moyens. Nous devons évoluer. Nous pourrions créer un corps européen de protection civile, rassemblant les meilleurs experts et les responsables de chaque pays, qui soient mobilisables plus rapidement et plus facilement. Il faut également pouvoir disposer de certains moyens communs. L’Europe pourrait contribuer, par exemple, comme on nous l’a suggéré en Bretagne, à mettre en place une clinique mobile pour soigner les oiseaux victimes de désastres écologiques. Encore faut-il que les États membres soient d’accord avec cette logique nouvelle. Nous allons faire une proposition au conseil des ministres dans ce sens. Peut-être sous la présidence française...

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14 février 2000 1 14 /02 /février /2000 15:13
(article publié dans France-Soir, février 2000)

La fermeté des Européens à l’égard de la Russie s’est dégonflée comme une baudruche contrairement à ce que prétend Hubert Védrine

Les Tchétchènes peuvent continuer à mourir tranquilles ! Leur souffrance ne trouble pas vraiment les puissances européennes. Comme le prouve la réunion qui débute aujourd’hui, à Lisbonne, entre Russes, Européens et Américains qui ne devrait aborder que, du bout des lèvres, ce sujet délicat. Comme le prouvent également le défilé incessant de ministres européens au Kremlin, depuis début janvier. Ministres italien, allemand, français, britannique ont fait le voyage de Moscou. Sans jamais réussir à influer notablement la volonté exterminatrice du Premier ministre russe, Vladimir Poutine. Et cependant, rappelons-nous. C’était à Helsinki, au mois de décembre. Pour le dernier conseil européen du siècle, les Quinze chefs d’État et de gouvernement de l’Europe prennent alors une décision, qualifiée de ferme : « la mise en œuvre de la stratégie commune de l'Union européenne à l'égard de la Russie doit être réexaminée ». Un catalogue de sanctions est décidé. Noël passe... La fermeté retombe. La diplomatie reprend le dessus. La Commission européenne a alors toutes les peines du monde à faire avaliser par les Quinze ministres des affaires étrangères, le 24 janvier, quelques mesures, bien symboliques au demeurant. Qu’on en juge ! L’extension du système de préférences généralisées, pour l’importation de produits russes, est certes gelée ; mais les préférences déjà en vigueur sont préservées, ce qui représente une aide de 120 millions d’Euros. Le programme d’assistance technique dont bénéficie la Russie, dénommé Tacis, est certes réorienté vers la société civile. Mais cette mesure n’a pas encore été suivi d’effets concrets. De toute façon, elle ne sera valable que pour le budget 2000. Les budgets 1998 et 1999 pourront donc continuer à être dépensés, comme c’est le cas actuellement. En fait les seuls résultats concrets, décidés par l’Europe, n’ont rien à voir avec la situation en Tchétchénie. Un surplus de budget d’aide alimentaire de 30 millions d’Euros (environ 200 millions de francs) a ainsi été gelé. Mais cette décision est davantage motivée par la volonté de ne plus faire bénéficier la Russie de financements détournés par des réseaux mafieux. Quant à la diminution du quota d’importation d’acier russe, elle a davantage à voir avec une mesure de rétorsion, classique dans un accord commercial, - les Russes ayant augmenté leurs droits de douane - qu’avec le respect des droits de l’homme. En fait, cet ersatz de sanctions démontre, à nouveau, la faiblesse de la diplomatie européenne. Et ce n’est pas Hubert Védrine, qui soutiendra le contraire. Même si à Paris, le ministre français des affaires étrangères paraît ferme, à Bruxelles, sa fermeté fond comme un chocolat sous la langue. Tout à sa préoccupation de voir « Le dialogue avec la Russie poursuivi », l’ancien conseiller de François Mitterand perpétue l’héritage de la “Realpolitik”.

(détails chronologiques)
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30 janvier 2000 7 30 /01 /janvier /2000 11:07
(notes de réunion , janvier 2000 - non publiées)

(Chronologie des faits)

Au Sommet européen d'Helsinki le 10 et 11 décembre 1999, les 15 chefs d’État et de gouvernement de l’Europe prennent une décision, qualifiée de ferme vis-à-vis de la Russie :
Cela commence par « Le Conseil européen condamne et juge totalement inacceptables les bombardements intenses de villes tchétchènes ».
Cela finit par « le Conseil européen décide de tirer les conséquences de cette situation :
-    pour la mise en œuvre de la stratégie commune de l'Union européenne à l'égard de la Russie, qui devrait être réexaminée ;
-    pour l'accord de partenariat et de coopération, dont une partie des dispositions devraient être suspendues et les dispositions commerciales rigoureusement appliquées ;
-    pour le programme TACIS, l'autorité budgétaire est invitée à envisager le transfert de fonds de TACIS en faveur de l'aide humanitaire. Les dotations budgétaires pour 2000 devraient être limitées aux domaines prioritaires, à savoir les droits de l'homme, l’État de droit, le soutien à la société civile et la sûreté nucléaire.
Il invite la présidence et le Secrétaire général/Haut Représentant à notifier d'urgence cette décision et le contenu de la présente déclaration aux autorités russes, au niveau le plus élevé.
Il invite l'OSCE et le Conseil de l'Europe à revoir, chacun dans son domaine de compétence respectif, les modalités de leur coopération avec la Russie.

Au Conseil des affaires générales (24 janvier 2000)
Il faut deux mois aux 15 ministres des affaires étrangères pour appliquer ces mesures. Ce n’est que le 24 janvier que les Quinze, réunis au sein du Conseil des affaires générales, pondent une déclaration. Qui paraît ubuesque...

Une déclaration toute en sinuosités. Les Quinze commencent par « se féliciter du déroulement démocratique des élections législatives ». La déclaration se poursuit en soulignant que « la Russie constitue pour l’UE un partenaire de première importance ». L’Union européenne d’ailleurs « souhaiterait continuer à consolider et à développer ce partenariat stratégique à long terme dans le but d’améliorer la sécurité et la stabilité en Europe et au-delà ». Ce n’est qu’au troisième paragraphe qu’apparaissent les mots « droits de l’homme, État de droit et liberté de l’information et des médias ». Et au quatrième paragraphe, le Conseil avoue quand même que l’Union européenne « est vivement préoccupée par la poursuite de la violence en Tchétchénie et réitère sa condamnation de l’usage aveugle de la force par les autorités russes qui a aggravé la situation humanitaire ». Mais, immédiatement effarée sans doute de cette position audacieuse, les paragraphes suivants servent à atténuer cette petite pique. « Le Conseil ne conteste pas le droit de la Russie de préserver son intégrité territoriale » Il se satisfait que « M. Poutine a donné l’assurance qu’il tiendrait l’UE pleinement au courant de la position de la Russie sur l’évolution de la situation et de la manière dont elle respecte les normes internationales ». Et ce n’est qu’à partir du septième paragraphe que l’Union annonce les sanctions envisagées.

.... de la difficulté d’admettre des sanctions. Et encore les ministres des affaires étrangères tentent-ils d’amoindrir largement le coup. Comme le résume, alors, Hubert Védrine, le 24 janvier : « Le dialogue avec la Russie doit être poursuivi. Il est tout aussi important pour l’Union européenne que pour la France. Mais, en même temps, il faut que notre position soit claire et sans ambiguïté, il faut que nous tenions compte de la position prise à Helsinki ».
Le problème en fait est bien là. Comment les ministres des affaires étrangères vont pouvoir se dépatouiller avec ce qu’on décidé, dans un élan un peu trop généreux, les 15 chefs d’États.
C’est ce que résume un diplomate portugais (le Portugal exerce la présidence de l’Union européenne actuellement) : « il ne faut pas contrarier les efforts en cours, il serait dommageable et contre productif de faire quelque chose. (...) De toute façon si mesure budgétaire il y a, elle sera longue à avoir de l’effet, il faut compter un ou un an et demi.  (...) Quant à réduire le nombre de contacts à haut niveau, alors qu’il y a deux représentants des ministres des affaires étrangères européens en ce moment en Russie ( ) c’est dur. En fait, toute la difficulté est de ne pas déjuger ce qui a été fait à Helsinki ».
La Commission européenne, avec réalisme, préfère d’ailleurs ne pas parler de « sanctions », mais de « mesures ». Un de ses membres reconnaît que le catalogue initial de mesures était plus important. Mais plusieurs États, dont la France, l’Espagne, l’Allemagne, étaient hostiles à des sanctions trop fortes. Seuls Britanniques et Danois, et dans une moindre mesure les Finlandais, soutenaient une position plus allante. Il a donc fallu négocier.
Certains proches du dossier reconnaissent que « Le mandat d’Helsinki nous permettait d’aller plus loin sur les accords de coopération mais il n’y avait pas de volonté politique » et que si le commissaire aux relations extérieures, l’anglais Chris Patten, n’avait pas fait le forcing « les ministres se seraient contentés du langage d’Helsinki sans mesures et basta ».

Le catalogue des sanctions
Six mesures sont prévues. Mais dont l’innocuité est aussi importante qu’une goutte d’eau non polluée dans un égout.

Trois sanctions sont financières

1° • La mesure la plus symbolique, la réorientation du programme Tacis ( ) vers les valeurs démocratiques et la société civile n’est pas encore effective. Et risque de ne pas l’être avant plusieurs années. Certes la décision de principe est bien acquise. Mais reste à en préciser les modalités, qui ne pourront être fixées que lors d’un comité de gestion. Ce comité ne sera pas réuni en urgence. Les premiers résultats pourraient n’être ainsi connus que dans quelques mois. Et encore ! Si réorientation il y a, elle ne concerne que les programmes exclusivement destinées vers la Russie, les programmes de coopération transfrontalière avec les pays voisins (Ukraine, Belarus...) pourront continuer de se dérouler. Mais surtout cette réorientation ne concerne que le budget 2000. Or, ce type de financement n’est réellement engagé que deux ou trois ans après l’année budgétaire où il est rattaché. Actuellement on en est ainsi à faire des appels d’offres sur les budgets 1998 et 1999 (cf. journal officiel du 21 décembre sur un appel à coopération transfrontalière pour des petits projets).
Quelques morts de plus, voire un ou deux premiers ministres de plus, traverseront la Russie avant que cette sanction soit effective !
Chiffres : Sur les 500 millions d’Euros du programme Tacis, 130 millions d’Euros vont à la Russie. 90 millions pourraient être réaffectés.

2° • Une deuxième sanction vise à ne pas reporter un supplément d’aide alimentaire de 1999 sur le budget 2000. Outre que cette mesure est très symbolique (environ 30 millions d’Euros), elle a surtout que peu d’impact sur la Tchétchénie. De source diplomatique confirmée, on estime que cette mesure a davantage pour motif la lutte contre la mafia. A la Commission européenne, le porte-parole de Chris Patten (commissaire aux Relations extérieures) se refuse à confirmer cette explication mais on estime que « les Russes n’ont plus besoin d’aide alimentaire, car ils ont une très bonne balance des paiements et peuvent donc acquérir ces besoins sur le marché ».

3° • En fait, la seule sanction réellement entrée en vigueur est la surveillance plus stricte des accords commerciaux. Mais a-t-elle à voir vraiment avec la Tchétchénie ? Car les mesures de rétorsion sont prévues même par ces accords quand un des partenaires ne le respecte pas. A la Commission, d’ailleurs, on reconnaît que « La mesure suit une logique commerciale, elle suit un contentieux sur les taxes d’exportation qui existe depuis plusieurs années »Ainsi le 26 janvier, la Commission a proposé de « réduire de 20 % pour l'année 2000 (les plafonds) d’importations de certains produits sidérurgiques en provenance de la Fédération russe ». Motivation : « Cette décision fait suite à l'instauration par la Fédération russe en avril 1999 d'un droit de douane temporaire de 15% frappant ses exportations de ferraille et de déchets sidérurgiques. Une infraction patente par rapport aux engagements souscrits par la Fédération russe dans le cadre de l'accord signé en 1997 entre la Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier et la Fédération russe sur le commerce de certains produits sidérurgiques.  »

Les autres sanctions concernent surtout des suspensions de négociation :

4° - révision du plan de travail pour la mise en œuvre de la stratégie commune de l’Union européenne ;

5° - suspension de la signature d’un accord scientifique et technologique ;

6° - .suspension de l’examen d’une possible extension des systèmes de préférence généralisées vers la Russie (60 millions d’Euros sont concernés mais 120 millions d’Euros continuent d’être applicables) ;
Dans ces cas, les accords ne sont pas annulés, c’est la formalisation ou la négociation de l’accord qui sont suspendus.

La (non) position du Conseil de l’Europe
Quant au Conseil de l’Europe, sa lâcheté devant la possible d’exclusion de la Russie n’a d’égal que son parler haut tant qu’il ne s’agit pas de voter. Ainsi, après laissé entendre, dans un rapport, le 25 janvier, que la Russie pourrait être exclue de ses rangs, le lendemain l’assemblée parlementaire de l’institution a certes accouché d’une déclaration certes très combative mais aucun cas d’une exclusion. Les conditions seront examinées à la prochaine session de l’Assemblée (3-7 avril).
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Asie centrale-Géorgie-Russie
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logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.