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28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 08:08

A la conférence d'Istanbul, le 22 mai, 35 pays, réunis à l'invitation du gouvernement turc (1), ont réaffirmé leur volonté de soutenir la Somalie et son gouvernement dans la recherche de stabilité. Cette déclaration d'Istanbul - comme il faut l'appeler (2) - a endossé la création de deux nouveaux mécanismes - un trust fund sur la piraterie et une task force sur la reconstruction.

Pour la communauté internationale, il y a en effet un impératif : la reconstruction provisoire de la Somalie doit exister en complément des activités d'assistance humanitaire et avant de passer à une phase de développement. Mais la lutte contre la piraterie et la formation des forces de sécurité somaliennes sont également une nécessité. La conférence a d'ailleurs salué le rôle joué par l'opération de l'UE Atalanta", celle de l'OTAN "Ocean Shield" et la CTF 151.

Un fonds international contre la piraterie

La conférence a ainsi approuvé la création d'un "International Trust Fund" chargé de "soutenir les initiatives du groupe de contact sur la piraterie au large de la Somalie pour prendre en charge les dépenses liés aux poursuites judiciaires des pirates suspects et de soutenir les autres initiatives anti-piraterie". Ce fond serait alimenté par les Etats membres mais aussi par d'autres donateurs (organisations internationales mais aussi - pourquoi pas ! - le monde maritime, assurances ou armateurs). Cette idée est très intéressante car il pourrait donner à certains Etats de la région qui ont peu de moyens des compensations financières à leur engagement dans la poursuite en justice des pirates.

La conférence a ainsi appelé d'autres Etats (que ceux déjà engagés) "à faciliter les poursuites devant leurs cours nationales, en cohérence avec les règles internationales applicables et les droits de l'homme".

Une task force pour la reconstruction

 La conférence approuve également la création d'une "task-force" chargée de concevoir très rapidement (dans les 4 prochaines semaines) un mécanisme pour regrouper ensemble les agences et partenaires de développement chargé de répondre aux besoins critiques de stabilisation du pays. Ce mécanisme proposé par la banque de développement islamique serait présidé par la Turquie et pourrait assurer la fourniture de services humanitaires et de base, la réhabilitation des infrastructures, le développement des moyens d'existence et la création d'emploi.

Une feuille de route au gouvernement somalien sur les forces de sécurité

La conférence a enfin souligné combien était importante "Le rétablissement, la formation, l'équipement, le paiement et la des forces de sécurité somaliennes est "vitale" pour la stabilité à long terme de la Somalie". Elle donne aussi gouvernement transitoire somalien une feuille de route afin d'assurer la sécurité à la population somali : augmentation du nombre de recrues somali entraînées, réintégration de "toutes les forces somali, notamment celles de Ahlu Sunna Wal Jama's", amélioration des structures de commandement et de contrôle des forces somali.

De façon générale, on peut remarquer que la communauté internationale, tout en réaffirmant son soutien au gouvernement transitoire somalien, montre une certaine impatience, voire même un certain énerverment à son égard, en lui rappelant ses responsabilités, notamment "de répondre aux souffrances humanitaires de la population somali" mais aussi d'éviter de se perdre dans des "disputes internes" (3).

NB : le prochain rendez-vous international sur la Somalie sera en septembre de cette année à Madrid avec la réunion du groupe de haut niveau.

(1) Le gouvernement turc confirme ainsi sa volonté de jouer un rôle de premier plan au niveau mondial, après la  médiation avec l'Iran.

(2) La déclaration d'Istanbul

(3) Lire également : Pour le président djiboutien, il faut gagner la bataille de Mogadiscio ...

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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Piraterie Golfe d'Aden - Océan Indien
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27 mai 2010 4 27 /05 /mai /2010 10:49

Même si la mousson fait son effet et que les pirates sortent moins, du moins dans le Golfe d'Aden, la piraterie continue cette fois plus au sud. Un thonier espagnol, le "Campolibre Alai" (1), a ainsi été attaqué mardi matin, à environ 70 miles de l'île française de Mayotte. L'attaque a duré une demi-heure, selon mes confrères espagnols. Et le navire n'a du son salut que grâce aux manoeuvres d'esquive et, surtout, semble-t-il, à la présence des gardes privés à bord qui ont dû finalement effectué des tirs d'avertissement, avant que les pirates n'abandonnent la poursuite, au large des côtes de Madagascar.

Mayotte, les Comores et Madagascar concernés

C'est, à ma connaissance, le premier incident de la sorte aussi près de Mayotte et de l'archipel des Comores. Il démontre, en tout cas, l'aptitude des pirates à s'adapter aux circonstances et à rechercher de nouvelles zones de "chalandise". Il montre toute la pertinence également d'élargir la zone "Atalanta" vers le sud également et non pas seulement vers l'est (lire : Atalanta III va voir sa zone de mission étendue un peu plus à l'est). La Marine nationale (française) qui est fortement engagée dans la piraterie voit, ici, un nouveau front s'ouvrir.

La question de baser un navire à Mayotte pourrait ainsi se poser. De même qu'on pourrait se demander si le tribunal de Saint-Denis de la Réunion (tribunal correctionnel) ne pourrait pas accueillir les pirates interceptés par les forces françaises ou quand un intérêt français est en jeu (marin, navire...) et que la France décide d'exercer son droit de poursuite.

 

Une autre attaque dans la zone sud, près de la Tanzanie

Mardi toujours, un tanker battant pavillon chypriote, le Nordneptun a été l'objet d'une attaque en règle, au petit matin, de deux skiffs pirates somaliens, au nord-est de Zanzibar, Tanzanie. Heureusement, la frégate française, le Nivôse (qui participe à l'opération européenne anti-piraterie EUNAVFOR Atalanta), n'est pas loin. Le Nivose est, en effet, en approche du port de Dar es Salam (Tanzanie), où il doit faire escale, explique l'Etat-Major des armées. A la réception de l'appel de détresse, il se déroute et lance immédiatement son hélicoptère Panther à la rencontre du navire qui se trouve alors à 58 miles.

Quand il arrive sur zone, il est "moins une". Les pirates s'apprêtent à se lancer à l'abordage et de prendre pied sur le NordNeptun. A l'arrivée de l'hélicoptère, la dizaine de pirates présents plient bagage et, fidèles, à leur tactique se séparent. L'hélicoptère tente de les poursuivre, tire des coups de semonce. En vain, les pirates ne s'arrêtent pas et se mêlent aux pêcheurs nombreux dans cette zone, au large de l’île de Pemba (Tanzanie), au nord de Zanzibar. Les autorités tanzaniennes sont aussitôt prévenus par les marins et le QG d'Atalanta de la présence possible de pirates dans leurs eaux.

SkiffPiratesNordNeptunNivose-Eunavfor100525.jpg

Un des skiffs pirates qui change de direction (crédit photo : DICOD / Eunavfor Atalanta) 


Commentaire : la zone sud de l'Afrique concernée directement

 

Après la Somalie, le Yemen, Oman, les Seychelles, le Kenya... la Tanzanie est ainsi désormais concernée au premier chef par les actes des pirates somaliens. Et la question de la signature d'un accord de transfert des pirates devient donc, encore plus que jamais d'actualité (2). Les négociations entre l'UE et le gouvernement tanzanien pourraient aboutir assez rapidement, d'après les informations que j'ai recueillies. La Haute représentante, Catherine Ashton, espère ainsi pouvoir valider d'ici septembre-octobre l'accord de transfert.

Cette attaque montre également que les options prises par plusieurs compagnies pour éviter le canal de Suez et le Golfe d'Aden et de contourner l'Afrique par la voie sud (Afrique du sud, cap de Bonne Espérance) n'est qu'une option précaire et temporaire. Elle devrait peut-être également inciter l'Afrique du sud, pour l'instant, très réticente à s'engager dans la lutte anti-piraterie - que ce soit au niveau financier, opérationnel ou judiciaire - à se montrer un peu plus réactive et solidaire de ses voisins africains.

(1) Ce navire de pêche appartient au même armateur (Echebastar Fleet) que l'Alakrana (capturé par les pirates en septembre 2009. Il avait déjà fait l'objet d'une attaque l'année dernière.

(2) ... et la Tanzanie, aussi, pourrait "accueillir" des pirates ...

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26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 18:00

Les suspects d'actes de piraterie arrêtés par les forces internationales ou locales dans l'Océan indien restent jugés de façon très inégale par la plupart des tribunaux. Voici un dernier point détaillé, qui pourra être mis à jour ultérieurement...


Dernières évolutions

 Depuis le dernier bilan (mars), les premiers jugements sont tombés au Yemen. Et un premier procès a débuté en Europe (Pays-Bas) tandis que l'instruction est close dans l'affaire du Ponant (France).

On peut remarquer qu'un nouveau pays a accepté de traduire des pirates, l'Allemagne. Et les Etats-Unis ont accepté de prendre un nouveau "lot" de pirates. Mais ce sont le Kenya et le Puntland somalien qui supportent la majeure part des prisonniers.

Au total, selon mes sources, 221 pirates ont déjà été condamnés en 2009 et 2010, l'essentiel au Puntland et Somaliland. Dans ces provinces autonomes de Somalie, les jugements restent en effet souvent rapides, pour ne pas dire expéditifs. Les procès sont plus lents au Yemen et Kenya, voire carrément lents dans les pays occidentaux.

A noter que l'Union européenne n'a pas estimé nécessaire d'adopter une législation harmonisée !


Récapitulatif des pirates transférés

Pays Suspects transférés * Pirates condamnés ** Suspects libérés ***
Puntland (somalie) 98 154 2
Somaliland (Somalie) 9 27  
Kenya 134 18  
Yemen 51 22  
Seychelles 53 0 23




France 15 0  
Pays-Bas   5 5
 
Etats-Unis 12 0  
Espagne 2 0  
Allemagne

10

0  

  * Pirates transférés par les forces internationales. S'ajoutent à cela les pirates arrêtés par les forces locales

** Pirates condamnés : après jugement (définitif ou non).

*** Pirates libérés : il s'agit ici de suspects libérés sur décision d'un juge d'instruction ou du siège (après remise par les forces internationales ou les gardes-côtes locaux)

 

Avertissement : ces chiffres sont aussi précis que possibles. Mais je ne suis pas à l'abri d'une erreur, les données judiciaires dans ce domaine étant parfois difficiles à recouper.

 


Détails pays par pays

   Légende : o libération • = Affaire en cours    = Jugement
  


DANS LES PAYS RIVERAINS DE L'OCEAN INDIEN


Kenya

DrapeauKenya.gif

 

En avril 2009, 10 pirates somaliens ont été condamnés à 7 ans de prison et leur peine confirmée par un juge de la Haute Cour pour l'attaque du Safina Al Bisarat-MNV 723 en janvier 2006 (lire un arrêt qui fera jurisprudence ?). A cette date, 87 prisonniers étaient incarcérés au Kenya dont 77 en attente de jugement dans 7 affaires différentes (lire ici). Au 10 juin 2009, ce chiffre total se montait à 111 suspects.

 

• Le procès de 7 pirates qui s'en étaient pris, par erreur, à la frégate allemande Spessart (EUNAVFOR Atalanta) a démarré à Mombasa, à l'automne 2009. Procès émaillé d'incidents de procédure. Lire: Le procès des 7 pirates arrêtés par le Spessart continue

 

• Le procès des 7 pirates arrêtés par le Vella Gulf (Usa) après l'attaque du MV Polaris a commencé début octobre 2009 devant la 4e chambre de la Cour centrale de Mombasa. Mais non sans difficulté pour les militaires américains (lire le récit de Pierre Prier du Figaro). Une audience a été fixée pour le 26 janvier 2010.

• Le jugement des pirates ayant attaqué le thonier breton Cap St Vincent commence en 2010. Lire: l'audition des 7 pirates qui ont attaqué le Cap St Vincent fixée en 2010

Le 8 mars 2010, le Tribunal de Mombasa a condamné 8 pirates qui avaient attaqué, en novembre 2008, le navire danois MV Powerful, à 20 ans de prison. Ils avaient été arrêtés par la frégate britannique Cumberland après l'attaque d'un cargo danois. Leurs avocats ont fait appel.
 

 

Puntland (Somalie)

DrapeauPuntland.png

  En avril 2009, 37 pirates somaliens ont été condamnés, lors d'un procès collectif, à des peines de 3 ans de prison.

  Le 17 octobre 2009, 10 pirates ont été condamnés à des peines de 3 à 5 ans de prison (dont les pirates qui avaient attaqué le navire militaire français BCR Somme). NB : Selon les autorités du Puntland, plus de 120 jugements contre des pirates ont été prononcés depuis janvier 2009.

  Le 25 octobre 2009, 12 pirates ont été condamnés à des peines de 3 à 8 ans de prison par la Cour de première instance de Bossaso (dont ceux qui avaient été remis aux autorités locales par le gouvernement égyptien).

     Le 20 mars 2010, 22 pirates arrêtés par la frégate française ont été condamnés à des peines de 5 ans de prison. 2 ont été libérés faute de preuve.  

 

NB : Selon les autorités du Puntland, plus de 154 pirates ont été condamnés depuis janvier 2009.
 

Somaliland (Somalie)

DrapeauSomaliland.png

 • En février 2009, 7 pirates, arrêtés par les gardes-côtes près de Berbera, ont été condamnés à 20 ans de prison.

 • Le 26 avril 2009, 9 pirates ont été condamnés à des peines de 15 ans de prison (pour 7 d'entre eux) à 20 ans de prison (pour les 2 autres). Ils avaient été arrêtés le 18 avril par les gardes-côtes du Somaliland après l'attaque du Handytankers Magic et leur libération par les forces de l'OTAN.

 • A la mi-février 2010, 11 pirates, arrêtés en décembre 2009, ont été condamnés à 15 ans de prison à Berbera. Ils avaient été arrêtés par les les gardes-côtes du Somaliland après libération par les forces de l'OTAN et l'attaque (par erreur) d'un navire de guerre.
  

Seychelles  

DrapeauSeychelles.gif

o Début septembre 2009, 23 suspects détenus dans les prisons de l'archipel - dont ceux qui avaient attaqués le navire de croisière MSC Melody - ont été libérés et ramenés par avion au Kenya puis en Somalie (lire)


Yemen

DrapeauYemen.gif

• En décembre 2008, 11 des 23 suspects arrêtés par une frégate indienne ont été rapidement libérés après une courte instruction. Selon les autorités judiciaires yemenites, ce n'était pas des pirates mais des pêcheurs yemenites pris en otage. Le procès des 12 suspects restants (les pirates somalis) a commencé devant la Cour de première instance d'Aden, en juillet 2009, en même temps que 10 autres pirates arrêtés par une frégate russe en février.
 
• En décembre 2009, le procès de 6 pirates accusés d'avoir attaqué un bateau yéménite et arrêtés par les forces yéménites a commencé à Aden. L'un d'entre eux a été libéré.

• Le 8 mars 2010, le procès de 7 suspects, accusés d'avoir attaqué des bateaux étrangers dans les eaux territoriales et les eaux internationales a commencé devant la cour pénale spéciale d'Hadramout.

 

Le 18 mai 2010, 6 pirates ont été condamnés à la peine de mort et 6 autres à 10 ans de prison pour l'attaque d'un pétrolier yemenite, le Qana (lire : Six pirates condamnés à mort au Yemen)

 

Le 19 mai 2010, la Cour de première instance d'Aden a condamné les 10 pirates arrêtés par une frégate russe en février 2009 à 10 ans de prison. Le procès avait été entamé en juillet 2009.

 

PAYS EXTERIEURS A L'OCEAN INDIEN


France

En attente de procès

DrapeauFrance.png


• Six pirates arrêtés après la prise d'otages du Ponant ont été écroués, en avril 2008 à leur arrivée à Paris. Agés de 21 à 46 ans, ils ont été mis en examen par les
juges d'instruction, Patrick Gachon et Corinne Goetzmann, pour "détournement de navire, arrestation et séquestration en bande organisée avec demande de rançon, association de malfaiteurs, vols en bande organisée". Ils sont détenus à la prison de Fresnes. La commission consultative du secret de la défense nationale a autorisé, le 5 février 2009, la déclassification du film réalisé par le ministère de la Défense sur l'arrestation (Lire aussi : Ponant: plainte contre X pour détention arbitraire).  La Cour d'appel de Paris a rejeté, le 6 avril 2009, les demandes d'annulation de procédure de leurs avocats, estimant que l'intervention militaire française était "fondée". Le parquet général soutenait lui que l'arrestation et le transfert constituaient des "opérations de défense" que la justice n'avait pas à connaître. Le juge d'instruction a clos l'enquête fin mars 2010.

• Trois pirates arrêtés après la prise d'otages du Tanit ont été placés en garde à vue mardi 14 avril 2009 et écroués. Le parquet de Rennes (Bretagne) s'est saisi du dossier et l'enquête a été confiée à la gendarmerie.

• Six pirates arrêtés après la libération du Carré d'As ont été mis en examen à Paris le 25 septembre 2009. Ils sont poursuivis pour détournement de navire, arrestation et séquestration de plusieurs personnes comme otages en vue d'obtenir une rançon, vol et recel.


Espagne

En attente de procès

DrapeauEspagne.png 


• Deux pirates ont été ramenés en Espagne, début octobre 2009, après leur arrestation par une frégate espagnole sur ordre du juge Garzon (Le transfert en Espagne des pirates arrêtés demandé par un tribunal). Abdu Willy et Raageggesey Adji Haman ont été inculpés, le 16 novembre 2009, de 36 délits de détention illégale et vol avec violence et usages d'armes et renvoyés pour jugement devant l'Audienca nacional à Madrid. Plusieurs examens ont été nécessaires pour établir l'âge de Willy.


Pays-Bas

Procès terminé

DrapeauPaysBas.png


Arrêtés par les Danois (frégate Absalon) après l'attaque d'un cargo néerlandais, le Samanyulo, cinq Somaliens (Ahmed Yusuf) ont été transférés aux Pays-Bas après l'émission d'un mandat d'arrêt, le 21 janvier 2009, par un juge néerlandais. Ils sont incarcérés depuis le 10 février 2009. Leur détention provisoire a été prolongée successivement le 18 mai et le 12 août 2009 par le tribunal de Rotterdam. Le procès a commencé le 25 mai 2010. Le procureur a requis 7 ans de prison s'appliquant sur une loi datant du XVIIe siècle. Le tribunal de Rotterdam les a condamnés, le 17 juin 2010, à 5 ans de prison.


Allemagne

En attente du procès

Drapeau-allemand.jpg

• Dix pirates qui avaient pris le contrôle du navire marchand le MV Taipan, battant pavillon allemand ont été arrêtés en flagrant délit le 5 avril, par la frégate néerlandaise Hr Ms Tromp, et rapatriés via Djibouti aux Pays-Bas (Lire : Dix pirates transférés en Allemagne via Djibouti et les Pays-Bas). Ils attendent leur transfert vers l'Allemagne. Un tribunal néerlandais a accepté le transfert, le 4 juin 2010.

 

Etats-Unis

En attente du procès

DrapeauEtatsUnis.png 

PirateMuseTribunalManhanttan-Ap090920.jpg• Un Somalien, seul survivant après la capture ratée du Maersk Alabama, a été écroué aux Etats-Unis le 20 avril 2009. Accusé de piraterie et d'enlèvement, Abdiweli Abdilkadur Muse a plaidé non coupable devant le tribunal fédéral de Manhattan (New-York). Ses avocats soutiennent également qu'il est mineur. Un juge a cependant estimé qu'il avait bien 18 ans. Les auditions ont été reportées à janvier 2010 pour permettre la traduction de toutes les pièces du dossier. Il a également été inculpé, le 13 janvier, d'actes de piraterie contre d'autres bateaux. (photo : AP)

 

Onze Somaliens suspectés de piraterie et arrêtés, en flagrant délit, dans l'Océan indien par deux navires de la marine américaine l'USS Nicholas et l'USS Ashland, respectivement le 31 mars et le 10 avril 2010 ont été transférés aux Etats-Unis. Ils ont été inculpés le 23 avril 2010 (Lire : Les 11 pirates somaliens traduits aux Etats-Unis sont inculpés)

 

(première mise à jour : avril 2009, dernière mise à jour = 17 juin 2010)

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25 mai 2010 2 25 /05 /mai /2010 22:44

AshtonRasmussenNatoNac-UE100525-copie-1.jpg« Comment améliorer les relations entre l'UE et l'OTAN, c'est très simple » a estimé le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen — lors de la conférence de presse qui a suivi la rencontre entre ambassadeurs des Etats membres des deux organisations (COPS pour l'UE, NAC pour l'OTAN).

« Parlons franchement. L'UE devrait évoluer pour s'adapter aux alliés de l'OTAN qui ne font pas partie de l'UE : 1° l'UE doit associer les contributeurs ne faisant pas partie de l'UE au processus des opérations, comme le fait déjà l'OTAN avec l'ISAF ; 2° l'UE doit conclure un accord de sécurité avec la Turquie ; 3° Elle doit conclure un accord pour associer la Turquie à l'agence de défense des armements » (1). Quant à l'OTAN, a enchaîné le secrétaire général, « elle doit accepter que Chypre soit un pays qui doit être assis à la table ».

Qu'a ajouté la Haute représentante de l'UE ? Ben... rien ! La photo se passe de commentaire. Ce n'est pas la première fois que le secrétaire général de l'OTAN développe cet argumentaire. Et on ne peut pas lui reprocher donc son manque de constance. La dernière fois, c'était à l'informelle de Palma de Majorque (Lire : Rasmussen squatte la réunion de l'UE et règle le problème turco-chypriote). Aujourd'hui c'était simplement plus direct et plus brutal : l'UE doit faire...

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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Défense UE (droit doctrine politique)
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25 mai 2010 2 25 /05 /mai /2010 21:00

Hudson-UE100525.pngC'était la dernière réunion du Rear-admiral (contre-amiral) Hudson avec les ambassadeurs du Comité politique et de sécurité (COPS) à Bruxelles. Le Contre-Amiral termine, en effet, dans quelques jours, sa mission à la tête de l'opération européenne anti-piraterie EUNAVFOR Atalanta. Le 14 juin, il sera remplacé par le général Buster Howes (1).

Le RA Hudson s'est, notamment réjoui de la dernière évolution sur le terrain - je devrais dire des vagues plutôt (vu la situation). « Dans le Golfe d'Aden, le nombre d'attaques est tombé de 15 à 20 par mois à 4 ou 5. Et seulement 3 navires ont été capturés par les pirates dans le corridor durant toute l'année. » Dans le bassin somalien, Atalanta a continué d'assurer les escortes de PAM et la dissuasion (2). « Elle a été plus proactive dans la recherche de groupes pirates, leur destruction » ainsi que le blocage des côtes, « comme le montre l'action menée encore ce matin, par le navire néerlandais Johan de Witt (3).

Au nombre des questions discutées devant les ambassadeurs des 27, l'extension de la mission. Le contre-amiral s'est montré confiant sur l'extension du mandat, pour une période de deux ans, ainsi qu'il en avait exprimé l'espoir en février dernier (4). Ce sujet pourrait être discuté au niveau ministériel lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du 14 juin prochain. L'extension de la zone d'opération serait aussi envisagé très sérieusement. Atalanta verrait ainsi sa zone étendue, un peu plus à l'est. On se rapproche de l'Inde ! Une extension nécessaire. Plusieurs attaques de pirates sont intervenues à l'est d'une ligne qui rejoint Oman et les Seychelles. En revanche, une nouvelle extension vers le sud — au sud des zones actuelles SB3 et SB5 (Somali Bassin) vers Comores, Mayotte... — ne semble toujours pas avoir été actée.

Autre sujet en jeu : comment aider à la reconstruction des capacités régionales de surveillance de la mer, notamment des gardes côtes. « Le mieux est de jouer collectif pour réduire le risque » assure le contre-amiral.

(1) lire : Un béret vert va prendre la tête d'EUNAVFOR Atalanta

(2) voir également : 18 mois après le début d’Atalanta (3). Un dernier bilan

(3) lire : Le Johan de Witt bloque les pirates le long des côtes

(4) L'opération Atalanta prolongée pour 2 ans ?

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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Piraterie Golfe d'Aden - Océan Indien
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25 mai 2010 2 25 /05 /mai /2010 19:29

Le coup est parti des socialistes flamands: le SP-A. Dans une interview au quotidien le Soir, Dirk Van der Maelen (député à la Chambre) demande un retrait des troupes belges d'Afghanistan et en fait, même, une condition de la participation des socialistes au gouvernement. Ce retrait devrait intervenir, selon lui, "dès 2011, en phase et de manière coordonnée avec les partenaires". Il concernerait au premier chef les F16 (basés à Kandahar), puis les opérations au nord, et enfin Kaboul. "Je trouve scandaleux que les pays riches, l'OTAN, l'Europe, dépensent 100 milliards de dollars par an pour une guerre qui ne résout rien" estime le député flamand.

CarteAfghanistanMilBelg.gifLes positions des militaires belges (crédit : ministère de la défense de Belgique)

Certes cette position est soutenue seulement par les écologistes du nord et du sud du pays (Groen et Ecolo) qui restent minoritaires. Les partis majoritaires (libéraux et chrétiens-démocrates), soutiennent le respect des engagements alliés en Afghanistan et estiment nécessaire de rester sur place pour éviter le retour des Talibans. "On ne peut pas sortir prématurément d'Afghanistan. La sécurité de l'occident s'y joue. Il faut soutenir le processus 'd'afghanisation' via la reconstruction alors d'un désengagement prématuré favoriserait la talibanisation", a encore dit le libéral Denis Ducarme (Mouvement réformateur) dans les colonnes de la Libre Belgique.

Commentaire. Cette prise de position, dans un contexte de campagne électorale, ne doit cependant pas être dédaignée. Car, d'une part, elle rencontre une large partie de l'opinion (surtout au nord du pays) qui ne comprend pas l'objet de cette guerre lointaine et pour qui l'argument du coût résonne en ces temps de crise : plus de 109 millions d'euros selon le SP-A, 54,2 millions d'euros réplique le MR). D'autre part, elle pourrait entraîner une négociation de plus pour la formation d'un gouvernement de coalition (toujours obligatoire en Belgique vu le système électoral). Parmi les concessions nécessaires en cas de formation d'un nouveau gouvernement, comprenant socialistes flamands et écologistes, pourrait ainsi figurer, à défaut d'un retrait total, au moins un arrêt de renforts et un retrait partiel. On se souvient que c'est cette question qui avait conduite à la dissolution de la coalition au pouvoir, de l'autre coté de la frontière, aux Pays-Bas (1), justement suite à la volte-face des socio-démocrates. Elle confirme ma précédente analyse du caractère de plus en plus clivant et politisé de l'engagement militaire européen en Afghanistan (2).

(1) Rififi à La Haye autour du retrait d'Afghanistan (maj)

(2) Le gouvernement NL chute sur l'Afghanistan, un tournant de la guerre ?

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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Orient - Afghanistan-Pakistan
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25 mai 2010 2 25 /05 /mai /2010 15:23

La mer bleue. Du sable. Pas un arbre. Une plage à faire rêver un amateur de solitude ? Eh non. C'est tout simplement un des "ports" pirates nichés sur la côte somalienne, observés du navire néerlandais de la flotte anti-piraterie de l'UE, le HNLMS Johan de Witt, qui est actuellement en mission d'observation et d'interception, le long des côtes. PortPirate-Eunavfor100525.jpg

Le Johan de Witt a ainsi bloqué l'accès à la mer de ces bateaux pirates, apprend-on du QG d'Atalanta. Navire amphibie, le Johan de Witt dispose, en effet, de péniches de débarquement (LCVPs) qui permettent d'opérer facilement près des côtes, avec plus de discrétion qu'un navire de guerre (1).

PenicheDebarqJohanDeWitt-Eunavfor100525.jpgEn l'occurence, les marines européennes disposent en ce moment d'un précieux allié, la météo. Le retour de la mousson rend les opérations de piraterie plus difficiles et obligent les pirates à rejoindre la haute mer le plus rapidement possible.

(crédit photo : EUNAVFOR Atalanta)

(1) Le Johan de Witt capture quelques pirates de plus. Il joue la surprise.

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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 23:48

Trop d'argent illégal entre au Kenya. Selon le dernier bilan publié par la banque centrale kenyanne, la balance des paiements affiche ainsi un montant inexpliqué de 164 milliards de shilling kenyan (soit environ 1,65 milliard d'euros ou 2 milliards de $). Un afflux inexpliqué qui serait la conséquence du blanchiment d'argent d'activités criminelles, notamment des pirates somaliens, selon nos confrères kenyans de Daily Nation. Ces sommes provoquent des bouleversements dans l'économie kenyane, notamment en augmentant de façon très rapide le prix de l'immobilier. Le gouvernement a donc annoncé, dimanche, la mise sur pied d'une  équipe spéciale d'enquête, composée d'experts de la Banque centrale et du bureau national des statistiques. Ils seront chargés de conduire une nouvelle étude sur les mouvements commerciaux "informels" aux frontières.

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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 23:40

logoICCCPI-copie-1.gifA quelques jours de l'ouverture à Kampala, de la première Conférence de révision du Statut de Rome de la Cour pénale internationale (le 31 mai), l'Union européenne doit adopter, lors du conseil des Ministres du mardi 25 mai (Compétitivité), des conclusions qui affirment son soutien "indéfectible" à la Cour et sa "volonté de promouvoir l'universalité du Statut de Rome et de préserver son intégrité. des conclusions pour affirmer l'importance qu'elle attache à la juridiction internationale".

C'est une "avancée importante" dans la consolidation de la CPI, notent les 27, en tant "qu'instrument efficace de la communauté internationale, permettant de traduire en justice les personnes qui ont une responsabilité pénale dans des actes de génocide, des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité lorsque les juridictions nationales refusent ou ne sont pas en mesure de les poursuivre. En outre, la Cour apporte aux victimes de ces crimes un réel espoir que justice sera rendue, notamment en leur permettant de participer aux débats, droit qui n'avait jamais été accordé auparavant dans l'histoire de la justice pénale internationale."

 Les Européens soulignent également qu'il est indispensable que l'on débatte, lors de la conférence, de questions qui revêtent une importance cruciale pour la Cour, telles que : l'adhésion universelle au Statut de Rome, l'intensification de la coopération, notamment en vue d'améliorer ses mécanismes, la complémentarité entre les juridictions nationales et la Cour, le lien essentiel entre paix et justice et la nécessité vitale de veiller à ce que le système du Statut de Rome ait des répercussions pour les victimes et dans les communautés touchées. Ils soutiennent "activement" les efforts déployés en vue de résoudre la situation des victimes des crimes les plus graves, "dont le sort devrait toujours être la principale préoccupation des acteurs dans le domaine de la justice pénale internationale".


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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 23:15

GuellehDjibouti-ONU.jpgS'exprimant à l'occasion d'un débat organisé à l'ONU sur la paix et la sécurité en Afrique, le 19 mai dernier, le président djiboutien, Ismail Omar Guelleh n'a pas mâché ses mots sur la situation chez son voisin somalien, appelant le Conseil de sécurité et le Secrétariat de l’ONU à « avoir une vision différente pour ressusciter la Somalie ».

La situation est « plus chaotique que jamais en Somalie », a-t-il estimé, mettant en cause l'inefficacité et les querelles internes au sein du gouvernement fédéral de transition. « Une pression doit être exercée sur les principaux éléments de la discorde au sein du Gouvernement somalien, ces derniers devant être avertis sans équivoque qu’ils ne peuvent plus continuer à saper les activités des autorités somaliennes ».

La capitale, Mogadiscio, n'est actuellement plus contrôlée, a-t-il ajouté. Et « Toute offensive gouvernementale pour déraciner les insurgés de Mogadiscio nécessitera une série de sérieuses mesures correctives dans le secteur de la sécurité ». Pour lui, il n'y a pas d'ambiguité : il faut décider « une bonne fois pour toutes, en l’absence d’options alternatives, de nettoyer la capitale somalienne et ses environs des militants extrémistes afin de sécuriser la ville, de rétablir l’ordre et l’état de droit ». Car « Sans une victoire à Mogadiscio, il sera impossible d’empêcher une désintégration pourtant évitable de la Somalie. » A l'inverse « Si la capitale est libérée, cela donnera au Gouvernement une base importante et solide pour contrôler tout le pays ».


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logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.