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18 mai 2010 2 18 /05 /mai /2010 18:16

HagueWilliam-Uk1005.jpgLe nouveau ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, s'est fendu d'une belle déclaration d'amour pour l'Union européenne. Dans un article qui vient d'être publié dans EuropeWorld, il affirme son attachement à l'Union européenne, au marché intérieur et à la politique d'élargissement... et même au service européen d'action extérieure. Enfin presque ! « C'est un fait — estime-t-il — que nous Conservateurs n'étions pas persuadés d'avoir un SEAE comme service. Maintenant son existence est un fait (...) Et il faut examiner la manière la plus harmonieuse pour qu'il fonctionne. Nous travaillerons en étroite colllaboration avec le Haut représentant sur ce sujet ».

Une politique de la carotte et du bâton pour la Bosnie

Le passage le plus intéressant de cet article me semble être sur la Bosnie. « L'UE joue la crédibilité pour les affaires étrangères» estime William Hague, pour qui la perspective de l'adhésion est « cruciale pour la stabilité des Balkans ». Le nouveau chef de la diplomatie britannique plaide ainsi pour « une politique européenne plus musclée et exigeante, particulièrement en Bosnie » qui vise « un seul objectif : un gouvernement central en Bosnie assez efficace pour remplir ses responsabilités vis-à-vis de la participation à l'OTAN et de l'UE ». L'Europe ne doit pas hésiter à « utiliser le baton comme la carotte » ajoute-t-il, précisant qu'il y a de « solides arguments » plaident en faveur de « sanctions ciblées contre les politiciens qui sapent l'Etat bosniaque". Car le constat est clair, l'Etat « ne fonctionne pas aujourd'hui ». Mais avertit-il « les conséquences d'une désintégration de la Bosnie seront catastrophiques. La cassure du pays en petits pays indépendants ethniques ne ressembleraient pas seulement à du nettoyage ethnique mais risque également d'entraîner la création d'Etat failli au coeur de l'Europe. »

L'adhésion de la Turquie, toujours essentielle

Le dossier de l'adhésion de la Turquie « est plus fort que jamais » considère également William Hague. Aussi bien d'un point de vue économique que de la sécurité énergétique, l'adhésion de la Turquie seraient aussi une preuve de plus à ceux qui considèrent qu'il y a un « clash de civilisations entre l'Occident et l'Islam et ferait de la Turquie un interlocuteur idéal entre l'Europe et le Moyen-Orient » précise-t-il.

(Crédit photo : Foreign office)

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18 mai 2010 2 18 /05 /mai /2010 17:50

On ne badine pas avec la piraterie au Yemen. Six pirates viennent d'y être condamnés à mort par la cour pénale spécialisée de Sanaa (la capitale). Six autres ont été condamnés à une peine de dix ans de prison. C'est la première condamnation prononcée au Yemen.

Une amende de 2 millions $ a aussi été prononcée, à verser à la compagnie propriétaire du navire attaqué (Aden Refinery cie) à charge pour elle d'indemniser les marins disparus, selon la presse yemenite.

Les pirates avaient attaqué en avril 2009 un tanker yemenite, le Qana, au large d'Aden. Leur arrestation par les gardes-côtes yemenites avaient été plutôt mouvementée : un marin avait été tué lors de l'opération de libération, un autre avait péri disparu, et 3 autres blessés (ainsi qu'un pirate). 

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18 mai 2010 2 18 /05 /mai /2010 16:15

Le Danois Kai Vittrup, actuel de la mission de police de l'UE en Afghanistan, va quitter ses fonctions prochainement le 31 mai, apprend-on de différentes sources. Celui-ci dément avoir claqué la porte d'EUPOL. Mais à 66 ans, l'ancien chef de la police de Copenhague n'entend pas rester inactif. Il a trouvé un autre poste chez EADS comme top-adviser au niveau "défense et sécurité". Il part ainsi en Arabie saoudite où il va aider à mettre en place la police des frontières, plus particulièrement leur surveillance au moyens de radars et autres instruments technologiques, vendus par l'industriel européen au ministère de l'Intérieur de l'Etat du Golfe. Une mission sur lequel EADS entend rester discret. 

En attendant la nomination d'un successeur (plusieurs candidatures sont examinées par le Conseil), c'est un des adjoints, Nigel Thomas, qui assure l'intérim.

Parallèlement, le Conseil des ministres de l'UE a avalisé, ce 18 mai, la prolongation de la mission EUPOL, l'inscrivant dans la durée, puisqu'il l'a prolongé de trois ans, jusqu'au 31 mai 2013 (une prolongation plutôt exceptionnelle, d'ordinaire les prolongations de missions se font pour un ou deux ans). Simplement la mission sera "réexaminée tous les six mois afin s'il y a lieu d'en ajuster la taille et la portée". La mission comporte désormais deux composantes bien distinctes, pour la police et l'Etat de droit, en plus de la "capacité de formation". L'accent a été mis également sur les antennes de terrain et la possibilité de travailler, "au besoin" au niveau des districts. Ce qui répond à certaines critiques faites dans le passé (voir notamment la note du CER et J. Buckley sur le sujet).

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18 mai 2010 2 18 /05 /mai /2010 08:59

Les  Etats-Unis pourraient participer aux missions de l'Union européenne au Congo (RDC) : EUSEC (forces de sécurité) et EUPOL (police). Trois Américains viendraient renforcer la lutte contre les violences sexuelles et le renforcement de l'Etat de droit. Le Comité politique et de sécurité (COPS) pourrait se prononcer aujourd'hui. Une première offre avait été faite formellement en novembre 2008 et acceptée en décembre de la même année par le COPS. Mais elle n'avait pas abouti concrètement. C'est la première participation d'un pays tiers à EUSEC Congo.

Cette offre n'est pas isolée. Les Américains s'engagent de façon décisive au Congo. Hillary Clinton, lors de son voyage dans le pays, en août 2009, avait insisté sur la nécessité de mettre fin à "l'impunité des auteurs de violences sexuelles", particulièrement dans 'armée congolaise. Le commandement US pour l'Afrique (Africom) a décidé d'appuyer ainsi la formation à Kisangani d'un bataillon "modèle", de 800-1000 hommes, ceux qui vont être les futurs cadres de l'armée congolaise. Lire également :Les Sherlock Holmes américains à la découverte de l'UE...

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17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 22:34

Six Somaliens, suspectés d'avoir attaqué le MV Nada le 9 avril et actuellement détenus au Kenya, pourraient être libérés sous caution. C'est en tout cas la demande qu'a faite la magistrate en chef de Mumbasa (Kenya), Rosemelle Mutoka, selon la presse kenyane. Elle a demandé un rapport au service de probation qui devrait être rendu d'ici le 2 juin. C'est la première fois qu'une telle demande est introduite dans un cas de piraterie. La juge estime qu'elle n'a pas reçu de détails probants ni de l'accusation ni de la défense et que le service de probation est le mieux à même de faire la part des choses. Cette demande intervient alors que la Diplomate en chef de l'UE, Cathy Ashton, débute demain une visite dans la région (lire : Lady Ashton en tournée en Afrique de l'est mais pas en Ouganda)

Les six somaliens sont accusés d'avoir attaqué le MV Nada le 9 avril, dans le Golfe d'Aden, à 100 miles de Socotra, à plusieurs reprises, à l'AK47 et au RPG. L'attaque des pirates avait été déjouée. Le navire britannique HMS Lancaster qui se trouvait dans les parages avait appréhendé les pirates avant de les remettre aux autorités kenyanes le 27 avril. Une remise qui s'est effectuée - faut-il le préciser - alors que le Kenya a gelé depuis plusieurs mois toute arrivée de nouveaux suspects sur son territoire.

(mise à jour 4 juin) l'officier de probation a demandé, début juin, à la juge plus de temps pour localiser les parents des six suspects pirates rapporte la presse kenyane.

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17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 17:05

PoliciersAfghans-EupolAfgh10.jpg"Faiblesse du leadership, restrictions excessives de sécurité, mandat limité et manque de stratégie, (...) la mission de police de l'UE en Afghanistan illustre au mieux les défauts de l'engagement de l'UE".   

Voici les principaux éléments de la note que vient de publier le Centre for European Reform (CER), un des thinks tanks européens, basé à Londres (1).

Son auteur, Joanna Buckley, sait de quoi elle parle : elle a été un des POLAD (conseillers politiques) du Représentant spécial en Afghanistan durant plusieurs années (avec l'ambassadeur Vendrell), et connaît, a priori, bien le terrain.

Le constat est sévère et suscitera certainement des remarques ! Mais il n'est pas inintéressant.


Née d'un désaccord...

EUPOL souffre d'une erreur de conception selon J. Buckley. Au départ, était envisagée une mission "Etat de droit", pour soutenir la réforme de la justice ET de la police en Afghanistan. Mais "les désaccords entre Conseil et Commission" ont abouti à un autre résultat : "le Conseil a lancé une mission séparée d'entraînement de la Police. Tandis que la Commission démarrait, de son coté, son propre programme sur la Justice."

... lancée prématurément

Quand la mission démarre en juin 2007, c'est "prématuré". La mission EUPOL doit succéder au programme allemand GPPO (German Police Project Office). Mais "le gouvernement allemand pousse au démarrage d'EUPOL avant qu'elle soit prête", pour avoir ce résultat "sous sa présidence". De fait, la majorité du personnel d'EUPOL n'est rien d'autre que du personnel de police venant des missions de chaque Etat et "rebadgés à la hâte. Peu d'entre eux ont reçu des instructions sur la différence entre leur nouvelle mission et l'ancienne."  

...Peu soutenue par les Etats membres

Nombre d'Etats membres ne montrent qu'un intérêt limité à la mission. Ils sont "lents à déployer le personnel suffisamment qualifié ou à finaliser les accords permettant au staff d'EUPOL d'être situé dans les bases militaires nationales ou dans les équipes de reconstruction provinciale." "Alors même que son objectif est l'Etat de droit, un seul expert, au début, sera disponible sur ce sujet".

EUPOL effectue un travail trop limité

 Résultat. "Pendant un bout de temps, EUPOL ne fera pas plus que travailler sur des questions administratives, de marché public ou de recrutement". Au surplus, "des règles de sécurité draconiennes sont imposées au personnel européen, limitant leurs mouvements en Afghanistan. Les membres d'EUPOL ne peuvent circuler qu'en convois de deux véhicules avec du personnel, même à l'intérieur de Kaboul".

... sur un mandat vague et erroné

La plus grave erreur, pour Joanna Buckley, c'est le mandat de la mission "trop vague et erroné". Son objectif "Training, mentoring and advising" de la police afghanne a été fixé "sans évaluer quelles seraient les méthodes les plus efficaces et où étaient les plus grands besoins". Elle a été concentrée à un trop haut niveau : "au niveau provincial et régional alors que les besoins de réforme étaient plutôt au niveau local ou du district. Dans le même temps, les Américains mettent 2,5 milliards $ spécifiquement dans un programme de formation pour les districts, auquel l'UE n'a pas pu contribué à cause du mandat de la mission de police". EUPOL a, aussi, ignoré la réalité des factions et de la corruption qui règnent dans la police. Les Européens ont fait des propositions sur des questions techniques et opérationnelles mais ont négligé une vue d'ensemble.

... avec une chaîne de contrôle opérationnelle inadéquate

Pour Joanna Buckley, une partie des erreurs est liée à la chaîne de contrôle opérationnel d'EUPOL. Cette mission est gérée "par la CPCC, sous le contrôle politique et la direction stratégique du COPS". Dans les faits, c'est la CPCC qui donne les instructions, "le COPS ne donnant qu'une très faible impulsion stratégique". Or la CPPC - pour Buckley - est plutôt "une direction opérationnelle avec une expertise plus technique que régional. L'office du représentant spécial se limitant à fournir des orientations politiques locales". On sent ici ce que recommande la chercheuse du CER: un lien plus étroit entre la mission EUPOL et le Représentant spécial de l'UE, plutôt qu'une lointaine hiérarchie avec les structures basées à Bruxelles (voir ci-dessous).

...et un manque récurrent de personnel et de volonté des Etats

Certes, Joanna Buckley constate une amélioration ces derniers temps : avec l'augmentation de l'unité "Etat de droit", le déploiement dans les 16 provinces des experts d'EUPOL. Mais les défauts du début demeurent : "la mission n'a encore que 245 personnes sur les 400 prévues en 2008". Les Etats membres participant à EUPOL continuent de "développer des programmes bilatéraux, considérant EUPOL trop rigide et préférant faire les choses selon leur propre vue". Elle cite en exemple l'augmentation de la mission de police allemande (alors qu'EUPOL était sensée lui succéder) ou l'initiative de la force de gendarmerie européenne (France, Italie, Pays-Bas, Portugal, Espagne) qui ont engagé leurs forces dans la "NATO training mission" plutôt que dans EUPOL.

Solution : impulser l'esprit de Lisbonne

Pour l'auteur, en conclusion, il faut impulser davantage l'esprit de Lisbonne en Afghanistan sans attendre le résultat des négociations sur le service européen d'action extérieure. Si le Lituanien Usackas, le nouveau représentant spécial de l'UE en Afghanistan (2), a désormais aussi la responsabilité de la délégation de l'UE dans le pays (double-heated), il faut s'assurer, souligne la note du CER, que le personnel politique de l'envoyé spécial et de la délégation de la Commission "ne soient pas seulement réunies mais partagent les mêmes priorités politiques".

Usackas devrait aussi avoir "une claire autorité sur la mission EUPOL". Ce qui donnerait au représentant spécial la "force d'orienter les priorités d'EUPOL pour être sûr que la politique de la mission renforce la stratégie globale de l'UE en Afghanistan".

Pour résoudre la question du personnel, l'UE devrait aussi accélérer ses efforts de mettre en place une force d'experts civils prêts au déploiement, dans la lignée de la "Stabilisation Unit" britannique ou la "Civilian Response Force" américaine. Il est un fait, rappelle J. Buckley : "beaucoup d'officiers de police considèrent qu'un poste à l'étranger nuit à leurs perspectives de carrière, car il est peu considéré 'à la maison'".


(1) A télécharger ici : “Can the EU be more effective in Afghanistan?”

(2) Usackas (RepSpé Afghanistan) auditionné au Parlement

(crédit photo : Union européenne / EUPOL Afghanistan)

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16 mai 2010 7 16 /05 /mai /2010 21:39

Suppressions de primes, restrictions budgétaires... l'armée grecque n'est pas épargnée par les restrictions budgétaires qui frappent la fonction publique grecque. Et même si les syndicats et encore plus la grève lui sont interdits, certains ont lancé des mouvements de protestation, notamment sur "facebook", prônant une "déclaration d'inaptitude psychologique aux opérations" (en gros une grève sur les opérations). Un mouvement d'opposition qui ne semble pas minoritaire au point que le ministre de la Défense, Evangelos Venizelos, s'en est publiquement ému devant les aviateurs de l'escadre de chasse n°114 basée à Tanagra, dotée notamment de Mirage 2000 et chargée de la défense de l'espace aérien grec. Une campagne que s'est empressée bien évidemment de mentionner la presse turque « C'est un mauvais signal et un signe de faiblesse » a souligné le ministre grec

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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Armées européennes
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16 mai 2010 7 16 /05 /mai /2010 21:30

C'est la première conséquence, au plan stratégique, de la crise économique sur le continent européen (mais peut-être pas la dernière !) : le réchauffement des relations entre la Grèce et la Turquie sera à observer avec attention dans les prochaines, après la visite, ce week-end, du Premier ministre turc Erdogan à son homologue grec, Papandréou. Un évènement qu'on peut considéré comme historique (si toutes les promesses sont tenues).

Erdogan est, en effet, venu à Athènes à la tête d'une imposante délégation (10 ministres, une centaine d'hommes affaires). Et pas moins de 21 accords ont été signés qui embrassent nombre de sujets, essentiellement au plan économique : de la promotion en commun du tourisme à la réintégration des migrants illégaux. Mais le plus important est ailleurs. Dans les déclarations qui ont accompagné cette visite. Et dans les évolutions futures.

Si ce rapprochement tient bon, il pourrait en effet permettre à court et moyen termes plusieurs évolutions qui intéressent, au plus haut point, la sécurité européenne : litige sur les eaux territoriales de la mer Egée, conflit chypriote, relations UE-OTAN, élargissement à la Turquie. Il pourrait également mettre fin à une course aux armements nocive pour les relations entre les deux voisins... et qui pèse sur l'économie des deux pays. 

Cela suppose cependant pour les dirigeants au pouvoir beaucoup de doigté : avec les Turcs, d'abord, pour arriver à un accord rapidement. Mais aussi en interne, les coupes financières (suppression de primes,...) dans l'armée ne se feront pas sans dommage en Grèce et suscitent une "grogne" de plus en plus perceptible (lire : l'armée grecque en grève ?). 


Mettre fin à la "guerre froide" de la mer d'Egée, une nécessité

Il s'agit, tout d'abord et c'est le plus important, de mettre fin à ce qu'il faut bien appeler une "guerre froide" que se mènent les deux pays depuis des années. La question des limites territoriales, sur mer et dans l'air, autour des îlots de la mer Egée (1) suscite des incidents répétés. Souvent sans gravité. Parfois non. Dernier incident grave en date : en 2006, la collision entre deux F16 — l'un grec, l'autre turc — fait un mort (le pilote grec). Mais toutes les semaines, on joue ainsi au chat et à la souris entre les deux voisins et on frôle l'incident. Dès son arrivée au pouvoir Papandréou envoie une lettre à son homologue turc pour l'engager à travailler sur ces questions. Un sujet approfondi en marge de la conférence sur l'Afghanistan à Londres, en janvier. Aujourd'hui Turcs comme Grecs ne sont pas encore d'accord. Mais, lors d'une conférence de presse tenue à Athènes, samedi, Erdogan a promis d'étudier la proposition Papandréou de se communiquer les plans de vols des avions de combat, ainsi que leur désarmement. La question de la levée du "casus belli" (déclarée par le parlement turc en 1995) n'est pas encore réglée. Mais elle n'est plus taboue. Elle le sera lors de contacts ultérieurs a indiqué le Premier ministre turc.


Permettre à une solution sur Chypre

La détente greco-turque pourrait avoir d'autres conséquences. A commencer sur les négociations en cours sur le statut de Chypre (elles doivent reprendre le 26 mai). Le président chypriote espère « une solution d'ici la fin de l'année ». Il serait temps ! Chypre est tout de même le seul pays de l'Union européenne qui compte encore sur son territoire une mission de maintien de la paix des Nations-Unies (UNFICYP), mission qui compte toujours plus de 1000 personnes (850 soldats, 69 policiers, 39 civils et 113 locaux) et qui a subi, depuis 1964, des pertes non négligeables : 180 militaires ou civils sont morts. On l'oublie ! Une solution entre la Grèce, la Turquie et Chypre ne pourrait également que faciliter la signature d'accords entre l'UE et l'OTAN pour permettre notamment les échanges d'informations opérationnels ou la participation des uns aux programmes des autres. 


Stopper une course aux armements qui coûte cher

La Grèce s'est dotée d'une armée surdimensionnée par rapport à ses voisins européens. Et il est plus qu'urgent aujourd'hui pour le pays des Hellènes, aux proies avec une crise budgétaire et de la dette sans précédent, de diminuer les dépenses sur tous les plans.   

Les dépenses grecques d'armement continuent de représenter un poids important du PIB (produit intérieur brut). Les dépenses militaires représentent entre 2,8 % en 2008 (selon l'OTAN) à 3,55% (selon le GRIP et le SIPRI, qui ont une méthode de calcul plus large), soit le taux le plus important des pays de l'Union européenne et le second de l'OTAN. Seuls les Etats-Unis sont devant avec 4,21%, la Turquie dépense 2,17% de son PIB.

Année
% PIB

1993
4.4
1994
4.3
1995
3.8
1996
4
1997
4.1
1998
4.3
1999
4.3

2000
4.3

2001
4.1
2002
3.9
2003
[3.1]

2004
[3.2]

2005
[3.4]

2006
3.73

2007
[3.3]

2008
3.55

 

 

 

source : SIPRI, GRIP - [estimation]

 

Depuis 2004, ces dépenses ont progressé à un rythme qui atteint souvent le double de la progression du PIB : +11,1% en 2008 (à comparer à une progression de 3,2% du PIB).  

en pourcentage de progression
2004
2005
2006
2007
2008
Progression des dépenses de défense +8.8 +9.5 +3.8 +0.01 +11.1
Progression du Produit intérieur brut +4.6 +3.8 +4.2 +4.0 +3.2

source : OTAN

La majeure partie des dépenses est consacrée au personnel (74,1% du budget en 2008), ce qui représente le plus haut niveau des pays de l'OTAN. Et l'armée est toujours forte de près de 130.000 personnes. Chiffre important à comparer à l'armée britannique (173.000 hommes) ou allemande (252.000). 

Mais comme l'a expliqué le vice-ministre de la défense grec, Panos Beglitis, lors d'une interview à la radio Canal 1 : « la réduction des armements, ce n'est que la fin d'un voyage long et ardu. (D'abord) il doit y avoir une révision de la pratique et de la position de la Turquie en mer d'Egée, dans le respect du droit international et des traités internationaux »


Une course aux armements encouragée... par les pays européens

Environ 16% du budget grec est consacré à l'équipement. Et, début 2009, alors que la crise économique bat son plein, le gouvernement grec (de Caramanlis) la Grèce prévoit encore d'affecter 15,5 milliards d'euros à l'acquisition de matériel militaire sur les cinq prochaines années. Personne ne bronche. Au contraire. La Grèce est un excellent client : elle est le cinquième importateur d'armes au monde (4% des importations) après la Chine, l'Inde, les Emirats Arabes Unis, la Corée du Sud. Et elle compte pour 13% des exportations d'armes de l'Allemagne, 12% de la France sur la période 2004-2008 (selon le rapport du SIPRI). Chacun se précipite donc pour essayer de placer qui ses frégates, qui ses avions de chasse ou hélicoptères... (2). Aujourd'hui, chacun espère que son contrat sera préservé aux dépens du voisin.   

« On achète des armes, on nous aide » 

Depuis octobre 2009, et l'arrivée du gouvernement Papandréou, certains contrats ont été mis de coté. Ainsi en a-t-il été de l'achat de blindés russes qui a été gelé et devrait être complètement revu. Celui des avions de chasse également. Même l'achat des frégates françaises FREMM — qui a fait l'objet d'un accord à l'Elysée en février dernier et avait arraché ce mot aux commentateurs grecs : « on achète des armes, on nous aide » pourrait être reporté. 

Les Allemands, de leur coté, ont réussi à régler leur litige avec les Grecs sur les sous-marins. Non sans difficultés. Les deux contrats d'achat de sous-marins allemands ont été fusionnés, en octobre 2009, après de longues négociations qui ont conduit à quelque tension entre les deux capitales. C'est la conformité de la livraison d'un sous-marin U-214, le "Papanikolis", construit en Allemagne (aux chantiers HDW filiale de TKMS), qui avait semé le trouble. La Grèce a toujours refusé de verser les sommes restant dues, prétextant un défaut de fabrication: le "Papanikolis" ayant, entre autres, de "légers" problèmes de "stabilité" (un sous-marin qui coule de travers en quelque sorte !). L'industriel (TKMS, Thyssen marine) a toujours refusé cet argument estimant que les Grecs étaient mauvais joueurs et voulaient juste un rabais sur le prix. Finalement un compromis s'est fait. Sur le premier contrat (commande de 4 sous-marins U-214) : trois seulement des sous-marins (Pipinos, Matrozos, Katsonis) seront livrés, sous réserve de l'acceptation par la commission de l'armée grecque. On l'espère - ils ont été construits dans les chantiers navals grecs (eux !). Le sous-marin "penché" sera revendu à un pays tiers. Sur le deuxième contrat (réhabilitation de trois sous-marins U-209) : deux sous-marins neufs seront livrés à la place de la réhabilitation des anciens (un a déjà été livré). L'essentiel est sauf, pour Berlin, le contrat n'est pas annulé.  


Et l'Union européenne... aux abonnés absents ?

Il est étonnant de constater que cette question greco-turque n'ait pas suscité davantage d'implication européenne, pour favoriser la paix dans cette partie sud-est du continent. Au contraire pourrait-on dire. Plutôt que d'encourager une solution pacifique, chacun  a plutôt encouragé la Grèce à dépenser un peu plus pour son budget militaire en achetant ces produits. Une attitude assez unanime : France, comme Allemagne, mais aussi Pays-Bas. Des pays inflexibles sur la rigueur budgétaire qui ne voient aucun problème à l'endettement quand cela favorise leur industrie !

Il serait temps que l'Union européenne prenne ses responsabilités dans la région, avec l'aide de l'OTAN, s'implique davantage dans la résolution des litiges sur la mer Egée et la question chypriote. Les alliés devraient exiger de leurs collègues turcs et grecs de mettre fin à leurs petits jeux armés. En attendant, la règle de désarmement des vols militaires sur la zone devrait être proclamée. Quitte à ce que la "protection" de l'espace aérien et maritime grec soit pris en charge par les alliés de l'OTAN, au même titre que l'est, par exemple, l'espace aérien islandais et balte.


(1) Ces ilots appartiennent à la Grèce mais sont situés tout proches de la Turquie, ce qui suscite des discussions tant sur l'espace territorial (Les Grecs soutenant une extension à 10 miles pour l'espace aérien et 12 miles pour l'espace maritime contre 6 miles actuellement reconnus par les Turcs ) que sur l'exploitation économique.

(2) La Grèce fait son marché en France (mais pas de Rafale)

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16 mai 2010 7 16 /05 /mai /2010 11:04

UseCondomBritishArmy.jpgLa campagne a été lancée, très officiellement, dans le journal du ministère de la défense britannique à destination des soldats "Soldier". Il s'agit de rappeler aux femmes engagées dans l'armée et, surtout, à celles sur le terrain, l'utilité des préservatifs pour éviter de tomber enceinte ou d'attraper le virus HIV.

L'accroche est pour le moins suggestive ! Avec une série de petites phrases de dragues - "Salut ma belle ! Envie d'un verre, vous venez souvent ? Nous sommes faits l'un pour l'autre !..." - mais finit de façon plus abrupte par "Votre test est positif".

"50 mecs pour une femme", "gardez le contrôle"

Au-dessous, le linéaire se veut encore plus direct : "En déploiement, il y a 50 mecs pour une femme, alors vous entendrez ces phrases, et plus encore. Si vous avez des relations sexuelles sans préservatif, vous risquez une grossesse non prévue et des maladies sexuellement transmissibles, y compris le VIH, le virus du SIDA". "Gardez le contrôle et insistez toujours pour utiliser un condom". 

L'armée britannique brise un tabou sur les relations sexuelles sur le terrain

L'affiche est signée, très officiellement, de l'armée. Si l'armée britannique dénie tout encouragement aux relations sexuelles sur un des théâtres d'opération, il n'en demeure pas moins qu'elle est décidée à prendre... le taureau par les cornes ! Elle lève ainsi un tabou qui pèse encore sur nombre d'armées européennes (notamment en France). Ainsi que le précise le Daily Mail qui révèle l'information, en sept ans d'engagement (entre janvier 2003 et février 2009), il y a eu au moins 133 militaires britanniques qui sont reparties chez elles car elles allaient devenir mères : 102 d'Irak et 31 en Afghanistan.

Interdites en théorie, permises en pratique

Si la règle militaire proscrit le "sexe" en zone de guerre ("no-touching" rule), en fait, il n'en est rien. Honnêtement, on voit mal comment il pourrait en être autrement. Au camp Bastion, servent ainsi 8.500 Britanniques dont 700 femmes ! De façon assez pragmatique, sur le terrain, les commandants ferment les yeux. Du moins quand il s'agit de relations entre soldats d'un rang similaire car cela ne compromet pas la qualité opérationnelle. En revanche, s'il y a des relations entre un (ou une) officier et un(e) militaire de rang moins élevé, des sanctions disciplinaires peuvent, en outre, être prononcées, allant jusqu'à l'éviction de l'armée.

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14 mai 2010 5 14 /05 /mai /2010 13:24

AshtonConfPress2CmeMinAffEtr-UE100510.jpgLady Ashton, la diplomate en chef de l'UE, part en tournée, du 18 au 21 mai, dans trois pays africains concernés au premier chef par la lutte anti-piraterie. Elle visitera ainsi le Kenya (18/19 mai), la Tanzanie (19/20 mai) et les Seychelles (20/21 mai).

La Haute représentante de l'UE va tenter de convaincre ses trois pays d'ouvrir ou de conserver ouvertes les portes de leur justice pour accueillir dans leurs prisons et juger les somaliens suspects de piraterie arrêtées par les forces européennes.  

Elle visitera également les forces européennes impliquées dans la lutte anti-piraterie : avec les avions de patrouille maritime (il y en a trois actuellement: le Luxembourgeois, le Portugais ou le Suédois) et à bord d'un des navires d'EUNAVFOR Atalanta. Selon mes informations ce sera à bord du vaisseau amiral suédois, le Carlskrona, lors de l'escale aux Seychelles. 

Une nécessité ! comme l'explique Cathy Ashton, « La piraterie est un des grands défis de notre temps à la fois pour la région et la communauté internationale. Cela mine la sécurité maritime dans l'Océan indien, la stabilité et le développement dans la région. Nous voulons construire un partenariat avec les pays de la région à travers des solutions durables basées sur un partenariat local avec un soutien international ».   

Convaincre les pays de la région de s'engager sur la piraterie

La situation devient, en effet, critique pour le traitement des pirates en justice (1). Le Kenya a dénoncé début avril, l'accord de traduction des pirates qui le lie à l'Union européenne (2) et n'accepte, de toute façon, plus de suspects depuis le début de l'année. Le préavis dure durant six mois et il est important de faire revenir les autorités kenyanes sur cette décision avant l'automne. Les Seychelles ont menacé de faire de même (3) s'ils n'étaient pas aidés.

Coté Kenyan, les raisons de cette mauvaise humeur semblent multiples : pas assez de soutien européen financier et politique ; système judiciaire et pénitentiaire kenyan débordé ; pas assez d'engagement des autres pays de la région. C'est cette dernière explication que les Européens estiment plus rationnelle. Au niveau financier, en effet, « en cumulant l'aide communautaire (1,7 millions d'euros) et les aides bilatérales données par les Etats, on arrive à un montant de 5 millions d'euros disponibles » m'a-t-on expliqué à la Commission européenne. « Et seul un million d'euros de cette somme aurait été dépensé jusqu'ici. Il reste donc encore suffisamment d'argent ». Quant au nombre de prisonniers, les pirates représentent « à peine 0,2% de la population carcérale kenyane ». Et une aile de la prison de Shimo a été rénovée avec l'argent international.

Quant à la Tanzanie, elle n'a pas encore signé d'accord mais vient de modifier sa loi pénale, pour permettre la traduction en justice des pirates (sans peine de mort), première étape et condition nécessaire à la signature d'un accord. Ce pays est primordial dans l'organisation d'un traitement judiciaire de la piraterie maritime, à la fois à court terme mais aussi à long terme. Car l'idée est d'installer à Arusha (ou ailleurs), un tribunal spécialisé sur la piraterie maritime, ainsi que je l'annonçais il y a plusieurs mois (4). Plusieurs pistes sont ainsi explorées : une chambre spécialisée d'un tribunal tanzanien, un tribunal décentralisé où siégeraient des juges somaliens, une chambre spécialisée de la Cour régionale de l'Union africaine, un mix de ces solutions ou une solution ad hoc.

Pas de visite en Ouganda, un nouveau loupé ?

Aussi bizarre que cela paraisse, la Haute représentante ne se rendra pas en Ouganda, pays hautement impliqué dans la stabilisation de la Somalie et qui accueille la nouvelle mission EUTM qui démarre (5). Cela avait été envisagé dans un premier temps. Mais finalement il a été décidé de se concentrer sur le volet anti-piraterie. « Nous n'avons pas le temps » - explique son porte-parole. « L'Ouganda fera partie d'un prochain voyage en Afrique à l'automne. Quand la mission EUTM qui démarre (à peine) sera en plein régime. » Selon certaines informations, non encore confirmées, la Haute représentante pourrait cependant rencontrer le Colonel Ellul, chef de la mission à Nairobi, lors de son étape au Kenya.

L'explication est louable car trouver une solution pour les pirates interceptés par les navires européens est une priorité effectivement à court terme. Mais cela peut aussi apparaître comme un nouveau "loupé", politique, de la Haute représentante.

En tant que chef de la défense européenne, attendre six mois pour se rendre sur place sur la première nouvelle mission de la PSDC qu'elle a lancé peut ressembler à de l'indifférence.  

Au niveau africain, elle peut être ressentie comme une gifle par les Ougandais qui ont souvent été, historiquement, en situation de rivalité avec le Kenya, d'autant qu'ils supportent à bout de bras la mission de l'AMISOM en Somalie, accueillent la mission européenne de formation des soldats somaliens (EUTM) sur leur territoire et sont un des cinq pays avec qui l'UE a engagé des pourparlers pour accueillir les pirates (6).

Au plan politique, enfin, cela apparaît un geste contradictoire. L'Europe défend une approche globale. Et tous les acteurs (militaires, politiques, humanitaires, régionaux, européens) soulignent que la question de la piraterie ne se résoudra qu'à terre, etc (7). Lady Ashton, le rappelle elle-même  : « Nous avons besoin de s'attaquer aux causes profondes et aux symptômes du problème dans une approche globale ». Or, en focalisant son voyage sur un seul aspect - la piraterie - la Haute représentante ne joint pas le geste à la parole. Et l'Europe peut laisser l'impression, désagréable, que la stabilisation de la Somalie lui paraît moins importante que la sécurisation de ses routes maritimes contre la piraterie.

En bref, une erreur, qui n'est pas la première. Après Haïti, Palma de Majorque... on a l'impression que la Haute représentante, six mois après son entrée en fonction, conserve toujours cette même approche, de prudence infinie, incapable de saisir qu'à un moment donné, il faut être présent politiquement, et non pas au second plan, techniquement...

(1) lire : 18 mois après le début d'Atalanta (2): la remise à la justice marque le pas

(2) lire: Accord sur le traitement des pirates entre l'UE et le Kenya ...

(3) lire: Lutte anti-piraterie: les Seychelles haussent le ton

(4) lire:  Mieux traduire en justice les pirates, réflexion entamée au COPS ..

(5) lire: La mission EUTM Somalia démarre

(6) lire: Ashton autorisée à négocier avec 5 pays pour le transfert des pirates

(7) lire dernièrement : Bilan de 18 mois de lutte anti-pirates, focus EUNAVFOR Atalanta 

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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Piraterie Golfe d'Aden - Océan Indien
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logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.