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10 mai 2010 1 10 /05 /mai /2010 10:18

Le navire néerlandais, Hr Ms Johan de Witt, qui participe à l'opération européenne anti-piraterie Atalanta, a désarmé, le 7 mai, un groupe pirates dans le bassin somalien. Un bateau-mère et ses deux skiffs avaient été repérés au préalable par l'avion de patrouille maritime suédois d'Atalanta. Le navire de guerre néerlandais qui n'était qu'à 30 miles des "cibles" a détaché deux de ses péniches de débarquement qui ont approché, discrètement, les pirates. 11 suspects ont été appréhendés. Conformément aux lignes directrices édictées par le commandement d'Atalanta, et après consultation du ministère public néerlandais, ceux-ci ont cependant été remis en liberté. ArrestPirates159830-NL100507.jpg

Les bateaux ont été stockés avec ceux pris dans les dernières semaines, sur le pont du navire. Les Néerlandais ont, en effet, participé de concert avec la frégate française La Fayette, à une interception d'un autre groupe-pirates le 5 mai, à environ 360 miles au nord-ouest des Seychelles.ArrestPiratesPont159832-NL100507.jpg

Pour télécharger la vidéo de la marine néerlandaise

Des péniches bien discrètes et bien utiles

Les péniches de débarquement du Johan de Witt aiment bien jouer l'effet de surprise. Ainsi lors d'une patrouille le long des côtes somaliennes, effectuée fin avril, elles ont pu surprendre et intercepter deux bateaux-mères (baleiniers) en train de prendre le large. Commet le raconte le major Theo Mestrini qui avait troqué son lit dans sa cabine du navire contre un lit de camp à bord d'une des péniches : « nous étions tout près d'un des camps pirates et nous observions eurs activités durant la nuit. Tôt le matin, nous avons soudainement reperé un gros bateau de pêche. Nous l'avons approché. Cela s'avérait en fait un baleinier utilisé en tant que bateau-mère et équipé pour la piraterie. L'équipage était totalement surpris et semblait confus. Mais il a été vite clair que le baleinier était en route vers l'Océan. »

ArrestPirates155051-Nl100426.jpg(crédits photos : marine néerlandaise)

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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 14:34

CampEuropaBihanga*0009a

vue générale du camp aujourd'hui : à gauche la zone "logement" sous tentes", en arrière la partie sanitaire, au premier plan le futur batiment de commandement et de réunion, à sa droite la future infirmerie, au fond à droite le réfectoire, cuisines... (© NGV)CampToilesBihanga-226a.jpg

Le camp de tentes (haut), extincteurs à proximité, souvenir du Tchad, une tente ca brûle vite

Tentes4Bihanga0017a.jpgTentes de 4 lits - teams français, espagnols, italiens... (©NGV)

TenteInterieurBihanga036a.jpgUne tente vue de l'intérieur (© Ngv)

SanitairesBihanga-0233a.jpg

les sanitaires, en dur, eau chaude même pour les derniers arrivés, ce qui est rare dans un camp collectif (© Ngv)

RefectoireVueGeneBihanga-006a.jpg

Le refectoire (qui sert de salle de réunion, de commandement... aujourd'hui) et en arrière la cuisine
Au fond à gauche ce qui sera le logement des contractants, devant a droite ce qui sera le foyer (tracé sur le sol)

CuistotsBihanga2244a.jpg

l'équipe de cuisine du camp de Bihanga

PlatEntree2259a.jpg

les plats concoctés chaque jour, il faut tenir six mois ! (©ngv)

Le camp au quotidien

BriefMatinEspagnBihanga-0022.JPGBriefing du matin, ici les teams Espagnols (© Ngv)

StaffReudelegationBihanga-2256a.jpgRéunion du staff, quotidien le soir, autour du Ltt Col Alessandro Fiori (au milieu), FHQ commander (© NGV)

SoldatSalleInformatique-0306a.jpgL'essentiel est assuré : un ordinateur, une connexion internet, le toit pour protéger du soleil ou... d'une averse et la bouteille d'eau (© NGV)

PlanningJourneeFrBihanga0312a.jpg

Le planning de la journée et le "secteur" Francais  si vous ne l'aviez pas reconnu ... (©NGV)

EntrainQuotidien-296a.jpgFooting d'entraînement (© Ngv)

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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Afrique Est - Somalie Ouganda
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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 11:32

(A BIHANGA) Sur place au camp de l'UPDF (les forces ougandaises) de Bihanga, il n'y avait rien de prévu pour assurer l'accueil des formateurs européens et même de toutes les recrues somaliennes. Fidèle à une tradition entreprise au Tchad, les Européens ont donc retroussé leurs manches ou, plutôt, ont conçu des plans pour faire jaillir de terre un camp complet permettant à la fois à la petite centaine de formateurs qui seront présents d'avoir des espaces de logement, de nourriture, de travail ou de soins.

  • Le camp n'a pas encore de nom. Peut-être recevra-t-il celui de "camp Solana" du nom de l'ancien haut-représentant qui a beaucoup oeuvré pour le démarrage de cette mission, à moins qu'il ne préfère celui de "camp Lady Ashton", l'actuelle haute-représentante puisque c'est la première opération qui a démarré sous son égide.

A l’entrée du camp de l'UPDF, un bulldozer et des camions s’activent, charriant la terre de part en part, pour transformer cet espace libre, avec deux collines à chaque bout, en une piste d’atterrissage praticable. Longue de 1200 mètres environ, de terre battue et gravier, cette piste aura une utilité en cas d’urgence, médicale notamment.

PisteAtterrissage041a.jpgLa future piste d'atterrissage (© Ngv)

Le camp européen est encore en construction

Le réfectoire et les sanitaires ont été les premiers à être sortis de terre. Actuellement, on bâtit l’infirmerie (encore sous tente), le foyer, les logements pour les contractants, ainsi qu’un petit ensemble de constructions pour permettre de faire les exercices de guérilla en milieu urbain (FIBUA). Le bureau du commandant et les salles de réunion sont encore en construction. Ce devrait être terminé d’ici quelques jours. Les travaux vont vite ! En attendant, le bureau de commandement et les briefings de service se font… dans le réfectoire.

PosteFhqBihanga-013a.jpgLa construction du FHQ est presque terminée (© Ngv)

Tous les Européens sont logés sous tente par quatre. Pour l’avoir testée, c’est plutôt confortable même si il y a peu d'intimité (on est assez serré). Et, au fur et à mesure de la montée de la température dans la journée, la chaleur devient étouffante à l’intérieur. Montées sur pilotis d’environ 40 cms de haut, de 5 mètres sur 5, elles sont conçues pour tenir sous une grosse averse ; ce qui est plutôt courant en Ouganda où les pluies tropicales durent quelques mois par an. Une petite tempête, de « bienvenue » s’est abattue sur les soldats européens à peine arrivée. Du coup, il a fallu arrimer les tentes de façon un peu plus solide.

EquipeTravailleursOugandais011a.jpg

on arrime plus solidement les tentes (© NGV)

Côté logistique, c’est une société dirigée par deux anciens de l’armée sud-africaine African Sky Limited (ASL Somalia), qui est responsable tant de la nourriture que de la construction des bâtiments et autres. Et çà marche. Même si les travaux ont pris un peu de retard. Aussi les travaux commencent tôt le matin jusqu’à tard le soir pour tout finir. La nourriture concoctée dans la cuisine, toute neuve, du camp, par les cuistots (sud-africains et ougandais) est simple mais, pour tout dire, excellente. Et elle mériterait au moins 2 * dans un guide des cantines européennes (s’il existait).

StaffSudafLogisticBihanga2225a.jpgle staff sud-africain (© NGV)

Dans le camp ougandais, des bâtiments ont aussi été construits et sont terminés, notamment pour construire des dortoirs supplémentaires pour accueillir les Somaliens. En fait la capacité du camp a été quasiment doublée.

CampUpdfSomali-072a.jpg

Une mission prévue de longue date

La planification de la mission a commencé en janvier réellement. Après un accord en mai, l’approbation du Crisis management concept en novembre, les équipes de planification se sont constituées en décembre. Le travail a commencé à plein en janvier. Cela ne manquait pas. Il fallait définir le type de formations nécessaire, le programme, et l'intercaler et le coordonner avec la formation faite par les Ougandais. « Dès le début, on voyait bien qu’il fallait travailler avec les Ougandais » raconte un des officiers qui a participé au travail. Ensuite la conférence de génération de forces a permis de répartir parmi les différentes nationalités, les formations.

CampTentesBihangaDrapeaux-302a.jpgMême les pays en difficulté économique ont envoyé des formateurs, ici Hongrois et Grecs (© Ngv)

Comme indiqué sur ce blog, c’est la partie médicale qui a coincé : Allemands surtout voulaient un rôle 2 : Maltais, Britanniques, Suédois ont suivi. Ce qui revenait à avoir presque plus de personnel médical que de formateurs. Finalement on s’en est tenu à un rôle 1 : un médecin et un infirmier. La partie chirurgicale, et l’évacuation rapide seront fournis par un contractant. Ce qui ne sera pas de trop. Vu l’éloignement et la difficulté de la route, il vaut mieux avoir une pleine capacité médicale.

TenteMedicaleAmbuUpdf-109a.jpginfirmerie, en premier plan une ambulance de l'UPDF en "visite" de voisinage (© Ngv)

 Suivez ma visite guidée du camp

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8 mai 2010 6 08 /05 /mai /2010 21:13

Kampala – Bihanga, 250 kms c'est 7 heures de route environ. Autant dire qu'une fois au camp UPDF et EUTM à Bihanga, on ne repart pas de sitôt. Mais le trajet vaut le détour et on s'y fait… Enfin pas tous les jours :-)

Sorti de Kampala, avec une circulation à la fois dense et anarchique, commence la route, qui cède parfois à la piste, quand ce n’est pas la boue (quand il pleut). Mieux vaut donc partir tôt quand il fait chaud. La route est parfois impeccable (entre Mbarara et Ibanda par exemple, refaite à neuf). Parfois elle est en l’état, avec trous et bosses à la clé et a besoin d’un sacré coup de neuf (comme entre Masaka et Mbarara). Mais, en de nombreux endroits, elle est en réfection (avec le soutien de l’Union européenne, lire : EUTM démarre).

RouteBihangaPiste-177a.jpg

La route Masaka-Mbarara (© NGV)

Le danger le plus important n’est seulement le revêtement mais aussi la vie autour et sur la route. Petits marchands, magasins sont abondants. Piétons, vélos chargés de bananes ou de bois, motocyclistes, camions surchargés (de bois, de bananes, de marchandises diverses), 4x4 roulant à toutes allures, s’y croisent, avec les matatus (minibus) et les coasters (bus) pour le meilleur et pour le pire. Les accidents sont fréquents. Et il est fortement recommandé de ne pas rouler la nuit. La plupart des entrées de villages sont d’ailleurs protégés par des dos de zébus (un dos d’âne beaucoup plus important) qui obligent à ralentir sévèrement. Et la police veille. Postés tous les 20 ou 30 kms, armés de radar le plus souvent, ils n’hésitent pas à manier du bras pour arrêter les voitures qui passent.

PolicierCarrefour092a.jpg

Les paysages sont magnifiques, très verdoyants. Aux bananeraies, une culture nationale dans la région, succèdent celles, plus rares de café. Au fur et à mesure des kilomètres, les vallons se succèdent. Et les arbres deviennent plus touffus, plus hauts. On se croirait presque dans un paysage du Massif central, avec des petits ruisseaux, des vaches dans les champs, etc.

PaysageBihanga-242a.jpg

Quand on vit que ca ressemble au Jura ou au Massif central ! (© NGV)

Dans cette partie du pays la population est assez dense. Et il y a peu d'espaces qui ne sont pas habités, du moins le long des routes. Les maisons, ou les écoles. en dur, souvent, sont plutôt entretenues avec soin. Et les Ougandais sont naturellement conviviaux.  bonjour, welcome, how are you sont de rigueur. Et les premiers mots de swahili viennent vite. Avec un peu d'apprentissage, on peut alors pratique le Jambo (bonjour), Nzuri (comment çà va), ahsante (bien merci) rythment les rencontres, ainsi que la longue poignée de main chaleureuse.

Echoppes194a.jpg

Des boutiques bien fournies tout le long de la route (© NGV)

A Ibanda, nous empruntons une piste de terre et graviers. Et nous arrivons enfin à Bihanga, au fin fond de nul part. Sur une colline, très discrètement, établi, se trouve le camp de formation de l’armée ougandaise, UPDF. Vivent ici, avec leurs familles, dans l’habitat traditionnel, quelques centaines de soldats et officiers ougandais. Seul le chef du camp, le Lieutenant Colonel Byaruhanga, a droit à un habitat en dur. Les Européens se sont établis à l’autre bout du camp de l’UPDF, face à une colline et un paysage sublime le matin.

CollinesBihanga-255a.jpgBihanga (© NGV)

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8 mai 2010 6 08 /05 /mai /2010 20:04

DeVisscherAmbassUeOuganda.png(A KAMPALA) La délégation de la Commission européenne en Ouganda- pardon l'ambassade de l'UE - est la première ambassade (à ma connaissance) du réseau européen à avoir expérimenté la conduite diplomatique d'une mission militaire de l'UE. La délégation de la Commission européenne a, en effet, basculé au 1er janvier comme ambassade de l'UE. Et elle a participé à toutes les négociations notamment dans les relations avec les autorités ougandaises.

J'ai pu rencontrer son ambassadeur, Vincent de Visscher, présent depuis près de trois ans dans le pays. Un Belge qui, à ses heures perdues, est aussi un fan d'aviation. Il a un petit avion de tourisme, avec lequel il parcourt le pays. La délégation de la Commission européenne en Ouganda - pardon l'ambassade de l'UE - est la première ambassade (à ma connaissance) du réseau européen à avoir expérimenté la conduite diplomatique d'une mission militaire de l'UE.

 

• Comment définiriez-vous cette mission EUTM de formation des soldats somaliens ?
VdV - C'est une part de notre stratégie globale pour la Somalie. La mission EUTM Somalia comble un gap dans notre objectif d'aider à la sécurité de la Somalie et à soutenir le GFT (gouvernement transitoire somalien) pour restaurer la paix et l’ordre dans le pays. Stabiliser la Somalie, pays fragile, confronté au terrorisme est non seulement important pour l’UE mais aussi pour les pays d'Afrique de l’Est.


• Vous êtes désormais ambassadeur de l'UE et non plus seulement chef de la délégation de la Commission, qu'est-ce que cela a représenté pour vous ?
VdV - Certainement plus de travail... (rires).
Plus sérieusement, cela donne au représentant de l'Union européenne une crédibilité et une dimension plus importante à notre mission en Ouganda. Il est important que l’Europe parle d’une seule voix. Ici nous sommes un peu les yeux, les oreilles, la face unique de l'Union européenne à l’extérieur. Nous avons des contacts avec les autorités ougandaises (ministère de la Défense, des Affaires étrangères, Chef de la défense) mais aussi avec les médias. Ce n’est pas évident en effet d’amener 1-2000 soldats somaliens dans le pays. Le public ougandais a besoin d'une explication. Nous devons leur expliquer ce que nous faisons, que l'on travaille ainsi pour leur sécurité. 


• Vous parlez d'une crédibilité supplémentaire, qu'entendez-vous ?
VdV -  Trop souvent le public ougandais nous voit comme un partenaire de développement, s’occupant de projets, de programmes de routes et de développement rural, des tâches humanitaires, nous sommes bien sûr un acteur politique, nous avons un dialogue avec les autorités, cette mission nous apporte une dimension d’acteur dans la sécurité et la paix dans la région.


• Les Somaliens seront formés à Bihanga, à l'ouest de l'Ouganda, dans une région un peu excentrée. Mis à part la mission de sécurité, l'Union européenne a-t-elle une action dans cette région ?
VdV - Oui. Si l’emplacement de Bihanga a été choisi par l’UPDF, c’est important aussi pour la population sur place - environ 10.000 personnes - de percevoir des bénéfices au plan local. Nous rénovons une petite piste d’aviation, et des équipements comme des points d’eau. Nous envisageons de construire une nouvelle école, un accès routier... (*) C’est important de faire cela pour une meilleure perception d’EUTM, comme de l'UE, en Ouganda.


• Dernier point, le SOFA (accord de protection des forces) n'est pas encore signé, quand le sera-t-il, pourquoi ce retard ?
VdV -
Le SOFA devrait être signé, dans quelques jours, le 20 mai, j'espère. Il fallait respecter le système constitutionnel ougandais, notamment la consultation du solicitor general.


(*) accès qui en a bien besoin, je peux en témoigner :-)

(crédit photo : Conseil de l'UE)

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5 mai 2010 3 05 /05 /mai /2010 22:40

(A KAMPALA) Ca y est ! Les premiers soldats somaliens - qui seront formés dans le cadre de la mission européenne EUTM - sont arrivés à l'aéroport de Kampala (Entebbe), lundi. En toute discrétion (les Ougandais ne tiennent pas à une arrivée avec tambours et trompettes).

Full operationnal capacity déclarée

La plupart des effectifs européens d'EUTM sont déjà arrivés, eux aussi. Et la "Full Operationnal Capability" (FOC) a été atteinte, le 5 mai, selon un document présenté à la presse par le chef de la mission, le colonel espagnol Ricardo Gonzalez Elul. Ils proviennent de 14 nationalités (1). Tous sont à peu près là, à une seule exception : les Belges qui attendent encore une autorisation de leur Parlement (retardée avec la chute du gouvernement belge) et le Luxembourgeois (qui devait partir avec les Belges).

TableauEffectifEutmSomalia.jpgLe QG de la mission - doté de 25 personnes - a été installé à Kampala ; un hôtel de la capitale a été loué pour les besoins de l'opération, "plus simple", "plus pratique", "plus rapide". Les autres formateurs sont directement sur place à Bihanga. Le SOFA - accord sur le statut des forces - n'est pas encore signé. Il devrait être signé dans les jours prochains (le 20 mai peut-être, d'ici la fin du mois sûrement). Un officier de liaison ainsi qu'un conseiller politique sont présents à la cellule à Nairobi. Un autre officier de liaison est présent à Bruxelles chargé de la coordination avec les autorités politiques, la CMPD et l'Etat-Major de l'UE.

Une mission d'un an

Ainsi que l'avait déjà précisé le colonel Elul à Bruxelles : "La mission EUTM devrait durer 14 mois environ. Les 2000 Somaliens seront formés en 2 sessions de six mois chacune. » (avec une pause de 1 mois entre les 2 sessions). Chaque contingent comprendra un tiers de sous-officiers (330) et 2/3 de soldats (670). Ils seront formés dans les mois qui suivent, de façon conjointe, par les Européens et Ougandais. Les Ougandais assureront l'essentiel de la formation de base ("apprendre à travailler ensemble") ; les Européens assurant les formations spécialisées selon un planning défini.

PlanningFormationEutmSomalia.pngNb : en bleu la formation faite par les Ougandais, en rouge, celle faite par les Européens


Des teams de formateurs

Une dizaine d'équipes de formation ont été formées : 3 teams Espagnols (dont un avec les Grecs), 2 teams Français, 1 Belgo-Luxembourgeois, 1 Hongrois et Allemands, 1 Irlandais et Maltais, 1 Suédois et Finlandais. Les modules de formation spécialisés sont pris en charge par un Etat membre : sous-officiers par les Français, les mines et actions contr-IED ainsi que l'évacuation médicale (MEDAC) par les Italiens,  les communications par les Allemands, la Fibua (Fighting in Built-Up Areas - ou combats en zones habitées) par les Portugais.

L'Europe vient compléter un effort déjà réalisé

Le GFT estime « avoir besoin des forces de 10.000 personnes. 6000 doivent être formés ; 4000 ont été déjà formées par diverses formations bilatérales. Il en reste 2.000 à former » avait précisé, récemment à Bruxelles, Didier Lenoir, qui suit les missions militaires à la CMPD, la direction de planification militaro-civile de l'UE (qui va être intégrée au service diplomatique de l'UE). Précision : plus de 500 ont été formés par les Français à Djibouti, 1200 par les Ougandais à Bihanga, environ 1000 autres par les Américains à Djibouti notamment.

Processus de sélection

La sélection des soldats sur la base des critères définis par les Européens (1) est faite, sur place, par le gouvernement transitoire somalien (GFT). Le passé de chacun des "élèves" a été scruté par les américains pour éviter d'avoir des apprentis terroristes. « Les bad guys seront exclus immédiatement du processus » explique le colonel Ellul. 

Les recrues proviennent d'un peu toute la Somalie. Les Somaliens ont été acheminés par C130 d'abord puis par plus gros porteur (Boeing 737) ensuite. Des avions affrêtés par DynCorp international, qui est un des contractants privés du Département d'Etat US en Somalie et a été mandaté par l'opération EUTM, en étroite liaison avec Américains (1). Les Somaliens sont regroupés au camp Jazeera, à Mogadiscio (Somalie) avant le départ vers Entebbe (Ouganda). Là ils sont équipés et le processus de sélection complété, notamment pour vérifier que les conditions principales, comme l'âge, sont bien respectées. Puis ils sont acheminés par bus civil jusqu'au camp de Bihanga. Un camp des forces ougandaises (UPDF) situé à plus 200 km de la capitale, à 7 heures de route de Kampala, à l'est du pays. (*)

TrajetRecruesEutm.jpg

  • (*) Une route que l'Union européenne est en train de rénover. L'ambassadeur de l'UE Vincent De Visscher a ainsi confirmé, hier, que l'UE financerait à hauteur de 335 millions de shilling ougandais (environ 122 millions d'euros) la route Masaka-Mbarara, qui constitue un des axes très fréquentés du pays (et la route vers Bihanga). Le plus important projet que l'UE ait financé dans le pays - qui figurait déjà dans le programme indicatif défini il y a plusieurs mois - et une contribution au développement de l'Ouganda. L'aspect "global" de la politique extérieure de l'UE, en "format Lisbonne", joue ainsi déjà même si le service diplomatique de l'UE n'est pas encore en place.

(1) EUTM Somalia lancée, nette participation US, premiers détails ...

Lire également:

Mission EUTM Somalie: les points essentiels (MAJ)

Mission de formation des militaires somaliens, une étape franchie

EUTM Somalia: les principales étapes

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5 mai 2010 3 05 /05 /mai /2010 21:05

Les ministres de l'Union européenne devraient entériner, lundi prochain (10 mai), la fermeture de la cellule de l'aide à la reconstruction après le séisme en Haïti (EUCO Haïti) qui avait surtout vocation à coordonner l'aide militaire et de protection civile. Le navire espagnol Castilla a quitté Haïti. Cette cellule avait été mis en place fin janvier (1) après maintes critiques concernant à la fois l'absence de visibilité de l'aide européenne et également le manque de coordination des Etats membres.

Au bilan, on pourra déplorer la perte de 4 soldats espagnols dans un crash d'hélicoptère (2). Mais également de nombreuses actions : déblaiement des routes, consolidation d'édifices publics , remise en état de canalisations d'eaux ou d'électricité (3), campagne de vaccination, soins directs et équipement de dispensaires, secours aux blessés ou malades plus gravement atteints, apport d'aide alimentaire dans des secteurs plus reculés, etc

EUCO Haïti était assuré par le SitCen (centre de situation de l'UE - autrement dit le centre de renseignement). Cela pourrait ainsi préfigurer le futur centre de gestions de crises qui rassemblerait aide humanitaire, protection civile, support logistique des militaires... (mais ce n'est pas encore fait ! )

(1) Les 27 approuvent la cellule de coordination (EUCO Haïti)

(2) Un hélicoptère espagnol s'écrase à Haïti

(3)  Electricité rétablie en partie au Petit Goave (Haïti)

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4 mai 2010 2 04 /05 /mai /2010 09:00

(commentaire) L'occasion était trop belle pour la laisser passer. Cela fait des années que le Parlement européen tente d'avoir son mot à dire sur la politique extérieure. Cela fait des années que les Etats membres prennent bien soin de l'en tenir éloigné. C'est en cela que la discussion sur le SEAE qui se poursuit, aujourd'hui, au Parlement dans les commissions "affaires constitutionnelles" et "affaires étrangères" mérite d'être suivi et commenté (la commission budget s'est déjà prononcée, lire sur le site du Parlement européen).  

Il ne faut, en effet, pas s'étonner que le Parlement européen, de façon plutôt unanime, du moins au début, soit monté au créneau pour "dénoncer" la proposition faite par la Haute représentante sur le service européen d'action extérieure ou SEAE (1). Il ne faut pas s'étonner aussi du ton, parfois assez dur, qu'emploient certains responsables du Parlement européen. Aujourd'hui le Parlement européen a le pied dans la porte et entend bien forcer le passage pour l'ouvrir au maximum !

 Le Parlement européen a le pied dans la porte ... et entend l'ouvrir au maximum

 Dans les années passées, déjà, le Parlement européen (et la Commission) n'ont cessé de grignoter des pouvoirs au nom de l'intérêt communautaire bien compris. Des batailles qu'il a souvent gagné (avec l'aide de la Commission). Rappelons-nous l'arrêt de la Cour de justice de 2002 (AETR) qui avait reconnu à la Commission européenne (et donc au Parlement européen) une compétence en matière de transport aérien au niveau extérieur (négociations d'accords internationaux) dans le prolongement de sa compétence interne (2).  

La méthode est la même aujourd'hui. S'arcqueboutant sur son pouvoir de codécision qui s'exerce dorénavant tant sur le volet budgétaire que sur le volet "personnel" (3) du SEAE, il entend peser sur la décision de base du SEAE, sur lequel il n'a qu'un pouvoir de consultation et aucune prérogative à exercer (au moins dans la lecture du Traité de Lisbonne).D'une certaine façon, pas de légitimité juridique.

Pour situer le débat, le Parlement européen tente d'acquérir les pouvoirs qu'ont certaines assemblées parlementaires en Europe (la 2e chambre néerlandaise, voire le Bundestag allemand) alors qu'il n'a que jusqu'ici que des pouvoirs résiduels (comme l'Assemblée nationale française). 

Concrètement, le Parlement a déjà obtenu de pouvoir, de façon informelle, de pouvoir auditionner les représentants spéciaux et les principaux "ambassadeurs" de l'UE, avant leur départ. Il n'a pas (encore) obtenu de pouvoir participer au processus de désignation de ceux-ci. Il entend également peser pour obtenir aux cotés de la Haute représentante la nomination "d'adjoints politiques" capables de dialoguer avec lui. La proposition actée au conseil des Ministres des Affaires étrangères n'a pas permis d'aboutir. Mais du coté de la Haute représentante, on entend aboutir à une hiérarchie un peu plus horizontale (4). Ce qui constituerait un pas notable vers le Parlement européen. De même, en obtenant de pouvoir donner une décharge complète sur le budget du SEAE, il acquerra une compétence sur le budget extérieur, antique revendication. Rappelons-nous la bataille autour de la décharge des comptes 2008 du Conseil sur les missions de la PESC (5). Etc...

C'est à cette aune-là, et uniquement à cette aune-là qu'il faut voir la bataille entre le Parlement et la Haute représentante. Ce n'est pas tant la Haute représentante qu'il vise mais les Etats membres, son rôle dans l'architecture communautaire. Mais pas uniquement. Il ne faudrait pas se leurrer. Ce n'est pas une petite querelle autour du pouvoir. L'enjeu est plus important. C'est la place du contrôle démocratique sur la politique extérieure de l'UE qui est en question.


(1) Lire : Service d'action extérieur: la contre-proposition du Parlement 

(2) Lire : une analyse du centre Robert Schuman sur l'arrêt AETR

(3) Une innovation du Traité de Lisbonne

(4) Ainsi que je le présentais, de façon un peu anticipée, je le reconnais - Lire : Le trio exécutif du service européen d'action extérieure.

(5) Lire : Le Parlement mécontent du manque de transparence du budget PESC



 

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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 23:10

Photo-039.jpgLa dernière née des missions de l'Union européenne, EUTM Somalia, mérite le détour. Elle est la première action de coopération militaire proprement dite de l'UE et elle vise au rétablissement d'un Etat failli, la Somalie, selon une technique qui me paraît plus intelligente et largement plus économe en moyens (humains et financiers) que celle employée en Afghanistan. Elle vise avant tout à reconstruire des forces de sécurité pour l'Etat somalien. Certes tout ne risque pas d'être rose. Et les déconvenues risquent aussi d'être au rendez-vous ainsi que l'a constaté un reportage d'AP récemment à propos des forces somaliennes formées par les Ougandais et Américains. Mais c'est le minimum à faire si l'on veut garder un semblant d'Etat sur cette rive Est de l'Afrique, si stratégique... Il était donc nécessaire que j'aille sur place constater de visu l'arrivée des premières recrues somaliennes que vont former les Européens. Je vous raconterai au retour. En attendant... ce blog fonctionnera au ralenti ! Mais j'ai quand même prévu quelques papiers qui sauront, j'espère vous intéresser...

(sur la photo : les soldats somaliens formés précédemment par les Ougandais)

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2 mai 2010 7 02 /05 /mai /2010 23:40

Si la coopération structurée permanente (CSP) n'a pas encore pris son essor dans le cadre du Traité de Lisbonne, les discussions vont bon train. Et les avis sont partagés. Ainsi la Belgique a fait connaître à ses partenaires européens sa position. Une position plutôt ambitieuse mais qui ne rencontre pas l'unanimité.

Voici les idées forces de ce papier que j'ai pu parcourir (en néerlandais svp !). Il est intéressant car il illustre à la fois les différentes lignes de fracture qui existent actuellement mais aussi les possibilités d'un accord.

La Belgique défend ainsi l'esprit d'origine de la CSP : capacités et opérations, militaire, unique. Mais elle définit des critères d'entrée assez souple ; l'élément principal étant l'inclusivité de la CSP et sa progressivité.

Une définition "orthodoxe" de la Coopération structurée permanente

• La coopération structurée permanente ne doit pas être limitée à un noyau de quelques pays (une avant-garde élitiste) ; une Europe de la Défense à deux vitesses doit être évitée. Elle doit être ouverte à un maximum d'Etats membres. Mais son niveau d'ambition doit être élevé.

• La CSP doit avoir une double approche : développement des capacités militaires Et capacités opérationnelles.

• La CSP doit rester concentrée sur une appoche militaire ; la Belgique estime ainsi qu'il est encore trop tôt pour "une pleine intégration des aspects civils et militaires". 

• La CSP doit aussi être unique et permanente. Autrement dit, pour le papier belge, "il n'y a qu'une CSP". Cela n'empêche pas les Etats membres de continuer à mettre en place d'autres coopérations en dehors du cadre institutionnel de l'UE dans des domaines qui ne relèvent pas de la compétence de l'UE. Il n'est pas nécessaire d'intégrer toutes ces formes de coopération dans la CSP. Cela n'empêche pas également de concevoir plusieurs "piliers" au sein de cette CSP unique.

• La CSP est un processus. Elle doit conduire à une amélioration des capacités de défense (y compris les armes et la Recherche & Développement) avec des objectifs précis dans un délai convenu et non pas refléter uniquement l'état des lieux actuels. Condition qui se reflète dans le choix des critères (1).

Des critères "dynamiques"

• Les critères doivent être axés sur les résultats en cours ou futurs. Il faut davantage se baser sur les compétences acquises que sur l'existant.

• Il doit y avoir une progressivité des critères, dans le temps. Avec les perspectivies économiques actuelles et l'effort fragmenté de la défense, on ne peut pas attendre des pays de répondre à des critères trop "stricts". La Belgique plaide ainsi pour des critères d'adhésion à évoluer au fil du temps. 

• L'accent doit être mis sur l'élaboration de normes (normalisation) - vu l'écart important dans le domaine des capacités et performance opérationnelle. C'est une condition nécessaire pour une collaboration efficae. Les crtières doivent également prendre en compte les financements pour les missions, capacités offertes à l'UE et la participation aux projets multinationaux de l'agence.

• Les critères ne doivent pas aller à l'encontre des engagements de l'OTAN.

• Au sein de chacun des "piliers" de la CSP unique, devront être définis des objectifs qui seront le résultat de négociations entre les Etats volontaires. Seuls les Etats qui rempliront un nombre de critères donnés pour chaque domaine pourront y participer. Pour les capacités, c'est le Plan de développement des capacités (de l'Agence) qui doit être la référence. C'est "l'instrument par excellence pour le développement des capacités européennes". La mise à jour prévue en 2010 devrait permettre une cohérence avec la CSP.

• La CSP doit confirmer le rôle de l'Agence européenne de défense qui a, selon l'article 3 du protocole, un rôle (limité) dans la CSP, notamment l'examen annuel des Etats participants en termes de capacités. Cette fonction de rapports n'a pas de force contraignante. mais ce rôle doit être encore défini. Le conseil d'administration de l'Agence dans son format ministres de la Défense doit être considéré comme le comité exécutif de la CSP.


(1) On peut rapprocher cette position de l'étude réalisée par l'Institut d'Egmont: 4 critères pour la future coopération structurée permanente 

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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Défense UE (droit doctrine politique)
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logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.