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30 avril 2010 5 30 /04 /avril /2010 22:24

MacBride Neil Attorney@UsL'Attorney général de Virginie (USA) à Norfolk, Neil MacBride, a indiqué, le 23 avril, qu'il entendait poursuivre les 11 somaliens suspectés de piraterie et arrêtés, en flagrant délit, dans l'Océan indien par deux navires de la marine américaine l'USS Nicholas et l'USS Ashland, respectivement le 31 mars et le 10 avril.

Les Somaliens avaient commis une petite erreur d'appréciation... en s'attaquant aux deux batiments de la force navale américaine.

Décision avait été prise de les rapatrier aux Etats-Unis (car ils avaient attaqué un navire militaire). L'enquête a été conduite par le bureau du FBI de New York et de Norfolk et le Naval Criminal Investigative Service (NCIS).

Les 11 hommes ont été inculpés de plusieurs chefs d'accusation (ce qui ne signifie pas encore que leur culpabilité soit reconnue, le principe de la présomption d'innocence) : attaque pour piller un navire ; attaque avec arme dangereuse ; conspiration pour utiliser des armes dans un crime avec violence ; pour lesquels ils risquent 10 ans au minimum à la prison à vie selon les chefs d'accusation.

NB : l'USS Nicholas est basé à Norfolk et l'USS Ashland à Little Creek

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30 avril 2010 5 30 /04 /avril /2010 22:04

La marine néerlandaise a diffusé ce film enregistré à partir de la caméra d'un des soldats qui a mené l'assaut sur le Mv Taipan capturé par les pirates. A votre néerlandais !

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30 avril 2010 5 30 /04 /avril /2010 19:00

AshtonBarroso-E091119.jpg"Mon Dieu. Gardez-moi de mes amis. Quant à mes ennemis je m'en charge", cette maxime ancienne se vérifie aujourd'hui pour Cathy Ashton et le Service européen d'action extérieure.

Discussion bruyante ...

Que la Haute représentante pour la politique étrangère et son service soient en butte avec les Etats membres (sur les nominations) ou le Parlement européen (sur la partie décisionnelle), c'est assez logique. Le Parlement européen a toujours été cantonné à un rôle très limité en matière de politique extérieure. Aujourd'hui, avec la décision sur le Service (s'il n'est que consulté sur la décision, il a la codésion sur le volet budgétaire et du personnel), il a, en quelque sorte, le "pied dans la porte" (1) et entend bien s'imposer au terme d'un bras de fer dont il a rodé le principe depuis des années... Quant aux Etats membres, ils défendent leurs intérêts également et veulent maximiser leur influence respective au sein du futur service : les grands pour préserver leur avantage de service diplomatique, les petits pour compenser leur absence sur la scène internationale, et trouver ainsi dans le SEAE un "acteur par procuration".

... et sourde rivalité

Dans cette bataille, il est un acteur dont on entend peu parler : la Commission européenne. Qui a beaucoup à gagner dans le Service extérieur mais aussi beaucoup à perdre avec le Haut représentant : dans le contrôle et la mise en oeuvre de plusieurs lignes budgétaires, dans la présence à l'extérieur. Les délégations de la Commission changent de chef et la Commission ne pourra plus y nommer qui elle veut ou, du moins, plus toute seule ; l'épisode Vale de Almeida est le dernier d'une époque (2).

Jusqu'à présent, la Commission a certes plutôt bien défendu ses droits. Mais la vraie bataille se situe maintenant au plan politique. Peu à peu, le Service diplomatique et sa chef acquièrent, en effet, leur autonomie (ne parlons pas encore d'indépendance ). D'une certaine façon, les coups des uns et des autres poussent en ce sens. Et même si la Baroness Ashton n'avait pas une étoffe politique conséquente, à sa prise de fonction il y a six mois, elle l'acquiert peu à peu : à Gaza hier, en Chine aujourd'hui, au Kenya-Tanzanie demain. De fait, elle peut représenter un certain affaiblissement du président Barroso, qui va perdre son monopole de représentation extérieure qu'il chérit par dessus-tout. Ce sentiment n'est pas exprimé publiquement. Et quand on demande à l'un ou à l'autre ce qu'il en est, la réponse est indubitablement : "il y a une bonne entente entre le président et la vice-présidente". La réalité semble légèrement différente...

Petit sentiment de mépris

Ayant eu l'occasion d'échanger à plusieurs reprises avec des membres du cabinet de Barroso sur le sujet, j'ai ressenti comme une absence de défense de la vice-présidente, voire plutôt le contraire. Exemple : sur l'absence de Cathy Ashton du conseil informel des ministres de la Défense, et la possibilité qu'elle aurait d'être remplacée par le président de la Commission par exemple, je me suis attiré cette réplique : « Si un commissaire peut parfois être appelé à remplacer le Président, ce n'est tout de même pas au Président de remplacer un vice-président ». La réponse peut paraître anecodique. Elle traduit cependant bien le mépris qui existe au sein de l'équipe Barroso (ou d'une moins d'une partie de celle-ci) sur Cathy Ashton, qui reste à leurs yeux simplement une commissaire parmi les autres.

Et ce sentiment se reflète dans le partage des tâches au quotidien. A la haute représentante, de recevoir les ministres des affaires étrangères, au président de la Commission d'entretenir des relations avec les Premiers ministres ou présidents. Une sorte de répartition naturelle qui n'avait pas cours avec le premier Haut représentant. Javier Solana ayant pris l'habitude de recevoir qui il voulait... et, surtout, de téléphoner à qui il voulait.

Sur le service extérieur, discussions difficiles

Autre témoignage. Lors des discussions du groupe de haut-niveau, qui ont précédé l'accord sur le service européen d'action extérieure, « c'est avec Catherine Day (la secrétaire générale de la Commission) que les discussions ont été les plus difficiles » m'a expliqué un diplomate d'un Etat membre qui a suivi de près les discussions. Les discussions portent sur plusieurs sujets : le périmètre du Service, la planification et l'autonomie budgétaire, les locaux... La Commission a rechigné ainsi jusqu'au bout à donner au SEAE une autonomie budgétaire comme certaines capacité de décision - sur les chefs de délégation notamment. « Le Traité ne permet pas de déléguer à une autre structure ses compétences, budgétaire notamment,  » explique un expert du sujet.

Le "dernier missile" du Telegraph

L'article du Daily Telegraph, qui titre aujourd'hui sur la fatigue de la Haute représentante et son possible départ doit s'interpréter dans ce contexte... ainsi que dans celui des élections en Grande-Bretagne. Effectivement, la fatigue menace Cathy Ashton. Difficile de faire autrement car le boulot de Haut représentant n'est pas celui de tout repos, et est quasi-impossible à assurer avec un agenda, même calé sur 16 heures de travail par jour. De là à parier sur sa démission, cela ressemble plutôt à un travail de sape. Il semble que ce soit davantage la nationalité (britannique) et la couleur politique (travailliste) de la Haute représentante, qui ait motivé certaines sources à être un peu plus bavardes que d'habitude. Mais cela ressemble à du "Brussels bashing" assez habituel dans des institutions européennes où les prises de position politique voire politicienne sont beaucoup plus courantes que l'apparence ne le laisse penser. Du coté de Cathy Ashton, on dément ainsi vigoureusement toute idée de départ : « la Haute représentante travaille actuellement - elle est en Chine - et n'a pas l'intention, du tout, de quitter son poste ».

Coté britannique à Londres, le changement du commissaire britannique à la Commission ne semble pas être à l'ordre du jour. Pour en avoir été témoin, lors de mon séjour récent à Londres, ce sujet qui fait "causer dans les chaumières" à Bruxelles est un non-sujet outre-Manche. Même du coté tory, on estime que c'est le cadet des soucis (3). 

Changer de Haut représentant, une c...

Dieu sait si je n'ai pas été un afficionados de Cathy Ashton - avec des débuts marqués par une série de gaffes et d'erreurs politiques (4) - et si je ne partage pas toutes ses options... Mais elle est là maintenant, le travail est entamé. Ce n'est pas toujours la "joyeuse chevauchée" dont on aurait pu rêver. Mais c'est un fait : le service diplomatique prend, peu à peu, forme. Et s'il n'est pas au bout de ses peines, une première étape a été accomplie avec l'accord des ministres des Affaires étrangères des 27 sur le sujet le 26 avril. Changer de Haut représentant dans quelques mois serait une erreur, un nouveau retard. On ne va pas modifier la composition de la Commission à chaque changement de gouvernement en Europe (5). L'Europe n'a vraiment pas besoin de cela, maintenant !

(1) Le PE dicte ses trois volontés à Cathy Ashton - Autre article à venir

(2) Le dossier "Vale de Almeida" fait des vagues au Conseil

(3)  Pour les Tories, l'avenir de la défense est avec... la France

(4) Entre autres : Catherine Ashton avait-elle raison de ne pas être à Haïti  - La vision très british de Catherine Ashton sur la défense ...

(5) Faut-il préciser que le changement du Haut représentant nécessite un nouvel accord à 27. Je ne vois pas les 27 relancer le mercato des têtes de l'Europe. L'hypothèse "Milliband" relayée par mon confrère du Telegraph me semble "peu réaliste" si un gouvernement tory-libéral arrive au pouvoir en UK ; la logique voudrait plutôt un commissaire "libéral". Mais là c'est l'équilibre politique voulu au niveau européen (les Socialistes ayant réclamé ce poste) qui se trouve remis en cause. C'est tout l'équilibre politique avec 2 chrétiens-démocrates et 1 socialiste dans le trio de tête qui se trouverait à renégocier. Voir ci-dessus ...

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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans HautReprésentant-ServiceDiplomatique
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29 avril 2010 4 29 /04 /avril /2010 17:31

wetstraat16.jpgLa Belgique sans gouvernement continue de se préparer à sa future présidence européenne qui commence le 1er juillet. Les priorités "Défense" ont été définies et sont désormais, à peu près connues, ainsi que Pieter de Crem (l'actuel ministre de la défense) l'avait annoncé il y a quelque temps à la Chambre des députés puis en plus petit comité.

Une philosophie de rupture et plus orthodoxe

L'objectif de cette présidence belge ne s'inscrit pas "dans la continuité" explique De Crem qui plaide pour une « philosophie de rupture. Un saut qualitatif, sans tergiversations, permettant au président permanent du Conseil européen et au Haut représentant d'assumer résolument et sans attendre la représentation externe de l'UE ».   Il n’entre pas dans nos intentions de livrer des combats d’arrière-garde pour s’offrir une place sous les projecteurs ». ajoute-t-il.

La Belgique ambitionne ainsi « de veiller à ‘l’orthodoxie’ institutionnelle, et donc d’assister le plus possible le Président permanent du Conseil européen et la Haute Représentante dans l’accomplissement efficace et absolu de leurs nouvelles tâches ». Ca tombe bien ! D'une certaine façon, la crise gouvernementale en Belgique ne pourra qu'aider à la réalisation de ces objectifs.

En top priorité de cette présidence qui aura un rôle limité : mettre en place le service diplomatique, renforcer l'agence européenne de défense, mettre en place une académie diplomatique européenne, approfondir la répartition des tâches OTAN-UE (pour économiser des efforts) et si on peut mettre en place un quartier général civilo-militaire

La présidence tournante : un rôle limité institutionnellement

En matière extérieure, en effet, le rôle de la présidence tournante est institutionnellement limité. Il s'efface au profit des instances permanentes voulues par le Traité de Lisbonne: Président du Conseil européen et Haute représentante. Après la présidence de transition espagnole, la Belgique est le premier pays à travailler complètement dans le nouveau format de Lisbonne. La Belgique n’occupera plus ainsi le siège de la Présidence pour la politique extérieure, la Sécurité et la Défense, que ce soit au niveau politique (Conseil européen, Conseil des Affaires étrangères et de la Défense), technico-politique (COPS), militaire ou technique (groupes de travail). Elle ne pourra pas non plus fixer ou proposer les ordres du jour et ne sera plus l’artisan des débats dans les groupes de travail et au Conseil. 

Un rôle d'honest broker

La nouvelle Présidence est bien consciente de ce rôle limité. Elle « devra agir en appui du Président permanente et de la Haute Représentante et agir par l’entremise de leur influence, leurs réseaux, leurs alliés, de non-papers et de séminaires. » est-il mentionné. « En tant qu’un des pays fondateurs de l’Union, en tant que pays hôte des principales institutions européennes et carrefour de diverses tendances, cultures et communautés linguistiques, la Belgique a tout intérêt à jouer en toute impartialité le rôle de médiateur (‘honest broker’) »... sans commentaire 

Première priorité : la mise en place de Lisbonne

La première priorité est "la mise en place effective du service europén pour l'action extérieure et autres nouveautés du traité" et "faciliter la bonne application des nouvelles règles de fonctionnement de l'Union et du partage des tâches entre le président permanent du Conseil européen, la présidence tournante, la Haute représentante et la Commission".

Une nécessité pour le ministre. "L’Occident n’est plus incontournable. Nous ne pouvons donc plus avancer en ordre dispersé et nous n’en avons d’ailleurs plus les moyens. Il me paraît dorénavant indispensable de travailler ensemble".

Autres avancées de Lisbonne : qui va sano ...

Concernant les nouvelles clauses, d'assistance mutuelle et de solidarité, la présidence belge compte avancer « avec circonspection, ‘festina lente’ et d’ici à ce que l’Union puisse les aborder, il passera bien de l’eau sous les ponts, me semble-t-il », explique De Crem. Pour la Coopération structurée permanente (CSP), même prudence. « La Belgique suivra de près l’évolution des discussions à ce sujet ainsi que du raisonnement sous-jacent ». On a connu plus d'enthousiasme ! Il est vrai que le texte du Traité « est très flou sur le sujet » comme l'explique le Ministre de la défense belge et que la discussion est plutôt difficile (1). Le point central étant de trouver le juste équilibre entre inclusivité et ambition (2).

Une agence qui doit devenir le creuset de la défense européenne

La base juridique de l’Agence devra être adaptée au nouveau Traité de Lisbonne. L’Agence poursuivra évidemment ses activités actuelles, mais elle va recevoir de nouvelles tâches avec la coopération structurée permanente. Il faudra donc la renforce « Devenue en quelque sorte le creuset de la défense européenne, c’est dans le cadre de cette Agence, bottom-up, que nos militaires consolideront la collaboration militaire européenne. » estime la présidence belge.

Une académie diplomatique européenne

La Belgique plaide pour un rôle nouveau du collège européen de défense qui devrait se transformer en Académie diplomatique européenne. « Il nous paraît impensable que l’European Citizen Action Service ne dispose pas d’une Academia Diplomatica Europaea. Le Collège européen de Sécurité et de Défense” (European Security and Defence College) est à nos yeux l’institution qui se prête le mieux à l’enseignement de toute la gamme des formations en matière de politique de sécurité et de défense. Le CESD pourrait aussi jouer un rôle clé dans l’élaboration et la proposition de formations standardisées pour le personnel envoyé en mission à l‘étranger. »

Un quartier général civilo-militaire... mais chut !

L'intérêt d'une telle structure est évident, on le sait. « La mixité civile et militaire dans les opérations, une ‘approche globale’ telle est la spécificité de l’approche européenne de la gestion de crises. Toutefois l’Union ne s’est pas encore dotée d’une structure cohérente et efficace de planification et de conduite des missions et opérations. Ce point est souvent mis à l’ordre du jour, ou si tel n’est pas le cas, il se profile en toile de fond. Nous restons disposés à répondre aux éventuelles demandes de nos partenaires. » est-il écrit.Un peu léger peut-être pour un sujet d'importance ?

J'ai posé la question aux personnes intéressées. La réponse est unanime, du coté belge. la Belgique n'entend pas avancer de façon trop impulsive, trop voyante. « Ce n'est pas l'intérêt de la Belgique de prendre le lead sur ce dossier. Car viendront immédiatement des oppositions. Nous avons tous en mémoire, ce sommet des pralines qui n'a débouché sur rien et a figé le débat pour des années » m'a expliqué un haut responsable de la défense belge à qui je posais la question. « En revanche, si un pays présentait une initiative, nous la soutiendrons ». Tous les regards à Bruxelles se tournent ainsi vers la Pologne, en particulier, qui a fait de la défense une priorité.  C'est le sens de la communication officielle.

Tenter d'avancer sur la coopération UE-OTAN

Ainsi si la Belgique n'ambitionne pas de résoudre le problème de Chypre et des relations UE-OTAN, elle entend être à disposition pour « agir là où c'est utile et répondre à toute demande ». De façon plus générale, De Crem considère que le rapprochement et la collaboration entre l'OTAN et l'UE doit être poursuivi, pas à pas tout doucement. « Nous savons tous que chacun des pays concernés n'a qu'une seule armée. Et toute duplication est inutile. La crise financière et budgétaire peut nous offrir une chance de renforcer la collaboration capacitaire ».

 

(1) Personne ne veut prendre le lead pour la coopération structurée ...

(2) lire la Coopération structurée permanente vue par la Belgique

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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Défense UE (droit doctrine politique)
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29 avril 2010 4 29 /04 /avril /2010 09:56

C'est la première perquisition au domicile d'un haut responsable politique kosovar puisqu'il s'agit d'un membre du gouvernement. Les forces de police d'Eulex - la mission européenne "Etat de droit" au Kosovo" - assistés des procureurs spéciaux d'Eulex ont, en effet, perquisitionné, hier, dans le bureau du ministre des Transports et télécommunications ainsi que dans les "résidences privées des personnes qui lui sont liées".

Le ministre est soupçonné d'avoir reçu des pots de vins à l'occasion d'appels d'appels concernant la construction de routes au Kosovo enre 2007-2009. L'enquête était menée sous l'autorité du procureur spécial pour le Kosovo (SPRK) et les perquisitions autorisés par le juge d'instruction du Tribunal de district de Pristina. « At this stage it must be stressed that these searches are purely investigative in substance and the material which is being gathered will be carefully analyzed by both police and SPRK. » précise cependant un communiqué d'Eulex.

En tout cas, c'est la preuve que la lutte contre la corruption — qui demeure un problème au Kosovo, ainsi que l'a rappelé Yves de Kermabon dans l'interview que je viens de publier — n'est pas un parent pauvre des forces européennes dans le pays. Il s'agit là d'un premier résultat de la task-force anti-corruption que vient de mettre en place Eulex. Et même si l'enquête n'est pas terminée - « les enquêtes sont très longues sur ce genre de dossier » souligne Yves de Kermabon — cette action est un sérieux avertissement pour les responsables corrompus et sera sans aucun doute observée à la loupe à Pristina comme à Belgrade ou Bruxelles. Précisons qu'une délégation de parlementaires européens est, en ce moment, au Kosovo.

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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Balkans-Bosnie-Kosovo
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28 avril 2010 3 28 /04 /avril /2010 22:50

Dans l'interview qu'il a accordée à Bruxelles2, Yves de Kermabon - chef de la mission EULEX au Kosovo - espère que les nouvelles structures issues de Lisbonne vont « faciliter la coordination entre civils et militaires. La création d’un service européen d’action extérieure est une bonne chose. Les opérations civiles ont intérêt à s’inspirer de la logistique militaire. Mais les militaires ont intérêt à comprendre que toute mission militaire est accompagnée ou suivie d’une mission civile. C’est la « Top priorité », cette approche globale. Il faut que tout soit mis sur la table, qu’on fasse des économies en termes d’action : qui fait quoi et quand ? Il faut que dès le début on puisse avoir une planification commune stratégique et opérationnelle. L’exemple du Kosovo est, pour moi, très parlant sur ce sujet. »

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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans HautReprésentant-ServiceDiplomatique
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28 avril 2010 3 28 /04 /avril /2010 22:00

KermaboncNGV-1991.JPGLors d'un de ses passages à Bruxelles, le général Yves de Kermabon, qui commande la mission civile de l’UE « État de droit » (EULEX) au Kosovo, m’a accordé un entretien. Un long entretien. Il y avait, en effet, beaucoup à dire (1). Et le général, maintenant en civil, est un trop fin connaisseur des Balkans pour ne pas savoir combien sont importants la présence et les mots dans cette contrée... émotive.

Cela fait maintenant près d'un an que la mission EULEX est déployée dans l'ancienne province autonome de Yougoslavie qui a proclamé son indépendance (*). Et il était temps de passer en revue les avancées — la présence dans le nord, la police, les douanes, la garde des lieux historiques — comme les difficultés — la justice et la lutte anti-corruption, les contacts avec la population au nord qui demeurent délicats, l'absence de relations entre Belgrade et Pristina et les dissensions sur le statut du Kosovo qui compliquent tout —.

Il faudra encore du temps sans doute pour faire évoluer les esprits, "une génération" estime De Kermabon. Mais le jeu en vaut la chandelle. L'Union européenne au Kosovo est peut-être en passe de rattraper les erreurs du passé et le temps perdu dans les Balkans depuis 1991. Au moins elle s'y essaie. Et, ce qui frappe dans cet entretien, c'est l'optismisme, raisonné, de De Kermabon. Voir aussi son opinion sur le service européen d'action extérieur

(*) Reconnue par 22 des 27 Etats membres de l'UE, par les Etats-Unis mais pas par la Russie.

 

Voilà un an que la mission est déployée, où en êtes-vous ?

La mission est maintenant déployée, en place, sur tout le territoire. Il y a des trous dans les effectifs ; nous sommes en renouvellement permanent. Mais la situation est suffisamment solide pour traiter du cœur de la mission et avancer. Le travail évolue différemment selon les composantes. La Justice est sans doute la plus difficile et celle où on a les plus grosses difficultés. Le plus gros reste à faire. Pour la police, même s’il y a une seule mission et intégrée, les approches restent différentes : au sud et au nord. Au sud, la police est une « success story », on atteint un niveau basique satisfaisant ; au nord on se déploie. Pour les douanes, cela se passe bien. Faire fonctionner la police des frontières reste, encore, le point faible encore. Tout simplement car c’est nouveau. Jusqu’ici, c’était du ressort de la KFOR.

 

La lutte contre la corruption reste difficile,
l'état des lieux de la justice n'est pas satisfaisant


La Justice est donc le point faible du dispositif ?

Effectivement, c’est le plus gros problème ; l’état des lieux n’est pas satisfaisant, il faut le reconnaître, Nous avons des magistrats formés à l’ancienne qui n’ont pas exercé depuis longtemps, des jeunes qui n’ont peut-être pas été bien formés. Il y a une mentalité qui n’est pas conforme avec l’idée qu’on se fait d’une justice moderne. Enfin, il existe une défiance de la population vis-à-vis de sa justice, une certaine peur car existent des interférences politiques avec la justice.

Mais on peut avancer. Regardez la police. Celle-ci représentait auparavant la brutalité, la contrainte, la peur, l’intimidation… Maintenant nous avons revu l’organisation, les policiers ont reçu de nouveaux uniformes. Et nous commençons à avoir la confiance de la population ; ils commencent à porter plainte pour certains problèmes… Ça a avancé dans la police. Il faut faire avancer la justice.


Le procès d’Albin Kurti n'est pas un bon exemple ?

Oui. Cela reste un problème. Il a prouvé la faiblesse de l’institution judiciaire: Car on n’a pas réussi à réunir, au même jour, juges, avocat et accusé. Les juges ne sont pas enthousiastes. Aucun avocat ne veut le défendre. La police du Kosovo n’a pas réussi à mettre la main sur lui le jour du procès. (NB : le procès est reporté de semaine en semaine, pas avant le 4 mai a-ton appris).


En quoi la justice est votre dossier le plus difficile ?

Il faut distinguer les sujets. Sur les crimes de guerre, nous avançons bien. Nous avons atteint un bon niveau de coopération avec les Serbes. Nous avons ainsi réussi à envoyer des témoins albanais en Serbie, avec un accompagnement Eulex, sur une enquête menée par un procureur Serbe, sur un criminel serbe contre des Kosovars d’origine albanaise. C’était difficilement imaginable il y a quelques mois. On avance aussi sur le problème des personnes disparues. Il y a encore des endroits où on a identifié des tombes anonymes (massgraves).

Du côté de la corruption ou du crime organisé, c’est plus difficile. Sur le crime organisé, on a obtenu quelques résultats. Mais ils ne sont pas aussi significatifs et symboliques qu’on voudrait. Ces procès – que ce soit pour la corruption ou le crime organisé - sont très longs à instruire. Comme dans n’importe quel pays d’ailleurs, les preuves sont difficiles à rassembler, les témoins ne sont pas toujours là. Il faut constituer des mois pour constituer un dossier et le voir aboutir. 


Le Kosovo, le trou noir de la corruption alors ?

Le Kovoso n’est pas plus le trou noir que les autres pays qui l’entourent : à Belgrade, à Tirana, à Skopje, Il faut relativiser et comparer ce qui est comparable. Le problème est pris de plus en plus sérieux par le gouvernement.. Mais il ne faut pas attendre du Kosovo ce qu’on trouve à Stockholm. La lutte anti-corruption commence juste.

Au sein du Parquet spécial, une section « corruption » vient d’être créée (l’anti-corruption task force) constituée de 8 procureurs — 5 locaux et 3 internationaux. On va la compléter sans doute au niveau de la police, où on réfléchit d’avoir une section identique

Il faut voir qu’au Kosovo il y a une attente forte et une compréhension de la justice qui est loin de la réalité. Il y a la rumeur et les ragots, les histoires pour dire qu’il y a corruption forte. Mais engager des poursuites, faire la justice doit se faire sur la base de preuves et de témoins, avec une enquête. C’est nécessairement lent. Et en contradiction avec ce qu’attendent les gens, une arrestation des personnages de l’État, et un jugement très rapide. Il faut faire passer l’idée d’une justice équitable et multiethnique.

 

EULEX au nord, une présence qui s'installe

 

Et au nord du Kosovo, vous y êtes ? Où en êtes-vous ?

Nous y sommes. Les relations se sont normalisées. On peut le dire

Côté douanes, nous avons une présence permanente, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, à « Gate1 » et « Gate31 » (NB : les points de passage entre Serbie et Kosovo). Non seulement aux points de passage. Mais aussi par un contrôle de douane, du type police volante. Cela a permis de nettement diminuer la contrebande. Seul bémol. Il n’y a pas de code des douanes encore défini. Les discussions sont en cours entre Belgrade et Pristina, menés côté européen par le représentant spécial à Belgrade (Sorensen) et EUSR Kosovo (Feith).

Côté Police, nous avons une présence permanente dans les 4 stations de police. Mais nous n’avons pas de rôle direct ; notre mission reste celui de conseiller et d’observer les forces en présence. Il y a des patrouilles permanentes pour que les gens s’habituent à nous voir travailler.

Côté justice. La Cour de Mitrovica a été rouverte en décembre. Elle ne fonctionne (pour l’instant) qu’avec une équipe Eulex et une équipe administrative/technique Mais il y a un accord des Serbes pour le retour de deux juges serbes (NB : la Cour fonctionnera alors avec deux juges serbes et deux juges albanais). Le tribunal a été récemment endommagé par un tremblement de terre et est inutilisable pour l’instant ; on a donné d’autres salles. A terme, il y aura un nouveau bâtiment  à Mitrovica, projet financé par la Commission européenne (NB : pas avant deux ans).


Vous avez ouvert également, fin mars, une EU House à Mitrovica…

C’est autre chose. Il s’agit de montrer aux habitants du nord ce qu’est l’UE dans toutes ses facettes, de leur donner accès à toutes les informations. Nous avons, en quelque sorte, déjà adopté le « format Lisbonne ». Puisque y siègent les représentants de l’Union, de la Commission, d’EULEX et l’ambassadeur italien, Michael Giffoni (*). Il y a en plus un point info contact pour la population. Il faut ainsi expliquer que la libéralisation des visas est un long processus et qu’il ne peut se produire immédiatement, ce que la population et les responsables politiques du Kosovo ont souvent des difficultés à comprendre.

 

(*) Les ambassadeurs de l’UE au Kosovo se sont partagés les rôles. C’est à l’Italien qu’est dévolue la représentation dans le nord du Kosovo (et la protection des minorités).

 

Une évolution s'esquisse à Belgrade, au nord,
mais l’avenir d'un Kosovo indépendant dans l'UE est inéluctable

 

Comment percevez-vous le sentiment de la population du nord du Kosovo, hostile ou amicale ?

Il y a autant d’avis que de Serbes. La grande majorité de la population est sinon indifférente du moins pas hostile à EULEX. Elle reste concentrée sur les problèmes du quotidien (écoles, emploi, police, justice…). Et il y a des dirigeants locaux. Ceux-ci sont divisés. D’un côté, vous trouvez le DSS (Parti démocratique de Serbie de Kostunica) plus ou moins lié au crime organisé qui font tout pour garder contrôle sur population et rejettent en bloc l’UE. Tandis que le DS (Parti démocratique de Boris Tadic, au gouvernement), est plus enclin à discuter avec nous, à voir ce qu’on peut faire ensemble.


Vous voyez une évolution possible au nord du Kosovo ?

Oui. Il peut y avoir une évolution. Tout ne dépend pas de Belgrade. Il y a le contexte local qui joue. La population serbe du nord a été très choquée de voir les Serbes des enclaves (du sud) participer aux institutions du Kosovo et d’avoir accepté la décentralisation. Ils se sont sentis trahis. Pas tellement par leurs concitoyens du sud, mais par ce que les responsables politiques leur avaient dit avant. Les élections prochaines seront importantes pour le climat futur. Il faudra voir de quel côté le Nord bascule. Est-ce du côté du DSS (nationaliste) ou du DS (pro-européen) ? Ce qu’on espère c’est une participation à Eulex. On ne parle pas encore de participation politique (aux instances du Kosovo). Mais il y a des signes…


… quels signes voyez-vous ?

Le transfert de la garde des institutions historiques en est un, par exemple. La police du Kosovo a pris en charge le site historique de Kosovo polje (NB : « champs des merles » lieu de la bataille historique de 1389 qui vit les Serbes défaits par l’empire ottoman, autrefois gardé par les éléments de la KFOR). C’est un grand défi. Ce site est très symbolique pour les Serbes. C’est une force mixte. L’étape suivante sera les sites religieux. Ce qui ne sera pas évident ; les autorités religieuses freinent des quatre fers. La KFOR ne peut pas rester éternellement. C’est le NAC (le Conseil Nord Atlantique) qui va donner en dernier recours l’autorisation. C’est un processus très lent. Mais on doit avancer. Il y a un principe de normalisation.


Comment se passe la coopération avec Belgrade ? Sent-on une évolution positive ? 

Oui, on sent une évolution. J’étais récemment à Belgrade pour rencontrer les ministres du Kosovo et de la justice il y a un mois. Je suis assez satisfait. Il faut dire que tous les Européens qui se sont succédés à Belgrade — Me Ashton et plusieurs Ministres (comme Kouchner), des ambassadeurs — ont beaucoup appuyé dans ce sens, disant aux Serbes qu’il devait démontrer volonté de coopérer avec Eulex. Nous avons convenu de tenir des réunions techniques plus importantes et plus régulièrement. Cela n'évolue sans doute pas aussi vite que l’on voudrait. Mais cela avance.


Cette évolue est positive pour votre travail au nord... ?

...C’est important pour la partie nord du Kosovo sûrement, mais pas seulement. A terme, la clé du Kosovo est en partie à Belgrade, tout le monde le reconnaît, Personne ne doute de l’indépendance du Kosovo. Elle paraît inéluctable. Maintenant se pose l’apaisement relations Belgrade/Pristina et des modalités. On aura l’arrêt de la Cour internationale de justice à l’automne…


…L'arrêt de la CIJ va-t-il changer quelque chose ?

Je ne suis pas vraiment sûr que cela résolve grand chose. Au contraire. Il faudra trouver les moyens de pacifier, des solutions pour que les interlocuteurs se parlent de nouveau. Cela prendra du temps. Et cela sera sans doute difficile, complexe. Mais je ne vois pas d’autre solution. Ça commence à être (envisagé) par Belgrade. Il faut trouver une porte de sortie.

 

Le fait que la mission européenne se nomme « État de droit » ne signifie-t-il pas une reconnaissance d’une certaine façon de l’indépendance par l’UE ?

Non. Nous restons neutres politiquement. Mais il faut bien voir que, quel que soit le statut, il faut améliorer les fonctions de police, de justice, de douanes dans la région, de façon pragmatique et quotidienne. Les problèmes politiques se régleront, ou non. Mais, dans tous les cas, la base sera d’avoir un « Etat de droit » qui fonctionne.


Quel est votre rôle auprès des autorités du Kosovo ?

Les forces Eulex sont là en appui, en conseil, en observation ; nous ne sommes pas là pour remplacer. On met en responsabilité. On ne fait pas, on soutient. Le rapport annuel sur le Kosovo (NB : le « progress report » rédigé par la Commission européenne chaque année) est très important. Car il permet de voir les points à améliorer. Et ce qui est beaucoup plus important, ce sont aussi des « benchmarks » sur la route de l'Union européenne. EULEX participe à cette rédaction.


Le Kosovo peut-il être dans l’Union européenne rapidement, selon vous ?

Rapidement ? Non tout de même. Il faut une image réaliste. Il est sur le chemin. La route sera encore longue. Mais le train est parti.

 

Pas de problème important de sécurité,
la collaboration UE-OTAN se passe bien


L’UE peut-elle ou doit-elle remplacer la KOFR ?

Je sais que cette idée tourne dans certains milieux. Mais il n’y a pas de commencement de réalisation. Il n’y a vraiment non plus de nécessité de remplacer l’OTAN par l’UE. Car la coopération se déroule bien. L’OTAN doit terminer la mission : passer à une présence seulement dissuasive.


Comment se déroule cette coopération avec l’OTAN ?

Nous avons trouvé des moyens pragmatiques de travailler ensemble. Nous avons un dispositif bien rodé de réponse graduée: en cas d’incident, en premier lieu, intervient la police du Kosovo ; ensuite, ce sont les forces de police d'EULEX, et en troisième lieu si c’est plus grave, la KFOR. Nous avons aussi un dispositif de « Bluebox / Greenbox », avec la police qui agit et la KFOR qui apporte un soutien en fermant une zone. On a ainsi des coopérations entre police et armée, comme il en existe dans les pays en cas de situation exceptionnelle.


A-t-on eu besoin d’aller plus loin ?

Non. Pour l’instant on n’a jamais eu besoin de passer à la phase "3".


On se rappelle que c’était un des grands points d’interrogation avant le déploiement de la mission et la déclaration d’indépendance : comment qualifiez-vous la situation d’un point de vue sécuritaire ?

La situation est plutôt plus calme. C’était le défi le plus important : être là, déployé, sans incident majeur ni déstabilisation. C’est réalisé. Maintenant il faut rester prudent : on reste dans les Balkans. On n’est jamais à l’abri d’une explosion soudaine. Il y a des manifestations qui s’expriment et ne sont pas contents. Mais c’est davantage au plan social, économique. Certains demandent le départ d’EULEX comme de la KFOR. Mais c’est un sentiment qui reste très minoritaire.

Quant à la sécurité quotidienne, c’est un point dont on parle peu. Car tout simplement... Pristina est plus sûr que n’importe quelle ville européenne, mis à part quelques vols de sacs.

  

Eulex devrait être renouvelé pour deux ans 


KermaboncNGV-1993.JPGLe mandat d’EULEX se termine le 15 juin, sera-t-il renouvelé?

Oui. Je pense que la mission va être renouvelée pour 2 ans.


La mission n’est donc pas terminée ?

Non Cette mission durera encore un certain temps. Je ne veux pas dire quand. Le plus tôt sera le mieux. Cela voudrait dire qu’il sera capable d’assumer les responsabilités d’État de droit.


Si vous étiez un Deus ex-machina, de quoi auriez-vous besoin ?

On n’a besoin de rien en plus. La coopération est bonne avec les institutions du Kosovo. Au nord, c’est plus lent et plus difficile. Il faut avoir une démarche différente. Ce que je souhaite, c’est qu’on réussisse à avoir une plus grande unité, une plus grande coordination entre les organisations internationales présentes sur place. Si avec l’UNMIK, les débuts ont été difficiles, cela se passe bien aujourd'hui. Mais il y a aussi les actions bilatérales des Etats, des ONGs. Toutes les actions sont, bien entendu, bienvenues. Mais c’est difficile à coordonner.


Une nouvelle génération pousse

L’avenir du Kosovo ? 

On aimerait avancer sans doute plus vite. Mais je ne suis pas sûr que cela soit possible. Car seul le temps permet d’avancer. Une nouvelle génération pousse qui n’a pas connu de la guerre et n’a pas connu autre chose que le Kosovo. On le voit dans les écoles. Dans dix ans, elle sera en âge adulte. C’est cela qu’il faut préparer.

(entretien exclusif réalisé le 29 mars 2010 - en vis-à-vis)

(1)  Lire  aussi le premier entretien au lancement de la mission, février 2008 :  Yves de Kermabon: mon idée maitresse, rétablir la confiance

 

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28 avril 2010 3 28 /04 /avril /2010 20:03

AvionGardeCoteSuedois.jpgLes Seychelles deviennent, plus que jamais, un point incontournable de la lutte anti-pirates au niveau aérien. L'ambition du ministre des transports seychellois, Joel Morgan, de faire un "hub" (1) est aujourd'hui en quelque sorte réalisé.

En ce moment, d'après les informations que je possède, de bonne source, il y aurait 5 à 6 avions de patrouille ou surveillance maritime d'EUNAVFOR Atalanta, basés dans les Seychelles : les deux avions Luxembourgeois (+ 1 de réserve), l'avion suédois des gardes-côtes Dash 8, le P3 Orion portugais (prévu pour Djibouti, il a finalement été placé aux Seychelles, pas de place sur le parking), et un Falcon 50 français (qui va y "résider" pour quelques semaines). Chacun de ses avions a une utilité et peut parcourir tout le bassin sud somalien. Dans un plus court rayon interviennent les Merlin III luxembourgeois ; au-delà les autres avions qui peuvent atteindre jusqu'aux côtes kenyanes ou tanzaniennes (jusqu'à la limite du 11° Sud fixée comme limite d'opération pour Atalanta).

Le Dash 8 suédois ont, particulièrement, été remarqués par les spécialistes. « C'est assez ingénieux ce qu'ont fait les Suédois. Ils ont pris un avion civil de base puis ont installé à l'intérieur toute une série de dispositifs électroniques et de communication, venant de l'industriel national Ericson, mais aussi de fabricants israéliens. » Ce qui explique aussi que certaines photos du Dash 8 (Blue bird), diffusées par les sources officielles, ont été masquées ou floutées.


Les autres moyens : Drones, Patmar, Hélicoptères, Awacs... Utiles ?

Les drones US ne seraient plus actifs dans l'ile. L'objectif des drones US n'était peut-être pas seulement de repérer les pirates... Mais leur utilité d'observation a été remarquée. « Le gros avantage est leur durée en vol. Et aussi leur souplesse d'engagement (les règles de sécurité sont évidemment moins strictes que pour des avions et hélicoptères qui embarquent des personnels). En revanche, ils n'ont pas de possibilité d'intervention. En cela, le couple avion de patrouille maritime (PatMar pour les intimes) - hélicoptère reste un instrument inégalé. On peut aller assez loin, fixer un objectif, et guider sur celui-ci un hélicoptère qui peut intervenir et déjouer directement l'attaque. En général, au bruit de l'hélicoptère et au premier tir de sommation, les pirates décampent ». Les Espagnols pourraient à leur tour déployer des drones selon des informations parues dans la presse. Et les Américains disposent toujours de drones embarqués à bord des navires.

Le couple Patmar-Hélicoptère est ainsi un des vecteurs de l'opération EUNAVFOR-Atalanta les plus efficaces et les plus innovants. Les Européens sont, en fait, les seuls à avoir toute cette panoplie. Les Américains et Australiens de la CTF-151 disposent d'un nombre d'avions P3 Orion conséquents mais ne les utilisent que peu contre la piraterie. Quant à l'OTAN, elle n'a pas d'avions. Enfin, pas encore, elle devrait en être dotée prochainement. 

Quant aux Awacs, l'expérience française n'a pour l'instant pas été renouvelée et ne semble pas prêt de l'être. L'OTAN souhaiterait pouvoir les déployer. Mais ce déploiement se heurte à une question financière - comme pour l'Afghanistan d'ailleurs. Qui paiera ? Les Allemands ne sont pas chauds (outre les difficultés législatives d'accord du Bundestag...), les Français non plus. L'intérêt de l'Awacs dans la lutte anti-pirates n'est d'ailleurs pas vraiment prouvé, selon les marins d'Atalanta. « Il ne permet pas de distinguer des petits skiffs nombreux dans l'Océan indien (...) et, surtout de les qualifier de suspects, comme peut le faire un PatMar qui peut repérer, sur photo, échelles et autres attirail de piraterie ». Son intérêt se situe plutôt ailleurs : dans le repérage de plus gros navires (employés par les trafiquants en tous genres, d'armes, narcotrafiquants...).

(1) Avec trois drones US, un "hub" anti-piraterie aux Seychelles

(2) Il est vrai que ce sont des marins et non des aviateurs . Mais coté aviateurs, je n'ai trouvé encore personne pour vraiment les contredire.

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27 avril 2010 2 27 /04 /avril /2010 20:39

LogoUn.gifDans la résolution 1918, présentée par la Fédération de Russie et adoptée à l’unanimité de ses 15 membres, le Conseil de Sécurité de l'ONU « engage tous les États, y compris ceux de la région, à ériger la piraterie en infraction pénale dans leur droit interne et à envisager favorablement de poursuivre les personnes soupçonnées de piraterie qui ont été appréhendées au large des côtes somaliennes et d’incarcérer celles qui ont été reconnues coupables, dans le respect du droit international et des droits de l’homme ».

Texte du projet de résolution S/2010/206

Le Conseil de sécurité,

Rappelant ses résolutions concernant la situation en Somalie, en particulier les résolutions 1814 (2008), 1816 (2008), 1838 (2008), 1844 (2008), 1846 (2008), 1851 (2008) et 1897 (2009),

Restant profondément préoccupé par la menace que les actes de piraterie et les vols à main armée commis en mer contre des navires font peser sur la situation en Somalie et dans d’autres États de la région, ainsi que sur la navigation internationale et la sécurité des routes maritimes commerciales,

Réaffirmant que le droit international, tel qu’il est codifié dans la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer du 10 décembre 1982 (« la Convention »), en particulier en ses articles 100, 101 et 105, définit le cadre juridique de la lutte contre la piraterie et les vols à main armée en mer, ainsi que les autres activités maritimes,

Réaffirmant également que les autorisations reconduites dans la résolution 1897 (2009) s’appliquent à la seule situation en Somalie et n’affectent pas les droits, obligations ou responsabilités dérivant pour les États Membres du droit international, notamment les droits ou obligations résultant de la Convention, pour ce qui est de toute autre situation, et soulignant en particulier que la résolution précitée ne peut être regardée comme établissant un droit international coutumier,

Soulignant qu’il importe de s’attaquer aux problèmes posés par le fait que les systèmes judiciaires de la Somalie et des autres États de la région n’ont pas les moyens de poursuivre comme il se doit les personnes soupçonnées de piraterie,

Prenant note avec satisfaction de l’assistance fournie par l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC) et d’autres organismes internationaux et donateurs, agissant en coordination avec le Groupe de contact pour la lutte contre la piraterie au large des côtes somaliennes (« le Groupe de contact »), afin de renforcer les moyens dont disposent les systèmes judiciaires et pénitentiaires de la Somalie, du Kenya, des Seychelles et d’autres États de la région pour poursuivre les personnes soupçonnées de piraterie et incarcérer celles qui ont été condamnées, dans le respect du droit international des droits de l’homme,

Se félicitant de l’action menée par l’opération Atalante de l’Union européenne, les opérations « Protecteur allié » et « Bouclier océanique » de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord, la Force multinationale 151 des Forces maritimes combinées, et divers États agissant individuellement en coopération avec le Gouvernement fédéral de transition et avec d’autres États, pour réprimer la piraterie et les vols à main armée au large des côtes somaliennes et notamment pour traduire en justice les personnes soupçonnées de piraterie,

Saluant les efforts déployés par la République du Kenya pour faire juger les personnes soupçonnées de piraterie par ses tribunaux et incarcérer celles qui ont été condamnées, et l’encourageant à continuer sur cette voie, tout en mesurant les difficultés auxquelles elle se heurte pour ce faire,

Saluant également les efforts faits à ce jour par d’autres États pour faire juger les personnes soupçonnées de piraterie par leurs tribunaux,

Prenant acte de la décision des Seychelles d’engager des poursuites contre les personnes soupçonnées de piraterie et se félicitant en particulier de leur décision du 6 février 2010, aux termes de laquelle elles envisagent d’accueillir un centre régional de poursuites,

Saluant la décision du Groupe de contact de créer un fonds international d’affectation spéciale pour appuyer ses initiatives, qui sera administré par l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime en vue de prendre en charge le coût des poursuites judiciaires contre les personnes soupçonnées de piraterie et de soutenir d’autres formes de lutte contre la piraterie, félicitant les États participants qui ont contribué à ce fonds et encourageant les autres donateurs potentiels à y verser des contributions,

Se félicitant que le Groupe de contact ait adopté le rapport sur l’évaluation des besoins de la région en termes de capacités et exhortant les États et les organisations internationales à faire tout leur possible pour que les recommandations qui y figurent soient rapidement suivies d’effet,

Félicitant les États qui ont révisé leur droit interne pour ériger la piraterie en infraction et permettre à leurs tribunaux de juger les personnes soupçonnées de piraterie, dans le respect du droit international, notamment des droits de l’homme, et soulignant qu’il faut que les États poursuivent leurs efforts dans ce sens,

Notant en même temps avec préoccupation que le droit interne de certains États n’érige pas la piraterie en infraction ou ne contient pas les dispositions de procédure nécessaires pour engager efficacement des poursuites pénales contre les personnes soupçonnées de piraterie,

Appréciant les efforts déployés par le Groupe de contact pour étudier les moyens de poursuivre plus efficacement en justice les personnes soupçonnées d’avoir commis des actes de piraterie et des vols à main armée au large des côtes somaliennes,

Soulignant que la paix et la stabilité en Somalie, le renforcement des institutions de l’État, le développement économique et social et le respect des droits de l’homme et de l’état de droit sont nécessaires pour créer les conditions d’une éradication durable de la piraterie et des vols à main armée au large des côtes somaliennes, et soulignant également que la sécurité à long terme de la Somalie repose sur la mise en place effective, par le Gouvernement fédéral de transition, des forces de sécurité nationales et de la police somalienne, dans le cadre de l’Accord de Djibouti et d’une stratégie nationale pour la sécurité,

Constatant avec préoccupation que des personnes soupçonnées de piraterie sont libérées sans avoir été jugées et se déclarant résolu à faire en sorte que les pirates aient à répondre de leurs actes,

Affirme que le fait de ne pas traduire en justice les personnes responsables d’actes de piraterie et de vols à main armée commis au large des côtes somaliennes nuit à l’action menée par la communauté internationale contre la piraterie;

Engage tous les États, y compris les États de la région, à ériger la piraterie en infraction pénale dans leur droit interne et à envisager favorablement de poursuivre les personnes soupçonnées de piraterie qui ont été appréhendées au large des côtes somaliennes et d’incarcérer celles qui ont été reconnues coupables, dans le respect du droit international des droits de l’homme;

Se félicite à cet égard des progrès accomplis dans l’application du Code de conduite de Djibouti de l’Organisation maritime internationale et demande aux États qui y ont souscrit de l’appliquer dès que possible dans son intégralité;

Prie le Secrétaire général de lui présenter, dans un délai de trois mois, un rapport sur les différentes solutions possibles pour parvenir à poursuivre et incarcérer les personnes responsables d’actes de piraterie et de vols à main armée commis au large des côtes somaliennes, y compris en particulier sur des solutions tendant à créer dans les juridictions nationales des chambres spéciales, éventuellement dotées d’éléments internationaux, ou à créer un tribunal régional ou encore à créer un tribunal international, et sur les arrangements correspondants en matière pénitentiaire, en tenant compte des travaux du Groupe de contact, des précédents en matière de création de tribunaux internationaux et de tribunaux mixtes, et du temps et des moyens nécessaires pour obtenir des résultats concrets et durables;

Décide de rester saisi de la question.

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27 avril 2010 2 27 /04 /avril /2010 16:21

La mission européenne de surveillance aux frontières à Rafah (entre Israël et le territoire palestinien de Gaza a lancé un recrutement limité à quelques postes. Précisons que cette mission fonctionne actuellement au ralenti, en attendant son redéploiement.

En personnel contractuel ou détaché :

- Senior Logistics, Transport & Operations Expert
- Senior CIS

Date limite : le plus rapidement possible

En personnel détaché :

- Political Advisor/Legal Adviser
- Chief Operations/Deputy Head of Mission
- Border Police Expert
- Custom Expert
- Security Monitor Officer
- Press and Public Information Officer (PPIO)
- Senior Mission Security Officer (SMSO)

Date limite : entre le 25 mai et le 15 août.

Télécharger la liste des postes

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logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.