Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
25 mars 2010 4 25 /03 /mars /2010 12:00
Le phénomène proprement inquiétant, comme l'a écrit une de mes confrères géorgiennes, Tamar Kickacheishvili. Des cours de patriotisme militaire vont être donnés dans les écoles publiques de Géorgie aux enfants, à tous les niveaux.

En voici quelques extraits (en anglais, une fois n'est pas coutume).
  • Presidential spokeswoman Manana Manjgaladze said military-patriotic education, part of a package of proposals by Saakashvili and Education Minister Dimitry Shashkin, would include training in civil defense and cultivating a martial spirit, “which historically was always in the nature of the Georgian people.” The ministry is still working on the curriculum for the course. Natia Jokhadze, director of the National Curriculum and Assessment Center, said the new curriculum will be ready by the fall and classes will start in the upcoming school year. She said military patriotism classes will be taught at every grade level and they will include civic participation, civil defense, and emergency situations.
  • (...) In the Soviet era students were given military lessons, and some countries in the Commonwealth of Independent States still have the subject in their curricula. The textbook for those classes typically included praise for the Communist Party and its ideology. Aladashvili said it would be key that the new classes should not be used to indoctrinate students. “I think politics should not have any place in this modern military patriotism course. It should just be about patriotic souls.”
Ce projet mené par le président Saakashvili, un an et demi après la guerre qui a opposé la Géorgie et la Russie sonne effectivement comme un retour aux bonnes vieilles habitudes soviétiques. Il montre également que le faux journal de la télévision Imedi TV montrant une nouvelle invasion russe reflète une volonté du pouvoir géorgien d'instiller un contexte de tension et de peur dans la population. Comportement jugé irresponsable par l'Union européenne.

Repost 0
Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Asie centrale-Géorgie-Russie
commenter cet article
24 mars 2010 3 24 /03 /mars /2010 22:29
Le calendrier se confirme pour la dénonciation du Traité de l'UEO (Union pour l'Europe Occidentale) et de son Assemblée qui ont été aux prémices de l'Europe de la défense (même si l'efficacité n'a pas toujours été au rendez-vous). Ainsi si coté belge, aucune décision n'est encore prise, le Kern (conseil des ministres resteints regroupant les ténors de la coalition) se réunit, vendredi, avec cette question à son ordre du jour. Et, coté britannique, la décision pourrait être prise aussi vendredi ou, au plus tard, la semaine prochaine, m'a-t-on confirmé. L'argument financier a semble-t-il joué aussi coté britannique. « Comment continuer à dépenser 2,3 millions d'euros par an pour une institution qui doublonne avec une autre » m'a expliqué un diplomate.

Il restera, ensuite, de nombreuses questions à régler.

D'une part, des questions de gestion : Comment transférer ou liquider l'acquis de l'UEO, les locaux de l'assemblée notamment (qui sont à Paris) ? Quid du budget (les Etats voudraient bien voir supprimer sans discussion) ? Que faire du personnel ensuite (reclassement à l'UE, dans les Etats, préretraite...). Une partie du personnel n'est, en effet, plus tout jeune.

D'autre part, se posent des questions plus politiques, en particulier : comment associer concrètement les parlementaires nationaux aux travaux du Parlement. C'est l'application du protocole du Traité de Lisbonne. Mais, comme toujours, le diable se niche dans le détail : où se réunira-t-on ? Qui présidera la réunion ? A quel rythme ? Autant de questions qui restent à trancher. Mais l'apport des députés nationaux - en matière de défense - est très précieux, non seulement car cela reste une compétence nationale. Mais parce que, bien souvent, ce sont de vrais spécialistes des questions de défense. Et au Parlement européen, cette spécialité est totalement négligée.

Il y a donc du pain sur la planche. Et il n'y aura pas assez d'un an pour se consacrer à régler toutes ces questions matérielles comme politiques.

Le Parlement européen doit prendre les questions de défense plus au sérieux

L'apport des députés nationaux : essentiel. Mises à part quelques interventions triées sur le volet et les bonnes volontés, les prises de parole au Parlement européen tiennent, en effet, plus du café du commerce ou de la revue de presse que de la connaissance des dossiers. J'ai pu le constater à plusieurs reprises. Et ce constat ne semble pas isolé. Un jeune parlementaire, spécialiste des questions de défense, me l'a confirmé : « Les interventions de mes collègues ne sont pas toujours à la hauteur des enjeux » m'a-t-il confié. Quant au rôle du Parlement européen en matière de sécurité et de défense, il reste aujourd'hui très limité par rapport à la pratique de nombreux pays (Allemagne, Pays-Bas, Royaume-Uni, Suède, notamment) et par rapport à l'évolution qu'a prise la PeSDC. IL tient bien entendu aux traités lui-même qui limitent le rôle des députés. Mais pas seulement. Il y a une certaine frilosité, ou une certaine atonie par rapport à certaines questions. Ce déficit démocratique est particulièrement criant en matière d'industrie de défense  — les exemples récents de l'A400M, du marché des ravitailleurs US, des problèmes financiers ou techniques d'équipements en témoignent — et, encore plus, en matière d'opération.
L'importance de l'engagement européen en Afghanistan (EUPOL, IFAS) ou en Somalie (EUNAVFOR Atalanta, EUTM) mériterait un suivi parlementaire plus étroit. L'exemple du transfert des suspects de piraterie est patent.

L'exemple des accords de transfert de pirates. Alors que le Parlement européen s'est positionné en défenseur des libertés publiques à plusieurs reprises (transfert de données "passagers" aux USA, contrats Swift, ...), les accords de transfert des pirates suspects dans l'Océan indien ont été conclus sans contrôle parlementaire. C'est mieux pour l'efficacité. C'est dommage pour la démocratie. Peut-être y aurait-il intérêt à chercher une formule permettant de combiner les deux (rapidité et transparence) ? Pourquoi ne pas rechercher un mode similaire à ce qu'a fait la Cour de justice européenne, instaurant pour les questions de libertés publiques cruciales une procédure "rapide" permettant d'obtenir un jugement en quelques semaines. On pourrait ainsi concevoir que le Parlement européen donne un avis, dans un délai identique, sur un document assez simple a priori qu'est un accord de transfert de pirates. Certes le Parlement n'a normalement pas l'opportunité de se prononcer sur les accords internationaux passés en matière de sécurité et de défense. Mais, sauf erreur de ma part, le transfert de personnes accusées d'un délit répréhensible au plan judiciaire, ne ressort pas des questions de sécurité et de défense mais des questions de liberté publique...
Repost 0
Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Défense UE (droit doctrine politique)
commenter cet article
24 mars 2010 3 24 /03 /mars /2010 09:00
UsackasAfgh-1974a_2.jpgFruit d'un gentleman agreement entre Cathy Ashton, la diplomate en chef de l'UE, et les parlementaires, le nouveau Représentant spécial de l'UE pour l'Afghanistan, le Lituanien Usackas (1), a été auditionné en fin d'après-midi par la commission des Affaires étrangères du Parlement européen. Mais à huis-clos.... « C'était une condition mise par l'équipe Ashton » m'a expliqué un parlementaire. Dommage pour la transparence. Cela aurait pu être intéressant d'assister à cette audition. Heureusement, les murs du Parlement sont friables...

Les Etats doivent envoyer des policiers. Usackas a fait un exposé assez classique. « L'UE devrait se concentrer sur l'Etat de droit, la douvernance et le développement. » a-t-il expliqué. Il a confirmé que la mission de police de l'UE n'a toujours pas atteint l'effectif de 400 personnes qui avait été fixé... il y a bientot 1 an. « Nous en sommes à environ 300 maintenant » a-t-il reconnu (2), ajoutant avoir «demandé au Conseil d'envoyer davantage de policiers pour EUPOL ».

La victoire.
Usackas a dit « espérer que la contre-insurrection marquerait le pas ». Mais « gagner  Marjah ou Kandahar ne devrait pas résoudre la question de garantir la durabilité de l'Afghanistan à long terme.» « Il y a un besoin de moyens d'existence alternatifs mais le but n'est pas d'éradiquer les moyens d'existence ». « Le processus de réconciliation (en cours) doit s'assurer de la volonté des tablians de respecter la Constitution afghane » a-t-il précisé.

CIA : pas au courant. Bien entendu, Usackas a été interrogé (à plusieurs reprises) sur les vols et les centres de détention de la CIA dans son pays quand il était ministre des Affaires étrangères (fait qui a causé la dissension et provoqué, en partie, sa démission de son poste). Je ne suis pas au courant - a-t-il répondu en substance - et personne au ministère lituanien des Affaires étrangères ne l'était...

(1)
Nomination du Lituanien Usackas en Afghanistan confirmée. 
(2) Un peu moins si j'en crois les derniers éléments en provenance de Kaboul. Un nouvel appel à recrutement a été lancé en février. 


(crédit photo : ©NGV - Usackas à son arrivée à l'audition)
Repost 0
Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Orient - Afghanistan-Pakistan
commenter cet article
23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 23:39

La frégate espagnole Navarra (qui fait partie de la force européenne anti-pirates EUNAVFOR Atalanta) a intercepté au large de la Somalie un baleinier (bateau-mère) ainsi que deux skiffs.

Très forts soupçons. Ces bateaux sont fortement soupçonnés d'avoir participé à l'attaque du MV Almezaan. Ce cargo des Emirats Arabes Unis, battant pavillon panaméen, qui allait vers Mogadiscio, avait été attaqué ce matin, pas loin des côtes somaliennes d'Harardere (à 60 miles environ selon le QG d'Atalanta). Il avait pu s'échapper, notamment grâce à la riposte des gardes privés à bord qui avaient ouvert le feu sur l'agresseur, et avait lancé un appel de détresse.

Un mort. Dans les bateaux suspects, les militaires ont retrouvé « un cadavre qui portait des traces d'armes légères, ainsi que des armes et munitions de différents calibres. Les skiffs étaient marqués de nombreux impacts de balles et d'obus » selon un officier espagnol. Les 6 autres personnes en vie, pirates présumés, on été appréhendés et ramenés à bord de la frégate. « Ils sont en attente d'identification par le personnel du navire marchand attaqué » qui a été prié de rester à proximité.

6 arrestations. Les 6 suspects pourraient, le cas échéant, être remis au Kenya ou aux Seychelles, deux pays qui ont signé des accords avec l'UE, estime-t-on à Madrid (la seconde hypothèse est très peu probable selon moi). En attendant, le baleinier a été coulé. Et les autorités somaliennes ont été contactées pour prendre en charge le corps du suspect (qui se trouve également rapatrié sur la frégate).

Enquête. Une enquête est en cours pour déterminer les faits et les responsabilités. Selon le droit international, les forces privées n'ont pas de "droit" en tant que tel d'intervenir face aux pirates et obéissent, alors, aux règles pénales classiques (légitime défense à prouver). C'est tout le problème de gardes privées à bord des navires marchands...

Repost 0
Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Piraterie Golfe d'Aden - Océan Indien
commenter cet article
23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 23:30
Avant de remonter vers la mer rouge et le Danemark, la frégate danoise Absalon (force de l'OTAN) a mené, début mars, le long des côtes somaliennes, une mission de repérage. Cette mission vaut le coup d'être détaillée. Car elle est symptomatique de la volonté des forces multinationales anti-pirates de ne plus rester en position de réaction face à une attaque mais d'aller au devant des pirates, de perturber leur bases arrières. Une volonté manifeste également pour la force européenne EUNAVFOR Atalanta qui va voir son mandat élargi (1).
CampPiraterieAbsalon-.jpgLe camp pirates photographié par hélicoptère (Crédit photo : ministère danois de la défense)

« Nous avons pu repéré un des plus grands camps pirates sur la côte Est (près d'Hobyo) » a expliqué le commandant de l'Absalon, Dan Termansen. « Il y avait environ 125 hommes armés ». Sur les photos prises par l'hélicoptère, on remarque, en effet, de nombreux skifs, des bateaux plus grands (les bateaux-mères), des bidons d'essence, des moteurs hors bord ainsi que plusieurs véhicules 4x4 qui assurent la liaison avec les villages aux alentours, le ravitaillement et l'acheminement des hommes. Ce n'est pas un port en soi. Mais plutôt une zone de repos. L'arrivée du navire de guerre a un peu perturbé la vie sur la plage. Les pirates ont démonté le camp et sont partis ailleurs.

Durant l'opération, les Danois ont mis la main sur trois bateaux-mère. Pour éviter toute tentative d'assistance de la part de leurs collègues restés sur la plage, les bateaux ont été amenés à 12 miles des côtes puis détruits au canon. Les suspects ont été libérés. « Ils n'avaient rien fait d'illégal à ce moment » a expliqué Dan Termasen. « Les empreintes digitales des suspects ont cependant été pris. Et tout leur équipement (GSM...) saisi ».

(1) Lire : Atalanta va recevoir le mandat de surveiller les côtes somaliennes

 

Repost 0
Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Piraterie Golfe d'Aden - Océan Indien
commenter cet article
23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 10:14
La volonté affichée par le Parlement européen de mettre fin au Traité de Bruxelles et à l'activité de l'assemblée de l'UEO (1) — et l'initiative de son raporteur et président de la sous-commission défense, Arnaud Danjean, qui n'a jamais caché ses sentiments (2), semblent être pleinement partagées au plan diplomatique. « Tous les signataires du Traité (3) sont d'accord sur ce point » explique un diplomate. « Avec la mise en place du Traité de Lisbonne, il y a désormais tous les instruments (la clause de solidarité, la possibilité d'associer les parlements nationaux...) au sein de l'UEO et il devient inutile de maintenir une structure qui ne réunit pas tous les Etats membres de l'UE ».

La hâte... britannique.
« Nous n'en avons pas parlé lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères » a expliqué, comme à regret, Bernard Kouchner. La France souhaitait, en effet, une retraite en bon ordre, réfléchie, concertée. Seulement ce beau plan est bousculé par un problème de calendrier : le gouvernement britannique (travailliste) entre en affaires courantes rapidement (avant les élections législatives). Et il ne pourra donc plus prendre d'iniatives majeures. Si dénonciation, il y a, coté britannique, elle doit être faite très rapidement, dans les jours qui viennent.

La règle. Selon le Traité de Bruxelles, la dénonciation peut être effectuée 50 ans après la signature du Traité (celui de Bruxelles a été signé en 1948, modifié par les accords de Paris en 1954). Elle doit être portée à la connaissance du gouvernement belge, dépositaire du Traité. Et il s'écoule encore un an avant qu'elle ne devienne effective. Il faudra encore régler une série de questions comme le sort du personnel ou la dévolution des biens appartenant à l'organisation.


Fin d'un processus ? Ce serait ainsi la fin d'un processus entamé avec le Traité de Maastricht qui avait l'UE se doter d'un embryon de politique étrangère et de sécurité, puis du Traité d'Amsterdam qui avait vu l'Union européenne se doter plus spécifiquement d'une politique européenne de sécurité de défense et concrétisée avec le Traité de Nice. Une partie des structures et concepts de l'UEO, basculent alors vers l'UE : les missions de Petersberg (reprises dans le Traité d'Amsterdam), l'Etat-Major, le Comité militaire (en 2000), le centre satellitaire de Torrejon ou l'Institut des études de sécurité (en 2003). Mais ce n'est pas non plus la première fois que l'on parle de clore l'UEO.
Ironie du sort, c'est l'Etat sans doute le moins disposé à clore le chapitre de l'UEO qui en est aujourd'hui le premier fossoyeur.

(1) Le Parlement européen veut la fin de l'UEO
(2) Faut-il supprimer l'UEO
(3)
Sont membres du Traité : l'Allemagne, la Belgique, l'Espagne, la France, la Grèce, l'Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas, le Portugal et le Royaume-Uni
Repost 0
Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Défense UE (droit doctrine politique)
commenter cet article
22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 18:45
Les eurodéputés allemand Brok (PPE) et belge Verhofstadt (ALDE) ont bâti une contre-proposition pour le service européen d'action extérieur avec un organigramme. Le voici...
SeaeOrganBrokVerhofstadt-.jpgNB : La lisibilité n'étant pas parfaite, vous pouvez aussi le télécharger en fichier pdf
Repost 0
22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 10:00
EquipeCoordinCE@E1001Il y a des phrases qui paraissent bien anodines dans certaines conclusions d'un Conseil des Ministres ou d'un Conseil. Et pourtant... on ne sait pas toujours quelles batailles dures, se cachent derrière l'absence ou la présence de quelques mots. Il en sera ainsi pour les conclusions adoptées par les Ministres des Affaires étrangères concernant la position européenne pour la conférence internationale de New-York sur Haïti.

Le paragraphe de la discorde. Dans le projet de conclusions, s'est niché un § (le dernier) où les Européens saluent « l'intention de la Haute représentante et de la Commission de revoir la capacité de réponse de crise de l'UE » au vu des évaluations et des lessons learns suite au tremblement de terre en Haïti, et lui « demandant de faire rapport au Conseil européen ». Rien de très révolutionnaire... On pourrait même croire ce sujet "consensuel". Et non ! Les Etats membres ont bataillé pendant plusieurs réunions entre eux : les uns pour le faire disparaitre, les autres pour le faire resurgir. Et ils batailleront encore ce lundi. Car si le texte a globalement été avalisé en Coreper (la réunion des représentants permanents des Etats membres à Bruxelles), les 27 ambassadeurs n'ont pu se mettre d'accord sur ce "foutu" paragraphe. Et le sujet se retrouve aujourd'hui sur la table des ministres des Affaires étrangères. (MAJ) Finalement, les 27 ont avalisé un texte, a minima : le rapport ne sera fait qu'au Conseil et non au Conseil européen. Ce qui est un niveau au-dessous en matière d'implication politique.
Pour Télécharger le texte des conclusions.

Les 27 toujours divisés sur la nécessité de renforcer la coopération en matière de sécurité civile

Les vieilles divisions ressurgissent. Passée l'émotion de la crise, les pays ont, en effet, retrouvé leurs vieilles divisions sur la question de la protection civile. Certains veulent aller très loin : la Grèce, notamment, qui estime nécessaire que l'UE se dote d'une capacité de réaction aux crises tant externe (hors UE) qu'interne (pour les Etats membres de l'UE). Le Bénélux, l'Espagne, la France, l'Italie militent en faveur de cette capacité, mais dans un sens plus modéré. Mais plusieurs pays s'y refusent obstinément pour des raisons différentes : les Britanniques (par principe), les Nordiques (pas de confusion des genres militaire/humanitaire), les Allemands (un Euro est un Deutsch Mark) . Pour plusieurs d'entre eux mêler l'intervention dans l'UE et hors de l'UE est une "ligne rouge", précise un diplomate.

La crise moment idéal. La catastrophe en Haïti aurait été une bonne occasion pour déboucher un sujet bloqué depuis des années. Le Traité de Lisbonne donnait une solide base juridique qui n'existait pas auparavant. Il n'en rien été. La faute à "pas de chance" pourraient dire certains (je n'y crois pas, pas en matière diplomatique), à la phase de transition, c'est plus plausible mais pas suffisant. Certes la nouvelle Commission n'était pas encore en place et l'ancienne gérait les affaires courantes.
La Haute représentante balbutiait encore dans son nouveau pré carré. Et, surtout, la commissaire à la "réponse de crises" était perdue dans les méandres parlementaires (1). Mais il y avait un certain nombre de personnalités expérimentées, telles le président de la Commission, José-Manuel Barroso, ou le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, qui étaient à la barre et pouvaient faire avancer le sujet. Il suffisait de quelques mots alors...

Une, plusieurs occasion(s) perdue(s). Il y a eu, au moins, trois occasions qui ont été loupées : par la présidence espagnole qui en avait pourtant fait une priorité (2), par les Ministres des Affaires étrangère (qui se sont réunis à deux reprises, le 18 janvier sur Haïti uniquement, le 25 janvier de façon plus générale) et surtout par les chefs d'Etat et de gouvernement, réunis en sommet informel en février. Le sujet était même à l'ordre du jour (3).
Mais rien n'a débouché ; tous les esprits étaient concentrés sur la Grèce. Et, selon un diplomate, « Van Rompuy n'a pas eu la fermeté de l'imposer ». Il suffisait pourtant d'une petite phrase, d'un petit mot des chefs d'Etat et de gouvernement dans les conclusions pour que les diplomates et administratifs puissent s'en emparer et tracer le chemin futur. A froid, c'est désormais beaucoup plus dur.

(1) Une nouvelle commissaire bulgare (aide humanitaire) est nommée (Maj)
(2) La Protection civile : un thème que la Présidence espagnole
(3) Les 27 s'enferment pour parler, aussi, d'Haïti
Repost 0
Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Secours - Sécurité Civile
commenter cet article
21 mars 2010 7 21 /03 /mars /2010 22:31
Le Conseil des ministres des Affaires étrangères de l'UE va, lundi, confirmer la nomination d'un nouveau représentant spécial de l'UE en Afghanistan. Il s'agit du Lituanien Vygaudas Usackas. Ce nom avait été acquis lors du dernier Conseil qui l'avait préféré notamment à l'actuel détenteur du poste, l'Italien Sequi. Le Lituanien a, en effet, un avantage : avoir la pleine confiance des alliés américains.
UsackasClinton-Otan090309.jpg Usackas en discussion avec Hillary Clinton lors d'une réunion de l'Otan, mars 2009 (crédit : Otan)

Prise de fonction. Le représentant spécial de l'UE (RSUE) va prendre ses fonctions le 1er avril. Son mandat va jusqu'au 31 août 2010, comme les autres représentants spéciaux (1). Mais il pourra être modifié quand entrera en vigueur le Service européen pour l'action extérieure. A terme, il aura ainsi sous ses ordres la délégation de la Commission européenne (dirigée par Hansjörg Kretschmer). Ce qui permettra d'avoir, enfin, la "représentation unique européenne" tant souhaitée dans le passé (2). Ce qui fait qu'il n'y avait plus trois représentants de l'UE comme par le passé mais un. A noter que depuis le 1er janvier, "l'ambassade" de la CE en Afghanistan exerce déjà le rôle de représentant de l'UE. Ce pays faisant partie des premières "ambassades" où l'Espagne, qui assume la présidence tournante de l'UE, a déjà cédé son rôle à l'UE (3).

Rôle de coordination générale. Le RSUE a une fonction primordiale de « coordination politique générale » des instruments de l'Union pour qu'ils soient « utilisés de manière cohérente ». Ses activités doivent ainsi être coordonnées avec celles de la Commission, du RSUE pour l'Asie centrale et avec la représentation de l'UE au Pakistan. Il a aussi un rôle particulier à l'égard de la mission de police de l'UE (EUPOL Afghanistan) pour qui il formule des « orientations politiques ». « Le RSUE et le commandant d'opération civil se concertent, si nécessaire. »

Etre présent et informer. Le représentant spécial a aussi plusieurs rôles : 1) appuyer la position de l'UE dans le processus et l'évolution politiques en Afghanistan ; 2) maintenir donc un contact étroit avec les institutions afghanes (gouvernement, parlement, autorités locales), ainsi 3) qu'avec les acteurs internationaux (particulièrement le représentant spécial de l'ONU et le représentant civil de l'OTAN) ; 4) informer sur les progrès accomplis dans le domaine du plan d'action de l'UE pour l'Afghanistan.
NB : Le RSUE dispose d'un budget pour ces 5 mois de 2,5 millions d'euros.

La sécurité du personnel : primordial. Vu l'environnement de l'Afghanistan, le RSUE a un rôle particulier en matière de sécurité. Il doit ainsi établir un « plan de sécurité spécifique » de la mission, notamment les mesures de sécurité physiques à l'intérieur de la mission et pour les déplacements. le personnel doit être « couvert par une assurance "haut risque" ». Il doit aussi veiller à ce que tous les membres de l'équipe déployés sur le terrain ou à Kaboul aient suivi une « formation appropriée de sécurité, avant ou dès leur arrivée dans la zone de mission ».

Pour lire le projet de décision, télécharger ici

Né en 1963, Usackas entre au ministère des Affaires étrangères en 1990. Conseiller à la mission de Lituanie auprès des CE et de l'Otan de 1992 à 1996, il devient directeur politique au Ministère lituanien des Affaires étrangères puis vice-ministre (1999). En 2000 et 2001, il est chef négociateur pour l'adhésion de la Lituanie à l'UE puis est nommé ambassadeur aux Etats-Unis (2002), au Mexique puis au Royaume-Uni (2006). Il revient en Lituanie comme Ministre des affaires étrangères  (décembre 2008). Mais, il avait dû démissionné de cette fonction, en janvier 2010, suite à des dissenssions avec la présidente Grybauskaite (ancienne commissaire européenne) notamment après les révélations de l'installation d'un lieu de détention secret de la CIA en Lituanie (les Américains auraient bénéficié du concours de certains services lituaniens).

(1) Les représentants spéciaux de l'UE confirmés, provisoirement
(2) Les 27 en avaient décidé ainsi en septembre 2009. L’Europe aura une seule représentation en Afghanistan. Il était temps !
(3) 54 "ambassadeurs de l'UE" ont reçu leur ordre de mission
Repost 0
Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Orient - Afghanistan-Pakistan
commenter cet article
21 mars 2010 7 21 /03 /mars /2010 20:19
DrapeauSerbie.pngLe Conseil des ministres des Affaires étrangères de l'UE devrait autoriser, lundi 22 mars, Cathy Ashton, sa Haute représentante pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, à négocier un accord d'échange d'informations sécurisées avec la Serbie.

Le vice-premier ministre et ministre de l'intérieur de Serbie avait transmis à la Haute représentante, le 16 décembre 2009, une demande en ce sens. Le projet d'accord-type a été adapté pour tenir compte de la nouvelle donne du Traité de Lisbonne. Ce qui est intéressant ainsi est l'apparition aux cotés des institutions ou entités habituelles (Conseil de l'UE, Commission européenne, Haut représentant) du Service européen d'action extérieur (SEAE).

Un service qui aura sa propre autonomie en matière de sécurité (comme le montre également le premier organigramme diffusé). Ainsi la correspondance est normalement centralisée au chef du greffe
du Conseil. Mais, exceptionnellement, si la correspondance concerne uniquement le SEAE, par exemple, c'est le chef de greffe du SEAE qui sera responsable de la transmission.
Repost 0
Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans HautReprésentant-ServiceDiplomatique
commenter cet article

Nouveau Site


Bruxelles2 a migré depuis 2010 ! Les derniers posts sont sur  : www.bruxelles2.eu

Ou sur la version professionnelle du "Club" sur souscription

Sans oublier le fil http://www.bruxelles2.eu/feed/link... ou le fil Twitter

Avertissement B2 - Bruxelles2 n'est, en aucune façon, responsable de l'irruption de publicités, sur ce site, qui sont de l'unique initiative et responsabilité de l'hébergeur, over-blog. Vous pouvez nous suivre désormais sur le site (sans publicité) de B2

Bruxelles2 en quelques mots

Derrière les murs, la politique (européenne) des affaires étrangères (PESC), de sécurité et de défense commune (PeSDC) est décryptée. Stratégie, politique, gestion de crises, industrie ou transport aérien militaire, surveillance maritime et protection civile...Missions militaires et civiles de l'UE (Bosnie-Herzégovine, Kosovo, Géorgie, Moldavie / Ukraine, Afghanistan, Irak, Palestine, Congo RDC, Guinée-Bissau, Haïti, Océan indien, Somalie, Tchad).

logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.