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8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 20:25

C'est la proposition qu'a faite le ministre belge de la Défense, Pieter de Crem. Pour ses missions civiles de gestion de crise, l'UE a, en effet, commencé à préparer des stocks prépositionnés, prêts à partir. Un peu comme l'ONU et certaines ONG l'ont déjà fait. C'est une des "lessons learned" de la mission des observateurs européens en Géorgie. Un premier stock a ainsi été constitué en Bosnie-Herzégovine, tenue par la mission européenne de police, constitué de véhicules (1).

Vendredi, le ministère belge de la Défense a donc proposé de mettre à disposition de l'UE une des quatre casernes du plat pays condamnées à la fermeture pour y stocker du matériel destiné à des missions civiles de l’Union européenne. Quatre casernes ont ainsi été proposées : Ghlin (Hainaut), Destelbergen (Flandre-Orientale), Weelde (Anvers) et Westakkers à Sint Niklaas (Anvers). « A charge pour l’UE d’en sélectionner une », explique un porte-parole du ministre Pieter de Crem. Ce dispositif pourrait servir non seulement pour les missions civiles de la PeSDC proprement dites, mais aussi pour la mise en place d'un dispositif d'intervention rapide en cas de catastrophe naturelle (sécurité civile).

Cette mise à disposition ne serait pas, tout à fait, gratuite. La Belgique espère ainsi compenser certaines fermetures de caserne, le personnel militaire qui y était affecté pouvant ainsi être mis à disposition de l'UE.

(1) La mission de police en Bosnie réduit la voilure, détails ...

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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Capacités Milit - Exercices UE
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8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 08:28
(mise à jour : lundi 17h) Les Etats membres et EADS sont tombés, à peu près d'accord, sur les termes de ce qu'il faut bien appeler un "nouveau contrat" pour l'A400M.

Une discussion qui laissera des traces

Fin des rounds de négociation. L'accord final entrevu à Palma de Majorque (1) s'est donc concrétisé à Berlin, le 5 mars, lors d'une réunion entre secrétaires d'Etat et les directeurs généraux d'armement des 7 pays partenaires du programme (Allemagne, France, Espagne, Royaume-Uni, Belgique, Luxembourg, Tur
quie). Et d'autres réunions ne sont plus nécessaires. L'accord ne sera cependant entériné que d'ici plusieurs semaines, un nouveau contrat doit maintenant être écrit et vérifié, ligne par ligne, ce qui prendra encore 2 ou 3 mois.

Aprêté de la discussion. Les discussions ont été « très, très dures
jusqu'au bout » comme l'a résumé, devant la presse à Berlin, le ministre allemand de la Défense, Karl-Theodor zu Gutenberg, qualifiant les méthodes du groupe industriel aéronautique de « chantage ». Il faut « tirer les leçons » pour le futur, a précisé, plus soft, son homologue français Hervé Morin, qui tenait une conférence de presse à Paris lundi. 

Une surveillance accrue. Les Etats se sont, en effet, juré que l'on ne les reprendrait plus. Le déroulement du programme A400M sera dorénavant suivi, par les clients « de façon renforcée » a précisé Hervé Morin. Autrement dit : plus question de découvrir au dernier moment, des ardoises supplémentaires ou de retards... De façon plus générale, a précisé le ministre français de la Défense, il faut « réfléchir aux phases amont des programmes militaires, éviter un empilement de demandes et des besoins, renforcer la maitrise d'ouvrage et disposer d'éléments de reporting réguliers et détaillés des industriels, même lorsque ceux-ci sont engagés dans des contrats au forfait ».
A400MDecollag-Eads100304.jpg
Les termes de l'accord

Plusieurs concessions. Les clients (Etats) donnent 2 milliards d'euros de plus, au prorata de leur engagement de départ. Montant qui peut être payé en cash ou au moyen de la diminution des commandes. Mais ils se sont engagés à ne pas baisser leur carnet de commande actuel (180 avions) de plus de 10 avions (détails ci-dessous). Les Etats renoncent à leurs indemnités de retard (ce qui n'est pas rien = 1,2 milliards d'euros).

Un système de crédits d'exportation.
Les Etats consentent également, hors contrat,  1,5 milliards d'euros d'avances, remboursables sur les exportations; EADS espère vendre 200 à 300 de plus que ceux qui ont déjà été vendus (soit 400 à 500). Une somme répartie également, plus ou moins proportionnellement : 400 millions pour la France, 250 pour l'Espagne, etc... C'est ce dernier point qui a nécessité le plus de négociation au niveau technique, l'Allemagne refusant, sur le fond, de passer à la caisse (un contrat est un contrat) et, sur la forme, toute aide d'Etat. Finalement, la formule trouvée est « Export Levy Facilities », une formule de crédits à l'exportation qui n'est pas assimilée à une aide d'Etat et devrait passer la barre de l'OMC (ce n'est pas le moment pour EADS de se payer une plainte d'un concurrent devant l'organisation de Genève).

Détails à "affiner". Un dernier point reste encore à préciser : la question de la prise en charge de la hausse des salaires et du coût des matières premières. EADS demande que le taux de la clause de progression passe de 2% à 3%. Ce qui représente un demi-milliard d'euros tout de même. Il faut aussi préciser comment sera assuré le « maintien en condition opérationnelle (MCO) » par l'industriel une fois les avions livrés (et à quel coût).

Capacités techniques en baisse. Certaines des capacités techniques complexes ne seront pas développées tout de suite, notamment la capacité automatique de l'avion à suivre les contours du terrain à très basse altitude pour éviter les radars ennemis (utile pour les opérations commandos surtout). Capacité exigée surtout du client allemand. « On se demande bien pourquoi » ironise un haut responsable français du ministère de la défense (faisant référence sans doute à l'absence d'engagement trop offensif des militaires allemands en Afghanistan notamment). Il y aura ainsi 4 standards qui seront échelonnés suivant la sortie en production : le SOC (capacité transport), SOC1 (+ capacité de larguage), SOC2 (+ ravitaillement en vol), SOC3 (+ les fonctions de navigation évoluée). La remise à jour des appareils déjà livrés sans les fonctions adéquates sera effectuée par l'industriel à ses frais devrait-il être précisé. L'avion perd aussi un peu d'embonpoint : environ 500 kgs (sur différents postes).

Calendrier de livraison revu.
Le planning de livraison des avions a été revu, avec un retard de 4-5 ans. Au lieu de 2009 pour le premier A400M en service, l'armée de l'air française et la RAF britannique pourraient toucher leur premier A400M en 2013 (trois ans après le premier vol) qui s'étalerait jusqu'à 2024 (7 avions 2014, 25 fin 2020 et le dernier en 2004), la Luftwaffe allemande en 2014. Il faudra encore attendre quelques mois supplémentaires pour qu'ils soient opérationnels.

Coût de la facture. EADS prend à sa charge 1,8 milliard d'euros ce qui, ajoutés aux 2,5 milliards d'euros déjà provisionnés par l'industriel totalisent une perte comptable de 4,3 milliards d'euros. Au total (clients + industriel), le programme de 20 milliards d'euros au départ atteint désormais 27,7 milliards d'euros (+ 7,7 milliards, soit + 38%). Le cabinet d'audit PriceWaterCoopershouse (PWC) avait évalué le montant nécessaire pour mener le programme au bout (sans renier aucune capacité technique) à 31,3 milliards d'euros.

Mesures palliatives. Pour pallier le retard, la France a décidé plusieurs mesures. Au niveau tactique, elle va prolonger ces C-160 Transall de 2015 à 2018 (environ 100 millions d'euros) avec une remise en état opérationnel. Elle va acquérir également 8 Casa C235. Au niveau stratégique, le contrat Salis va être prolongé après 2010. Ce qui sera opéré, du moins dans l'immédiat, « sans changement de la loi de programmation militaire » précise-t-on à Paris (les dépenses supplémentaires venant remplacer des dépenses d'achat d'A400M qui ne viendront que plus tard). Mais globalement, cela implique une certaine addition supplémentaire (pour les générations futures). Au regard des retombées sociales et industrielles, cela reste cependant limité.

L'emploi a pesé dans la balance. Ce projet est fondamental pour nombre de pays pas simplement en termes stratégiques. Le programme occupe déjà environ 14.000 emplois — dont 6.000 en Allemagne — et devrait en générer 40.000 à terme, d'ici 2013, dont 12.000 en France et 10.000 en Allemagne.
A400MRavitallSolMsn1-Eads1003.jpg
L'hypothèse d'une réduction des commandes d'A400M
de l'Allemagne est désormais publiquement envisagée

Accord parlementaire requis. Cet accord doit encore passer la rampe de certains parlements nationaux. Sujet délicat, particulièrement en Allemagne, où le Bundestag a toujours été très sensible aux questions budgétaires. Le responsable du budget du FDP Jürgen Koppelin (le parti libéral allié du gouvernement à la CDU-CSU et dont est membre le ministre de la Défense zu Gutenberg) a dit que le « ministère de la défense devait s'expliquer ... sur ce fardeau supplémentaire presque impossible à justifier au niveau budgétaire ». Et son homologue des Verts, Alexander Bonde, a dit que l'accord n'était « pas acceptable » (2). Ainsi l'hypothèse d'une réduction des commandes allemandes de l'avion militaire est désormais publiquement envisagée. L'Airbus A400M n'en a peut-être pas fini avec les rebondissements (3).
  • Etat des commandes. L'Allemagne a commandé 60 appareils, la France = 50 (inchangé), l'Espagne = 27 (inchangé), le Royaume-Uni = 25 au départ (22 selon le nouveau contrat), la Turquie = 10, la Belgique = 7 (inchangé) et le Luxembourg 1 (inchangé). A cela s'ajoute la Malaisie qui a commandé 4 appareils (en échange de quelques retombées industrielles). En revanche, l'Afrique du Sud a abandonné sa commande de 8 appareils (4).

(1)
Les "derniers détails" à régler pour l'Airbus A400M
(2) Die Grünen sont dans l'opposition aujourd'hui. Mais ils ont toujours été contre le projet d'A400M, même quand ils étaient au gouvernement
(3) L'Airbus A400M: un programme et un contrat à rebondissement (dossier)
(4) Coup dur pour Airbus, l'Afrique du sud annule sa commande d'A400M ...
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Marchés de défense - Industrie
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7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 19:46
L'agence européenne de défense recrute plusieurs agents

3 agents temporaires:
- Principal Officer Armaments Cooperation 
(date limite : 15 mars)
- Accounting Officer
(date limite : 31 mars)
- Assistant Director R&T
(date limite : 31 mars)

1 agent contractuel
- Officer, Legal and Contracting Unit
(date limite : 11 avril)

Des agents détachés des Etats membres :
Software Defined Radio Principal Officer
(date limite : 15 avril)
- Information & Intelligence Project Officer
(date limite : 31 mars)

En savoir plus, page recrutement de l'Agence européenne de défense.

NB :
Pour tous ces métiers l'anglais est obligatoire (langue officieuse de l'agence) et le français accessoire. D'ailleurs, toutes ces annonces sont rédigées uniquement en anglais. Ce qui est en contravention avec les règles habituelles de recrutement des institutions européennes (la Cour de justice européenne l'a déjà sanctionné pour d'autres recrutements d'autres agences de l'UE).
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7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 17:16
La frégate française Nivôse qui participe à l’opération européenne anti-piraterie EUNAVFOR Atalanta est pleine à ras-bord de suspects. Elle a intercepté, ce dimanche 7 mars, 11 suspects supplémentaires au large des côtes de la Somalie.
 C'est l'avion P3 Orion espagnol déployé sur la zone qui a recueilli les premiers renseignements. Deux hélicoptères ont été dépêchés sur le secteur : le Panther français du Nivose et l'hélicoptère de l'Etna, le navire-amiral de la force européenne. Ils ont "marqué" avec des fumigènes les positions des navires suspects. Et deux RHIB - embarcations rapides - du Nivosé sont partis intercepter les pirates. Non sans mal, ceux-ci tentaient de prendre la poudre d'escampette. Des tirs de semonce ont donc dû être nécessaires.

ArrestPiratesNivose-Fr100306.jpg
En tout, la frégate Nivose détient donc à bord 35 présumés pirates, selon l'Etat-Major des Armées, outre les 22 appréhendés en deux fois, vendredi, et 2 autres récupérés le 6 mars. Sans compter les six pirates récupérés à bord du thonier franco-italien Torre Giulia. Il faut dire que, depuis plusieurs jours, plusieurs groupes pirates opèrent dans la zone entre Seychelles et Kenya. 4 bateaux-mères et six skiffs ont ainsi été saisis. En tout, ce week-end, «  5 groupes pirates ont été démantelés et plus de 40 pirates appréhendés » a expliqué le QG d'Atalanta. A suivre...

(crédit photo : ministère de la défense, arrestation du 6 mars)
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6 mars 2010 6 06 /03 /mars /2010 18:49
Image-17.pngPlusieurs thoniers français ont été aussi impliqués, ce vendredi, dans l'Océan indien, dans une lutte les pirates en mal de proie après l'échec sur le bateau de pêche espagnol et sur le navire océanographique de marine nationale.

Selon l'Etat-major des armées, le Talenduic aurait été attaqué par 2 skiffs pirates et un bateau mère, alors qu'il était bloqué par ses filets. Le Torre Giulia (*) et le Trevignon se seraient portés à leur secours. Selon le QG d'Atalanta, c'est le Torre Giulia qui a été attaqué et le Trevignon et le Talenduic se seraient portés à son secours. Quoi qu'il en soit, les équipes embarquées ont tiré des coups de semonce pour éloigner les pirates. Et les navires ont procédé aux manoeuvres d'usage.

EquipesProtectEmbarq-Eunavfor1003.JPGDans la manoeuvre, un thonier a heurté le bateau-mère des pirates qui a coulé ; un des skiffs pirates a aussi chaviré sur une vague, sans doute créée par un des thoniers (le" code" de "bonnes pratiques" de lutte anti-piraterie préconise, en effet, de créer des vagues afin d'éloigner les bateaux pirates). Sur les six personnes à bord, 4 ont pu être récupérés tout de suite par les pêcheurs Français, mais deux avaient disparu. Finalement ils ont pu être repéré par un avion de patrouille maritime d'Atalanta (le P3 orion espagnol) et récupérés par le Torre Giulia. Ils sont sous bonne garde des équipes de protection embarquées, précise-t-on à l'Etat-Major des armées. Comme il y a flagrant délit, ces pirates pourraient être remis aux autorités seychelloises où sont basés les bateaux. Le Torre Giulia fait ainsi route vers les Seychelles selon mes confrères de Ouest-France de Concarneau qui ont joint, par téléphone, un des patrons pêcheurs.

Les six appréhendés s'ajoutent donc aux 22 autres pirates appréhendés par le Nivose, information confirmée par le QG d'Atalanta.
C'est la première fois, à ma connaissance, que des thoniers "civils" et des Equipes françaises de protection embarquées "arrêtent" des pirates. En tout, trois groupes pirates auraient ainsi été neutralisés dans la journée de vendredi.

Toutes ces attaques sont localisées dans la même zone, dans la partie sud du bassin somalien, entre Seychelles et Kenya, à environ 3-4° Sud et 45-46° Est. Plusieurs moyens militaires de l'UE seraient déjà mobilisés dans la zone : 2 avions de patrouille maritime, l'un venu des Seychelles (1 Merlin III luxembourgeois), l'autre de Djibouti (1 P3 Orion). Et au moins deux navires : un frégate française, le Nivose, qui était un peu plus à l'ouest, et le navire-amiral italien Etna, qui a pris en charge l'escorte des navires espagnols attaqués vers les Seychelles.

(*)
Navire italien à l'origine, basé aux Seychelles, mais naviguant désormais sous pavillon tricolore bleu-blanc-rouge pour bénéficier des EPE français.

(1ère info : vendredi 16h, mise à jour : samedi 8h, samedi 19h, dimanche 13h et lundi 18h) (crédit photo : marine espagnole, Union européenne)
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6 mars 2010 6 06 /03 /mars /2010 14:30

AshtonBureauEquipe2-Ebs100305.pngDans son document cadrant le futur service européen d'action extérieure, Cathy Ashton indique aussi comment pourrait être composée la future structure, au point de vue hiérarchique et organisationnelle. C'est-à-dire la première esquisse de l'organigramme. Reste à définir, plus précisément, les rattachements hiérarchiques et, surtout, à remplir chaque case. Les couteaux sont tirés...

 

NB : la France a présenté au poste de secrétaire général, la candidature de Pierre Vimont, actuel ambassadeur à Washington, ancien directeur de cabinet du ministre des Affaires étrangères (d'abord Michel Barnier puis Philippe Douste-Blazy), il a commencé sa carrière à Londres.

La structure hiérarchique

La structure comportera 4 niveaux hiérarchiques.

- Au niveau supérieur, un secrétaire général. Ce sera une personne "en charge", responsable, et rapportant directement à la Haute représentante/Vice présidente de la Commission, supervisant l'ensemble de l'organisation et la représentant à l'extérieur. Cette appellation renvoie à ce qui existe dans certains Etats membres et dans les autres institutions européennes. Le profil de ce Secrétaire général est défini : combiner de « fortes capacités managériales » et un solide jugement politique ». Il sera flanqué d'un adjoint. Le secrétaire général et le secrétaire général adjoint seront aptes à remplacer la Haute représentant de façon subtantielle dans certaines situations. Dans d'autres cas, si la HR/VP ne peut être présente, une « alternative » peut provenir des Commissaires ou des Ministres des Affaires étrangères.

- Les directeurs généraux. Un nombre limité couvrant les fonctions basiques a été identifié, l'existence de directeurs généraux adjoint doit être prévue. Certains d'entre eux auront des responsabilités géograhiques, d'autres couvriront la gestion de crises, les questions horizontales, de ressources, de coordination, les communications stratégiques et de planification politique. Quant à la position exacte d'un "Directeur politique" - ou d'une fonction similaire, elle doit (encore) être définie ».

- Les directeurs et conseillers principaux : Leur nombre dera assurer le dédoublement des zones de compétence du secrrétaire général adjoint et des directeurs généraux. Certains pourront être attachés directement au secrétaire général.

- les chefs d'unité et conseillers.

Les blocs de compétence

Le service central. Selon les premières indications, le SEAE devrait être composé à la fois d’un noyau central de diplomates et d’experts administratifs, assez important, basé à Bruxelles, d’environ 2000 personnes (le service central). Il reposera essentiellement sur l’ossature de l’actuelle direction générale des Relations extérieures (RELEX) et de certaines unités de la DG Développement - et des services du Conseil des Ministres de l’UE, notamment : sa direction des relations extérieures (Dir E) et son unité politique (voir organigramme actuel). Il intégrera les structures civilo-militaires, mais pas trop, pour qu'ils gardent leur spécificité.

Il regroupera plusieurs blocs de compétence :

- les desks géographiques qui intégreront également les représentants spéciaux avec un mandat géographique ;

- les structures de gestion de crises = Etat-major militaire, SITCEN, CMPD et CPCC ;

- un ensemble d'unités thématiques (droits de l'homme, Etat de droit, non-proligération, questions de sécurité - crime organisé, terrorisme, cyber-sécurité) ;

- la coordination et les relations interinstitutionnelles ;

- le soutien pour la présidence du Conseil des Affaires étrangères : les services généraux (ressources humaines, service juridique, sécurité) ;

- la diplomatie publique (communication stratégique, dialogue avec la société civile, ONG...) ;

- le planning politique.

 

A l’extérieur, les « ambassades » de l’Union européenne reprendront, en grande partie, le dispositif déjà déployé par la Commission européenne qui a 134 délégations. Les représentants spéciaux de l’UE "qui ont un mandat géographique" (Soudan, Géorgie, Afghanistan…) seront intégrés.

(crédit photo : Conseil de l'UE - Tv)

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5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 20:20
RencMorinAshton-Fr100205.jpgDe retour d'Haïti, Cathy Ashton avait quelques heures à tuer avant de se rendre à Cordoba (Espagne) à la réunion informelle des ministres des Affaires étrangères. Elle en a profité pour voir le ministre français de la Défense, Hervé Morin (*). C'est à sa demande que cette rencontre a été organisée, précise-t-on à Paris. Un geste de bonne volonté de la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité commune, après son absence remarquée, et remarquable, de Palma de Majorque.... Une manière aussi pour la Britannique de montrer qu'il n'y a pas que la voix de Londres qui compte pour elle et de maintenir le contact avec tous les Etats membres.

Un conseil des ministres de défense: oui sans ambages ; un CPCO (conduite des opérations) : pourquoi pas ? Mise à part la tenue vestimentaire de la Haute représentante (qui nous étonnera toujours !) — avec longue écharpe tricotée et veste avec badge simili-militaire sur le coté (comme les ados) — deux points de fond sont à retenir de cette visite à l'Hotel de Brienne (siège du ministère de la Défense français). Non négligeables... D'une part, la Haute représentante est « entièrement » d'accord sur la nécessité d'avoir des conseils formels des ministres de la Défense permettant de prendre des décisions formelles tant en matière d'opérations militaires que de capacités militaires et les moyens de commandement. "C'est nécessaire" a-t-elle reconnu sans ambages. Autre point à noter : sur la mise en place d'une « capacité permanente de planification et de conduite des opérations » (CPCO), elle n'a pas éludé la question. Elle s'est même montrée assez enthousiaste, sans dire oui tout à fait, mais au moins prête à étudier sérieusement la question. Ce qui change un peu notamment par rapport à son sceptiscime exprimé lors de son audition en janvier. Aaah, le bon air de Paris .

(*) Et pas que lui. Une rencontre a également été organisée à l'Elysée avec Jean-David Levitte, le conseiller diplomatique du président Sarkozy, puis avec Bernard Kouchner. Celui-ci a même offert un "lift" à la Haute représentante, qu'il a pris sous son aile... Plutôt dans son avion pour aller à Cordoba.

(crédit photo :
A. Roiné/ECPAD)
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5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 19:42
A force de tenter, les pirates semblent avoir réussi ! Un tanker chimique norvégien "UBT Océan", battant pavillon des Iles Marshall, a été détourné, vendredi matin, au large des côtes de Madagascar, a confirmé, à nos confrères norvégiens, le propriétaire du navire BrøvigTank. A bord 21 marins asiatiques. L'UBT Océan faisait route de Fujairah aux Emirats arabes unis vers Dar-es-Salaam en Tanzanie. « Le contact a été rompu et n'a pu être rétabli depuis » a expliqué le directeur général de BrøvigTank, Svenn O. Pedersen. Mais le « navire a pris la route du nord » vers la Somalie. C'est une des premières captures très au sud de la zone habituellement couverte...
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5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 17:42
EquipVisiteSkiffPirateHelicoNivose-Eunavfor1003.JPGUne frégate française participant à l'opération européenne anti-piraterie EUNAVFOR Atalanta a intercepté et neutralisé, vendredi 5 mars, successivement, deux groupes pirates, dans le sud de l'Océan indien, entre Seychelles et Kenya, a annoncé le QG européen de Northwood et l'Etat-Major des armées.

Les pirates qui opéraient à partir d'un bateau-mère et de 2 skiffs avaient attaqué, plus tôt, jeudi, un navire français, le batiment hydro-océanographique Beautemps-Beaupré de la Marine nationale, 180 miles à l'est de Mogadiscio (selon la marine nationale) (*). Les sommations d'usage (radio, avertissement sonore et visuel) n'ayant pas donné d'effet, il a fallu que l'équipe de protection embarquée fasse des tirs de semonce pour que les pirates qui s'apprêtaient à monter à bord avec des échelles mobiles déguerpissent et rejoignent leur bateau-mère. Le navire a donné l'alerte aux forces présentes sur la zone.
Un avion de patrouille maritime, basé aux Seychelles, les avaient repérés et suivis. Le chef de la force sur zone, le Rear Admiral italien Gumiero a alors décidé d'intervenir. C'est la frégate française, le Nivose, qui a été chargée de l'approche.

Au petit matin du vendredi, le Nivose a donc repéré les skiffs à 350 miles des côtes somaliennes (environ 2 Sud, 47 Est), et lancé son hélicoptère Panther et un RHIB avec une équipe d'intervention. Les suspects n'ont pas attendu leur arrivée : ils ont commencé à balancer par-dessus bord tout ce qui pouvait être une preuve de leurs forfaits (échelles, armes...). Un délestage observé par les marins français qui s'approchaient à grande vitesse. A l'arrivée, sur place, ils ont pu saisir les skiffs qui contenaient encore tout un attirail de piraterie, comme un lance-roquette (pas très utile pour la pêche !),
des grappins et plusieurs fûts d'essence. Le bateau-mère et un des skiffs pirates ont été détruits. Et les 11 pirates à bord appréhendés ont été transférés sur le Nivôse.
ArrestSkiffPirates-Eunavfor100305.jpg
Cela fait d'ailleurs plusieurs jours qu'entre Seychelles et Kenya, les pirates sont revenus, apparemment avec plusieurs bateaux-mères et skiffs. Une demi-douzaine de skiffs pirates avaient été repérés par les forces multinationales et l'alerte donnée aux navires croisant dans la zone. Un bateau de pêche espagnol, l'Albacan, a été attaqué dans des conditions analogues jeudi matin. Et deux autres, dont le thonier Intertuna II et le navire auxiliaire l'Artxanda Atunsa, ce vendredi matin. Un troisième, l'Intertuna III, a pu fuir. Il a fallu 30 minutes d'échanges de tirs pour que les pirates décrochent, selon les Espagnols. Un avion P3 Orion est également intervenu lançant des fumigènes. Des thoniers français ont également été attaqués.
ArrestBateauMerePiratesNivose-Fr100305.jpgle bateau mère des pirates arrêté ce vendredi matin (crédit : Ministère français de la défense)

(mises à jour 18h/19h) C'est lors de ces dernières attaques que le Nivose a réalisé la deuxième opération de la journée. Sur ordre du commandement d'Atalanta, il s'est donc déporté de 90 nautiques vers le sud-est. Et le même procédé que dans la matinée s'est répété. Hélicoptère, approche par RHIB et intervention. « Deux skiffs et un bateau-mère ont été appréhendés avec 11 suspects à bord, un bateau-mère et un skiff ont été détruits », a précisé l'Etat-Major des armées.

Le Nivose détient 22 suspects à bord. La destination des pirates n'est pas encore connue. Il y a plusieurs hypothèses. Dans le premier cas, un bateau français était impliqué et un juge français pourrait être saisi. Mais il n'y aucun flagrant délit. Donc il sera difficile de traduire en justice les suspects. Et même si de très fortes présomptions pèsent sur ce groupe, notamment avec les vues aériennes, il n'y a pas de preuves formelles. Dans le second, les autorités seychelloises pourraient être saisies, au premier chef. Tout est là aussi question de preuves. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'à chaque fois, un skiff a été gardé intact par les marins du Nivose, afin de pouvoir remettre, le cas échéant, les intéressés à l'eau en bordure des côtes somaliennes.

(*) Le Beautemps-Beaupré est intervenu, en juillet 2009, à la demande de l'Etat-Major des armées sur l'accident d'avion de l'Airbus A310 de Yemenia Airways au large des Comores.
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5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 08:23
AshtonTarmacHaiti-E100303-copie-1.jpg(Humeur) On a beaucoup glosé de ci, de là sur les erreurs de Cathy Ashton, la Haute représentante de l'UE, durant ces premiers 100 jours. Et effectivement des erreurs il y en a eu : du cabinet trop étriqué, venant du Commerce, et peu ouvert à la diplomatie et, encore moins, aux questions de sécurité à l'absence au Conseil informel des ministres de la Défense, en passant par le parachutage de José-Vale de Almeida à Washington, ou sa faiblesse de réaction en Haïti. Inutile d'y revenir. Maintenant, il est temps à "Cathy" de prouver ce qu'elle peut et sait faire.

La tâche qui l'attend n'est pas négligeable. Je n'en citerai que deux : 1) négocier et mettre en place le Service européen d'action extérieure, 2) mettre en place les structures nouvelles de sécurité commune (coopération structurée permanente, fonds de lancement...). Le tout en faisant face à l'actualité géopolitique internationale, en se déplaçant aux quatre coins de la terre et en prêtant le flanc aux 1000 critiques. Pas facile...

Il y a cependant une évolution qui semble souhaitable, à mon sens. La Haute représentante aurait intérêt à abandonner "le café de la Commission" (1) pour s'établir dans un autre bâtiment, distinct. Ce n'est qu'un symbole. Mais la diplomatie c'est cela aussi. C'est un pas nécessaire pour s'affranchir de tout soupçon d'être aux mains de la Commission, ou de certains Etats membres. Les choses ne seront pas plus faciles après. Mais elles seront plus claires !

(1)
Ashton, nouvelle HR, apôtre de la démocratie tranquille... et du café de la Commission

(Photo : Commission européenne. Catherine Ashton sur le tarmac de l'aéroport de Port au Prince, Haïti)
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logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.