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3 mars 2010 3 03 /03 /mars /2010 08:05

L'ambassadeur danois auprès de l'UE, Poul Skytte Christoffersen, vient renforcer l'équipe de Catherine Ashton, la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité commune. Il a une longue expérience diplomatique européenne. On pourrait presque dire qu'il n'a fait que cela. C'est une arrivée salutaire pour Ashton. Il a le titre de conseiller spécial et va s'occuper essentiellement de mettre en place le futur service européen d'action extérieure.

Premier secrétaire à la représentation permanente du Danemark auprès de l'UE en... 1977 soit peu de temps après l'entrée du royaume de la Petite sirène dans la CEE (en même temps que le Royaume-Uni), Christoffersen a ensuite été chef de cabinet du secrétaire général du Conseil (qui ne s'appelle pas encore de l'Union européenne) de 1980 à 1994. Après un détour par Copenhague, il revient à Bruxelles comme représentant permanent du Danemark auprès de l'UE de 1995 à 2003 - il assure notamment ce rôle durant la présidence danoise de 2002, qui met la dernière main aux négociations d'adhésion des pays d'Europe centrale et orientale. Il fait un saut à Rome, de 2003 à 2005 (comme ambassadeur auprès de l'Italie et des organisations de l'ONU présentes dans la capitale italienne : FAO, PAM et IFAD), avant de revenir à ses premiers amours... Bruxelles. Il sera de 2006 à 2009 le chef de cabinet de la commissaire à l'Agriculture, Marian Fischer Boel.

Agé de 64 ans - il est né le 9 janvier 1946 à Haastrup (Danemark) - il est diplômé d'un masters of Economics de l'université de Copenhague et a étudié au Collège européen de Bruges en 1973. Il a fait ensuite ses premières armes au ministère des Affaires étrangères danois.

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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 22:29
SarkozyMedvedev-UE100301.jpgLa visite de Medvedev à Paris a permis de finaliser la commande de 4 BPC - bateaux de projection et de commandement à la France. L'anecdote retiendra que lors d'un entretien destiné à préparer cette vente, entre les ministres des Affaires étrangères et de la Défense, de chaque coté, à la question française de savoir combien de bateaux maximum les Russes pouvaient être intéssés, Lavrov se serait interrogé à haute voix « Nous avons combien de mers ? Cinq... », le plafond de commande était donc fixé à cinq, même si officiellement il n'a été question que d'un ou deux navires. Finalement le chiffre s'est finalement stabilisé, juste au-dessous de la barre fixée par Lavrov, à 4 bateaux BPC (*). A se demander quelle mer ne sera pas couverte par les répliques du Mistral  ?

Une commande partagée entre chantiers navals russes et français. En tout cas, cette commande va permettre aux chantiers STX de Saint-Nazaire (près de Nantes) de souffler. Passée la commande du 3e BPC français, le Dixmude, qui avait été avancée dans le cadre du plan de relance - et celui du paquebot de MSC qui vient d'être signé et doit être livré en 2012, les ouvriers des chantiers n'avaient plus de commande en perspective. Un BPC comme le Mistral vaut entre 200 et 500 millions d'euros (*). STX ne fabriquera cependant pas tout. La commande sera partagée : une partie pour les chantiers français, une autre pour les chantiers russes. « Les Russes comptent beaucoup sur cette commande pour redynamiser leur construction navale militaire », explique un connaisseur. L'ancienne industrie phare de l'URSS souffre aujourd'hui de plusieurs maux endémiques : manque de personnel qualifié, manque de technologie et surtout manque de construction de navires militaires "emblématiques". Une restructuration est menée depuis plusieurs années. La construction du BPC pourrait être le coup de fouet salutaire.

Les Français n'étaient pas seuls en lice. Les Espagnols et les Néerlandais étaient candidats à fournir les Russes. Selon El Pais, une délégation de haut niveau de la marine russe a ainsi visité les chantiers navals Ferreol (à La Corogne) pour visiter le navire Juan Carlo I fabriqué par l'entreprise publique Navantia. Les Russes auraient aussi approché les chantiers néerlandais Damen, qui ont construit plutôt des frégates (comme le F-802 De Zeven Proviciën).

Les Baltes protestent. Les plus virulents sont les Lettons qui se sont d'ailleurs exprimés sur ce sujet, avec leurs voisins Estoniens et Lituaniens, en marge de la réunion informelle des ministres de la défense de l'UE à Palma de Majorque. Le ministre letton, Imants Liegis a ainsi fustigé les Français qui « ne comprennent pas la nature de nos rapports avec la Russie ». La ministre lituanienne, Rasa Kuknevicienne, a été plus modérée, appellant l'UE et l'OTAN à « élaborer une politique plus claire et ferme concernant les règles d'exportations militaires ». « Il faut acquérir un certain degré de responsabilité pour l'utilisation ultérieure de l'équipement militaire décidé par un Etat membre envers un Etat tiers », a-t-elle expliqué à l'issue d'un entretien en bilatéral avec son homologue français, Hervé Morin. Elle a également souligné « la nécessité d'une plus grande transparence et de consultations entre Etats membres avant la signature de tels accords ». A Varsovie, les commentaires sont beaucoup plus discrets, mis à part le philosophe français, André Glucksman qui s'étrangle dans Gazeta Wyborcza.

"Changeons nos lunettes" répond Morin. S'exprimait devant plusieurs journalistes à Palma de Majorque, le ministre de la Défense a résumé la teneur de son propos « Je leur ai dit que comprenais cette réaction. Mais on ne peut pas construire un partenariat stable avec les Russes en la regardant toujours comme l'ex-URSS. La Russie a changé, il faut changer notre regard, nos lunettes. ». « Nous aussi, en Europe de l'Ouest, au lendemain de la 2e guerre mondiale, on a bati ensemble sur une histoire très difficile ».

  • (*) Selon l'équipement. Le BPC sera, officiellement, livré sans équipement militaire. La présence du Mistral à Saint Petersbourg, fin novembre, pour une présentation à l'Etat-Major a ainsi été l'occasion de réaliser un exercice d'apontage avec les hélicoptères russes Kamov.
 HelicoKamovKa52MistralcSMAgostinelli-Fr0911.jpgL'hélicoptère russe Kamov Ka-52, sur le pont du BPC Mistral © SM Agostinelli)

  • Le BPC est une belle bête : long de 200 mètres, jaugeant 21.300 (à pleine charge), il développe une vitesse de 18 noeuds avec un rayon d'action de 10.800 miles (19.800 miles à 15 noeuds). Il comprend un équipage entre 160 et 180 marins, peut emmener jusqu'à 16 hélicoptères et un Etat-Major (jusqu'à 450 personnels)
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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 22:10
Le navire danois de l'OTAN, Absalon, a coulé, dimanche, un bateau-mère de pirates, a annoncé le QG de l'OTAN à Northwood. L'action se serait passée près des côtes nord de la Somalie. Officiellement aucune nouvelle des pirates. En fait, « ils se sont enfuis à bord d'un skiff », m'a expliqué un officier. Et les Danois ne sont pas partis à leur recherche. « Ce n'est pas la mission. Nous avons une action de dissuasion. Mais l'arrestation et la poursuite des suspects dépend de règles nationales ». Le Danemark a pour règle de ne pas arrêter les pirates (1). Sauf si un autre Etat les réclame : cela s'est produit à une seule reprise avec les Pays-Bas (2). Et l'OTAN n'a pas la capacité contrairement à l'UE de possibilité de passer des accords.
AbsalonForcesSpéciales@Dk100102
La destruction d'un bateau-mère est un résultat certain - il empêche les pirates d'opérer loin des côtes et lamine leur capacité opérationnelle. Cependant on peut se poser trois questions.

Quelle preuve avait-on qu'il s'agissait de pirates ? Apparemment, il n'y avait pas de lien avec une attaque déjà effectuée ou en cours. « Nous présumions qu'il pouvait passer à l'attaque d'après les éléments que nous avons trouvé à bord ». Se trouvait à bord, « tout l'attirail de piraterie habituel (essence, échelles...) » m'a confirmé un officier de l'OTAN.

Quid du propriétaire du dhow ? D'ordinaire, les pirates se servent comme bateaux mères, de bateaux capturés : des dhows pakistanais, indiens ou yémenites en général, parfois de plus gros bateaux. Les forces multinationales sur la zone ont ainsi signalé que l'Asian Glory ainsi que le MV Win Far avaient servi dans ce but. On peut donc présumer que ce bateau mère n'est pas la propriété des pirates (comme les petits skiffs fabriqués localement). Dans ce cas, le propriétaire a-t-il été localisé ? A-t-il été prévenu ou consenti à la destruction ? Sera-t-il indemnisé par la perte de ce navire et par qui ? Il n'y a pas de réponse à cette question. Mais si mes informations sont exactes, selon le droit international de la mer, ce serait au royaume du Danemark  d'indemniser le propriétaire s'il se manifeste

• A quoi sert la mission "Ocean Shield" de l'OTAN ? On peut vraiment se poser la question.
Sur zone, on a, en effet, déjà deux coalitions "occidentales" très actives : la CTF 151 constituée autour des forces américaines (avec selon les cas des Turcs, Pakistanais...) et la mission EUNAVFOR Atalanta de l'UE (avec aussi des Norvégiens et Croates pourtant membres de l'OTAN et non membres de l'UE). La mission "Ocean Shield" de l'OTAN ne regroupe que le minimum: le Danois Absalon, l'Américain USS Boone et le Britannique Chatham. Au lieu de faire doublon, il serait plus utile que ses navires viennent renforcer l'une ou l'autre des coalitions présentes. Ce serait du point de vue de l'efficacité plus logique... à moins que ce ne soit pas l'efficacité militaire qui guide la mission mais plutôt la nécessité "médiatique".

(1)
Les Danois n'arrêtent pas les pirates, ils les sauvent ...
(2)
Les Néerlandais demandent aux Danois d'extrader "leurs" pirates ...
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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 09:40
(humeur) Le tremblement de terre au Chili a suscité une vague de communiqués sans précédent, venant de la Commission européenne. Chacun y es allé de sa petite déclaration disant en général à peu près la même chose : d'abord la commissaire à l'Aide humanitaire, Kristalina Georgieva, ensuite de la Haute représentante Catherine Ashton, qui raconte sa conversation avec la ministre des Affaires étrangères du Chili — "I underlined that I was very impressed with the professional way in which the Chilean authorities are handling the situation." (!) —, puis le président de la Commission qui confie son émotion et ajoute "j'ai demandé de débloquer une somme de 3 millions d'euros". Etc... Ce sans compter les réactions des autres instances européennes.

Une certaine impression de désordre...
On a l'impression que le "marquage" à la culotte entre commissaires devient la règle au Berlaymont, le siège de la Commission. Et que Catherine Ashton court après son ombre. On lui reprochait de ne pas être en Haïti, elle se justifie avec une argumentation recevable, puis s'y rend aujourd'hui alors que la commissaire K. Georgieva est sur place (cf. calendrier officiel). La semaine dernière, elle était en Ukraine, prenant la place du commissaire Füle (chargé de la politique du voisinage) mais "brosse" le conseil informel des Ministres de la défense (où aucun autre commissaire ne peut la remplacer, suscitant au passage de vives réactions qui ne seront pas faciles à relever).

Pour un armistice entre commissaires... Certes, le Traité de Lisbonne a bousculé les habitudes, en instaurant de nouvelles fonctions et institutions au sein de l'Union européenne. Mais ce n'est vraiment pas une surprise, cela fait des années qu'il est sur la table (le dispositif reprenant celui du Traité constitutionnel). Et la plupart des responsables au pouvoir à Bruxelles en ont suivi le développement. De plus, autant, on peut légitimement se poser des questions sur le rôle du président du Conseil européen, dont les fonctions ne sont que peu détaillées par le Traité ; autant, pour les fonctions des commissaires et de la Haute représentante, elles sont cadrées. Le président Barroso, la vice-présidente Ashton et les commissaires devraient trouver facilement un modus vivendi qui évite les duplications et fasse cesser la petite gue-guerre de la présence médiatique nocive.

Revenir aux fondamentaux...
Le Traité de Lisbonne n'a, en effet, pas enlevé toute compétence externe aux commissaires. Quand il y a un désastre d'ordre humanitaire, la commissaire qui occupe cette fonction. Quand il s'agit d'un pays de la politique du voisinage, le commissaire à cet effet. Quand il s'agit de questions plus diplomatiques, globales ou touchant à la politique de sécurité, la Haute représentante. Etc... Et ce n'est pas "l'arrivée" du Haut représentant à la Commission européenne qui doit bousculer toutes les fonctions ni conduire à ce que la Haute représentante s'occupe... de tout et soit partout. Catherine Ashton devrait pouvoir concentrer son action sur les sujets dont elle a le "monopole".
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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 05:45

RasmussenPalmaConf-1835acNgv.jpgA Palma de Majorque, j'ai pu m'entretenir, quelques minutes, avec Anders Fogh (Rasmussen), le secrétaire général de l'OTAN. Quelques questions et réponses sur: l'opération de l'ISAF en Afghanistan (un "succès"), le remplacement des Néerlandais (pas de successeur pour l'instant), l'opt-out danois (à supprimer vite) et la coopération avec Catherine Ashton et l'UE (l'amour, presque, fou).


L'offensive à Marjah, comment la qualifiez-vous, un succès ou un échec ?

« Un grand succès. Il y a des progrès militaires et l'opération actuelle est la marque de notre nouvelle stratégie. Nous offrons de la stabilité, il y a une coopération avec le gouvernement, nous assistons la population. L’opération en Helmand sera un modèle pour les opérations futures (NB : à Kandahar, selon certaines sources).

Les Pays-Bas ont décidé de partir d'Uruzgan, qui va les remplacer ?

« Nous serons toujours en Uruzgan et nous aurons une nation-cadre. Et puis, les Pays-Bas ne quittent pas tout de suite (la province). Ce ne sera qu'à partir du mois d’août et selon un processus qui va s’étaler jusqu’à fin année.

Avez-vous reçu une offre formelle d'un Etat ?

« Non. Mais nous avons la volonté de trouver un remplaçant. Je suis confiant.

En tant que Danois, que pensez-vous de l'opt-out qu'a le Danemark en matière de défense de l'UE ?

« Je ne pense pas que ce soit une bonne chose. Et j'espère qu'il pourra être mis fin. Cela empêche en effet le Danemark de participer à la politique de défense européenne. Et ce n'est pas bon pour personne : pour le Danemark, pour l'Union européenne. Il s'agit d'une question nationale bien entendu. Et c'est au Premier ministre danois d'apprécier quand ce sera possible. Mais je crois que cela simplifierait beaucoup de chose. Et le plus tôt sera le mieux.

Je voulais vous parler d'un autre opt-out permanent..., Catherine Ashton, qu'en pensez-vous ? Comment travaillez-vous avec elle ?

Très bien. Ashton et moi avons déjà convenu de nous voir régulièrement, au moins une fois par mois. La prochaine réunion est fixée en mars. Nous avons déjà eu de fructueux échanges de vues, avant que je vienne ici. C'est très profitable pour nos deux organisations.

(crédit photo : NGV)

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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 23:50
Catherine Ashton, à défaut d'être présent au Conseil informel des ministres de la Défense, à Palma de Majorque, leur a envoyé une lettre en anglais (dont j'ai pu prendre connaissance). Cette lettre a d'abord un objectif : s'excuser de son absence, présenter quelques idées qu'entend défendre la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité commune. J'ai déjà évoqué l'idée d'un Conseil formel des Ministres de la Défense. Voici quelques autres éléments (traduction non officielle) :

• Le partenariat avec l'OTAN
occupe une place de choix. « Je suis déterminée à travailler étroitement avec le Secrétaire général » explique Catherine Ashton, « confiante que la constellation d’un nouveau traité, de nouvelles personnalités aussi bien que de nouvelles structures réunissant la gestion de crises militaire et civile va nous offrir une fenêtre
bienvenue d’opportunité pour accomplir cela. Je ferai des recommandations concrètes avec l’OTAN et j’ai l’intention de renforcer la pratique des réunions informelles entre le Secrétaire général et moi-même pour examiner des solutions opérationnelles d’un commun intérêt.»

Tirer les leçons d'Haïti. « Les missions de gestion de crises de l'UE vont continuer à augmenter en 2010 » ajoute Catherine Ashton qui souligne combien « la réponse de l’UE a été appropriée et efficace face au tremblement de terre à Haïti ». Mais il ne faut se reposer sur ses lauriers ("This should not, however, mislead us into complacency"). « Les leçons de la réaction de l'UE à la crise en Haïti, y compris l'emploi de moyens de la PeSDC et militaires, doivent être tirées ».

Consensus pour étendre l'opération Atalanta « Il est indispensable de maintenir la fonction de dissuasion des forces navales de l'UE. Il est nécessaire de trouver des solutions de long terme (...) permettant le transfert des pirates suspects pour jugement. Il est important aussi de s’attaquer aux causes (notamment) la contribution de l'UE à la construction d'une capacité régionale maritime. (...) Il y a aussi un consensus pour étendre l'opération. Ce qui va faciliter la génération de forces et sera un signal fort de l'UE à l'engagement soutenu de la communauté internationale. »

(lire également sur ce sujet Atalanta
va recevoir le mandat de surveiller les côtes somaliennes)
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Défense UE (droit doctrine politique)
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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 19:22
L'opération anti-pirates de l'UE dispose sur la zone, selon mes sources, de 7 navires (français Nivose F-732, espagnol Navarra F-85, allemand Emden F-210, italien Etna A-5326, néerlandais Hs Ms Tromp, grec Salamis F-455) et, surtout, de 6 à 8 avions de patrouille maritime, très utiles dans l'action anti-pirates : 1 Merlin III luxembourgeois, rejoint par 1 avion Dash des gardes-côtes suédois, qui arrive cette semaine (basés aux Seychelles en permanence) ; 1 P3 Orion espagnol, 1 Atlantique II français, 1 P3 Orion allemand (basés à Djibouti et parfois au Kenya) + 1 Buffalo Kenyan. Il faut ajouter à cela un 8e avion : le P3 Orion japonais, basé à Djibouti, et associé très étroitement aux opérations d'Atalanta.
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Piraterie Golfe d'Aden - Océan Indien
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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 19:15
The Minister of Defence, Carme Chacon, during her interview with the Commander of Operation Atalanta, Admiral Hudson, during the course of the informal meeting of EU Defence Ministers, which has begun in the capital, Palma de Mallorca. EFEA Palma de Majorque, la ministre de la Défense espagnole, Carme Chacon, a annoncé qu'un accord s'était fait pour orienter, la mission européenne anti-piraterie EUNAFOR Atalanta, de façon plus offensive. « Les ministres de la Défense de l'Union européenne ont convenu le mercredi d'élargir les objectifs de l'opération Atalante afin d'y inclure le contrôle des ports somaliens où amarrent les bateaux pirates et la possibilité de « neutraliser » les (bateaux mères) qui permettent aux pirates d'agir à plus de mille kilomètres des côtes. » Et « le contre-amiral Peter Hudson, a fait part de sa disponibilité pour assumer de nouvelles tâches en vue d'intensifier le contrôle et la surveillance des ports et d'exercer le droit d'intervention en haute mer » a expliqué la ministre. Un entretien en bilatérale a réuni les deux responsables (cf. photo - présidence espagnole).

Vrai ou faux ? On pourrait se demander si cette déclaration n'est pas une communication à usage interne.
C'est le cas en partie, ne nous leurrons pas. La question de la lutte contre la piraterie est très sensible politique en Espagne et fait partie des priorités de la présidence (1). Et il ne peut être question pour un Ministre de ne pas atteindre ces priorités. Mais il y aussi un fait : l'Espagne est très engagée depuis le début (avec la France) et un des moteurs de l'opération. Une analyse si politique serait donc très réductrice. Car il y a des évolutions qui sont bien réelles. J'ai fait le point lors de mon séjour à Palma et après, avec plusieurs interlocuteurs. En voici une petite synthèse.

Qu'est-ce qui change réellement ?


Sur la zone de couverture. On se souvient que l'Espagne, depuis le début, a milité pour une extension de l'opération Atalanta dans sa zone géographique estimant tout aussi important d'être dans le bassin somalien que dans le Golfe d'Aden. Un intérêt national bien compris, particulièrement pour défendre la pêche espagnole présente entre Seychelles et Somalie. En fait, d'après plusieurs discussions avec des officiels, il ne semble pas y avoir de partage des zones au sens strict comme l'a laissé sous-entendre la ministre espagnole : l'OTAN dans le Golfe d'Aden, Atalanta dans le bassin somalien. Simplement, l'opération européenne est la seule pour l'instant à être présente en permanence dans le bassin somalien. Et elle dispose maintenant d'une capacité de surveillance aérienne non négligeable (lire ici). Tandis que l'essentiel des moyens des autres forces multinationales (CTF 151, Otan, Chine, Japon, Russie...) sont concentrées dans le Golfe d'Aden pour la surveillance du corridor de circulation internationale (IRTC), corridor vital pour le transport maritime mondial. L'objectif serait d'avoir un peu plus de moyens dans le bassin somalien.


Sur la destruction des bateaux-mères. La "neutralisation" des bateaux mères n'est pas une nouveauté dans les priorités d'Atalanta. Déjà, quand il dressait le bilan de son action, en mai 2009, avant son départ, le Rear Admiral Phil Jones qui commandait alors l'opération, expliquait que les bateaux-mères devaient être
un des axes d'action futurs, « c'est le pivot de l'activité » (2). Et début février 2010, pour sa conférence de "rentrée", le Rear Admiral Hudson confirmait que découvrir et neutraliser les bateaux mères était son objectif premier (3).

Sur le blocus des ports. L'idée de blocage des ports, évoquée au moment de la capture du thônier espagnol Alakrana, par plusieurs responsables politiques espagnols (4) ne figure plus parmi les évolutions possibles. On parle de "surveillance" de ports, pas de blocus. Un dispositif qui n'était, de toute façon, pas possible à la fois pour des raisons internationales (c'est un acte de guerre) et pratiques (5).

Sur la surveillance des ports. La mission européenne EUNAVFOR n'a pas attendu les dernières évolutions pour avoir une attitude plus préventive. Mission avait ainsi été donnée à tout navire de l'opération Atalanta quand ils remontent le long des côtes somaliennes de surveiller tout mouvement suspect. Les frégates françaises La Fayette et belge Louise-Marie ont ainsi procédé (6). On se souvient de la frégate norvégienne Fridtjof Nansen engagée à deux reprises dans des tirs avec des "pêcheurs" somaliens (7). L'opération Atalanta avait vu dans la décision prolongeant son mandat, celui-ci légèrement étendu à la "mission de surveillance de la pêche illégale" (8). « Rien de vraiment nouveau au plan opérationnel » effectivement m'a confirmé un officier. « Nous adoptons notre tactique au fur-et-à-mesure des évolutions de la situation. Les pirates changent régulièrement et s'adaptent aussi à nos changements de tactique. Nous devons évoluer en permanence ». On est là dans le classique "jeu" du chat et de la souris entre le policier et le voleur.

Où est la(les) nouveauté(s) alors ?


Consensus politique et moyens renforcés. Désormais il y a un consensus politique pour officialiser cette action de surveillance des ports — qui va donc désormais devenir plus systématique et ... plus officielle. Une décision en ce sens devrait ainsi prise au conseil des Affaires étrangères de mars (modification du concept de gestion de crise). Moment qui coïncide avec la fin de la mousson d'hiver et au changement de commandement (le Suédois prend le relais de l'Italien le 14 avril). Il y a, aussi, un engagement des Etats membres participants à l'opération — particulièrement de l'Espagne — de donner des moyens supplémentaires, pour mener à bien ces nouvelles tâches. Et c'est sans doute tout aussi important comme me l'a confirmé un gradé de la marine : « Il ne s'agit pas vraiment d'une volonté d'agir mais de moyens pour le faire ». Il s'agit aussi d'être préparé face à un retour offensif des pirates. La saison actuelle de la mousson a expliqué le "relatif" calme des offensives pirates ces dernières semaines.

Prolongation pour 2011 au moins. Les Ministres sont aussi tombés d'accord sur la nécessité de prolonger la mission Atalanta au-delà de 2010. Au moins d'un an (voire de deux ans mais cela n'est pas vraiment acquis). Lors de la conférence de presse, la ministre espagnole de la Défense, Carme Chacón, a signalé que « plusieurs pays ont exprimé leur volonté de contribuer par des moyens maritimes et aériens au renforcement de l'opération Atalante au-delà de 2010 ». La décision officielle pourrait être prise au Conseil "Jumbo" (Affaires étrangères / Défense) d'avril. Ce qui faciliterait la planification.

De nouveaux pays pour juger les pirates. Chacun convient que c'est là que se situe une majeure partie du problème aujourd'hui (9). Outre les deux accords avec le Kenya et les Seychelles, l'UE veut mettre le paquet sur  trois pays qui seraient susceptibles de signer un accord : l'Ile Maurice, la Tanzanie, l'Afrique du Sud. Quant à l'idée d'une "cour régionale" (ou plutôt d'une section spécialisée d'un tribunal consacrée à la piraterie), elle fait son chemin et sa localisation serait située plutôt au Kenya, pays partenaire dès le premier jour pour le jugement des pirates, qu'aux Seychelles (10) m'a confirmé un expert du dossier.

(1) Lire :
Présidence espagnole 2010: priorités intéressantes pour la défense...
(2)
Lire : Phil Jones, chef d'Atalanta : "nous devons revoir nos tactiques" (mai 2009)
(3) Lire :
L'opération Atalanta prolongée pour 2 ans ? (février 2010)
(4) Lire : L'opération Atalanta... pas assez efficace pour les Espagnols (novembre 2009)
(5) Lire :
Le blocage des ports des pirates (voulu par les Espagnols): "une connerie"! (novembre 2009)
(6) Lire : Le blocage des ports pirates: "Nous avons déjà essayé ; ça n'a pas marché !"
(7)
Lire : Les Norvégiens essuient à nouveau des tirs près des cotes somaliennes
(8) Lire :
La prolongation d'Atalanta formalisée en décembre (novembre 2009)
(9) Lire : Mieux traduire en justice les pirates, réflexion entamée au COPS
(10) Lire : La Cour régionale "anti-pirates" aux Seychelles, la prison ailleurs !

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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Piraterie Golfe d'Aden - Océan Indien
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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 02:37
Lettre adressée à Anders Fogh Rasmussen, Secrétaire général de l'OTAN par la Belgique, l'Allemagne, les Pays-Bas, le Luxembourg, la Norvège concernant le retrait des armes nucléaires US du territoire européen.

(merci à Hans de Vriej - de la radio néerlandaise
internationale - qui a publié cette lettre en anglais - traduction non officielle)

Dans la Déclaration de Strasbourg sur la sécurité de l'Alliance, les chefs d'État et de gouvernement ont déclaré que bien que la dissuasion reste un élément central de notre stratégie globale, l'OTAN continuera à jouer son rôle dans le renforcement de la maîtrise des armements et la promotion du désarmement nucléaire et conventionnel conformément au Traité de non-prolifération nucléaire, tout autant que les efforts de non-prolifération.

L'agenda international de la maîtrise des armements, du désarmement et de non-prolifération vont converger au printemps  2010. Les négociations du futur START sont en cours et la "US Nuclear Posture Review" devrait être publiée prochainement. Nous saluons l'initiative américaine pour un sommet sur la sécurité nucléaire en avril 2010. La conférence de révision du TNP en mai est une étape cruciale pour le renforcement du régime international de désarmement nucléaire et de non-prolifération.

Nous espérons voir de nouvelles réalisations dans le domaine du désarmement et de la maîtrise des armements, comme la ratification du CTBT/TICEN (Comprehensive Test Ban Treaty), un Traité sur la suppression des matériaux fissiles (FMCT) et l'inclusion des armes nucléaires sub-stratégiques dans des étapes ultérieures en vue du désarmement nucléaire.

La dissuasion crédible d'une part et la maîtrise des armements, le désarmement et la non-prolifération d'autre part, doivent être considérées comme partie intégrante d'une politique globale. L'OTAN devra continuer à poursuivre cette politique de façon équilibrée et mutuellement enrichissante, comme l'a prouvé les succès passés.

La maîtrise des armements, de désarmement et de non-prolifération sont plus élevées sur l'agenda international qu'ils ne l'ont été depuis de nombreuses années. Nous nous félicitons des initiatives prises par le président Obama de tendre vers des réductions substantielles des armements stratégiques, et de s'orienter vers la réduction du rôle des armes nucléaires et de rechercher la paix et la sécurité dans un monde sans armes nucléaires. Nous pensons que, même dans l'OTAN, nous devrions discuter de ce que nous pouvons faire pour se rapprocher de cet objectif politique global.

Notre réunion à Tallinn, qui a lieu à la veille de la Conférence de révision du TNP, nous donne l'occasion d'ouvrir un débat approfondi sur ces questions et d'élaborer des orientations pour le processus de nouveau Concept stratégique. La Belgique, l'Allemagne, le Luxembourg, les Pays-Bas et la Norvège proposent donc d'inclure le sujet de la politique nucléaire de l'OTAN dans notre environnement de sécurité qui évolue dans l'agenda de cette réunion.

Nous abordons cette discussion d'un point de vue réaliste. Notre politique future exige le plein appui de tous les Alliés. L'OTAN est en train de définir sa direction dans un environnement de sécurité en évolution. Nous considérons que notre initiative comme une contribution à ce débat. Il s'agit d'une occasion à ne pas manquer.


Steven Vanackere (Belgique),

Guido Westerwelle (Allemagne),

Jean Asselborn (Luxembourg),

Maxime Verhagen (Pays-Bas),

Jonas Gahr Store (Norvège)

(NB : ministres des Affaires étrangères de leur pays respectif)

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27 février 2010 6 27 /02 /février /2010 16:39
MV Navios ApollonL'information est confirmée par le QG d'Atalanta, l'opération européenne anti-piraterie, basé à Northwood (Londres).

Le vraquier grec Navios Apollon, naviguant sous pavillon panaméen, a été libéré par les pirates. Une rançon a été "droppée" sur le navire, le 27 février matin (son montant n'a pas été précisé mais les agences de presse mentionnent le montant de 7,5 millions de $). Le MV Navio Apollon avait été capturé le 28 décembre à 200 miles nautiques à l'est des Seychelles, alors qu'il faisait route de la Floride vers la Thaïlande. Il compte un équipage de 19 personnes à bord (1 Grec et 18 Philippins). Le navire est suivi à distance par un avion de patrouille maritime d'Atalanta. Mais aucune demande d'assistance précise n'a encore été reçue indique le QG d'Atalanta.


Le chimiquier MV Pramoni, un navire indonésien de 20.000 tonnes, affrété par une société norvégienne, et battant pavillon singapourien, avait été capturé le 1er janvier dans le Golfe d'Aden, avec un équipage de 24 personnes (17 Indonésiens, 5 Chinois, 1 Nigérian, 1 Vietnamien). Il était ancré au large d'Eyl, une des bases principales des pirates somaliens. Le QG d'Atalanta a également confirmé, le 26 février, suivre "attentivement" la situation.
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Piraterie Golfe d'Aden - Océan Indien
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