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27 février 2010 6 27 /02 /février /2010 14:26
Après le tremblement de terre au Chili et les risques supplémentaires de tsunami sur toute la côte pacifique de l'Amérique, le centre de crise de la Commission européenne a été placé en alerte, a confirmé la commissaire européenne à l’Action humanitaire et la Réponse de crises (voir mon premier tweet ce matin). « J'ai suivi de près les nouvelles tout au long de la nuit au sujet du tremblement de terre au Chili. Tout d'abord, je voudrais présenter mes condoléances aux familles des victimes. J'ai immédiatement activé le Centre de Crise du Mécanisme européen de Protection Civile (MIC). J'ai également demandé la mobilisation immédiate des experts humanitaires ECHO afin de se tenir prêts pour mener des missions d'évaluation de besoins si nécessaire. » a déclaré Kristalina Georgieva. « Le MIC continue à suivre la situation et la Commission se tient prête à répondre à toute demande d'assistance qui pourrait émaner des autorités chiliennes et à coordonner les efforts européens si nécessaire » a-t-elle ajouté.

La Commission européenne européenne a une délégation à Santiago du Chili qui suit la situation de près avec le centre de crises établi à Bruxelles (MIC et ECHO). Tandis que l’office humanitaire de la Commission européenne (ECHO) a des bureaux régionaux à Managua ainsi qu'à Bogota et à Quito.

Commentaire : on peut remarquer la réaction rapide publique de la nouvelle commissaire Georgieva,
qui est aujourd'hui en déplacement vers Haïti pour une visite de terrain de cinq jours. Un double « baptême du feu », après l’entrée en fonction, de la nouvelle Commission européenne, le 19 février. La leçon d'Haïti semble avoir portée. Un dispositif identique avait, bien, été mis en place à Haïti ; mais la Haute représentante, Catherine Ashton, avait alors mis 48 heures à réagir publiquement et paru à la remorque des évènements. La nouvelle commissaire bulgare qui a été "parachutée" en dernière minute à la Commisson europénne, suite à la défection de la première commissaire désignée Jeleva, confirme ainsi la première impression positive générale, dégagée après son audition au Parlement européen. « Elle a tout compris » m'ont confié plusieurs experts du dossier. « Nous avons gagné au change » expliquaient des eurodéputés, dont les avis concordaient. Au vu des premiers pas de la nouvelle commissaire, on ne peut qu'acquiescer. 
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Amériques - Haïti
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26 février 2010 5 26 /02 /février /2010 20:24
FHQ-Sweden-Eunavofor100226.jpgVoici le prochain Etat-major de force qui commandera l'opération européenne de lutte anti-piraterie de l'UE Atalanta sur zone, à partir du 14 avril.

Dirigée par un Suédois,
Jan Thornqvist (comme je l'annonçais il y a quelque temps), il prendra le relais des Italiens. Au total, 26 officiers de 7 Etats (Suède, Belgique, Finlande, Grèce, Italie, Norvège, Espagne) seront à bord du Carlkrona. Tout le monde était là cette semaine pour un briefing opérationnel au QG d'opération (OHQ) à Northwood, près de Londres.

Durant la visite, l'admiral
Thornqvist a aussi été invité au commandement de la composante maritime de l'OTAN (c'est juste à coté... quelques marches à franchir), où il a pu rencontrer le vice-commandant d'opération, le Vice-Admiral Hans-Jochen Witthauer, son chef d'Etat-Major, le Rear Admiral Hank Ort, et le futur commandant de Force pour la CTF 508 (OTAN), le Commodore Steve Chick. Le tout dans « une bonne ambiance » relate un officier d'Atalanta.

Nb : messieurs, inutile de me demander les coordonnées de la belle blonde sur la gauche, je ne l'ai pas... (crédit photo : Eunavfor Atalanta)
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Piraterie Golfe d'Aden - Océan Indien
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26 février 2010 5 26 /02 /février /2010 18:03
RasmussenPalma-1838acNgv.jpg(Palma de Majorque) Anders Fogh Rasmussen a habilement profité de l’absence de la Haute représentante de l’UE pour faire une intervention remarquée en séance et une conférence de presse en solo. Beau coup médiatique...

Le secrétaire général de l'OTAN semblait y tenir particulièrement puisqu'il n'a pas hésité à faire le pied de grue, pendant au moins 20 minutes, dans un canapé de l'hôtel où se tenait la presse, pour pouvoir accéder à la salle principale de conférence de presse (plutôt que la petite salle réservée aux "délégations"). Ayant planté le drapeau de l'OTAN sur l'estrade (au grand dam des "Européens" présents), il a ainsi donné un brillant cours de géopolitique... pas très loin de la désinformation.

Quand Anders Fogh règle le problème chyprio-turc en deux temps, trois mouvements...

Les propositions de Rasmussen. Anders Fogh Rasmussen
a, surtout, insisté sur la nécessité de briser le blocage qui existe entre les deux organisations. Il est « absurde que l'UE et l'Otan soient sur les mêmes théâtres mais ne peuvent conclure un accord de sécurité » a-t-il expliqué devant la presse. Et il a fait « trois propositions pour briser ce blocage » : 1° Un arrangement administratif conclu par l’Agence de défense européenne et Turquie ; 2° L’UE et la Turquie signent un accord de sécurité bilatéral ; 3° Une implication plus active des contributeurs non-UE dans le processus de décisions pour les opérations ». Rasmussen a cité, en exemple, ainsi « l’expérience de l’OTAN en Afghanistan pour associer de façon étroite et très active les pays non-membres à l'opération de l'ISAF ». Et il a souligné « que la Turquie est le deuxième contributeur à l’opération (de l'UE) en Bosnie-Herzégovine ». Bien entendu, a-t-il reconnu, en réponse aux questions des journalistes, « l’aspect politique de la relation UE-OTAN est vraiment sensible. Mais cette sensibilité ne peut être une excuse pour rester plus longtemps comme cela ».

La réaction de Chypre. Le ministre de la Défense chypriote, Costa Papacostas, a manqué de s'étrangler à cette (re)lecture de l'histoire. En séance, il l'a d'ailleurs fait
remarquer : « Nous sommes ouverts à trouver des moyens pratiques de coopération. La meilleure manière de coopérer avec l’OTAN serait un accord politique. Mais l’UE est à 27. Et l'attitude de la Turquie de ne pas reconnaître Chypre est provocatrice et ne permet pas à Chypre de faire autrement (que de bloquer l'accord). » Nous attendons « un geste » a-t-il expliqué. Une attitude soutenue par plusieurs délégations, semble-t-il. (1)

Commentaire : qui bloque qui ? Les propositions de Rasmussen ne sont pas vraiment nouvelles. Et le secrétaire général de l'OTAN connaît parfaitement la dimension de politique internationale du problème. Si Chypre bloque toute relation avec la Turquie, c'est que ce dernier pays non seulement ne reconnaît pas Chypre mais soutient militairement la "république de Chypre Nord" reconnu par aucun Etat (mis à part la Turquie) et y maintient ses forces armées. De fait, il y a occupation illégale d'un territoire par un Etat membre de l'OTAN d'un Etat membre de l'UE. C'est d'ailleurs le seul bout de territoire de l'UE où, est en présente en masse, une force militaire étrangère. Et sur le continent européen "élargi", avec la présence russe en Abkhazie, en Ossétie du sud et en Transnistrie, c'est le cas le plus ancien d'appropriation "illégale" du territoire d'un Etat par un autre (sous le même prétexte d'ailleurs de protection de "ses" coreligionnaires).

(1)
Chypre vient de protester auprès de l'ONU contre la violation de son espace aérien lire

(crédit photo : Rasmussen à Palma de Majorque lors de la conférence de presse, © NGV)
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Défense UE (droit doctrine politique)
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26 février 2010 5 26 /02 /février /2010 16:00
ReparElectriciteHaiti-Esp100223.jpgC'est la marine espagnole qui l'annonce. Les sapeurs de marine du Castilla, le navire de l'Armada envoyé à Haïti, ont terminé la réparation de la centrale électrique qui alimente les trois municipalités de la région du Petit-Goave (Haïti), localité située à envion 70 kms de Port-au-Prince.

Cela permet d'assurer l'approvisionnement durant 12 heures par jour. Pour cela, les Marines ont réparé et surtout repositionné les 2 groupes électrogènes de la centrale et le réservoir de carburant. Sous le coup du tremblement de terre, tout avait été déplacé et bousculé.

Le problème reste cependant toujours le manque d'approvisionnement en combustible. Mais les Espagnols espèrent qu'avec la normalisation de l'arrivée des fournitures à Haïti (remise en état du port, des routes et de l'aéroport), et les réparations effectuées, on revienne vite à une fourniture d'électricité dans la ville à 24 heures par jour.

Le Castilla fait partie de l'effort européen face au séisme qui a frappé l'ile d'Haîti, coordonné dans la partie militaire par la cellule EUCO du Sitcen (le centre de situation de l'Union européenne)
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Amériques - Haïti
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26 février 2010 5 26 /02 /février /2010 15:30
Image-19.pngLe ministère belge de la Défense s'apprête à lancer, officiellement, son propre site pour la future présidence belge. Ouverture officielle, le 1er mars. Mais vous pouvez déjà y accéder, ici. Objectif : donner toutes les informations avant la rencontre informelle des Ministres de la Défense, les... 23 et 24 septembre, à l'International Convention Centre (ICC) de Gand !

Madame Ashton est prévenue, et peut déjà le mettre sur son agenda

Ce site est déjà, en place, depuis quelques semaines. Mais les Belges ont, fort diplomatiquement, attendu la fin de l'informelle Défense des Espagnols. Il contient encore peu d'informations mais va s'épaissir au fur et à mesure qu'on se rapprochera de l'évènement. Il y a du temps après tout. On est encore sous présidence espagnole. Pour l'instant, on trouve toute une série de liens, notamment vers les ministères de défense nationaux, ainsi que des photos des opérations. Toujours utile... .

Et ce en 4 langues : les 3 du pays (néerlandais, français, allemand) + l'anglais. Une petite leçon de multiliguisme pour la plupart des sites officiels européens qui restent, depuis des années, monolingues.
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Europe pouvoir - Traité de Lisbonne
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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 15:40
(A Palma de Majorque) C'était une demande de plusieurs ministres de la Défense de l'UE : avoir des réunions plus régulières et surtout "formelles" c'est-à-dire ayant une capacité autonome de décision. « Tout le monde est d'accord sur cette question » a précisé Carme Chacon lors de sa conférence de presse finale. Et d'expliquer : « Le Traité de Lisbonne renforce la politique de défense. Dix ans après le lancement de la politique de défense européenne, il faut renforcer notre rôle, institutionnellement. C’est une évidence. Il faut une instance au niveau européen qui puisse formaliser toutes les décisions que nous avons à prendre sur les opérations militaires, les capacités de défense, la mise en oeuvre des clauses de défense mutuelle et de solidarité. »

 

La position de C. Ashton. Cette déclaration rejoint, parfaitement, le propos de Catherine Ashton (la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité commune). Et Carme Chacon y a fait référence. Dans la lettre qu'elle a envoyée aux Ministres (et qui m'est parvenue, par erreur ), la HR précise que : « Des rencontres régulières de ministres de la défense sont essentielles pour guider le travail au coeur de la PeSDC, notamment pour lancer de façon efficace les opérations militaires et de l'UE et poursuivre notre travail de développement des capacités. » « Je suis personnellement engagée (sur cette question) », ajoute-t-elle.

 

Pourquoi un Conseil "formel" ? Aujourd'hui, il y a une réunion informelle (non décisionnelle) et une réunion formelle des Ministres de la Défense, chaque semestre. Mais cette dernière réunion se tient dans le cadre d'un Conseil des Ministres des Affaires étrangères. Et toute décision des Ministres de la Défense (par exemple le lancement d'une opération militaire, type Atalanta) est formellement prise par leurs homologues des Affaires étrangères. Ce qui est gênant, à tous point de vue (politique, sécurité, opérationnel, visibilité...). De plus, l'agenda est totalement encombré, ce qui laisse très peu de temps à de réelles discussions.

 

Concrètement ? Il y aurait un Conseil des Ministres des Affaires étrangères, en format ministres de la Défense, avec capacité décisionnelle autonome pour eux (comme il y a un Conseil des Affaires étrangères en format "Commerce" ou un Conseil des Ministres de l'Economie, en format Budget). On ne semble pas s'acheminer - pour l'instant - en effet, vers la création d'une nouvelle formation en tant que telle pour les Ministres de la Défense. Pour diverses raisons. Cela supposerait de réviser le règlement intérieur du Conseil, d'avoir une décision du Conseil européen voire (et surtout) de modifier le Traité. Celui-ci prévoit, en effet, formellement un Conseil des Affaires étrangères et un Conseil des Affaires générales (article 16). Et il précise que tout Conseil hors les Affaires étrangères est présidé par la présidence tournante de l'UE. Toute formation nouvelle ferait ainsi perdre à la Haute représentante de l'UE, son rôle d'unité de la politique étrangère et de la sécurité commune. Impensable... Sans compter que cela pourrait susciter quelques jalousies (les ministres de l'Intérieur opèrent dans le même Conseil que leurs homologues de la Justice, etc...).

 

Quelques questions à régler. Si accord il y a, il est pour l'instant politique. Il reste à voir les modalités concrètes, notamment : combien de réunions tenir ? Est-ce en même temps et en présence des Ministres des Affaires étrangères ? Quid des réunions informelles ? Les ministres des Affaires étrangères, concernés au deuxième chef, seront-ils tous d'accord également ? Etc... la discussion va désormais se poursuivre. Le prochain rendez-vous fixé est le conseil (jumbo) des Ministres des Affaires étrangères et de la Défense, les 26 et 27 avril à Luxembourg, où un débat au niveau ministériel aura lieu, à nouveau, sur la question. Le passage à l'acte pourrait donc avoir lieu plutôt sous présidence belge de l'UE (au 2e semestre 2010).

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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Défense UE (droit doctrine politique)
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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 11:33

CarmeChaconMinDéfens@Esp100225(A Palma de Majorque) Les 7 Etats partenaires de l'Airbus A400M ont reçu hier soir une lettre signée d'EADS acceptant en grande partie le "deal financier" conclu et donnant une tonalité plus optimiste. Nous sommes dans « le processus final de décision » explique son signataire. Mais il reste des « détails limités » à régler. De quoi réjouir Carme Chacon, la ministre espagnole de la Défense, qui de façon un peu anticipée, au début de la réunion annonçait un « accord de principe » des 7 ministres avec "quelques détails techniques" à résoudre (lire ici).

Une petite étape. La déclaration finale qui doit être signée par les 6 ministres de l'UE présents (ainsi que le ministre turc) et publiée dans quelques minutes souligne « le progrès significatif réalisé durant les négociations avec l'industriel. La lettre d'EADS doit (maintenant) être évaluée. Nous espérons que cela aidera à atteindre un accord ».
Ajoutant (ce qui reprend la déclaration déjà faite à Istanbul) « L'A400M est le programme le plus ambitieux, il représente une étape importante de la base technologique européenne et une amélioration significative pour la politique de défense et de sécurité commune ».

Prudence d'autres partenaires. Le Ministre français de la défense, Hervé Morin (que nous avons pu rencontré ce matin avec quelques collègues journalistes), se voulait cependant plus prudent, parlant d'une étape de plus. « Nous avançons pas à pas. On n'est pas encore au stade conclusif. Mais, au moins, cela permet de rouvrir la discussion au niveau des directeurs d'armement qui étaient bloquées depuis plusieurs semaines. » Entretemps, le porte-parole du ministère de la défense français, donnant un ton plus optimiste, a confirmé que la prochaine réunion, fixée au 8 mars, pourrait être une réunion conclusive.  Du coté allemand, britannique, comme belge, on se montre cependant plus dubitatif, estimant que nombre de sujets restaient encore à régler.

Les points en discussion

Pas de réduction substantielle du programme. EADS veut que les Etats partenaires s'engagent pour ne pas réduire de façon substantielle l'enveloppe du programme. Le Royaume-Uni a déjà annoncé qu'il diminuait sa commande de 3 avions, passant ainsi de 25 à 22. « Si on en reste à ce chiffre, cela ne pose pas de problème. Si l'on continue sur cette pente, cela est dommageable au programme, selon EADS » a précisé un expert ministériel.

Révision de certaines spécifications. EADS voudrait revoir certaines spécifications, notamment celle permettant le suivi du terrain à basse altitude (*) .

La répartition et le statut des avances remboursables. « La France est prête à prendre sa part et payer 400 millions d'euros » sur le 1,5 milliard d'euros, a confirmé Hervé Morin. « Ce sont des avances à l'export. Je crois réellement aux capacités à l'exportation de cet avion. Il n'est pas plus cher que le C130J, il permet plus d'emport, il a une capacité autant tactique que stratégique. » Les autres pays n'ont pas, pour l'instant, indiqué le montant qu'ils étaient à prendre en charge. Pour les Espagnols, la répartition de cette avance doit être conforme aux commandes passées « sinon il faudrait revoir la répartition industrielle du programme ». Une petite pique qui paraissait adressée aux collègues allemands, qui semblent avoir des difficultés à passer à la caisse, mais était surtout destinée aux cousins anglais. Le réel problème semble, en fait, britannique sur la question. Selon les explications d'un proche du dossier (non-britannique), le Royaume-Uni voudrait, avant de s'engager sur un montant, bien préciser que cette avance remboursable... sera remboursée, avec des intérêts au besoin. A Londres, on craint que cette avance reste éternelle : on voudrait définir donc une date et surtout une clause d'intérêt pour ce prêt.

(1) L'A400M dispose de deux atouts spécifiques : le Terrain-Reference Navigation System (TRN – Eads) et le Terrain masking low level flight (TM-LLF – Eads).

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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Marchés de défense - Industrie
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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 11:25
Cmi-Defense--Esp100225.jpg(A Palma de Majorque) L'absence de Catherine Ashton (la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité commune) de la réunion informelle des ministres de la défense continue de faire jaser. « Son absence a été diversement appréciée autour de la table » a commenté Hervé Morin, le ministre Français, devant quelques journalistes en début de matinée. « Je trouve particulièrement savoureux que nous devons évoquer les questions des relations entre l'UE et l'OTAN, que le secrétaire général de l'OTAN soit là et qu'il n'y ait personne pour l'UE, pour la première réunion mise en place du Traité de Lisbonne. » Propos repris en séance par plusieurs ministres : le Belge Pieter De Crem et le Hongrois Imre Szekeres notamment... (deux pays qui vont succéder à l'Espagne pour la présidence de l'UE). Un constat partagé, coté allemand, de façon officieuse...

Avertissement diplomatique... « Elle nous a manqué » a précisé, fort diplomatiquement, un haut responsable de la délégation, accompagnant sa réflexion d'un froncement de sourcils pour bien faire comprendre la signification négative de son commentaire. « Il faut espérer qu'à l'avenir son agenda soit mieux planifié. » « Nous espérons surtout que madame Ashton puisse rapidement nous présenter des propositions sur le service d'action extérieur. Il est temps » a-t-il ajouté expliquant combien il est difficile d'avoir une discussion au niveau ministériel, avec des responsables de l'administration européenne étaient autour de la table, dont on ne sait pas très bien où ils se situent dans la future hiérarchie.

(crédit photo : présidence espagnole)

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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 11:00

(A Palma de Majorque) Si l'Espagne et la France ont été les premiers à annoncer leur participation à la mission européenne de formation des militaires somaliens (EUTM), ils ne sont pas les seuls. Selon les derniers chiffres communiqués, hier à la réunion informelle des ministres de la Défense de l'UE, l'Espagne fournira 15 personnels au Quartier général et 30 formateurs spécialisés en guérilla urbaine et recherche d'IED, la France environ 30 personnes ; l'Allemagne : une contribution "adéquate" d'un format équivalent (entre 20 et 30 personnes selon un expert allemand) ; l'Italie : environ 20 personnes de différentes armes ; le Portugal : 17 formateurs ; la Grèce : 5 personnes, le Royaume-Uni : 1 planificateur. La Pologne, la Belgique et Malte avec des instructeurs dont le nombre exact reste à définir, etc... Quant au service médical - qui est une nécessité de terrain et une condition mise par certains Etats pour participer à la mission - on est toujours en train de le rechercher. Mais sa dimension et son format ont été réduits, ce pourra ne pas être un vrai rôle 2.

Nb : la décision cadrant la mission EUTM Somalia a été publiée au JO L044 . détails ici

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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Afrique Est - Somalie Ouganda
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24 février 2010 3 24 /02 /février /2010 18:18
CarmeChaconMinDefens-Esp100225.jpg(Palma de Majorque) Face à l'absence de Catherine Ashton, la Haute représentante de l'UE, certains ministres jouent l'indifférence. « Nous aurons d'autres occasions de parler avec la Haute représentante » me précise Christian Schmidt, le secrétaire d'Etat parlementaire allemand à la Défense. « Et nous allons pouvoir échanger avec le secrétaire général de l'OTAN », qui est là, ajoute-t-il sans ironie aucune.

D'autres n'y vont pas avec le dos de la cuillère, comme le secrétaire d'Etat néerlandais, Jack De Vries, qui envoie un petit mot sur Tweeter, entre deux réunions, disant tout haut ce que tous pensent tout bas : « We hebben nu dan wel een EU-president en Hoge Vertegenwoordiger, maar die, mw. Ashton, schittert door afwezigheid. Solana was er altijd » (nous avons bien maintenant un président de l'UE et un Haut représentant. Mais madame Ashton a brillé par son absence. Solana (lui) était toujours là).
Le ton est donné !

Les Espagnols regrettent. La présidence espagnole était amère et n'a pu s'empêcher de la faire savoir. Carme Chacon a ainsi, devant ses homologues, « regretté l'absence de la Haute représentante au moment de la mise en oeuvre du Traité de Lisbonne ». Et sur le document de présentation de l'informelle, la présidence a bien pris soin de rajouter que le « secrétaire général de l'Alliance Atlantique, Anders Fogh Rasmussen, est attendu à la séance de travail ». La présidence espagnole a tout tenté, jusqu'à mettre à sa disposition un avion de Madrid à Palma de Majorque. Même si le directeur général du ministère, Luis Cuesta, tente de dissiper le différend — « Nous avons préparé cette réunion en étroite coordination avec la Baroness Ashton. Et nous comprenons les raisons pour lesquelles elle n'est pas là » —... le mal est fait !
Cette absence de la Haute représentante, ou plutôt le refus d'être présent, sonne comme une gifle pour les Ibères.

Les Européens orphelins. Dans les rangs des officiels européens, les visages sont légèrement crispés, même s'ils n'en paraissent rien. On sent un petit peu d'abandon, comme un sentiment d'orphelins. Pour l'UE - et pour la Commission européenne - qui a toujours défendu d'être présent à la table des ministres -, cela ressemble aussi à une sévère gifle. 
Comme l'a résumé, en séance, le ministre Bulgare de la Défense, Anyu Angelov : c'est « dommage » ! Au point que la ministre britannique, la Baroness Ann Taylor de Bolton, s'est sentie obligée de monter au créneau, à son tour, espérant (perfidie suprême) que la Haute représentante pourra au conseil (jumbo affaires étrangères / défense) de fin avril (à Luxembourg), donner son rapport sur le service extérieur...

Une attitude totalement incompréhensible. Pour essayer de comprendre cette absence, on peut avancer plusieurs explications. Je passe sur l'agenda : assister à l'intronisation d'un dirigeant ukrainien, qui n'est pas le plus parfait des démocrates, qui sera de surcroît reçu à la Commission européenne lundi
est tout sauf une bonne excuse. D'autant que la politique de voisinage ne tombe pas dans l'escarcelle du Haut représentant, stricto sensu. D'autres raisons peuvent être avancées, plus personnelle ou plus politique : 1) volonté de revanche sur la présidence espagnole, 2) souci de marquer son territoire et son indépendance par rapport aux Etats membres, 3) manque de vision politique, 4) prisme personnel considérant que la diplomatie est plus importante que la politique de défense, 5) prisme britannique estimant que l'OTAN suffit pour la politique de défense européenne et qu'il n'y a pas nécessité d'avoir une politique de défense commune de l'UE, etc... Aucune n'est franchement satisfaisante. Je dois l'avouer.

Il est un fait avéré : en ne venant pas, politiquement, diplomatiquement, professionnellement, la Haute représentante a marqué un but contre son camp, contre une meilleure coordination des politiques européennes, dont c'est justement le thème ce jeudi !

(crédit photo : présidence espagnole de l'UE)

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logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.