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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 22:47

AvigdorLiberman.jpgOfficiellement, bien sûr, le sujet n'est à l'ordre du jour du Conseil des Affaires étrangères, ce lundi. Bien sûr ! Plus généralement la question du Moyen-Orient qui a été abordée récemment au sein du COPS (le comité politique et de sécurité de l'UE), qui pouvait être discutée n'y figure plus. Le sujet n'est pas encore mûr. Mais Avigdor Lieberman sera bien là dans les couloirs du Conseil des Ministres de l'UE.


Plusieurs rencontres officielles et officieuses. Le ministre des Affaires étrangères et vice-premier ministre israélien qui est, à Bruxelles, doit en effet rencontrer plusieurs de ses homologues européens: le Britannique, le Belge, le Roumain et le Slovène (selon son programme officiel). Une rencontre est prévue également avec Catherine Ashton, la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, ainsi qu'avec plusieurs parlementaires (Jerzy Buzek, le président du Parlement européen, Joseph Daul, leader du PPE, et Michał Kamiński, leader des Conservateurs).


Enjeu des discussions : L'Etat palestinien et les "passeports" du Mossad... Objectif officiel de ces entretiens : examiner "comment renforcer la coopération entre l'UE et son pays" et discuter des "modalités pour empêcher l'Iran de se doter de capacités nucléaires". Mais l'objet de ces entretiens devrait aussi avoir pour objet de prévenir toute tentation parmi les Etats membres d'aller plus loin vers un encouragement à la création d'un Etat palestinien. L'Espagne et la France, notamment poussent en ce sens. Bernard Kouchner l'a déclaré ce week-end au  Journal du Dimanche : « On peut envisager la proclamation rapide d’un Etat palestinien, et sa reconnaissance immédiate par la communauté internationale, avant même la négociation sur les frontières. Je serai tenté par cela. Je serai tenté par cela. (...) Je ne suis pas sur d’être suivi, ni même d‘avoir raison. » Tous les pays européens ne sont pas sur la même longueur d'onde (1). Au passage, le ministre, réputé peu diplomate, aura une tâche particulièrement délicate : tenter de déminer la question des passeports (diplomatiques?) utilisés par les agents du Mossad pour exécuter un responsable du Hamas à Dubaï il y a un mois.


(1) La question avait été évoquée fin 2009, Lire :
Jerusalem capitale de deux Etats, reculade ou avertissement ...
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Proche Orient - Israel Liban Palestine
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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 15:00
Une dernière réunion entre les partenaires de l'avion militaire européen, Airbus A400M, aura lieu en marge de la réunion informelle des ministres de la Défense de l'Union européenne, à Palma de Majorque (Baléares), les 24 et 25 février. Objectif tenter de définir un accord supplémentaire pour permettre la poursuite du programme, la dernière offre des Etats participants n'étant pas accueillie totalement favorablement par l'industriel, EADS.

Cette réunion aura un intérêt notable non seulement par les sujets mis officiellement à l'ordre du jour mais aussi par les rencontres qu'elle permettra.


Le tour des opérations et la crise économique. Classiquement, la réunion des ministres de la Défense est l'occasion de faire le tour des missions militaires déployées sur le terrain : l'opération anti-pirates EUNAVFOR Atalanta et la future mission de formation des forces de sécurité somaliennes EUTM Somalia, la transformation de la mission Althea en Bosnie-Herzégovine en une mission de formation et de conseils auprès des forces armées bosniaques; et la progression de l'action EUCO-Haïti de coordination de l'aide d'urgence après le tremblement de terre en Haïti (article à venir). Elle est aussi l'occasion de faire le tour des capacités (les Headline goals), question aujourd'hui plus cruciale que jamais avec la crise économique et budgétaire qui frappe tous les Etats européens, en particulier la Grèce, l'Espagne et le Portugal mais aussi le Royaume-Uni.

Capacité de réaction rapide. La présidence espagnole veut mettre le focus sur quelques sujets, en particulier :
renforcer les capacités européennes de réaction immédiate dans la gestion de tous les types de crises, y compris les catastrophes naturelles, promouvoir des programmes européens de formation et d'échange dans le domaine militaire et mieux coordonner les ressources militaires et civiles afin de répondre plus efficacement aux nouveaux risques.

Coopération 5+5. Cette réunion sera aussi l'occasion de faire le point des coopérations régionales, avec la Méditerranée comme avec l'OTAN. Ainsi une réunion sera organisée avec les partenaires méditerranéens de l'initiative 5+5 sur la coopération sur la sécurité dans la région euro-méditerranéenne, un "truc" qui n'a jamais vraiment fonctionné. Il sera savoureux cependant de voir ce que le ministre de la Défense libyen a à dire aux Européens, après la suspension de l'octroi de visas aux citoyens de Schengen (suite au litige libyen-suisse mettant en cause notamment un fils de Kadhafi).

Le secrétaire général de l'OTAN. Une autre réunion portera sur le partenariat stratégique avec l'OTAN, avec le secrétaire général de l'Alliance atlantique,
Anders Fogh Rasmussen. Réunion rituelle qui prendra un double intérêt particulier : d'une part, avec la crise politique aux Pays-Bas justement sur la crise afghane et alors que l'offensive de Marjah est en développement ; d'autre part, avec la déclaration belge prônant un retrait de toutes les armes américaines nucléaires du territoire européen (lire : Us (Nuclear) Go home ?).

Quant à la Haute représentante de l'UE, sa présence sera en... pointillé. Lire ici.

Télécharger la fiche photos des ministres présents
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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 14:50
La Haute représentante de l'UE, Catherine Ashton, ne pourrait faire qu'un "saut" à la réunion informelle des ministres de la Défense à Palma de Majorque. Selon son agenda, elle est, en effet, à Moscou le mercredi 24 pour une réunion des ministres des Affaires étrangères et à Madrid, le jeudi 25, pour une réunion des commissions des Affaires étrangères des parlements nationaux. Et, il n'est pas encore sûr qu'elle puisse avoir le temps d'aller à Palma, autrement que pour quelques heures. Ce qui serait une première pour une réunion des ministres de la Défense de l'UE.

Cela ressemble à un geste de mauvaise humeur à l'égard de la présidence espagnole qui présidera la réunion, comme d'habitude. Mais c'est surtout un signe politique d'une certaine désaffection, voire de défiance de la Britannique à l'égard d'une politique de sécurité et de défense commune. Lors de ses auditions au Parlement européen, C. Ashton n'avait pas d'ailleurs caché son manque d'intérêt pour la question et sa méconnaissance du sujet, remarquées par tous les députés présents (
Lire : La vision très british de Catherine Ashton sur la défense européenne ).

NB : Javier Solana, l'ancien haut représentant, était toujours présent, très présent, lors de ces réunions, sans que cela ait jamais posé de problème véritable avec la présidence tournante (autre que de protocole).
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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 14:33
Le SITCEN est sans doute un des services les moins connus de l'UE. Et pour cause, il s'agit d'un service de renseignement et d'analyse de l'information. Ce qu'on peut, en un mot, qualifier de RG européens. Ou du moins de son embryon. Car le nombre de personnes qui y travaillent reste encore modeste. Pour mieux connaître ce service, qui devrait intégrer le Service d'action extérieure de l'UE quand il sera créé, je prépare quelques papiers sur ce sujet. Le premier papier de la série - qui est une présentation "grand public", est paru, aujourd'hui, dans Ouest-France Dimanche
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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 20:25

Le séisme à Haïti a fait finalement 212.000 morts selon le dernier bilan donné par les autorités haïtiennes et l'ONU. Ce qui rejoint le haut de la fourchette donné par le général américain Ken Keen qui a coordonné les premières opérations de secours. 211 (seulement) ont pu être sauvées des décombres par les équipes de secours internationales.  

A quoi il faut ajouter 300.000 blessés, dont 4.000 amputés, et plus d'1 millions sans-abris. 2,6 millions de personnes vivent d'aide alimentaire distribuées par les organisations internationales. Avant le tremblement de terre, il y avait 380.000 orphelins en Haïti. Le nombre d'enfants non accompagnés ou orphelins (en incluant cependant les enfants avec un seul parent) est estimé maintenant à 1 million.

Bilan côté européen

Côté Européens, selon la Commission européenne, on dénombre 55 à 62 morts, dont le numéro 2 de la délégation de l'UE en Haïti (1), et 10 blessés. Toutes les nationalités sont touchés : Espagnols et Français plus particulièrement, mais aussi Autrichien, Belge, Britannique, Italien, Polonais. Plusieurs d'entre eux travaillaient à la MINUSTAH, la force des Nations-Unies pour Haïti, qui a payé un prix lourd pour cette catastrophe : 92 à 99 décès.

A noter que 1583 citoyens européens ont été évacués lors de la catastrophe (en grande partie par les avions français qui faisaient la navette entre Haïti et les Antilles).

(1) Le décès du diplomate européen porté disparu à Haïti confirmé (maj)




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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 16:00

ConvoiMilitAfghanistNeige-Nl1002.jpgA la Haye (siège du gouvernement néerlandais), les discussions entre partenaires de la coalition - socio-démocrates du PvDA d'un coté, chrétiens-démocrates du CDA et de la CU de l'autre - ont duré une bonne partie de la nuit de vendredi à samedi (19 - 20 février). Enjeu : l'engagement militaire néerlandais en Afghanistan. Les premiers (PvDA) étaient pour le retrait des soldats néerlandais dès cette année (comme prévu dans le programme de gouvernement), les seconds (CDA et CU) étaient pour répondre à la demande de l'OTAN de maintenir les troupes, au moins un an de plus. Aucun accord n'a pu se faire. Et le gouvernement a implosé (1). Le Premier ministre, Jan-Pieter Balkenende n'avait donc plus d'autre choix que de remettre sa démission à la Reine Beatrix. 

 

Le retrait : inéluctable ? De nouvelles élections législatives vont être organisées. Et une nouvelle coalition gouvernementale devra être reformée. Cela changera-t-il la donne nationale sur la question afghane ? Ce n'est pas sûr. Car autant le PVV (parti populiste de Geert Wilders) que les partis alternatif (D66) ou Verts sont pour le retour au pays, le plus rapidement possible, des troupes néerlandaises. Et dans l'opinion publique, où la guerre afghane n'a jamais été populaire, il est inutile de chercher un quelconque soutien au maintien des troupes en Afghanistan. Selon un sondage réalisé sur le site du Volkskrant, 75% des votants approuvent la décision du PvDA de retrait des soldats afghans et du gouvernement (sur 9500 votants au moment où j'ai consulté le site). Les pressions importantes menées ces dernières semaines aux Pays-Bas par diverses personnalités de l'OTAN et américaines n'ont pas été payées de retour. Au contraire, même, elles ont été contre-productives...

Un revers pour la stratégie américaine et de l'OTAN

Les Pays-Bas en exemple. Si la nouvelle est confirmée, les soldats néerlandais devront commencer à se retirer de la province d'Uruzgan dès cet été et être achevé avant la fin de l'année. Ce qui nécessitera leur remplacement rapide. Par qui ? Les Néerlandais sont au nombre de 2000 et tiennent une province du sud, l'Uruzgan, particulièrement difficile et stratégique. Peu d'Européens semblent prêts à prendre le relais. Le remplacement par des troupes US signifierait de prendre des troupes sur d'autres fronts. Quoi qu'il en soit, alors qu'une offensive "bruyante" de l'OTAN est engagée à Marjah, ce retrait tombe au plus mauvais moment. C'est un revers sérieux pour la stratégie de "surge" de l'OTAN et des Américains. Car les Pays-Bas sont plutôt considérés comme un allié docile, et inconditionnel de l'Alliance atlantique. On peut se demander si la décision néerlandaise ne pas servir d'exemple, ou d'excuse, et être suivie par d'autres en Europe. D'autant que dans plusieurs pays européens, une division politique s'affirme sur la question de l'engagement en Afghanistan. 10 après, l'intervention militaire occidentale n'est pas vraiment un succès, entend-on de plus en plus souvent, y compris dans la bouche de militaires (lire également : La stratégie de l'Otan en Aghanistan critiquée par un général allemand).

Un tournant de la guerre. Si d'autres retraits ne sont pas à craindre dans un avenir proche, en revanche, l'envoi de renforts supplémentaires européens va devenir sinon impossible du moins beaucoup plus compliqué. Les réticences de l'opinion publique à cette guerre, ajoutées à la crise économique et aux contingences politiques diverses dans les Etats membres seront autant d'embûches sur la route du "surge" militaire. La chute du gouvernement néerlandais est un avertissement sérieux pour nombre de gouvernements européens engagés en coalition ou instables et pourrait servir d'exemple à d'autres pays européens. Un des tournants de la guerre en Afghanistan s'est peut-être joué, cette nuit, dans les cabinets de la Haye, plutôt que sur le terrain. Ce ne sera pas la première fois...


Une division politique s’esquisse-t-elle en Europe sur la question afghane ?

Le débat sur l’Afghanistan commence à prendre une tournure politique en Europe. Jusqu’ici l’intervention en Afghanistan suscitait une sorte de consensus dans la classe politique qui, souvent, à l’inverse de son opinion publique, estimait justifiée et non discutable un important engagement occidental en Afghanistan. Aujourd’hui, une division commence à s’esquisser entre la gauche et la droite. Un changement du en bonne partie aux partis socio-démocrates traditionnels qui ne veulent plus envoyer de renforts, voire remettent en cause la justification de l'intervention. Certes ce mouvement n’est pas sans arrière-pensée électorale et il n'est pas encore majoritaire en Europe. Mais il n’est plus marginal. Exemples...

En Finlande, alors qu'il existe un débat national sur l'opportunité de rejoindre l'OTAN, ce sujet pourrait être un des principaux thèmes de discussion des prochaines élections législatives. Le Parti social-démocrate est hostile à l'adhésion à l'OTAN et réticents à l'envoi de nouveaux renforts. Le gouvernement a déposé à l'assemblée un projet d'envoi de 50 soldats supplémentaires.

En République tchèque, les Socio-démocrates s’étaient très vite opposés au gouvernement de V. Klaus et M. Topolanek, pour bloquer l’envoi de renforts en Afghanistan. (lire également : L'opposition sociale-démocrate CS refuse la mission en Afghanistan - décembre 2008)

En Allemagne, le SPD est devenu fort réticent à l’envoi de renforts supplémentaires, surtout depuis qu'il est passé dans l'opposition. Certes la défaite aux élections et la "concurrence" de Die Linke sur son flanc gauche expliquent ce revirement. Mais on ne manquera pas aussi de constater que cette position revient à une posture plus classique, d'une classe politique allemande, souvent rétive à l'envoi de la Bundeswehr dans des actions militaires offensives à l'étranger (cf. l'Irak).

En Belgique, si cette position est encore minoritaire au sein des partis socialistes, elle pourrait rapidement progresser dans l’avenir. La question ne se pose pas tant de l'engagement en Afghanistan que de la forme et de l'intensité de l'engagement alors que les armées sont engagées dans une restructuration importante (avec fermeture de casernes à la clé). L'ancien ministre de la Défense socialiste, André Flahaut, a - à plusieurs reprises - critiqué son successeur Pieter De Crem (CD&V), sur cette question.

Lire également : Un calendrier de retrait: la seule façon de gagner la guerre en Afghanistan

(crédit photo : armée néerlandaise)

(1) L'Afghanistan n'était pas la seule cause de discorde entre les partenaires de la coalition : l'âge de la retraite repoussé, les mesures de rigueur dues à la crise... ont sérieusement ébréché leur entente.

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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Orient - Afghanistan-Pakistan
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19 février 2010 5 19 /02 /février /2010 15:12
Le slogan est un peu sixtees. Mais il correspond à une réalité au plat pays. Il y a un consensus politique pour estimer que le moment est venu de retirer les armes nucléaires américaines qui se trouvent sur le sol européen. La Belgique est, en effet, concernée au premier chef. Certaines d'entre elles sont entreposées à Kleine Brogel, près de la frontière néerlandaise.

Union sacrée en Belgique. Cela a commencé par une tribune — "Vers un monde sans armes nucléaires" — publiée, vendredi, dans plusieurs journaux du plat pays (Le Soir, De Standaard et Het Nieuwsblad) par quatre "poids lourds" de la politique belge. 4 mousquetaires des temps modernes. Deux anciens Premier ministres : Jean-Luc Dehaene (chrétien-démocrate flamand) et Guy Verhofstadt (Libéral flamand), et deux anciens ministres des affaires étrangères : Louis Michel (Libéral francophone) et Willy Claes (socialiste flamand), ancien secrétaire général de l'OTAN. Le Premier ministre en poste, Yves Leterme (CD&V, chrétien-démocrate flamand)  a aussitôt embrayé. « La Belgique est en faveur d'un monde sans armes nucléaires » a-t-il écrit dans un communiqué, publié sur le site du Premier ministre. Y voir une quelconque concertation serait totalement fortuite .

5 pays à l'avant-garde. Ce sujet devrait maintenant être débattu à l'OTAN, indique le Premier ministre. « La Belgique prendra une initiative en ce sens avec l’Allemagne (*), les Pays-Bas, le Luxembourg et la Norvège dans le cadre de la révision du concept stratégique de l’OTAN cette année ». Yves Leterme reconnaît cependant que « Des avancées concrètes ne seront possibles que moyennant une concertation sérieuse avec les partenaires de l’OTAN et tenant compte des avancées dans les négociations en cours dans le domaine du désarmement. » Le débat est lancé. Et ses auteurs ne manquent pas d'argument...

Le risque terroriste. Les signataires de la tribune veulent, en effet, prendre au mot l’appel lancé par le Président américain. « L'engagement de
Barack Obama en vue d’éliminer toutes les armes nucléaires mérite un soutien urgent » soulignent-ils. Et ils ne manquent pas d'argument. « La guerre froide est terminée. Il est temps d’adapter notre politique nucléaire aux circonstances nouvelles » écrivent-ils. Le risque aujourd'hui se situe ailleurs : « Alors que dans le passé les armes nucléaires ont pu être considérées comme un facteur stabilisateur, aujourd’hui, tant la dissémination des armes nucléaires qui continue de progresser que le risque croissant d’un attentat terroriste exigent une réaction radicale. (...)

La prolifération a le vent en poupe. « Des pays comme le Pakistan, l’Inde et la Corée du Nord se sont récemment joints au club nucléaire. La probabilité que l’Iran et d’autres pays dans la région les suivent est réelle, ce qui conduira à une déstabilisation sans précédent dans cette région déjà tellement instable. » La situation va vite devenir inextricable, soulignent les 4 mousquetaires. « Il est impossible de refuser aux autres Etats d’acquérir des armes nucléaires, aussi longtemps que nous-mêmes en disposons. Le choix est donc clair : un monde où on accepte que de plus en plus d’Etats produisent des armes nucléaires, ou bien un monde où les neuf puissances nucléaires actuelles renoncent fondamentalement à mettre l’accent sur les armes nucléaires et prennent au sérieux l’objectif de les éliminer. » « Aucun argument sérieux ne condamne la faisabilité de cet objectif. » ajoutent-ils.

Le rôle de l'exemplarité. Cet appel est destiné en premier lieu à la Russie. « L’idéal est que ceci se fasse en négociation avec la Russie, afin de réaliser une réduction proportionnelle des armes russes. Néanmoins, il faut parfois avoir l’audace de montrer l’exemple, dans l’espoir que d’autres s’en inspirent. » notent-ils. Mais les Belges prennent bien garde de ne pas mêler cette question avec celle sur le bouclier anti-missiles.
« Le retrait des armes nucléaires ne doit pas être confondu avec le débat sur le bouclier antimissiles. Si l’enjeu est d’éliminer la menace des armes de destruction massive, alors des avancées réelles vers un désarmement général sont plus efficaces que l’option de lier notre sécurité à une technologie aléatoire, qui est de plus perçue comme facteur de déstabilisation par les grandes puissances qui n’ont pas les moyens d’en disposer. Une nouvelle course aux armements doit être évitée à tout prix. »

(*) L'Allemagne plaide déjà au sein de l'OTAN pour un retrait rapide des armes nucléairs
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Défense UE (droit doctrine politique)
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19 février 2010 5 19 /02 /février /2010 14:09
Image-17.pngPour son premier "vrai" déplacement à l'étranger, Lady Ashton, la Haute représentante de l'UE aux Affaires étrangères a choisi les Balkans. Choix parfaitement justifié, à mon sens. Car s'il y a une politique étrangère, une stratégie européenne de sécurité, des battle-groups, ... c'est en grande partie, à cause (ou grâce) du drame yougoslave et du dramatique échec européen des années 1990. Il est bon de remonter aux sources de cette histoire récente avant d'en aborder les contours présents. D'autant que la PeSDC a encore un rôle important dans la région.

L'UE a ainsi toujours quatre missions  militaires, de police ou d'Etat de droit, déployées dans la région : EUFOR Althea et EUPM en Bosnie, EULEX au Kosovo, PAMECA en Albanie. Soit près de 6000 hommes et femmes sous drapeau européen. Ce, sans compter les militaires de la KFOR au Kosovo. Et la question des Balkans est toujours délicate quand on voit les discussions qui ont précédé le lancement de la mission EULEX au Kosovo ou la transformation de la mission Althea en Bosnie. Et certains discussions ne sont pas encore entamées, comme l'éventuel passage de témoin entre l'OTAN et l'Union européenne au Kosovo (un sujet évoqué régulièrement par certains interlocuteurs).

Au camp Butmir, à Sarajevo, en Bosnie-Herzégovine, Lady Ashton a ainsi fait sa première revue de troupes : le bataillon multinational (MNBN) d'un coté, l'unité de police intégrée (IPU) de l'autre. Elle a pu aussi et surtout pu discuter avec le commandant des troupes Eufor (Comeufor), Bernhard Bair (2), des conditions de sécurité dans le pays (1), et envisager le futur de la mission : réduction des effectifs et transformation de la mission en mission non exécutive comme l'en a décidé le dernier conseil des ministres des Affaires étrangères (3
). Lady Ashton s'est ensuite envolée pour Belgrade (à suivre).

(1) Dernier rapport de situation, lire :
Bosnie (dossier) La situation est "calme" au plan de la sécurité, selon Althea
(2) Biographie, lire :
Un Autrichien va prendre la tête d'Eufor Althea
(3) Lire : Pas de nouvelle opération en Bosnie, mais une nouvelle mission au sein d'Althea
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18 février 2010 4 18 /02 /février /2010 19:46
Le retrait d'Afghanistan était une de leurs promesses de campagne, les socio-démocrates (PvDA) entendent bien la tenir. Le leader du PvDA, Wouter Bos, a ainsi exigé que le cabinet (conseil des ministres restreint) - qui se réunit vendredi - mette fin définitivement cette année à la mission des militaires néerlandais dans la province afghane d'Uruzgan. Ruinant ainsi tout espoir de compromis vers une sortie en douceur (1). Quitte à provoquer une crise gouvernementale au sein de la coalition (qui réunit également les chrétiens-démocrates du CDA et de la CU... "La question n'est pas de savoir si le cabinet tombera mais quand" commentent nos confrères du quotidien Volkskrant. Si la nouvelle était confirmée, elle tombe on ne peut plus mal pour l'OTAN engagée dans une offensive, hypermédiatisée, pour reconquérir le terrain perdu à Marjah.

(samedi 20 février) Après plusieurs heures de négociation, aucun accord n'ayant pu se faire au sein de la coalition le gouvernement a implosé sur la question afghane. De nouvelles élections vont être prévues qui devraient obliger à une nouvelle coalition. Mais, mis à part les Chrétiens-démocrates, les autres partis (notamment le PVV populiste et le D66 alternatif) sont opposés au maintien de la mission en Afghanistan.

(1) Lire :
Les Néerlandais pourraient rester en Afghanistan un an de plus
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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 17:26
Des appareils en parfait état de marche, à un prix d'ami. Une affaire ! C'est ce que les Polonais avaient cru en signant ce contrat de fourniture d'appareils de transport avec les Américains, des Hercules C130E rénovés. La réalité est légèrement différente. Tout d'abord, la commande a été honorée avec du retard. Portant sur cinq appareils, elle n'est pas toujours achevée (1) et ne devrait pas l'être avant la fin 2011. Ce qui provoque la grogne dans les rangs de l'armée de l'air polonaise qui comptait sur ses appareils notamment pour l'Afghanistan. Ensuite, le prix de la facture a augmenté proportionnellement avec le retard... De 94 millions de $, il est passé à 111,5 millions $, ce sans compter la location d'avions de remplacement que les Américains ont accepté de prendre en charge (2). Ce que les Polonais refusent, même si le prix de départ n'était pas très cher : un prix d'ami. Enfin la fiabilité ne semble pas au rendez-vous...

Les appareils ne sont pas de prime jeunesse ni d'une fiabilité extrême. C'est le moins qu'on puisse dire...  Sur les deux appareils actuellement en Afghanistan, un est cloué au sol, attendant toujours d'être réparé, alors que la réparation aurait dû être terminée fin janvier.  Le second des appareils a fait un atterrissage d'urgence, début février, sur la base de Mazar-e-Sharif, à la suite d'une panne qui aurait pu coûter la vie à son équipage. Au point que la commission de sécurité polonaise a estimé plus sage de leur interdire de voler tant que toute la lumière ne sera pas faite.

Les C130 ont mal à leurs pièces de rechange. Selon ce qu'en rapporte le quotidien Rzeczpospolita, le chef de la force aérienne, le général Andrzew Błazik, a d'ailleurs mis en garde le ministère de la défense polonais que ces « avions sont en mauvais état. Il y a beaucoup de pannes avec le C130 » explique-t-il. Autre problème évoqué, le « manque de pièces de rechange (...) qui provoque des immobilisations de l'appareil » (NB : un problème commun dans nombre de flottes européennes, pour les Transall également).

(1) Lire également :
Les C130 américains pour la Pologne sont en retard. Eux aussi ... (septembre 2009)
(2) Une grande partie est prise en charge par le programme US : Les C130 Hercules américains livrés en Pologne à partir de mars (mars 2009)
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logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.