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15 février 2010 1 15 /02 /février /2010 23:52
Rear-Admiral-Hudson-and-Lux-Defence-Minister-Jea-Marie-Hals.jpgLe ministre luxembourgeois de la Défense, JM Halsdorf, l'a confirmé lors d'un passage au PC d'Atalanta à Northwood (près de Londres), les avions de patrouille maritime luxembourgeois resteront au service de l'opération européenne anti-piraterie six mois de plus, jusqu'à octobre 2010.

Basés aux Seychelles, ces avions privés, servis par la société CAE Aviation, devaient arrêter leur mission fin mars. Ils le finiront en octobre 2010. Le contrat passé entre le gouvernement luxembourgeois et CAE Aviation est de 4,5 millions d'euros.

Lire également :
Reportage (exclusif): les avions "luxembourgeois" d'Atalanta aux Seychelles
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15 février 2010 1 15 /02 /février /2010 23:28
Airbus400MArr-t-Eads0911.jpgUne solution semble s'esquisser pour désembourber l'Airbus A400M, l'avion de transport militaire européen, du mauvais "trou" où il est tombé. Les 7 pays participants au programme (1) seraient proches de faire une nouvelle offre commune à l'industriel, si on en croit des informations en provenance de Berlin.

L
es pays acheteurs seraient ainsi prêts à prendre à leur charge 3,5 milliards d'euros de coûts supplémentaires, selon
DPA (l'agence de presse allemande) : environ 2 milliards d'euros de différentes contributions et 1,5 milliards d'euros de prêts. Ce qui rapproche les Etats de la demande de l'industriel qui demandait 5,2 milliards d'euros de financement supplémentaires.

La possibilité serait également donnée aux pays qui veulent un prix d'appareil moins cher de ne pas prendre toutes les options techniques prévues au départ. Il faut maintenant qu'EADS accepte cette offre et que les parlements l'approuvent également (le Bundestag, en particulier, ardent défenseur de la rigueur budgétaire).

(1) Allemagne, France, Espagne, Royaume-Uni, Turquie, Belgique, Luxembourg

Lire également : le temps des anathèmes

 

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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Marchés de défense - Industrie
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15 février 2010 1 15 /02 /février /2010 23:25
L'ambassadeur allemand à Bruxelles a fait passer une note, vendredi, à ses collègues européens disant tout son scepticisme sur le mécanisme de co-défendeur qui peut accompagner le dispositif d'adhésion de l'UE à la Convention européenne des Droits de l'homme (CEDH). Mécanisme pourtant au coeur de cette disposition prévue au Traité de Lisbonne. Sur le reste, l'Allemagne soutient cependant l'adhésion de l'UE à la CEDH...

Non au Mécanisme de co-défendeur.
« L'Allemagne ne croit pas nécessaire de créer un mécanisme de codéfendeur (*) sur la participation de l'UE dans les procédures devant la CEDH ». La possibilité d'intervention prévue par l'article 36§2 de la CEDH suffit, souligne l'argumentaire allemand. Elle permet de soumettre des commentaires écrits et de prendre part aux auditions, comme de faire des déclarations lors de ces auditions. La CE a déjà une opportunité suffisante de défendre les intérêts de la loi européenne. L'adhésion de l'UE à la CEDH n'y changera rien. « Il n'est pas admissible d'assimiler la nationalité avec la citoyenneté européenne » précise ce document, s'appuyant sur la jurisprudence de la Cour de justice européenne.

Oui, mais à l'adhésion de l'UE à la CEDH. L'Allemagne souhaiterait qu'une clause de "non-affectation" devrait être incluse dans le traité avec le Conseil de l'Europe, précisant que les droits de l'Union comme des Etats membres ne pourront être atteints par cette adhésion. Elle estime également "souhaitable" l'inclusion d'une clause mentionnant que la compétence de la Cour de justice de l'UE n'est pas affectée par cette adhésion (comme le prévoit l'article 55 de la CEDH). Elle soutient la désignation par l'UE d'un juge à la CEDH et la participation de l'UE aux organes du Conseil de l'Europe compétents.

(*)
Selon ce mécanisme, l'UE interviendrait aux cotés d'un Etat attaqué devant la CEDH
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14 février 2010 7 14 /02 /février /2010 23:21

Les avancés de la PeSDC ont souvent bloqué sur certains points précis, toujours les mêmes. Sur le quartier général (QG) européen permanent notamment. C'est cependant une nécessité. Mener 24 missions civiles et militaires sans avoir un QG permanent n’est pas vraiment raisonnable ni sérieux ! Peut-être est-il donc temps aujourd'hui de régénérer le débat, au besoin en pensant à des solutions alternatives, évolutives.


Pourquoi un QG, aussi proche que possible du centre, et surtout permanent est nécessaire ?

L’intérêt d’un QG d’opération est d’être suffisamment proche du centre de décisions politique et financier. La proximité géographique permet d'être aussi réactif que possible, de pouvoir partager plus facilement les analyses, les échanges avec les principaux responsables politiques (qui sont nombreux à passer à Bruxelles), bref d’être déjà dans la boucle de décision.

Utiliser le QG de l'OTAN est une fausse-bonne idée. Penser que le QG de l’OTAN peut servir en même temps à l’UE n'est pas une idée très sérieuse. Le dispositif Berlin Plus est aujourd'hui moribond (Jamie Shea le reconnaissait il y a peu (1)). Plus aucune opération n’a été lancée sous son égide depuis 2005 (avec la passation entre l’OTAN et l’UE en Bosnie-Herzégovine). Et mis à part le Kosovo (avec une transition identique de la KFOR à une mission de l'UE), aucun terrain ne se prête à une évolution identique. Pas tellement car il y a concurrence entre les deux organisations. Mais parce qu'elles sont différentes dans leur composition et dans leur nature. Elles n’ont pas la même philosophie ni la même approche politique d’un conflit, même si elles peuvent utiliser des moyens communs. Se poser la question si un QG de l'UE va faire doublon avec celui de l’OTAN est une fausse excuse et aussi incongrue que celle de se demander s’il n’y a pas nécessité de n’avoir un seul Conseil des ministres des Affaires étrangères pour les deux organisations ou un seul secrétariat général. Cela ne viendrait à l’esprit de personne... De même, il ne viendrait à l’esprit de personne que l’OTAN n’ait pas de QG. Et que celui-ci soit monté temporairement, à la va-vite, avec les moyens du bord, et les pays volontaires. 

Des tâches spécifiques. L’UE a désormais des tâches qui lui sont propres et ne sont pas remplies par l’OTAN – qui nécessitent un QG basé à proximité du centre de décision politique (le Haut représentant et les Ministres des Affaires étrangères) ainsi que du contrôle démocratique (le Parlement européen). 

Le dispositif actuel tient du bricolage. Le dispositif des QG excentrés à Potsdam (pour le Congo), à Paris (pour le Tchad), à Londres (pour Eunavfor) ne montre pas sa pleine efficacité. Ce sans compter la difficulté qui existe à pourvoir les postes – les forces nationales ne s’empressant pas toujours de pourvoir les postes d’État-major d’autant plus quand l’opération dure… (dans l’opération Eunavfor, au moins un quart des postes n’ont pas été pourvus durant de longs mois).


A défaut de QG militaire permanent, des idées alternatives

Si un QG permanent militaire n’est pas possibles, plusieurs solutions alternatives peuvent s’échafauder. Par exemple :

1. Ramener le nombre de QG nationaux à deux : Paris et Londres, en les spécialisant, l’un pour les opérations maritimes, l’autre pour les opérations terrestres africaines (par exemple). Les QG d’opération de Larissa, Rome, Potsdam semblent trop éloignés pour remplir une fonction.

2. Créer un QG belge à Bruxelles. Rien n’empêcherait peut-être l’armé belge de demander la qualification d’un centre national de commandement pour mener des opérations de l’UE. Cela ajouterait un sixième centre de commandement. Ce ne serait pas officiellement le QG européen rêvé (en dernier lieu) en 2003. Mais cela éviterait les inconvénients des autres QG d’opération. Alors que la Belgique s'apprête (en juillet) à prendre la présidence de l'UE, ce serait une belle réalisation à son actif. Cette solution peut se combiner avec la précédente. On aurait alors un axe Paris-Londres-Bruxelles où le désavantage de la distance serait compensé par les liaisons rapides entre les 3 villes (par liaison TGV pluriquotidienne).

3. Créer un QG franco-allemand à Strasbourg au sein de l'Eurocorps – qui fusionnerait les QG de Potsdam et de Paris.

4. Mettre en place un QG civil renforcé à Bruxelles, un QG civilo-militaire en quelque sorte, qui aurait le soin de soutenir et conduire les missions civiles de défense. Quoi qu’on en dise, bien souvent, ce sont les moyens militaires – au moins pour le transport et les télécommunication - qui sont requis pour nombre de missions de la PeSDC. Cet État-Major aurait la tâche de conduire non seulement les missions civiles, mais aussi les missions de protection civile, et d’évacuation de citoyens ; ces deux dernières missions faisant intervenir des moyens militaires. Les missions militaires resteraient commandées avec un État-Major militaire (tournant). En toute logique, dans cette solution, l’État-Major militaire pourrait se combiner avec la CPCC et la MIC, et deviendrait civilo-militaire. Ce qui serait logique avec la fusion parallèle de la planification au sein de la CPMD. Des difficultés ne manqueront pas de se poser. Mais il y a des similitudes importantes : les obligations qui pèsent sur les civils dans de telles missions de défense sont les mêmes (obligation de confidentialité, sens de la diplomatie, situation risquée …) que celles qui pèsent sur des missions militaires proprement dits. Les moyens logistiques sont parfois identiques. Et l’effectif de certaines missions civiles (Afghanistan, Géorgie, Kosovo) est tel que qu’il se rapproche de missions militaires.

(1) Pour Jamie Shea (OTAN), il faut aller vers un accord "Berlin+ Civil" avec l'UE

 

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12 février 2010 5 12 /02 /février /2010 15:44
Y aura-t-il une mission militaire à Haïti ? Oui et non pourrait-on dire. Oui dans le sens où il y a un développement de la mission EUCO - de coordination des moyens militaires de l'UE (on pourrait parler d'EUCO II). Non dans le sens qu'il n'y a pas vraiment de "nouvelle mission", et même pas de "mission" du tout (au sens de la PeSDC). En fait, la Commission s'est un peu emmêlé les pinceaux dans la chose militaire (ou a voulu faire un coup de comm' diront les méchantes langues). Comme le résume fort diplomatiquement,  un expert du dossier « la communication de la Commission est un peu embrouillée ». Quelques explications s'imposent...

Un petit "couac" dans la communication. Reprenons le fil des évènements. Hier (jeudi) la nouvelle tombe sur les "téléscripteurs" (sur nos mails) : la Haute représentante de l'UE prépare une nouvelle mission militaire pour Haiti. Comme le confirme une dépêche de Reuters : «
L'Union européenne prépare l'envoi à Haïti d'une mission militaire pour fournir avant la saison des pluies, qui débute en mars, des abris aux victimes du séisme du 12 janvier, a annoncé Catherine Ashton, la représentante de la diplomatie européenne » (1).  Interloqué, un porte-parole de la Commission m'aborde et me dit que bon, ce n'est pas tout à fait çà,... Rebelote, cependant, quelques heures plus tard,  un autre communiqué de la Commission tombe, concernant l'aide humanitaire, qui indique : « Together with the upcoming EU military mission aiming to provide shelter this funding will further contribute to alleviating the suffering of the Haitian people ». Il n'y a pas de doute. Apparemment...

Pas une mission mais une action. En fait, il n'y a pas de nouvelle mission en tant que telle. Simplement l'action de coordination européenne des moyens militaires (EUCO), mise en place fin janvier (lire :
Les 27 approuvent la cellule de coordination (EUCO Haïti)) continue son oeuvre. Une première liste de besoins avait été communiquée par l'ONU à l'époque. Entretemps, des agents d'Euco se sont rendus sur place. Et une deuxième liste de besoins vient d'être établie en liaison avec les autorités haitiennes et les Nations-Unies (cf. ci-dessous). Ce n'est pas une mission PeSDC au sens propre mais plutôt une action d’urgence avec des moyens militaires. On pourrait croire que l'on joue sur les mots. Non...

Pourquoi des militaires ? Que vont faire les militaires à Haïti ? Concrètement, le besoin le plus urgent, c'est la mise à l'abri de la population, avec la saison des pluies qui s'avance. Il faut pouvoir reloger plusieurs centaines de milliers de personnes, le rapidement possible. Pour aller vite, il n'y a que des moyens militaires qui peuvent intervenir. Selon mes informations, la liste de besoins, diffusée par EUCO Haiti (faite hier soir) comprend : des besoins de transport, des matériaux, du terrassement, des capacités de construction des moyens sanitaires, de l'ingénierie en bâtiment. On attend encore une confirmation formelle du gouvernement haitien.

Quelle est la différence entre mission et action ? Dans le premier cas (mission), il y a une décision, élaborée en commun, juridiquement approuvée et publiée au JO, avec des règles d'engagement et d'intervention définies par avance (notamment pour répliquer en cas de gagner...), des capacités et un budget sinon commun mais au moins partagé. Le tout sous un commandement intégré européen : un commandant de force qui une certaine latitude d'action (notamment pour réagir en cas d'urgence ou de légitime défense), un commandant d'opération (qui donne notamment l'autorisation d'appréhender un individu, exemple pirate en Somalie, ou de tir), et en dernier lieu, la Haute représentante de l'UE qui (dans tous les cas) est avertie. En cas de dérapage, c'est la responsabilité de l'UE qui peut être engagée (au sens propre : budgétairement parlant). Dans le second cas (action), chaque Etat vient avec ses troupes, son modus vivendi, ses règles d'intervention. Mais simplement pour éviter une duplication de moyens et une "impression" d'anarchie, l'Union européenne centralise les demandes et besoins des uns et des autres et les retransmet à tous. Ainsi un avion britannique ou belge pourrait transporter des moyens de secours slovaque ou polonais et les bateaux espagnol ou français être mis à disposition des autres. En gros, utiliser intelligement les forces et jouer groupé plutôt que divisé.

Quelques commentaires

Sur la communication. On reprochait hier, à la Commission européenne de ne pas faire suffisamment de communication. Aujourd'hui, on ne pas quand même pas de lui reprocher d'en faire un peu trop. En réalité, c'est plus simple, la Commission a un peu de mal à appréhender la chose militaire, nouvelle pour elle. En soi, ce n'est pas grave. Mais tout de même, il s'agirait de ne pas renouveler l'exercice et d'être un plus sérieux. Car, autant, on peut faire de la communication sur les autorisations d'OGM (en manipulant un peu l'information, la déformant au besoin). Autant en matière militaire, c'est un peu plus délicat ou un peu plus dangereux. Et il faut faire attention aux termes employés. A ce tarif, là, on peut se retrouver en guerre avec le Costa Rica pour un petit dérapage verbal...

Une mission d'un nouveau genre: EULOG ? Si on pousse la réflexion un peu plus loin, au-delà des mots (mission, action...), cette "action" inaugure un nouveau mode de fonctionnement. A coté des missions militaires de la PeSDC, proprement dites, on va plus souvent que par le passé recourir aux militaires pour diverses missions de soutien — missions de sécurité civile, missions d'aide humanitaire, missions d'évacuation de citoyens... C'est la conséquence même de l'intégration voulue par le Traité de Lisbonne où l'UE dispose de plusieurs volets d'intervention (humanitaire, financier, ... et militaire). Ce, sans nécessairement déclencher toute "l'artillerie" lourde du mécanisme actuelle (décision, IMD, Conops, Oplan...). Mais en ayant une coordination plus légère. Il faudra mettre en place une nouvelle logique de fonctionnement - concept, organisation, etc... -, des règles d'intervention, et choisir un terme de communication plus adapté pour ces missions plus "logistiques" que d'interposition, de formation ou de maintien de la paix. Pourquoi pas une opération logistique,  EU LOG (comme logistique) en abrégé ?

(1) Le collègue de Reuters que je connais bien est un être sérieux et expériementé et n'aurait jamais écrit cette dépêche sans confirmation du coté de Catherine Ashton, dont il est un compatriote.

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12 février 2010 5 12 /02 /février /2010 07:29
La Commission a décidé de verser 90 millions d'euros supplémentaires pour Haïti. Il s'agit de répondre aux besoins urgents, alors que la saison des pluies se rapproche : abris, nourriture, santé, eau et hygiène. « Donner un toit à la population est une priorité clé » a confirmé, hier, Kristalina Georgieva, la commissaire européenne responsable de l'aide humanitaire. Ce financement - venant du fonds d'urgence du budget européen - a encore besoin d'être approuvé par le pouvoir législatif (Parlement européen / Conseil de l'UE).

600 milions d'euros au total. Selon les comptes de la Commission, la réponse financière européenne se monte à 609 millions d'euros (budget UE et budget national), dont 309 millions d'euros d'aide humanitaire (120 millions du budget UE, 189 millions des Etats membres). 300 millions d'euros sont destinés à la reconstruction et la réhabilitation.


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11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 12:30
La mission de l'UE d'assistance aux frontières de la Moldavie et de l'Ukraine (EUBAM) - ou plus exactement le PNUD - recrute plusieurs candidats :

1) International Law Expert on Border Demarcation
http://jobs.undp.org/cj_view_job.cfm?job_id=14763

2) Border Management and Mapping Expert
http://jobs.undp.org/cj_view_job.cfm?job_id=14764

Date limite : 16 février 2010.

La page recrutement d'EUBAM
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11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 01:41
HopitalCampBastion-Uk.jpgAlors que les Alliés s'apprêtent à lancer une vaste offensive dans la province d'Helmand, le bilan dressé par le National Audit Office (NAO), dans son dernier rapport (1), sur le dispositif médical pour le traitement des blessés en Afghanistan montre que celui-ci est performant mais soumis à rude épreuve. "La bonne nouvelle est que mon rapport a conclu que le traitement des personnels sérieusement blessés est hautement efficace. Mais nous voulons aussi souligner la nécessité de continuer à améliorer les plans d'urgence pour les établissements au Royaume-Uni dans le contexte d'un conflit de long terme, et l'importance de redoubler d'efforts pour empêcher la perturbation due à des niveaux croissants de maladie à court terme" (2) note Amyas Morse, le chef du NAO. Ce rapport est aussi intéressant car il donne quelques chiffres des blessés — graves, mentaux ou légers — de la guerre d'Irak et d'Afghanistan - des chiffres souvent passés sous silence. Edifiant.

7% de blessés et malades en permanence... En 8 ans, entre octobre 2001 et octobre 2009,
la guerre d'Afghanistan a fait 522 blessés graves parmi les Britanniques. Le taux de maladie et de blessures légères a presque doublé entre 2006 et 2009, touchant désormais 7% du personnel déployé par semaine (contre 4% en 2006). Il a fait perdre 6.700 jours/homme de capacité opérationnelle, note le rapport. Depuis 2003, 6.900 soldats ont été évacués de retour d'Irak ou d'Afghanistan. Depuis 2006, ce sont 1700 militaires traités pour des questions de santé mentale. S'il note qu'une « petite proportion de personnel demandent un soutien psychiatrique spécialisé en opérations (0,2% en Afghanistan, 0,8% en Irak en 2008-2009), il remarque également l'absence de suivi au retour d'opération.

L
es services médicaux au maximum. Même performant, le service médical britannique est soumis à rude épreuve. L'hôpital de campagne en Afghanistan est ainsi prêt d'atteindre sa capacité maximale, bien que ses moyens aient été augmentés récemment, note les experts du NAO. Même chose au Royaume-Uni. Les blessés graves sont évacués en grande majorité vers un hôpital public du NHS, l'hôpital de Selly Oak (université de Birmingham), puis sont traités dans un centre de réhabilitation du ministère à Headley Court (Surrey). La demande a tellement augmenté que certains soins ont été externalisés à d'autres établissements privés ou du NHS.

Quant au coût, il n'est pas négligeable. Rien que pour 2008-2009, le coût des soins médicaux résultant des opérations militaires est évalué à 71 millions de £ (environ 80 millions d'euros).

(1) "Treating injury and illness arising on military operations", à suivre ici.
(2)
The good news is that my report has found that treatment for seriously injured personnel is highly effective. Alongside this positive finding, we point out the need to continue to improve contingency planning for facilities in the UK in the context of a longer term conflict, and the importance of increased efforts to prevent disruption due to rising levels of short term illness.

Crédit photo
: Picture: Phill Tull, MOD/Crown Copyright 2009. Exercice organisé dans le Yorkshire pour les volontaires en mission, reconstituant les conditions de l'hopital de Camp Bastion en Afghanistan.
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Orient - Afghanistan-Pakistan
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11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 01:25
La mission d'assistance de l'UE d'assistance aux frontières de la Moldavie et de l'Ukraine (EUBAM) vient d'ouvrir un bureau de liaison à Chisinau (Moldavie). L'objectif est de renforcer le service des frontières et des douanes de la Moldavie (qui en a bien besoin), et d'augmenter la sécurité aux frontières tout comme faciliter la circulation des personnes et des marchandises entre les deux pays. Cet office qui n'est situé qu'à quelques kilomètres de la frontière de la Transnistrie aura aussi comme mission de fournir une "assistance technique" à la communauté internationale pour tenter de résoula question de la Transnistrie. Si besoin se faisait sentir, elle pourrait ainsi rapidement se transformer en mission "d'observateurs" (on n'en est pas là mai...).

Ce bureau fait partie de ce que l'on appelle la "phase 7" d'EUBAM qui comprend trois nouvelles structures parmi lesquelles une unité de soutien opérationnel et analytique et une unité de construction des capacités. Il sera concrètement basé en deux endroits au quartier général du service des gardes frontières moldaves et au quartier général du service des douanes. Il sera composé de 2 experts de l'UE et de trois agents nationaux.

La mission EUBAM a été établie en 2005 pour aider à lutter les trafics en tous genres générés par le "trou noir" de la Transnistrie, province sécessionniste de la Moldavie, reconnue par aucun Etat du monde, mais protégée par des "forces de paix" russes.
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10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 23:23
643 voix pour, 1 voix contre, 33 abstentions... faire plus aurait été difficile ! C'est à cette quasi-unanimité que le Parlement européen, réuni en session plénière à Strasbourg, a adopté le 9 février, une résolution demandant l'établissement d'une  force de réaction rapide de l'UE en matière de protection civile.

Dans les meilleurs délais ! Le Parlement demande ainsi à la Commission de lui « présenter des propositions visant à établir, dans les meilleurs délais, une force de protection civile de l'Union européenne fondée sur le mécanisme européen de protection civile et à permettre à l'Union de réunir les ressources nécessaires pour fournir une première aide humanitaire d'urgence dans les 24 heures suivant une catastrophe ». Autrement dit plus question de tergiverser sous prétexte de l'hostilité ou des réticences de l'un ou de l'autre.


Dix conditions
. Le parlement a fixé dix conditions qui donnent un cadre à ce dispositif européen d'intervention rapide:

−    revêtir un caractère civil et/ou humanitaire,
−    revêtir un caractère permanent,
−    pouvoir être mobilisé à tout moment et dans les plus brefs délais,
−    agir sous la bannière de l'Union européenne,
−    respecter le droit humanitaire international,
−    être ouvert aux coopérations avec d'autres acteurs humanitaires,
−    être disposé à coopérer avec le système des Nations unies,
−    être ouvert aux contributions de pays tiers,
−    respecter le caractère volontaire de la participation des États membres au dispositif à mettre en place,
−    être soucieux de la mise à niveau permanente des capacités tant humaines que matérielles mobilisables à tout moment,
−    se fonder sur le principe du "partage des charges".


Prière d'être un peu plus actif Lady ! C'est en résumé ce qu'on dit assez diplomatique à la Haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères. Les députés l'ont, en effet, "invité" — ainsi que la commissaire à la coopération internationale, l'aide humanitaire et à la réponse aux crises — « à jouer un rôle moteur dans la coordination de la réponse de l'Union européenne aux situations de crise, en faisant usage des compétences instaurées par le traité de Lisbonne pour mieux coordonner la réponse de l'Union européenne aux futures crises et en se fondant sur les avancées déjà obtenues ». Si ce n'est pas un avertissement...

Autres points à noter

Un dispositif de prévention des catastrophes
. Les eurodéputés souhaiteraient que l'UE collabore avec les autorités haïtiennes pour « mettre en place un mécanisme de prévention des catastrophes et de gestion des capacités dans le long terme ». Il a aussi insisté pour que « la reconstruction se fasse en fonction des priorités nationales, tout en respectant les principes d'efficacité de l'aide, et en apportant son assistance aux institutions haïtiennes pour leur permettre de fonctionner efficacement ».

« Il faut investir dans le long terme », insiste le Parlement, « par la construction de bâtiments antisismiques et d'infrastructures de base telles que l'adduction d'eau, le réseau routier ou l'électricité, lesquelles faisaient défaut ou n'étaient pas suffisantes avant le séisme, ce qui multiplie considérablement l'impact des catastrophes naturelles ». Le Parlement a demandé à la Commission européenne de lui « présenter une évaluation globale des besoins consécutifs à la catastrophe ainsi qu'un rapport de suivi sur l'avancement de la reconstruction ».

Un moratoire sur les adoptions
. Les députés demandent à l'UE de soutenir l'instauration d'un moratoire temporaire sur les nouvelles adoptions d'enfants en provenance d'Haïti, pour une période de deux ans après le lancement des actions de recherche. Les enfants non accompagnés et séparés de leur famille devraient bénéficier de services leur permettant de rejoindre leurs parents, soulignent les députés, qui demandent également à la communauté internationale d'élaborer un plan coordonné pour la prise en charge des milliers d'enfants rendus orphelins par le séisme.
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logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.