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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 07:00
J'ai pu parcourir la décision définissant la mission EUTM de formation des forces de sécurité somaliennes. Elle n'offre pas vraiment de surprise. Et les lecteurs du blog n'apprendront rien de vraiment nouveau quand elle sera publiée (1). En revanche, elle revêt un certain intérêt symbolique : c'est la première mission lancée sous le nouveau format issu du Traité de Lisbonne (par une proposition et sous le commandement du Haut représentant). Et c'est la première mission à innover avec une chaîne de commandement ramassée : le HR, le COPS (qui est présidé, rappelons-le, par un délégué du HR), le commandant de l'opération.

Première application de la chaîne Lisbonne

Le Haut représentant au coeur du contrôle de la mission. La décision a été faite par proposition du Haut représentant. Et c'est « sous la responsabilité du Conseil et du haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité » (HR), que le Comité politique et de sécurité (COPS) « exerce le contrôle politique et la direction stratégique de la mission militaire de l'UE » (article 5). Le HR fait ainsi son apparition dans la chaîne de contrôle politique (auparavant seul le Conseil avait compétence),
de façon autonome et complémentaire au Conseil (qui reste en position de décideur). Le contrôle militaire de l'opération continue d'être confié au Comité militaire de l'UE (article 6). Quant à la cohérence de l'opération, elle est simplifiée à l'extrême : c'est le HR, et lui seul, qui « assure la mise en oeuvre de la présente décision et veille aussi à sa cohérence avec l'action extérieure de l'UE dans son ensemble, y compris, en sa qualité de vice-président de la Commission, avec les programmes de développement de l'UE. Le commandant de la mission de l'UE assiste le HR pour la mise en oeuvre de la présente décision. » (2).
Article7DecisionEutm.png
Un seul QG sur le terrain. Contrairement aux autres opérations militaires, la mission EUTM n'aura pas, en effet, d'OHQ (quartier d'opération) et de FHQ (quartier de force) mais un seul commandement, ainsi que le précise le projet de décision (article 2). Celui-ci sera basé sur place, en Ouganda, avec un "bureau de liaison" à Nairobi (où se trouve le quartier général de l'AMISOM) et une "cellule de soutien" à Bruxelles (article 3). Il sera intéressant de suivre exactement ce que fera exactement cette cellule de soutien, de combien de personnes elle sera composée et son utilité au fil de la mission. Cet exemple sera-t-il suivi d'autres dans le futur ? Je n'ose pas parler de QG permanent (c'est tabou ). En tout cas, un lien direct entre la mission et l'autorité politique (à Bruxelles) ne peut être que bénéfique.
Article2Decision.png
Le budget de l'opération. Le financement en commun
(sous le mécanisme Athena) se monte à 4,8 millions d'euros. Comme toujours, il a été assez discuté. Seront normalement pris en charge : « le logement des instructeurs de l'UE; les locaux de formation nécessaires à la réalisation de la mission; les infrastructures de base supplémentaires permettant de faire face à l'augmentation prévue du nombre de personnes en formation » (article 10 décision). A cela il faut ajouter les frais de personnel et de transport qui sont pris en charge directement par chaque Etat membre contributeur.

(1) Lire également: "
Mission de formation des militaires somaliens, une étape franchie" les "Points essentiels" de la mission (remis à jour des éléments de cette décision) et une synthèse des principales étapes de l'élaboration de cette décision.

(2) On peut ainsi comparer avec le texte de la Mission anti-pirates EUNAVFOR Atalanta : « La présidence, le SG/HR, le commandant de l’opération de l’UE et le commandant de la force de l’UE veillent à coordonner étroitement leurs activités respectives pour ce qui est de la mise en oeuvre de la présente action commune. »
(article 8)
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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 05:00
Obama-Us09.jpgIl y a un hiatus décidément entre l'Europe et les Etats-Unis. Le discours d'Hillary Clinton, fin janvier à l'Ecole militaire, était déjà une indication que l'Union européenne et sa politique de défense comptaient très peu voire pas du tout aux yeux de Washington (lire ici). La décision prise par Obama de ne pas assurer sa présence lors du sommet UE-Etats-Unis est une nouvelle gifle, autrement plus conséquente, puisqu'elle concerne un agenda prévu de longue date.

Même si, de part et d'autre de l'Atlantique, on cherche à minimiser l'incident, en invoquant des problèmes de calendrier, ce n'est pas vraiment cela qui semble en cause. Le porte-parole du Département d'Etat,
interrogé par des journalistes, mardi, lors de son briefing quotidien, l'a d'ailleurs reconnu. Les Etats-Unis ne comprennent plus très bien qui commande vraiment dans la "boutique européenne" et attendent de voir, que la fumée s'éclaircisse.

Avec "Lisbonne", on ne sait plus très bien qui fait quoi en Europe. Ce sont en gros les termes de Philip J. Crowley, l'assistant du secrétaire d'Etat : « ... We’re – in light of the Lisbon treaty, we’re going through – Europe is going through some adjustments in terms of the processes through which U.S.-EU summits occur. Up until recently, they would occur on six-month intervals, as I recall, with one meeting in Europe and one meeting here. And that was part of – the foundation of that was the rotating presidency within the EU. Now you have a new structure regarding not only the rotating EU presidency; you’ve got an EU Council president, you’ve got a European Commission president. So Europe itself is reassessing how these meetings are going to be – when these meetings are going to be held. » (...) We’re at a juncture where the structure has changed, and so thestructure is not only at the leader level, but at the ministerial level. All of this is kind of being reassessed in light of meeting architectural changes in Europe. »

Un quiproquo transatlantique ? A croire que la visite de Catherine Ashton à Hillary Clinton la semaine dernière n'a servi à rien sinon à brouiller encore plus le message européen. Que s'est-il dit réellement entre les deux femmes ? On peut légitimement s'interroger sur la teneur de la conversation et la conviction européenne développée par la Haute représentante de l'UE. Soit la relation entre l'UE et les Etats-Unis s'est « détérioriée » à un point tel qu'il est urgent de réparer le lien transatlantique. Soit Catherine Ashton n'a pas été très convaincante, voire pas du tout, ce qui a convaincu les Américains de ne pas changer leur fusil d'épaule, et qu'il était plus urgent de mettre la priorité sur la Russie, l'Asie voire l'Afrique que sur l'Europe. Soit, encore, ce qui serait particulièrement retord, elle a joué un double jeu, convaincant la ministre des Affaires étrangères américaine que le seul interlocuteur valable était la Commission européenne...

La leçon américaine de Lisbonne. On peut prendre l'air offusqué de cette "ingérence" américaine qui choisit ses interlocuteurs, refutant l'Espagnol trop faible à son goût, pour préférer un autre : Herman Van Rompuy ou José-Manuel Barroso. On peut aussi avoir une lecture plus optimiste (qui transparaît aussi par moments dans l'intervention d'Hillary Clinton, à l'école militaire). Les Etats-Unis veulent avoir une Europe, qui se prenne en charge, toute seule, et ne vienne pas quémander qui un bouclier anti-missiles, qui des moyens de transport, des armes, ou de protection pour ses troupes en Afghanistan ou en Afrique, etc... Et surtout une Europe qui arrête de s'apitoyer sur elle-même tout en faisant la leçon aux Américains. Ceux-ci se sentent, peut-être un peu comme un père (ou une mère) face à un jeune adulte qui reste au foyer, avec le repas fait par la mama, la voiture et la machine à laver à disposition... et qui se permet (encore) de critiquer quand le repas n'est pas servi à l'heure ou qu'on lui demande un effort collectif...

La gifle, méritée ! L'Europe pourrait, peut-être, arrêter de s'autocentrer sur ses (petits) problèmes institutionnels et se prendre en main. S'affirmer un peu plus ? Cela ne sert à rien d'avoir des "têtes" si celles-ci ne s'expriment pas, n'élèvent pas un peu le débat, montrent le chemin... Il faudra aussi, un jour, que les Européens se penchent sur les moyens de leur autonomie : avoir les moyens de leur sécurité par exemple. Pourquoi le bouclier anti-missiles à l'Est de l'Europe n'est pas pris en charge et installé par les Européens ensemble ? Après tout, le risque iranien (ou si russe il y a) concerne autant, sinon plus, les Européens que les Américains.
Pourquoi faut-il toujours se reposer sur les Américains pour fournir les moyens de transport stratégiques ou les mettre en pool ? Pourquoi les Européens sont incapables de faire l'effort de visibilité et de logistique dont ont été capables les Américains à Haïti ? Pourquoi les Européens ne disent pas "non" clairement à une double stratégie américaine qui perdure en Afghanistan et mine tous les efforts de pacification : d'un coté le développement, la reconstruction, de l'autre l'action militaire offensive Enduring Freedom ? Etc... Il y aurait là matière à débat. Et je gage qu'Obama ferait alors le déplacement...

(crédit photo : Maison blanche, discours sur l'Union)
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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 02:00
HmsPortlandSuezPont-Uk081215-copie-1.jpgRenforcer la gestion de crises des Européens, avoir une Union européenne qui parle d'une seule voix, qui agisse de concert... Toutes choses assez convenues somme toute à Bruxelles. Quand cela est dit à Londres, convenons-en, c'est plus rare. Quand c'est écrit noir sur blanc dans un rapport très officiel, avec la signature de Bob Ainsworth, le ministre de la Défense, on ne peut qu'y prêter une attention... soutenue.
 
Dans le cadre de la révision (régulière de sa stratégie), le MOD a, en effet, publié (le 3 février), un Livre vert intitulé "Adaptability and Partnership: Issues for the Strategic Defence Review" qui passe
en revue tous les enjeux futurs de la défense britannique, des hommes aux équipements et aux structures en passant par le contexte, les concepts... et les partenariats. On peut lire, en page 32, ceci : « NATO remains the cornerstone of our security. However, as Europeans, we must take greater responsibility for our security together. Stronger European defence co-operation offers many opportunities, not least in the wider role defence should play in resolving conflict and building peace. The UK will greatly improve its influence if we and our European partners speak and act in concert. A robust EU role in crisis management will strengthen NATO. Playing a leading role at the heart of Europe will strengthen our relationship with the US. » (1).

Comment analyser ce changement : Fondamental ou cosmétique ? Je pense qu'il s'agit d'une évolution lente mais sûre, qui repose sur plusieurs éléments.
La décison française de retour dans l'OTAN a sûrement joué, elle est d'ailleurs mentionnée noir sur blanc. Mais elle n'est pas la seule.
• Premier facteur : l'aventure irakienne puis afghane aujourd'hui semble avoir posé quelques limites à la solidarité atlantique. Si celle-ci n'est pas remise en cause (la Grande-Bretagne continue d'être un fidèle allié des Etats-Unis), ils veulent diversifier leur politique de sécurité. Car comme le constate le rapport : « Dans un monde globalisé, l'influence nationale est limitée »...
• Deuxième facteur: l'UE commence à démontrer un savoir-faire qu'il est intéressant de partager. Deux opérations me semblent avoir servi d'exemple. D'une part, l'opération EUFOR au Tchad — où le Royaume-Uni n'avait pas de contribution (sinon deux officiers de liaison chargés de rapporter fidèlement à Londres toutes les évolutions de l'opération) — a demontré que, sans les Britanniques, l'UE s'en sortait fort bien (Ce n'est jamais agréable pour une "puissance" de constater qu'on n'est pas du tout indispensable). D'autre part, l'opération anti-piraterie EUNAVFOR commandée par un Britannique, depuis Londres, est un exemple plus positif pour les Britanniques qui leur permet de retrouver leur rang de leader, sans leur enlever leur autonomie : ils continuent de participer comme ils l'entendent à l'opération "parallèle" de l'OTAN, Ocean Shield.
• Troisième facteur : la position des autres pays. Il ne reste en Europe mis à part les pays qui ont des réticences budgétaires (Allemagne, Pays-Bas...) peu de réticences de principe à un rôle plus important de l'UE en matière de défense et de sécurité. Celle-ci n'est plus une "lubie" d'un trio franco-allemand-belge, les pays latins, les neutres et non alignés - comme les nordiques ou les Autrichiens - participent désormais régulièrement aux opérations voire les poussent (cf. les Espagnols avec Atalanta, les Nordiques avec l'opération ratée Eufor Goma). Et la plupart des Nouveaux Etats membres ont basculé dans le camp des pro-PSDC. Il faut se rendre à l'évidence : le Royaume-Uni est isolé dans son opposition totale et idéologique à l'Europe de la défense.

On retrouve là l'attitude des Anglais, assez pragmatique : si çà marche, pourquoi rester sur le coté. Une attitude que les responsables de la Défense sembent avoir fait leur, en estimant le moment venu d'évoluer. Il restera à concrétiser cette évolution. De là à dire que cette attitude progressiste sera partagée par le tout-Londres, je serai moins affirmatif. Les diplomates du Foreign Office me semblent garder une position plus "traditionnelle". Et le gouvernement est à la veille d'élections dont le sort reste incertain. Et si les Conservateurs reviennent au pouvoir, il n'est pas sûr qu'ils aient la même approche.

Télécharger le livre vert
Page Web du MOD sur le livre vert

(1) En langue de Voltaire :
« L'OTAN reste la pierre angulaire de notre sécurité. Cependant, comme Européens nous devons prendre de plus grandes responsabilités pour assurer notre sécurité ensemble. Une coopération de défense des Européens plus forte offre des opportunités, dont le moindre n'est pas (de permettre) un rôle plus large de la défense dans la résolution des conflits et l'établissement de la paix. Le Royaume-Uni améliorera de façon importante son influence si nous et nos partenaires européens parlent et agissent de concert. Un rôle robuste de l'UE dans la gestion de crises peut renforce l'OTAN. Jouer un rôle leader au coeur de l'Europe peut renforcer nos relations avec les Etats-Unis. »

(crédit photo : MOD Uk - Le Hms Portland à l'entrée du Canal de Suez)
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Défense UE (droit doctrine politique)
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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 01:30
L'évènement est organisé par Security Defence Agenda avec le soutien de plusieurs Think Tank européen (1). Un "Security Jam", c'est une discussion en ligne autour de thèmes de la sécurité. Cela commence ce jeudi (4 février) et dure jusqu'à mardi (9) février. Cinq jours de discussions non-stop, avec des interventions d'experts et de contributeurs informés... Quelques personnalités de marque ont également été invitées (2). Le "Jam" sera divisé en plusieurs débats thématiques, un par demi-journée. Des changements climatiques aux relations avec la Russie ou la Chine, droits de l'homme, piraterie, Afghanistan, développement et gestion de crises... il y en a pour tous les goûts ! Alors à vos claviers: Autres informations et pour s'enregistrer

(1) Security and Defence Agenda, Chatham House, Atlantic Council of the United States, the Global Humanitarian Forum, the Open Society Foundation, SIPRI, Carnegie Europe, CIDOB, Fondation pour la Recherche Stratégique, Bertelsmann Stiftung, Geneva Centre for Security Policy,  Friends of Europe.

(2) dont Kai Eide, le représentant spécial en Afghanistan ; Carl Bildt, le ministre suédois des Affaires étrangères ; l'Amiral James Stavridis (SACEUR Otan) ; Marie Slaughter, directrice du Policy Planning au Département d'Etat US ; le général Håkan Syrén, président du comité militaire de l'UE, l'amiral Giampaolo Di Paola, son alter-ego à l'OTAN ; Jaap de Hoop Scheffer, l'ancien secrétaire général de l'OTAN, l'ambassadeur Marc Perrin de Brichambaut, Sg de l'OSCE, l'amiral Mark Fitzgerald, Commandant du "Joint Force Command Naples" & des forces navales US en Europe ; Kenneth Roth, directeur d'Human Rights Watch ; Miroslav Lajcák, ministre slovaque des Affaires étrangères ; le général Henry Anyidoho, représentant spécial de l'ONU au Darfour, etc...
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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 23:00
Le forcing belge pour avoir le commandement d'EUNAVFOR - l'opération anti-piraterie de l'UE - à la fin d'année commence à irriter...un peu! Selon les décisions prises à l'automne, sur proposition du RA Hudson lui-même, ce doit être un Français qui a le commandement "sur zone", d'août à décembre, en relève d'un Suédois. Mais le ministre belge de la Défense, Pieter De Crem, ne l'entend pas de cette oreille. Il tient mordicus à voir un commandement belge durant la présidence belge de l'Union (au 2e semestre) et l'annonce urbi et orbi. Une position qui gêne un peu coté français comme européen car elle arrive ... bien tard et complique un peu tout. Toutes les décisions ont déjà été prises, au prix souvent d'un habile dosage très diplomatico-opérationnel.

Un savant dosage entre Etats participants. La répartition des responsabilités a été entérinée l'année dernière, lors d'une série de réunions (1). Avec un délicat équilibre entre les nationalités et les participations.
Ainsi le chef d'opération est Britannique (Jones puis Hudson) depuis le début de l'opération. Il était assisté d'un commandant adjoint qui tourne tous les six mois : Français et Allemand en 2009, Espagnol pour le premier semestre 2010 et Allemand au second. Tandis que le commandement de zone tourne les quatre mois : en 2009, successivement un Grec, un Espagnol et un Néerlandais ; en 2010, actuellement, un Italien, relevé par un Suédois en avril, et (normalement) un Français, à partir d'août. Pour 2011, tout doit encore être négocié et arbitré. Ce sera l'occasion d'une conférence de génération de force qui va débuter d'ici l'été.

L'engagement d'un navire-amiral. Même si ce n'est pas expressément écrit noir sur blanc, le principe est que le commandement sur zone est attribué à un pays qui fournit des moyens suffisants à la force dans la durée et qui, surtout, peut durant son commandement offrir un navire amiral, suffisamment spacieux, sans risque d'avarie, pour à la fois accueillir un commandement de force (FHQ) d'une quarantaine de personnes, mener les autres opérations comme n'importe quel navire de guerre et assurer également des visites officielles (à Bahrein, Djibouti, Victoria ou ailleurs). Or, pour l'instant, la Belgique n'a pas ce type de navire, sauf à le demander aux Néerlandais (qui en prêtent déjà aux Suédois et ne semblent pas très chauds pour le prêter aux Belges également) ou aux... Français.

Une préparation à l'avance. La prise de commandement, la formation d'un FHQ, l'envoi d'un navire amiral se prépare ... longtemps à l'avance (2). Quelques mois avant la prise de fonction, cela paraît hasardeux pour changer la donne. D'autant que coté de la "Royale" (NB : la marine française), le poste de commandeur est, aussi, très convoité. Car il assure son titulaire d'une bonne visibilité et d'une possibilité de gravir un échelon (ou de finir une carrière en beauté).

La solution : 
« Aux Français la responsabilité, aux Belges la visibilité » ? Les partenaires « la cherchent ensemble », assure-t-on. Au niveau européen, on n'a pas « souvenir » d'une candidature belge. Et on confirme la répartition des tâches antérieures : « les Français ont la responsabilité du commandement à la fin de l'année ». « Mais s'il y a un partage des tâches, pourquoi pas » assure-t-on, renvoyant ainsi les partenaires dos à dos. Du coté des Français, personne ne l'exprime ouvertement. Mais les Belges sont jugés un peu "gonflés" de revendiquer ce commandement. Cependant les propos restent très polis, personne ne cherche vraiment à ce que l'affaire dérape. Et un arrangement s'esquisse, comme le confirme un haut gradé (français) à qui j'ai posé la question. « Nous aurons le commandement ... et sommes prêts à le partager ! ». Pour cela, plusieurs solutions sont possibles : créer un poste d'adjoint au commandant de force, confié aux Belges (solution qui semble avoir la faveur de tous actuellement) ; étaler le commandement conjoint entre 2010 et 2011 (l'adjoint devenant ensuite le commandant de force) ; et, dans tous les cas, plusieurs postes « avec une bonne visibilité seront réservés à nos amis belges » m'a confié un autre officier.

(1) Quel sera le commandement de l'opération Atalanta en 2010 ? (maj)
(2) Les Suédois préparent leur FHQ pour l'opération Atalanta
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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 16:30

Un cargo nord-coréen, le MV Rim, vient d'être capturé - ce matin - dans le Golfe d'Aden, au nord du corridor international de transit (IRTC), rapporte le QG d'Atalanta. La capture s'est produite près des côtes yemenites et a pu être confirmée par un hélicoptère américain de l'USS Farragut (DDG 99), le navire amiral de la coalition CTF 151, ainsi que par un autre navire de la coalition, l'USS Porter. Le RIM est un cargo de 4.800 tonnes, avec le pavillon nord-coréen mais propriété d'une société libyenne, White Sea Shipping. Selon les marins européens, il n'était pas enregistré dans la base de données MSCHOA et n'avait pas non plus de communications avec le PC maritime britannique à Bahrein (UKMTO).

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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 09:06
EntraînementTroupesOugandaUpdfAmisom8@Fr011128Après le feu vert des Ministres, le COPS - Comité politique et de sécurité de l'Union européenne - a adopté, mardi, un projet de décision sur la mission de formation des forces de sécurité somaliennes ou EUTM (1). Comme l'explique Didier Lenoir, chef d'unité "opérations et planification" à la CMPD (la direction civilo-militaire de planification des opérations de défense de l'UE), l'objectif est « d'aider le gouvernement fédéral transitoire (GFT)  à asseoir son autorité sur l’ensemble du territoire pour qu’il exerce son contrôle au-delà de Mogadiscio. Ce qui serait une solution à tous les problèmes que nous rencontrons » a-t-il ajouté, visant ainsi notamment le problème de piraterie, mais aussi celui-ci du trafic d'êtres humains et d'immigration clandestine, comme le risque terroriste ou les questions d'aide humanitaire ou de développement.

Le calendrier s'accélère. Cette décision étant approuvée par les ambassadeurs du COPS, elle ne nécessite plus de débat politique. Elle peut donc être adoptée par voie de procédure écrite ou être inscrite au prochain Conseil des Ministres en point A (ce pourrait être au Conseil Education le 15 février, Ecofin le 16 février, Agriculture le 22 février, etc.). Le commandant de l'opération devrait produire, d'ici peu, le Concept d'opération (CONOPS) qui - quasiment prêt - pourrait aussi être rapidement adopté. Il reste surtout à peaufiner le Plan d'opération (OpPlan) et assumer la génération de forces avant le lancement de la mission. Si certaines questions ont été résolues, d'autres sont en cours ou à résoudre.


Des questions résolues (2)
• Qui sera le commandant d'opération ?
: le Colonel Ellul (Espagnol), déjà chargé de la planification de l'opération.
• Pourquoi l'Ouganda ? : « C'est plus simple. Et cela permet des synergies : avec les Ougandais et l'Union africaine qui ont déjà mis en place un programme de formation ; avec les Américains qui ont sur place un programme d'équipement de l'armée ougandaise » explique D. Lenoir.
• Quelles formations les Européens assument ?
Les Ougandais assureront la formation de base, les Européens les modules spécialisés: combat en zone urbaine, détection d'IED, soutien médical, encadrement (sous-officiers).
• Pourquoi le chiffre de 2.000 soldats formés ? « Ce chiffre n'est pas sorti de nulle part. Il correspond à la demande du GFT de disposer de 6000 hommes. 4000 ont déjà été formés » par les Ougandais, les Djiboutiens et les Français.
• Comment s'organise le paiement des salaires ? La mission se reposera sur le système déjà mis en place par les Somaliens, avec le cabinet
Price WaterCooper House « dispositif déjà testé et qui marche » selon Didier Lenoir.
• Comment va s'organiser le suivi des soldats après la formation, le « monitoring sera fait par l'AMISOM, comme pour les bataillons déjà formés. Il n'est pas question de laisser les troupes abandonnées à elles-mêmes.
»

... et quelques questions à résoudre : l'équipement surtout
• La taille exacte de la mission ? La mission devrait tourner plutôt autour de 200 personnes que de 100. Outre les formateurs, il s'agit, en effet, de fournir de la logistique et surtout un soutien médical. Bihanga est à plusieurs heures de Kampala et n'est pas équipé en soins médicaux de façon suffisante pour une mission européenne. Il faut aussi mettre en place quelques installations supplémentaires à la fois pour pouvoir accueillir les formateurs européens et tous les soldats somaliens, mais aussi pour permettre de reconstituer certaines situations (le combat en zone urbain notamment).
• La répartition des tâches ? Elle reste à déterminer. Ce sera le rôle de la génération de force et de l'OpPlan de le faire.
• L'équipement et les armes ? C'est la question la plus délicate. Les Américains avaient déjà fourni des équipements et des armes, les Lybiens des uniformes. Les Russes « ont montré leur intérêt mais n'ont pas d'offre exacte ». Il reste à savoir ce que les Européens et leurs partenaires pourraient fournir, pour qu'une fois retournés au pays, les Somaliens ne soient pas un bataillon de sans-culottes. « Nous avons tout à fournir à commencer par les treillis » explique un expert du dossier.


(1) Le "petit nom" de la mission a changé entretemps. Envisagé comme EUSEC au départ (alors que la mission n'était même pas définie) ou EUSECFOR (par analogie avec l'opération EUNAVFOR), les responsables avaient choisi puis EUTRA dans les premiers projets officiels, il est devenu EUTM (EU Training Mission).

(2) Lire également  : Mission Eutra Somalie: les points essentiels

NB : une nouvelle section a fait son apparition sur ce blog regroupant tous les articles autour de cette mission ainsi que plus généralement sur la sécurisation et le développement de la Corne de l'Afrique (Somalie, Erythrée,...).

(crédit photo : DICOD / Ministère français de la Défense - formation des militaires de l'AMISOM par les Français en Ouganda)
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Afrique Est - Somalie Ouganda
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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 21:13
Les lecteurs attentifs - ainsi que ceux qui sont abonnés à la newsletter - le savent déjà ; plusieurs nouvelles rubriques ont fait leur apparition sur ce site ces dernières semaines.

- "Corne de l'Afrique - Somalie" est la dernière création en date. Elle reprend les articles consacrés à l'opération d'entraînement de militaires de l'UE et suivra les questions géopolitiques de la région tandis que la rubrique "
Piraterie - Golfe d'Aden" continue de couvrir l'opération EUNAVFOR Atalanta et tous les sujets liés à la piraterie.

- "Amériques - Haïti" consacrée aux opérations humanitaires, de sécurisation (et peut-être dans le futur sur l'Etat de droit)

- "Haut Représentant / Service diplomatique" regroupe "tout ce que vous avez voulu demandé sur la Haute représentante et sur son service - et que vous n'avez jamais osé demandé" . Conséquence de l'innovation de Lisbonne, elle rassemble tout ce qui tourne autour de ces deux thèmes. Dans cette lignée, une version allégée du Traité de Lisbonne, mentionnant uniquement les articles faisant référence à la politique de défense et de sécurité, se trouve maintenant de façon permanente dans les "Dossiers Enquêtes reportages". De façon plus générale, tout en restant attaché à couvrir essentiellement et majoritairement la politique de défense, nous ferons des incursions un peu plus diversifiées dans la politique étrangère, surtout dans des zones hautement stratégiques (Iran, Moyen-Orient, Corne de l'Afrique, Pakistan-Inde-Afghanistan).

- Quant à la rubrique "secours - sécurité civile" elle va être complétée et développée ; la Protection civile devenant une compétence de l'UE.

Bonne lecture...
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Published by Nicolas Gros-Verheyde
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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 14:25
Le QG d'Atalanta, l'opération européenne anti-piraterie, a confirmé, hier, la libération de deux navires.

Le premier est le vraquier grec MV Filitsa (avec un équipage de 3 Grecs et 19 Philippins (*) détenu par les pirates dans leur fief de Hobyo a été relâché contre le paiement d'une rançon (3 millions de $ selon Reuters). Il avait été capturé le 11 novembre dernier alors qu'il faisait route de Dubai à Durban
.

Le deuxième est le Faize Osami, un navire qui avait quitté Karachi pour Mogadiscio avec un chargement de riz le 28 novembre. A bord un équipage de 14 personnes. Le capitaine indien avait signalé au propriétaire du navire l'attaque et la capture par les pirates le 6 janvier. Le navire avait été repéré, il y a quelques jours à 150 miles au Nord Est de Socotra (Yemen) par un avion de patrouille maritime d'EUNAVFOR et était suivi de près (j'avais publié un tweet à l'époque). Les pirates ont quitté le navire et sont passés sur le MV Asian Glory, un autre navire capturé par les pirates. Le navire danois Absalon de la TF 508 (Otan) s'est porté à la rescousse de l'équipage, pour vérifier que tout allait bien à bord. Après quelques petites réparations au navire et quelques soins aux hommes, le Faize Osami a pu reprendre son voyage.

Une opération SAR... des pirates ! Apparemment le MV Asian Glory a été spécialement appareillé par les pirates pour cette opération de récupératio, qui pourrait s'apparenter, au niveau militaire, à une vraie opération SAR Search and Rescue. Selon les indications que le QG d'Atalanta a communiquées, le navire marchand aux mains des pirates a ainsi quitté la côte somalienne le 29 janvier, et s'est dirigé d'abord vers le sud pour un premier "rendez-vous avec un autre groupe de pirates suspects dans l'Océan indien. Puis le 30 janvier, il a repris le cap sur le nord avec un éventuel nouveau "rendez-vous" avec le Faize Osami. Ensuite il a remis le cap sur la côte somalienne. Et il serait maintenant ancré au large du port de
Garacad au nord de Hobyo. Et merci aux avions de patrouille d'EUNAVFOR qui ont communiqué ces renseignements.

(*)
18 Philippins et 1 Roumain selon Ecoterra et le ministère roumain des Affaires étrangères
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Piraterie Golfe d'Aden - Océan Indien
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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 09:15
ClintonParis-Us100129.jpgQuelques jours avant la conférence de Münich, la ministre des Affaires étrangères américaine, Hillary Clinton, était à Paris, à l'Ecole militaire, pour donner quelques "Remarques sur le futur de la sécurité européenne" suivies, comme c'est l'usage, de questions dans le public. Un discours très construit, destiné, en premier lieu, à rassurer le public (est)européen, qui pouvait être surpris de l'absence d'attention de l'administration Obama pour l'Europe durant cette première année de mandat. « La sécurité européenne est (toujours) ancrée dans la politique étrangère US. » a-t-elle ainsi souligné.

Mais, ce
discours était surtout destiné à la Russie. D'un coté, H. Clinton a rappelé le nécessaire « respect de l'intégrité territoriale » (cf. la Géorgie) et le « droit pour chaque pays de choisir les alliances » comme il entend. De l'autre, elle a aussi mis en valeur la disponibilité américaine pour envisager « ensemble » la sécurité du continent européen, notamment le bouclier anti-missiles.

Quant à la défense européenne,
la Secrétaire d'Etat semble rester sur un schéma très classique, années 1980. Quant elle évoque des questions de défense ou militaires, elle pense avant tout, et surtout, à l'OTAN, pas à l'Union européenne qui a d'autres tâches selon elle.. Quant à la politique européenne de défense et de sécurité commune (PeSDC), elle est... inconnue au bataillon!


Europe : vous serez toujours au coeur de nos préoccupations...

Hillary Clinton l'a martelé : « Une Europe forte est cruciale pour la sécurité et la prospérité des Etats-Unis et du monde (...) Et si l'Europe n'est pas sûre, l'Europe ne peut pas entraîner (lead).» Ce qu'Hillary Clinton voit surtout dans le modèle européen, c'est son atout de réconciliation. « L'Europe est plus forte que jamais. Les divisions amères de la Guerre froide ont été remplacées par l'unité, le partenariat et la paix. (...) Les défis auxquels nous faisons face appellent une réponse collective et l'Union européenne est une force inestimable et de plus en plus efficace pour le progrès mondial. L'Europe est davantage qu'une collection de pays liés par l'histoire et la géographie. L'Europe est un modèle pour la capacité de réconciliation, de coopération et de communauté. »

L'élargissement, un garant de la stabilité. Pour les Américains, cela parait plus clair qu'aux yeux des Européens, l'élargissement de l'UE (et de l'OTAN) a été un garant de la sécurité européenne et devrait continuer à l'être demain en étendant sa sphère d'influence. « Les anciens pays communistes d'Europe centrale ont bénéficié de l'assistance technique, social, juridique dans les institutions démocratiques et l'Etat de droit, la richesse d'un marché unique et l'expérience unificatrice d'une identité commune européenne. Il y a des forces puissantes pour le progrès et la stabilité. (...) Nous continuons l'entreprise commencée après la fin de la Guerre froide pour étendre la zone de démocratie et de stabilité à travers toute l'Europe ». Elle pense aux Balkans, mais aussi à l'Ukraine. Et les Etats-Unis veulent rester engagés « pour résoudre les conflits persistants dans le Caucase et à Chypre. »
Les troupes US toujours stationnées en Europe. Hillary a réitéré vouloir préserver l'efficacité de l'article 5 du traité de l'OTAN : « une attaque contre l'un est une attaque contre tous ». Un message destiné essentiellement aux pays est-européens face... à la menace russe. Comme « preuve de cet engagement, nous continuerons à stationner des troupes américaines en Europe, à la fois pour dissuader des attaques et pouvoir y répondre rapidement si cela se produit ». « Nous travaillons avec les alliés pour s'assurer que l'OTAN a des plans si nécessaire pour répondre aux nouvelles et futures urgences ».

Les GI's resteront en Europe

La dissuasion nucléaire US active et offerte aux alliés. L'objectif affiché par le président Obama à Prague en 2009 reste intact : « à long terme, vivre dans un monde sans armes nucléaires. Mais tant que ces armes existent, les Etats-Unis maintiendront un arsenal efficace, sûr et sécurisé, pour dissuader des adversaires et nous garantirons cette défense à nos alliés ». (voir aussi plus loin, le Traité Start).

Un bouclier anti-missiles couvrant Toute l'Otan voire la Russie. Clinton a aussi réitéré son engagement dans la défense anti-missiles. « Nous sommes engagés dans des discussions avec les alliés européens pour construire une architecture de défense anti-missiles qui défendra tout le territoire de l'OTAN contre des attaques de missiles balistiques ». On peut noter les deux mots-clés dans cette phrase : « avec les alliés », « tout le territoire », deux des principaux reproches faits par les Européens au bouclier anti-missiles de l'administration Bush. Clinton a expliqué vouloir étendre ce bouclier à la Russie. «Nous sommes sérieux (quand nous disons vouloir) explorer toutes les voies de coopération avec la Russie pour développer cette défense anti-missiles qui renforcera la sécurité de tous, y compris la Russie.»  Encore faut-il que « la Russie (soit) décidée à coopérer avec nous. C'est une opportunité entre nos pays pour notre sécurité mutuelle » a-t-elle expliqué.


L'index pointé vers la Russie en guise d'avertissement, et la main tendue

De façon générale, tout le discours de Hillary Clinton a été tourné autour de la Russie en pratiquant la politique du doigt tendu en guise d'avertissement, et de la main tendue, en guise d'ouverture. Hillary Clinton a été assez dure rappelant que « La pierre angulaire de la sécurité est la souveraineté et l'intégrité territoriale de tous les Etats » et refusant le projet russe de sécurité européenne.  Pour autant, elle n'entend pas retomber dans les errements passés : L'administration Obama a hérité d'une relation détériorée avec la Russie. » « Nous ne sommes pas toujours d'accord - a-t-elle expliqué. Nos intérêts ne se chevauchent pas toujours. Mais si nous sommes en désaccord, nous chercherons des voies constructives pour discuter et gérer nos différences. (...) La Russie n'est pas longtemps notre adversaire, et plus souvent un partenaire sur les questions clés mondiales. »

Intégrité territoriale de la Géorgie et droit d'adhérer à l'OTAN. « Nous devons rester vigilant dans nos efforts pour s'opposer à toute tentative de miner (les droits fondamentaux des nations libres"). (...) Nous refusons de reconnaître les déclarations de la Russie sur l'indépendance pour l'Abkhazie et l'Ossétie du sud. Et de façon plus générale, nous refusons toutes zones d'influence en Europe dans laquelle un pays cherche à contrôler le futur d'un autre. Notre sécurité dépend de nations qui peuvent choisir leur propre destinée. » Cela inclut « Le droit de tous pays d'entrer dans les alliances de leur propre choix (un droit) reconnu par la Russie et les autres membres de l'OSCE au sommet d'Istanbul de 1999. L'OTAN doit et restera ouverte à tout pays qui aspire à en devenir membre et remplit les conditions d'adhésion » a-t-elle ainsi affirmé de façon très nette, faisant ainsi allusion à la Géorgie et l'Ukraine, dont l'adhésion est, de fait, suspendue. 

Sécurité européenne indivisible.
« La sécurité de l'Europe est indivisible. Il n'y a pas plusieurs Europe, il n'y en a qu'une. C'est une Europe qui inclut les Etats-Unis comme partenaire. Et c'est une Europe qui inclut la Russie (...) « Nous croyons que les objectifs communs seront mieux poursuivis dans le cadre des institutions existantes comme l'OSCE et le Conseil OTAN-Russie, plutôt qu'en négociant de nouveaux traités, comme la Russie le suggère ».

Le bouclier anti-missiles sera européen et ouvert à la Russie

Faire face à une série de menaces communes
. « Nous voulons construire une relation plus substantielle et constructive basée sur nos intérêts mutuels (...) Nous avons une série de soucis de sécurité mutuels incluant la stabilisation de l'Afghanistan, le programme nucléaire iranien, la défiance nord-coréenne à l'égard de ses obligations internationales, un nouveau traité de réduction des armes stratégiques (Start) et faire face à des menaces non traditionnelles comme les pandémies, les changements climatiques, la cyber-criminalité et le trafic des enfants ».


Echange et visites de sites militaires. « Nous sommes engagés à pratiquer la transparence dans nos transactions en Europe et nous appelons les autres nations à faire de même » Clinton propose un « échange plus ouvert des données militaires, incluant des visites sur les sites militaires et l'observation des activités militaires et exercices. Quand nos nations sont incertaines sur les capacités militaires de leurs voisins, cette incertitude peut favoriser des suspicions et même un conflit. » Elle a aussi réitéré son soutien au traité sur les Forces conventionnelles « suspendu par la Russie il y a deux ans. Nous avons besoin de raviver les discussions sur ce sujet. (...) Nos objectifs demeurent ceux du traité original : limitation des déploiements militaires, renforcement des principes de transparence, intégrité territoriale, non-usage de la force, droits des pays hôtes à consentir au stationnement de troupes étrangères sur leur territoire. »

Un traité Start renouvelé. Clinton a ainsi confirmé vouloir tenir un sommet sur la sécurité nucléaire en avril pour attirer l'attention posé par le terrorisme nucléaire et « galvaniser le soutien à des mesures solides pour sécuriser les matériaux nucléaires dans le monde ». La conférence de révision sur le traité de non-prolifération nucléaire se tiendra en mai. Les Etats-Unis chercheront à ratifier le traité pour interdire les tests globaux (CTBT) et négocier un traité sur l'arrêt des matériaux fissiles (FMCT). Et « nous conduisons une révision globale des positions nucléaires pour trouver un nouvelle direction qui renforce la dissuasion et la réassurance pour les Etats-Unis et leurs alliés dans la réduction du rôle et du nombre des armes nucléaires ».


A l'OTAN la sécurité, à l'Union européenne le reste

Les questions posées par quelques intervenants triés sur le volet ont permis d'éclaircir certains points. Hillary Clinton apparaît ainsi soit très mal informée sur les réalités de la défense européenne aujourd'hui, soit très sceptique sur une Europe de la défense autonome de l'OTAN (soit les deux !).

Une répartition des rôles. Répondant à un intervenant (le général Perruche), elle a estimé ainsi qu'une « coopération étroite et plus complémentaire entre l'UE et l'OTAN est dans tous nos intérêts pour essayer de forger des politiques communes : le politique, économique, développement et juridique du coté de l'UE, et principalement la sécurité du coté de l'OTAN ».

L'armée européenne : non! Répondant à un autre sur un éventuel projet d'armée européenne (entre la France et l'Allemagne), elle s'est montrée là franchement sceptique. « D'un point de vue américain, je pense que nous ne voulons pas voir quoi que ce soit supplantant l'OTAN » - a-t-elle expliqué. « Si c'est à disposition de l'OTAN, ce pourrait être différent. Mais étant données les contraintes qui existent déjà sur le budget de l'OTAN et les dépenses militaires dans nos pays, nous pensions que c'est plus intelligent de calculer comment utiliser nos ressource que nous avons effectivement et d'utiliser l'Alliance dont nous sommes membres dans une voie plus stratégique. »

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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Défense UE (droit doctrine politique)
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logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.