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1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 23:42
WallstromBankimoon-UE091026.jpgBan Ki Moon l'a annoncé dimanche au sommet de l'Union africaine et doit le confirmer, demain (mardi) au Conseil de sécurité de l'ONU.
Il a proposé à Margot Wallstrom, l'actuelle commissaire européenne à la Communication, de devenir son représentant spécial sur les questions de « violence sexuelle touchant les femmes et les filles dans les conflits armés ».

Une question cruciale. Le Conseil de sécurité avait recommandé fin septembre, dans une résolution (n°1888), cette nomination. Margot Wallström
sera chargée de donner une impulsion "stratégique" à cette question, de "renforcer les mécanismes de coordination des Nations-Unies" et d'engager une "action de sensibilisation pour lutter contre ce fléau". Les viols sont, en effet, courants dans certains conflits en cours, particulièrement au Darfour et au Congo. Sur son blog, récemment, Margot Wallstrom s'était émue de la situation dans ce pays : "According to UN statistics, more than 200,000 women and children have been raped over more than a decade of conflict in the Democratic Republic of the Congo. Every day, around 40 women are raped in the South Kivu region of the country." (lire)

Margot Wallstrom est une personnalité attachante. C'est un bon choix J
'ai eu l'occasion de la rencontrer à plusieurs reprises. Et je dois dire que c'est une des rares politiques où on sent que la part de l'humain est aussi importante. C'est peut-être aussi pour cela qu'elle n'était pas devant la scène. Elle était très proche de Anna Lindh, la ministre suédoise des Affaires étrangères assassinée en 2003 et n'avait pu caché son émotion aux journalistes (dont j'étais) qui se trouvaient à ce moment-là. C'est pour moi assez mystérieux d'ailleurs. Quand nous parlions en tete à tete, son langage était clair, direct et sans ambages. Mais inséré dans la machinerie de la Commission, cela devenait une langue de bois incompréhensible. Dans un de nos entretiens elle s'était ainsi prononcée très clairement contre le nucléaire "une énergie du passé", un propos qui détonnait plutôt dans l'opinion majeure de la Commission européenne. Au passage, elle avait d'ailleurs exprimé clairemen (On record) son désaccord avec sa collègue aux Transports, Loyola de Palacio : elle "a tort". Dans une autre interview, elle s'était aussi prononcée pour "la mise en place d'un corps de protection civile" au niveau européen (1). "Nous avons une petite unité de protection civile à la Commission. Mais nous devons évoluer" (Nb : c'était en 2001 ! Cela pourrait être aujourd'hui).

Suédoise, sociale-démocrate, Margot Wallstrom a été plusieurs fois ministre dans son pays (affaires civiles, culture, affaires sociales) avant de passer à Bruxelles en 1999 comme commissaire européen, d'abord chargé de l'Environnement (sous Romano Prodi), puis en 2004 (sous José-Manuel Barroso) comme vice-présidente chargée
des Relations institutionnelles et de la stratégie de communication. Sans lui faire injure, la première partie de son mandat a été plus intéressante et fructueuse que la seconde.

(1) Lire (archives) : Margot Wallstrom : créer une force de protection civile

(crédit photo : blog de Margot Wallstrom)

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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Défense UE (droit doctrine politique)
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1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 21:20
Les Suédois se préparent à prendre le commandement de la force anti-pirates de l'Union européenne (EUNAVFOR) au large de la Somalie. Ils prendront, en effet, le relais des Italiens en avril sur zone jusqu'au mois d'août. Le commandement de l'opération restant basé à Northwood (près de Londres).  FhqCarlkronaExercic-Swe100129.jpgLe Force Commander Jan Thörnqvist a ainsi réuni récemment une partie de son équipe pour une mise en condition tout d'abord à la base navale du Carlskrona, le navire suédois qui servira de FHQ, puis au Centre d'entraînement d'Enköping, dans un environnement numérique qui reconstruit, autant que possible l'environnement de l'équipe sur le HMS Carlskrona. Le FHQ se composera d'environ 35 personnes dont 15 Suédois, des Norvégiens, des Espagnols. (Crédit photo : armée suédoise - Carl Sjöstrand)
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Piraterie Golfe d'Aden - Océan Indien
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1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 11:50
Carme Chacon, la ministre espagnole de la Défense, devrait présenter à la réunion informelle des ministres de la Défense, les 24 et 25 février (à Palma de Majorque), un document de travail centré sur la "sécurité maritime commune". Les Espagnols en font une priorité de leur présidence. Ils veulent, en effet, définir un concept commun d'action, favoriser l'échange d'informations entre tous les acteurs travaillant en mer, et organiser de façon plus efficace les opérations de sécurité maritime et militaire. « La mer est un domaine où les frontières s'estompent, avec une multitude d'acteurs. Certains, comme nous le constatons dans les eaux au large des côtes de la Somalie, mettent en danger notre sécurité. » a expliqué Constantino Méndez, secrétaire d'Etat à la Défense, lors d'un séminaire qui a rassemblé à Madrid, le 29 janvier, les spécialistes maritimes et de la sécurité. « Nous avons à faire face à des défis les plus importants : le trafic de drogue et d'armes, l'immigration illégale, la contrebande, les dommages environnementaux, le terrorisme et, bien sûr, la piraterie. Pour les combattre, nous devons renforcer la coopération entre les politiques nationales et européennes les secteurs civil et militaire, public et privé » a-t-il ajouté.
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Défense UE (droit doctrine politique)
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1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 00:10
Une vingtaine d'instituts de recherche européens - et non des moindres (1) - se sont regroupés pour mettre ensemble leur savoir-faire sur une plate-forme "CSDP MAP", établie à l'origine par Isis Europe. C'est assez génial ! En trois séries de tableaux, vous pouvez avoir une représentation de toutes les missions de l'EU et de la PeSDC, des analyses pays ou thématiques, réalisées par les instituts associés, notamment les retours d'expériences, les missions d'évaluation, etc... Prévention ou analyse de conflit, maintien de la paix, piraterie, Etats faillis, droits de l'homme, processus de réforme de la sécurité... il ne manque vraiment pas grand chose. Un dernier tableau présente les différentes structures de l'UE : Conseil, Commission, Parlement, Agences, organisations extra-traités (telle la gendarmerie européenne), vous avez tout en un seul clic. Alors allez voir... : Le site

(1)
CICS Bradford University, - UKClingendael, Netherlands - CMI, Finland - DCAF, Geneva - ECFR, UK & international - Egmont, Brussels, Belgium - EPC, Brussels, Belgium - FRIDE, Spain - Fundacion Alternativas, Spain - GRIP, Brussels, Belgium - IFSH, Germany - International Crisis Group, Brussels - IRIS Paris, France - ISIS Europe, Belgium - IAI, Italy - NOREF, Norway - SIPRI, Sweden - SWP, Germany - UNIDIR, Geneva - ZIF, Germany
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans La PeSDC: comment çà marche
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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 20:43

A l'issue d'une réunion qui s'est tenue, jeudi, à New York au sein du groupe de contact sur la "lutte anti-piraterie au large de la Somalie", un accord s'est fait entre les différents partenaires de la lutte anti-piraterie. Cela fait des mois que la Chine voulait voir son rôle mieux reconnu par les Occidentaux notamment. La Chine avait ainsi proposé de prévoir une coopération sur la base de zones de responsabilités ; dispositif que l'UE, l'OTAN et la CMF ne voulaient pas, proposant plutôt des règles de coordination dans le couloir de transit recommandé internationalement (IRTC - Internationally Recommended Transit Corridor). Autant dire qu'il y avait un désaccord profond.

Il a fallu en fait plusieurs rounds de négociation, à Bahrein et au sein du groupe de contact à New York, pour trouver un compromis qui préserve les deux positions : zones de responsabilités et coordination. Les Chinois qui sont prêts à envoyer davantage de bateaux dans la zone voulaient aussi voir leur rôle de leader reconnu. Ce devrait être chose faite : les Chinois prenant leur tour dans le lead de la coordination du SHADE (*). Preuve que les discussions ont été ardues, le communiqué publié, vendredi, par le Ministère de la Défense chinois est dans le plur style "langue de bois" : « La Chine a eu une attitude ouverture et positive sur la coopération internationale pour l'escorte de navires et entend coopérer avec les pays et organisations dans le cadre des résolutions du conseil de sécurité de l'ONU pour la paix et la stabilité dans les eaux de Somalie et du Golfe d'Aden » est-il ainsi écrit (source : agence Chine Nouvelle Xinhua). 

(*) le système SHADE (Shared Awareness and Deconfliction) rassemble les principaux commandants de flotte présents dans la zone pour coordonner la lutte anti-piraterie

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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 18:13
TheresanAcademie.jpgDans le cadre du programme "Erasmus militaire", l'académie militaire autrichienne (Theresan Academie) ouvre ses portes aux jeunes officiers européens. Ce n'est pas tout à fait une nouveauté. Les Autrichiens pratiquent déjà, depuis 2005, une ouverture internationale notamment en pratiquant des échanges d'officiers en petit nombre (2 à 5) dans le cadre scolaire : pour un semestre, des Autrichiens vont en France (École St Cyr Coëtquidan) et aux Etats-Unis (académie militaire de West Point), et vice-versa.
L'armée autrichienne offre ainsi plusieurs modules de formation :
- Basics for Crisis Management Operations (2 semaines),
-
Map Exercise with topic Crisis Management Operations (1 semaine),
-
Tactical Exercise Without Troops in a CMO-Scenario (1 semaine),
-
Course for Crisis Management Operation Techniques (2 semaines),
- ESDP-Module (1 semaine) ...
Renseignements et formulaires de candidatures : http://campus.milak.at/campus/iep/index_iep.php

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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 13:49
Difficile de prévoir ce qui va se passer dans le monde en 2010 et 2011 ! Pourtant il faut bien fixer un cadre budgétaire. Pour 2010, le budget des missions de la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) sera en nette augmentation (+16%) atteignant 280,9 milions d'euros (à comparer aux 242,7 millions d'euros prévus pour 2009).

Une augmentation à relativiser. R
apporté au budget global de l'UE pour 2010 (141,5 milliards €), cela ne représente que 0,2% du budget ! Et le budget 2008 atteignait, déjà, ce montant, avec 284,85 millions d'euros. D'un autre coté, il faut prendre aussi en compte d'autres lignes budgétaires qui contribuent, plus ou moins directement à la PeSDC (voir 2). Et il est notable de voir la progression rapide de ce budget dans les trois dernières années (cf. graphique).
BudgetPesdcNgv.png
La progression va continuer en 2011 avec de nouvelles missions. Cette progression devrait se poursuivre en 2011, estiment les diplomates, selon le document que j'ai pu consulter. D'une part, les missions actuelles de gestion de crise devraient être prolongées, notamment la mission EULEX Kosovo (la majeure partie du budget missions de défense). D'autre part « de nouvelles actions pourraient démarrer en 2010 qui continueront en 2011, ou démarrer en 2011 ». Les diplomates demandent d'ailleurs pour les années futures de veiller à ce que la non-utilisation des marges (d'urgence) « n'entraîne pas de coupes budgétaires l'année suivante ». « Les budgets des missions reflètent des prévisions réalistes (...). Le déploiement graduel du personnel et les délais liés à la passation des marchés d'équipements devraient être pris en compte de façon appropriée. »

1. Missions civiles de gestion de crises et représentants spéciaux (*) :

Les opérations et représentants spéciaux ne coïncident pas avec l'année budgétaire, mais sur plusieurs années. Et que ce cadre va se préciser durant l'année.

1) EULEX Kosovo, avec 2000 agents internationaux, continue d'être "la plus importante opération de gestion de crise civile et pèsera fortement sur le budget PESC" = 145 millions € pour la période novembre 2009 - juin 2010 (dont 115 millions € engagés en 2009). 30 millions € sont engagés sur le budget 2010. Une autre décision doit être prise début 2010 pour la suite de la mission.

2) EUPOL Afghanistan, deuxième plus gros budget =
81,4 millions € pour la période décembre 2008 - mai 2010 (dont 36,4 millions € engagés en 2009). 45 millions €sont engagés sur le budget 2010. Une autre décision doit être prise début 2010 pour la suite de la mission.

3) EUMM Georgia = 
49,6 millions € pour la période septembre 2008 - 14 septembre 2010 (dont 46 millions € engagés en 2008 et 2009). 3,5 millions € sont engagés sur le budget 2010. Une autre décision doit être prise au 2e semestre 2010 pour la suite de la mission.

D'autres décisions devront aussi être prises pour la continuation des missions de soutien à l'autorité palestienne (EUPOL Copps) en république du Congo (EUPOL et EUSEC RDC), en Irak (EUJUST Lex) et les actions dans le domaine du désarmement et de la non-prolifération (armes de destruction massive WMD et armes légères SALW).

Les représentants spéciaux de l'UE - dont la plupart des mandats se termine le 28 février 2010 (sauf celui en Fyrom qui se termine le 31 mars 2010) - seront sans doute prolongés (cela dépend de la décision de la Haute représentante, Catherine Ashton). C'est le budget PESC qui financera tant qu'une décision fixant les modalités de leur intégration
dans le futur service d'action extérieur ne sera pas prise.

2. Autres budgets intéressant la PSDC

Pour avoir une idée plus précise de l'intervention de l'UE en matière de sécurité, il faut aussi se pencher sur d'autres lignes du du budget 2010 "Relations extérieures" (
dont le total avoisine les  4,2 milliards €) car d'autres actions intéressant de près la PeSDC seront financées en 2010. Exemples (engagements, chiffres arrondis) :

Projets pilotes
- projet pilote de lutte contre la piraterie :
1 million €
-
projet pilote des ONG conduisant des activités de maintien de la paix : 1 million €

Instrument de stabilité
- réponse de crises : 151,5 millions €
- préparation aux risques chimique, biologique, nucléaire (CRBN) : 41 millions €
- actions transrégionales contre criminalité, terrorisme, protection infrastructures : 21 millions €

Protection civile
- interventions de protection civile dans les pays tiers : 8 millions €
- assistance dans le secteur nucléaire : 54 millions € + 15 millions € (Tchernobyl)

Interventions géographiques
- Palestine, processus de paix et UNRWA : 295 millions €
- Afghanistan - rehabilitation et reconstruction : 160 millions €
- Irak, Iran, Yemen - coopération : 47 millions €

Service d'action extérieure
- Personnel de la DG relex et des délégations extérieures de la CE : 236,5 millions €
- Dépenses de fonctionnement DG Relex, Délégations extérieures et autres : 199 millions €


(*) Les missions militaires de l'UE ne sont pas financées par le budget communautaire mais par 26 des 27 Etats membres (sauf le Danemark qui bénéficie d'un opt-out), en partie de façon solidaire pour les "coûts communs" (répartition selon une clé du PIB sous le mécanisme Athena) et de façon individuelle pour les troupes et matériels envoyés (chaque pays finançant sa propre contribution sur son budget national).
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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 00:12
L’accord conclu par les Ministres de la Défense en novembre 2009 (1) visant à améliorer l'utilisation des Battle groups sera-t-il suffisant pour résoudre les problèmes des Battle groups ?« Non » semble-t-il. La force de réaction rapide semble encore condamnée à être d'un déploiement lent !, selon une formule que j'avais employée dans le passé.

Le Conseil détient toujours le pouvoir. Apparemment cet avis semble partagé. Caroline Henrion, chercheuse stagiaire au GRIP (
Groupe de Recherche et d'Information sur la Paix et la Sécurité), vient ainsi de publier une courte d'analyse sur les groupements tactiques, où elle détaille les dernières évolutions. Sa conclusion est sans appel. Cette avancée est avant tout « technique », estime-t-elle. Elle « ne résout pas le problème essentiel de la complexité du système de choix des opérations. En effet, même si l’usage des groupements tactiques acquiert désormais une certaine flexibilité, le Conseil détient toujours le pouvoir sur la décision finale. Il ne s’agit que d’une décision illusoire, masquant une avancée extrêmement limitée. »

La crédibilité de l'Europe en jeu. « Le fait qu’ils n’aient jamais été déployés, principalement à cause du manque de cohérence et de volonté politique des États membres, a souligné la contradiction entre ce que l’Europe voudrait être et ce qu’elle est, un système intergouvernemental d’États qui ne sont pas encore prêts à partager certaines de leurs compétences nationales.  Les difficultés observées par les groupements tactiques ont montré que l’Europe était encore loin de posséder des capacités communes efficaces. En attendant, une solution doit être trouvée à l’utilisation des groupements tactiques si l’on souhaite que cet instrument soit maintenu. La crédibilité de l’Europe est en jeu. » conclut Caroline Henrion.

Télécharger l'étude.

(1) Lire : Des Battle groups (un peu) plus souples d'emploi
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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 19:45
(mis à jour sam. 30 janv & 11 février) Pour composer son cabinet, la Haute représentante pour les Affaires étrangères de l'UE n'a eu que l'embarras du choix. Aussitôt sa nomination, plusieurs centaines de CV ont atterri sur sa table.

11 personnes. Sans compter les assistant(e)s, ce cabinet devrait se composer de 11 personnes. En effet, après quelques négociations - qui n'ont pas été évidentes -, elle a obtenu du président de la Commission d'avoir une dérogation à la règle ordinaire (6 conseillers) et de pouvoir recruter 11 conseillers. Ce qui est logique, conséquence de sa double fonction (vice-présidente de la Commission et Haute représentante). Même si la Haute représentante peut disposer de ressources au sein de l'administration européenne, cela reste somme toute, relativement peu par rapport à l'étendue des fonctions (Solana avait une quinzaine de personnes à son cabinet, inclus il est vrai 2 assistantes).
Mais le président de la Commission, José-Manuel Barroso, n'en a que 12...

Un cabinet de quadras. Le cabinet est un savant dosage entre les anciens de son cabinet au commerce, des anciens du cabinet Solana ou du Conseil et de la diplomatie des Etats membres, ainsi que de la Commission européenne. On peut déjà remarquer que nombre d'entre eux ont un parcours diversifié alliant un passage dans une institution européenne (Conseil, Commission, Parlement), dans la diplomatie d'un Etat membre (Royaume-Uni, France, Allemagne, Espagne), la présence sur le terrain (Balkans, Chine, ONU), voire dans le privé. On peut remarquer, aussi, que nombre d'entre eux ont à leur actif, d'avoir été soit à Londres, soit d'avoir déjà travaillé auprès d'un Britannique. Et que l'âge moyen tourne plutôt au-dessous de la quarantaine.

L'architecture du cabinet n'est pas encore définie. Il pourrait être divisé entre conseillers seniors et conseillers juniors. Chacun de ses membres devrait avoir dans ses dossiers une attribution géographique et une attribution sectorielle ; les dossiers "ordinaires" de la Commission étant partagés entre tous les membres.

Tous les noms ne sont pas encore connus ou officialisés. En voici les principaux selon les informations qui restent à confirmer (ce devrait être chose faite cette semaine).

morrison-copie-1James Morrison (Royaume-Uni) : chef du Cabinet. Diplomate britannique. Il a démarré sa carrière à la direction de la nationalité et de l'immigration du Home Office à Londres mais est vite passé, en 1991, Foreign office (FCO) où il a travaillé sur les questions humanitaires et de crimes de guerre. Il a passé ensuite les cinq années suivantes à la Représentation britannique de l'UE traitant des questions de commerce ou d'aide international jusqu'à 1998 (date de la présidence britannique de l'UE). Il retourne, en 1999, au FCO comme porte-parole puis devient secrétaire privé de deux ministres chargés de l'Europe (dans le gouvernement de Tony Blair). Après avoir été chef du département de la PESC (politique étrangère et de sécurité commune), il revient à Bruxelles où il est responsable du team "présidence" lors de la présidence britannique de l'UE en 2005, également en charge des questions de commerce et de relations avec l'Asie. Après un passage au niveau universitaire à la Business School d'Ashridge, il revient à la Commission européenne, en 2008, comme de cabinet de Catherine Ashton (Commerce).


lutz_guellner.jpgLutz Güllner (DEU) : porte-parole. 39 ans. Il exerçait la même fonction au cabinet Ashton (Commerce) depuis mars 2009.  Parcours : il a travaillé au ministère de l'environnement français, en charge des relations avec les pays d'Afrique subsaharienne. Il démarre sa carrière à Bruxelles comme consultant en affaires publiques, avant de rejoindre la Commission, d'abord à la DG Relex où il s'occupe des relations avec les pays voisins de l'UE à l'est (2003-2005), puis à la DG Commerce, où il est responsable des relations économiques avec la Russie. Cursus : Né en 1971, diplomé en sciences politiques et relations internationales de l'université de Berlin et de Sciences-Po Paris. Sa femme est néerlandaise et ils ont deux enfants.


Bannerman.jpgEdward Bannerman (UK) : Conseiller. Membre du cabinet Ashton (Commerce) en charge de la politique transatlantique, de l'OMC, du marché unique, de l'énergie, des fonds souverains et des droits de propriété intellectuelle. NB : il pourrait continuer de suivre les dossiers "sensibles" pour les Britanniques qui viennent au collège.


Pelayo Castro-Zuzuarregui (ESP) : conseiller. Après avoir été
administrateur à la commission "Commerce international" du Parlement européen, il était depuis 2007 "assistant personnel" du premier ministre espagnol, Jose-Luis Zapatero. Ce qui pourrait être utile pour assurer le lien avec la présidence espagnole. Autre parcours : assistant du chef correspondant d'El Pais aux USA. "Junior Officer" à l'office commercial économique de l'ambassade d'Espagne à Bruxelles. Cursus : Masters degree in European Studies du Collège d'Europe de Bruges (promotion Leonardo da Vinci), Master of Science in Foreign Service and Honors Certificate in International Business Diplomacy de l'université de Georgetown (Washington DC), Degree in Political Science de l'université autonome de Barcelone. Sa femme est néerlandaise et ils ont une fille.

EvertsSteven.jpgSteven Everts (NL) : conseiller "énergie - relations transatlantiques" (Usa, Canada). 39 ans. Il était jusqu'à représentant personnel de Javier Solana (Haut représentant) sur l'Energie et la politique étrangère. Parcours: conseiller spécial chargé des relations transatlantiques (Us Canada), de l'OSCE, du Conseil de l'Europe du G8 et des changements climatiques (2005-2008). Chercheur au Centre for European Reform à Londres (1999-2004) et enseignant au college Brasenose de l'université d'Oxford, chargé des relations internationales (1996-1998). Cursus : Né en 1970, diplomé de l'université britannique, doctorat en droit international, avec un titre de thèse, prometteur : "Adapation in Foreign Policy. British and French reactions to German unification". Il a également étudié à l'université de Leiden (Pays-Bas) en science politique.


GuittonAlice.jpgAlice Guitton (FRA) : conseiller "Gestion de crises - Somalie Piraterie". 32 ans. Diplomate française, elle était jusqu'à présent chef de la mission de gouvernance au Quai d'Orsay depuis mai 2009. Parcours : Conseiller au cabinet de Bernard Kouchner en charge des questions des affaires multilatérales et stratégiques (Onu, piraterie...) de 2007 à 2009 (notamment durant la présidence française de l'UE). Première secrétaire à l'ambassade de France à Londres (2005-2007). Rédacteur à la division affaires politiques du quai d'Orsay (2002-2005) après avoir été à la division des affaires économiques, en charge des questions des organisations internationales et de l'ONU (2000-2002). Cursus : études de philosophie à l'Université Sorbonne Paris IV et d'économie (1994-1997), Sciences politiques Paris (1997). Diplômée de l'ENA (promotion Averroès 1998-2000), elle effectue ses stages obligatoires à la préfecture de Creuse et à Pernod Ricard. Elle a été également en stage à la Cour des Comptes européenne (1996) et à la délégation de la Commission européenne à l'OCDE et à l'UNESCO (1995).


HallergardCarl-CabSolana-UE.JPGCarl Hallegard (SWE) : conseiller "Afghanistan - Pakistan". Jusqu'à présent au cabinet de Javier Solana comme conseiller "Balkans" du Haut représentant. Parcours : après un stage au cabinet de la Commissaire suédoise, Anita Gradin, il entre à la Commission à l'Office Humanitaire (ECHO (1996), puis passe au secrétariat du Conseil (2000) à l'Unité de Planification de la Politique et d'Alerte Rapide (UPPAR) qui deviendra ensuite l'Unité politique. Cursus : Ecole de Commerce de Stockholm, université en science politique et philosophie, Collège d'Europe de Bruges (1995).

 

jennings-michael.jpgMichael Jennings (UK) : secrétaire privé. 34 ans. Il était jusqu'ici "press officer" pour la Commissaire Ashton (Commerce) après avoir exercé la même fonction auprès de Peter Mandelson (depuis 2007). Parcours : chef du service de presse de la délégation de la CE en Chine et en Mongolie (2005-2007). Responsable des relations presse et publiques à Bayer China (2002-2005). Né en septembre 1976. Cursus : masters of letters et master en économie et science ppolitique (1995-1999) au Trinity College Dublin (1995-1999 et 1999-2001), Baccalauréat (Abitur) en Allemand à la Freiherr-vom-Stein Grammar School de Leverkusen (1995).

 

anna-kaisa_itkonen.jpgAnna-Kaisa Itkonen (FIN) : officier de presse. Elle exerçait la même fonction chez Olli Rehn (commissaire à l'élargissement) et était auparavant porte-parole de la délégation de la Commission en Finlande. Cursus : originaire de Carélie du sud, elle a passé son enfance à Lappeenranta et Joutseno. Diplômée de la Haute école de Joensuu, elle est ensuite partie étudier les langues et le droit européen à l'université d'Edinburg en Ecosse.

 

 

MajaKocijancic.gifMaja Kocijancic (SLO) : porte parole du HR. Elle était jusqu'ici porte-parole de représentation slovène à Bruxelles et a notamment assuré cette fonction lors de la présidence slovène de l'UE en 2008. Elle était auparavant journaliste correspondant UE et OTAN pour l'agence de presse slovène (STA).

 

Nikolay.jpgRenate Nikolay (DEU) : conseiller "relations avec le Parlement". Elle exerçait la même fonction dans le cabinet Ashton (Commerce) et était également dans le cabinet de Peter Mandelson (Commerce) en charge des questions de sécurité alimentaire. Elle a commencé sa carrière au ministère des affaires étrangères allemand.



holm-pedersen_h.jpgHelene-Holm Pedersen (DK) : chef de cabinet adjoint, conseiller "Balkans". Ancienne membre du cabinet Rehn (Elargissement) chargé de la Bosnie, du Kosovo, du développement et de l'aide humanitaire, des consommateurs et des relations avec le Conseil. Parcours : Après avoir travaillé avec le haut représentant de la communauté internationale (OHR) en Bosnie et à Bruxelles, à l'OCDE et avec le représentant spécial de l'UE à Skopje, elle rejoint la task-force du secrétariat du Conseil en 2002, sous la houlette du représentant spécial de l'UE, Lord Ashdown. Puis passe en 2005 au cabinet de Rehn.


NB : Le Conseiller militaire de Catherine Ashton est le Général Hakan Syren (SWE), le président du comité militaire.

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28 janvier 2010 4 28 /01 /janvier /2010 18:20
PoliceAfghanProvBadghis-EupolAfgha.jpgAlors que la communauté internationale est réunie, à Londres, au chevet de l'Afghanistan — pour la septième fois en neuf ans  ! (1) —, il est à craindre que les déclarations d'un jour ne restent lettre morte le lendemain. Les mois passent et peu de choses changent (2). Exemple : la mission de police en Afghanistan (EUPOL en Afghanistan) n'a ainsi toujours pas atteint sa pleine capacité, faute de personnel (à peine 300 sur 400 ont pu être recrutés), de disponibilité (pour ne pas dire de volonté) des Etats membres de l'UE à fournir les éléments manquants, du fait aussi des problèmes de logistique et de sécurité. Du coup, l'extension d'EUPOL dans toutes les provinces (3) est entravée comme l'a expliqué, lundi, Kees Klompenhouwer, le chef de la CPCC (l'Etat-Major civil de l'UE), devant les députés de la sous-commission défense du Parlement européen.

Salaires, logistique, forces de protection. « Je souhaite que la mission couvre tout le pays. Mais pour cela nous avons besoin de plus d'effectifs ». a ainsi expliqué Klompenhouwer. « Un effort a été fait pour que nos policiers soient mieux payés. Le per diem était trop bas. Il a été augmenté. » Mais cela ne semble pas vraiment suffisant pour attirer des vocations ! « Il faut aussi que les Etats nous fournissent des logements, de la logistique, des forces de protection pour que nous puissions aller das  les provinces où nous devons aller. Et c’est le problème. » On ne saurait être plus clair !

Pas d'accord avec l'OTAN. L'absence d'accord de sécurité entre l'UE et l'OTAN (à cause des problèmes turco-chypriotes) pose aussi quelque souci.
« Nous opérons dans une zone grise ».

On est là pour au moins 5 ou 10 ans. Quant au relais par les forces afghanes, il ne faut pas rêver.  « Cela prendra plus de temps mais c'est nécessaire. » assure Klompenhouwer. « Franchement pour assurer le succès de la mission nous avons besoin d'un calendrier de 5 ans au moins, de 10 ans. Car le pays a été complètement dévasté en 35 années de guerre. Nombre de policiers, par exemple sont illettrés. » En attendant, ce n'est parfois pas évident. Ainsi il y a actuellement au sein du ministère de l'Intérieur afghan, 4 unités qui assurent de la collecte et de l'analyse de renseignements, de manière totalement indépendante et non coordonnée. « Une seule entité responsable serait souhaitable » considère le chef de la CPCC. Et EUPOL qui a reçu le "renseignement" dans son escarcelle de formation s'arrache les cheveux...

(1) Petersberg-Bonn 2001, Berlin 2004, Londres 2006 (compact), Rome 2007 (Etat de droit), Paris 2008, La Haye 2009

(2) Lire :
Eupol Afghanistan: on progresse, lentement, trop lentement...
Une conférence convoquée pour résoudre les problèmes d'Eupol Afghanistan
Le plan d'action de l'UE pour l'Afghanistan et le Pakistan

(3) Lire : Missions en Iraq, Afghanistan... l'Europe recrute


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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Orient - Afghanistan-Pakistan
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Derrière les murs, la politique (européenne) des affaires étrangères (PESC), de sécurité et de défense commune (PeSDC) est décryptée. Stratégie, politique, gestion de crises, industrie ou transport aérien militaire, surveillance maritime et protection civile...Missions militaires et civiles de l'UE (Bosnie-Herzégovine, Kosovo, Géorgie, Moldavie / Ukraine, Afghanistan, Irak, Palestine, Congo RDC, Guinée-Bissau, Haïti, Océan indien, Somalie, Tchad).

logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.