Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
28 janvier 2010 4 28 /01 /janvier /2010 00:00
EquipeCoordinCE@E1001L'aide européenne est arrivée à Haïti. Sans être aussi massive et "tambourinante" que l'aide américaine, elle a été précise, rapide, et est montée en puissance peu à peu. Mais, voilà, cela ne s'est pas su...

Comment faire des choses et ne pas le dire
En fait s'il y a eu un véritable raté dans cette opération "Haïti", c'est la communication de l'UE, un "flop" retentissant qui a duré plusieurs jours, le temps que cela s'organise un peu, diront les âmes charitables, le temps que certains Etats décident de reprendre en main, diront les autres. On a ainsi véritablement commencé à avoir une vision européenne quand plusieurs pays ont évoqué l'idée d'envoyer une force de sécurisation - des gendarmes ou policiers militaires - sous drapeau de l'UE. Mais il était déjà tard. Dans le timing d'une catastrophe, chacun le sait, il faut être présent (médiatiquement) s'entend dans les 24-48 premières heures. Après le flot l'emporte...

Comment louper la com', en sept points ...

La réaction européenne dans ce domaine peut se résumer à quatre mots : trop lent, trop tard, trop discret, dispersé.

J'ai recensé au moins sept exemples :

- des communiqués de situation remis à jour mais publiés le plus discrètement possible. Sans aucun signalement médiatique, du moins au début. Il fallait aller fouiller au fin fond du site internet de la Commission européenne pour le trouver.

- des réunions de crise tous les jours sans aucun compte rendu, information à jour (et encore moins de photo !) ;

- aucun point régulier de situation fait en chair et en os ;

- une lenteur à disposer d'informations additionnées sur les moyens européens dégagés ;

- des chiffres incomplets, largement au-dessous de l'effort réel. Chaque entité européenne (Echo, Mic) a additionné ses chiffres des personnels engagés sans avoir une vue globale ni entreprendre une prise en compte de TOUS les moyens envoyés par les Etats membres (humanitaire, secours d'urgence, sécurité civile, militaires...). Ainsi l'humanitaire ne prenait pas en compte la protection civile, la protection civile ne prenait pas en compte les militaires, etc. Résultat, pendant plusieurs jours, il fallait prendre sa calculette et appeler chaque Etat, voire chaque direction générale de la Commission européenne, pour avoir une idée de l'effort global. Quand j'ai demandé pourquoi ce n'était pas fait, on m'a répondu doctement : « ce n'est pas nous qui coordonnons ». Sans compter que les quelques chiffres communiqués sur l'effort européen, durant les premiers jours de la catastrophe, étaient faux : ainsi ce blog répertoriait déjà plus de 1200 personnels européens engagés sur le terrain, alors que la Commission européenne n'en comptait qu'à peine 700 ! (lire : La Commission a minoré l'aide "protection civile" à Haïti ). Et encore aujourd'hui, il est difficile d'avoir une réponse concrète à une question simple : combien de personnels l'UE et les 27 Etats membres ont envoyé sur place, tout compris ? réponse... ;

- peu d'utilisation des instruments de diffusion rapide d'information (twitter) et des réseaux sociaux (sauf par ECHO qui a une page fan sur facebook, où il y avait d'ailleurs "un peu" plus d'information que sur la "communication officielle" ;

- une information disponible surtout en anglais. Double erreur selon moi. Erreur politique bien sûr car Haïti est un pays francophone. Et l'effort des pays latins ou francophones (Belgique, France, Espagne, Italie) a été notable dans cette crise. Même les marines US, à Haïti, s'efforçaient de parler en français aux médias ! Erreur de communication surtout : lors d'une recherche google (la première arme du journalisme aujourd'hui), les chiffres et informations de la CE (quand ils existaient) ne sortent pas (donc n'existent pas ! ) ;

- il a fallu en fait 2 réunions de conseils des ministres, pour qu'un peu de réalisme et d'efficacité reviennent. Au dernier conseil des ministres, plusieurs ministres européens ont ainsi mis en cause, parfois vivement, l'absence de visibilité de l'effort européen et l'importance vis-à-vis de leur opinion publique. Seul hic : si la gestion de catastrophes continue, l'actualité "Haiti" s'est peu à peu retirée des médias selon le phénomène classique de la "marée"... et le sujet intéresse moins.

Résultat : pour trouver de l'information, il fallait la chercher ailleurs dans les capitales, voire auprès de l'US Army (très bien organisée, avec brief quotidiens, photographies, vidéos disponibles). Ce type de fonctionnement me paraît assez incompréhensible. Il semble y avoir au sein des institutions européennes une absence de la prise en considération de la nécessaire gestion de crise de l'information. N'importe quelle ONG un peu constituée et professionnelle paraît mieux faire en la matière...

Une bataille perdue, davantage politique qu'il n'y parait

En conclusion, l'information a manqué et la communication a raté. Et l'Europe a perdu la bataille de la "visibilité". Cela peut paraître un détail au regard de l'ampleur de la catastrophe. Mais au regard de l'ambition politique de l'UE dans sa place dans le monde et la réponse de crises, c'est primordial. Etre là au moment où il faut et de façon massive est un acte, aussi, politique (2).

Il ne faut pas ensuite s'étonner si l'UE a eu toutes les peines du monde à s'imposer auprès du trio USA-Canada-Brésil pour la phase de reconstruction, alors qu'elle est pourtant un acteur majeur de l'aide à Haïti. Il ne faut pas non plus s'étonner si dans les opinions publiques, et dans la presse, l'impression a été donnée d'un effort médiocre, sous-estimé, mal coordonné...

Une occasion perdue pour Catherine Ashton

La situation est d'autant plus paradoxale que le Traité de Lisbonne avait pour objectif justement de remédier à la dispersion des efforts qui semblaient
jusqu'ici la caractéristique de l'Europe. Tous les outils possibles d'une intervention étaient à disposition, de la Haute représentante et la Commission européenne : humanitaire, développement, protection civile, militaire, policier... Cela n'a pas été plus efficace (voire moins) que lorsque ces outils étaient dispersés. Une opportunité a, là, été perdue, notamment pour Catherine Ashton qui aurait pu imposer sa marque, tout de suite. Une opportunité d'autant plus facile à saisir que peu de monde aurait pu s'opposer à voir l'UE prendre la tête de cette "mission".

(1) Lire notamment : A Haiti, la phase d'urgence pas terminée, 1000 avions en attente, un rapport édifiant de la CE
(2) Lire aussi : La sécurité civile, la pièce manquante à l'UE - Puissance civile
Repost 0
Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Secours - Sécurité Civile
commenter cet article
27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 17:10
La pression était forte, des Etats membres, de l'opinion publique, de la presse... Après le séisme en Haïti, l'impression était que l'Europe n'avait pas été très présente, pas suffisamment présente. Lors de la réunion de la Commission, ce mercredi, le débat a d'ailleurs été "animé", a rapporté un témoin.

Une top priorité... Aussi, José-Manuel Barroso, le président de la Commission européenne a-t-il tenu à le faire savoir aujourd'hui expressément à la presse : « la réponse aux crises, le dispositif de réaction rapide face aux catastrophes, sera parmi les premières priorités de la prochaine Commission européenne, dès qu'elle sera entrée en fonction » (théoriquement le 10 février). On ne part pas de rien, a tenu à rappeler José-Manuel Barroso aux commissaires : il y a le rapport qu'il avait demandé à Michel Barnier sur le sujet, rapport remis en 2006, et restée lettre morte. « Les Etats membres n'avaient pas pu (pas voulu) se mettre d'accord sur les grands axes » a-t-il rappelé. Il y a aussi une communication de 2008 del a Commission européenne qui a sensiblement « renforcé le dispositif existant ». Mais, aujourd'hui, il ne s'agit pas de faire du replâtrage ou d'améliorer "un peu" le dispositif... Il faut franchir un nouveau pas !

Un hub central et une visibilité améliorées. D'autant que le Traité de Lisbonne donne maintenant une base juridique solide pour agir sur ce point. La nouvelle organisation interne de la Commission qui rassemble sous un seul chapeau, et une seule direction réponse humanitaire et réponse de protection civile est « un progrès qui améliore la coordination interne » (à l'intérieur de la Commission européenne). Il y en a besoin. La crise haitienne l'a montré. Il faut faire plus : « améliorer la
capacité de l'Union européenne, y compris par la mise en place d'un "hub" central pour coordonner l’aide avec les Etats membres. Ce qui permettra également d'avoir une plus grande visibilité, vis-à-vis de l’opinon publique ». La commission entend aussi oeuvrer, — a-t-il ajouté — pour la mise en œuvre d’un corps volontaire de l’UE » (lire aussi La Grèce propose de créer un corps de volontaires européens).

L'aide à la gouvernance d'Haïti. Concernant plus spécifiquement l'aide à Haïti, la Commission européenne entend poursuivre son effort dans trois voies :
l’aide humanitaire, l’aide à la remise sur pied de la gouvernance du gouvernement haitien et la reconstruction à plus long terme. Une mission d’évaluation conjointe, notamment avec la Banque mondiale, devrait partir et permettre des décisions lors de la conférence internationale sur Haïti prévue en mars à New York.
Repost 0
Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Secours - Sécurité Civile
commenter cet article
27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 16:11
La Grèce a proposé à ses partenaires européens de créer un corps européen de volontaires face aux catastrophes. Une idée qui était déjà "en l'air" depuis plusieurs années. Mais maintenant, avec le séisme en Haiti, il semble que l'Union européenne soit plus décidée à agir (1). Elle a été reprise formellement par le vice-ministre grec des Affaires étrangères. Dimitrios Droutsas en a détaillé les objectifs, lors du dernier Conseil des ministres, le 25 janvier.

Cette proposition vise à « renforcer la réponse disponible de l'UE face à des besoins de populations vulnérables et pour atténuer les conséquences de l'instabilité économique, du sous-développement, de la pauvreté... » a-t-il expliqué. Elle permettrait aussi de renforcer - « particulièrement dans la jeune génération, le sens d'appartenir à une communauté de valeurs européennes et de proumouvoir l'idéal de solidarité, et de renforcer la visibilité de l'UE comme une force positive aidant ceux qui sont dans le besoin ». Ces volontaires pourraient se déployer « à l'intérieur de l'UE ou dans les pays tiers », dans des actions « d'aide humanitaire, de protection de  l'environnement ou des changements climatiques, d'éducation et de protection civile ». L'objectif est de le rendre opérationnel dès 2011 (qui a été proclamée année européenne du volontariat)
a souligné le ministre grec.

(1) A suivre
: "le premier chantier de la Commission Barroso II"

Repost 0
Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Secours - Sécurité Civile
commenter cet article
27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 05:05
HaitiSeismeRue@E1001Le dernier rapport que viennent de dresser les experts européens qui sont sur place est édifiant tant sur la situation sur place qui reste encore catastrophique : la phase d'urgence n'est pas vraiment terminée même si la phase de "recherche et de secours" dans les décombres (search and rescue) est désormais close.

Des besoins énormes

Sans-abris, déplacés, blessés, camps de fortunes. Avec 200.000 personnes sans abris, rien qu'à Port-au-Prince (selon les estimations de l'ONU), et 210.000 déplacés en dehors de Port-au-Prince, ainsi que 600.000 personnes dans des camps de fortune à Port-au-Prince, on perçoit tous les défis de l'aide d'urgence internationale aujourd'hui dans l'ile.


Selon les experts européens, l'accès aux camps, les points de distribution de nourriture, la desserte des villes et villages isolés s'améliore mais reste encore « limitée par les débris, les véhicules abandonnés sur les routes ou les dommages d'infrastructure (ponts, routes, etc.). Parmi les autres besoins, il faut aussi du « carburant, des petites pompes et des latrines ». « La qualité de l'eau et sa distribution reste un problème ».

Sans compter les besoins médicaux : « 200.000 personnes ont besoin de soins de suite post-chirurgie et d'un bilan médical, avec des blessures non traitées. Les maladies infectieuses et les conditions sanitaires restent une préoccupation prioritaire et pourraient se détériorer rapidement si les pluies arrivaient. »


Les défis pour l'assistance internationale

Les voies d'accès. « Le déblocage des goulets d'étranglement logistiques à Port-au-Prince » est une priorité. Notamment rouvrir le port maritime pour soulager l'aéroport.
Les chiffres sont conséquents. Selon l'unité protection civile de la Commission, il y a actuellement « un retard de 7 jours pour les vols à l'arrivée. Et environ 1000 avions sont en attente ». Précision : « les vols militaires représentent 27% du total ».

Les problèmes de coordination: devant lHaitiControlTraficAerien-Us100126.jpge manque de capacité du gouvernement pour se coordonner, il y a « nécessité de renforcer la coordination sous l'égide des Nations unies entre les principaux acteurs au niveau opérationnel et sur le terrain, notamment entre acteurs militaires et humanitaires » notent les experts européens.

Donner du travail aux Haïtiens. Il faut trouver des « activités génératrices de revenus pour un maximum de trois millions de personnes dont l'existence a été perturbée par le séisme ». Le gouvernement haïtien propose de mettre en place des programmes " nourriture et argent contre travail" pour employer des Haîtiens à nettoyer / enlever les débris dans les zones détruites.

(crédit photo : Commission européenne / MIC + Us DoD - Sgt. James L. Harper Jr., U.S. Air Force/Released)
Repost 0
Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Amériques - Haïti
commenter cet article
26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 23:50
Les 27 ministres des Affaires étrangères, lors du Conseil du 25 janvier, se sont mis d'accord sur une approche commune, à la veille de la conférence internationale sur l'Afghanistan qui doit se tenir, le 28 janvier à Londres. Parmi les "éléments de langage communs", figure en bonne place « la réintégration des insurgés dans la société afghane » et la volonté que le gouvernement afghan assume « une plus grande responsabilité » et prenne "davantage en charge son destin ».

« Tous ceux qui combattent ne sont pas des talibans », a ainsi déclaré le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle. Ce qui était tabou il y a encore quelques mois devient un leitmotiv. Parmi les insurgés, il existe de nombreux sympathisants qu’il faut « ramener dans la société » poursuit le ministre allemand qui enfonce le clou : « Celui qui croit que la victoire en Afghanistan peut être uniquement militaire se trompe. »

Un Fonds pour réintégrer les rebelles
. L'objectif est d'offrir des alternatives personnelles et économiques aux sympathisants des talibans prêts à renoncer à la violence. Les Européens soutiennent ainsi la création d'un fonds visant à promouvoir la réintégration des sympathisants des talibans dans la société afghane, que ce soit par des projets menés par exemple en milieu rural ou dans le secteur de l’éducation.

Les 27 ont également évoqué le futur de l'assistance européenne à cet Etat notamment le renforcement de la représentation de l'UE en Afghanistan (en fusionnant les délégations UE et Commission) ainsi que le soutien à la réforme de la police (j'y reviendrai).
Repost 0
Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Orient - Afghanistan-Pakistan
commenter cet article
26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 23:30
La marine italienne arrivera peut-être la dernière à Haïti. Mais avec panache... et quels moyens ! C'est le porte-avions Cavour, fleuron de la flotte italienne qui a été choisi pour assurer l'aide italienne militaire dans une opération dénommée "White Crane". Commandé par le capitaine Gianluigi Reversi, le Cavour est actuellement en route et devrait arriver au large d'Haïti dans les premiers jours de février. Il fera - avant d'arriver - une escale technique et opérationnelle au Brésil pour embarquer du personnel médical des forces aérmées brésiliennes. C'est, en effet, une opération conjointe italo-brésilienne. Le matériel embarqué est du lourd : génie, médical, hélicoptères. Ce qui répond à la demande de l'ONU.

PorteAvionsCavour-Ita100125.jpgLe Cavour a pris la mer a vec du matériel lourd à bord

A bord, outre les 550 marins du Cavour :
- une task force de génie, avec un peloton de transmission, un peloton de force de protection, 15 engins de terrrassement (pelleteuses...), 20 camions bennes  et 5 grues mobiles...
- un hopital avec 2 cliniques, 2 salles d'opération et
1 salle de réveil, 8 lits de soins intensifs, une salle de radiologie, une salle de soins pour brûlés, un laboratoire d'analyse médicale, une unité de soins dentaires .... Il a une chambre hyperbare portative à même de "fournir la thérapie la plus appropriée pour les "crash-syndromes".
- 6 hélicoptères pour le transport et les évacuations sanitaires
- Une unité de police militaire et une unité sanitaire des Carabinieri ...
PorteAvionsCavourPelleteusHaiti-Ita100125.jpgDans les entrailles du Cavour, engins de génie, camions, et hélicoptères,
(crédit photo : Ministero della Difensa)
Repost 0
Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Amériques - Haïti
commenter cet article
26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 21:31

EquipeUsarUkPolice-E1001.jpg

Après le départ de trois navires - espagnol (1), britannique (2), italien (3)- il y aura bientôt sur zone :
- 6 navires fournis par les marines de l'Union européenne,
- 15 hélicoptères et environ 30 avions,

- près de 3000 hommes engagés (santé, pompiers, protection civile, militaires des 3 armes - terre air mer -, policiers et gendarmes).

Moyens de secours

Cêté équipements de sécurité civile et de secours d'urgence déployés sur place par les Etats européens participant à l'opération de secours, au dernier bilan effectué par la cellule
"protection civile" de la Commission européenne, il y a aujourd'hui:
- 2 hopitaux de campagne (Belge et Francais)
- 5 postes médicaux avancés (Européen - Italie, 3 Français, 1 portugais)
- 38 équipes médicales (30 Francaises, 2 Portugaise, 2 Espagnoles, 1 Allemande, 1 Hongroise, 1 Grecque, 1 Britannique)
- 6 unités de purification de l'eau : 2 Espagnoles, 1 Européenne (Fr), 1 Belge, 1 Allemande, 1 Française.
- 5 équipes d'évaluation : italienne, allemande, britannique, irlandaise, espagnole.
- 1182 tentes permettant de loger près de 7000 personnes founis par 9 pays européens (Autriche, Suède, Italie, Slovénie, Slovaquie, Espagnol, Portugal, Bulgarie, Pologne) + 2 camp de base d'une capacité de 200 personnes (selon un module conjoint nordique (Suède, Danemark, Norvège, Estonie, Finlande).
- Plus de 1000 personnels spécialisés déployées (pompiers, médecins, techniciens).

A cela, il faut ajouter les moyens proprement militaires engagés : des officiers du génie militaire irlandais, deux installations de postes de premiers secours, un hôpital de campagne et une unité de purification d'eau de l'armée française, un détachement de protection de l'armée belge, une équipe de police militaire britannique...

En tout 24 Etats européens participent ainsi à l'effort coordonné à Bruxelles par les unités "protection civile" (MIC) et "militaire" (EUCO) : Autriche, Belgique, France, Grèce, Luxembourg, Italie, Suède, Espagne, Allemagne, Royaume-Uni, Portugal, Pologne, Finlande, Danemark, Irlande, Estonie, Slovaquie, Slovénie, Malte, Bulgarie, Hongrie, ainsi que la Norvège et l'Islande (non membres de l'UE mais faisant partie de la MIC).

Plusieurs équipes de coordination de la Commission européenne sont sur place : une de l'Office d'aide humanitaire (ECHO) et de la MIC (cellule protection civile), très rapidement déployée. Une deuxième équipe de coordination de la MIC est arrivée à Port au Prince le 23 janvier.

Aide financière = 429 millions d'euros

- 30 millions € d'aide humanitaire (dont 3 millions d'aide rapide, notamment financer les transports, 8 millions d'euros qui ont été redirigés, et 19 millions d'euros qui sont en passe d'être décidés)
+ 92 millions d'euros fournis par les Etats membres, sans compter l'aide privée.
+ 107 millions d'euros pour l'aide à la reconstruction (dont 80% ont été redirigés)
+ 200 millions à terme pour l'aide au développement

Pour avoir un aperçu en cartes des dégâts (réalisé par les équipes du JRC, le centre de recherches de l'Union européenne). Lire : Séisme à Haiti: les photos par satellite des dégâts. Edifiant

Lire également:

Repost 0
Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Amériques - Haïti
commenter cet article
26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 17:00
La mission d'observation de l'Union européenne en Géorgie (EUMM Georgia) a exprimé, lundi, « de sérieuses réserves » sur les circonstances entourant la détention du résident sud-ossète, Gennady Pliev, le 4 janvier dernier. Ils ont notament « de sérieux doutes sur le fait que M. Pliev ait été enlevé ou qu'il portait une arme au moment de son arrestation » explique-t-elle dans un communiqué. 
VehiculeObservateurJinvali-Eumm090115.jpg
Cette affirmation ne vient pas à la légère. Mais au terme d'une enquête des deux cotés de la limite administrative (ce qui est une première depuis l'été 2008). Les représentants de l'EUMM ont ainsi pu rencontré Pliev à deux reprises, les 5 et 8 janvier. Et ils ont également rencontré les autorités sud-ossètes à Ergneti puis à Tskhinvali, ainsi que la famille de Pliev et ses voisins. Ils ont pu également se rendre sur place de "l'enlèvement" allégué par les sud-ossètes et ont déposé plusieurs questions aux autorités géorgiennes.

En fait, les responsables de l'EUMM ne le précisent pas expressément, mais on semble bien en face d'une arrestation arbitraire par les autorités géorgiennes. « Les personnes qui franchissent la limite administrative ne devraient pas être traitées par des instances administratives et ne pas faire l'objet d'actions judiciaires » rappelle l'EUMM qui ajoute : « Avec de la bonne volonté, les détenus des deux cotés devraient pouvoir retourner chez eux. »

(crédit photo : EUMM)
Repost 0
Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Asie centrale-Géorgie-Russie
commenter cet article
26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 16:55
La mission Etat de droit (EULEX) au Kosovo a lancé un appel à recrutement extraordinaire pour 4 spécialistes en détachement ou par contrat. A pourvoir immédiatement. Sont recherchés : un "risk manager", un "contract manager", un "Administration officer", un "Verification Officer", un "planning coordinator". Télécharger l'appel
Repost 0
Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans L'UE et la PeSDC embauchent
commenter cet article
26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 05:09
Airbus400MArr-t-Eads0911.jpgA Berlin, a lieu aujourd'hui (mardi 26 janvier) une nouvelle réunion. Une des dernières, espérons, autour de l'avenir de l'Airbus A400M. La question est simple : comment répartir la "douloureuse" du programme Airbus A400M, les surcoûts engrangés par le retard envisagé (2014 au plus tôt selon les Britanniques (1) ? Si il y a quelques semaines, les mots "doux" volaient haut dans la presse. Aujourd'hui c'est plutot le silence et la discrétion qui règnent. Et ce sont plutôt les calculettes qui sont de sortie...
 

Une rythmique de la tension

Il y a quelques semaines encore, effectivement, les biceps étaient de sortie. Un directeur d’Airbus confie à la presse l’éventualité d’un abandon du programme A400M par l’industriel. Et un responsable allemand de haut rang du ministère de la defense - sous couvert de l'anonymat, bien réplique - réplique en susbtance : "pas un sou de plus pour l’Airbus". Et hop, tel une alumette sur une toile d'essence, les commentaires s'enflamment et l’abandon du programme A400M paraît quasi-certain.

Mais il faut raison garder. D'une part, les positions exprimées tout haut n'étaient pas vraiment nouvelles. Il y a déjà six mois, déjà, certains responsables allemands exprimaient ce qui était ensuite inscrit, noir sur blanc, dans le programme de la coalition CDU-Libéral au pouvoir : un contrat est un contrat, les Allemands demeurent des grands adeptes du "Pacta sunt survenda". Parallèlement, chacun était bien conscient qu'abandonner le programme Airbus A400M où il est actuellement - c'est-à-dire aux 3/4 réalisés - était une "petite" absurdité (pour ne pas dire plus), pour différentes raisons : besoins opérationnels de ce type d'avion dans le futur, avantages industriels et d'emploi. Il faut d'ailleurs remarquer que le gouvernement Britannique, est resté plutôt discret dans cet échange verbal.

Comment réduire l'ardoise ?

La question : tout le monde en connaît les tenants et les aboutissants. Le programme a pris du retard. Ou plutôt, ses concepteurs, trop optimistes, ont tablé sur des délais de livraison trop courts. Et le dérapage se paie ; un dérapage, faut-il préciser, régulier dans les contrats industriels de défense. Le programme devrait subir une augmentation totale de 11 milliards d'euros. Et il s'agit de déterminer qui va payer ? (2) Les Etats doivent ainsi se répartir une ardoise de 5,4 milliards au bas mot. Les solutions sont multiples : on peut répartir à due proportion cette somme (au prorata des avions commandés), diminuer le nombre de commandes pour le même prix global, ou avoir une solution mixte des deux. On peut également diminuer les équipements supplémentaires sur ces avions.

Les Français semblent avoir accepté de payer un peu plus que leur quote-part. Et les Espagnols également. Lors de leur dernière rencontre Morin et Chacon ont exprimé - selon le communiqué officiel - « la volonté de leurs gouvernements de couvrir une partie de l'augmentation des coûts du programme » tout en réitérant que « EADS devra être le premier à assumer les coûts supplémentaires du programme ». Les Britanniques sont discrets ; ils auraient déjà fait une provision de 653 millions de £ (environ 720 millions euros) pour pallier une éventuelle augmentation des coûts et seraient prêts à accepter une faible diminution du nombre d'avions commandés. C'est donc essentiellement la question allemande qui bloque : ne voulant - pour l'instant ni réduction du nombre d'appareils, ni augmentation de leur quote-part. Une étude réalisée par PriceCoperWaterhouse détermine qu'EADS, dont notre confrère allemand Handesblatt se fait l'écho, mentionne qu'EADS pourrait prendre environ 7,6 milliards d'euros à sa charge, ce qui diminuerait d'1 à 2 milliards la charge des Etats.

Mais la question est plus complexe qu'une simple équation comptable (qui paie combien), il y a aussi une question plus politique : l'équilibre actionnarial. Le paiement de la facture passerait, en effet, par une augmentation de capital. Or si les Français (via un consortium d'Etat, Sogeade, avec Lagardère) et les Allemands (via Daimler Dasa) (3) ne contribuaient pas de façon équivalente, la parité franco-allemande serait rompue...

Il paraît donc certain qu'à défaut d'accord l'accord devra se trouver au plus haut niveau entre Nicolas Sarkozy & Angela Merkel. Comme bien souvent en cas de "friction" franco-allemande.

----

(1) La première livraison de l'Airbus A400M pourrait ne pas avoir lieu avant 2014, a expliqué le ministre des Equipements militaires, Davies, aux députés britanniques qui l'interrogeaient sur la question.

(2) Il faut faire attention aux divisions simples du coût total du programme par le nombre d'avions. Pour avoir le coût réel par avion, il faut séparer les frais de développement et de recherche des frais de fabrication de l'avion "commercialisé". Il faut ensuite ramener la somme à un même temps T (indexation du prix de l'avion en fonction de l'inflation).

(3) Ce qui n'est déjà plus tout à fait le cas, Sogeade ayant 25% et Daimler-Dasa 22,5% Voir sur le site d'EADS, la description générale de la Société et de son capital social à télécharger


(Lire également) Berlin s'interroge sur l'avenir de l'Airbus A400M. Londres aussi!
L'Airbus A400M: les alternatives ? Keine ! (dossier)
L'Airbus A400M près du / prêt au premier vol...
Repost 0
Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Marchés de défense - Industrie
commenter cet article

Nouveau Site


Bruxelles2 a migré depuis 2010 ! Les derniers posts sont sur  : www.bruxelles2.eu

Ou sur la version professionnelle du "Club" sur souscription

Sans oublier le fil http://www.bruxelles2.eu/feed/link... ou le fil Twitter

Avertissement B2 - Bruxelles2 n'est, en aucune façon, responsable de l'irruption de publicités, sur ce site, qui sont de l'unique initiative et responsabilité de l'hébergeur, over-blog. Vous pouvez nous suivre désormais sur le site (sans publicité) de B2

Bruxelles2 en quelques mots

Derrière les murs, la politique (européenne) des affaires étrangères (PESC), de sécurité et de défense commune (PeSDC) est décryptée. Stratégie, politique, gestion de crises, industrie ou transport aérien militaire, surveillance maritime et protection civile...Missions militaires et civiles de l'UE (Bosnie-Herzégovine, Kosovo, Géorgie, Moldavie / Ukraine, Afghanistan, Irak, Palestine, Congo RDC, Guinée-Bissau, Haïti, Océan indien, Somalie, Tchad).

logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.