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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 05:00

Je persiste et signe...

1. Ce serait une prime à Boeing. Pour Airbus, abandonner le militaire confinerait, je pense, à davantage qu'un échec momentané, ce serait le commencement du suicide. Sans l'A400M, Airbus fait une croix sur sa prétention à faire une incursion sur le marché "militaire". Tout l’effort mené depuis dix ans voire plus serait réduit en cendres. Et, dans l'aéronautique, on sait bien que louper une évolution technologique, c'est abandonner le marché. Ses prétentions à entrer dans la cour des « Grands » contre son rival éternel Boeing pourraient, en partie être abandonnées.

2. Ce programme n'est pas fait pour 3, 5 ou 10 ans. L'A400M a une durée de vie de 30 - 40 ans. Sa propension à l'exportation me semble plutôt importante. Car, dans dix ans, il sera en position de domination du marché face à un C130J rénové plusieurs fois mais à la conception vieillissante et un concurrent russe dont la stabilité en vol n'est pas vraiment prouvé.

3. L'emploi. On l'oublie un peu aujourd'hui. En pleine période de crise, arrêter un tel programme aurait un coût notable en terme industriel et d’emploi. D’autant qu’aucun autre programme ne peut le remplacer au pied levé.

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25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 18:30
Non. C'est le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, Pierre Lellouche, qui en a évoqué l'idée, publiquement, sans qu'on lui pose la question, devant les journalistes à la sortie du dernier Conseil des Ministres des Affaires étrangères, lundi soir. « Nous avons créé - avec une quinzaine de pays - le groupe des amis de la Moldavie et avons adressé une lettre à Catherine Ashton pour qu’elle s’intéresse au problème moldave : sur les question économiques, sur les visas, la Transnistrie… Ce serait bien, à terme, qu'on trouve des solutions avec la Russie pour que cette autre partie de la Moldavie retrouve sa place ». L'idée qui transparaît chez quelques experts est de trouver une solution commune « avec nos amis russes sur la Transnistrie ». « C'est un rêve » s'empresse de dire Pierre Lellouche — « d’une force européenne qui remplace les Russes ».

Cela
peut paraitre loufoque aux yeux de certains. Le nom même de Transnistrie l'est. Elle ne l'est pas tant que cela. Et les lecteurs de ce blog le savent bien. Une force européenne, ou une force mixte (pour commencer), permettrait de commencer un rétablissement des relations entre Moldavie et Transnistrie (un préalable avant toute réunification), aux Russes (comme aux Transnistriens) de sortir la tête haute de ce conflit vieux de presque 20 ans, aux Moldaves de retrouver la paix sur l'ensemble de leur paix. Accessoirement, il permettrait de mettre fin à un "trou noir" dans la carte européenne, propre à certains trafics et certaines mafias et de mettre fin à des "conflits oubliés" du continent européen. Cela mérite qu'on s'y penche et qu'on suive le sujet.

lire également :
Entre la Moldavie et la Transnistrie, un timide rapprochement (avril 2008)
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25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 17:51
AvionA310FrDepartHaitiGendarmes-Fr1001.jpgLa force de sécurisation européenne qui va être déployée en Haïti pourrait comprendre au moins 300-350 personnes. En l'état des offres, on parle de 100-140 Français (Gendarmerie), 100 Italiens (Carabinieri), 60 Néerlandais (Marechaussee), 23 Espagnols (Guardia Civil) et éventuellement des Portugais (ceux-ci devraient confirmer leur participation d'ici quelques jours).

Une coordination européenne. Celle-ci serait placée dans la structure hiérarchique de la Minustah (la force des Nations-Unies à Haïti) mais l'apport européen serait coordonnée par la cellule EUCO mise en place à Bruxelles. Il s'agit ainsi d'avoir une "visibilité européenne" à des efforts des Etats membres et d'éviter l'impression de dispersion laissée dans les opinions publiques. Un point sur lequel ont insisté plusieurs ministres lors du conseil des Affaires étrangères, ce 25 janvier.

Des gendarmes mieux outillés que des militaires. Comme l'a expliqué Karel de Gucht, le commissaire à l'Aide humanitaire, lors du Conseil : « Ce n'est pas vraiment de militaires en armes dont on a besoin sur place. Mais de personnel capables de faire du maintien de l'ordre ». «
Nos gendarmes sont parfaitement adaptés à cette tâche » a ajouté Pierre Lelluche, le secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes, à la sortie du Conseil : « Maintenir l’ordre en milieu difficile, en ville, dans la banlieue, en campagne… C'est leur travail de tous les jours. Haïti n'est pas un pays en guerre. »

(photo : ministère de la Défense Fr / Dicod)
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25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 16:19
EntrainementTroupesOugandaUpdfAmisom7-Fr011128.jpg(Mis à jour le 3 février) Le Conseil de l'UE a donc approuvé, lundi 25 janvier, le lancement de la mission de formation des militaires somaliens (EUTRA), comme annoncé sur ce blog. Le concept d'opération (CONOPS) et plan d'opération (OpPlan) doivent encore être écrits (définitivement) et approuvés. Mais certains éléments sont déjà connus.

- L'objectif de la mission est d'entraîner de façon adéquate les forces militaires, de protéger les civils en Somalie et de donner davantage de cohérence à une certain nombre d'initiatives qui ont déjà été entreprises par plusieurs pays (France et Italie notamment). Plus exatement, selon les termes officiels de la décision, il s'agit de :
« contribuer à définir une perspective globale et durable pour le développement du secteur de la sécurité en Somalie grâce au renforcement des forces de sécurité somaliennes ». Il s'agit d'une « formation militaire » destinée à « 2000 recrues somaliennes jusqu'au niveau de la section » (article 1).

- La mission sera militaire, comprendra 100 à 200 formateurs et personnels de soutien, et sera déployée en Ouganda. La génération de forces n'a pas encore été déclenchée mais avec les offres française et espagnole (au moins 30 hommes chacun) et celles de certains autres Etats membres (Finlande, Hongrie...), l'effectif pourrait être atteint sans problème.


- Formation par modules. La formation de base sera assurée par les forces ougandaises. Ce sont notamment eux qui fourniront les interprètes nécessaires. Les Européens assurant des modules plus spécialisés, notamment : la protection et la guérilla en zone urbaine, le déminage et l'action sur les IED, les secours d'urgence et l'aide médicale, la formation des officiers et sous-officiers.

- Le Quartier général sera situé en Ouganda, une unité de liaison à Nairobi, et une cellule de soutien à Bruxelles. Il n'y aura donc pas à proprement dit de structure type OHQ et FHQ, propres aux opérations militaires - on se rapproche ici d'une structure de gestion civile de crise.

- Le Chef de mission sera un Espagnol — l'Espagne ayant accepté le rôle de Nation-Cadre : le Colonel Gonzalez Elul, qui assurait déjà le rôle d'autorité de planification.

- La durée de la mission est prévue pour un an, à raison de deux périodes consécutives d'entraînement de six mois chacune. Elle démarrera en mai 2010.

Commentaire : Le défi de cette mission ne sera pas tant logistique ou militaire que pédagogique et éthique
Former, en quelques semaines, des soldats somaliens habitués à se battre, mais peut-être selon des méthodes " peu orthodoxes", et dont la majorité est illettrée, ne sera pas tâche facile, surtout pour des formateurs qui ne connaissent pas vraiment tous la réalité et la culture somaliennes. Veiller à ce que ces soldats, une fois de retour en Somalie, soient traités et payés convenablement, traitent aussi convenablement la population civile et ne retournent pas les armes contre le gouvernement transitoire somalien, n'est pas le moindre des défis. Mais c'est une nécessité si l'on ne veut pas que la Somalie ne tombe davantage dans le chaos et si l'on ne souhaite pas - comme en Afghanistan - engager des troupes au sol pour une durée indéfinie. C'est aussi une contribution indirecte à la lutte contre la piraterie, dont tous les responsables ont dit que la bataille « ne se gagnerait pas sur mer mais à terre » et  l'espérance que l'auto-développement puisse un jour remplacer l'aide alimentaire extérieure dont plusieurs millions de Somaliens dépendent aujourd'hui.

Télécharger les conclusions du Conseil


(crédit photo : ministère de la Défense Fr / Dicod - un soldat français avec un soldat ougandais de l'Amisom - 2007)
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25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 15:42
PortHaiti-UsGuards100113.jpgEn réponse à la demande de l'ONU, comme annoncé, les 27 ministres des Affaires étrangères, réunis à Bruxelles, ont approuvé la mise en place d'une cellule de coordination (dénommée EUCO) pour coordonner l'aide logistique à Haïti. Il s'agit, explique le document approuvé par les Ministres de « répondre à la demande précise, d'adapter la demande aux besoins, d'optimiser l'utilisation des moyens offerts » par les Européens, bref d'utiliser toutes les synergies possibles pour les moyens lourds (en général fournis par les unités militaires).

Cette cellule serait basée au sein du SITCEN (
le centre de renseignement de l'UE, dirigé par le Britannique William Shapcott), et comprendrait une dizaine de personnes, provenant essentiellement du SITCEN ou d'autres structures européennes (CPMD...) ; certains officiers des Etats membres pourraient aussi y être détachés, si nécessaire.

En revanche, les 27 n'ont pas réussi à tomber d'accord sur la nécessité d'avoir une coordination sur place. L'option a été examinée (1) mais refusée par quelques Etats membres qui craignaient une transformation de cette structure de coordination en une mission européenne. EUCO n'est ainsi pas une mission de la PeSDC mais une structure souple de coordination

(1) Il y avait trois options en jeu : 1° le simple échange d'informations - déjà fait dans les premières heures mais "insuffisant" selon les spécialistes ; 2° la cellule de coordination basée à Bruxelles ; 3° la cellule de coordination doublée d'une coordination « sur le théâtre » qui puisse se prolonger ensuite pour la reconstruction.

(le port de Port-Au-Prince tel que l'ont découvert les gardes cotes en arrivant, photo Us Coast guard)
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25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 11:30

MoratinosAshtonDeGucht-UE100118.jpgPlusieurs parlementaires et commentateurs se sont fait l’écho de l’absence de Catherine Ashton, la Haute représentante pour les affaires étrangères de l’Union européenne, qui n’était pas à Haïti juste après le séisme. Je ne partage pas leur avis. N’en déplaise à certains, je trouve qu’elle a eu raison. Aller là-bas avait quelques avantages mais aussi des inconvénients.

Certes, c'est un « momentum » politique : être là en même temps qu’Hillary Clinton ou Ban Ki Moon peut être important pour le futur. C’est aussi un geste de solidarité : envers les Haïtiens. C’est un instant médiatique : où la présence de l’Europe doit être symbolisée, personnifiée.

Mais il y a aussi des inconvénients tout aussi sérieux, opérationnel, politique et médiatique. Ce n’est pas vraiment un problème de places dans l'avion en soi, qui pose question (il y a toujours quelques sièges de disponible) mais cela gèle l'espace aérien pendant quelques temps, ainsi que la circulation sur l'aéroport. La sécurité générée par l’arrivée d’une haute personnalité entrave les secours. C'est un fait. La venue de Clinton a ainsi gelé pendant quelques temps, la circulation sur l’aéroport. C'est aussi céder à la politique spectacle. On vient, on serre trois mains, on prend un enfant dans les bras devant les caméras et on repart. Si Ashton avait fait çà, il m'est avis qu'elle se serait fait autant critiquer, sinon plus... Au plan politique, la discussion à New York à l'ONU et à Washington avec Clinton était plus profitable au plan politique. Au plan médiatique, je ne vous fais pas la photo : entre Hillary Clinton, Ban Ki Moon et un représentant européen qui croyez-vous que les médias auraient choisi pour illustrer leur reportage ?  (*)

Catherine Ashton avait donc raison de ne pas aller à Haïti

Sa place était davantage à Bruxelles (voir le NB) pour organiser, coordonner l'action au niveau politique. Ce qu'elle a fait en convoquant (un peu tard) un conseil des Ministres extraordinaire. Ce qui est dommage, c'est qu'elle n'ait pas alors délégué la fonction de représentation de l'Europe, à un ministre déjà sur place - le vice-Premier ministre espagnol par exemple -, à un commissaire européen - après tout, c'était plutôt le rôle du commissaire à l'Aide humanitaire, en l'occurence, De Gucht - ou qu'elle n'ait pas proposé la nomination, rapidement, d'un envoyé spécial (**), à même non seulement de coordonner l'aide européenne mais d'avoir un certain rang politique. Cette dernière solution a ma préférence - même si d'excellents experts du dossier m'affirment qu'elle avait un inconvénient de compliquer la donne. Je ne le crois pas.

NB : Si en revanche, elle n'était ni à Haïti ni à Bruxelles, mais à Londres (vendredi et samedi), pour faire du shopping comme l'a relaté mon confrère Jean Quatremer sur son blog, mais surtout pour une série de briefings, en particulier, avec certains responsables du Foreign Office, comme cela avait déjà été le cas avant son audition par le Parlement européen, ce serait plus difficile à justifier. Et je n'ose y croire. La fonction de Haute représentante se doit d'être indépendante.

(*) Quant aux autres raisons invoquées par certains diplomates, invoquant le fait la fonction de Haute représentante vient juste d'entrer en fonction, que le service extérieur n'existe pas, que la Commission est en transition, etc., certes elles justifient un peu une certaine "pagaille", mais elles ne sont pas vraiment recevables au regard de l'intensité de la catastrophe. Quels que soient les changements institutionnels en cours, il existe, de part et d'autre, une administration (à la Commission européenne et au Conseil) qui devrait être rodée à la gestion de crises. De plus, la fonction en soi du Haut représentant n'est pas nouvelle, elle existe depuis 10 ans. Celle de commissaire européen naux relations extérieures. C'est la fusion des deux fonctions (commissaire européen et Haut représentant qui est nouvelle. Et encore ! Elle est prévue depuis 6 ans. Il est étonnant que personne n'ait réfléchi, au niveau stratégique, non administratif, sur les nécessités qu'emportait cette fusion...

(**) Décision qui ressort de la seule initiative de la Haute représentante et nécessite une approbation - à la majorité qualifiée seulement et non pas à l'unanimité - par les Ministres. Ce genre de procédure peut se régler soit par écrit, soit par un conseil extraordinaire : il y en avait un, lundi dernier, des Ministres du Développement : ils avaient la capacité d'en décider.

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25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 06:57
HetmanSagaidachny.jpgLes forces ukrainiennes semblent décidées à participer de façon décisive à l'opération de l'UE contre la piraterie (Eu navfor Atalanta).

L'Ukraine qui envisageait d'envoyer 30 hommes des forces spéciales Alpha semble avoir passé la vitesse supérieure. En novembre dernier, le conseil national de défense et de la sécurité ukranien avait adopté le principe d'une participation à l'opération Eunavfor. Le ministre des Affaires étrangères proposait d'organiser la protection des navires ukrainiens en envoyant un contingent de 30 hommes des forces spéciales Alpha (*). Cette décision
a été avalisée par la signature du président Viktor Yushchenko, sur un décret, le 20 janvier. L'Ukraine pourrait aussi participer de façon plus importante avec un bâtiment. Et pas n'importe lequel.

Les Ukrainiens pourraient ainsi envoyer dans l'Océan indien, sous commandement européen, selon nos confrères de Kommersant, le fleuron de leur marine, le navire-amiral destroyer Hetman Sagaydachniy, équipé d'un hélicoptère (un Ka-27 Helix normalement), de plusieurs rampes lance missiles ou lance-roquettes (**). Coût pour le budget ukrainien environ 35-45 millions d'UAH (entre 3 et 4 millions d'euros). Ce serait la première participation d'un contingent ukrainien d'une certaine importance à une mission européenne. Mais pas la première participation de ce navire dans des manoeuvres internationales, puisqu'il a participé à Active Endeavour, mission anti-terroriste de l'OTAN en Méditerranée, en juin 2008.

Il faut dire que les marins ukrainiens, quand ce ne sont pas les bateaux ukrainiens (le Faina), paient un tribut assez lourd à la piraterie. Plusieurs dizaines de marins ukraniens sont, ou étaient détenus par les pirates, à bord des navires que ceux-ci ont capturé dans les derniers mois. Citons notamment : MV Delvina, St James Park, VLCC Maran Centaurus, MV Asian Glory.

(*) Lire :
25 Ukrainiens des commandos Alfa dans l'opération anti-piraterie de l'UE
(**) Lire le descriptif détaillé sur le site de Mer & Marine
(photo : Cdr. Alex Shtaltovniy, UKR Navy- OTAN)

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24 janvier 2010 7 24 /01 /janvier /2010 23:00

Les principaux responsables "Affaires étrangères" du Parlement européen (Elmar Brok pour le PPE, Hannes Swoboda pour les S&D, Andrew Duff pour l'ALDE, Franziska Brantner pour les Verts) viennent de prendre leur plus belle plume pour faire part à Catherine Ashton, la Haute représentante pour les Affaires étrangères de l'UE, de leurs craintes concernant l'avenir de la direction civilo-militaire de crise (CPMD).

Pas assez de civils et trop de militaires... Dans cette lettre (dont j'ai pu prendre connaissance), ils se plaignent notamment de la composition par trop "militaire" de la nouvelle direction, dirigée par le directeur général adjoint Claude-France Arnould. Ainsi ils remarquent que la future unité de planning stratégique intégré (Integrated Strategic Planning), qui devra planifier les missions civiles comme militaires, serait composée en majorité de collaborateurs venant du monde militaire. « 18 out of its 23 collaborators having a military or defence related background ». Une préoccupation qui s'étend aussi à tous les postes de haut rangs de la CPMD : « the deputy director general, her deputy, her Chief of Staff and the Head of the Strategic Planning Unit share the same political-military background and have so far not been engaged in Civilian Crisis Management » expliquent-ils.ClaudeFranceArnould-Cs09.jpg

Claude France Arnould dans la ligne de mire ?

(crédit photo : présidence tchèque de l'UE - conseil informel des ministres de la défense - eu2009.cz)

 

Certaines missions "civiles laissées de coté... Au-delà de cette préoccupation, ponctuelle, les quatre rapporteurs du Parlement européen mettent en cause « le calendrier de la restructuration », peu de temps avant la proposition pour le service diplomatique soit faite, et « le fait que la structure proposée ne tienne pas compte des nombreuses activités communautaires dans le domaine de la gestion civile des crises ». Par exemple, ils estiment pas logique que des missions comme la mission de l'UE d'assistance aux frontières moldaves ukrainiennes (EUBAM Moldova/Ukraine) ou la mission de la Communauté européenne d'assistance à la police en Albanie (PAMECA) ne soient pas intégrées dans la nouvelle structure. Ce qui serait somme toute logique.

Commentaire : une Française dans la ligne de mire ? Ce n'est qu'un des premiers avatars (et sans doute pas le dernier) des mesures que nécessite la mise en place du service diplomatique et qui démontrent, qu'il ne s'agit pas d'une simple réorganisation, mais bel et bien d'une restructuration complète qui ne sera pas évidente. Les déceptions risquent d'échauffer les tempéraments et d'aiguiser les plumes. Il faudra sans doute raison garder durant ces prochains mois de toutes ces remises en cause qui ne seront peut-être que des règlements internes. 

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24 janvier 2010 7 24 /01 /janvier /2010 21:05
HelicoMi17BagramAfgha-Cs1001.jpgCela aura mis un peu plus de temps que prévu (1). Finalement, les trois hélicoptères modernisés par le programme conjoint Otan-UE sont arrivés en Afghanistan et seront intégrés, lundi, dans l'opération ISAF de l'Otan en Afghanistan.

Les pilotes tchèques ont reçu une formation au vol en montagne, en France, dans les Pyrénées, puis dans les Alpes (2), et dans les déserts au Proche-Orient et dans l'ouest américain. Les aéronefs ont été améliorés avec divers équipements de communication (électronique de bord, vol de nuit...) et de protection.

Un "upgrade" effectué en grande partie dans les usines du Tchèque
LOM Praha - leader de ce programme au plan technique - ; une partie du matériel aéronautique et électronique ayant été fourni par les Britanniques. Ces hélicoptères devraient être intégrées à l'initaitive "HIP  initiative" de l'Otan. Quant à l'Agence européenne de défense, elle a mis à l'étude un plan de formation des pilotes d'hélicoptères Mi.

(1) Lire : La modernisation des hélico de Type Mi: à pas comptés

(2) Lire : Les pilotes tchèques terminent leur entraînement de montagne et Les pilotes d'hélico se forment à Gap)


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24 janvier 2010 7 24 /01 /janvier /2010 19:07
EntrainementTroupesOugandaUpdfAmisom2-Fr011128.jpgLes 27 ministres des Affaires étrangères (1) devraient donner le feu vert "politique", lundi 25 janvier, à la mission EUTRA Somalia. « Le Conseil est convenu de mettre sur pied la mission militaire (2) pour contribuer à la formation des forces de sécurité somaliennes », selon le projet de conclusions que j'ai pu lire. Il s'agit d'un accord politique mais pas encore, de l'approbation formelle de la décision. Celle-ci devant encore être travaillée, notamment par les diplomates du groupe Relations extérieures.

Quelques questions encore en débat. Les 27 devraient ainsi reconnaître « la nécessité d'une telle formation dans le cadre d'un effort international plus vaste ». Cet effort incluera « la surveillance du personnel en formation, le suivi et l'encadrement des forces après leur retour à Mogadiscio ainsi que le financement et le paiement des salaires des soldats ». Mais ces questions restent sensibles. Et les 27 sont aussi convenus qu'avant le lancement de la mission, on puisse y trouver des réponses « de manière satisfaisante ». La mission EUTRA « devrait être dirigée en étroite coordination avec nos partenaires, y compris le gouvernement fédéral de transition, l'Ouganda, l'Union africaine, les Nations unies et les États-Unis d'Amérique. »

Démarrage en mai ? La mission devrait avoir pour objectif - dans un premier temps - de former 4 bataillons des forces de sécurité somaliennes, environ 2000 hommes, une formation qui prend six mois. Ainsi que ce blog s'en est fait l'écho début janvier (***), cette mission « devrait se dérouler en Ouganda », à Bihanga, où les forces somaliennes suivent d'ores et déjà une formation, « ce qui devrait également faciliter la coordination de l'action de l'UE avec la mission de l'Union africaine en Somalie (AMISOM) ». Les Ougandais devraient faire la formation de base. Et les Européens ajouter des modules de formation spécialisés, comme ce blog s'en est fait l'écho (4). Son lancement est « prévu au printemps 2010 » (mai, d'après mes dernières informations), en même temps que démarre la formation d'un contingent de personnel somalien par les forces ougandaises.

Commentaire.

Pourquoi un 2e feu vert est-il nécessaire ?
En novembre, les Ministres avaient approuvé le concept de gestion de crises (CMC) et la décision de confier à un groupe le soin d'étudier la "possibilité" d'une mission (4). On avait alors parlé de "feu vert" à la mission (5). Mais, de fait, si c'était le feu vert pour certains, c'était un feu orange pour d'autres. Cette formulation était destinée à préserver les réticences de plusieurs Etats membres mais, en même temps, de permettre d'avancer dans la programmation d'une mission militaire. Il est d'ailleurs plutôt peu ordinaire qu'un CMC soit approuvé aussi solennellement par les Ministres. Entretemps, deux fact finding missions - missions exploratoires se sont rendues sur place (en Ouganda, à Addis-Abeba au siège de l'Union Africaine...) pour étudier les différentes modalités. Les conclusions publiées le 25 témoignent donc d'une réelle volonté prise à 27... Même si les esprits ne sont pas encore tout à fait sur la même longueur d'onde...

Du rôle positif des Etats-Unis. A sa prise de fonctions, la Haute représentante de l'UE, Catherine Ashton, était d'ailleurs plutôt sceptique sur l'utilité de cette mission, tout comme certains Etats membres (Royaume-Uni, Pays-Bas...). Mais ils ont fini par consentir à cette mission. La volonté américaine de s'impliquer davantage dans la zone Yemen-Somalie, après la dernière tentative ratée dans l'avion de la KLM Amsterdam-Détroit, n'est sans doute pas étrangère à ce "tempérament".

(1) On parle de 27 par commodité, en fait dans les missions militaires, il y a 26 Etats membres qui décident, le Danemark bénéficiant d'un opt-out.
(2) Le traité de Lisbonne a supprimé le distinguo entre les opérations militaires et les missions civiles de la PESD, on parle désormais de missions - dans les deux cas - de la PSDC. De même, on ne parle plus que de "décisions" en matière de politique étrangère, qu'il s'agisse d'actions (communes) ou de positions (communes).

(3) Lire : Mission de formation des militaires somaliens (Eutra): la dernière ligne... courbe ? (janvier 2010)
(4) Eusecfor Somalia : 14 millions d'euros. Et l'OHQ à Nairobi ?
(5) Lire : La 24e mission de la Pesd "EuSecfor Somalia": feu vert mardi

(photo : un officier français en formation de militaires ougandais faisant partie de l'AMISOM - crédit : ministère de la Défense Fr. / Dicod)
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logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.