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3 août 2010 2 03 /08 /août /2010 08:36

Le Conseil des ministres des Affaires étrangères du 26 juillet a approuvé non seulement la décision créant le service diplomatique mais également une série de déclarations encadrant le fonctionnement de ce service (organiganisation, nominations, structures de l'Europe de défense...)

A Télécharger ici:

Décision créant le Service européen d'action extérieure

Déclaration n°1 - engagement de la responsabilité politique

Déclaration n°2 - procédure de nomination au SEAE.

Déclaration n°3 - structures de la PSDC

Déclaration n°4 - organisation de base de l'administration centrale du SEAE.

 

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2 août 2010 1 02 /08 /août /2010 15:10

Dans le futur service diplomatique de l'UE, tel que j'ai pu l'appréhender, on devrait retrouver les noms suivants. La procédure de recrutement vient d'être lancée pour le Top Ten" en attendant le lancement d'une autre procédure pour les 80 autres responsables.


I. Un quatuor de direction équilibré

Le quatuor de direction tel que pressenti (cela peut encore changer) réalise un certain syncrétisme à la fois géographique, institutionnelle et politique. Chacun des pressentis a un parcours à la fois diplomatique et politique (en cabinet ou au niveau ministériel), au niveau des Etats membres mais aussi dans, ou auprès, des institutions européennes. On ne peut que constater que si ces noms sont confirmés, le service diplomatique pourrait démarrer sous de bons auspices, avec des personnalités à la fois confirmées, compétentes, et très diverses. En revanche, coté géographique, en l'état des noms connus, on peut remarquer que certaines nationalités (Espagnol, Italien, Belge...) ne sont pas encore bien représentées.

- Secrétaire général exécutif : Pierre Vimont (Français). « Pour ce poste, il faut quelqu'un d'une certaine stature, il n'y a pas 10.000 personnes à avoir ce profil et être disponible » précise un proche de Cathy Ashton. Vimont a effectivement la carrure : un diplomate hors pair, fin connaisseur des arcanes de l'Union européenne. Il est aujourd'hui ambassadeur de France à Washington (depuis juillet 2007) après été représentant permanent à Bruxelles et occupé plusieurs postes de directeurs de cabinets ministériels.

PierreVimont-Fr09.jpg

Né le 15 juin 1949, après l'ENA, il opte pour la carrière diplomatique. L'ambassade de France à Londres est son premier poste d'abord comme deuxième secrétaire puis premier secrétaire (1977-1981). A la nomination de la gauche au pouvoir, il occupe le poste stratégique de l'information et de la presse au Quai d'Orsay (1981-1985, Claude Cheysson est alors ministre des Affaires étrangères) puis passe à l'Institut pour les études des problèmes de sécurité est-ouest à New-York.

En 1986, il effectue son premier séjour à la Représentation permanente à Bruxelles (jusqu'en 1990). Il est ensuite directeur du cabinet du ministre délégué aux Affaires européennes (1990-1993 avec Elisabeth Guigou) avant d'occuper plusieurs postes au Quai d'Orsay (directeur du développement et de la coopération scientifique, technique et éducative, directeur général adjoint des relations culturelles, scientifiques et techniques, directeur de la coopération européenne). En 1999, il revient à Bruxelles comme ambassadeur - représentant permanent, avant de passer en 2002 directeur de cabinet du ministre des Affaires étrangères sous le gouvernement De Villepin (d'abord Michel Barnier puis Philippe Douste-Blazy).

SchmidHelga2-Cz0902.jpg

- Secrétaire général adjoint : Helga Schmid (Allemande), actuellement chef de la "Policy Unit" du Conseil.

Né le 8 décembre 1960, diplômée de l'université de Münich et de Paris-Sorbonne, en langues anglaise et romane, littérature, histoire et politique, elle commence sa carrière diplomatique en 1988, notamment comme chargée de la presse et de la communication à l'ambassade d'Allemagne à Washington (1991-1994).

Elle travaille ensuite comme, conseiller politique, aux cabinets des ministres des affaires étrangères Klaus Kinkel (1994-1998) et de Joshka Fischer (1998-2000), dont elle sera ensuite un des responsables du cabinet, d'abord comme chef adjoint (de 2000 à 2003) puis comme chef (de 2003 à fin 2005). En 2006, elle rejoint Bruxelles et le cabinet de Javier Solana, pour assumer la direction de l'unité d'alerte rapide et de planification politique (Policy Unit).

Dowgielewicz-Fb.JPG

- Secrétaire général adjoint : Mikołaj Dowgielewicz (Polonais). Actuellement secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, en charge de la préparation de la présidence polonaise, c'est le plus jeune du quatuor. Mais sa carrière a été rapide.

Né en 1972, il étude à l'université des sciences sociales de Varsovie, à l'université de Hull (Royaume-Uni) puis au collège d'Europe de Natolin. Entré au cabinet politique du ministre polonais des Affaires étrangères (1998-2000), puis conseiller du président de la commission des lois européennes de la Diète polonaise (2000-2001) et chef du service académique du Collège d'Europe (2002-2003), il rejoint ensuite Bruxelles d'abord comme conseiller presse du président du Parlement européen, le libéral Pat Cox (2003-2004), puis comme porte-parole de la vice-présidente de la Commission européenne en charge de la Communication, la Suédoise (sociale-démocrate) Margot Wallström (2004-2007), avant d'intégrer son cabinet (2007). Il retourne à Varsovie avec la victoire de la plate-forme civique et devient de 2007 à 2009, secrétaire puis Secrétaire d'Etat du comité à
l'intégration européenne.

O-Sullivan--E05.jpg- Chief Operating Officer : Peter O'Sullivan (Irlandais), acteur directeur général de la DG Commerce extérieur

Né en 1953, diplômé du Trinity College de Dublin et du collège d'Europe de Bruges (1975 et 1976), ce diplomate irlandais est très vite venu à la Commission européenne, à la DG Relations extérieures. Il est en poste à la délégation de Tokyo avant de retourner à Bruxelles, dans les cabinets des commissaires irlandais Peter Sutherland (Affaires sociales et relations avec le Parlement, 1985-1989), à la DG Emploi, puis comme chef de cabinet du commissaire Padraig Flynn (Emploi & Affaires Sociales, 1993-1996). En juin 1999, il passe au cabinet de Prodi, chargé également de l'Emploi et des Affaires sociales, puis devient Secrétaire général de la Commission européenne (juin 2000-2005). Il prend alors la tête de la DG Trade (Commerce extérieur) d'abord auprès du commissaire britannique Peter Mandelson puis de la Baroness Cathy Ashton.


II. Les autres directeurs du service diplomatique

Parmi les autres postes, plusieurs noms sont souvent cités

- Parmi la demi-douzaine de "managing directors", on pourrait retrouver Christian Leffler (Suédois), Hughes Mingarelli (Français) ou Stefano Sannino (Italien).

- Le département Stratégie et planning politique pourrait être pourvu par Robert Cooper (Britannique), ancien directeur général de la DG E (affaires extérieures) du Conseil.

A cela il faut ajouter le cabinet de la Haute représentante dirigée par James Morrisson (Britannique).

Lire : Le "boys & girls band" de Lady Ashton (janvier 2010)

 

III. Les structures civilo-militaires rattachées à la Haute représentante

Ces structures obéissent souvent à un autre tempo que les nominations purement civiles.

- Conseiller militaire de la HR : voir ci-dessous, le président du Comité militaire (Suédois)

VanOschGeneral-UE1005.jpg - État-Major militaire de l’UE (EUMS) : Général Ton Van Osch (Néerlandais). Celui-ci vient de prendre ses fonctions en mai dernier en remplacement du général britannique Leakey.

Lire : Le nouveau chef d'Etat-Major de l'UE vient au secours de Lady Ashton.

Adjoint : Contre-Amiral Fernando Lista (Espagnol)

ArnouldClaudeFrance.jpg- Direction civilo-militaire (CMPD) : Claude-France Arnould (Français).
Une des meilleures connaisseuses de l'Europe de la Défense. Nommée en novembre 2009, à la tête de cette direction qui regroupe les planificateurs civils et militaires qui, dans l'ombre, préparent et mettent en oeuvre concrètement l'Europe de la Défense, elle pourrait être victime du "trop grand nombre" de Français décrit par certains commentateurs. Ce serait une erreur à mon sens. Car elle est un des rouages indispensables à la PeSDC. Et (accessoirement) une des seules femmes "en tête" avec Helga Schmid. Lire : Claude-France Arnould prend la tête de la nouvelle direction

Klompenhouwer-CPCC-UE0809.jpg- État-Major Civil (CPCC) : Kees Klompenhouwer (Néerlandais). Il a pris ses fonctions en mai 2008, de responsable de la "Civilian Planning and Conduct Capability". Lire : Le premier chef de la chaîne de commandement civil au rapport

- Centre de renseignement (SitCen) : Patrice Bergamini (Français). Il vient d'être nommé comme directeur "faisant fonction" à la place du Britannique William Shapcott parti officier comme Directeur général du Personnel au Conseil de l'Union européenne. Lire : L'OSS Bergamini prend la tête des "Renseignements" européens

IV. Comités et groupes de travail

Non-membres du service diplomatique en tant que tels, même s'ils figurent sur le nouvel organigramme, ces comités et groupes de travail assurent la représentation des Etats membres (un représentant par Etat) et la préparation concrète des décisions de l'Union européenne au sein du Conseil. Ils sont un rouage essentiel de la politique étrangère,  et plus encore de la politique de défense, celles-ci restant essentiellement de la compétence des Etats membres, même si on assiste, dans l'esprit et dans le texte, à une convergence "douce" (1) sous l'impulsion de la Haute représentante et du Traité de Lisbonne. La présidence de tous ces comités sera, à terme, assurée par une personnalité fixe, désignée par la Haute représentante, et non plus par la présidence tournante de l'UE (comme pour les autres comités et groupes de travail du Conseil). Cette présidence fixe pourra cependant être soit un membre du service diplomatique, soit une autre personnalité (des Etats membres) désignée par la Haute représentante.

Syren-General-UE0911.jpg

- Comité militaire de l'UE (EUMC) : Général Hakan Syren (Suèdois). Présidence fixe dès la création de ce comité. Elu par ses pairs, pour trois ans,
il a pris ses fonctions en novembre 2009 et son mandat court donc jusqu'à novembre 2012. Il exerce également la fonction de conseiller militaire du Haut représentant

Lire : Un général suédois futur chef du comité militaire de l'UE

SkoogOlof--Swe1001.jpg- Comité politique et de sécurité (COPS) : celui-ci est actuellement présidé, au nom du HR par l'ambassadeur belge au COPS. Mais pour assurer la présidence fixe, c'est Olof Skoog (Suédois), actuel ambassadeur au COPS, qui semble aujourd'hui détenir la "pole position". (NB : La France avait une candidate, Christine Roger).

- Comités PESD et PESC (PMG, CivCOM, COARM... (2)) : la présidence devait être fixe à partir du 1er juillet. Mais, pour l'instant, elle reste confiée au représentant de la présidence tournante (Belgique) qui exerce la présidence au nom - et sous les instructions - de la Haute représentante.

- Comités géographiques (3) : présidence fixe à partir du 1er janvier 2011, désignée par la Haute représentante (sans doute au sein de son administration).

Lire également dans la série "Avec qui gouverne Ashton" :

1. Le "boys & girls band" de Lady Ashton. Son cabinet (janvier 2010)

2. Le service d'action extérieure (mars 2010)

3. Les chefs de mission de l'UE (avril 2010)


(1) Terme utilisé en référence à l'Union économique et monétaire qui établit une convergence "dure" (à l'aide d'objectifs chiffrés de structures communautaires et d'instruments contraigants, en privant les Etats de battre monnaie).

(2) Groupe politico militaire (PMG), de gestion des crises civiles (CIVCOM), la politique des armes (COARM) — ainsi que certains comités horizontaux de la politique étrangère (PESC) : le Nicolaidais Group (qui vient en soutien de la PESC, COHOM (droits de l'homme), le COSCE (Osce et Conseil de l'Europe), le CONUN (Nations-Unies, le protocole et affaires administratives de la PESC (COADM), le CODUN (contrôle des armes et désarmement), le CONOP (non-prolifération), le COARM (export des armes conventionnelles).

(3) Comités géographiques : Mashreq/Maghreb (COMAG/Mama), Asie centrale et Europe de l'est (COEST), Balkans (COWEB), Moyen-Orient (COMEM'MOG), Asie Océanie (COASI), Amérique latine (COLAT), Relations transatlantiques (COTRA), Afrique (COATR).

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2 août 2010 1 02 /08 /août /2010 10:58

MvSuez-Eunavfor100802.jpgUn cargo battant pavillon panaméen, le MV Suez, a été capturé par les pirates dans le Golfe d'Aden aux premières heures ce lundi 2 août. La nouvelle est confirmée par le QG d'Atalanta, l'opération européenne anti-piraterie. C'est la première capture depuis plusieurs semaines de "calme" dû à la mousson. Et cela pourrait annoncer un automne chaud alors que les Français s'apprêtent à prendre le commandement de la force sur zone à partir de la mi-août

Naviguant dans le couloir de transit international, les marins du navire marchand ont eu le temps de donner l'alerte qu'ils étaient sous le feu de pirates et que ceux-ci avaient pris pied à bord du navire. Puis le silence. Un hélicoptère a alors été dirigé sur les lieux qui a pu confirmé la présence de pirates à bord. Le navire est suivi à distance par la force EU NAVFOR. Le MV Suez a un équipage de 23 personnes (Egyptiens, Pakistanais, Sri-Lankais, Indiens) et transporte une cargaison de ciments.

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2 août 2010 1 02 /08 /août /2010 08:10

Après l'adoption par les 27 ministres des Affaires étrangères de la décision établissant le service européen d'action extérieure, le 26 juillet (1), une première vague de recrutement des dirigeants de ce nouveau service diplomatique vient d'être lancée.

La Haute représentante de l'UE, Cathy Ashton a ainsi adressé une lettre aux ministres des Affaires étrangères, au président de la Commission et au secrétariat général du Conseil, afin de préciser les conditions et profils recherchés des dix premiers dirigeants du service diplomatique et leur demandant d'officialiser désormais les candidatures. Ce qui permet d'enclencher immédiatement la procédure de sélection. Une autre liste d'environ 80 postes devrait suivre. Ces postes ne pourraient cependant être validés qu'à partir de l'automne.

Autant dire qu'entre les Etats membres et la Commission européenne, la bataille en coulisses pour les postes n'est pas terminée. Car, outre la compétence et la surface des relations diplomatiques, il est aussi plus que nécessaire pour un service diplomatique européen d'aboutir à un certain équilibre et diversité des candidats. C'est une question d'équilibre entre les différentes diplomaties des Etats membres, ainsi que des institutions (Commission, Conseil...) c'est aussi et surtout une question de
légitimité, primordial à l'extérieur... D'où un certain doigté dans le choix des différents candidats quant à leurs compétences (passé diplomatique, politique, civil ou militaire), leurs nationalités, voire leur affiliation politique. Il y aura quelques déçus.

Un organigramme légèrement modifié

L'organigramme diffusé en mars (2) n'a été pas modifié de façon majeure. Et une nouvelle version n'a pas officiellement été diffusée, sauf à titre illustratif aux ministres des Affaires étrangères. Motif: "tout n'est pas encore fixé. Et la Haute représentante veut garder une marge d'ajustement" explique-t-on dans l'entourage de Cathy Ashton. Marge nécessaire également, pour pallier à certaines revendications, notamment du Parlement européen ou d'Etats membres.

Le "Top ten" constituera l'ossature principale du nouveau service. Le Secrétaire général exécutif, les deux secrétaires généraux adjoints, le "Chief Operating Officer", sorte de Directeur général de l'Administration et des Finances, puisqu'il sera chargé des questions de personnel, budgétaire et de protocole, formeront un Quatuor de direction, ou "Corporate Board".

Le service diplomatique sera divisée en six directions principales dirigées par des "Managing directors" qui auront une compétence soit géographique ou thématique. L'un d'entre eux sera particulièrement chargé des questions multilatérales (ONU, droits de l'homme, désarmement...). Ce "top ten" constituera le "Policy Board", dont devrait être membre également le conseiller juridique et le chef de "l'équipe stratégie" ainsi que le chef du SitCen.

Des départements "horizontaux". A coté du "Top Ten" figureront des départements plus autonomes rattachés soit au "Corporate Board", soit au "Policy Board" : le conseiller "Legal" (juridique), une équipe "Stratégie et planning", un département "Diplomatie publique"(chargé également de la communication), un département "Coordination" (chargé des relations avec les parlements, non seulement le Parlement européen mais aussi avec les parlements nationaux), un département Administration (chargé de la gestion des ressources humaines, du budget, des finances mais aussi des questions de protocole et de sécurité) placé sous l'autorité du Chief Operating Officer.

Les structures civilo-militaires de l'Europe de la Défense : Etat-Major militaire (EMUE), Etat-Major civil (CPCC), Structure de planification civilo-militaire (CMPD) et service de renseignements (SitCen) conserveront leur autonomie, et seront rattachés directement à la Haute représentante, ainsi que le confirme la déclaration adoptée également le 26 juillet (3).

Lire également :

- les premiers noms cités

- Le nouvel organigramme (juillet 2010)

(1) Lire : Le service diplomatique voté au Parlement européen (maj)

Le service diplomatique européen - les textes

(2) Le premier organigramme du Service d'action extérieur, le voici

(3) Déclaration n°3 (à télécharger)

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1 août 2010 7 01 /08 /août /2010 19:05

La diffusion de 77.000 documents par le serveur Wikileaks sur la guerre menée en Afghanistan et l'émoi qu'il provoque encore dans les chaumières politiques et militaires qui s'occupent de l'Afghanistan n'est pas prêt de se tarir. La version officielle - ce "n'est pas vraiment nouveau", reprise bien obligeamment par certains confrères charitables, ajoutant que "la forme est plus importante que le fond" - ne résiste pas à l'examen. Au contraire ! On peut déjà parler aujourd'hui d'un effet "Wikileaks" qui devrait impacter durablement la guerre menée en Afghanistan, sur plusieurs aspects, en particulier la communication, nerf des guerres modernes, surtout dans les démocraties.

Certes comparer cette publication aux fameux carnets du Vietnam est difficile à faire. La situation est différente aujourd'hui : d'une guerre d'un seul Etat hier, nous sommes dans une coalition sous mandat de l'ONU (on l'oublie un peu), aujourd'hui. Et les temps ont changé, notamment au niveau de la communication et de la vitesse de sédimentation des évènements (la nouvelle va plus vite, plus loin mais est aussi oubliée plus vite). Mais il sera, désormais, difficile de faire abstraction de certains faits et, surtout, de se poser certaines questions.

Les faits établis

Si on examine ce qu'en ont dit le Guardian, Der Spiegel et le New York Times, les seuls médias à avoir eu un peu de temps pour examiner les autres documents (tous ceux qui affirment "rien de nouveau" n'ont, en fait, pas examiné les documents), on voit bien que cette diffusion prouve plusieurs tendances qui, jusqu'alors, n'étaient établies que de façon imperceptible.

  • 1. Une guerre véritable. Les pays qui, il y a peu (France, Allemagne), ou toujours encore (Finlande...) préféraient parler d'opérations de maintien de la paix ne pourront plus vraiment s'abriter derrière cette appellation.
  • 2. Davantage de civils victimes. Il faudra encore évaluer cette assertion précisément. Car les talibans semblent causer davantage de pertes que les militaires de l'OTAN. Mais ce qui semble certain, c'est qu'une partie des pertes civiles occasionnée est minimisée. Les communiqués des uns et des autres vont donc être examinés à la loupe.
  • 3. Les tirs "amis". Les pertes de coalition sont plus souvent dues qu'on ne veut le dire à des "tirs amis" (un aspect souvent passé sous silence). Les enquêtes judiciaires devraient donc se multiplier.

  • 4. Le Pakistan participe implicitement et explicitement au soutien des talibans. Et l'Iran agit également en sous-main. Une remise au pas diplomatique s'impose.

Les questions posées

La publication de Wikileaks pose plusieurs séries de questions sur quatre plans : les processus
opérationnels, la définition des objectifs de l'opération, le calendrier de retrait, le débat sur le rôle de l'OTAN.

Des processus opérationnels à revoir

Tout d'abord, au niveau opérationnel, ces documents sont désormais publics, à portée de n'importe qui, y compris les talibans. Il va donc falloir pour l'OTAN et les forces armées modifier certaines procédures, tant de conservation du secret que de codification et de signalement des informations. Ensuite  la "communication" des armées et de l'OTAN va devoir s'adapter très vite. Difficile de se cantonner désormais à un discours : tout va bien, c'est difficile mais nous progressons, il faut des renforts... Désormais, les communiqués et nouvelles du front seront examinés à la loupe.

Les objectifs de l'opération à redessiner

Ensuite, ces documents posent la question des objectifs de la mission. Joe Biden, le vice-président américain, vient de répondre à la première question de façon claire : "Nous sommes en Afghanistan pour un seul objectif, al-Qaida, et la menace sur les Etats-Unis. Nous ne sommes pas là pour construire une nation (...) pour construire une démocratie à la Jefferson". Si elle signifie un retour salutaire à l'objectif initial de l'opération, au lendemain des attentats 11 septembre 2001 - neutraliser al Qaïda - ; cete déclaration tranche avec l'objectif affiché par certains pays européens (la reconstruction, la démocratie, la protection des femmes). Elle sonne aussi le glas d'une certaine opération militaire. Point besoin de près de 140.000 hommes pour mener ce type d'opérations qui doivent plutôt bénéficier de la discrétion et du petit nombre.

Qui se retire, quand et comment ?

La question du retrait, encore taboue il y a quelques mois, est donc désormais posée publiquement. Et après le retrait néerlandais (1), celui annoncé du Canada, ne se pose vraiment tant la question de la nécessité du retrait (elle paraît acquise), mais quand et comment ? Etant entendu que le "quand" ne peut plus se placer à un horizon de 5 ou 10 ans comme envisagé auparavant mais 1 à 3 ans. Si la capacité de résilience à la crise varie considérablement d'un pays à l'autre, dépendant à la fois de l'opinion publique et d'opportunités politiques, l'annonce du retrait devient donc centrale (2). L'effet "Wikileaks" devrait ainsi faire sentir ses effets non seulement au Royaume-Uni mais surtout dans certains pays (Allemagne, Finlande, Belgique...), où la notion de maintien de la paix est très sensible pour des raisons historiques.

Même en France, où le débat a toujours été le plus limité, certaines personnalités tels Paul Quilès (PS), sortent du silence. L'ancien ministre de la Défense de Laurent Fabius plaide ainsi dans le Monde du 28 juillet pour "un retrait total des troupes étrangères, à l'exception d'un volume limité et contrôlé d'assistance militaire technique" et la définition "d'un statut international de l'Afghanistan, qui en ferait un Etat neutre, dont les autorités s'engageraient à n'apporter aucun soutien au terrorisme international", estimant le bilan de l'intervention internationale "très discutable : un régime à la légitimité incertaine après une élection présidentielle entachée de fraudes massives, une administration impuissante face au pouvoir des chefs de guerre et de l'insurrection, profondément corrompue et mêlée à une production massive de drogue".

Quel rôle pour l'OTAN ?

L'OTAN qui mène une partie des opérations en Afghanistan va devoir redéfinir plus radicalement qu'elle ne l'envisageait sa stratégie. La réflexion déjà entamée autour de la révision de son concept stratégique qui doit aboutir lors du sommet de Lisbonne en novembre 2010 promet donc d'être plutôt agité. Car le retrait d'Afghanistan pose, plutôt qu'un échec militaire, des questions qui sonnent comme un double aveu d'échec.

Que reste-t-il de l'objectif affiché, peu, ou prou, par l'OTAN d'être une force d'intervention militaire dans le reste du monde (même si l'OTAN réfute aujourd'hui le terme de "gendarme du monde", c'est bien cela qu'elle ambitionnait).

Quid du mode de gouvernance collectif de ce type d'opérations ? Le contrôle politique et stratégique sur l'opération en Afghanistan a, en effet, largement échappé aux membres européens de l'Alliance, l'essentiel étant dévolu à un seul de ses membres, les Etats-Unis.

Lire aussi:

(1) retrait néerlandais d'Afghanistan, signe d'une guerre qui a trop duré

(2)Un calendrier de retrait: la seule façon de gagner la guerre en Afghanistan ?

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1 août 2010 7 01 /08 /août /2010 18:07

DrapeauAbaisseUruzgan169905-Nl100801.jpgLe retrait du contingent néerlandais des forces de l'OTAN en Afghanistan (1) s'accélère, aujourd'hui avec la remise des clés du Kamp Holland. Certes, il ne signifie pas la fin de la mission de l'Alliance Atlantique dans la région. Loin de là ! Mais il marque incontestablement un tournant. C'est, en effet, la première fois qu'un contingent de cette importance (2000 hommes) - un contingent d'un pays, "fidèle à la ligne", sans état d'âme - se retire.

Ce retrait porte la marque d'une division gouvernementale, mais aussi le reflet de la lassitude des opinions publiques. Et il arrive à un moment bien critique pour l'ISAF - la force internationale de stabilité dirigée par l'OTAN : juste après que son chef des opérations, le général américain McCrystal ait été démis de ses fonctions pour propos non appropriés (2) et que le serveur Wikileaks ait répandu dans la nature 77.000 documents, secrets, qui révèlent l'intensité de la guerre (lire : l'Effet Wikileaks).

Neuf ans après le début de l'opération, tous les doutes sont aujourd'hui permis sur la pertinence d'un tel engagement et la stratégie suivie jusqu'ici par l'Alliance Atlantique. Et il est temps qu'un débat politique sur la question s'amorce : c'est une nécessité stratégique avant tout pour permettre à cet engagement humain et financier de ne pas rester lettre morte (3).

Ce retrait ne sera pas en effet le dernier. Le Canada a déjà décidé de retirer ses troupes mi-2011 pays. Et la Pologne envisage de suivre le mouvement, à l'horizon 2012, le nouveau président de la République, Bronislaw Komorowski, l'ayant promis lors de son élection (4). Quant au Royaume-Uni, le débat est déjà engagé après les prises de position du ministre de la Défense Liam Fox (5) et du Premier ministre Cameron.

Dans d'autres pays (Belgique, Allemagne, Finlande...), le débat pourrait se rouvrir. D'autant que la crise économique qui frappe la plupart des économies des pays industrialisés oblige à faire des choix drastiques. A l'heure des coupes budgétaires, il sera difficile de faire perdurer un effort intensif en Afghanistan au-delà d'un ou deux ans alors que les budgets d'investissement, de fonctionnement et d'opérations sont taillés en pièces.

Je ne parierai pas "1 euro" que d'ici la fin de l'année d'autres décisions semblables soient annoncés.

(1) Les Néerlandais quittent l'Afghanistan, sans leurs interprètes

(2) Mc Chrystal tire à vue sur Biden. Les Français, aussi, en prennent ...

(3) Un calendrier de retrait: la seule façon de gagner la guerre en Afghanistan ?

(4) Le retrait des troupes polonaises d'Afghanistan n'est plus tabou

(5) Pour les Britanniques, le retrait au bout du fusil ?

(Photo : ministère néerlandais de la Défense)

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1 août 2010 7 01 /08 /août /2010 15:13

Décision passée plutôt inaperçue, les « 27 » ont décidé, en juin dernier, de renforcer leur coopération consulaire à l’étranger en cas de crise et hors de crise. Car la récente crise à Haïti l’a encore montré : tout ne fonctionne pas de manière optimale. Et il reste encore des lacunes certaines dans le dispositif de protection consulaire.

Les mesures ne sont pas, en soi, spectaculaires. Car il s’agit de renforcer concrètement les mécanismes et moyens de coordination en situation de crise ou de pré-crise, comme de protection consulaire, pour éviter les chevauchements et doublons.

Coordination de crise

Tout d'abord, le concept d'Etat pilote va être revu afin de prendre en compte certaines situations. Notamment quand il n’y a pas d’État pilote désigné. "Des divergences peuvent apparaître dans l’organisation" de la gestion de crises - reconnaissent les auteurs de cette note -. alors que "la répartition des tâches et un partage des ressources" devrait être effectués.

Ensuite, les 27 ont convenu d’une série de mesures concrètes comme la possibilité pour un État membre ou le SitCen de déclencher la procédure de coordination de crise (connue sous l’acronyme anglais CCA comme Crisis Coordination Arrangement), notamment à l’aide du site internet du CCA

Plus délicat, ils se sont accordés sur le fait que la cellule « protection civile » de la Commission (MIC) puisse fournir une assistance consulaire en cas d’urgence majeure dans un pays tiers (mais uniquement sur demande de l’autorité consulaire de l’État membre).

Enfin, la Commission va étudier la mise en place d’un mécanisme de compensation financière des dépenses engagées par un Etat membre (ou une institution) au profit des autres en cas de crise.

Coordination en situation de pré-crise

Sous la présidence suédoise, l’UE avait décidé de mieux coordonner sa représentation dans les Etats tiers et d’examiner régulièrement les zones à risques. Ce point doit "être encore amélioré", avec un contrôle plus régulier des recommandations des Etats membres sur ces Etats ou zones à risques. Et certaines "autres mesures sont aussi à envisager" :

- l’échange d’informations sur la répartition sur le territoire (provinces) de la populations, en visant des publics « cibles » (travailleurs humanitaires et personnel des ONGs, enfants, seniors, malades…).

- la coordination des lieux de regroupement et d’évacuation (afin « d’éviter que les Etats ne désignent involontairement les mêmes lieux »).

- une meilleure coordination des unités d’aide humanitaire et d’urgence, pour « éviter une répétition inutile d’activités, notamment en cas de catastrophes naturelles, de pandémies et de graves conflits armés ».

Protection consulaire

Hormis les cas de crise, on sait que la plupart des Etats procurent une assistance variable à leurs ressortissants dans cinq domaines principaux : décès, accident ou maladie graves, arrestation ou détention, victimes de violences, perte de documents de voyage, et (parfois, sous certaines conditions strictes), assistance financière. Ces tâches étant listées de façon plus précise. Mais la liste reste incomplète. Les "27" ont donc convenu de faire un « échange de bonnes pratiques » dans certaines hypothèses : l’assistance aux mineurs isolés, en cas de mariage forcé ou d’enlèvement d’enfant, l'assistance aux malades mentaux ou cas de quarantaine, ainsi la légalisation des documents.

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31 juillet 2010 6 31 /07 /juillet /2010 16:32

Les différentes représentants spéciaux de l'UE dans le monde vont être prolongés de six mois ou d'un an. Leur mandat devant se terminer fin août (1), la décision devrait être adoptée d'ici le 9 août par procédure écrite par les ambassadeurs de l'UE au nom des ministres des Affaires étrangères des 27, sur proposition de la Haute représentante pour les Affaires étrangères, Cathy Ashton.

Prolongation (provisoire) pour six mois. Les représentants spéciaux pour la Macédoine - Fyrom (l'Irlandais Fouéré), la Moldavie (le Hongrois Mizsei), le Kosovo (le Néerlandais Feith), le Moyen-Orient (le Belge Otte), le Sud Caucase (le Suédois Semneby) ne seront renouvelés que pour six mois (jusqu'au 28 février 2011). Ils pourraient ne pas être renouvelés à ce terme. La prolongation du mandat pour six mois n'est pas le procédé le plus courant en effet. L'objectif de la Haute représentante est, en effet, à terme, de mettre fin à leur mandat (2), pour fusionner certains postes avec les chefs d'ambassades de l'UE ou l'existence d'autres représentants au niveau international qui représentent peu ou prou l'Europe. C'est le cas pour le Moyen-Orient, où Tony Blair est membre du Quartet, au nom de l'Union européenne.

Prolongation pour 12 mois. Les autre représentants spéciaux (Afghanistan (3), Bosnie-Herzégovine, Asie Centrale et Géorgie, Région des Grands lacs, Soudan, Union Africaine) seront prolongés d'un an (jusqu'au 31 août 2011). Avec une inconnue pour le Soudan, puisque son titulaire le Danois Torben Brylle, quitte son poste (pour l'ambassade nationale à Vienne). Son successeur aura la délicate tâche de conduire la politique européenne en pleine turbulence politique, avec le référendum sur l'autonomie du Sud-Soudan (Juba).

Discussion à poursuivre. La Haute représentante n'a pas réussi à convaincre les Etats membres d'opter pour une option plus radicale (et la suppression plus rapide de certains postes). Le léger retard pris dans la mise en place du service diplomatique et le peu d'empressement des Etats membres à lâcher un de leurs nationaux sans avoir les noms retenus pour les autres postes en jeu expliquent ce report. La négociation sur les postes sera ainsi globale entre la trentaine d'ambassadeurs de l'UE qui doivent être renouvelés en septembre ainsi que les premiers responsables du service diplomatique (le top ten) qui doivent être nommés en octobre. A suivre...

(1) Lire : Les représentants spéciaux de l'UE confirmés, provisoirement (+ portraits)

(2) Lire : Les représentants spéciaux de l’UE dans l’oeil du cyclone

(3) Nommé récemment à ce poste, lire : Nomination du Lituanien Usackas en Afghanistan confirmée

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30 juillet 2010 5 30 /07 /juillet /2010 23:07
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Crédit : marine suédoise / Anna Norén

Avec la présence des forces d'El Shabab au-dessus du port de Mogadiscio, chaque entrée dans le port de Mogadiscio est une vraie gageure. Les marins suédois du HMS Carlskrona qui assuraient une escorte d'un des navires de ravitaillement de l'AMISOM, le Petra, en ont été les témoins.

A bord du navire amiral de l'opération européenne anti-piraterie Atalanta (1) l'équipage a pu, de la passerelle de contrôle, voir la fumée des combats, entendre les détonations des armes et des lance-grenades... sentir l'odeur de la poudre. « C'était irréel, c'était comme regarder un film mais c'était pour de vrai. » raconte un des marins, Henrik Olofsson. « C'est très difficile pour l'équipage des navires de commerce d'effectuer les manoeuvres d'approche. Chaque entrée et sortie est risquée ».

L'arrivée du Petra a cependant pu se faire sans encombre. Même si les troupes de l'AMISOM ne contrôlent qu'une petite partie seulement de Mogadiscio ; ailleurs règnent les milices notamment El Shabab, la milice islamiste soupçonnée d'avoir des liens avec les terroristes Al-Qaïda.. Les affrontements dans la capitale somalienne ont fait, ce mercredi, 17 morts et au moins 46 blessés.

(1) Le HMS Carlkrona termine sa mission dans quelques jours avant de passer le relais au navire français De Grasse

Lire également : Pour le président djiboutien, il faut gagner la bataille de Mogadiscio

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29 juillet 2010 4 29 /07 /juillet /2010 16:10

EussGuineeBissau.jpgEh oui ! La décision de principe est acquise depuis la dernière réunion du COPS (1). La mission de l'UE de réforme des forces de sécurité en Guinée-Bissau va prendre officiellement fin à son terme provisoire du 30 septembre. Le CIVCOM (le comité chargé des aspects civils de la gestion des crises de l'UE) devrait plancher sur la question ce vendredi.

Une fin prématurée

Cette clôture de mission anticipée est liée aux évènements politiques et militaires dans cet Etat d'Afrique de l'Ouest, considéré au niveau international comme un narco-Etat. En avril, le chef d'Etat-major (José Zamora Induta) et le Premier ministre (Carlos Gomez Junior) avaient été arrêtés (2) par un groupe de mutins dirigés par le chef d'Etat-Major adjoint (Antonio Indjai) et soutenus par le chef de la marine, le contre-amiral Bubo Na Tchute. Un personnage trouble, soupçonné de couvrir une partie du trafic de cocaïne et d'un autre coup d’Etat (raté) en août 2008. Le Premier ministre avait été ensuite libéré mais placé en résidence surveillée (3).

L'UE avait alors mis un point d'interrogation à l'avenir de sa mission. La mission EU SSR n'avait ainsi été prolongée, fin mai, que de quatre mois. Et un nouveau chef de mission, un Colonel, nommé le 1er juillet, Fernando Afonso. La confirmation du nouveau chef d'Etat-Major et le passage de fait du gouvernement civil sous la coupe du commandement militaire, a sonné le glas de l'opération européenne ; l'UE décidant de mettre fin à sa coopération avec l'ancienne colonie portugaise (1).

Une première dans l'histoire de l'Europe de la défense

C'est la première fois dans la courte histoire de l'Europe de la Défense qu'une mission s'interrompt prématurément de la sorte. Et il y a un peu d'amertume parmi les officiers qui ont participé à cette mission, notamment pour le général Esteban Verástegui, qui a été son premier chef et n'a pas ménagé ses efforts (4), avec certains résultats commençaient à se faire sentir.

Aujourd'hui, il reste encore à préciser les modalités techniques et administratives de la fin de la mission (d'où l'objet de la réunion de vendredi, qui pourrait être suivie d'autres fin août ou début septembre, le cas échéant). Sur place, dans la capitale Bissau, ne demeurent plus que 4 officiers de l'UE.

(1) Lire : L’avenir de l’engagement européen en Guinée-Bissau discuté. Suspension de la mission EUSSR ?

(2) Un évènement qui s'ajoute à l'assassinat successif du précédent chef d'Etat-Major et du président de la République Vieira en 2009.

(3) Sans rire l'actuel président de la République, Malam Bacaï Sanha a qualifié ces arrestations "un accident tragique entre les chefs militaires des casernes qui a troublé le pays pendant quelques heures" (lire sur Afrik.com)

(4) Consulter son interview au démarrage de la mission : Mission Guinée-Bissau: « rebâtir de zéro » (Gén. Verástegui)

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logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.