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17 janvier 2010 7 17 /01 /janvier /2010 22:26
HaitiHelicoSeaHawk60Navy-Us100113.jpgUne fois n'est pas coutume. Je parlerai ici de forces américaines. Voici une liste reçue du Southern Command - qui est opérationnel pour Haïti - et résume l'effort militaire américain face au séisme qui touche l'Etat des CaraÏbes.

Les premiers arrivés ont été les gardes-côtes avec quatre navires et plusieurs avions - dont 7 C-130, 3 hélicoptères MH-60
Jayhawk, 2 hélicoptères MH-65 Dolphin et un Falcon HU-25.

Au 17 janvier, environ 5.000 militaires sont déjà arrivés, et 7.500 autres arriveront d'ici lundi (soit 12.500 hommes). 33 avions (dont un P3 orion pour la reconnaissance) et 30 hélicoptères sont déjà opérationnels, ainsi que 4 navires. Une dizaine d'autres doivent suivre.

Faut-il un autre commentaire ?


Forces déjà présentes à Haïti :
• 4 navires :
- frégate USS Underwood (FFG 36)
- destroyer USS Higgins (DDG 76)
- croiseur USS Normandy (CG 60)
- porte-avions USS Carl Vinson (CVN 70)
• Forces
- SOUTHCOM assessment /C2 team
- AF Special Ops personnel
- 4 U.S. Coast Guard cutters
- 700 hommes de la 82nd Airborne (en soutien à la Minustah)

Navires en route ou prêts au déploiement
- ravitailleur USNS Big Horn et bateau de sauvetage USNS Grasp (arrivée: dimanche 17)
- groupe amphibie : USS Bataan (LHD 5), USS Carter Hall (LSD 50), USS Fort McHenry (LSD 43).
A bord, un corps expéditionnaire de 2.200 Marines avec 12 hélicoptères et poste médical avancé. (arrivée : lundi 18)
- le croiseur USS Bunker Hill (CG 52). (arrivée : lundi 18)
- l'USS Gunston Hall
- le navire hopital USNS Comfort, avec une capacité de 1000 lits, des salles d'opérations, de radio, d'analyse médicale et 2 unités de production d'oxygène (arrivée: mercredi 20)
- navire océanographique USNS Henson (arrivée : mercredi 20)
- le cargo et roll-on/roll-off USNS 1ST LT Jack Lummus
- 2 USCG cutters
- 22nd MEU

Le brief du Lt- général Keen

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17 janvier 2010 7 17 /01 /janvier /2010 19:30
Les 38 membres de équipes USAR (Urban Search and Rescue Team) belge et luxembourgeoise doivent rentrer ce soir par l'Airbus A330 de la défense belge (1). Selon les Nations-Unies, et les équipes elle-mêmes, vu les circonstances climatiques, il reste très très peu de chance de retrouver des survivants. « Les chances de réussite étaient devenues trop minces » explique la diplomatie belge.

La protection de l'hopital en question. Une partie de l'équipe B-Fast est restée sur place pour mettre en place l’hôpital de campagne. Celui-ci « est complètement opérationnel » assure-t-on coté belge. « Mais la sécurisation de cet hôpital n’est pas encore optimale ». Les diplomates ont demandé aux Nations-Unies d'assurer une protection, dans l'immédiat. Une équipe de sécurité belge devrait les relayer. « La Défense organise actuellement le départ urgent de cette équipe » assure-t-on du coté belge. 30 miliaires des forces spéciales et de protection VIP sont ainsi partis dimanche soir.

Commentaire. Certains estimaient que la présence d'un "battlegroup" européen n'était pas justifiée. La réalité sur le terrain et l'exemple américain, comme français (qui ont mis des équipes de gendarmes avec eux), et maintenant belge, montrerait plutôt le contraire. Dès lors on peut se poser une question : ce non-engagement n'est-il pas justifié plutôt pour des raisons plus internes aux Etats qui composent actuellement les battlegroups d'astreinte (raison politique ou tout simplement budgétaire) ? En tout cas, l'Europe de la Sécurité et de Défense a perdu là une sacrée occasion...

(1)
22 de B-FAST et 16 pour le Luxembourg. L'avion ramène également 66 personnes rapatriées, essentiellement des Belges mais aussi quelques Européens et Africains (Français, Congolais, ).
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17 janvier 2010 7 17 /01 /janvier /2010 15:45
(mise à jour mar 19 janvier) Boal Pilar Juarez, qui était le numéro 2 de "l'ambassade" de l'UE à Haïti, est décédé. Donné un moment comme identifié par la presse espagnole, le corps se trouverait toujours sous les décombres aux dernières nouvelles mais les chances de retrouver vivante sont plus que minimes. Elle a été surprise par le tremblement de terre dans le bâtiment des Nations-Unies alors qu'elle assistait à une réunion. C'est le premier mort en exercice pour le service diplomatique de l'UE depuis la mise en place du Traité de Lisbonne. Mais ce n'est pas le premier agent européen décédé en mission (lire in memoriam). NB : trois victimes espagnoles ont été, en revanche, confirmées dont un inspecteur de police, Rosa Crespo Biel, qui travaillait avec l'ONU. Lire ici
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17 janvier 2010 7 17 /01 /janvier /2010 14:56
Que l'anglais soit la langue dominante, c'est un fait acquis et incontournable. Le français est désormais une langue minoritaire... Il faut être réaliste. Mais que l'anglais devienne la langue unique, surtout en matière internationale et diplomatique, c'est à la fois dangereux et contre-productif. On savait déjà que toutes les missions de l'Europe de la défense communiquaient essentiellement en anglais. Maintenant, c'est un fait avéré : elles communiquent uniquement en anglais, que ce soient sur leurs sites internet ou leurs communiqués à la presse. Il en est de même pour les agences : Agence européenne de défense établie à Bruxelles !, Centre satellitaire de Torrejon, Institut d'études de la sécurité de l'UE de Paris !! Et la tendance n'est pas près de s'arranger
• Lire aussi :
Le français, « langue morte » de la PESD ?)

De langue dominante, on passe à la langue unique. Catherine Ashton, la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères n'a pas parlé un mot d'une autre langue que l'anglais lors de son audition de trois heures au Parlement européen la semaine dernière (1). Pas un "bonjour" ou "merci" dans n'importe quel sabir européen voire mondial. L'Espagnol Javier Solana, son prédecesseur comme Haut représentant, maniait outre sa langue natale, l'anglais et le français. L'Autrichienne Benita Ferrero Waldner, qui officiait à la Commission pour les Relations extérieures, parlait, l'Espagnol et l'Anglais (fort bien) et se faisait un devoir quand une question était posée en Français de répondre dans cette langue également. Catherine Ashton a, elle, adopté le monolinguisme universel et se fait un devoir de ne pas parler d'autre langue. Mieux. Pour l'action européenne sur le séisme en Haïti, la majorité de la communication s'est fait, jusqu'ici, en anglais (un comble pour un pays francophone). Il a fallu une réaction officielle et de journalistes pour que Catherine Ashton accepte d'adresser ses déclarations écrites, aussi en français. Quant au commissaire à la Recherche, le Slovène Potocnik (futur commissaire à l'Environnement), il a aussi adopté "english only".
• Témoin son dernier communiqué sur Haïti...

La diplomate en chef de l'UE en exemple. Catherine Ashton ne comprend même pas le "français simple". Exemple lors de la dernière conférence de presse, jeudi. Un de mes collègues de la Radio Suisse Romande et du Point, Alain Franco, lui a posé jeudi lors de la conférence de presse, une question en Français. Il a fallu l'aide (discrète) de son porte-parole (qui manie bien le Français) se penchant alors à l'oreille de la Haute représentante pour comprendre, ce qu'un débutant à l'Alliance française pouvait facilement comprendre. On peut se demander comment elle va faire au Conseil européen (quand il n'ya pas d'interprète) ou face à des dirigeants africains francophones, par exemple... Je me rappelle également les réactions avec un commissaire français ne comprenant l'anglais...
Regardez la conférence de presse (dans les dernières minutes), c'est symptomatique.

Ringard ! C'est généralement l'adjectif qui qualifie le journaliste, qui réclame une traduction en Français des principaux documents, qui passe alors pour un doux ringard, ignare de surcroît, et hostile au progrès. Or, le monolinguisme est dangereux et rétrograde. Le fait de n'avoir qu'une langue - qui n'est pas la langue natale de chacun - oblige à des raccourcis dommageables. Il modèle également une espèce de pensée unique, faits de mots standardisés - dont on oublie généralement le sens à force d'être utilisé. Comme journaliste je travaille régulièrement en anglais et m'essaie également dans d'autres langues (Allemand, Italien, Espagnol... au moins en lecture). Il est anormal que des responsables politiques et une institution qui ont pour obligation - de par les traités internationaux et la Charte des Droits fondamentaux - de respecter toutes les langues et nationalités, pratiquent ce qui pourrait se définir juridiquement à de la discrimination, alors qu'on demande de plus en plus aux journalistes de manier au minimum deux ou trois langues (*). Chacun me répondra de l'urgence ou d'un problème de traduction. Mon expérience des dernières années m'apprend que c'est faux : il ne s'agit pas d'un fait isolé. Mais d'une pratique répétée, construite et développée. (Nb : les principaux partis politiques au Parlement européen communiquent régulièrement dans au minimum 2 langues. Pourquoi pas à la Commission européenne).

(*) Tous les journalistes parlent au minimum 2 langues (anglais ou français ou allemand) en plus de leur langue natale. Faut-il préciser que la CE ne contribue aucunement à cette formation pluri-linguistique.
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17 janvier 2010 7 17 /01 /janvier /2010 12:53
Une américaine, Sarla Chand, âgée de 66 ans, est tirée des décombres de l'Hotel Montana, le 14 janvier, par la sécurité civile française, sous les projecteurs des médias. L'interview a lieu sur "le brancard", micros et appareils photos tendus... Cette photo m'a été transmise par la marine américaine, avec cette légende : « Chand spend more than 50 hours in the debris before she was pulled to safety by relief workers from France who have partnered with U.S. Agency for International Development to support the massive relief efforts needed in the aftermath of Tuesday's earthquake. » La sécurité civile devient ainsi un des partenaires d'Us Aid !
HaitiSauvetagAmericainFrancais-Us100115.jpgCrédit photo : U.S. Navy photo by Petty Officer 1st Class Joshua Lee Kelsey

Une preuve de plus que si l'intervention "sécurité civile" des Etats a une visée certainement humanitaire, elle a aussi d'énormes arrières-pensées politiques (1). Outre des motivations très proprement internes à la politique américaine (faire oublier la faiblesse d'intervention lors du cyclone Katrina, donner un premier "vrai" succès international pour Obama), la massive intervention américaine est une manière, tout aussi stratégique, de marquer sa présence à Haïti, le seul Etat francophone des Caraïbes. Accessoirement, elle permet aussi à l'armée américaine de redorer son blason en faisant oublier les résultats très mitigés de l'intervention en Afghanistan. Mais voilà que ces satanés frenchies sont aussi de la partie. Car la France ne peut se désintéresser totalement de son ancienne colonie.

(1) Lire également :
La sécurité civile, la pièce manquante à l'UE - Puissance civile
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17 janvier 2010 7 17 /01 /janvier /2010 08:05
RapatriemHaitiEnfant-100117b.jpg(mis à jour dimanche 17 janvier, 20h) Le rapatriement des Européens est effectivement entamé. C'est l'ambassade espagnole à Port au Prince (l'Espagne assure la présidence de l'UE) qui coordonne l'évacuation des Européens. Les Antilles françaises et néerlandaises servent en général de transit.

Au bilan : en plusieurs navettes, les Casa français ont ainsi déjà rapatrié (au 17 janvier) sur les Antilles : 371 personnes dont 44 blessés.

4 blessés ont été rapatriés sur l'aéroport d'Hato (Curacao, Antilles néerlandaises) par un avion d'
Insel Air.

5 Néerlandais et 6 enfants adoptifs sont de retour à Eindhoven (Pays-Bas), le 17 janvier, par le KDC 10 des forces royales néerlandaises (photo: NL Luchtmacht).

L'Airbus de la défense belge a rapatrié à Bruxelles, le 17 janvier, 66 personnes (dont 40 Belges et 6 Européens).
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16 janvier 2010 6 16 /01 /janvier /2010 18:10
Outre l'aide en secours (avions, équipes et matériel), les 27 pays de l'UE ont débloqué, globalement, un montant de 42,85 millions d'euros € (d'après un premier décompte). Nb : ceci concerne normalement l'aide publique (nationale) sans compter la contribution publique locale et la mobilisation privée (entreprises et citoyens) qui est supérieure.

En détail:
- Union européenne : première aide d'urgence de 3 millions € (au titre de l'aide humanitaire versée à des ONGs), une aide plus importante pourrait être débloquée prochainement.
- Allemagne: 1,5 Millions €
- Autriche:
- Belgique :
- Chypre :
- Danemark :
- Espagne : 3 millions € (pour l'organisation panaméricaine de santé : 0,5 M pour la traumatologie, 0,5 M pour les médicaments, le reste pour des matériels de soins) lire
- Estonie :
60.000 €
- Finlande : 1,25 millions € (750.000 pour la croix-rouge finlandaise, 500.000 pour l'organisation de secours des églises, communiqué)
- France : 2 millions € (aide alimentaire pour le PAM - Programme alimentaire mondial),
- Grèce :
- Hongrie : ...
- Irlande :
- Italie : 1 million € (répartis par moitié pour le PAM et Fédération de la croix-rouge).
- Lettonie :
- Lituanie :
10.000 €
- Malte :
- Pays-Bas : 6 millions €
- Pologne : 100.000 €
- Portugal : ...
- République tchèque : 200.000 €
- Royaume-Uni: 6,87 millions € mais le Premier ministre a promis de donner l'équivalent de l'aide privée (environ 13 millions € selon la BBC)
- Slovaquie :
- Slovénie : 50.000 €
- Suède : 13,1 millions € (133 millions SEK)

Parmi les autres pays européens - candidats à l'adhésion ou membres de l'Espace économique européen, notons :
- Norvège : 1,3 millions

- Suisse : 2,7 millions
- Albanie : 50.000 €
- Croatie : 130.000 € (1 million de kuna)
- Macédoine : 35.000 €
- Kosovo : 50.000 €

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16 janvier 2010 6 16 /01 /janvier /2010 14:00
(mis à jour samedi 16 janvier, 14h) Face au séisme (magnitude 7.0) qui a frappé Haïti mardi en fin d'après midi, la Commission européenne a déclenché ses deux instruments principaux d'aide : l'argent, les hommes et le matériel.

La coordination Des équipes de secours, de purification d'eau, des postes médicaux avancés et hôpitaux de campagne sont envoyées au titre de la sécurité civile. Un recensement détaillé a été réalisé par la cellule "Sécurité civile" de la Commission européenne, télécharger ici le dernier état à jour).

Une équipe de sept experts européens (6 des Etats membres - Français, Italien, Estonie, Britannique - et un officier de liaison de la Commission) est partie, dans un avion de l'armée belge, afin de coordonner l'aide européenne, envoyée au titre de la sécurité civile.

Au bilan : un effort non négligeable mais dispersé
...

Globalement, selon mes compilations, l'effort (militaire et sécurité civile) des Etats membres de l'UE n'est pas négligeable. Malheureusement il est dispersé. Et ces données ne sont pas du tout compilées par l'UE. Ce qui laisse transparaître une impression de faiblesse. Surtout par rapport à l'effort américain intense et visible. Voici donc un aperçu globalisé de l'effort européen (UE + 27 Etats membres) :
BatralFrancisGarnierAppareilAntilles-Fr100116.jpgLe Batral François Garnier appareille des Antilles avec à son bord du matériel et des ambulances (crédit : Défense française / Dicod)

- 4 frégates : 2 française l'une partie des Antilles, l'autre de la cote africaine, 1 néerlandaise (partie de Curacao), 1 espagnole (en réserve en Amérique latine).
- 21 rotations d'avions pour amener de l'aide humanitaire et/ou des équipes de secours : 7 Espagnols (Boeing 707 militaire), 7 Français (Casa, Airbus A330, C-130 + 1 affrêté auprès d'une compagnie privée), 2 Italiens (C-130), 1 Polonais (avion présidentiel), 1 KDC-10 Néerlandais (sur Curacao), 1 Portugais (C-130), 1 Suédois (C-130), 1 Britannique (Boeing de British Airways) + 1 Islandais.

- 4 avions servent à l'évacuation des ressortissants européens : 1 Casa français, 1 Airbus Belge, 1 C-130 Portugais, 1 Is
landais (*).

- Plus de 800 hommes (médecins, infirmiers, pompiers, sécurité civile, militaires, policiers) et au moins 40 chiens de recherche spécialement entraînés à la recherche en décombres.

Détail des équipes et moyens envoyées - état des lieux provisoire -

• La Belgique a envoyé, mercredi 13, son équipe B-Fast (intervention rapide en cas de catastrophe), composée d'une soixantaine de personnes = une équipe d’intervention médicale avec un hôpital de campagne (20 personnes), une équipe USAR (Urban Search and Rescue Team) de 33 personnes, avec quatre chiens pisteurs, une installation de purification de l’eau potable, avec deux accompagnateurs. Personnel est matériel seront transférés par un Airbus A330 de la Belgian Air Force.

• Le Luxembourg a envoyé une
équipe de recherche des sections canines de la Croix- Rouge luxembourgeoise et de la Protection civile avec 7 chiens, du personnel et du matériel pour  localisation.
EquipeChiensRecherche-Lux100116.jpgL'équipe des sauveteurs luxembourgeois avant le départ (Ministère des Affaires étrangères LUX / Wort.lu)

• La France envoie près de 400 personnes personnes - dont 130 sauveteurs de la sécurité civile et des pompiers et 6 chiens spécialisés dans la recherche dans les décombres, médecins et 12 gendarmes. Un hôpital de campagne part jeudi avec l'Escrim (Elément de sécurité civile rapide d'intervention médicale).
AvionCasaChargementHaiti-Fr100113.jpgchargement d'un Casa en Martinique (crédit : Armée française / Dicod)
- L'aviation. Trois avions militaires de transport Casa sont partis, mercredi, de l'île de Martinique (avec 25 sapeurs-sauveteurs de la Sécurité civile, 18 gendarmes, 1 chien et plus de 3 tonnes de fret). Au voyage retour, ils rapatrient environ 91 Français qui étaient à Haïti. A cela s'ajoutent : un Airbus A310-300 militaire de l’escadron de transport Esterel (qui n'a pu atterrir à Haïti), et un avion de transport Hercules C-130.
- La marine envoie 2 batiments :
le Francis Garnier, depuis la Martinique, avec des moyens de terrassement et de déblaiement = 3 tractopelles et 2 mini pelleteuses, des véhicules de transport (camion de maintenance, 2 P4, un 4X4), une équipe médicale et une ambulance, 700 tentes et du fret au profit de la Croix rouge, selon l'Etat-major des armées. Le BPC Sirocco qui part de la côte ouest-africaine, dispose de deux blocs chirurgicaux et 50 lits pour accueillir des blessés ainsi que 4 hélicoptères (2 Puma, 2 Gazelle).

L'Italie envoie un poste médical avancé (PMA) avec salle opératoire ainsi qu'une équipe de secours et de recherche urbaine (20 médecins, 2 pompiers, 12 équipe de coordination), projet dans le cadre d'un programme européen destiné à stimuler les capacités de protection civile. Ce serait la première fois que le "PISARTE" (équipe d'intervention d'urgence de Pise) serait déployé et les modules testés in situ. 2 avions sont mobilisés dont un C-130 des forces aériennes.

• L'Espagne a envoyé 7 avions chargés d'aide humanitaire et médicale vers Haïti. 2 à partir de Panama (où elle a un stock d'urgence), 3 à partir d'Espagne. Un sixième vol est parti avec une équipe de sauveteurs : 
une équipe de sauvetage de l'unité militaire d'urgence (composée de 40 membres) avec chiens de recherche et médecins part de la base de Torrejón de Ardoz (Madrid). L'UEM se compose de deux équipes de spécialistes en sauvetage formés, chacun d'eux, de neuf groupes de médecine militaire (avec un médecin, une infirmière et deux ambulanciers), une équipe de radiodiffusion (un chef et cinq opérateurs transmissions) et une équipe logistique composés de quatre membres. Le septième vol est à destination de Saint-Domingue, chargé fournitures médicales pour les hôpitaux et centres de santé (voisine d'Haïti, cet Etat subit en premier lieu le "rush" des Haïtiens blessés).
HaitiDepartSecCivEsp-Esp100115.jpgLes hommes de l'UEM embarquent dans le Boeing des forces armées espagnoles (crédit : MDE)

• L'Allemagne envoie une équipe avec 4 experts et un module de purification d'eau (d'une capacité de 2 X 120.000 li / jour) (départ: 15 janvier).

• La Finlande envoie un camp de base léger (avec 4 hommes) et un module télécoms (avec 2 experts)

• L'Islande (*) a envoyé une équipe de secours de 37 personnes. Au retour l'avion a ramené des ressortissants européens
(départ: 13 janvier).

• La Norvège (*) envoie un hôpital de campagne par l'intermédiaire de la Croix-Rouge
(départ: 14 janvier).

• Les Pays-Bas envoient une équipe de secours et de recherche (63 personnes + 8 chiens). Un avion KDC 10 du 334e escadron aérien basé à Eindhoven est arrivé à Curacao. Il ne pouvait pas se poser à Port de Prince. Une partie du matériel a été transbordé sur de petits avions. Et le reste sera transporté par voie maritime. Un navire de soutien, le Hs Ms Pelikan part de Curacao (Antilles Néerlandaises) avec 77 hommes à bord (
44 Marines d'Aruba, 7 militaires de la milice Aruba, 24 marins et 2 hommes de la Marechaussée) et le matériel lourd. Arrivée: lundi.
HsPelikanHaiti-Nl100115.jpgLe Pelikan au départ de Curacao (crédit: NL defensie)

• La Pologne envoie une équipe de recherche urbaine USAR de 63 hommes et 12 chiens, ainsi que 4 tonnes d'équipement (départ : 15 janvier)

• Le Portugal envoie un camp de base pour 400 personnes et le personnel de soutien nécessaire (10 personnes), une équipe médicale (8 personnes), une équipe de recherche et d'identification (DVI), une équipe de coordination.

• Le Royaume-Uni a envoyé une équipe de secours et de recherche (64 personnes) avec chiens de recherche et équipement (départ: 14 janvier).

• La Slovaquie envoie une équipe de secours (4 secouristes, 4 paramedics, 4 chiens), des tentes, des couvertures, sacs de couchages et lits de camps

La Suède a offert un poste médical avancé, des tentes, matériel de purification de l'eau et une assistance technique et équipe de soutien. Un camp de base de 200 places va être reconstitué pour les forces de l'ONU (dont le batiment s'est effrondré). Un C-130 part de la base d'Örebro. La Suède a indiqué également qu'elle pourrait utiliser des C-17 (de la flotte stratégique de l'OTAN - SAC). Communiqué du gouvernement (suédois).

• La république Tchèque pourrait envoyer des équipes de secouristes accompagnées de chiens

(*) Bien que ne faisant pas partie de l'UE, ce pays participe au mécanisme de protection civile

A suivre...

Commentaires:

L'utilité des militaires dans ce déploiement. Cette mobilisation démontre que le distinguo humanitaire - militaire qui a parfois une importance sur des terrains troublés n'a pas de raison d'être. Face à une catastrophe majeure, seuls la combinaison des moyens civils et militaires gouvernementaux et non gouvermentaux, permet rapidement d'atteindre un niveau adéquat de secours. Il est aussi important de remarquer que seuls les moyens militaires - avions de transport capables de se poser sur des terrains de fortune, hélicoptères, navires hopitaux de campagne - trouvent ici toute sa justification.

Les Américains en leader. L'Europe paraît cependant un peu faiblarde par rapport aux Américains qui envoient massivement matériel et hommes. 300 médics sont partis, plusieurs avions de transport MC-130H Combat Talons et C-130E Hercules de la 1st Special Operations Wing sont sur place. 2.000 hommes du 22e corps expéditionnaire des marines sont attendus ainsi que 3.500 hommes de la
82e Airborne Division (100 sont arrivés jeudi, 800 autres suivent vendredi), 12.00 hommes sont placés en alerte. L'US Navy envoie un porte-avions (USS Carl Vinson), un navire hopital (USNS Comfort) et 3 navires amphibies, soit 2000 hommes, Etc...
Image-15.pngles hélicoptères des gardes-côtes américains étaient les premiers sur place pour rapatrier les blessés (crédit: Us Navy)

Mais où sont les battlegroups de l'UE ? Honnêtement ce serait une situation typique d'intervention du battle group : protection de certaines installations à risques, évacuation des ressortissants européens, soins, déploiement d'une unité de soins, transport et interventions dans des zones délicates... Simplement : ce type là d'intervention n'a pas été prévu. Alors je dirai : un peu de souplesse et d'audace, que diable ! Ce sont dans les situations exceptionnelles que l'on reconnaît les hommes et femmes d'action, pas dans les concepts conçus en chambre close. Il faudra d'ailleurs, un jour, oser revoir ce concept de battlegroup qui me semble, personnellement, un peu dépassé et pas assez modulaire.
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16 janvier 2010 6 16 /01 /janvier /2010 13:51
UnosatLogoCharteCatNat.jpgLe dernier rapport de l'UNOSAT est plutôt pessimiste sur Haïti. L'office satellitaire de l'organisation des Nations-Unies a établi plusieurs cartes notamment celles du regroupement spontané des victimes. Les ponts et les débris obstruant les routes ont été identifiés à partir des images GeoEye-1 acquises le 12 janvier 2010. Selon l'UNOSAT : "cette analyse préliminaire n'a pas été validée sur le terrain. Les dommages ont été probablement sous-estimés." Télécharger la carte

Selon l'analyse du centre de recherches de la Commission européenne (JRC) : "More than 4000 physical structures were destroyed or damaged in Port-au-Prince, Haïti, by the magnitude 7 earthquake that struck the country on 12 January 2010. About 2000 residential buildings have partially or totally collapsed and the same number of buildings shows severe damage. A number of critical infrastructures such as government buildings, educational structures and hospitals have collapsed or are severely damaged." (*)

(*) Je suis désolé de ne livrer qu'une version en anglais. Mais le commissaire Potocnik, chargé du dossier "Recherche" à la Commission, a décidé de ne communiquer qu'en anglais sur le séisme en Haïti (pays francophone cependant). Une version en français sera disponible lundi ou mardi ! m'a-t-on répondu.
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Amériques - Haïti
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16 janvier 2010 6 16 /01 /janvier /2010 12:50
La question se pose et m'a été posée. Pour ma part, je pense que donner aujourd'hui en situation d'urgence est sans doute un geste utile. Il faut le faire dans ce cas, non pas seulement à des organisations qui ont pignon sur rue, mais qui ont une grosse capacité d'intervention (avions, réseaux, télécommunications), et un ratio coût administratifs / capacité d'intervention le plus efficace possible. Ma préférence irait donc à des organisations type Médecins sans frontières, Action contre la Faim ou Caritas (selon les préférences) qui remplissent ce critère. Coté allemand, 10 organisations de charité les plus importantes ont centralisé leurs appels sur un seul site: www.aktion-Allemagne-hilft.de

Mais j'aurais envie d'ajouter : "gardez votre argent pour plus tard". C'est, en effet, passée la phase d'urgence, lors de la reconstruction, que l'on aura le plus besoin de contributions privées.
HaitiSeismeBatiment-Echo100113.jpg(Photo : ECHO/Vicente Raimund)

Remarque: Pourquoi ECHO ne recueillerait-il pas les dons privés ? La question peut se poser... pour l'avenir. En effet, l'Office européen d'aide humanitaire (ECHO), est - à mon sens - un des instruments les plus efficaces et les plus performants (1). Mais il n'est actuellement pas outillé pour recueillir les dons privés. Cette voie serait cependant justifiée à la fois d'un point de vue politique (on parle toujours de diminuer les ressources budgétaires publiques et de mêler les ressources publiques et privées) et pratique. ECHO a les capacités de répartir les fonds entre les organisations les plus rapides et conséquentes. Il suit régulièrement les travaux des ONGs, et peut sans doute mieux juger et apprécier que nous leur efficacité. Son ratio administratif-interventions est des plus faibles qui soit. Et ses agents - pour ceux que j'ai pu approché - ont à la fois une grande modestie, une bonne connaissance du terrain et un "sens du devoir" (sens qui n'est plus toujours aussi partagée au sein de la Commission européenne). Enfin, l'argent est sous contrôle : triple contrôle, interne (audit de la Commission), "policier" (l'Olaf, Office de lutte anti-fraude), parlementaire (Parlement européen). Cela offre quelques sérieuses garanties quant à des possibilités de fuite.

(1) Créé en 1992, de façon un peu improvisée, Echo s'est peu à peu structuré. Il est depuis 1996, une direction générale à part entière de la Commission européenne.
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Bruxelles2 en quelques mots

Derrière les murs, la politique (européenne) des affaires étrangères (PESC), de sécurité et de défense commune (PeSDC) est décryptée. Stratégie, politique, gestion de crises, industrie ou transport aérien militaire, surveillance maritime et protection civile...Missions militaires et civiles de l'UE (Bosnie-Herzégovine, Kosovo, Géorgie, Moldavie / Ukraine, Afghanistan, Irak, Palestine, Congo RDC, Guinée-Bissau, Haïti, Océan indien, Somalie, Tchad).

logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.