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1 décembre 2009 2 01 /12 /décembre /2009 12:30
Pour l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, j'ai eu l'occasion de discuter quelques minutes avec Giles Merritt. Britannique, ancien correspondant du Financial Times, il est aujourd’hui secrétaire général des Amis de l’Europe (Friends of Europe), un des thinks tanks (cercles de recherche) les plus en vue à Bruxelles, il est, sans doute, un des meilleurs connaisseurs du pouvoir européen. Une version raccourcie de cette interview est parue aujourd'hui dans Ouest-France (*), centrée davantage sur l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne et du nouveau pouvoir. Mais naturellement notre conversation a roulé également sur des sujets qui nous tiennent à coeur...

Haut représentant, service diplomatique, Commission européenne
dossiers prioritaires (Iran, Russie, Moyen-Orient, Afghanistan Europe de la Défense, Otan),
Catherine Ashton, Javier Solana

Avec le Traité de Lisbonne arrive un nouvel Haut représentant aux affaires étrangères, confié à une Britannique, Catherine Ashton. Une révolution ?

Non. Je ne crois pas qu’il faille espérer de grand changement rapidement. Son premier travail, et le plus difficile, sera de mettre en place, le service européen d’action extérieure. Ce que j’appelle plutôt le « service diplomatique européen », c’est plus compréhensible. C’est important, qu’à Londres et Paris, Foreign Office comme Quai d’Orsay, se livrent de plein cœur à la création de ce service, n'aient pas de réticences, ne mettent de freins ou de crocs-en-jambes, envoient leurs meilleurs éléments à Bruxelles. Il faudra regarder de près les noms des diplomates, prêtés ou transférés à Bruxelles. Sont-ce des responsables importants ou des légers. Quand les Français et les Britanniques se seront impliqués, les autres suivront. S’ils ne s’impliquent, c’est mort par avance. Il sera impossible à la Commission européenne de créer un service diplomatique tout seul.

Mort d'avance ! Vous êtes un peu rude. Il existe déjà les délégations de la Commission européenne ? Et puis il n'y a pas que les Français et les Britanniques

Non. Ce n’est pas le métier de la Commission européenne. Elle n'a pas l'expertise nécessaire. Les délégations sont plutôt – le meilleur mot qu’on puisse dire - légères. Certains fonctionnent très bien. D’autres sont de vrais désastres. En fait, les délégations ne sont pas des postes diplomatiques la plupart du temps, elles ont un rôle plutôt techniques, pour gérer les subventions mais surtout pour expliquer et appliquer la réglementation européenne (commerce, marché intérieur, concurrence…). Elles font un travail de juristes, pas de diplomates. Maintenant il y aura de vrais ambassades de l'UE. Pour cela, il faut une expertise un peu différente. Et cette expertise se trouve dans les Etats qui ont le meilleur réseau diplomatique.

A vous entendre, la création de ce service diplomatique va prendre beaucoup de temps et d'énergie ?

Oui. Il faut remanier les relations entre Commission européenne et Conseil, très compliqué, éviter les chausse-trappes avec les Etats membres. Le travail de lancement du service diplomatique ne laissera pas beaucoup de temps pour la création des politiques externes. Ça ne viendra que dans une deuxième phase. C'est pour cela que je pense qu'il ne faut pas attendre de grands changements ni de révolution de ce poste.

Et Ashton, personnellement, vous la connaissez ?

A peine. Je n’ai rien entendu contre. Mais j'ai surtout entendu très peu. Le dossier commerce extérieur – avec Doha en suspens, n’a pas été, ces derniers temps, un dossier vraiment très actif. Elle n’a pas de "track record". Elle n’a pas eu l’occasion de faire ses preuves. Elle l’a maintenant. Et très vite…

Vous ne semblez pas enthousiaste ?

Ce n'est pas une question d'être enthousiaste ou d'être sceptique. Il ne faut pas spéculer avant de l'avoir vu à l'oeuvre.


Quels seront ses dossiers prioritaires en matière de politique étrangère, ses dossiers tests ?

L’Iran, l'Afghanistan - avec les relations avec Washington - et le Moyen-Orient seront des dossiers tests. Bien que sur ce point, je crois que ce sera plutôt d'abord le travail de Van Rompuy car il y existe d'abord de sérieuses divergences entre Européens qu'il faut résoudre avant de pouvoir intervenir. Il y a aussi, et surtout la Russie. Solana avait tout à fait raison quand il disait que cette relation avait été négligée par l’Otan et aussi par l’UE. Nous avons toute une série de questions en jeu : l'énergie, la sécurité, avec également toute une région d’instabilité autour de l’Afghanistan, le Caucase, les ex-républiques soviétiques, jusqu'aux confins de la Chine. Cela ne peut pas être négligé.

Au niveau de l'Europe de la défense...

Les relations entre Europe de la défense et l’Otan ne peuvent pas non plus être laissées de coté. Il faut qu’elle s’y lance le plus vite possible. Si on les laisse de côté, ce dossier va pourrir. Et ils n'est pas très sain déjà.

La nouvelle Haute représentante aura un agenda chargé. N'est-ce pas trop pour une seule personne ?

Ça fait beaucoup effectivement. Car, à coté de tous les problèmes pratiques de ce nouveau service, il y a des dossiers très "live". Mais je pense qu’il y a des gens qualifiés, comme Robert Cooper (1) pour continuer à gérer tout çà. Ce que je ne comprends pas encore sera le rôle du Secrétaire général du Conseil, De Boissieu. Ça fait partie de la zone artistique dont je parlais tout à l’heure. Et De Boissieu est un... artiste à sa manière

Javier Solana s'en va discrètement. Comment l'avez-vous apprécié ?

Son grand atout est qu’il n’a pas commis d’erreur. Il aurait pu en commettre (des erreurs) qui auraient mis en difficulté l’idée de la politique commune dès le début. Il ne s’est pas permis cela. Il a été très prudent. Et du coup cela a permis de progresser. Je crois qu'Ashton continuera comme çà. Elle est entourée de la même équipe.


(1) Cooper est le directeur général de la DG E (relations extérieures) du Conseil. Il s'est notamment beaucoup impliqué dans le dossier iranien

Traité de Lisbonne, Nouvelles institutions, présidence fixe du Conseil européen, rôle renforcé du Parlement européen, intervention des parlements nationaux, nouveau centre du pouvoir, démocratie du consensus

Le traité de Lisbonne crée un poste permanent, de président pour le Conseil européen, confié pour 2 ans et demi au Premier Ministre Belge, Herman Van Rompuy. Comment voyez-vous son rôle ?

Il sera plutôt un chairman qu’un Président - au sens français du terme -, un conciliateur plutôt qu’une star. Il aura pour rôle d’être l’architecte du consensus, de l’Europe qui parle d’une seule voix, de créer cette parole européenne. Ce qui manque aujourd’hui. Il ne paraît pas question qu’il soit la voix lui-même. Il y a beaucoup de sujets où les Européens ont un avis divergent : l’environnement, la réglementation des marchés financiers, la question fiscale, l’avenir de l'Euro… De ce point de vue, Herman Van Rompuy est l’homme de la situation. Il a du caractère et une expérience assez étonnante en Belgique. Le nombre de dossiers où nous n’avons pas vraiment de politique et de position européennes est important. Van Rompuy a du « pain dans les planches ».

Ce ne sera donc pas vraiment le visage de l'Europe dans le monde

Personnellement, je voyais plutôt le président du Conseil européen comme un personnage, se baladant partout dans le monde - à Pékin, à New-York... - représentant et personnifiant l’Europe. Dans sa version actuelle, il sera beaucoup plus à Bruxelles ou dans les Etats membres, en essayant de concilier les différents points de vue. Ce qui, d'une certaine façon, est aussi nécessaire: on peut se demander à quoi cela sert-il effectivement d'aller représenter l'Europe si on n'a pas accord à 27 à affirmer. Cela aurait pu d'ailleurs être assez dangereux comme système.

Et la présidence des Conseils de ministres continue de tourner ?

Oui. Le traité de Lisbonne a prévu que la présidence des réunions de chefs de gouvernement et d’État soit permanente. Mais, sauf pour les Affaires étrangères, la présidence des conseils de ministres continue de changer tous les six mois. Ainsi, après la Suède aujourd’hui, l’Espagne prend la présidence en janvier. Ensuite ce sera la Belgique, au deuxième semestre 2010. Et ils pensent à une présidence très européenne. Ce sera alors, je pense, le vrai "test case" pour résoudre une question qui n'a pas encore été abordée : comment la présidence permanente va travailler avec les présidences tournantes ? Il reste toujours un flou artistique sur la répartition des pouvoirs...

Le Parlement est renforcé. Mais il n'a toujours pas le pouvoir d'initiative ?

Non. Et, pour le moment, on n’en prend pas le chemin. Car, pendant encore dix ans, nous serons en train de digérer Lisbonne, de créer de nouvelles relations, de nouveaux mécanismes, il n’est donc pas réaliste d’avoir de nouvelles modifications institutionnelles avant. Mais le Parlement européen devient un peu plus adulte: ce n'est pas vraiment les compétences qui s'ajoutent, on prête d'attention à certaines dispositions juridiques. Ce qu'il sera intéressant d'observer, sera de voir l’atmosphère dans les semaines à venir, pour l'audition et la confirmation des nouveaux commissaires. Est-ce que le Parlement européen sera difficile ou différent de ce qu’il a été dans le passé ?

Autre innovation, les Parlements nationaux auront aussi leur mot à dire ?

Je vois çà un peu avec un œil britannique (sourire). Je pense à Westminster (la Chambre des communes). Quand je vois que les députés britanniques ne savent rien de ce qui se passe à Bruxelles, je suis plutôt sceptique sur ce rôle des Parlements nationaux. D'un autre coté, il est indispensable que les élus nationaux se sentent un peu plus impliqués. Comment faire ? je n’ai pas d’idée. Il y a encore beaucoup de travail à faire pour que les Parlements nationaux jouent un rôle important.

Où sera alors le vrai pouvoir ?

C’est une très bonne question. Vous savez, comme souvent au niveau européen, il y a un certain flou artistique. Dans mon esprit, c’est aussi positif. On est loin du « Bruxelles impose », dénoncé par certains. Ce flou artistique permet de laisser une place à la discussion, à la négociation, pour permettre aux différents interlocuteurs d’être écoutés. Ce n’est pas la démocratie directe. C’est une forme de sensibilité politique qui équilibre le système de décisions. Ce que les Américains appellent check et balance (limitation des pouvoirs).

N’est-ce pas un peu anti-démocratique ?

Non. C’est une forme de démocratie. Ce n’est peut-être pas tout à fait le modèle républicain français ou fédéral allemand. C’est un modèle sui generis. D'un coté, on critique l'UE de n'être pas assez démocratique, de l'autre on lui reproche d'être lent et compliqué. Mais être à 27 et décider en démocratie est lent et compliqué. La recherche d’un consensus n’est pas forcément anti-démocratique. Au contraire…


Propos recueillis par Nicolas GROS-VERHEYDE.


(*) version disponible ici

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30 novembre 2009 1 30 /11 /novembre /2009 22:35
C'est par un simple message, un communiqué à la presse que Javier Solana, a clot son mandat de plus de 10 ans comme Haut représentant. Sans applaudissements inutiles, ni louange ou cérémonie de départ, l'ancien ministre des Affaires étrangères espagnol, et ancien secrétaire général de l'OTAN, s'efface au profit de la nouvelle Haute représentante, Catherine Ashton, à sa manière, discrètement... et efficacement.

Personnellement, je suis assez frappé du relatif silence qui entoure ce départ. Alors que pour n'importe quel évènement, chacun ne tarit pas d'éloge et s'empresse de tisser mille mots de remerciements, tout aussi plats l'un que l'autre, là rien ou presque rien. Les Chefs d'Etat et de gouvernement dont il a été un rouage indispensable à Bruxelles ne lui ont pas rendu jusqu'ici vraiment l'hommage qui lui était dû. Et les différents responsables européens - dont il a bien servi l'idéal en développant une politique étrangère et de sécurité à partir de rien ou peu de choses - n'ont pas été plus bavards. L'homme n'a cependant pas ménagé sa peine pour l'Europe. Et si, aujourd'hui, il y a tant soit peu une politique étrangère et de sécurité de l'UE, c'est en partie grâce à lui. Selon les comptes de son secrétariat, comme le rapporte La Vanguardia (1), « il a parcouru au moins 2,6 millions de kms et mené plus de 500 missions diplomatiques de par le monde ». L'homme vaut effectivement le détour. Et j'avais déjà pu dire ce que j'en pensais, il y a quelques mois, comment derrière un personnage, en apparence confus, pouvait se cacher un réel diplomate de passion (2).

Aussi je préfère lui laisser la parole (une fois n'est pas coutume ! -:)). Voici son message d'adieu envoyé à toute la presse à Bruxelles : « My mandate as EU High Representative for the Common Foreign and Security Policy comes to an end today. I want to thank everybody and in particular the press and media for the interest with which they have followed our work over the past decade. Over the last ten years, Europe has become a global player whose voice is heard on every continent. We have developed a foreign policy, with the structures and tools to underpin it. The European Union is working hard to make a difference to people's lives where its missions are deployed. The media have played a vital role in all this with its coverage of our activities and I know that they will continue to do so. »

Un dernier visiteur : le président de Serbie. Il n'est pas anodin non plus que le dernier visiteur qu'il ait reçu formellement dans son bureau ait été Boris Tadic, le président de la Serbie. A ce sujet, il a exprimé - non sans une certaine émotion - « à titre personnel, tout mon souhait pour que la Serbie soit très vite membre de la famille européenne. C'est une signification très profonde. Je ne crois pas que la mission de l'Europe sera remplie sans la Serbie. J'espère que l'accord de stabilisation et d'association sera pleinement mis en oeuvre au prochain Conseil (3). Et si c'est le cas, nous aurons alors, durant le mois de décembre, pour prendre une décision pour le processus d'adhésion de la Serbie (le statut de pays candidat) ». Quant à son successeur, Catherine Ashton, il lui souhaite « bon courage, félicitations, je n'ai rien à lui dire de plus publiquement. Nous nous sommes rencontrés plusieurs fois ces derniers jours. Et je ne crois pas qu'elle ait besoin vraiment de conseils » a-t-il ajouté élégamment.

Le président serbe a remercié Solana de toute son action « pour tout ce qu'il a fait pour l'intégration pour son pays et pour son esprit européen ». Ce genre de compliment, d'ordinaire très diplomatique, trouve toute sa saveur. Pour celui qui commandait, il y a dix ans, l'OTAN et était donc honni à Belgrade pour ses frappes aériennes sur la Serbie, on ne pouvait effectivement rêver meilleur hommage. Boris Tadic a également exprimé toute sa satisfaction après la décision prise (ce 30 novembre) de libéralisation de visas et exprimé également toute sa responsabilité et son « engagement pour la stabilisation de l'ensemble de la région » (notamment de la Bosnie-Herzégovine qui ne bénéficie pas de la même mesure).

(crédit photo : Conseil de l'UE. En haut : Javier Solana avec Zapatero, le Premier ministre espagnol, et Juncker, le Premier ministre luxembourgeois, au dernier sommet européen, le 19 novembre 2009. En bas : Javier Solana avec Boris Tadic)

(1) Entretien à télécharger

(2)
Lire : Portrait de Javier Solana - Entretien : "le temps où un pays seul pouvait résoudre une crise internationale est révolu" + biographie (mars 2009)

(3) Il était bloqué par les Pays-Bas car ce pays estimait - notamment en souvenir de son propre passé peu glorieux à Srebrenica - que la coopération avec le tribunal international de la Haye devait être impeccable.
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Défense UE (droit doctrine politique)
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30 novembre 2009 1 30 /11 /novembre /2009 11:49

November 29, 2009

 

EUROPEAN SECURITY TREATY

(Unofficial translation)

Draft

The Parties to this Treaty,

Desiring to promote their relations in the spirit of friendship and cooperation in conformity with international law,

Guided by the principles set forth in the Charter of the United Nations, Declaration on Principles of International Law concerning Friendly Relations and Cooperation among States in accordance with the Charter of the United Nations (1970), Helsinki Final Act of the Conference for Security and Cooperation in Europe (1975), as well as provisions of the Manila Declaration on the Peaceful Settlement of International Disputes (1982) and Charter for European Security (1999),

Reminding that the use of force or the threat of force against the territorial integrity or political independence of any state, or in any other way inconsistent with the goals and principles of the Charter of the United Nations  is inadmissible in their mutual relations, as well as international relations in general,

Acknowledging and supporting the role of the UN Security Council, which bears the primary responsibility for maintaining international peace and security,

Recognizing the need to join efforts in order to respond effectively to present-day security challenges and threats in the globalized and interdependent world,

Intending to build effective cooperation mechanisms that could be promptly activated with a view to solving issues or differences that might arise, addressing concerns and adequately responding to challenges and threats in the security sphere,

Have agreed as follows:

Article 1

According to the Treaty, the Parties shall cooperate with each other on the basis of the principles of indivisible, equal and undiminished security. Any security measures taken by a Party to the Treaty individually or together with other Parties, including in the framework of any international organization, military alliance or coalition, shall be implemented with due regard to security interests of all other Parties. The Parties shall act in accordance with the Treaty in order to give effect to these principles and to strengthen security of each other.

Article 2

1. A Party to the Treaty shall not undertake, participate in or support any actions or activities affecting significantly security of any other Party or Parties to the Treaty.

2. A Party to the Treaty which is a member of military alliances, coalitions or organizations shall seek to ensure that such alliances, coalitions or organizations observe principles set forth in the Charter of the United Nations, Declaration on Principles of International Law concerning Friendly Relations and Cooperation among States in accordance with the Charter of the United Nations, Helsinki Final Act, Charter for European Security and other documents adopted by the Organization for Security and Cooperation in Europe, as well as in Article1 of this Treaty, and that decisions taken in the framework of such alliances, coalitions or organizations do not affect significantly security of any Party or Parties to the Treaty.

3. A Party to the Treaty shall not allow the use of its territory and shall not use the territory of any other Party with the purpose of preparing or carrying out an armed attack against any other Party or Parties to the Treaty or any other actions affecting significantly security of any other Party or Parties to the Treaty.

Article 3

1. A Party to the Treaty shall be entitled to request, through diplomatic channels or the Depositary, any other Party to provide information on any significant legislative, administrative or organizational measures taken by that other Party, which, in the opinion of the Requesting Party, might affect its security.

2. Parties shall inform the Depositary of any requests under para.1 of this Article and of responses to them. The Depositary shall bring that information to the attention of the other Parties.

3. Nothing in this Article prevents the Parties from undertaking any other actions to ensure transparency and mutual trust in their relations.

Article 4

The following mechanism shall be established to address issues related to the substance of this Treaty, and to settle differences or disputes that might arise between the Parties in connection with its interpretation or application:

a) Consultations among the Parties;

b) Conference of the Parties;

c) Extraordinary Conference of the Parties.

Article 5

1. Should a Party to the Treaty determine that there exists a violation or a threat of violation of the Treaty by any other Party or Parties, or should it wish to raise with any other Party or Parties any issue relating to the substance of the Treaty and requiring, in its opinion, to be considered jointly, it may request consultations on the issue with the Party or Parties which, in its opinion, might be interested in such consultations. Information regarding such a request shall be brought by the Requesting Party to the attention of the Depositary which shall inform accordingly all other Parties.

2. Such consultations shall be held as soon as possible, but not later than (...)days from the date of receipt of the request by the relevant Party unless a later date is indicated in the request.

3. Any Party not invited to take part in the consultations shall be entitled to participate on its own initiative.

Article 6

1. Any participant to consultations held under Article5 of this Treaty shall be entitled, after having held the consultations, to propose the Depositary to convene the Conference of the Parties to consider the issue that was the subject of the consultations.

2. The Depositary shall convene the Conference of the Parties, provided that the relevant proposal is supported by not less than (two) Parties to the Treaty, within (...) days from the date of receipt of the relevant request.

3. The Conference of the Parties shall be effective if it is attended by at least two thirds of the Parties to the Treaty. Decisions of the Conference shall be taken by consensus and shall be binding.

4. The Conference of the Parties shall adopt its own rules of procedure.

Article 7

1. In case of an armed attack or a threat of such attack against a Party to the Treaty, immediate actions shall be undertaken in accordance with Article8(1) of the Treaty.

2. Without prejudice to the provisions of Article8 of the Treaty, every Party shall be entitled to consider an armed attack against any other Party an armed attack against itself. In exercising its right of self-defense under Article51 of the Charter of the United Nations, it shall be entitled to render the attacked Party, subject to its consent, the necessary assistance, including the military one, until the UN Security Council has taken measures necessary to maintain international peace and security. Information on measures taken by Parties to the Treaty in exercise of their right of self-defense shall be immediately reported to the UN Security Council.

Article 8

1. In cases provided for by Article7 of this Treaty, the Party which has been attacked or threatened with an armed attack shall bring that to the attention of the Depositary which shall immediately convene an Extraordinary Conference of the Parties to decide on necessary collective measures.

2. If the Party which became subject to an armed attack is not able to bring that to the attention of the Depositary, any other Party shall be entitled to request the Depositary to convene an Extraordinary Conference of the Parties, in which case the procedure provided for in Para.1 of this Article shall be applied.

3. The Extraordinary Conference of the Parties may decide to invite third states, international organizations or other concerned parties to take part in it.

4. The Extraordinary Conference of the Parties shall be effective if it is attended by at least four fifths of the Parties to the Treaty. Decisions of the Extraordinary Conference of the Parties shall be taken by unanimous vote and shall be binding. If an armed attack is carried out by, or a threat of such attack originates from a Party to the Treaty, the vote of that Party shall not be included in the total number of votes of the Parties in adopting a decision.

The Extraordinary Conference of the Parties shall adopt its own rules of procedure.

Article 9

1. This Treaty shall not affect and shall not be interpreted as affecting the primary responsibility of the UN Security Council for maintaining international peace and security, as well as rights and obligations of the Parties under the Charter of the United Nations.

2. The Parties to the Treaty reaffirm that their obligations under other international agreements in the area of security, which are in effect on the date of signing of this Treaty are not incompatible with the Treaty.

3. The Parties to the Treaty shall not assume international obligations incompatible with the Treaty.

4. This Treaty shall not affect the right of any Party to neutrality.

Article 10

This Treaty shall be open for signature by all States of the Euro-Atlantic and Eurasian space from Vancouver to Vladivostok as well as by the following international organizations: the European Union, Organization for Security and Cooperation in Europe, Collective Security Treaty Organization, North Atlantic Treaty Organization and Community of Independent States in … from … to ….

Article 11

1. This Treaty shall be subject to ratification by the signatory States and to approval or adoption by the signatory international organizations. The relevant notifications shall be deposited with the government of ... which shall be the Depositary.

2. In its notification of the adoption or approval of this Treaty, an international organization shall outline its sphere of competence regarding issues covered by the Treaty.

It shall immediately inform the Depositary of any relevant changes in its sphere of competence.

3. States mentioned in Article10 of this Treaty which did not sign the Treaty during the period indicated in that Article may accede to this Treaty by depositing the relevant notification with the Depositary.

Article 12

This Treaty shall enter into force ten days after the deposit of the twenty fifth notification with the Depositary in accordance with Article11 of the Treaty.

For each State or international organization which ratifies, adopts or approves this Treaty or accedes to it after the deposit of the twenty fifth notification of ratification, adoption, approval or accession with the Depositary, the Treaty shall enter into force on the tenth day after the deposit by such State or organization of the relevant notification with the Depositary.

Article 13

Any State or international organization may accede to this Treaty after its entry into force, subject to the consent of all Parties to this Treaty, by depositing the relevant notification with the Depositary.

For an acceding State or international organization, this Treaty shall enter into force 180 days after the deposit of the instrument of accession with the Depositary, provided that during the said period no Party notifies the Depositary in writing of its objections against such accession.

Article 14

Each Party shall have the right to withdraw from this Treaty should it determine that extraordinary circumstances pertaining to the substance of the Treaty have endangered its supreme interests. The Party intending to withdraw from the Treaty shall notify the Depositary of such intention at least (...) days in advance of the planned withdrawal. The notification shall include a statement of extraordinary circumstances endangering, in the opinion of that Party, its supreme interests.

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30 novembre 2009 1 30 /11 /novembre /2009 05:45
Comme annoncé vendredi par José-Manuel Barroso président de la Commission européenne, Rumiana Jeleva aura en charge le portefeuille de "la Coopération internationale, l'aide humanitaire et de la réponse de crises", un portefeuille qui correspond à la gestion de crises que nous appellions de nos voeux (1). Il regroupe l'Aide humanitaire (DG Echo) - qui était dans la dernière commission cogérée avec le Développement - et le nouveau poste de la Protection civile - découlant de la nouvelle compétence créée du Traité de Lisbonne - (l'unité qui s'occupait de cette question et qui était logée dans la DG Environnement va être intégrée dans la DG Echo). Il fait partie avec l'Elargissement et le Développement du groupe de commissaires "Relations extérieures" coordonné par la Haute représentante, C. Ashton.

Sans être d'une importance primordiale, ce portefeuille a une haute valeur médiatique (il faut se rappeler comment l'Italienne Bonino avait su lui donner un certain lustre). Jeleva - si elle y prête un peu d'attention - peut devenir ainsi rapidement une des commissaires les plus connues.

Née en 1969 (le 18 avril), à Nova Zagora, une ville du sud de la Bulgarie, Rumiana Jeleva a suivi ses études à Burgas (dans la High School de langue allemande qu'elle termine en 1988) puis à l'université de Sofia en pédagogie sociale et sociologie (1994 et 1995). Elle complète cette formation par des cours en sociologie industrielle et économie à l'universite de Bielefeld et l'université libre de Berlin (1994, 2000-2001), et finit par un PhD obtenu en 2003 à l'université Otto von Guericke de Magdebourg (Allemagne), thème de sa thèse :
«Socio-Interpretative Models of Entrepreneurs in the Economics of Transition». Tout en travaillant. "Je travaille depuis l'âge de 15 ans" a-t-elle confié à des journalistes bulgares.

Chercheuse associée à l'université de Sofia en sociologie, au laboratoire "sociologie du Travail et politique sociale (2005), elle gère également l'ONG "New Social Practices" chargé de développer des projets sociaux (2004-2007) et une société de consultance, spécialisée en matière sociale "Global Consult Ltd" (2006-2007). A ce titre, elle participe à plusieurs projets du PNUD et de Phare sur le développement d'initiatives sur le marché du travail, l'inclusion sociale et la jeunesse. Elle a occupé également plusieurs postes dans des conseils d'administration ou de surveillance : au fonds national d'investissement "Labor" (1995-1998), à la société Plastimo JSC de Samokov (1997-1998) et Eztour JSC de Pravets (1997-1998),

Elue en 2007 au Parlement européen, sur la liste du Parti conservateur GERB, elle siège à la commission du Développement régional (suppléant à la commission de l'Emploi).
Elle est notamment rapporteur du PE sur la convention des Nations-Unies sur les handicapés et de la task-force sur le travail non déclaré. Réélue en 1999, elle choisit la commission des affaires étrangères. Pas pour longtemps. En juillet 2009, elle est nommée Ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement de Boyko Borisov (GERB) et retourne à Sofia. Pas diplomate au départ, elle s'y est fait. « C’est vrai. Ce n’est pas facile. » confie-t-elle dans une interview au quotidien bulgare Troud. « Il est vrai que j’étais beaucoup plus active dans les milieux universitaires et dans les projets internationaux financés par l’ONU, la Banque Mondiale ou l’Union européenne, que je ne le suis dans les milieux politiques. Cette expérience professionnelle, ma très forte intuition (qui ne me trompe jamais) et mon éducation sont trois éléments sur lesquels je me fonde. »

A l'automne 2009, rapidement son nom apparaît pour remplacer à la Commission européenne, Kuneva. Au départ, elle visait plutôt le poste "Elargissement et politique du voisinage". « Pour moi, tous les domaines ne se valent pas. Je ne serai donc pas commissaire européen à tout prix », avait-elle déclaré début novembre. « Cela coïncide avec les intérêts nationaux de la Bulgarie – il est important pour nous que dans la région des Balkans et de la Mer Noire soit une région de sécurité et prospérité. »  expliquait-elle dans une interview dans le quotidien "24 Tchassa". Il semblait cependant délicat de confier ce poste à une Bulgare en raison des difficultés possibles sur certains dossiers "Balkans" notamment avec la Macédoine et de possibles conflit d'intérêt.

(1) Lire Un Commissaire européen chargé de la gestion de crises ? Une idée à creuser

(crédit photo : facebook de Jeleva)
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Secours - Sécurité Civile
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29 novembre 2009 7 29 /11 /novembre /2009 23:55

Le ministre de la Défense grec, Evangelos Vénizélos, a annoncé, la semaine dernière, vouloir explorer une nouvelle philosophie dans les relations greco-turques, en reconnaissant notamment que la Grèce ne devrait, ni s’attendre, ni se préparer à une guerre généralisée avec la Turquie mais à des crises militaires de courte durée, susceptibles d’être exploitées sur le plan diplomatique ultérieurement.

Lors d'une réunion avec la commission parlementaire des Affaires étrangères et de la Défense, jeudi à Athènes, il a ainsi estimé que les violations de la chasse turque au-dessus de la mer Egée (ou du moins ce que la Grèce considère comme des violations de son territoire) ne sont « rien d’autre que des pressions politiques, visant à conduire la Grèce à la table des négociations diplomatiques, dans des conditions plus difficiles pour elle ». Pour le ministre, si la Grèce s’attendait à une guerre généralisée, cela signifierait, en fait, remettre en question l’ensemble des relations internationales et ses alliances (*).

Une volonté de détente avec les voisins. De façon plus générale, le Pasok - qui gouverne désormais en Grèce - semble vouloir ainsi enclencher un nouveau climat plus détendu avec ses voisins. En témoigne également la tentative de régler, enfin, de façon définitive, la question du nom de la république voisine de Macédoine issue de l'ex-Yougoslavie. Contentieux qui bloque l'adhésion de ce pays à l'OTAN comme les négociations vers l'adhésion à l'UE.

Un pays qui vit au-dessus de ses moyens. Il y a aussi des nécessités très terre-à-terre, bien économiques à cette révision géostratégique. Avec 2,8% du PIB consacrés aux dépenses militaires, la Grèce a un des plus forts taux de dépense du continent devant la Bulgarie (2,6%), la France (2,3%), le Royaume-Uni (2,2%) (**). Et les dépenses ont fait un bond de 11% entre 2007 et 2008. Mais le déficit public a atteint, lui aussi, un record : près de 13% selon le gouvernement. Et cela nécessite des mesures drastiques. Il paraît ainsi certain que certaines dépenses militaires et, particulièrement, certains engagements d'équipement devront être réexaminées.

Une politique d'achats revue. On comprend ainsi la prudence avec laquelle le ministre de la défense grec a répondu à son homologue français, Hervé Morin qui lui rendait visite, lundi 23 novembre. La France est, en effet, en première ligne pour plusieurs équipements grecs lancés par l'ancien gouvernement (lire : La Grèce fait son marché en France (mais pas de Rafale?). Concernant les frégates, Vénizélos a expliqué sa volonté de continuer les négociations pour une "aussi grande implication grecque que possible dans le transfert de technologie et la meilleure valeur ajoutée grecque » Autrement dit de meilleurs contreparties pour la Grèce. Concernant les hélicoptères NH-90 et Puma, il y a encore nécessité de « recherche de solutions communes » ; aux Français de régler les problèmes qui surgissent sur le NH90, ce qui permettra d'avancer sur le Puma. Quant à l'achat d'avions de chasse, cela semble plutôt mal parti pour le Rafale. Et les déclarations du ministre sur la Turquie laissent plutôt entendre que la Grèce veut mettre une pédale douce sur ce type d'achat. 

(*) On a l'impression que le commentaire écrit il y a 50 ans et que vient de republier Ekathimerini reste en partie toujours vrai : «On paper, both Greek and Turkish military units constitute half of NATO’s land forces. The Turks have 20 divisions and the Greeks 12 in NATO but, in both countries, the greatest proportion of their military is concerned with domestic security and is not available to NATO. The size of the area being defended is out of proportion. Greek and Turkish forces could play a decisive role in the event of any local dispute but would not be capable of acting as a deterrent to a powerful aggressor or keep it at bay for any length of time » écrivait Michalis Katsigeras en... 1959 !

(**) Source : OTAN, dépenses 2008

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29 novembre 2009 7 29 /11 /novembre /2009 18:25
C'est le premier acte du premier président permanent du Conseil européen, Herman Van Rompuy: signer le règlement du Conseil européen, qui doit être publié au Journal officiel, dès le 1er décembre (date d'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne). Voici quelques unes des dispositions.

Où se déroulent les réunions et à quel rythme ? Par rapport au dispositif existant, il n'y a pas de nouveautés fondamentales. Il y aura 2 réunions du Conseil européen par semestre (par présidence tournante) et, au besoin, des réunions extraordinaires. Mais ces réunions seront convoquées - et la date choisie - par le président du Conseil européen (en liaison avec la présidence tournante (1)). Les réunions ont toujours lieu « à Bruxelles », même pour les conseils exceptionnels. Et il faudra « l'unanimité des Etats membres » pour qu'un autre lieu de réunion soit décidé (en Coreper ou en Conseil des Affaires générales).

Comment se prépare une réunion ? Des réunions de coordination ont lieu régulièrement avec le président du Conseil (chef du gouvernement ou d'Etat de la présidence tournante) et le président de la Commission européenne. Un conseil des Affaires générales se tient dans les 5 jours avant un sommet européen pour arrêter l'ordre du jour provisoire (définitif). Point intéressant : à partir de ce moment, « excepté pour des raisons impératives et imprévisibles liées, par exemple, à l'actualité internationale, aucune autre formation du Conseil ou instance préparatoire ne peut débattre un sujet soumis au Conseil européen. »

Comment se déroule le Conseil ? Chaque délégation est autorisée à faire entrer dans les bâtiments du Conseil européen
20 personnes (pas plus). Pas plus (hormis les services de sécurité). Le chiffre pour la Haute représentante doit encore être précisée. Autour de la table du Conseil européen ne siègent normalement que les chefs d'Etat et de gouvernement, le président de la Commission européenne et le Haut représentant à la politique étrangère. Mais « lorsque l'ordre du jour l'exige, les membres du Conseil européen peuvent décider d'être assistés chacun par un ministre » (un commissaire pour le Président de la Commission). C'est le chef d'Etat ou de gouvernement de la présidence tournante qui ouvre les travaux en venant « rend(re) compte au Conseil européen des travaux du Conseil ». Mais c'est le président du Conseil européen qui assure la présidence de la réunion: donne la parole, organise les travaux, clot ou ouvre un point de l'ordre du jour...

Comment sont prises les décisions ? Les décisions sont prises "par consensus", sauf exception "dans les cas où les traités en disposent autrement". Dans ce cas, le vote a lieu à l'initiative du Président (ou si celui-ci est saisi par la majorité des membres du Conseil). Il y a un quorum minimum pour le vote - "la présence des deux tiers des membres du Conseil européen est requise". Le président du Conseil européen et celui de la Commission ne prennent pas part au vote. A noter que "les décisions de procédure sont adoptées à la majorité simple". En cas de nécessité - "affaire urgente" - il peut y avoir un vote par écrit (si tous les membres du Conseil l'acceptent).

La langue de travail ? Il n'y a pas de langue de travail. C'est le régime linguistique ordinaire qui s'applique (toutes les langues de l'UE). « Sauf décision contraire prise par le Conseil européen à l'unanimité et motivée par l'urgence, le Conseil européen ne délibère et ne décide que sur la base de documents et projets établis dans les langues prévues par le régime linguistique en vigueur. » Un membre du Conseil européen « peut s'opposer au délibéré » si le texte des amendements n'est pas établi dans ces langues.

Les délibérations publiques ? Eh non...
« Les réunions du Conseil européen ne sont pas publiques. » Même pour les résulats d'un vote, seul le Conseil européen « peut décider (...) de rendre publics les résultats des votes, ainsi que les déclarations inscrites à son procès-verbal », ainsi que les « explications de vote ». Mieux. le "secret professionnel" est de règle. « Les délibérations du Conseil européen relèvent du secret professionnel, pour autant que le Conseil européen n'en décide pas autrement.» Seules les règles habituelle de l'accès du public aux documents est d'application. Nouveauté : les décisions du Conseil européen seront publiées au JO.

Quel rôle a le Parlement européen ? Le président du Parlement européen n'assiste pas au Conseil. Il « peut » simplement être invité si les membres du Conseil sont d'accord. En revanche, le président du Conseil européen vient « après chaque Conseil rendre compte » de la réunion. C'est une obligation. Quant à la présidence tournante, elle continue de venir présenter au Parlement européen ses "priorités" et "les résultats atteints pendant le semestre".

Les réunions avec les Etats tiers : au compte-goutte ? Les rencontres en marge de la réunion du Conseil européen avec des représentants d'États tiers ou d'organisations internationales ou d'autres personnalités « ne peuvent se tenir qu'à titre exceptionnel et après accord préalable du Conseil européen statuant à l'unanimité, à l'initiative du Président du Conseil européen ».

L'administration du Conseil européen ? C'est le secrétaire général du Conseil qui assure l'administration (budget, secrétariat, sécurité, procès-verbal des réunions...) du Président du Conseil européen

Et si le président est malade ? En cas d'empêchement (maladie, démission...), c'est le chef de gouvernement ou d'Etat du pays qui assure la présidence tournante qui remplace le président du Conseil européen.

Où écrire au président ? Last but not least, l'adresse du président a été précisée : Conseil européen, Rue de la Loi 175, B-1048 Bruxelles (la même adresse que le Conseil).

Pour télécharger le règlement du Conseil européen (nouveau)

(1)
Contrairement à ce que certains commentateurs zélés de la Constitution européenne avaient, un peu hâtivement, affirmé, la présidence tournante continue, en effet, d'exister pour toutes les autres formations du Conseil des ministres de l'UE - excepté pour les Affaires étrangères - lire les changement institutionnels. Télécharger la liste des présidences tournantes et la manière dont est répartie la présidence des groupe de travail (mise à jour).
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29 novembre 2009 7 29 /11 /novembre /2009 17:30
Un thînier espagnol - l'Ortube Berria - qui pêchait au large des Seychelles (à 230 miles à l'ouest de Mahé l'ile principale des Seychelles et à hauteur de Mombasa, Kenya), a été victime d'une attaque de pirates vers 4h40 (heure zoulou, 8h40 locales) dimanche matin.  C'est le navire de pêche qui naviguait à proximité, Intertuna III, qui a informé le centre de surveillance maritime des opérations de pêche espagnol ( Centro de Operaciones de Vigilancia Marítima ou COViM).

La dizaine de pirates montés à bord de deux skiffs de couleur blanche a mené l'attaque, durant plus de 30 minutes, utilisant des armes et une grenade de RPG. L'équipe de sécurité privée à bord a répliqué, faisant usage de leurs armes, a confirmé le Ministère de la défense espagnole. Aucun dommage n'a été subi par le navire et l'équipage est sain et sauf.

Un des avions de patrouille maritime de l'opération européenne anti-piraterie, basé aux Seychelles, a survolé la zone. Et le commandant de l'opération Atalanta a demandé à la frégate portugaise "Alvarez Cabral", qui faisait partie de la flotte de l'OTAN,
de sécuriser la zone. La frégate espagnole Canarias se trouvait à plus de 600 miles du lieu de l'attaque, précise-t-on du coté espagnol (NB : elle remonte normalement vers l'Espagne ayant terminé sa mission).
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29 novembre 2009 7 29 /11 /novembre /2009 00:00

Depuis les presque 30 années qu'il siège au Parlement européen, Elmar Brok (CDU) est une des références pour qui s'intéresse un peu à la politique étrangère européenne. Membre du Parlement depuis 1980, Elmar Brok a été de tous les débats. Il a été présent à toutes les conférences intergouvernementales qui ont permis d'élaborer les traités successivement de Maastricht, Amsterdam, Nice puis la Constitution européenne (il était membre de la Convention qui élabora ce texte). De 1999 à 2007, il fut le président de la Commission des Affaires étrangères du Parlement européen. Il est toujours le porte-parole sur ce sujet des chrétiens-démocrates du PPE (le plus grand groupe du Parlement européen). Donc, quand il exprime une opinion, des doutes, un silence, une approbation, cela mérite d'être écouter attentivement. 

Dans l'entretien que nous avons eu, si Elmar Brok reste très prudent et ne veut pas porter de jugement préconçu sur la nouvelle Haute représentante, Catherine Ashton. Mais on sent, pour le moins un manque d'enthousiasme, voire un certain sceptiscime. Le mot "inexpérimenté" est celui qui revient le plus souvent dans sa bouche. Voici ces propos quasi in extenso.

Catherine Ashton : son inexpérience est une interrogation... « C'est une vraie surprise. Catherine Ashton n'a pas d'expérience dans la politique. Une telle surprise que personne n'avait, jusqu'à peu, cité son nom". Pour autant, il ne veut pas préjuger. « Nous allons voir lors de l'audition, au Parlement européen, si elle est vraiment qualifiée pour le job. Nous avons un premier échange de vues cette semaine (le 2 décembre). Nous avons quelques doutes. Et c'est normal : elle n'a aucune expérience. C'est le point principal (de nos interrogations). On ne sait rien d'elle. On veut donc savoir où elle veut aller, ce qu'elle veut pousser. »

Sur le fond, Brok voit deux questions principales qui permettront de savoir si elle sera une "bonne" Haute représentante : « 1. Est-elle pour la politique étrangère dans son intégralité ? 2. Dans quelle voie veut-elle construire le service extérieur ? ».  Parmi les deux-trois dossiers prioritaires, Brok estime qu'il y a : « la Russie, le partenariat oriental, l'Iran ».

Sur la charge de travail que représente le poste (regrouper la charge de Haut représentant, commissaire et président du Conseil des Ministres des Affaires étrangères, cela peut sembler beaucoup pour une seule personne), Brok exprime un sentiment pour le moins. « Non, ce n'est pas de trop. C'est une nécessité pour la politique étrangère de l'UE, d'avoir une seule personne qui coordonne la politique, un seul numéro à qui téléphoner... »

La commissaire ne doit pas être aux ordres de Londres. Le fait qu'elle soit britannique n'influe, selon l'eurodéputé, dans aucun sens, ni positif ni négatif, même si une certaine crainte se ressent. « La nouvelle Haute représentante doit particulièrement exprimer ces vues : comment construire une politique de défense stratégique et cohérente au niveau de l'Union et construire notre propre identité en matière de politique étrangère ? »

De façon très nette, Elmar Brok demande tout de même à la nouvelle Haute représentante : « de prouver qu'elle n'est pas simplement là pour retranscrire les positions du Foreign office ». Et il ne mâche pas ses mots sur le fait qu'en tant que commissaire au Commerce, elle ait dérogé à la règle que le chef de cabinet soit d'une nationalité différente de celle du commissaire : « Ce n'est pas acceptable. Il ne peut pas y avoir un chef de cabinet et un directeur du service extérieur de la même nationalité que le commissaire » (*).

Prouver qu'il n'y a pas de corruption possible. Quant aux allégations qui remontent aux années 1970 sur le rôle joué par Catherine Ashton dans la gestion du CND (collectif pour le désarmement nucléaire qui, selon le député de l'UKIP Batten, aurait reçu des fonds de l'URSS **), Elmar Brok n'entend pas tomber dans le piège du populisme et mélanger les genres. Pour lui, cependant c'est clair : « Si elle a approuvé ces fonds, dans une relation personnelle avec l'URSS, c'est peut-être délicat. Et nous devons vérifier qu'il n'y a pas ou n'y aura pas possibilité de corruption. (A Ashton) de nous donner des éléments d'appréciation pour ceci ».


(*) Julian King, l'ancien ambassadeur britannique au COPS, le comité politique et de sécurité, avait été aussi le chef de cabinet de Mandelson et a continué avec C. Ashton. Il n'a quitté la Commission qu'il y a quelques semaines, prenant ses fonctions d'ambassadeur Uk en Irlande, et a été remplacé par James Morisson (pas la pop star !). Il est parti depuis si peu de temps qu'il figure d'ailleurs toujours sur la photo de groupe diffusée sur le site de la Commission européenne à la page du cabinet Ashton. Quant au directeur de la DG relations extérieures, c'est actuellement le Portugais Joao Vale de Almeida, un haut fonctionnaire excellent qui a surtout été, durant ces cinq dernières années, le directeur de cabinet de José-Manuel Barroso. Ce ne sera pas lui faire injure de dire que c'est un moyen pour le président de la Commission de garder ainsi la haute main sur la politique et un contrôle étroit sur l'action de son nouveau commissaire.

 

(**) Gérard Batten (UKIP parti qui milite pour le départ du Royaume-Uni de l'UE) mène une campagne active contre la nouvelle commissaire. Il a ainsi envoyé une lettre à JM Barroso et à tous les députés. Lettre dont nous avons eu copie :

« Dear Mr Barroso,
I was unable able to ask you a question today in the chamber. I would therefore like to make you acquainted with certain facts and ask you three questions.Baroness Ashton was Treasurer for the Campaign for Nuclear Disarmament (CND), 1980-1982. CND was notoriously secretive about its sources of funding and did not submit its accounts to independent audit; however, after public pressure they were audited for the first time in 1982-1983 (Godfrey Lord & Co). It was found that 38% of their annual income (£176,197) could not be traced back to the original donors.  The person responsible for this part of CND fund-raising, from anonymous donors, was Will Howard, a member of the Communist Party of Great Britain.
The Russian dissident and internationally respected figure Vladimir Bukovsky, has shown from his research that the nuclear disarmament campaigns across Europe were largely funded by the Soviet bloc. Mr Bukovsky has proven with hundreds of top secret documents from Soviet archives that the worldwide disarmament campaign in the 1980s was covertly orchestrated from Moscow. The money was channelled through communist parties or other pro-Soviet organisations and individuals.
If therefore seems very likely that the unidentified income came from the Soviet bloc.
If Baroness Ashton did not know where the unidentified income came from she was incompetent. If she did not ask where it came from she was negligent.  If she did know that it came from the Soviet block then she knowingly accepted money from a hostile foreign power in order to undermine Britain's and NATO's defence policies.
Anyone who was compromised by the Soviet Union in the 1980s remains compromised by the Russian Federation.
In the light of these facts, my questions are:
1) Do you still believe that she is a fit and proper person to be in charge of the EU's (and Britain's) Foreign and Security Policy
2) Do you intend to investigate these claims further? If not, why not
3) The answer to the second question is 'Yes' would you like me to supply you with the contact details of Mr Bukovsky, and others, who can give you more detailed information about this matter? »

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28 novembre 2009 6 28 /11 /novembre /2009 17:49
Les forces armées des Seychelles ont présenté, cette semaine, la nouvelle unité - dénommée "Tazar" spécialement dédiée à la lutte - et de protection du territoire. Décidée en juin, cette création s'intègre dans une restructuration de plus grande ampleur de modernisation des forces seychelloises et des gardes-côtes de l'archipel. Les hommes de cette unité ont d'ailleurs suivi des entraînements de commando, de protection des personnalités VIP, anti-terroristes ou d'opérations spéciales maritimes, rapporte la presse seychelloise. Certains d'entre eux reviennent tout juste d'un entraînement spécial avec les forces indiennes (y participaient coté indien le 4e régiment de Gurkhas spécialisées dans le contre-terrorisme et les forces spéciales du régiment parachutiste). L'armée indienne est depuis longtemps étroitement associée à la mise sur pied des forces seychelloises. A la présentation aux armes, le haut commissaire indien, Asit Kumar Nag, ainsi que des officiers de l'armée indienne étaient présentes, et des officiers français (NB : un officier français participe régulièrement aux travaux du comité de haut niveau de lutte contre la piraterie des Seychelles, et certaines formations ont été dispensées par les officiers français).
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27 novembre 2009 5 27 /11 /novembre /2009 17:19
Le navire grec, Adrias (F-459), participant à l'opération européenne anti-piraterie a arrêté un groupe de pirates, le 25 novembre, à environ 260 miles nautiques, au nord-est des Seychelles. Ceux-ci sont fortement soupçonnés d'avoir mené l'attaque contre un cargo battant pavillon français, la veille. Celui-ci n'avait dû de n'être pas capturé à la présence à bord d'une équipe de protection embarquée, qui avait dû faire des tirs d'avertissement pour éloigner les attaquants. L'avion de patrouille maritime basé aux Seychelles était arrivé rapidement sur zone, pour retrouver la trace des pirates et avait reperé un bateau-mère. Sur ces indications, la frégate Arias s'était alors rendue sur place pour intercepter le groupe concerné.

Les Grecs ont ainsi trouvé 2 bateaux et 9 personnes à bord, ainsi que tout l'attirail habituel des pirates (armes, échelles...). Le matériel a été saisi. Aucune preuve de la relation avec l'attaque ne pouvant être dûment fournie (les Européens veulent étendre le mandat d'Atalanta de saisine des pirates inclus en cas d'intention, lire modifications), les pirates ont été relâchés. Un des bateaux pirates a été détruit. Il faut remarquer que les suspects arrêtés n'entraient pas de plein pied dans les clauses de l'accord avec les Seychelles (sur le transfert des pirates) : pas de relations directe avec l'archipel (localisation, bateau ou marin ou intérêt seychellois directement menacé).

(crédit photo : marine grecque, archives)
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logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.