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29 juillet 2010 4 29 /07 /juillet /2010 13:25

 DistribKapisa-Us091212.jpgAmaury de Feligonde vient de passer un an en Kapisa et Surobi (zones où sont implantées les troupes françaises) en qualité de chef de projet au sein de la Cellule Interministérielle Afghanistan Pakistan. De retour en France, il livre "à titre personnel" ses observations dans un "Focus stratégique" de l'IFRI (L'Institut français des relations internationales), notamment sur le rôle des PRT - Provincial Reconstruction Teams - et sur l'effet de l'aide civile. Son analyse est intéressante, car à l'aide de concepts plus historiques ou théoriques (notamment Lyautey qui demeure sa référence constante), il dresse aussi un portrait de l'aide civilo-militaire ou internationale, par le petit bout de la lorgnette, très concret, qui mérite une attention car elle corrobore certaines analyses plus globales qui font de l'Afghanistan un exemple de déperdition d'énergie et d'argent. Voici donc quelques éléments de la lecture de cette note.


Les errements de l'aide internationale


L'aide, un "vrai boulet", parfois, et autres errements.

La capacité d'absorption des populations est "souvent très faible" surtout dans les zones rurales. Et l'aide peut même devenir un "boulet" parfois car elle introduit certains "déséquilibres" dans la société afghane (augmentation brutale de certains salaires et prix, concurrence déloyale de produits distribués gratuitement...), sans compter les risques de racket ou d'attaques (il cite notamment le cas de la constru ction de routes par la PRT américaine en Kapisa).

 L'étude dénonce "deux errements (qui) ont la vie dure" : la volonté de créer à tout prix des unités industrielles - "une simple vue de l'esprit le plus souvent" - et les subventions pour favoriser les exportations - "sans succès" (et le mot est faible...).


Le phénomène des 'coquilles vides' et des "commandants-entrepreneurs".

La tendance internationale à plaquer "de façon artificielle" sur l'existant des structures "manquant de légitimité" est faillible. L'auteur dénonce ainsi certaines structures de représentation de la population mises en place par la communauté internationale comme quelques Conseils de développement communautaire (CDC) créés par la Banque mondiale, qui sont "des 'coquilles vides' mises en place par les puissants (commandants, maleks) pour capter la rente" des programmes internationaux". 

Le risque est aussi de "renforcer certaines figures locales, parfois peu recommandables", ce qu'il appelle "le commandant entrepreneur" : par exemple, un commandant moudjahidin, du parti Jamaat-e-Islami, issu d'une des 4 vallées principales du district de Surobi, qui "bien connecté à un député local, tente de faire pression sur les opérateurs de projets, y compris par la menace, afin que son entreprise de travaux nouvellement créée puisse bénéficier de contrats".


EcoleParmakhan-Us10.jpg

Difficile de disting uer le civil de l'insurgé.

  Dans les faits, il est souvent "difficile, sinon impossible d'établir une distinction entre les 'gentils' et les 'méchants' " (positive et negative influencers dans la terminologie internationale). En Kapisa, ainsi, "Les insurgés sont, dans leur immense majorité, issus de la population locale, à la culture guerrière bien ancrée", rapporte Amaury de Feligonde. "Il ne peut donc être question de 'séparer' civils et insurgés". Autrement dit, il faut faire avec ce que l'on a...


Quand le "reporting" tue les projets.

La mise en oeuvre concrète des projets sur le terrain devrait "être la priorité absolue des chefs de projets". Mais "dans le monde très normé de l'OTAN", l'auteur a "vu nombre de chefs de projets placés dans la chaîne de commandement FIAS (IFAS) n'ayant pas le temps de rentrer dans le détail de leurs projets, car littéralement submergés par les réunions, vidéo-conférences et comptes rendus écrits incessants exigés par cette structure". Le "reporting" ayant été élevé au rang d'objectif principal parfois afin de lutter contre la corruption.


Le syndrome "Fobbit".

 L'auteur remarque que certaines PRT insérées au sein d'unités de combat sont "largement coupées des communautés locales et de la population et manifestent souvent le syndrome 'Fobbit' (de l'acronyme FOB - bases opérationnelles avancées - qui conduit à vivre dans un camp retranché à l'intérieur des bases).


Quelques sol utions plus iconoclastes !

Délaissant le constat uniquement critique, l'auteur avance certaines pistes de solutions, dont certaines vont à l'inverse de la tendance actuelle.


Des équipes à la sécurité réduite

Il préconise ainsi une "organisation souple, aussi peu bureaucratique que possible" des équipes de projets, "mobiles, flexibles, capables de se déplacer sur zone en se passant des dispositifs de sécurité exigés habituellement". Il faut aussi des "circuits de décision simplifiés", avec pratique des "contrats cadre et appels d'offre simplifiés" (NB : une dernière exigence que l'on retrouve également dans les missions de PeSDC et qui devraient devenir la norme dans les zones d'intervention). Enfin, il faut s'inscrire dans la "longue durée", les "zones pacifiques doivent continuer à être protégées (présence de forces de police et de l'armée) et aidées. Les financements ne doivent pas se tarir immédiatement".


EcoleProjetNapdAfghanistan-AgaKhan.jpg"Keep it simple, keep it local".

En matière de réalisation, l'étude privilégie "au maximum" les capacités disponibles localement et les projets "simples". "Keep it simple, keep it local". Cela peut paraître évident. Mais ce n'est pas la solution toujours privilégiée. La "solution idéale" est d'utiliser la main d'oeuvre issue des villages bénéficiaires, afin de maximiser les revenus allant directement aux locaux et de "préserver les installations". Citant l'exemple de Kandahar (pourtant province très difficile) où "les ouvrages construits sous le financement du programme du PNUD, NABDP, n'ont pas fait l'objet de destructions largement constatées sur d'autres ouvrages réalisés par des entreprises ou autres 'contractors'".

Au niveau purement français, il préconise une doctrine d'intervention au niveau interministérielle.

Télécharger l'étude

(photos : US Air Force Staff Sgt. Billy Vincent, Kentucky Agribusiness Development Team / inauguration de l'école de Parmakhan - Marine US / Farmer Field School - Aga Khan Foundation)

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29 juillet 2010 4 29 /07 /juillet /2010 13:18

Cargo-Ship-FRIGIA-Eunavfor.jpgLe MV Frigia, un cargo turc battant pavillon maltais, a été libéré le 29 juillet au matin, confirme le QG d'Atalanta, l'opération européenne anti-piraterie. Jaugeant 35,000 tonnes il avait été capturé par les pirates le 23 mars 2010 à environ 1000 milles (une des prises les plus excentrées des pirates somaliens!) des côtes somaliennes, avec un équipage de 21 personnes (19 Turcs and 2 Ukrainiens). Le navire a ensuite été pris en charge par la frégate turque Gelibolu.

Cette libération a été obtenue au terme d'une négociation selon l'avocat de l'armateur interrogé sur CNN. Si le mot rançon n'est pas prononcé, personne ne peut s'empêcher d'y songer.  

Autres libérations

Un tanker battant pavillon des Iles Marshall, et avec un équipage birman, l'UBT Ocean, ainsi qu'un navire de pêche, le Saboka, ont été relâchés par les pirates le 20 juillet. Ils avaient été capturés au large de la Tanzanie, à environ 300 milles de Dar Es Salam pour le premier, le 5 mars , le second dans la même zone, à 400 milles de Dar Es Salam, le 3 mars.

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28 juillet 2010 3 28 /07 /juillet /2010 12:44

Le SITCEN - centre de situation (lire : renseignements) de l'UE - change de patron. Le Français Patrice Bergamini prend le relais du Britannique William Shapcott qui officiait à ce poste depuis la création du SITCEN, après les attentats terroristes de 2001 (1) et a été nommé à un autre poste au Conseil de l'UE (2).

Une petite révolution

Cette nomination est tout sauf anodine. A la création du SITCEN, les Britanniques avaient mis comme condition sine qua none à leur participation la présence d'un des leurs à sa tête. C'est donc une évolution sensible de cette position. Et ce service devrait en intégrant le service diplomatique connaître un certain développement - toujours à l'abri des regards. Il conservera, en effet, son autonomie - comme tous les services civilo-militaires de l'Europe de la défense - ainsi qu'un accès direct à la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères.

Formellement, le SitCen ne devrait cependant être transféré que le 1er janvier sous l'autorité de la Haute représentante de l'UE, Cathy Ashton. En attendant, il reste sous l'autorité du Conseil de l'UE (les Etats membres). Et la nomination de Bergamini (qui "fait fonction" de directeur en attendant la création du SEAE) doit encore être avalisée par le secrétaire général du Conseil de l'UE). Mais celui-ci a le soutien de Ashton... ainsi que des "services". Ce qui est somme toute, l'essentiel !

Un service qui ne demande qu'à prospérer

Le SITCEN comprend une centaine de personnes, essentiellement détachée des Etats membres, et est divisée en plusieurs unités : le centre de communications qui gère les affaires consulaires notamment pour coordonner l'action des Etats membres en cas d'accident ou de catastrophe à l'étranger (comme à Haïti, récemment) ; une unité d'analyse, qui livre quotidiennement (voire plus) une analyse des évènements qui se sont passés dans le monde et une unité opérationnelle. Le SITCEN est une des seules entités à assurer 24h/24 365 jours par an, dans un bureau très discret de l'UE. Un univers passionnant... Ce blog y reviendra (3).

Patrice Bergamini est un habitué de l'ombre et de la lumière

Diplomate français, conseiller des affaires étrangères, Patrice Bergamini a officié à la task force du Quai d'Orsay sur l'ex-Yougoslavie et à l'Ambassade de France à Rome (comme premier Secrétaire). Puis il a été mis à disposition de l'UE. Il a ainsi été à partir de 2001 le conseiller Balkans, Proche-Orient et Afrique de Javier Solana (alors Haut représentant de l'UE pour les Affaires étrangères) et a participé notamment aux travaux sur la stratégie européenne de sécurité, puis son directeur-adjoint du cabinet (où il avait notamment en charge la PESC et les représentants spéciaux). A sa prise de fonction, Catherine Ashton a eu un instant d'hésitation, rechignant à reprendre les Solana'boys. Puis, finalement, elle a décidé de l'intégrer dans son équipe. Au cabinet de la Baroness, Bergamini a ainsi suivi certaines questions stratégiques. Il avait particulièrement comme objectif de redresser l'image de la Haute représentante, égratignée par la presse, et surtout ses premiers faux-pas, n'hésitant pas alors à recevoir les journalistes pour détailler toute la difficulté du métier de Haut représentant et plaidant pour lui laisser du temps de faire ses preuves. Une tâche de conviction et de dialogue dans lequel il a excellé, sachant garder un franc-parler, relativement rare dans les sphères européennes officielles.

(1) L'histoire du SitCen est un peu plus ancienne. Elle remonte aux temps de l'UEO. En 1999, à la prise de fonction de Javier Solana comme premier Haut représentant pour la politique étrangère de l'UE, celui-ci, déplace le centre de gravité du SitCen vers l'Union européenne. C'est alors une mesure d'organisation (Solana exerce en effet la double casquette de secrétaire général de l'UEO et de secrétaire général du Conseil de l'UE en même temps que la fonction de diplomate en chef de l'UE). Le SitCen/Cellule de crise intègre alors la toute nouvelle "Policy unit" comme un simple bureau, dirigé par le Danois Matthiessen et composé de quelques personnes. C'est après les attentats de 2001 (New York) puis ceux de 2004 (Londres, Madrid) que le service s'etoffe vraiment devenant une direction à part entière, aux responsabilités plus étendues.

(2) Shapcott prend du galon, nommé directeur général du personnel au Conseil

(3) A suivre...

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28 juillet 2010 3 28 /07 /juillet /2010 12:15

Le résultat est tombé hier, des machines à broyer des statistiques d'Eurostat. Au 1er janvier 2010, la population de l'UE27 est estimée à 501,1 millions de personnes, contre 499,7 millions au 1er janvier 2009.

La population de l'UE27 s'est accrue de 1,4 million de personnes en 2009, soit un taux annuel de 2,7 pour 1000 habitants. Cette hausse résulte pour un tiers de l'accroissement naturel (naissances - 0,5 million de personnes +1,0‰) et pour deux tiers du solde migratoire (0,9 million +1,7‰). Par rapport à 2008 : il y a un léger recul du taux brut de natalité, tandis que le solde migratoire s'est réduit de façon plus significative.

Les Irlandais, Britanniques, Français et Suédois champions du bébé

Les taux de natalité les plus élevés ont été enregistrés en Irlande (16,8‰), au Royaume-Uni (12,8‰), en France (12,7‰), à Chypre (12,2‰) et en Suède (12,0‰) et les plus faibles en Allemagne (7,9‰), en Autriche (9,1‰), au Portugal (9,4‰), en Italie (9,5‰) ainsi  qu'en Lettonie et en Hongrie (9,6‰ chacun). La mortalité est plus forte globalement dans les pays d'Europe centrale. Le solde naturel (naissances - mortalité) est ainsi le plus fort en Irlande (+10,2‰). La France (+4,3‰) se classe en 3e position, juste après Chypre (+5,5‰), et devant le Luxembourg (+4,0‰) et le Royaume-Uni (+3,7‰). L'Allemagne est en bas du tableau (-2,3‰) devant la Hongrie (-3,4‰), la Bulgarie, la Lettonie (-3,6‰).

Télécharger la synthèse statistique

Des statistiques importantes au plan des décisions (analyse)

Le cap du demi-milliard est symbolique au plan extérieur. Il reste loin du milliard dépassé de la Chine ou de l'Inde mais loin devant également les Etats-Unis (310 millions), le Brésil (200 millions), la Russie (140 millions) ou le Japon (120 millions).

Ces statistiques ont aussi une importance au plan interne, en termes de relations de pouvoir, à plus ou moins long terme. Le calcul de la double majorité (amorcé avec le Traité de Nice, renforcé avec le Traité de Lisbonne) se fait, effectivement, en fonction de ces statistiques. Il est intéressant ainsi d'observer que, avec la dynamique démographique, l'écart entre la France et l'Allemagne tend à se réduire, d'environ 600.000 habitants par an (3/4 du à l'accroissement de la population française, 1/4 due à l'accroissement). Si ce rythme se poursuit, d'ici un quart de siècle, le couple franco-allemand sera à égalité de voix au Conseil ! Pure fiction peut-être...

Quant à la répartition des sièges au Parlement européen, qui sont désormais répartis à chaque législature (en vertu d'une résolution d'octobre 2007 selon le principe de proportionnalité dégressive), elle pourrait aussi varier et octroyer à la France (comme à l'Espagne), au moins un siège de plus, dès la prochaine législature (2014-2019).

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27 juillet 2010 2 27 /07 /juillet /2010 20:57
de-Marnhac.jpg

Le général français Yves de Kermabon (1) cédera la place, le 15 octobre prochain, à son compatriote Xavier Bout de Marnhac à la tête de la mission européenne "Etat de droit" (EULEX) au Kosovo. Cette nomination a été entérinée par le COPS - le comité politique et de sécurité de l'UE, aujourd'hui. Une succession qui s'inscrit dans une certaine continuité. Outre la nationalité, les deux généraux ont en commun de bien connaître les Balkans, et en particulier le Kosovo, pour avoir commandé la Kfor, la force de l'OTAN déployée dans l'ancienne province devenue indépendante.

Agé de 59 ans, et diplômé de Saint Cyr, le général Xavier Bout de Marnhac a commencé sa carrière dans l'arme blindée. Diplômé de l'école de guerre, il part à l'Etat-Major du 2e corps d'armée à Baden-Baden RFA de 1989 à 1991. Il est conseiller du ministre de la Défense, François Léotard, en 1993, comme officier de renseignement. Il a continué dans cette voie, ensuite, en occupant le poste de directeur des opérations de la DGSE de 1999 à 2004, et prend le commandement de la KFOR en septembre 2007, succédant au général allemand Roland Kather.

Aujourd'hui retraité des cadres d'active, il est nommé à la tête d'EULEX Kosovo pour un an. Et son mandat est renouvelable, est-il précisé.

(1) Lire : Yves de Kermabon (entretien): la justice reste le point faible au Kosovo

 

Crédit photo : Eulex Kosovo / UE

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27 juillet 2010 2 27 /07 /juillet /2010 14:45

20100725-laatste-patrouille-ek1030_tcm46-169275.jpg

Les troupes néerlandaises quittent l’Uruzgan (Afghanistan), faute d'un appui politique suffisant aux Pays-Bas pour renouveller la mission (1). Ce sont les Américains et Australiens qui vont prendre le relais. La principale base « Kamp Holland », près de Train Kowt sera transférée le 1er août. Celle de Deh Rawod a déjà été remise aux Américains, le 18 juillet. D’ici décembre, il n’y aura plus de militaires dans cette province afghane.

Les interprètes laissés pour compte

En revanche, les 102 interprètes qui ont assisté les militaires pourraient être laissés de coté. Contrairement aux Américains qui permettent à ces collaborateurs indispensables des militaires de bénéficier du programme de visas, La Haye ne semble pas vouloir imaginer pareille initiative. Ce qui suscite un débat, limité (voir le site de la Radio néerlandaise internationale).

La Dutch approach

Dans une interview au Telegraaf, le chef d’Etat major des armées néerlandaises, le général Peter Van Uhm vante un « résultat maximum » et la « Dutch approach » : mélange d'action militaire et d'action civile, d'éthique et d'action. Les Néerlandais ont ainsi dépensé 620 millions d'euros pour différents projets d'aide sur un budget total de 2,1 milliards d'euros (soit un ratio de presque un euro sur trois dépensés). En matière militaire, la présence en Afghanistan a permis aussi - selon Van Uhm - de "tester les compétences" - un exercice grandeur nature pour l'armée - et "le nouveau matériel". Les Néerlandais qui ont engagé jusqu'à 2000 hommes (et femmes) dans la mission de l'OTAN (ISAF) ont perdu 24 militaires tués et 140 blessés, en 4 ans de présence.

Mais une nouvelle technique : le tire au-flanc toxicomane

Des pertes qui ont incité certains militaires à tout faire pour éviter de partir en Afghanistan. Même en se dénonçant comme toxicomanes. C’est une pratique minortaire mais confirmée par le syndicat militaire ACOM-CNV. Le nombre de licenciements pour toxicomanie a augmenté régulièrement depuis 3 ans : 55 en 2007, 79 en 2008, une cinquantaine déjà à la mi-2009. Particulièrement dans les unités pressenties pour partir en Uruzgan. En somme, la version moderne du « porter pâle ».

(1) Lire : Rififi à La Haye autour du retrait d'Afghanistan (maj)

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26 juillet 2010 1 26 /07 /juillet /2010 15:04

La Cour Suprême des Seychelles a, ce lundi, condamné 11 pirates somaliens à dix ans d'emprisonnement chacun. 8 l'ont été pour aide et complicité. En revanche, ils ont, tous, été blanchis des inculpations de terrorisme. Ces pirates avaient été capturés avec l'aide de la frégate française Floréal (1), par le Topaz, bateau des gardes côtes seychellois, le 6 décembre 2009, dans la zone économique exclusive (ZEE) de l'archipel, après des échanges de tirs.

C'est le premier jugement de piraterie dans l'histoire de l'archipel des Seychelles. C'est aussi la première concrétisation de son engagement dans la lutte contre la piraterie dans l'Océan indien et la modification du code pénal local (2). 29 autres suspects sont actuellement incarcérés dans les prisons seychelloises en attente de leur jugement ou de leur transfert en Somalie (Puntland).

(1) Lire : 11 pirates arrêtés par les gardes-côtes seychellois et le Floréal

(2) Lire : Le code pénal des Seychelles remet à jour le délit de piraterie ...

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24 juillet 2010 6 24 /07 /juillet /2010 16:56

Je pars pour quelques jours de "séminaire" à Paris suivis de quelques jours de repos alpestres. Durant ce temps, le blog ne sera actualisé que par éclipses. Ne vous étonnez donc pas. Retour en pleine activité le 27 juillet (normalement).

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16 juillet 2010 5 16 /07 /juillet /2010 19:59

Lors de son déplacement en Géorgie (1), et sa rencontre avec le président géorgien, Cathy Ashton, la diplomate en chef de l'UE a tenu à lever également le petit doigt vers la Russie. Elle a ainsi réaffirmé son soutien "ferme" à l'intégrité territoriale de la Géorgie et la non-reconnaissance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud. "Nous continuerons de rappeler à la Russie qu'elle n'a pas respecté l'accord en six points ainsi que les mesures d'application". "Maintenir un processus dynamique de négociation à Genève est de la plus haute importance" a-t-elle ajouté. "Nous devons prévenir la consolidation du statu quo sur le terrain".

Elle a également visité la mission d'observation de l'UE (EUMM) - qui était le second objectif de la visite En visitant le check point d'Odzisi, Ashton voulait "constater par elle-même la situation à la limite administrative avec l'Ossétie du sud". La diplomate en chef de l'UE s'est ensuite rendu au camp de déplacés de Tserovani pour rencontrer des Géorgiens expulsés de chez eux lors de la dernière guerre.

Le tour des missions de défense pas loin d'être bouclé

Ashton n'a pas encore tout à fait boucler son tour des missions européennes de défense. ll lui manque encore un déplacement dans les missions au Congo (EUSEC et EUPOL) et en Guinée (EUSSR - qui a du plomb dans l'aile), en Irak (EUJUST) et en Moldavie/Ukraine (EUBAM). Mais elle aura visité en un peu de plus de six mois, la plupart des missions civiles ou militaires de l'Europe de la défense ; s'étant déplacé à Northwood et aux Seychelles (Eunavfor Atalanta), dans les Balkans (Althea et Eupol Bosnie, et Eulex), au Moyen-Orient (EUPOL et EUBAM) et dans quelques jours à Kaboul (EUPOL). Ce qui rattrape ainsi des premiers pas hésitants et peu enthousiasmants.

(1) Lire : Quelques jours bien chargés pour Cathy Ashton du Caucase à l’Afghanistan

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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Asie centrale-Géorgie-Russie
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16 juillet 2010 5 16 /07 /juillet /2010 19:20

« Je dois atterrir sinon ils vont me tuer ». Ces mots seraient extraits d'une conversation des boites noires du Tupolev 154, l'avion présidentiel qui transportait le président Lech Kaczyński et d'autres personnalités de la république polonaise vers Katyn, peu de temps avant le crash mi-avril, près de Smolensk (1), selon la chaîne d'informations polonaises TVN24.

Les journalistes ont obtenu, de façon "non officielle", de nouveaux extraits de la conversation qui s'est tenue dans le cockpit, issue des boites noires. Même s'ils sont "hors contexte" et que les mots semblent parfois difficiles à distinguer, ils prouveraient bien des pressions sur le pilote (2). "Evidemment qu'il y a toujours des pressions quand des personnalités souhaitent poursuivre leur chemin" tempère un expert aérien militaire, le Major Michał Fiszer, à TVN24. Mais "quand un pilote a déjà pris la décision d'atterir, tout ce qui pourrait se passer n'a alors plus d'influence sur lui". 

(1) L'avion présidentiel polonais crashe: président tué, Etat-Major décapité

(2) Une des pistes que j'avais évoquées dès le début :  Accident de Smolensk: un peu d'âme polonaise en moins et autres questions

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logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.