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22 novembre 2009 7 22 /11 /novembre /2009 22:18
Nicolas Cage, qui est ambassadeur de bonne volonté de l'ONU, a visité cette semaine la prison de Shimo-la-Tewa à Mombasa au Kenya, dans le cadre du programme antipiraterie de l'ONU, ont annoncé les médias kenyans. Cette prison abrite, en effet, la plupart des pirates remis aux autorités kenyanes par les forces internationales. Le programme des Nations-unies pour la piraterie, auquel participe financièrement l'Union européenne, a engagé un programme de rénovation de trois prisons du pays : Shimo-la-Tewa, Manyani et Malindi. A Shimo-la-Tewa, les installations, et la cantine seront rénovées ainsi qu'un tribunal installé au sein de la prison. Plus largement, le programme prévoit la formation des procureurs et des autorités pénitentiaires du pays. Nb : l'UE a versé 1,750 millions d'euros pour ce programme.
(photo : Reuters)
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22 novembre 2009 7 22 /11 /novembre /2009 18:59
 La frégate portugaise Alvares Cabral, qui est le navire amiral de l'opération de l'OTAN "Océan Shield", a intercepté jeudi un bateau avec cinq pirates somaliens à bord, qui voulait prendre d'assaut un navire dans le golfe d'Aden, à environ 60 miles des côtes à environ 60 miles, apprend-on. Les assaillants, qui ont réussi à se débarrasser de leurs armes, ont été arrêtés puis remis en liberté, les faits ne tombant pas sous le coup de la loi portugaise sur la piraterie, même si les militaires étaient en possession d'images (prises par les avions de surveillance, apparemment le P3 Orion espagnol) montrant les pirates jetant leurs armes dans l'eau.
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22 novembre 2009 7 22 /11 /novembre /2009 16:15
Foin de pessimisme, la (petite) déception passée, la nomination de Catherine Ashton à la tête de la diplomatie européenne ne doit pas faire oublier que la nouvelle Haute représentante a cinq ans pour faire ses preuves.

Mais la Baroness aura peu de temps pour se mettre à la tâche. La PeSDC est déjà sur les rails et une série de progrès ont été engrangés ces dernièrs années par son prédécesseur, Javier Solana. De nombreux dossiers sont donc sur la table et des choix sont à faire - rapidement - et des convictions à faire passer.
On pourra alors percevoir si la nationalité britannique de la nouvelle Haute représentante aidera à convaincre nos amis outre-Manche - souvent en retrait, voire carrément réticents, et qui vont avoir un nouveau
gouvernement -
à changer d'avis. Méfions-nous des premières impressions qui ne sont pas toujours les bonnes.... Nous aurons toute l'occasion de revenir sur ce blog pour savoir si derrière ce visage, qui n'est pas automatiquement le plus gracieux (1), le choix de l'efficacité n'est pas préférable à celui de la gloire.

Au niveau des opérations :

- Le premier et le plus urgent des travaux est la continuité de l'opération européenne anti-piraterie Eunavfor Atalanta (lire : Bilan d'un an d'Atalanta et sa reconduction dans un contexte normalement apaisé mais rendu compliqué par la prise en otage par les pirates somaliens de deux Britanniques. Il est à craindre que les médias britanniques n'exigent des comptes de la responsable en chef de l'opération. Même si on sait pertinemment que ce type d'action relève surtout des autorités nationales - assaut ou négociation, rançon ou pression -, il est aussi un fait que l'opération européenne a apporté à l'une ou l'autre nation concernée par la prise d'otages tout son soutien et les moyens nécessaires, avions de surveillance et bateau de ravitaillement pour la prise de l'Alakrana (lire : L'Alakrana libéré, escorté par les navires espagnols d'Atalanta (Maj), navire hôpital pour l'assaut sur le Ponant, etc...).

- le second des travaux, tout aussi stratégique (sinon plus) dans la région, est la mise sur pied et le bon accomplissement de l'opération de formation des soldats somaliens en Ouganda. Point délicat pour la Britannique, car le Royaume-Uni est justement le pays qui est le plus réticent sur ce point (lire également: l'inconnue britannique).

- le troisième défi est de trouver rapidement les personnels (et les budgets) nécessaires à l'opération de police en Afghanistan. Il manque encore une petite centaine de personnes pour arriver au plein effectif, 400 personnes. Ce qui est bien peu et mériterait même d'être... doublé ou triplé si l'on veut atteindre les objectifs visés par les autorités afghanes : une force de police opérationnelle de 160.000 hommes.

- le quatrième est la conclusion d'un accord entre Européens sur la fin de l'opération militaire Althea en Bosnie-Herzégovine dans sa forme actuelle et sa transformation en opération non exécutive à voilure réduite (200 hommes). Si on ne le fait pas dans l'ordre, les contributions vont se réduire et l'opération n'aura plus les moyens effectifs. La France, le Royaume-Uni (justement) sont déjà partis. L'Espagne comme la Pologne pourraient suivre. Ce sujet sera à l'ordre du jour du premier Conseil des Affaires étrangères (versus Lisbonne) en décembre.

- le cinquième est le redémarrage de l'opération de surveillance aux frontières à Rafah (ce qui est certainement le plus grand des défis, les Européens ayant peu de moyens de pression sur les Israéliens pour cela).

- le dernier défi est l'intervention possible d'un battlegroup (dont le concept vient d'être assoupli récemment, lire : Des battlegroups (un peu) plus souples d'emploi ). Mis en place depuis 2007, la force légère de réaction rapide de l'UE n'atteint qu'une occasion pour démontrer la validité (ou non) de son concept. On peut être sûr que l'actualité internationale saura fournir son lot de violences et d'offensives qui pourraient nécessiter une intervention européenne, qu'il s'agisse d'une évacuation d'Europénes. Encore faut-il à ce moment que la volonté politique europénne soit au rendez-vous. De façon plus générale, il faudra voir si l'UE pourra réagir aussi bien aux crises dans les prochaines années aussi bien qu'elle l'a fait dans les 18 derniers mois (Russie/Géorgie, rebelles/Tchad, pirates/océan indien...). Sans être trop pessimiste, soyons sûr que dans le Caucase, la région des Grands lacs, l'Afrique de l'Ouest, le Moyen Orient, les confins de l'Inde (Pakistan, Népal, ...), le Sri Lanka, voire l'Amérique centrale sauront nous rappeler de saines réalités : nous ne vivons pas dans un monde pacifique.
Gordon Brown et Catherine Ashton dans les coulisses du Conseil (crédit photo : CUE)

Au niveau organisationnel et industriel :


- le premier travail de la nouvelle
Haute représentante sera d'installer et d'organiser la nouvelle structure qui rassemble hommes et femmes de la Commission européenne et du Conseil, le service diplomatique extérieur, la nouvelle direction civilo-militaire, et l'ajustement entre civils et militaires qui vont ainsi entrer de plein pied dans une administration civile par excellence, la Commission européenne (les frottements pourraient être nombreux...).

- Il lui faudra également doter l'UE d'un QG opérationnel, civil ET militaire. Ce qui revient à obtenir un accord entre européens qui n'a jamais pu se faire (et surtout l'accord des Britanniques).

- En application du Traité de Lisbonne, il faudra mettre en place la Coopération renforcée permanente et de la faire passer de disposition textuelle à réalité politique.

- Donner davantage de moyens à l'Agence européenne de défense (que préside le Haut représentant) ne sera pas évident en période de restriction budgétaire mais elle est paraît nécessaire si on veut mener à bien certaines projets. On sait également que plusieurs tentatives ont été faites et ont échoué pour doter l'agence d'un budget pluriannuel (butant sur l'os britannique). Espérons qu'avec un Haut représentant britannique, il en sera autrement.

- Négocier avec l'Otan un nouveau cadre de coopération devrait aussi être un objectif à terme. Bien entendu la première urgence est de résoudre le problème turco-chypriote qui "pollue" les relations entre l'Alliance et l'UE (en empêchant la formalisation des échanges d'information confidentielle lors des opérations). Mais il pourrait être aussi bon de remettre à jour l'accord de Berlin + et de tisser des liens à la fois plus étroits mais aussi plus égaux.

- Je passe toute une série de "détails" organisationnels qui n'ont pas d'importance stratégique mais pourraient néanmoins occuper un peu les esprits : comme le nom même du Haut représentant - doit-on dire Madame le Haut Représentant, madame la Haute Représentante (2)... - ; l'emblème du nouveau service - maintenant que l'UE a un service d'action extérieure (sans aller jusqu'au logo à l'image du Département d'Etat -;) ) sa localisation - le Charlemagne sans doute mais des aménagements sont sans doute nécessaire - ; les circuits d'information sécurisée - il s'agit là non seulement de dispositions pratiques et techniques mais de voir au sein de la Commission comment et à qui cette information doit circuler, la règle de collégialité et d'interservices trouvera ici une limite - ; enfin, la visite des principales missions et opérations de l'UE devra être envisagée - une tenue plus seyante à ce type d'exercices (en évitant le tailleur, peu adapté, ce serait peut-être un barbour®, un peu chic, ou alors la tenue marine qui reste souvent bien adaptée... mais je m'égare !).

NB : je n'ai pas abordé toutes les questions de politique étrangère qui ne sont pas moins nombreuses et pas moins cruciales que celles relatives à l'Europe de la défense : le dossier du nucléaire iranien, les relations avec la Russie, la paix au Proche-Orient (où un certain Tony Blair est aux manettes du Quartette, sans grand succès pour l'instant), l'Afghanistan, le Soudan, la Guinée, l'Erythrée, le Yemen, le Zimbabwe, etc.

(1) Certain(e)s lecteurs(rices) m'ont indiqué que je n'aurai pas osé faire la même remarque pour un homme, je les invite à regarder le "post" sur la nomination de Van Rompuy...


(2) (Maj : 23 novembre) C'est cette terminologie qui semble être retenue par son cabinet : la Haute représentante.

(crédit photo : Conseil de l'Union européenne + US State)

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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Défense UE (droit doctrine politique)
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22 novembre 2009 7 22 /11 /novembre /2009 12:52
Il y a un problème britannique sur le projet d'opération de formation des soldats somaliens en Ouganda. C'était ce qui se murmurait dans les couloirs du Conseil. Lors de la réunion des Ministres de la Défense, le représentant britannique avait d’ailleurs confirmé ses réserves, exprimés dans les groupes de travail préparatoires, en insistant sur le mot « possible » pour le lancement d’une opération, préférant étudier les autres options (ce qui signifie pas d'opération européenne ou un simple chèque versé à'Amisom). Des réserves confirmées tant par les Européens que par les Français. « Le Royaume-Uni demeure réservé sur l’opération et attend des précisions », a expliqué Pierre Lellouche (lors de l'audition au Parlement sur la Somalie). Une position soutenue en sous-mains par les Néerlandais (pour des raisons budgétaires et idéologiques) et dans une mesure plus tempérée par les pays baltes (pour des raisons financières, ils sont « rincés » m'a confirmé un diplomate européen ; effectivement le gouvernement n'a « plus un sou » m'a confirmé un Letton). Coté Britannique, gageons que cette "réticence" tient certainement à l'habitude toute britannique de refuser à la PeSDC les moyens de son développement. Mais elle n’est peut-être pas aussi dépouvue d'arrière-pensée, plus stratégique. Le Royaume-Uni n’a peut-être pas aussi le même intérêt que ses autres partenaires européens à conforter le gouvernement fédéral de transition en Somalie. L’autonomie, quasi-indépendance actuelle du Somaliland (l’ancienne Somalie britannique) ne serait peut-être pas pour déplaire à Londres... Enfin ce que j'en dis
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22 novembre 2009 7 22 /11 /novembre /2009 12:11
La coopération structurée permanente se met en place entre les États membres qui s'engagent, dès la date d'entrée en vigueur du traité de Lisbonne, à avoir des critères plus élevés de capacités militaires et ont souscrit des engagements plus contraignants en vue de missions les plus exigeantes (articles 42 et 46 TUE + Protocole N° 10).
 

Deux critères de participation

• le premier, d'ordre industriel : « procéder plus intensivement au développement de ses capacités de défense ». Celles-ci sont obtenues soit par 1) le développement de ses contributions nationales, la participation à des forces multinationales, aux principaux programmes européens d'équipement et à l'activité de l'Agence européenne de défense.

• le second, d'ordre opérationnel : « avoir la capacité de fournir, au plus tard en 2010, soit à titre national, soit comme composante de groupes multinationaux de forces, des unités de combat ciblées pour les missions envisagées, configurées sur le plan tactique comme un groupement tactique » (avec les éléments de soutien, y compris le transport et la logistique, capables d'entreprendre, dans un délai de 5 à 30 jours, des missions visées à l'article 43, du traité sur l'Union européenne en particulier pour répondre à des demandes de l'Organisation des Nations unies, et soutenables pour une période initiale de 30 jours, prorogeable jusqu'au moins 120 jours).

 

Cette coopération est ouverte à tout État membre.

Procédure. Chaque Etat voulant participer à cette coopération le notifie au Haut représentant. La décision de mise en place de la coopération est prise dans les trois mois. Un Etat membre peut décider ultérieurement de la rejoindre.

Modalités de décision. La décision de création, comme celle d’admettre ou de suspendre des membres, sont prises à la majorité qualifiée. En revanche, à l’intérieur de cette coopération, les décisions doivent être prises à l’unanimité.

Les États membres qui participent à la coopération structurée permanente s'engagent à atteindre certains objectifs

- budgétaire = coopérer, dès l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne, en vue d'atteindre des objectifs agréés concernant le niveau des dépenses d'investissement en matière d'équipements de défense, et à réexaminer régulièrement ces objectifs à la lumière de l'environnement de sécurité et des responsabilités internationales de l'Union;

- équipements = rapprocher, dans la mesure du possible, leurs outils de défense, notamment en harmonisant l'identification des besoins militaires, en mettant en commun et, le cas échéant, en spécialisant leurs moyens et capacités de défense, ainsi qu'en encourageant la coopération dans les domaines de la formation et de la logistique;

- opérationnel = prendre des mesures concrètes pour renforcer la disponibilité, l'interopérabilité, la flexibilité et la capacité de déploiement de leurs forces, notamment en identifiant des objectifs communs en matière de projection de forces, y compris en réexaminant, éventuellement, leurs procédures de décision nationales.

- capacitaire = coopérer afin de s'assurer qu'ils prennent les mesures nécessaires pour combler, y compris par des approches multinationales et sans préjudice des engagements les concernant au sein de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord, les lacunes constatées dans le cadre du "Mécanisme de développement des capacités".

- industriel = participer, le cas échéant, au développement de programmes communs ou européens d'équipements majeurs dans le cadre de l'Agence européenne de défense.

C'est l'Agence européenne de défense qui est chargée de vérifier que les critères sont remplis. « Elle contribue à l'évaluation régulière des contributions des États membres participants en matière de capacités, en particulier des contributions fournies suivant les critères qui seront établis, entre autres, sur la base de l'article 2, et en fait rapport au moins une fois par an. L'évaluation peut servir de base aux recommandations et aux décisions du Conseil adoptées conformément à l'article 46 du traité sur l'Union européenne.

 

Cette coopération s'ajoute aux quatre autres formes de coopération "à la carte" prévues par le Traité — la coopération renforcée (ordinaire), la possibilité de confier à un groupe de pays le soin de mener une mission (article 42), la possibilité pour chaque Etat de déterminer à quels projets industriels il participe au sein de l'Agence européenne de défense, le participation volontaire à toutes les missions et opérations de la PeSDC — ainsi qu'à toutes les coopérations informelles qui peuvent se dérouler hors du cadre du Traité (par accords ad hoc).

Pour aller plus loin : une note très interessante d'analyse de Federico Santopinto du GRIP, télécharger
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Défense UE (droit doctrine politique)
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22 novembre 2009 7 22 /11 /novembre /2009 01:10
Contrairement à ce qui est souvent entendu, les pirates ne sont pas systématiquement d'inoffensifs habitants se transformant un beau jour en pirates, des robins des bois s'en prenant aux riches pillards des mers et trouvant ensuite asile au sein de la population. Au contraire même. Certains pirates ne semblent vraiment pas bien perçus localement (sans doute également avec leur comportement de nouveaux riches). En témoigne cette histoire recueillie et racontée par IRIN, le service de nouvelles et d'analyses humanitaires de l'Office d'aide humanitaire de l'ONU (lire l'article). Un navire de pêche d'indiens et bengalais avait ainsi été capturé par des pirates et ramené vers la ville d'Eyl (au Puntland), sans doute dans l'intention non pas d'en exiger une rançon mais de le prendre comme bateau-mère. Seulement, il heurta un banc de sable et s'échoua. La tentative de ramener le bateau vers la haute-mer se heurta ... à l'opposition des habitants. Ceux-ci ont bloqué le bateau et demandé l'intervention des autorités du Puntland. Les pirates ont alors libéré leurs otages. Et les pêcheurs pris en charge par les anciens avant d'être confiés aux autorités. « Personne ne veut d'eux (pirates) » a expliqué une habitante. Une phrase à méditer sans doute...
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21 novembre 2009 6 21 /11 /novembre /2009 11:40
La nomination de Catherine Ashton comme Haut représentant a été, apparemment, la dernière option envisagée par les Britanniques.

Le matin du sommet, le seul point sûr était que le poste était dévolu à un social-démocrate, britannique. La position avait été avalisée par les principaux groupes du Parlement européen (pour éviter une sortie de route lors des auditions). Mais au niveau britannique, plusieurs noms ont été envisagés. Ainsi, e
n début d'après-midi encore, la préférence de Gordon Brown, le Premier ministre, et l'option la plus sérieusement envisagée, était de nommer à Bruxelles Geoff Hoon. Un Cv autrement plus adapté au poste de Haut représentant même si l'homme n'est pas exempt de critiques.

Geoff Hoon : l'homme de la défense britannique. Ancien Secretaire (Ministre) à la Défense britannique de Tony Blair, durant six longues années, d'octobre 1999 à mai 2005, Geoff Hoon a assuré une bonne partie des choix stratégiques opérationnels et industriels de la Grande-Bretagne de la dernière décenne. Il a ainsi engagé les troupes britanniques en Afghanistan, dès octobre 2001, aux côtés des Américains, et surtout a lancé et supporté la campagne en Irak, où les Britanniques ont joué un rôle majeur. Il a également pris plusieurs options - comme la participation accrue du Royaume-Uni au bouclier anti-missiles Us. Après la Défense, il a été leader à la Chambre des communes (2005-2006), ministre des questions européennes (mai 2006- juin 2007) avant de devenir chef de la majorité parlementaire Labour et secrétaire aux Transports (octobre 2008- juin 2009). Bref un CV autrement plus conséquent que l'actuelle nominée, Catherine Ashton. Même si ses positions en faveur de l'intervention en Irak ou sa proximité avec les Etats-Unis
aurait pu être critiquée, elle aurait suscité, sinon l'assentiment de tous, au moins le respect de la communauté diplomatico-militaire et une vision totalement différente dans le monde. Mais c'était un cadeau empoisonné...

L'affaire des frais provoque son éviction. Son nom a été barré notamment par la Commission européenne et les chefs de partis socialiste. Ceux-ci ont penché vers Ashton. Geoff Hoon a, en effet, été pris dans l'affaire des "frais virtuels" des députés britanniques qui a enflammé les médias outre-manche en avril-mai dernier, utilisant le système des résidences secondaires (ce qui permettait d'augmenter les frais qui lui été remboursés). Sa nomination a, donc, été refusée par José-Manuel Barroso qui préferait avoir un commissaire avec un passé sans tâches. Résultat... ce n'est qu'après la réunion des socialistes, vers 17h, que le nom de Catherine Ashton, est (ré)apparu, cette fois, de façon définitive comme la seule option possible. Et l'intéressée, avertie, quelques quarts-d'heure juste avant que la nouvelle ne filtre dans la presse.
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21 novembre 2009 6 21 /11 /novembre /2009 11:00
Ce Traité instaure des changements fondamentaux en matière institutionnelle. On a parlé de simplification. Il serait plus exact de parler de "raffinement". L'Union européenne devient un peu plus adulte, s'enrichissant de nouveaux attributs, de nouvelles compétences... tout en respectant celles des Etats membres et en tentant d'établir un lien nouveau avec les citoyens.

1) Le Conseil européen, qui n'était auparavant qu'un "club" réunissant les chefs d'Etat et/ou de gouvernement devient une institution à part entière, présidée de façon permanente, par un président (élu par ses pairs pour 2 ans et demi, mandat renouvelable une fois).


2) Le Haut représentant de l'UE pour la politique étrangère voit son rôle renforcé. Il devient vice-président de la Commission et présidera désormais les conseils des ministres des Affaires étrangères. Il dispose d'un service diplomatique et de sécurité" constitué des différents services existants au niveau européen (qu'il s'agisse de la Commission ou du Conseil, qu'ils soient civils ou militaires) renforcés par des experts des Etats membres. A terme, il aura la haute main sur toutes les délégations extérieures de l'UE ainsi que des envoyés spéciaux et des missions civiles ou militaires de la PeSDC. NB : En gros, il cumule dans un gouvernement national les rôles de ministre des Affaires étrangères et de la Défense, tout en disposant des moyens financiers et juridiques.

3) La présidence du Conseil, des autres conseils des ministres (affaires générales, affaires économiques et financières, ...) continue d'être exercée à tour de rôle par chaque Etat membre qui demeurent ainsi libres de déterminer leurs priorités. La présidence "tourne" tous les six mois. Mais pour faciliter le travail, les présidences sont regroupées par groupe de trois pays - sur 18 mois donc (rien ne les empêche donc de se répartir pour 18 mois les présidence des conseils).

4) La Commission européenne pourrait voir le nombre de ses commissaires réduits à compter de 2014. Cette disposition a cependant été suspendue sur demande de l'Irlande, chaque Etat tenant à conserver "son" commissaire. Et cette modification du traité de Lisbonne devrait être formalisée dans un futur Traité.

5) Le Parlement européen voit son rôle renforcé, particulièrement dans les domaines de l'Agriculture, de la Justice et des Affaires intérieures.


6) Deux nouveaux acteurs font leur apparition dans le "jeu institutionnel". Les Parlements nationaux auront la possibilité de suspendre une procédure législative qui leur paraît enfreindre le principe de subsidiarité. Le droit d'initiative populaire est en partie reconnu : un million d'Européens dans une majorité d'Etats membres pourront demander à la Commission européenne de prendre une initiative législative (NB : celle-ci pourra refuser mais en le justifiant).

7) L'Union européenne aura quelques nouvelles compétences en matière de protection civile, de sport, de santé publique (sur les sujets d'épidémies seulement).
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Europe pouvoir - Traité de Lisbonne
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20 novembre 2009 5 20 /11 /novembre /2009 23:50
Le Traité de Lisbonne entre en vigueur le 1er décembre. Pour en découvrir (ou en redécouvrir) les principaux aspects, voici quelques uns des articles publiés.

Pour ceux qui veulent le texte brut, vous trouverez les principaux extraits du nouveau Traité concernant les dispositions sur les politiques étrangère (PESC), de sécurité et de défense commune (PeSDC) et le Haut représentant (HR).


Le Traité de Lisbonne - généralités

- Principaux changements institutionnels

-
- La nouvelle Commission 2010: les noms, les portfolios, les bios

- La Communauté est morte, vive l'Union ! (personnalité juridique)

- Le règlement du Conseil européen

-
Le COSI, pour la sécurité intérieure

La Future PeSDC

- Le Traité de Lisbonne - principaux changements pour L’Europe de la défense

-
Traité de Lisbonne : La PeSDC devient un peu plus commune...

- La Coopération structurée permanente : ouuh la la la ! C'est urgent d'attendre...

- La Coopération structurée permanente (CSP), expliquée

- Accord des 27 sur un protocole "irlandais" sur la Défense

- Le protocole "irlandais" sur la Défense, analyse


Le Haut représentant et le service diplomatique

- Qui présidera quel comité ? (en matière de politique étrangère / défense)

-
Les fonctions et pouvoirs du Haut représentant, d’après le Traité de Lisbonne

- Les grandes lignes du service diplomatique de l'UE approuvées par les 27

- Où logera le futur Haut représentant ? Comment sera créé le Service d'action extérieure ? 1ères vues

- La prise de fonction échelonnée du Haut représentant pour la politique étrangère

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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Europe pouvoir - Traité de Lisbonne
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20 novembre 2009 5 20 /11 /novembre /2009 10:20
Le glissement de terme entre la Constitution européenne et le Traité de Lisbonne du ministre des Affaires étrangères au haut représentant pour la politique étrangère pouvait sembler une trace plutôt symbolique de ne pas doter l'Union européenne d'une compétence trop visible dans ce domaine. Car l'essentiel des compétences et des outils était préservé. Et, de fait, le Haut représentant, numéro 2 de la Commission europénne, avec un service diplomatique rassemblant tous les instruments diplomatiques et de gestion de crises de l'UE, avait une bonne partie des attributs d'un Ministre. Avec la nomination d'une Britannique, totalement inconnue dans le monde de la diplomatie, Catherine Ashton, qui n'a aucune référence ni expérience dans le domaine, on voit bien qu'il n'en est rien.

Un top manager plutôt qu'un ministre. Sauf à ce que celle-ci se transforme en une Golda Meir insoupçonnée ou une Alliot-Marie révélée
, il y a fort à parier que même la fonction de ministre fera défaut. Pour mes confrères britanniques qui l'ont cotoyé à la Commission, ce n'est pas une "think woman", c'est un "top manager", un "haut fonctionnaire" (en anglais svp). Peu réjouissant. Les notes de base de page ou déclarations glissées dans les Traités européens (lire : Traité de Lisbonne: la PESD devient PeSDC. Un peu plus commune ?) ne sont donc pas là que pour la forme et que la volonté politique reste très affirmée : il n'est pas question de donner une once de pouvoir supplémentaire à la Commission et à l'Union européenne dans ces matières qui relèvent de la souveraineté des Etats. Et cette (arrière) pensée est très présente parmi certains Britanniques et est approuvée par les autres Européens. Comme l'a rappelé mon confrère du Daily Telegraph, dans son article publié aujourd'hui, citant une source britannique proche de Downing street : "This means the job is not a foreign minister job, it's a job of co-ordinating policies among 27 members." C'est clair...

Où va passer le pouvoir d'initiative. Le Haut représentant - on l'oublie souvent - a le pouvoir d'initiative dans tous ces domaines. Réduire, amoindrir ce pouvoir d'initiative est déjà un gage d'amoindrissement de la politique et de la préservation des Etats.
Malheureusement, il n'est pas sûr que l'ambition soit au rendez-vous pour les cinq années à venir, surtout en matière de politique de défense commune. On peut donc être relativement inquiet pour l'avenir de la PeSDC.

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logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.