Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
17 novembre 2009 2 17 /11 /novembre /2009 19:04
Le budget de l'Agence européenne de défense - qui est normalement appelée à jouer un rôle accru dans la nouvelle politique européenne de défense (PeSDC) mise en oeuvre par le traité de Lisbonne - a été adopté par les 26 Ministres de la Défense, mardi, en légère (très légère) augmentation. L'Agence aura ainsi un budget en 2010 de... 31 millions d'euros (à comparer aux 30 millions d'euros, un million d'euros en plus par rapport à 2009). Ce qui inclut 8,4 millions d'euros de budget opérationnel pour les études et permettra de recruter 4 personnes supplémentaires. Ce qui amènera l'agence à disposer de 113 personnes...

113 personnes ! Voici tout l'effectif que les Européens acceptent de mettre en commun pour mener les projets industriels de l'Europe de la Défense. On le voit les moyens affectés ne sont pas conséquents avec les ambitions affichées et les besoins évoqués. On comprend ainsi mieux pourquoi certains projets "lambinent". L'Agence n'a ainsi toujours pas réussi à obtenir le vote d'un budget pluriannuel, ce qui serait en adéquation avec le programme pluriannuel qu'elle entend développer. « Tous les Etats sont d'accord sauf un » a précisé Alexander Weis, le directeur de l'Agence quand je l'ai interrogé sur ce point. Et « C'est toujours le même Etat qui n'est pas d'accord ». En clair, le Royaume-Uni a mis, une fois de plus son veto...
Repost 0
Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Défense UE (droit doctrine politique)
commenter cet article
17 novembre 2009 2 17 /11 /novembre /2009 17:06


(BRUXELLES2) Les 26 ministres de la Défense, qui forment le conseil d'administration de l'Agence européenne de défense, ont décidé, mardi, de lancer un programme d'entraînement européen pour les pilotes d'hélicoptères, sur le modèle de ceux développés en France, à à Sainte-Léocadie, en septembre 2008, et à Gap, en mars 2009 . Le programme européen démarrera en 2010. Il consistera en deux exercices par an, l'un focalisé sur l'entraînement individuel, l'autre sur l'interopérabilité et les tactiques opérationnelles.

Ce projet entre dans le droit fil de celui déclenché sur initiative franco-britannique pour augmenter, à court-terme, la disponibilité des hélicoptères pour les opérations de gestion de crise,notamment pour l'IFAS en Afghanistan, qui avait vu la mise en place d'un "trust-fund" permettant de financer la mise à nouveau des hélicoptères de type Mi17 pour les amener à un niveau opérationnel. Il vient également en complément de l'initiative lancée par l'OTAN fin octobre (1), d'une HIP Helicopter Task force (qui vise à développer une assistance entre une douzaine de pays de l'Alliance Atlantique pour la formation préalable au déploiement, les capacité de controle et de commandement et le soutien logistique ou l'aide financière).

En gros, on se bouscule un peu en initiatives diverses pour un problème qui reste crucial. L'Europe a toujours beaucoup d'hélicoptères dans ses hangars mais peu d'hélicoptères à déployer sur les théâtres d'opération...

(1) Czech Republic, Albania, Hungary, Norway, Poland, Slovakia Spain, Turkey and the UK


Lire également :

(crédit photo : DICOD - exercice de formation de Gap)

 

 

Repost 0
Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Capacités Milit - Exercices UE
commenter cet article
17 novembre 2009 2 17 /11 /novembre /2009 16:55
Comme annoncé (lire: La 24e mission de la Pesd "EuSecfor Somalia": feu vert mardi), le Conseil des Ministres des Affaires étrangères et de la Défense de l'UE a « approuvé », mardi, le concept de gestion de crises « concernant une éventuelle mission PESD visant à contribuer à la formation des forces de sécurité du GFT (Gouvernement fédéral de transition) et a demandé que des travaux de planification complémentaires soient menés, sans que cela préjuge de décisions ultérieures sur une éventuelle action PESD ». Une formule alambiquée qui permet, d'une part, d'aller vite en lançant le travail de planification nécessaire une nouvelle opération de la PeSDC, de continuer à travailler sur certains points (sélection des soldats, retour en Somalie...), et, d'autre part, préserve les réticences de certains Etats membres. Bref c'est le principe de l'abstention constructive qui est ainsi mis à l'oeuvre et qu'on pourrait résumer ainsi : je ne suis pas tout à fait d'accord mais je ne bloque pas le processus décisionnel (lire également : L’unanimité pour la politique étrangère de l'UE, un bienfait ?).

Environ 2000 hommes « dans un premier temps » pourraient être formés en Ouganda, « 6000 à terme » selon les Français. L'opération pourrait être bouclée « avant la fin de l'année », a précisé Cristina Gallach, la porte-parole de Javier Solana, le Haut représentant pour la politique étrangère de l'UE. L
e ministre français de la Défense, Hervé Morin s'est montré plus circonspect. « J'ai appris à être prudent, depuis l'opération Eufor Tchad ». Ce qui paraît plus vraisemblable - un certain nombre de sujets techniques doit être bouclé - est que l'opération soit finalement lancée sous la présidence espagnole. Le premier tour de table au niveau ministériel sur le sujet a néanmoins montré davantage qu'un accord de principe, une nécessité de s'engager, comme ont témoigné plusieurs diplomates européens (suédois, hongrois, espagnol, français...). Certains Etats s'engageant, de façon parfois précise, en termes de contribution en personnel. La planification peut désormais commencer. Elle sera d'un nouveau genre puisqu'elle associera civils et militaires de façon plus intégrée.

Une mission nécessaire. Cette opération n'est « pas risquée. Elle est simple dans son fonctionnement, de petite dimension (une centaine d'hommes), et entre véritablement dans l’esprit européen » a commenté Hervé Morin, sorti parler aux journalistes, entre deux séances de travail. « L’Europe a une responsabilité dans la stabilité du continent africain. (...) Tout le monde a consience qu’il faut faire quelque chose, que lancer une opération de maintien de la paix en Somalie est hors de portée - personne n'a d'ailleurs proposé de s’y engager. La seule solution est donc de remettre sur pied et aider ce gouvernement transitoire » a-t-il plaidé. « Si on ne prend pas en main la reconstruction de l’État somalien, on pourra avoir l'opération Atalanta durant 20 ans, 30 ans, une éternité » a-t-il ajouté. « Atalanta s’attaque aux conséquences, Il faut s’attaquer aux causes ». Son collègue en charge des Affaires européennes, Pierre Lelouche, a insisté, de son coté, sur le risque terroriste de la Somalie. « Ce que nous avons sur place c'est Al Qaida, avec les Shebab » a-t-il expliqué. Le Ministre qui s'est rendu sur place à Djibouti, le mois dernier, en présence des ambassadeurs du COPS qui avaient le déplacement, n'a pas caché sa satisfaction et même une certaine surprise. « Je suis surpris par la rapidité de la prise de conscience des Européens. En cinq semaines, nous sommes arrivés à un accord de principe sur cette opération. Quand j'étais sur place, avec les ambassadeurs du COPS, dans le camp où étaient formés des soldats somaliens par les Français et les Djiboutiens, pour beaucoup, c'était la première fois qu'ils voyaient des soldats somaliens à l'oeuvre, cela a été une prise de conscience » a-t-il ajouté.

A noter : Carme Chacon a proposé que l'Espagne organise durant sa présidence (au 1er semestre 2010), une conférence internationale sur la Somalie - sous les auspices de l'ONU - pour promouvoir le processus de paix et stabilisation dans le pays et lutter contre les causes de la piraterie.


Les contributions des Etats membres. L'opération devrait être de petite dimension. « Il faut environ 100 hommes pour lancer l'opération », selon Hervé Morin, « entre 100 et 200 », selon un autre diplomate européen. Et l'effectif nécessaire paraît pouvoir être atteint sans trop de problèmes. Selon le premier tour de table effectué par les Ministres européens, mardi, la moitié de l'effectif semble déjà "ur la table". L'Espagne a accepté le rôle de nation-cadre pour cette mission et fournira un "effectif substantiel" représentant plusieurs dizaines de formateurs. La France a offert 30 personnes - « Nous aurions pu en fournir plus - a expliqué Hervé Morin - mais ce doit être une opération européenne et non une opération française ». Plusieurs autres Etats qui ont annoncé qu'ils contribueraient à l'opération : Italie, Hongrie (autour de 6 personnes), Portugal, Slovénie). L'Allemagne devrait préciser sa participation (un entretien est prévu, mercredi, entre les ministres de la défense, allemand zu Gutenberg et français Morin). D'autres pays ont montré leur intérêt sans indiquer le principe de contribution (Grèce, Suède, Roumanie, Belgique) ou ont indiqué qu'ils la soutenaient sans pouvoir y contribuer (République Tchèque, pays baltes). Certains pays sont plus prudents (Slovaquie), voire réticents (Pays-Bas). Le Royaume-Uni garde une position ambigüe : il soutient officiellement la préparation de l'opération, et a promis d'y apporter « une contribution importante » (dixit le ministre Morin) mais insiste sur la nécessité de ne pas décider tout de suite d'une opération. Pour ceux qui ont souvenir des débuts d'Atalanta, on retrouve là une position identique, on pourrait assez classique de la diplomatie militaire britannique sur les opérations PeSDC de l'UE.

La première planification intégrée "nouvelle formule". Maintenant, la planification de l'opération va pouvoir commencer. Elle sera menée, pour la première fois, par la nouvelle structure civilo-militaire mise en place autour du Haut-Représentant. Ce sera toujours l'Etat-Major militaire de l'UE qui mènera la planification. Mais avec le soutien direct de la nouvelle direction civilo-militaire CMPD, dirigée par Claude-France Arnould. Ainsi les personnels civils nécessaires seront intégrés à la planification et la suivront de bout en bout. Plusieurs questions sont purement civiles (l'accord avec l'Ouganda, les questions financières, le contrôle de la destination des fonds européens, les marchés publics nécessaires le cas échéant...). Ce qui facilitera ensuite la conduite de l'opération.

(crédit photo : Conseil de l'Union européenne - Carme Chacon avec Hervé Morin, lors du Conseil)
Repost 0
Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Afrique Est - Somalie Ouganda
commenter cet article
17 novembre 2009 2 17 /11 /novembre /2009 16:46
Il n'aura pas fallu longtemps aux pirates, après la décision de la justice espagnole, pour annoncer la libération du thonier basque espagnol Alakrana, qu'ils détenaient depuis le 2 octobre, à 360 miles nautiques à l'est des côtes somaliennes.

La nouvelle a été confirmée d'abord par le Premier ministre, lui-même, José-Luis Rodriguez Zapatero. Cette libération enlève un grand poids au gouvernement espagnol - et à sa ministre de la Défense, Carme Chacon, accusée de n'avoir pas assez protéger les thôniers. Le versement d'une rançon (4 millions de $ selon les médias espagnols) n'a cependant pas été confirmé officiellement.

L'Alakrana a quitté les côtes somaliennes  et vogue en haute mer maintenant, escorté par les frégates espagnoles Mendez Nunez et Canarias (crédit photo : marine espagnole).

Il est attendu jeudi soir au port de Victoria, aux Seychelles, le port d'attache des thôniers bretons et basques. Selon le QG d'Atalanta : sitôt la libération, « le capitaine de l'Alakrana a appelé
les frégates Mendez Nunez et Canarias qui patrouillaient dans la zone. Il a annoncé que les pirates avaient quitté le navire et qu'il avait suffisamment de fuel, et que 36 membres d'équipage étaient en bonne santé ».
Repost 0
Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Piraterie Golfe d'Aden - Océan Indien
commenter cet article
17 novembre 2009 2 17 /11 /novembre /2009 09:52
Le Battle group  de "l'Est" (Pologne, Allemagne, Lettonie, Lituanie, Slovaquie) termine actuellement sa certification comme groupement tactique de l'Union européenne à Poznan et dans la région de Wedrzyn.

Le principal objectif de cet exercice dénommé "Common Challenge 09 " est effectivement d'évaluer la bonne préparation et la conformité du système de commandement - en particulier au niveau de la force (FHQ) - et de la répartition des tâches entre les cinq armées qui y participent. Thème de l'exercice: créer les conditions de réalisation des élections législatives en Alisi.


Ce battlegroup sera opérationnel au 1er semestre 2010 et placé sous commandement polonais. Il repose en grande partie sur la 17e Brigade de blindés de Wielkopolska (lire aussi : La 17e mécanisée polonaise se prépare pour le Battle group 2010).

A noter que jusqu'à la fin de l'année, c'est un battlegroup tchèque et slovaque qui est d'astreinte aux cotés d'un battlegroup belgo-français-luxembourgeois (voir le dernier planning des battle groups)

(crédit photo : 17e Brigade de blindés de Wielkopolska)


Repost 0
Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Capacités Milit - Exercices UE
commenter cet article
17 novembre 2009 2 17 /11 /novembre /2009 09:32

On apprend qu'un nouveau navire, un chimiquier, nommé MV Theresa VIII, a été capturé par des pirates, lundi, au sud du bassin somalien, à proximité de l'atoll d'Aldabra (la plus grande île des Seychelles, patrie des tortues géantes, et située à plus de 1000 km au sud de Mahé, l'ile-capitale des Seychelles, plus près de Madagascar d'ailleurs). Capture confirmée par le QG d'Atalanta (l'opération européenne anti-piraterie). Un survol par un avion de patrouille maritime a permis de confirmer que 12 pirates se trouvaient à bord. Le navire, qui bat pavillon des Iles Vierges et est opéré par une firme de Singapour, compte 28 marins à bord (des Nord-Coréens). Ayant pour destination Mombasa au Kenya, il a été dérouté et se dirige maintenant vers le nord. 

Selon un dernier décompte, une douzaine de navires seraient désormais aux mains des pirates somaliens qui retiennent en otage environ 300 marins.

Repost 0
Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Piraterie Golfe d'Aden - Océan Indien
commenter cet article
17 novembre 2009 2 17 /11 /novembre /2009 00:22
Le juge de l'Audiencia Nacional, Santiago Pedraz, a ordonné la poursuite des deux pirates présumés arrêtés pour leur implication dans l'enlèvement du thonier basque Alakrana notamment pour détention illégale et vol aggravé par l'usage d'armes, mais pas du délit d'association de malfaiteurs. Ce qui pourrait permettre de ne condamner ces suspects qu'à une peine inférieure de moins de six ans et ouvre la porte, selon les médias espagnols, à leur expulsion vers leur pays d'origine, la Somalie (comme le permet la loi sur les étrangers). Cet arrangement permettrait de trouver une solution face aux pirates somaliens qui retiennent en otage plusieurs pêcheurs espagnols et exigent la libération de leurs "collègues". Mais un arrangement qui n'est pas accepté par le bureau du procureur de la Haute Cour pénale.
Repost 0
Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Piraterie Golfe d'Aden - Océan Indien
commenter cet article
16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 22:52
Oh... bien sûr, le contre-amiral Hudson, commandant l'opération européenne anti-piraterie Atalanta, est bien trop poli et trop politique pour l'avouer. Et quand des confrères espagnols - après son audition au Parlement européen - lui ont posé la question de savoir si l'idée espagnole de bloquer les ports des pirates était une bonne idée, il a répondu sagement : « nous n'avons pas le monopole des bonnes idées. Toute idée est à étudier »... Il n'en pensait pas moins ! Pour tout dire - m'ont avoué plusieurs responsables européens, militaires et diplomates, que j'ai interrogés - "C'est une vaste c...".

L'idée paraît cependant séduisante au premier abord. Pourquoi couvrir tout l'Océan indien alors qu'il suffit de bloquer les quelques ports d'où les pirates opèrent ? Et
Hudson reconnaît lui-même que, pour lui, c'est difficile : « Il n’y a rien de plus frustrant pour moi et mes hommes qui croisent, à moins de 300 mètres de la cote somalienne, et voient des esquifs avec des personnes avec des munitions qui ne sont pas en train de  faire la piraterie, mais prêts à en faire, à préparer leurs actes de piraterie. » Oui, mais voilà... Entamer un blocus des ports n'est pas vraiment évident au plan juridique, stratégique, politique et tactique.

Un acte de guerre. Tout d'abord, le blocus de ports est un acte de guerre. Empêcher les entrées et sortie de la côte est un acte d'agression. Il n'est pas autorisé non plus par la résolution du Conseil de sécurité des Nations-Unies qui autorise le recours à la force. Certes, là il ne s'agit que de bloquer les pirates. Mais il faudrait aussi fouiller tout navire qui quitte la côte. Or, qu'est-ce qui distingue un "honnête" pirate d'un "pauvre" pêcheur ? : le type de bateau ? non ; le port d'armes ? non plus. En effet, non seulement le port d'armes n'est pas interdit en mer; mais il est même recommandé, selon les directives du gouvernement somalien. Et, puis, nul doute que les pirates s'adapteraient rapidement à cette nouvelle donne. Comme en témoigne Hudson : « Les pirates ont beaucoup d‘imagination. Ce sont des entrepreneurs très doués. Un beau jour, ils exercent leur activité de pêcheur en toute légalité, avec un bateau mère et de petits esquifs derrière. Puis comme tout entrepreneur dynamique, dès qu’ils voient passer à l’horizon un bateau, ils deviennent pirates. »


Difficulté tactique. Ensuite, et surtout, au niveau opérationnel, comment contrôler toute une côte, avec juste quelques frégates ? On retrouve, ici, la même question des moyens qui se pose déjà en haute mer. Les pirates opèrent à partir de plusieurs zones : autour de Eyl, de Xarardheere, du Raas de Xanfuun ou Caluula. Entre toutes ces villes, il y a plus de 1000 kms de côtes ! « Il y aurait environ 3000, peut-être 5000 skiffs en Somalie - assure le commodore Pieter Bindt, qui commande la force de l'UE sur zone (EUNAVFOR) — et le pouvoir de l'argent augmente des moyens »... Il suffit d'un bout de plage ou d'une petite anse, pour embarquer à bord des skiffs (qu'ils soient de pêche ou pirates), nul besoin vraiment d'un port, comme pour les navires de guerre.

Courage politique. Enfin, il faut être prêt à assurer des pertes, de part et d'autre. Là il ne s'agit plus de protéger des navires et d'agir en "légitime défense". Mais d'aller à l'attaque. Et le risque n'est pas nul. Il suffit de demander aux Norvégiens qui se sont livrés à plusieurs contrôles près des côtes. Ils ont essuyé, à au moins deux reprises, des tirs venant de bateaux somaliens. S'il n'y a pas eu de pertes coté norvégien (cette fois), coté somalien, on parle d'au moins deux morts. Je ne suis pas totalement sûr que les Etats (Espagne, Belgique... notamment) qui réclament un blocus des ports, seraient prêts à endosser de telles pertes, répétées tous les jours...
Repost 0
Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Piraterie Golfe d'Aden - Océan Indien
commenter cet article
15 novembre 2009 7 15 /11 /novembre /2009 23:44
Mardi, les 27 ministres de la Défense et des Affaires étrangères devraient adopter une nouvelle déclaration qui titre le bilan des 10 ans de PESD mais, surtout, dresse la feuille de route pour les années à venir. Les 27 signent ainsi un nouvel engagement pour la future politique de défense et de sécurité commune (PeSDC) telle que le prévoit le Traité de Lisbonne. "La façon dont nous agirons face à ces défis et opportunités déterminera notre capacité future à contribuer collectivement à la prévention des conflits, la gestion des crises et la construction de la paixpost-conflit" indiquent en guise de conclusion les 27. "Nos efforts communs dans cette optique sont une clé pour une Europe plus sûr et un monde plus sûr"... C'est clair non !

Les dix engagements de la future PeSDC

Une politique collective. La demande pour des actions de l'Union européenne dans la gestion de crise grandit régulièrement. Nous devons continuer de renforcer notre capacité collective de promouvoir la paix, la sécurité et la stabilité dans le monde. Il est clair (cependant) que ces défis ne pourront pas être résolus dans des ressources adéquates". (Nb : il y a ici, de façon répétée, l'affichage de l'engagement qu'on pourrait dire "messianique" de la politique étrangère européenne et, en même temps, le principe de réalité : l'augmentation des ressources est nécessaire).

Traité de Lisbonne : mise en oeuvre échelonnée. "Le Traité de Lisbonne écrit un nouveau chapitre dans l'histoire de la Politique étrangère commune, de défense et de sécurité. Nous allons suivre les étapes concrètes, comme approprié, pour mettre en oeuvre toutes les dispositions et articles du Traité de Lisbonne".

Planification et conduite : à renforcer. "En mettant en place le service d'action extérieure, nous voulons renforcer l'efficacité des structures de planification et de conduite de nos opérations et missions de gestion de crise" (NB : en incluant opérations et missions, on implique le Militaire comme le Civil...).

Des moyens à : à augmenter. "Nous devons honorer notre engagement de fournir l'UE avec des moyens réels pour répondre rapidement aux crises qui surviennent. Nous devons augmenter l'utilisation et la flexibilité des Ballegroups, dans l'objectif de faire un plein usage de leur potentiel. De nouveaux paramètres de déploiement civil rapides doivent être établis, incluant le développement continuel d'équipes de réponse civils et l'amélioration de notre soutien logisitique".

Partage et mise en commun : à développer. "Nous nous engageons à continuer d'améliorer notre capacité à fournir des moyens pour les missions et opérations de l'UE. Nous continuerons d'explorer les possibilités de partage et mise en commun des ressources, la spécialisation et l'entreposage."

Un budget : plus adéquat. "Nous sommes conscients que le budget de la PESC doit être adéquat pour servir notre politique et répondre aux défis présents et futurs" (NB : un engagement certes uniquement politique mais qui a de l'importance quand on sait que depuis des années le Parlement européen veut que les Ministres augmentent le budget européen de la PESC).

Le Civilo-Militaire : à intensifier. "Nous intensifierons nos efforts concernant la coordination civilo-militaire."

La Coopération structurée permanente : à explorer. "Les possibilités d'utilisation de la coopération structurée permanente doivent être explorées dans l'objectif de renforcer nos moyens de défense, afin de renforcer l'aptitude de l'UE à répondre aux crises."

Politique maritime : à intégrer. "Nous devons maintenir l'élan atteint dans l'intégration de la surveillance maritime et explorerons les opportunités et synergies qui peuvent être réalisées pour une approche intégrée des affaires maritimes".

Médiation et dialogue. "Nous voulons progresser dans le rôle de l'UE en soutien au processus de médiation et de dialogue dans les situations d'instabilité et de conflit".
Repost 0
Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Défense UE (droit doctrine politique)
commenter cet article
15 novembre 2009 7 15 /11 /novembre /2009 21:49
Le ministre des Affaires étrangères ukrainien, Petro Poroshenko, l'a laissé entendre. Les Ukrainiens - concernés au premier chef par la résurgence de la piraterie dans l'Océan indien (nombreux sont les marins ukrainiens à naviguer sur tous navires de commerce) - songent à participer à l'opération européenne anti-piraterie de l'UE "Atalanta", selon les médias ukrainiens. L'homme - un ancien businesman devenu un des politiciens influents du pays et qui a occupé brièvement le poste de secrétaire national à la Défense en 2005 -, a fait cette déclaration, samedi en visitant Vinnytsia, une ville ukrainienne au sud de Kiev. "Les unités militaires ukrainiennes n'auraient pas seulement pour objet d'escorter les navires avec pavillon ukrainien ou avec un équipage ukrainien" a-t-il ajouté "mais participeraient au blocage des navires pirates dans le Golfe d'Aden". Comme ce n'est pas la première fois que l'Ukraine fait ce genre de déclaration, on restera prudent. A suivre (une rencontre de la troïka Ue-Ukraine a lieu le 19 novembre, on verra si cette offre se concrétise 

(crédit photo :
site personnel de Poroshenko, visite aux militaires ukraniens déployés à la base Delta près de la ville d'Al Kut en Irak quand il était secrétaire du Conseil national de la défense et de la sécurité).
Repost 0
Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Piraterie Golfe d'Aden - Océan Indien
commenter cet article

Nouveau Site


Bruxelles2 a migré depuis 2010 ! Les derniers posts sont sur  : www.bruxelles2.eu

Ou sur la version professionnelle du "Club" sur souscription

Sans oublier le fil http://www.bruxelles2.eu/feed/link... ou le fil Twitter

Avertissement B2 - Bruxelles2 n'est, en aucune façon, responsable de l'irruption de publicités, sur ce site, qui sont de l'unique initiative et responsabilité de l'hébergeur, over-blog. Vous pouvez nous suivre désormais sur le site (sans publicité) de B2

Bruxelles2 en quelques mots

Derrière les murs, la politique (européenne) des affaires étrangères (PESC), de sécurité et de défense commune (PeSDC) est décryptée. Stratégie, politique, gestion de crises, industrie ou transport aérien militaire, surveillance maritime et protection civile...Missions militaires et civiles de l'UE (Bosnie-Herzégovine, Kosovo, Géorgie, Moldavie / Ukraine, Afghanistan, Irak, Palestine, Congo RDC, Guinée-Bissau, Haïti, Océan indien, Somalie, Tchad).

logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.