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15 novembre 2009 7 15 /11 /novembre /2009 21:17
Le Conseil des ministres espagnol a adopté, vendredi, un projet de loi, qui vise à réformer 130 articles du code pénal, et l'adapter aux nouvelles formes de criminalité. Dans le projet transmis au Parlement, figure un nouveau délit : celui de piraterie. Sera puni d'une peine de 10 à 15 ans quiconque voudra "s'emparer avec violence d'un navire ou d'un avion, attaquera les personnes à bord ou la cargaison". Il s'agit de répondre au problème des actes illicites de piraterie maritime. Seront punis également d'une peine de 1 à 3 ans quiconque aura résisté à l'ordre d'un navire de guerre agissant dans le cadre de la prévention et la poursuite de ce type de criminalité. 
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15 novembre 2009 7 15 /11 /novembre /2009 20:00
Le Conseil des Ministres des Affaires générales et des Relations extérieures (CAGRE) de l'UE, des 16 et 17 novembre, est le dernier sous cette forme. Le dernier également où sera présent Javier Solana l'actuel Haut Représentant (qui aura occupé le poste durant dix ans). En Décembre, application du Traité de Lisbonne oblige, il y aura, d'une part, un Conseil des Affaires étrangères (normalement présidé par le nouveau Haut représentant), et, d'autre part, un Conseil des Affaires générales, présidé par la présidence tournante (1).

Mais le nouveau Haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité / vice-président de la Commission européenne ne se verra pas doté de toutes ses nouvelles fonctions, tout de suite. La mise en place du Traité de Lisbonne se révèle d'une certaine complexité, et il a fallu jongler avec les différents textes et obligations. La mise en place sera donc progressive...

1ère étape : en décembre, Haut représentant. Une fois le nouveau Haut représentant désigné par le Conseil européen (le 19 novembre normalement), celui-ci devrait prendre ses fonctions en décembre, succédant ainsi à Javier Solana. Mais il n'aura plus la qualité de secrétaire général du Conseil (comme Solana) désormais occupé par un troisième personnage - qui sera également désigné par le Conseil européen (comme le veut le Traité de Lisbonne).

2e étape : en janvier, président du Conseil des ministres. Selon les conclusions du sommet européen (décembre 2008), la présidence tournante en cours (la présidence suédoise) continue d'assurer ses fonctions jusqu'à la fin de la présidence. C'est à la présidence suivante (la présidence espagnole) de mettre en place les dispositions du Traité de Lisbonne sur ce point. Le nouveau Haut représentant devrait donc présider son premier Conseil des Affaires étrangères en janvier (à moins que la présidence espagnole ne préfère présider ce Conseil dans les premières semaines). Selon le projet de règlement du Conseil, le Haut représentant pourra "demander à être remplacé - si nécessaire - " par le membre de la présidence tournante. Selon un arrangement informel, le Conseil qui s'occupera d'affaires commerciales (OMC) qui se tient traditionnellement à Genève, en marge des sessions de l'OMC sera ainsi présidé par la présidence tournante. Concernant la présidence des différents comités et groupes de travail, les 27 ont convenu d'une répartition des rôles : lire : Le Traité de Lisbonne s'adapte : qui présidera quel comité ?

3e étape : en février ou mars, commissaire européen. Le Haut représentant n'aura pas non plus tout de suite la qualité de Commissaire et vice-président de la Commission européenne - comme le veut le Traité de Lisbonne. Pour cela, il faudra attendre la désignation officielle du collège par le Conseil (après le 1er décembre) et après l'approbation du collège par le Parlement européen. Point majeur de cette approbation, les auditions par les commissions auront certainement lieu en janvier (l'audition du Haut représentant prévue selon un premier calendrier provisoire le 4 décembre a dû être repoussé, vu le retard pris par les 27 à désigner les nouvelles têtes de l'Europe) puis il faudra un vote en plénière.

Le Haut représentant ne devrait, donc être pleinement dans ses nouvelles fonctions prévues par le Traité de Lisbonne que courant février, voire au mois de mars (en cas de retard au Parlement européen). Ce qui, somme toute, facilitera la mise en place de toute son administration et le règlement des nombreuses questions qui peuvent encore se poser sur le service diplomatique.
  • (1) La répartition des tâches entre les deux Conseils. Selon le projet de règlement du Conseil, elle devrait être délimitée ainsi.
  • • Le Conseil des Affaires étrangères / Foreign Affairs Council (CAE ou FAC en anglais) aura un champ d'action élargi à toute l'action extérieure de l'UE : qu'ils s'agisse de politique étrangère, de politique de défense et de sécurité, de poliique commerciale commune, de coopération au développement et d'aide humanitaire.
  • • Le Conseil des Affaires générales / General Affairs Council (CAG ou GAC en anglais) aura également un rôle majeur. Il devra préparer les Conseils européens (en lien avec le nouveau président du Conseil européen) et suivre le travail des différentes autres configurations du Conseil. Il sera chargé de toutes les questions horizontales, institutionnelles et administratives, notamment du cadre pluriannuel financier et de l'élargissement.

  • (crédit photo : présidence suédoise de l'Union européenne)
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15 novembre 2009 7 15 /11 /novembre /2009 09:46
Les 27 ministres des Affaires étrangères et de la Défense de l'Union européenne devraient s'engager un peu plus, mardi 17 novembre, vers une opération d'assistance à la formation des soldats somaliens (EUSEC Somalia ou EUSECFOR *). Les ministres de la Défense devraient ainsi adopter le Concept de gestion de crises (CMC). Celui-ci reposera en grande partie sur le papier d'options présenté par le groupe politico-militaire, un document d'une trentaine de pages (Pour aller plus vite, les experts ont, en effet, décidé de transformer cet "option papers" en CMC).
Ils devraient ainsi demander aux experts de "continuer le travail de planification sans préjuger de possibles conséquences sur une possible action PESD".
La planification de l'opération (concept d'opération - Conops, plan d'opération - OpPlan) va pouvoir être accélérée. L'Action commune pourrait être "adoptée rapidement, peut-être d'ici décembre" et lancée dans la foulée, souligne un diplomate européen. Plusieurs missions d'évaluation (Fact Finding Missions) ont déjà été sur place (Addis-Abeba, Kampala...) et vont continuer leur travail pour établir les modalités pratiques de l'opération.


Cette mission est d'un nouveau genre. Cette fois, il ne s'agit pas de conseiller ou d'assister un Etat sur sa réforme de sécurité (comme au Congo) ou de former de l'encadrement (comme en Afghanistan) mais bel et bien de donner une formation de base à des soldats destinés à aller au front. C'est la première mission "non Petersberg" et, en fait, la première application du Traité de Lisbonne qui élargit le champ des missions traditionnelles d'interposition ou de rétablissement de la paix aux "missions de conseil et d'assistance en matière militaire" (article 43). Au niveau international, cette opération devrait reposer sur les résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU n°1772, 1863 et, surtout, sur la résolution 1872 qui demande "instamment à ses Etats membres de contribuer au Fonds d’affectation spéciale des Nations Unies pour les institutions de sécurité somaliennes et d’offrir une assistance technique pour la formation et l’équipement des forces de sécurité somaliennes" (il ne serait pas ainsi nécessaire d'avoir formellement une nouvelle décision du Conseil de sécurité. Mais une résolution saluant l'effort de l'UE serait bienvenue et conforterait l'opération européenne).

La nécessité de former rapidement les forces de sécurité somaliennes est la résultante de l'absence d'engagement de la communauté internationale. Après l'échec de l'opération Restore Hope et le retrait des forces de l'ONU, aucun Etat de l'hémisphère nord ne veut aller s'engager directement sur le terrain en Somalie dans ce qui ressemble en un piège. Les troupes de l'AMISOM, elles-mêmes souffrent d'un déficit (environ 5200 hommes sur un objectif fixé en 2006 à près de 8000 hommes).

• L'opération se déroulerait essentiellement en Ouganda où sont déjà formés des soldats somaliens par les forces ougandaises (UDPF), sous l'égide de l'AMISOM (la force de paix de l'Union Africaine). La formation et l'entraînement des soldats somaliens fait d'ailleurs partie du mandat de l'AMISOM. Pour certains formateurs, comme les Français, cela ne devrait pas poser de problèmes. Des éléments de la Légion étrangère, issus des Forces françaises basées à Djibouti (FFDJ), sont ainsi déjà venus former, à Singo (district de Kiboga), les forces africaines partant en mission pour l'AMISOM en Somalie.
Soldats de la Légion formant les militaires (ougandais) pour l'AMISOM (crédit : DICOD)

L'opération vise à former environ 1000 à 2000 soldats. La formation de base est assez courte - quelques semaines - et davantage destinée à apprendre aux soldats les rudiments de base de l'action militaire en groupe : obéir, tir de combat, mise en place et contrôle d'un checkpoint, respect des principes du droit de la guerre (on ne tire pas sur une croix-rouge ou un croissant rouge, etc...), premiers secours,... Elle vise aussi à détecter les éléments qui pourront servir d'encadrement (sous-officier ou officier). Une seconde formation plus élaborée pourrait avoir lieu pour ceux-ci. Bref, comme l'explique un diplomate européen, cette opération vise à donner "à la Somalie un embryon de force en commençant par la formation de base et en allant si possible vers des formations de commandement." Cette formation s'intègre, en effet, dans un projet plus global du gouvernement somalien visant à restructurer ses forces armées et à constituer une nouvelle force de sécurité de 6000 hommes.

Des troupes somaliennes ont déjà été formées : 1) en Ouganda par l'Union Africaine, avec le soutien des Américains : environ un millier de soldats auraient déjà été formés par les Ougandais depuis un an (certains recevant une formation longue de six mois, à l'école militaire de l'UDPF - les forces ougandaises - de Bihanga) - un autre bataillon est en formation ; 2) à Djibouti par les Français (500 personnes recevant une formation rapide de quelques semaines en août et octobre) et les Djiboutiens. Mais le nombre reste encore insuffisant par rapport à l'objectif fixé.

• Selon les premières évaluations, pour former 2000 soldats, il faudrait environ 400 formateurs dont certains pourraient être fournis par les pays de l'Union Africaine. L'UE pourrait en fournir jusqu'à 200. Les Etats-Unis et la Russie sont également intéressés pour soutenir cette formation (pas automatiquement avec des formateurs). Coté de l'UE, ce n'est cependant pas encore l'enthousiasme forcené. "Beaucoup de pays étaient au départ réservés sur cette opération, il y a beaucoup de progrès" note un diplomate européen. Une dizaine d'Etats sont ainsi prêts à s'engager dans cette mission ou à la soutenir : France, Espagne, Finlande, Chypre, Luxembourg, Allemagne (Pologne, Hongrie étudient le soutien).

• L'encadrement des soldats ainsi formés devrait être assuré, à leur retour en Somalie, par les soldats de l'AMISOM (ceux formés par les Ougandais accompagnent déjà les troupes de maintien de la paix de ce pays).


Concernant leur paiement des militaires somaliens - y compris le contrôle de la destination de l'argent -, un point clé du dispositif, une des pistes suivies pourrait être de suivre la même piste que pour les financements internationaux. L'ONU a mis en place le Fonds d’affectation spéciale pour la sécurité pour la Somalie et un Fonds d’affectation spéciale pour l’AMISOM. Au niveau du Gouvernement somalien, c'est le cabinet Price Waterhouse Cooper qui a été chargé de superviser la réception des fonds internationaux, leur gestion et de veiller à ce que les objectifs des bailleurs de fonds soient respectés.

• Le financement de l'opération devrait se faire essentiellement par contribution des Etats membres participants  (chaque Etat finançant ses propres troupes). Un financement des charges collectives étant assuré, via le mécanisme Athena, par les 26 Etats membres participant aux actions militaires de la PeSDC (moins le Danemark). Concernant le paiement des soldats, il ne pourra cependant pas être assuré directement par l'UE, l'UE ne pouvant pas financer directement la mise en place d'une force armée. Mais elle contribue déjà de façon indirecte aux actions de stabilité menées en Somalie.

Soutien financier de l'UE à des actions de stabilisation en Somalie. Le budget de l'UE soutient directement l'AMISOM — 35,5 millions d'euros (dont 20,2 millions d'euros déjà engagés) à travers la Facilité de paix pour l'Afrique — et l'Union Africaine
dans son effort pour se doter de capacités pour planifier, gérer et coordonner des opérations de soutien à la paix — 4,7 millions d'euros de l'Instrument de stabilité —, avec mise en place de l'Unité de planification et de gestion stratégique (SPMU Strategic Management and Planning Unit). La SPMU bénéficie de 4 officiers planificateurs européens détachés (budget, ressources humaines, communications, ingénierie) - financée par une contribution supplémentaire de 750.000 euros -. Enfin le programme stratégique de l'UE pour la Somalie — qui couvre aussi bien les aspects politiques, de développement que de sécurité — se monte à 215,4 millions d'euros pour la période 2008-2013 (dont environ 180 millions sur 87 projets déjà identifiés).

(*) J'utilise ce nom par facilité, le
nom de l'opération n'est pas encore défini.

NB : Pour se rendre compte de la situation en Somalie, vous pouvez regarder le reportage de France 2 qui a suivi jusqu'à Mogadiscio avec les militaires de l'Amisom, Mohamed Abdi Gandi, un anthropologue à l'université de Besançon qui a intégré le gouvernement de transition somalien (GFT) : Somalie, portrait d'un démocrate
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14 novembre 2009 6 14 /11 /novembre /2009 18:19

(Analyse) Quand on défend l’approfondissement l’Union européenne, il est de bon ton de dire que la majorité qualifiée est un signe de progrès et que l’unanimité est un signe de régression. Je suis prêt de partager cet avis pour tous les sujets d'ordre économique et social. Mais, après quelques années de pratique de la PESC/PESD (politique étrangère, politique de défense), ce propos mériterait d’être nuancé pour ce domaine.

Défense et illustration de l'unanimité. Autant, en effet, en matière fiscale, l’unanimité est source de retard — tout simplement car, d’un côté, nous avons un marché unifié, de l’autre, une fiscalité morcelée qui favorise ainsi la concurrence déloyale — ; autant, en matière de politique étrangère, nous sommes dans une situation différente. Car les Etats européens n'ont ni une histoire ni une géographie ni une dimension politique communes. Les histoires des pays sont si différentes, si morcelées, qu’il est difficile d’imposer une règle de majorité qualifiée sur certaines questions tenant à l’identité nationale ou la politique étrangère. C’est ainsi qu’aucune règle de majorité n’est satisfaisante dans ces matières. Un Etat si petit, soit-il, a le droit de refuser de céder quand des raisons stratégiques, d’identité nationale forte sont présentes.

Le danger de la majorité qualifiée. Si l’intervention américaine en Iraq avait eu lieu non pas en 2003 mais en 2004, quand les nouveaux Etats membres de l’Est étaient présents, une majorité qualifiée aurait pu se dessiner en faveur de l’intervention, au risque de provoquer une crise encore plus grave au sein des 15 ou des 27.

Autre exemple : l’entrée de la Macédoine dans l’Union européenne est pour la Grèce un problème d’identité national, s’estimant héritier de la Macédoine d’Alexandre. On peut gauser cet aspect, historique. Il ne peut cependant être nié. Et tous les Grecs le partagent. Peut-on passer sur le corps de la Grèce et lui imposer ce changement ? Poser la question donne la réponse...

Dernier exemple, très actuel : la crise au Moyen-Orient et la résolution du conflit israélo-palestinien. D’une république Tchèque pro-israélienne à une Espagne ou une Autriche plus pro-arabe, les positions des différents Etats membres couvrent toute la palette possible des opinions. Au point que l’UE pourrait apparaître comme un interlocuteur adapté. Si le poids de l’UE demeure, dans la région, pourtant mineur, ce n'est pas tant à cause des modalités du choix de la décision ou des divergences d’intérêt mais à l'absence ou la limitation des moyens de pression sur chacun des interlocuteurs (et au poids traditionnel des Etats-Unis dans la région que les 27 n'entendent pas contester).

Un remède à l'unanimité : la pratique de l'abstention constructive. La règle d’unanimité, si elle a causé des ravages dans le passé, fonctionne bien aujourd’hui. Elle oblige ainsi à la recherche du consensus, à durcir ou assouplir une position, pour tenir compte des intérêts de chacun. Des Etats qui ne sont pas foncièrement d’accord avec une opération extérieure ou une position, l’expriment éventuellement mais ne bloquent pas la mécanique décisionnelle.

Premier exemple : l’opération militaire au Tchad. Ce n’est pas un secret que l’Allemagne n’était pas follement enthousiaste de cette opération. Elle ne l’a pas pour autant bloquée.

Idem pour la mission Eulex au Kosovo, plusieurs Etats, comme l’Espagne ou Chypre, étaient opposés à la reconnaissance de cette ancienne province de Serbie, pour des raisons à la fois nationales et idéologiques. Ils ne se sont pour autant pas opposés à la mise en place d’une mission « Etat de droit » dans ce pays (NB : le nom même de la mission est cependant suffisamment éloquent pour se passer de commentaires sur la façon dont l’UE appréhende ce nouveau bout de territoire…).

Enfin, ce devrait être le cas, cette semaine, avec l'adoption de l'opération d'entraînement des soldats somaliens. Certains Etats demeurent réticents (la Belgique notamment). Mais le premier feu vert devrait être donné mardi (article à suivre).

Il y a des ratés" cependant... On a un exemple récent : la situation au Kivu en RDC où l’unanimité a bloqué l’envoi d’une opération. Il n’est pas dit non plus qu’une majorité aurait pu être réunie : de nombreux pays membres étaient très réticents et même entre spécialistes militaires ou civils du dossier, les avis divergeaient (lire sur ce point l’interview du général Bentegeat).

L'unanimité, une source de force ? On assimile aussi la règle de la majorité comme la possibilité de donner plus de force à l’UE. Or, c’est parfois le contraire qui se passe. L’unanimité force, parfois, à avoir une position plus forte. Exemple : au moment de la crise russo-géorgienne en 2008, si on était passé à un vote à majorité, la position de l’UE sur la Géorgie aurait-elle été aussi sévère sur la Russie ? Non ! C’est parce que certains Etats (Baltes surtout, Pologne, Suède et Royaume-Uni dans une moindre mesure) ont exigé, estimant que leur politique étrangère était celle-là, qu’il fallait être intransigeant avec la Russie, alors que certains Etats (Italie, Allemagne en tête) étaient plutôt coulants.

Des aménagements pourtant nécessaires. Pour autant, certains aménagements à cette règle d’unanimité devraient être rendus possibles par une pratique souple de la coopération renforcée ou de la coopération structurée permanente. Nous aurions alors l’unanimité dure et l’unanimité souple qui puisse permettre à un petit groupe d’agir sur la question.

(NGV)

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14 novembre 2009 6 14 /11 /novembre /2009 12:29
Le gouvernement a proposé, vendredi, la prolongation de la contribution néerlandaise à l'opération européenne anti-piraterie Atalanta, pour 2010. Le ministère de la défense a proposé l'envoi de deux navires entre la mi-février et la mi-juin 2010 : la frégate Hr. Ms. Tromp (F-803) et le navire de transport et de débarquement Hr. Ms. Johan de Witt (L 802), ainsi qu'une unité d'intervention de la marine (disponible pour les escortes de bateaux et opérations d'abordage). Le Hr. Ms. Tromp sera présent deux mois de la mi-février à la mi-avril 2010. Le Hr. Ms. Johan de Witt sera présent jusqu'à mi-juin. Il servira de navire amiral pour les Suédois qui ont demandé l'assistance des Pays-Bas - n'ayant pas ce type de navire.
Le Hr. Ms Tromp (crédit photo : marine néerlandaise)

Navire de la classe De Zeven Provinciën, le Hr. Ms. Tromp peut développer une vitesse de 30 noeuds et jauge 6.000 tonnes. Il est équipé d'un canon Oto Breda de 127 mm, de mitrailleuses Oerlikon de 20 mm, d'un système de lancement vertical Mk 41 pour des missiles standard ou mer-mer et un canon Goalkeeper. Il est servi par un équipage de 174 personnes.
Le
Hr. Ms. Johan de Witt est d'une autre trempe. Ce navire, récent (construit en 2006 mis en service en 2008), jaugeant 15.500 tonnes et pouvant atteindre une vitesse de 19 noeuds, est servi par un équipage de 146 personnes. Il peut embarquer et débarquer personnels et matériel en pleine mer. Il abrite un centre de commandement, un hôpital et peut accueillir jusqu'à 6 hélicoptères (Lynx, NH90, Chinook et Sea King) et 4 péniches de débarquement. Il peut transporter un bataillon de 600 militaires et ses cales peuvent transporter jusqu'à 90 véhicules blindés. Il est équipé de mitrailleuses 50 mm et de deux canons Goalkeeper 30 mm.
Le Johan de Witt (crédit photo : marine néerlandaise)

La prolongation de la participation des Pays-Bas doit encore être approuvée par la 2e chambre. L'avis devrait être positif. Mais les députés veulent une étude approfondie de la proposition gouvernementale. En revanche, les avis sont partagés sur l'envoi de "marines" à bord des navires vulnérables. Une facilité soutenue par les partis de droite (CDA, VVD, PVV, CU) mais critiquée par la gauche (PvDA, Verts). De toute façon, des difficultés d'ordre pratique et juridique se posent, a expliqué le ministre de la Défense, Eimert van Middelkoop
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14 novembre 2009 6 14 /11 /novembre /2009 11:40
Les gardes cotes du Yémen ont arrêté 8 suspects, annonce l'agence de presse nationale Sabanews, dans le golfe d'Aden (dans la zone d'Imran). Les gardes-cotes ont trouvé à bord 2 RPG, des armes légères ainsi qu'une échelle (souvent utilisée pour aller à l'abordage).
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13 novembre 2009 5 13 /11 /novembre /2009 15:42

Douze suspects ont été arrêtés, jeudi (12 novembre), au soir par la frégate française Floréal (F-730) - qui opère dans le cadre de l'opération européenne anti-piraterie Atalanta. Guidé par l'avion de patrouille luxembourgeois, le Floréal a mené une chasse dans la zone au nord des Seychelles pour repérer les groupes pirates qui s'en prennent depuis quelques jours aux navires marchands (plusieurs navires dont un pétrolier attaqués, et un cargo capturé). Au deuxième jour de chasse, la pêche a été bonne... A 650 milles nautiques à l’est d’Hobyo (Somalie) et à 500 nautiques au nord nord-ouest des Seychelles, les Français ont, enfin mis la main sur un bateau-mère et deux skiffs. Les suspects ont bien essayé de se défaire du matériel. Mais trop tard... Les militaires ont mis ainsi la main sur un matériel conséquent - qui ne laisse que peu de doute sur l'intention de ces marins : armement (fusils d’assaut, lance-roquettes), munitions, grappins, système de navigation par satellite et près de 2 500 litres de carburant. Les suspects pourront être transférés soit au Kenya, soit aux Seychelles - si ceux-ci acceptent d'étendre leur compétence -, soit au Puntland (comme les Français l'ont déjà fait dans le passé).

interception par l'équipe d'abordage du Floréal - crédit photo  : ministère de la défense

(mis à jour 19 novembre)  Les suspects ont été remis aux autorités du Puntland le 19 novembre a annoncé l'Etat-Major des armées à Paris.

 

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13 novembre 2009 5 13 /11 /novembre /2009 15:41

Christine Roger, l’actuelle ambassadrice française au Comité politique et de sécurité (COPS). Elle est nommée à une nouvelle direction créée au sein du secrétariat général du Conseil pour s’occuper des « médias – information ». A ce poste, elle chapeautera tant l’actuelle direction Presse (dirigée par Nicolas Kerleroux) que les services de communication. L'ambition est de renforcer la dimension de communication, actuellement "sous-dimensionnée", du Conseil.

Au poste d’ambassadeur français au COPS, poste clé pour la future PESC, elle est remplacée par Jean-Louis Falconi, actuel conseiller diplomatique du Ministre des affaires étrangères, Bernard Koucher.

Christine Roger a démarré comme conseiller diplomatique à Aérospatiale avant de passer à Bruxelles où elle a fait l’essentiel de sa carrière alternant des postes à la Représentant permanente française et dans les institutions européennes. Elle démarre comme conseiller PESC, « Antici » qui suit les Coreper II (en charge de la PESC), à la Représentation permanente française, puis passe comme conseiller – toujours chargée des relations extérieures – au cabinet du président de la Commission européenne, Jacques Santer. En 1999, devient directeur de cabinet de Michel Barnier, commissaire à la politique régionale puis des questions institutionnelles (il sera le représentant de la Commission à la Convention européenne).

Pour Jean-Louis Falconi, c'est un retour à Bruxelles. Entré au quai d'Orsay à la sous-direction du droit international économique, en 1991, il devient conseiller à la Commission européenne du directeur des affaires monétaires en 1997, puis passe à la Représentation permanente en 1999. Revenu ensuite à Paris, en 2002, il prend tête de la sous-direction "relations extérieures de la CE" puis du service "politique étrangère et de sécurité commune" (PESC) au Quai d'Orsay.

(crédit photo : © ngv)

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13 novembre 2009 5 13 /11 /novembre /2009 01:04
Le ministre de la Défense belge, Pieter de Crem, a fait part, jeudi, à quelques journalistes (dont j'étais), de ses doutes sur la mission que projette l'UE pour l'entraînement des soldats somaliens et a plaidé pour une réorientation de la stratégie de l'opération anti-pirates ; à l'instar de sa collègue espagnole Carme Chacon avec qui il s'est concerté récemment dans le cadre des futures présidences (l'Espagne puis la Belgique vont prendre la présidence de l'Union européenne en 2010).

Des doutes sur Eusec Somalia. Ce n'est pas le principe en lui-même de la mission que De Crem critique. Encore que... : il explique ses plus grandes craintes sur le devenir de ses soldats, une fois formés (1).
Il souhaiterait plutôt que cette mission s'inscrive dans une réflexion plus globale. "il ne faut pas refaire comme en Afghanistan, du tout militaire, pour s'apercevoir ensuite qu'il est nécessaire d'avoir une action civile" assure ainsi un de ses conseillers, parlant sous le contrôle du Ministre. "L'important est de stabiliser la Somalie. Il faut donc une action complète diplomatique. Et surtout un engagement à long terme. On ne peut intervenir durant un ou deux ans et repartir." explique le Ministre "Nous avons affaire à un fail state. Et on ne peut intervenir, comme çà, au risque que cela se retourne contre nous à terme." ajoute un conseiller

Sur Atalanta, le Ministre a plaidé pour une réorientation de la stratégie. "Plutôt que de se disperser sur tout l'Océan indien, on devrait - estime-t-il à l'instar des Espagnols (2) - pouvoir bloquer les pirates d'où ils partent, des ports". Cependant il n'a pas caché que cette action pouvait avoir des risques et était complexe diplomatiquement. Une négociation s'impose avec les Somaliens, car bloquer des ports peut s'assimiler à un acte de guerre (Nb : le blocus), explique un expert du dossier. Le Ministre aussi plaidé pour le développement des VPD (équipes embarquées à bord des navires) qui pourrait être une solution.


Atalanta prolongée jusqu'en... 2011. Si le Ministre n'a pas réitéré, lors de ce briefing, son désir de voir la Belgique diriger la force Atalanta au dernier quadrimestre de 2010 (en même temps qu'elle présidera l'UE), il n'a pas perdu espoir et continue d'y travailler, assure son entourage. Des contacts ont été pris avec les Néerlandais et les Français notamment pour voir si un Etat-Major pouvait être embarqué à bord d'un navire amiral (la Belgique ne dispose pas de cette flotte). Durant sa présidence, Pieter de Crem compte ne pas rester inactif. "L'opération Atalanta sera certainement prolongé au-delà de 2010 (pour une troisième année supplémentaire) car le problème de la piraterie risque de ne pas être résolu d'ici là. Il faut réfléchir sur le long terme pour éviter un épuisement des forces".

(1)
Une opinion qu'il avait déjà exprimée ainsi que plusieurs Ministres à Göteborg, lire : Les Européens pas très enthousiastes pour une mission SSR en Somalie - ; une préoccupation qui concerne également les militaires comme l'a relaté le Général Bentegeat - lire - Eusec Somalia aura pour objectif de former 2000 soldats)

(2) lire :
L'opération Atalanta... pas assez efficace pour les Espagnols.
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12 novembre 2009 4 12 /11 /novembre /2009 23:55
(mis à jour 14 nov, avec photos) Le ministère de la Défense a affrété, vendredi, un avion Boeing 707 de la Force armée espagnole (Grupo 47) pour transporter vers les Seychelles, ce week-end (ils arrivent samedi matin sur l'aéroport de Victoria), les gardes privés de Segur Iberica et l'armement permettant, enfin, aux 16 navires de pêche espagnols opérant dans l'Océan indien de se défendre contre les attaques des pirates et de reprendre la mer avec une nouvelle protection dans le milieu de la semaine prochaine, rapportent les médias espagnols. Le coût de ces troupes sera supporté en partie par l'Etat espagnol (25%) et les provinces. A noter : d'autres navires basques battant pavillon des Seychelles ont déjà des agents privés à bord.

Formation assurée par les militaires espagnols. Le gouvernement a également assuré un complément de formation pour ces hommes ainsi que leur acheminement sur place. La formation a été assurée dans une caserne de la marine à Cartagène (Murcie). Les gardes ont ainsi reçu des notions sur les procédures d'attaque et l'approche utilisée par les pirates, les questions liées à la vie en mer, la détention et la garde des prisonniers, les premiers secours, et les caractéristiques des navires de pêche au thon. Ces gardes pourront être armés de mitrailleuses et de fusils d'assaut jusqu'à 20 mm (armes considérées comme de guerre en Espagne), le gouvernement ayant modifié la loi qui interdisait jusqu'à présent ces armes. Dans un premier temps, ils auront à leur disposition des mitrailleuses de 7,62 mm et des fusils d'assaut de 5,56 mm. Par la suite, ils recevront des mitrailleuses lourdes Browning 12,7 mm.

(crédit photo : ministère de la défense espagnol)
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Derrière les murs, la politique (européenne) des affaires étrangères (PESC), de sécurité et de défense commune (PeSDC) est décryptée. Stratégie, politique, gestion de crises, industrie ou transport aérien militaire, surveillance maritime et protection civile...Missions militaires et civiles de l'UE (Bosnie-Herzégovine, Kosovo, Géorgie, Moldavie / Ukraine, Afghanistan, Irak, Palestine, Congo RDC, Guinée-Bissau, Haïti, Océan indien, Somalie, Tchad).

logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.