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3 novembre 2009 2 03 /11 /novembre /2009 18:30
C'est un Italien qui doit prendre le 9 décembre prochain le commandement de l'opération anti-piraterie de l'UE "Atalanta" au large de la Somalie. Son nom est désormais connu et peut donc être annoncé : il s'agit du Contre-Amiral Giovanni Gumiero. Il assurera ainsi la direction du FHQ sur un navire-amiral, le commandement de l'opération restant confié au contre-amiral britannique, Hudson.

Gumiero a commandé jusqu'à peu (juin 2009) un des groupements permanents maritimes de l'OTAN (le SNMG2) et a à ce titre participé à l'opération de lutte anti-piraterie de l'OTAN (Allied Provider) menée d'octobre à décembre 2008, à bord du navire amiral Durand de la Penne. Il a été relayé à ce poste par le Commodore (Uk) Steve Chick qui commande actuellement l'opération Ocean Shield de l'OTAN.

Né à Rome en juillet 1955, il a rejoint l'Académie italienne navale en 1975 et s'engage en 1979. Il a servi dans plusieurs sous-marins (
ITS Toti, ITS Bagnolini, ITS Marconi, ITS Romei, ITS Sauro) et navires (ITS Danaide, ITS Vittorio Veneto). Il a commandé le l'ITS Romei (1986 - 1987), l'ITS Sauro (1989 - 1991), l'ITS Danaide (1993 - 1994) et l'ITS Vittorio Veneto (2001 - 2002).

A bord du Danaide, il participe à l'opération "Sharp Guard", opération conjointe entre l'OTAN et l'Union de l'Europe Occidentale, chargée s'assurer de l'application des sanctions économiques et de l'embargo sur les armes décidés par le Conseil de sécurité des Nations unies contre l'ex-Yougoslavie.

Sa carrière s'est essentiellement faite dans la marine italienne. Il commence comme officier d'Etat-Major Opérations - section planification au QG de Rome de la force navale
(CINCNAV) puis comme officier responsable du bureau Opération de l'Autorité opérationnelle et de commandement sous-marin de l'armée italienne, de 1994 à 1995 (MARICOSOM). En septembre 1996, il passe à l'OTAN au commandement suprême allié (SACLANT), comme officier chargé du programme des armements de lutte sous-marine. En septembre 1999, il est en charge à l'Etat-Major naval italien de l'OTAN/UEO puis de la fonction de planification des forces OTAN/UE. En novembre 2002, il est chef de la branche de politique navale à l'Etat-Major puis est désigné, en avril 2004, chef de la branche des relations internationales à l'Etat-Major des armées italiennes. En Septembre 2007, il est nommé commandant des forces italiennes anti-mines. Promu contre-amiral au 1er janvier 2008, il prend la tête du SNMG2 en juillet 2008. 
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Piraterie Golfe d'Aden - Océan Indien
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3 novembre 2009 2 03 /11 /novembre /2009 13:38
Deux navires marchands ont échappé, lundi (2 novembre) dans l'après-midi (14h GMT - 17 h locales),  à des attaques de pirates, à 360 miles au large de Mombasa (Kenya), apprend-on du QG d'Atalanta, la force européenne anti-piraterie. Le MV Hariette a été attaqué par deux petits skiffs pirates. Ceux-ci ont ouvert le feu avec des armes automatiques. Et l'équipage a pu voir des tirs de roquettes RPG. Les pirates ont essayé de monter à bord avec une échelle. Mais le capitaine a réussi des manoeuvres d'évitement qui ont permis de repousser les pirates. Personne n'a été blessé à bord.

Quelques heures plus tard, dans la même zone (07° sud, 47° est), c'était au tour d'un tanker battant pavillon néerlais, le
MV Jo Cedar, d'être attaqué. Trois skiffs pirates étaient, cette fois, à l'attaque. Avec tirs d'armes automatiques ont endommagé une passerelle du pont.

Un des avions de patrouille maritime d'EUNAVFOR, basé aux Seychelles, a été engagé pour observer la zone, ainsi qu'une frégate allemande Karlsruhe avec objectif "de rechercher et de neutraliser" le groupe d'attaque des pirates.
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3 novembre 2009 2 03 /11 /novembre /2009 01:00
Avec l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne et le développement de l'Europe de la Défense, on peut se poser la question si la désignation d'un commissaire européen spécialement chargée de la gestion de crises et des questions de défense ne serait pas justifiée. Cela aurait un sens à la fois au niveau pratique et politique. Au niveau pratique, la tâche du Haut représentant apparaît très importante : couvrant à la fois le volet politique étrangère et de défense (comme aujourd'hui) mais rassemblant l'action communautaire et l'action inter-gouvernementale. Comment un seul homme pourra négocier avec les Iraniens ou les Israéliens, être présent tous les mercredis à la réunion de la Commission, présider une fois par mois le conseil des Ministres des Affaires étrangères, recevoir tous les missi dominici de la terre ou leur rendre visite, et diriger la petite dizaine de missions de gestion de crise, militaires et civiles, que l'UE a déployées de par le monde, souvent dans des régions "chaudes" (Afghanistan, Irak, Congo, Guinée-Bissau...) ? Un peu "too much" peut-être ! Il lui faudra se dédoubler...

Un deuxième homme appelé à seconder le Haut représentant dans toutes ses tâches pourrait être nécessaire. Même si la fonction n'est pas officiellement créée par le Traité. Mais de la même façon qu'il y a des vice-présidents de la Commission ou un secrétaire général adjoint au Conseil, on pourrait concevoir le poste d'un commissaire - très proche du Haut représentant - et appelé à le décharger de certaines tâches. Parmi les tâches qui pourrait être confiée à ce deuxième commissaire, on peut naturellement penser à la PESD. Car elle est à la fois le complément naturel de la PESC. Mais elle a aussi ses spécificités et ses contraintes qu'il importe de bien saisir et de gérer complètement. La nouvelle (petite) compétence de "sécurité civile" qui sera créée au niveau européen pourrait également lui être rattachée, ce qui ferait un portefeuille complet de la "gestion de crises" civile et militaire (ce qui est plus convenable pour une Commission européenne à dominante civile, qu'un portefeuille sur "l'Europe de la Défense"). Avec le commissaire en charge du Développement et de l'Aide humanitaire, et celui en charge du Commerce, il y aurait ainsi un "cluster" assez logique de la nouvelle politique extérieure européenne.

La nomination d'un tel commissaire aurait un autre avantage : permettre une diversité géographique de l'approche de la politique étrangère européenne. On peut ainsi concevoir que si le poste de Haut représentant est occupé par un ressortissant d'un ancien Etat membre, celui-ci de commissaire à la "gestion de crises" pourrait être confiée à Commissaire venant d'un nouvel Etat membre. Un équilibre Nord/Sud pourrait aussi être approprié. De même on pourrait concevoir un certain équilibre politique Socialiste/libéral, par exemple.
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3 novembre 2009 2 03 /11 /novembre /2009 00:20
Finalement, après quelques tergiversations et conflit de juridiction, il y aura bien deux pirates jugés en Espagne pour l'enlèvement du thonier basque Alakrana le 2 Octobre au large de la côte somalienne. Le doute sur l'âge d'un des pirates est levé. Cabdiwelli Cabullahi, alias Abdu Willi a entre 19,7 et 20,5 ans, selon un test de la clavicule demandé par la Chambre criminelle de l'Audiencia Nacional jeudi dernier, annonce la presse espagnole (lire El Pais). Ce sera donc le juge central d'instruction, Santiago Pedraz, qui sera compétent, et non la juridiction pour mineurs, a décidé la Cour dans son arrêt rendu lundi matin. Mais la Cour a aussi levé un doute, qui pesait sur la procédure : les crimes ayant été commis sur un navire battant pavillon espagnol et la Convention sur le droit de la mer rendant la piraterie comme un crime universel dont la poursuite est de droit dans tout État, les juridictions espagnoles sont bien compétentes.

 

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2 novembre 2009 1 02 /11 /novembre /2009 00:23
Les pirates ne se limitant plus au large de la Somalie, mais écumant tout l’Océan indien, l’archipel des Comores (au sud-ouest des Seychelles) craint d’être visé à son tour. C’est ce qu’a déclaré le chef d’État-major de l’armée comorienne le Brigadier général Salimou Amir à Mombasa, à l’occasion d’un exercice qui va rassembler du 21 au 26 novembre, 14 pays de la région, à Djibouti. “Nous nous attendons à ce que les pirates arrivent d’un jour à l’autre” a-t-il expliqué selon la presse kenyane qui rapport ses propos. Les Comores "attendent une aide de certains pays comme le Kenya ou les pays nordiques" pour les aider à lutter contre la piraterie. Objectif notamment : renforcer le corps de gardes-côtes comoriens. Si cette crainte est avérée, l’île française de Mayotte pourrait devenir un poste avancé de surveillance de la piraterie.

Même si elle ne peut pas accueillir dans son port les frégates, son lagon offre un accueil aux navires de guerre de tout gabarit. L’île vient d’être dotée d’un hélicoptère de la gendarmerie, termine son équipement de radars, et compte plusieurs vedettes rapides (gendarmerie, douanes, ), surtout destine à lutter contre l’immigration clandestine (en provenance de l’île voisine d’Anjouan) mais qui peut, au besoin, être utilisé pour lutter contre la piraterie. Elle compte un détachement de légionnaires et de marins charges notamment d’assurer la mission “d’action en mer” de l’État. Elle est également équipée de puissantes antennes d’observation de la DGSE.
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1 novembre 2009 7 01 /11 /novembre /2009 22:26
Plusieurs coups de feux ont été échangés entre des "pêcheurs" somaliens et le navire norvégien, partie prenante de la force européenne anti-piraterie Eunavfor Atalanta. Dans la nuit de samedi, le Fridjof Nansen était proche des côtes somaliennes, à 12 miles à l'est de Caluula, un village du nord-est de la Somalie (dans la région autonome du Puntland). "Une zone connue - selon Atalanta - pour des activités illégales de piraterie". Le bateau de visite s'est livré à un contrôle de plusieurs boutres de pêcheurs. Tout allait bien pour les premiers bateaux contrôles qui "se sont montrés coopératifs". En approchant du quatrième, des coups de feux ont été soudain tirés en direction des marins norvégiens. Ceux-ci ont répliqué immédiatement et se sont mis à bonne distance pour éviter l'escalade, à une distance d'environ 1000 mètres. Aucun norvégien n'a été blessé. En revanche des sources somaliennes citées par l'AFP font état de deux tués - un Somalien et un Yéménite - ainsi que trois blessés - dont deux Yéménites. Information non confirmée, mais non démentie au QG d'Atalanta à Northwood. Les Norvégiens "se sont mis à bonne distance d'environ 1000 mètres. Aussi ils ne pouvaient confirmer les informations sur des blessés (s'il y en a eu) et ils ont continué leur tâche d'accompagnement des bateaux du PAM".
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1 novembre 2009 7 01 /11 /novembre /2009 16:20
Après avoir déstocké à la fin de l'été (lire : Opération "déstockage" chez les pirates somaliens... Attention au retour, offensif), le temps pour les pirates somaliens de remplir leur besace est effectivement venu. En quelques semaines, ils ont capturé cinq navires. Ils réclament ainsi 7 millions de $ de rançon pour les deux britanniques, les Chandler, capturés sur un yacht (ils ont abandonné le yacht transférant leurs otages à terre). De quoi garnir la hotte du père Noël somalien. Le rythme est actuellement soutenu et garanti, à raison d'un ou deux bateaux par semaine : le singapourien Kota Wajat (le 15 octobre), le britannique Lynn Rival (le 22 octobre), le thaïlandais Thaï Union jeudi dernier (29 octobre). Et, samedi dans la nuit, c'est au tour d'un bateau de pêche yéménite d'avoir été capturé, au large d'Eyl, ont annoncé les pirates, selon Reuters. Les pêcheurs se seraient défendus et auraient tué un pirate et blessé un second. Les pirates attaquent tout azimut.

Deux thoniers basques échappent à une attaque.
Coup sur coup trois thoniers se sont trouvés attaqués. Vendredi, l'Iria Flavia, de la compagnie Albacora, a été poursuivi par un skiff rapide à environ 200 miles des Seychelles. Quand les pêcheurs ont vu qu'ils ont été suivis, ils ont accéléré. Ce qui a permis de déjouer l'attaque. Le navire s'est ensuite réfugié dans l'archipel (britannique) des Chagos. Samedi, aux petites heures de la matinée, c'était au tour de l'Artza, un bateau basque de Bermeo sous pavillon des Seychelles, d'être attaqué à environ 210 miles des côtes somaliennes (une zone plutôt dangereuse). Les agents de sécurité privée, présents à bord, ont riposté par des tirs (1). Les pirates ont alors abandonné la poursuite. Une patrouille de la Marine aurait d'ailleurs localisé le bateau-mère des pirates dans la zone, selon des sources espagnoles.

 

Et un thonier breton, à nouveau ! Deux heures, plus tard, le thonier breton, l'Avel Vad (de la compagnie France Thon / CMB), a été attaqué, à 350 miles des côtes somaliennes (dans la même zone environ que le thonier breton Cap Saint Vincent) par deux skiffs de couleur bleue. L’Avel Vad était en compagnie du Trévignon (les thoniers naviguent toujours en binôme désormais). Les marins avaient repéré assez tôt sur leur radar (vers 7h30 Zoulou, 10h30 locales) ce qui leur semblait être un « mother ship », un skiff équipé d’une bâche. Trois quart d’heure plus tard, l’hésitation ne semblait plus permise. « Au moins deux skiffs fonçaient vers le thônier ». Les équipes de protection embarquées, composées des fusiliers marins, ont donné « un avertissement par fusées éclairantes puis, engageant l’étape suivante, ont tiré des coups de sommation (en l’air). Il n’y a pas eu nécessité de passer à l’étape suivante, des tirs de semonce (dans l’eau) » explique un officier de l’État-Major français à Paris. Les pirates avaient déguerpis. Au QG d'Atalanta - l'opération antipiraterie de l'UE - on suit attentivement la situation espérant localiser les attaquants.

 

NB : cette information a été reprise par l'AFP qui s'est bien gardée de mentionner la source (Bruxelles2 ou Ouest-France). Ce n'est pas la première fois...

 

(1) Le gouvernement des Seychelles comme le gouvernement espagnol, plus récemment (vendredi), ont autorisé la présence d'hommes armés, de sécurité privés, à bord des thoniers battant pavillon des Seychlles ou de l'Espagne.

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1 novembre 2009 7 01 /11 /novembre /2009 00:00

Le travail mené par l’UE sur les concepts militaires continue (lire aussi histoire de concepts). Le Comité militaire de l’UE a ainsi adopté en septembre un programme complet jusqu’à 2011. (Un document que je n’avais pas eu le temps de détailler jusqu’ici ; le long trajet en avion vers l’Océan indien m’en a donné l’occasion). Rappelons que c’est l’État-Major de l’UE qui prépare la planification militaire à deux niveaux : politique et stratégique et dans certaines circonstances au niveau militaire stratégique.

Le concept d’opérations extérieures de l’UE. Un concept cadre sur le déploiement d’opérations militaires conduites par l’UE (Expeditionary Operations lead UE) — ainsi que des concepts dérivés concernant les composantes « terre », « mer », air » — doivent être préparés. Seul un concept général, estiment en effet les militaires, peut couvrir le spectre complet pour le déploiement, l’exécution des missions. Actuellement, un concept cadre existe pour la réponse rapide mas pas dans le cas d’une réponse militaire standard. Ces concepts devront être complétés par plusieurs études menées par l’Agence européenne de défense : sur la puissance aérienne déployable (Deployable Air Power), sur l’établissement maritime (Sea Basing), sur la récupération de personnel (Personnel Recovery).

D’autres concepts et travaux doivent être menés : un concept cadre pour la protection de la force, des études de l’AED sur les dispositifs anti-missiles terre-air (MANPADS ou système antiaérien portable), la coordination des mesures anti-IED (engins explosifs improvisés) avec la défense missile aérienne de théâtre (TAMD) et, éventuellement, les mesures anti-mines dans les zones littorales maritimes. Le concept de la puissance aérienne déployable et la composante de réaction rapide Air doivent fournir le cadre de la mise en vigueur de la base opérationnelle de déploiement (DOB) de l’Eufor. Un document de l’État-Major doit sortir en novembre 2009.

L’étude sur l’interopérabilité menée par la la task force « headline goal » de l’État major, ne pourra pas se conclure avant l’automne 2009. Mais déjà émerge la nécessité de travailler différents concepts complémentaires, par exemple sur les opérations de sécurité maritime.

Au niveau du planning, si le concept sur les opérations spéciales est terminé, celui sur le TAMD a été reporté au plus tôt au 2e trimestre 2010 quand les concepts « de protection de force » et « d’opérations extérieures » seront prêts.

D’ici la fin de l’année, quatre concepts clés – rédigés par l’État-major - doivent être terminés : les implications opérationnelles sur une approche globale (Operating Implications of a Comprehensive Approach - OICA), les opérations expéditionnaires, la protection de la force, opérations de réseau informatique (CNO). Une série de concepts militaires seront rédigés : mise en vigueur de la base opérationnelle de déploiement aérienne (fin 2009), usage de la force (début 2010), réaction rapide maritime et aérienne (mi-2010), récupération du personnel (début 2e trimestre 2010), Sea basing, C Manpad et Deployable Air power (1er trimestre 2010)

Coté instructions permanentes, doivent être finalisés celle sur le Quartier général de l’UE et le quartier général d’opérations (OHQ) (mi-2010), puis le FHQ (fin 2010), et enfin le manuel de gestion de crise de l’État-Major (début 2e trimestre 2010).

Enfin, une série de réflexions est entamée pour adapter l’État-major à la nouvelle donne institutionnelle: nouvelles structures et responsabilités du secrétariat du Conseil, ainsi que débat sur la connexion civilo-militaire...

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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Défense UE (droit doctrine politique)
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31 octobre 2009 6 31 /10 /octobre /2009 21:07
Qui présidera les futurs comités techniques et politiques s'occupant d'affaires étrangères au sein de l'UE : la blonde ou la brune ? Lina ou Maria ?  Celle qui fera (peut-être) partie du service d'action extérieure sous la charge du Haut représentant ou celle qui restera diplomate de la présidence suédoise ?
Maria Weimer et Lina Nordbord, deux des diplomates suédoises actuellement sur le pont qui participent aux groupes de la PESC, le groupe Nicolaidis notamment, qui prépare les décisions du COPS, lors d'une réunion "informelle" à Stockholm (crédit photo : Présidence suédoise)

Ce n'est pas qu'une question de couleur de cheveux. La question est très sérieuse. C'est même une des (nombreuses) questions, assez délicates, non résolues explicitement par le Traité de Lisbonne. Celui-ci a bien prévu que le Haut représentant présiderait le conseil des Ministres des Affaires étrangères mais n'est pas entré vraiment dans le détail. Une déclaration annexée au Traité (déclaration 9) précise, et encore de façon implicite, que tous les comités préparatoires et groupes de travail du ressort des affaires étrangères ne sont pas présidés par la présidence tournante (ce qui signifie qu'ils le sont par un délégué du Haut représentant) "à moins qu'il n'en soit décidé autrement". Cette règle apparaissait cependant aux yeux de la plupart des délégations devoir subir quelques dérogations. Une note
vient ainsi d'être diffusée aux Etats membres qui répartit les présidences selon la tâche dévolue aux comités ("Note de la présidence sur l'état d'avancement des travaux concernant la présidence des instances préparatoires du Conseil (formation des affaires étrangères"). Elle a recueilli apparemment l'assentiment de tous les Etats membres. Mais aucune décision formelle n'interviendra tant que le Traité de Lisbonne ne sera pas en vigueur.

Répartition des présidences

Elle effectue un partage assez simple entre le Haut représentant (ou son délégué) et la présidence tournante de l'UE (1). De manière générale, tout ce qui concerne l'Europe de la défense passera dans le domaine du Haut représentant pour la politique étrangère. Rappelons que le COPS sera aussi présidé par un délégué du Haut représentant.

Un délégué du Haut représentant présidera les groupes de travail de la PESD — Groupe politico militaire (PMG), de gestion des crises civiles (CIVCOM), la politique des armes (COARM) — ainsi que certains comités horizontaux de la politique étrangère (PESC) : le Nicolaidais Group (qui vient en soutien de la PESC, COHOM (droits de l'homme), le COSCE (Osce et Conseil de l'Europe), le CONUN (Nations-Unies, le protocole et affaires administratives de la PESC (COADM), le CODUN (contrôle des armes et désarmement), le CONOP (non-prolifération), le COARM (
export des armes conventionnelles).

Il présidera également tous les comités géographiques Mashreq/Maghreb (COMAG/Mama), Asie centrale et Europe de l'est (COEST), Balkans (COWEB), Moyen-Orient (COMEM'MOG), Asie Océanie (COASI), Amérique latine (COLAT), Relations transatlantiques (COTRA), Afrique (COATR).


Il faut noter que le comité militaire de l'UE restera sous sa forme actuelle présidée de façon permanente par un général élu par ses pairs pour une durée de 3 ans (à suivre les adieux de Bentegeat).


C'est le Haut représentant qui désignera lui-même celui qui le représentera dans le groupe de travail concerné. 


La présidence tournante présidera d'autres groupes de travail de la PESC : le groupe RELEX (relations extérieures), le COTER (terrorisme), le COCON (affaires consulaires), le COJUR (droit international public) et le COMAR (droit de la mer)
. Elle présidera également les comités "Commerce" et "Développement", notamment celui sur l'Aide humanitaire, ou sur les biens à double usage.

Entrée en vigueur progressive. Ces mesures ne vont pas entrer en vigueur tout de suite. Afin de préserver la montée en puissance du dispositif
et de ménager les Etats qui ont déjà fait tout le travail de préparation et s'apprêtent à prendre la présidence, une période de transition est prévue de six ou douze mois. Ainsi durant six mois, les groupes de travail PESC et PESD continueront d'être présidés par la présidence tournante (en gros la présidence espagnole), et durant douze mois pour les comités géographiques (en gros les présidences espagnole et belge).

(1) Contrairement à certaines affirmations, la présidence fixe du Conseil européen ne supprime pas en effet la présidence tournante de l'UE qui continue d'être effectuée à tour de rôle par les Etats membres (tous les six mois, plus ou moins, selon l'ordre alphabétique dans la langue originale)
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Défense UE (droit doctrine politique)
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31 octobre 2009 6 31 /10 /octobre /2009 20:42
Le nouveau Traité européen (version Lisbonne) oblige à différents aménagements des structures institutionnelles : règlement intérieur du Conseil (qui comprendra un volet sur le Conseil européen...), règlement financier... Accompli à marches forcées par la présidence suédoise, lors de plusieurs séances des ambassadeurs, ce travail est en passe de se terminer. Un temps relativement court par rapport à l'ampleur du travail qui s'explique par deux raisons. Le travail avait déjà été commencé il y a plusieurs années déjà quand la Constitution européenne devait entrer en vigueur. Puis il avait été "mis au frigo" avec les "Non" néerlandais et français. Puis le "Non irlandais" au Traité de Lisbonne avait à nouveau gelé les travaux. Discrètement depuis plusieurs mois, les techniciens avaient repris leur ouvrage, remettant à jour leurs anciens travaux et vérifiant les questions à résoudre. Quand donc la question de l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne est devenue plus actuelle, ils n'ont plus eu qu'à soumettre aux diplomates les différents points à résoudre et les solutions envisagées. Un des premiers travaux que nous pouvons présenter est cette "Note de la présidence sur l'état d'avancement des travaux concernant la présidence des instances préparatoires du Conseil (formation des affaires étrangères)"
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Europe pouvoir - Traité de Lisbonne
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logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.