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27 octobre 2009 2 27 /10 /octobre /2009 23:14
Assez de promesses, maintenant il nous faut des actes. Voici comment on pourrait résumer la missive que viennent d'envoyer le ministre des Affaires étrangères suédois, Carl Bildt, qui assure la présidence de l'UE, et Javier Solana, le Haut représentant de l'UE pour la politique étrangère. Cette lettre sonne l'alarme. « La stabilité et la sécurité en Afghanistan sont à un point critique » « Nous devons faire plus pour remplir notre engagement politique de renforcer la police afghane et le secteur de l'Etat de droit» La mission de police de l'UE en Afghanistan (EUPOL) qui doit avoir un effectif de 400 personnes « reste de façon significative à court de personnel et fait face à des défis logistiques de transport à l'intérieur du pays qui empêche la pleine application de son mandat » « Now more than ever it is essential that we redress this » expliquent les deux haut responsables européens.
Javier Solana et Carl Bildt lors de la conférence des Ministres des affaires étrangères le 27 octobre © NGV

Il manque 130 personnes... « Beaucoup d'efforts ont déjà été faits mais TOUS (c'est souligné) les Etats membres doivent faire plus ». La mission manque toujours de « 130 hommes et femmes, bien entraînées, principalement des officiers de policiers et davantage de soutien logistique pour se déployer hors de Kaboul dans tout le pays ». Un conférence intitulée "Conférence sur Eupol Afghanistan, résoudre les déficits logistiques et de personnel » est donc convoquée à Bruxelles pour trouver des solutions. Une conférence de génération de la dernière chance en quelque sorte...

L'UE joue sa crédibilité. « Nous comptons sur votre fort soutien et vous priont de s'assurer que vos représentants soient préparés à annoncer des détachements supplémentaires d'officiers de police et d'experts pour Eupol. (...) C'est une question de crédibilité de l'UE vis-à-vis du gouvernement afghan et de la communauté internationale toute entière » concluent les signataires de la lettre. On ne saurait dire mieux. La (grande) Union européenne qui fournit près de la moitié des troupes de l'ISAF (environ 30 000 hommes), qui mouline à tours de bras sur la nécessité stratégique d'être présent en Afghanistan, paraît incapable d'envoyer quelque 130 policiers et experts. Et cela dure depuis de longs mois. C'est effectivement ridicule... Et certains Américains ont beau jeu de se gausser d'une UE incapable d'assurer ses promesses. (1)

(1) Actuellement Eupol doit compter sur les moyens de transport US essentiellement. Ce qui rend nos "amis américains" un tantinet badins... sur l'engagement européen (et je suis gentil -:)).
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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Orient - Afghanistan-Pakistan
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27 octobre 2009 2 27 /10 /octobre /2009 22:54

Finalement les discussions sur le Service européen d'action extérieure (EEAS en abrégé anglophone) auront été assez rapides (cf. premières vues). Les 27 Ministres des Affaires étrangères sont ainsi tombés d'accord sur le rapport de la présidence destinant les contours du futur service diplomatique de l'UE. Ce rapport qui fait une dizaine de pages vaut le coup d'être lu, et relu. Car il ne faut pas se cacher : c'est bien une nouvelle structure "sui generis" qui voit le jour (le mot "institution" serait sans doute trop fort). Et, depuis la Banque centrale européenne, l'UE n'avait pas créé de nouvelle structure.

Son rôle : assister le "Haut représentant de l'UE pour la politique étrangère" dans l'exécution de son mandat, mais également assister le (nouveau) président du Conseil européen et les membres de la Commission dans leurs fonctions respectives. Le Service sera organisé par "desk" géographique ainsi que des directions horizontales (défense, droits de l'homme...). Le service diplomatique couvrira également les pays candidats à l'UE mais l'élargissement restera de la responsabilité de la Commission (sous la direction du Commissaire responsable pour l'élargissement). De même le Commerce et la politique de Développement resteront sous la compétence des Commissaires et DG respectifs.

Une organisation "sui generis". Le Service diplomatique est un service "sui generis" séparé par nature du secrétariat du Conseil et de la Commission. Il doit avoir une autonomie en termes de budget administratif et de gestion de son personnel. Son statut organisationnel doit refléter et soutenir son rôle et ses fonctions uniques dans le système de l'UE. Le Haut représentant proposera donc le budget du service dans une section séparée du budget de l'UE (sous l'intitulé V). Les règles budgétaires habituelles seront d'usage.

La gestion de crises, intégrée, avec ses spécificités. C'est le point important pour la PESD. Celle-ci ne sera pas scindée comme on pouvait le craindre. Ainsi la (nouvelle) direction de planification et de gestion de crises (CMPD), la Capacité de conduite et de planification civile (CCPC/CPCC ou Etat-Major civil de crise) ainsi que l'Etat-Major militaire (EUMS) seront parties prenantes du nouveau service, en tenant compte de leurs spécificités. Il en sera de même avec le centre de renseignements (SitCen) de l'UE, avec des précisions particulières pour lui permettre de fournir ses services aux autres institutions (Conseil européen...). En revanche, on ne sait pas si le Centre satellitaire de l'UE à Torrejon, l'Institut d'études de sécurité à Paris et le Collège européen de défense lui seront rattachés. Ce serait logique. Mais ce n'est pas formellement acté.

Un Budget en grande partie cogéré avec la Commission. Le Haut représentant disposera du budget PESC et de l'Instrument de stabilité - qui continueront d'être gérés d'un commun accord entre le Conseil et la Commission. La division du travail entre le service diplomatique et les services de la Commission notamment pour l'utilisation des lignes budgétaires géographiques et thématiques (Fonds européen de développement FED, Instrument de voisinage, Instrument européen pour la démocratie et les Droits de l'homme, instrument pour la Coopération nucléaire, Instrument de stabilité...) sera fixée rapidement « d'ici la fin 2009 ». La programmation et la mise en vigueur de ces budgets feront l'objet de consultations entre le Haut représentant et les services concernés de la Commission. La proposition finale continuera d'être adoptée par le Collège des commissaires.

Le Parlement associé a minima. Le Haut représentant consultera régulièrement le Parlement européen sur les aspects de la PESC/PESD. Mais rien de plus (contrairement aux revendications du Parlement européen, j'y reviendrai).

Services. Le service diplomatique inclura un nombre limité de fonctions de soutien vital (sécurité, technologies de l'information, gestion des ressources humaines), ainsi qu'un petit service juridique spécifique. Mais afin de garder une "efficacité des coûts", il disposera des autres services du Conseil ou de la Commission (service juridique, service de traduction). Les délégations de la Commission vont devenir des délégations de l'Union sous l'autorité du Haut représentant, et parties prenantes de la structure du service diplomatique.

Un personnel tripartite. Le personnel viendra de trois institutions : le secrétariat général du Conseil, la Commission et les Etats membres. Ces trois catégories de personnel devront être traitées à égalité, et être éligibles à assumer toutes les positions sous des conditions équivalentes. Le personnel des Etats membres aura le statut des agents temporaires (sous les règles des conditions d'emploi pour les autres agents). avec les mêmes droits et obligations. Un équilibre entre les différentes catégories devra être assuré. A terme le personnel venant des Etats membres devra représenter au moins un tiers des effectifs. Le Haut représentant sera l'autorité investie du pouvoir de nomination. Le recrutement devra être effectué selon une procédure transparente, basée sur le mérite, avec l'objectif d'assurer (également) un équilibre géographique, et l'équilibre hommes femmes. Un système de rotation sera assuré : tout d'abord, à l'intérieur du service, entre le quartier général et les délégations ou entre les services du quartier général ; ensuite, entre le Service et les services diplomatiques nationaux; enfin, "si possible", avec les autres services de la Commission ou du secrétariat général du Conseil.

Recrutement limité au minimum. Autant que possible, l'établissement du Service devra être guidé par le principe de la neutralité budgétaire (du rapport coût efficacité. "Toutes les opportunités de rationalisation" devront être utilisées, au besoin la transformation de postes temporaires de la Commission ou du secrétariat du Conseil.

Mise en place par étapes. Comme indiqué, ce service ne fonctionnera pas tout de suit à plein régime. Trois étapes sont prévues. Une première période (préparation) s'étendra entre l'entrée en vigueur du Traité et l'adoption de la décision sur l'organisation et le fonctionnement du Service. Le haut représentant devra soumettre sa proposition dans l'idée de terminer le processus en avril 2010. Ce qui suppose de devoir s'activer... Outre les services de la Commission et du Conseil, une "petite équipe préparatoire" composée de membres de la Commission, du secrétariat du Conseil et des Etats membres, soutiendra le Haut représentant. La deuxième étape (montée en puissance) commencera à partir de l'adoption de la décision du Conseil jusqu'aux alentours de 2012, d'adoption de "vitesse de croisière", où un premier rapport sur l'organisation du service devra être fait. La troisième étape durerait jusqu'en 2014, permettant d'établir un point sur le fonctionnement du service. Cette révision inclura l'objectif du Service, ainsi que le rôle des délégations dans les affaires consulaires (on sait que c'est une revendication du Parlement européen).

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27 octobre 2009 2 27 /10 /octobre /2009 20:10
Le dispositif des militaires embarqués à bord des navires de pêche bretons dans l'Océan indien a, une nouvelle fois, été mis à l'épreuve. Il était environ 11 heures GMT (14 heures locales) quand deux skiffs, avec une demi-douzaine de personnes, se sont rapprochés du Cap Saint Vincent, un thonier de 67 mètres, basé à Concarneau, appartenant à France-Thon (CMB/Saupiquet). Celui-ci se trouvait alors en plein Océan indien, à 350 miles des côtes somaliennes (un peu plus près de la Somalie que des Seychelles apparement selon les dernières indications).

Réplique graduée. Les fusiliers-marins à bord du thonier ont répliqué. « Une réponse graduée a été faite selon le dispositif habituel », précise-t-on à l'Etat-major des armées à Paris, qui confirme l'information, « avec fusées éclairantes, tirs en l'air. Et il a fallu des tirs au but » pour que les pirates cèdent le terrain. Personne dans l'équipage du thonier n'aurait été blessé.
Les pirates n'ont pas été poursuivis dans l'immédiat, aucun navire de guerre ne se trouvant à proximité. En revanche, un des assaillants aurait été tué ou blessé selon l'organisation Ecoterra. Information non confirmée du coté de l'Etat-Major. "Nos militaires n'ont pas consigne de poursuivre les pirates. Dès qu'ils ont vu que les attaquants rompaient l'attaque, le thonier a poursuivi sa route" m'a-t-on précisé. Une alerte a aussi été diffusée à tous les navires aux alentours par Atalanta (l'opération européenne anti-piraterie). Lire la suite

C'est la troisième fois qu'un thonier breton est attaqué dans l'Océan indien - le Drennec, en septembre 2008, puis le Glénan, en octobre 2009 - sans compter l'Alakrana, thonier basque espagnol qui a été capturé par les pirates en septembre 2009 et dont l'équipage est toujours retenu en otage.
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27 octobre 2009 2 27 /10 /octobre /2009 12:29
Un yacht avec 2 passagers britanniques a été capturé par des pirates somaliens qui ont revendiqué la prise, annoncent les agences de presse. L'information est confirmée du coté du QG d'Atalanta. "Le yacht avait été porté disparu samedi dernier. Un yacht similaire a été localisé par les avions d'Atalanta à environ 200 miles des côtes somaliennes." Il y a de fortes présomptions que ce soit le même.

Le Lynn Rival, un yacht de 11 mètres, conduit par un couple britannique, Paul et Rachelle Chandler, a quitté les Seychelles, il se dirigeait vers la Tanzanie. Vendredi leur balise de détresse s'est déclenchée.
Il aurait été capturé non loin de Victoria, la capitale seychelloise, dans la zone économique exclusive.

(Maj : jeudi 29) Le QG d'Atalanta a confirmé officiellement, jeudi, que le navire britannique a bien été capturé, photo à l'appui, prise par l'hélicoptère de la frégate espagnole Canarias.
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27 octobre 2009 2 27 /10 /octobre /2009 06:32

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26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 23:55
La firme italienne aéronautique, Agusta, pourrait devoir rembourser des aides d'Etat perçues pour le développement des modèles hélicoptère A139 (devenu AW139 ensuite) et hélicoptère-avion Ba609 que la Commission européenne estime illégalement perçue, révèle le quotidien "la Stampa" de samedi. Une enquête avait été ouverte en 2003, suite à une plainte française. Pour les Italiens - qui invoquent l'article 296 du Traité - il n'y pas lieu à sanctions car ils s'agit d'intérêts essentiels à la sécurité nationale. Berlusconi est d'ailleurs intervenu auprès du président de la Commission, JM. Barroso pour essayer d'éviter une condamnation et trouver un arrangement. Pour la Commission, qui s'appuie notamment sur la jurisprudence de la Cour de justice (1), il s'agit de programmes à des fins plus civiles que militaires.

L'histoire remonte à six ans, quand la Commission reçoit une plainte d'une société française sur la loi italienne visant à octroyer des aides Recherche & Développement  dans le secteur aéronautique. L'aide concerne six dossiers, dont l'hélicoptère A109. En 2005, la Commission avait étendu l'enquête à une vingtaine de dossiers tout aussi litigieux, et émet de sérieux doutes quant à l'aspect militaire des aides. En mars 2008, elle rend un premier avis demandant le remboursement par Finmeccanica et Avio d'un montant global d'aides supérieur à 450 millions d'euros sur un montant global de près de 3 milliards d'euros reçus mais estime qu'il lui faut poursuivre l'enquête sur les deux aides aux hélicoptères.


(1) La Cour de justice avait en 2008 émis un premier arrêt dans le secteur d'armement, justement à propos d'un marché public dont Agusta était bénéficiaire, qui donnait la ligne à suivre pour apprécier le critère "d'intérêt légitime de sécurité nationale" (lire ici). La directive "marchés publics de défense", adoptée en juillet, incite également à ouvrir des marchés jusqu'ici protégés.

(crédit photo : Agusta Westland)
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26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 23:47
Les commandants des trois plus forces multinationales de lutte contre la piraterie dans l'océan Indien se sont rencontrés, lundi 26 octobre, à bord de l'Evertsen, le navire amiral de l'EUNAVFOR, dans le corridor de transit international. L'occasion pour le Commodore Pieter Bindt, commandant de la Force navale européenne (UE NAVFOR), le Contre-amiral Scott Sanders, commandant de la Combined Task Force 151 (CTF 151) et le Commodore Steve Chick, commandant du groupe maritime permanent 2 de l'OTAN (SNMG 2) "d'évaluer leurs initiatives récentes visant à accroître l'efficacité et l'efficience de leurs forces et de discuter des voies d'avenir" selon le communiqué qu'a diffusé EUNAVFOR.

Actuellement, environ 27 navires de 16 nations différentes sont engagés dans des opérations anti-piraterie au large des côtes de la Somalie dans le golfe d'Aden et l'océan Indien, soit au titre d'une des coalitions multinationales, soit à titre national (Japon, Chine, Inde et Arabie saoudite).

Selon les commandants, la "chance" pour un pirate de "détourner un navire attaqué, est de 1 sur 9, contre 1 sur 3 pour la période météorologiquement similaire du 15 Février au 15 Avril" (NB : si on analyse les chiffres du BMI, on arrive à un résultat un peu différent). Dans le golfe d'Aden, le taux de réussite a chuté à 0 » souilgnent-ils.
Mais les trois commandants ont aussi tenus à réaffirmer que le succès de la lutte contre la piraterie n'était pas en mer mais "que la solution est dans la stabilité et l'application des règles de droit à terre", ainsi que dans "le renforcement des capacités régionales pour dissuader, perturber et de réprimer la piraterie".

Crédit photo : EUNAVFOR : de gauche à droite,
Steve Chick (OTAN), Pieter Bindt (EUNAVFOR), Scott Sanders (CTF151
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26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 18:00
Le Conseil des ministres de l'UE va adopter, mardi, une décision d'embargo sur les armes à destination de la Guinée (comme déjà mentionné). En voici les détails.

Principe d'interdiction : « Sont interdits la vente et la fourniture à la Guinée ainsi que le transfert et l'exportation à destination de ce pays, par les ressortissants des États membres ou depuis le territoire des États membres, ou au moyen de navires ou d'aéronefs de leur pavillon, d'armements et de matériels connexes de quelque type que ce soit, y compris des armes et des munitions, des véhicules et des équipements militaires, des équipements paramilitaires et des pièces détachées pour les susdits, qu'ils proviennent ou non de leur territoire. »

Trois exceptions sont prévues, essentiellement pour les opérations internationales, européennes et la protection du personnel :
 - (opérations internationales ou europeénnes) « vente, à la fourniture, au transfert ou à l'exportation d'équipements militaires non létaux destinés à des fins humanitaires ou de protection exclusivement, ou à des programmes des Nations unies, de l'Union européenne et de la Communauté concernant la mise en place des institutions, ou pour des opérations de gestion de crise de l'Union européenne et des Nations unies;»
- (protection du personnel européen) « vente, à la fourniture, au transfert ou à l'exportation de véhicules non destinés au combat qui ont été conçus pour offrir une protection balistique ou équipés de matériaux antibalistiques, aux seules fins de la protection du personnel de l'Union européenne et de ses États membres en République de Guinée; à condition que les exportations concernées aient été préalablement approuvées par l'autorité compétente ».
- (gilets pare-balles pour les personnels expatriés, ONU, UE, Etats, médias, ONG). L’embargo « ne s’applique pas aux vêtements de protection, y compris les gilets pare-balles et les casques militaires, temporairement exportés en République de Guinée pour leur usage personnel exclusivement, par le personnel des Nations unies, le personnel de l'Union européenne, de la Communauté ou de ses États membres, les représentants des médias, personnel humanitaire, le personnel d'aide au développement et le personnel associé ».
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26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 12:06
Depuis mon dernier pointage (juillet), il y a eu de nombreux changements. J'ai donc mis sur une "page" permanente, actualisée régulièrement, une liste des noms pressentis pour prendre place dans la future Commission européenne en 2010.

2010... Le ministère italien des affaires étrangères, qui est le dépositaire officiel du Traité de Rome comme de Lisbonne, a en effet confirmé officiellement que le Traité de Lisbonne devrait entrer en vigueur le 1er janvier 2010. Ce n'est qu'à ce moment que les 27 Chefs d'Etat et/ou de gouvernement pourront désigner leurs représentants officiellement. Et le Parlement européen pourra alors commencer son travail d'audition des commissaires pressentis. La nouvelle Commission prendrait alors ses fonctions en février (si tout va bien, et qu'aucun commissaire n'est "recalé"). Jusqu'à là l'actuelle Commission sera en "affaires courantes".


Même si la nomination officielle devrait être plus tard, une majorité de pays a déjà désigné, plus ou moins officiellement son représentant au sein de la future Commission. Et on peut déjà faire plusieurs constats.
Une nette prédominance de la droite - PPE (11 à 14 contre 9 aujourd'hui) et ADLE (7 contre 10 aujourd'hui) tandis que le PSE plafonne (4 à 7, en comptant le Slovaque, le Tchèque et le Néerlandais, contre 6 aujourd'hui), et 2 à 3 "techniciens". Ce qui est assez logique et reflète la composition actuelle des gouvernements européens. Mais cela ne reflète pas l'équilibre Gauche-Droite en Europe qui oscille souvent entre 40-60%. Cela constitue donc un risque pour une institution sensée représenter l'intérêt général. D’autant qu’en 5 ans, la tendance peut s’inverser dans les Etats membres. Attention cependant aux amalgames rapides : un social-démocrate tchèque ou britannique est plus proche d'un libéral néerlandais tandis qu'un libéral belge ou un UMP français est plus proche d'un social-démocrate suédois.

Très peu de femmes
pour l'instant : seulement 4 dans les "nominés" ! (contre jusqu'à 10 dans la Commission 2004). Du coup, les pays qui avancent une "bonne" candidate ont toujours plus de chance qu'un "bon" candidat.


Un certain nombre de commissaires reste en poste : au moins 9 si on ne décompte pas ceux arrivés récemment, 12 dans l'autre hypothèse


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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Europe pouvoir - Traité de Lisbonne
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26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 09:20
Il y avait le plan "McCrystal" pour le "surge" militaire en Afghanistan, il y a maintenant un pendant civil et européen. Certes le second n'est pas aussi complet, ni aussi documenté que le premier, mais il a son intérêt. Les 27 ministres des Affaires étrangères devraient l'adopter lors de leur réunion du 27 octobre, à Luxembourg. Ce plan - qui  reprend, en partie, les idées présentées par Javier Solana, et discutées au Gymnich, ainsi qu'à l’informelle des ministres de la Défense - commence par un état des lieux de la situation avant de faire le tour de ce qu’il est possible de faire en Afghanistan et au Pakistan.

La situation se détériore. Le leurre n'est plus permis sur les 27, selon le document que j'ai pu consulter. « La situation en Afghanistan se détériore. Nous ne faisons pas seulement face à une situation sécuritaire critique. Les progrès sur la réforme politique, la gouvernance et la construction de l'Etat sont trop lents et dans certaines parties du pays, quasiment inexistants. » Mais « l'insécurité en Afghanistan ne pourra pas être résolue par des moyens militaires seuls ». Créer « un cadre pour la stabilité en développant des institutions d'Etat effectives, améliorant la gouvernance, les règles d'Etat de droit et de droits de l'homme et combattre la corruption est aussi important ». Il s'agit d'établir un « gouvernement afghan responsable et réactif ». Alors que les Etats membres européens versent, ensemble, près d’un milliard d’euros par an au pays, l’inaction du gouvernement afghan est pointée du doigt : « En l'absence d'une bonne gouvernance, d'accès aux services essentiels, d'une justice adaptée et de règles de droit, les efforts combinés des Afghans et et de la communauté internationale sur la sécurité, ne produiront pas la stabilité nécessaire politique pour favoriser un développement prospère et sûr. » « Le peuple afhan a besoin de voir leurs propres autorités fournir des améliorations tangibles dans leur vie (quotidienne). Cela seul pourra leur donner une raison d'avoir une réelle confiance dans leur Gouvernement et dans le futur de leur pays. »

Un nouvel engagement. Les 27 veulent aussi réaffirmer que l'engagement de l'UE dans le pays est « à long terme », « une stratégie de transition n'équivaut pas à une stratégie de sortie ». L'UE veut un « accord renouvellé » entre la communauté internationale et l'Afghanistan. Et afin que chacun puisse tâter le pouls de la société afghane, l’UE propose d’organiser la prochaine conférence internationale sur l’Afghanistan, directement à Kaboul. Un beau défi ! L'Europe veut apporter à l'Afghanistan ce qu'elle sait faire de mieux, comme le renforcement des structures provinciales et locales et de l'administration afghane, le développement du cadre électoral, renforcement du cadre de l'Etat de droit (corruption, drogues, police, justice...), soutien au développement rural (par la mise en place de micro-crédits pour le secteur privé). Elle entend promouvoir une stratégie d'assistance pour renforcer la « capacité du gouvernement afghan » et diriger « autant que possible l'assistance vers le budget central du gouvernement afghan », et appelle « les autres donateurs, en particulier, les USA, à adopter le même chemin ».

Une seule tête de l'UE à Kaboul. La communauté internationale aussi doit mieux se coordonner concèdent les 27. Première décision, l’UE aura désormais, à Kaboul, un seul responsable pour tous ses services présents dans le pays qu'il s'agisse de ceux de l'UE (police) ou de la Commission européenne (humanitaire, développement, justice). NB : Cette pratique du "double-hatting" ne concerne cependant pas les Etats membres qui conservent leur ambassade dans la capitale.

Achever le déploiement de la mission européenne de police (EUPOL). Alors que l’objectif était d’avoir 400 personnes, seules 270 sont présentes actuellement. Les volontaires ne se bousculent pas, en effet, au portillon : trop loin, trop dur, pas assez payé, explique-t-on. De nouvelles solutions peuvent être mises en place, par exemple en faisant financer directement par le budget de la PESC les agents détachés et en améliorant les incitations existantes pour le personnel contractuel. Il s'agit aussi de promouvoir le déploiement de différents moyens d'EUPOL dans les provinces. L'UE s'engage à assurer « une coordination maximum avec les autres initiatives qui vont prendre place dans le cadre de la mission d'entraînement de l'OTAN, qui inclut l'initiative à venir de la gendarmerie européenne (EGF) ». Le soutien au LOFTA (Law and Order Trust Fund Afghanistan) qui permet de prendre en charge les frais de fonctionnement de la police nationale afghane « doit continuer ».

Un réseau d'expert civils. Les Européens proposent de mettre en place une formation des fonctionnaires dans des sujets phares comme le budget, la planification. Basé sur l'expertise européenne, l'UE veut mettre en place un réseau d'experts disponible, basé sur les bases de données des Etats membres, qui pourraient être déployées dans un délai rapide en Afghanistan selon les besoins. L'UE entend aussi soutenir le processus de réintégration des éléments de l'insurrection - avec à la clé formation, emploi civil et soutien au développement rural - en mettant en place un "trust fund" conjoint de multi-donateurs.

Stratégie séparée au Pakistan. La stratégie pour l'Afghanistan doit s'accompagner d'une stratégie, différente, pour le Pakistan, le stabiliser de façon démocratique. L'UE entend ainsi développer sa stratégie de développement du Malakand (notamment en déployant des experts capables d'aider à absorder l'assistance financière internationale et à gérer l'assistance au développement et à la reconstruction), renforcer sa coopération dans le secteur de la réforme du secteur de la sécurité et de l'Etat de droit (en fournissant des experts pour la justice, entraînement et matériels pour la police, aide à la définition d'une stratégie de sécurité/anti-terrorisme), promouvoir la démocratie et les droits de l'homme, encourager la coopération dans la prolifération nucléaire, et favoriser le développement socio-économique (avec notamment la mise en place d'un "trust fund" géré par la Banque mondiale pour le Balochistan et les zones tribales du FATA).
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logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.