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22 octobre 2009 4 22 /10 /octobre /2009 11:29
Le Conseil des ministres des Affaires étrangères de l'UE devrait prononcer, le 27 octobre, une première série de sanctions vis-à-vis de la Guinée où la situation sécuritaire se détériore. Les émeutes de septembre où 150 personnes avaient péries ont sonné l'alarme parmi les dirigeants européens. Ces sanctions seraient ciblées sur les membres de la junte au pouvoir (gels des avoirs et restriction des visas) et accompagné d'un embargo sur les armes. Il faut remarquer la rapidité avec lesquelles ce type de mesures a été prise. D'ordinaire, ce type de mesures est plus lente à entrer en action.

Par ailleurs, les 27 devraient lever les sanctions qui affectent l'Ouzbékistan (livraisons d'armes essentiellement - les autres mesures avaient été levées il y a un an). Les diplomates de l'UE estiment en effet que le pays a fait de nombreux efforts en matière de respect des droits de l'homme et de la démocratie. et que cela mérite un encouragement. Ces mesures avaient été mises en place après les émeutes de 2005 qui avaient fait plusieurs centaines de morts et le refus du gouvernement d'accpter une enquête internationale.
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22 octobre 2009 4 22 /10 /octobre /2009 07:20

La rédaction d'un accord complet sur le transfert des pirates entre l'UE et le gouvernement Seychelles pose encore certaines questions qui mettront quelques temps à être résolues. Or la saison des pirates a repris.

(photo : plage des barbarons - © NGV)


L'augmentation de l'aide financière et logistique de l'UE, notamment, est discutée. L'UE a accordé 800.000 euros. Mais les Seychelles voudraient plus. L'archipel n'a, en effet, qu'une seule prison de 300 places, dont 12 seraient réservées à des personnes suspectes d'actes de piraterie remises par les autorités internationales. Ce qui est bien peu. Il faudrait ainsi agrandir la prison ou en construire une autre. Les Seychelles souhaiteraient ainsi que les Européens (re)mettent la main au porte-monnaie. Le ministre français de la Défense, Hervé Morin, de passage dans le pays, dimanche 18 octobre, s'est engagé à soutenir cette démarche.


Quelques craintes également

La grande crainte des Seychellois est aussi de se voir débordés par un afflux de pirates de tout horizon et, surtout, de devoir leur offrir l'asile à leur libération (après leur peine ou en cas de non-culpabilité), alors que l'ile n'a que peu d'habitants (83.000 environ). Précisons que l'archipel est dirigé par un gouvernement "révolutionnaire" tempéré. Le SPPF - front progressiste du peuple seychellois - est au pouvoir depuis 1977. Et les responsables politiques, même s'ils ne le disent pas publiquement, redoutent un certain "entrisme" des Occidentaux et veulent maintenir leur indépendance, en n'apparaissant pas trop liés à un camp. L'Inde, les Etats-Unis sont aussi très présents dans l'ile. 

Montage juridique à trois niveaux

Pour permettre une application rapide du transfert des pirates aux Seychelles, on a donc trouvé une solution provisoire. On a recouru à la technique de "l'échange de lettres" - couramment utilisé en matière diplomatique pour aller vite, par exemple au Tchad au début d'EUFOR - accompagné d'une "déclaration" de l'UE pour rappeler quelques principes. Une décision du Conseil de l'UE donnera une valeur juridique au sein de l'Union européenne, à tout ce dispositif. En outre, un compendium intitulé "lignes directrices régissant le transfert, aux Seychelles, des personnes suspectées d'actes de piraterie ou de vols à main armée ainsi que de leurs biens saisis" a été établi par l'Attorney général des Seychelles afin que le transfert éventuel de personnes suspectées d'actes de piraterie et de vol à main armée se déroule conformément à la législation des Seychelles (document également approuvé sur le plan des principes par l'UE). Il devrait être distribué aux différents éléments (bateaux, avions, équipes embarquées...) évoluant dans la zone.

Les conditions posées par les Seychellois et acceptées par l'UE

Condition géographique

Le transfert sur le territoire est limitée à des conditions géographiques aux personnes : 
- capturées « au cours de ses opérations menées dans la zone économique exclusive et les eaux territoriales, archipélagiques ou intérieures de la République des Seychelles ».
- capturées, au-delà de ces limites, quand elles ont attaqué « des navires sous pavillon des Seychelles et des citoyens seychellois se trouvant à bord de navires ne battant pas pavillon des Seychelles ainsi qu'à d'autres circonstances en haute mer, à la discrétion de la République des Seychelles ».

Aide logistique et financière

L'UE apporte aux Seychelles « toute l'aide nécessaire sur le plan des finances, des ressources humaines, de l'équipement, de la logistique et de l'infrastructure pour détenir les personnes suspectées d'actes de piraterie ou de vols à main armée ou déclarées coupables, les prendre en charge pendant leur incarcération, mener les enquêtes, les poursuivre, les juger et les rapatrier. (...) Au cas où l'Attorney General décide que les éléments de preuve sont insuffisants pour engager des poursuites, l'EUNAVFOR prend totalement en charge, y compris sur le plan financier, le renvoi des pirates et voleurs à main armée présumés dans leur pays d'origine, dans un délai de 10 jours après que l'EUNAVFOR a été informée d'une telle décision »

Procédure

« L'Attorney General dispose d'au moins dix jours à compter de la date du transfert des personnes suspectées d'actes de piraterie ou de vols à main armée pour statuer sur le caractère suffisant des éléments de preuve présentés aux fins de poursuites. (...) Le transfert des personnes suspectées d'actes de piraterie ou de vols à main armée intervient dans toute la mesure du possible conformément aux lignes directrices régissant le transfert, aux Seychelles, des (suspects). »

Respect des droits humains

Le gouvernement assure que « toute personne transférée est traité humainement, n'est pas soumise à la torture ou à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants; est détenue dans des locaux adéquats, reçoit une nourriture suffisante, a accès à des soins médicaux et peut observer sa religion ». Le droit à être « jugé dans un délai raisonnable, ou être libérée »; « à voir sa cause entendue équitablement par un tribunal compétent, indépendant et impartial »; « à être informée dans une langue qu'elle comprend de la nature de l'accusation », « de disposer du temps (et des moyens pour assurer sa défense », etc. sont inscrits noir sur blanc.

Le rappel de quelques principes par l'UE

1. Droits internationaux : « l'échange de lettres n'a pour but de déroger, ni ne peut être interprété comme dérogeant, aux droits dont jouit une personne transférée en droit national ou international. »

2. Accès aux prisonniers : « des représentants de l'UE et de l'EUNAVFOR auront accès aux personnes transférées à la République des Seychelles dans le cadre de l'échange de lettres aussi longtemps qu'elles y sont maintenues en détention et qu'ils pourront avoir le droit de les interroger. Ils pourront disposer d'un relevé précis de toutes les personnes transférées, notamment un dossier concernant les biens saisis, l'état de santé de ces personnes, la localisation de leurs lieux de détention, les accusations portées contre elles et toutes les décisions importantes prises dans le cadre des poursuites engagées contre elles et de leur procès. »

3. Témoins, preuves et procédure : « L'EUNAVFOR est disposée à assister en temps voulu les Seychelles en faisant comparaître des témoins de l'EUNAVFOR et en communiquant les éléments de preuve pertinents. Dans ce but, les Seychelles devraient notifier à l'EUNAVFOR leur intention d'ouvrir une procédure pénale contre toute personne transférée, ainsi que le calendrier prévu pour la communication des éléments de preuve et les auditions de témoins. » (*)

4. Droit de visite des ONGs. « L'UE prend note du fait qu'à leur demande, les agences humanitaires nationales et internationales pourront également être autorisées à rendre visite aux personnes transférées dans le cadre de l'échange de lettres. »

(*) Cette dernière disposition peut paraître évidente à première vue. Mais les responsables d'EUNAVFOR sont quelque peu échaudés (le mot est faible...) des procédures judiciaires au Kenya, où ils font venir des témoins pour une audience précise qui est annulée ou reportée ensuite, ou au contraire décidée au dernier moment....

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21 octobre 2009 3 21 /10 /octobre /2009 20:16
Les drones américains (UAV) sont arrivés aux Seychelles, a annoncé le gouvernement seychellois. Ils auront pour objectif premier de renforcer la lutte contre la piraterie. Il s'agit de MQ9 Reaper fabriqués par General Electric. L'avantage de ce type de machines est leur endurance et leur capacité à voler haut. Ils peuvent rester en l'air 30 heures et voler à une vitesse de plus de 400 km / h (soit un rayon d'action de 6000 km - 4400 miles). S'ils peuvent normalement être équipés de missiles, ils voleront normalement désarmés au-dessus des Seychelles assure le commandement américain.
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21 octobre 2009 3 21 /10 /octobre /2009 19:30

(A Victoria, Seychelles *) Sous le soleil du port de Victoria, aux Seychelles, le thonier basque d’Inpesca (Bilbao), Txori Aundi, refait son approvisionnement, répare son bateau, et attend… Dans quelques jours, arriveront quatre gardes privés de la société britannique Minimal Risk qui embarqueront à bord, avec armes et bagages. Cela devrait permettre au thonier de reprendre la mer un peu plus sereinement. Chacun, ici, a en mémoire la capture de leurs collègues l’Alakrana. Et tout le monde est très soucieux. « Ma famille est vraiment inquiète. Et je leur en dis le minimum pour ne pas les inquiéter » raconte Juan Jesus Suarez, le capitaine du navire, un Galicien de La Coruna.

Les 17 hommes d’équipages — Galiciens et Basques mais aussi Seychellois ou Ghanéens — ne tiennent pas, en effet, à être pris en otages. Embarquer des forces de sécurité, s’il ne garantit pas totalement d’une attaque, rassure un peu les hommes d’équipage et permet de limiter les risques d'une attaque. Ce qui n'était pas possible auparavant. La loi des Seychelles vient d’être modifiée pour permettre aux pêcheurs d’emmener des gardes, avec armes et bagages. Le Txori Aundi, qui bat pavillon des Seychelles, comme quelques thoniers espagnols, profitera donc avec ses collègues battant pavillon espagnol de cette nouvelle disposition.

« C’est bien, c’est une première étape » affirme Juan Jesus. « Jusqu’ici nous n’avons rien. Aucune protection du personnel. On regardait souvent le radar pour observer tous les mouvements. On ne stoppait pas si on voyait un problème. On éteignait les lumières ». Et en cas de tentative d’attaque, il n'y avait qu'un seul moyen : « les lances à incendie ». Bien peu pour effrayer les pirates. Mais davantage, ils ne pouvaient pas faire.

« Je ne suis pas un militaire. Je suis un pêcheur » explique un des membres de l’équipage. Les marins n’ont d’ailleurs pas subi d’entraînement ou de formation spécifique pour savoir que faire en cas d’attaque de pirates, contrairement à leurs homologues français qui suivent désormais régulièrement une formation soit à bord des bateaux, soit avant de partir.

Même s’ils récusent toute « jalousie », les marins du Txori Aundi envient le système français. Les jours d’arrêt forcé, la crainte de se voir attaquer par les pirates leur fait subir une perte sèche. « Nous faisons seulement la moitié du tonnage habituel  » confirme me le capitaine. Juste sur l’emplacement d’à côté, les thoniers Français, Le Drennec et le Glénan, sont en effet déjà repartis en mer, avec à bord 4 ou 5 militaires – des commandos marine spécialement entraînés.

Leur présence à bord a changé la donne. « Nous faisons entre 90 et 95% de notre tonnage habituel » avoue un des responsables de la pêche française. « Sans cette sécurité, nous ne pourrions plus aller en mer » estime le capitaine du Drennec. « Je me sens un plus serein. Nous sommes mieux protégés » explique Yvan Dizet, le capitaine du Glénan. Le dispositif français de militaires à bord des navires de pêche va être pérennisé a déclaré le ministre de la Défense français, Hervé Morin, de passage dans la région. Le contrat qui existait entre l’armée et les pêcheurs devait se terminer fin octobre. « Il sera renouvelé » a promis le ministre « au moins jusqu’à décembre. Nous allons continuer tant que nous ne pourrons pas trouver d’autres moyens de sécuriser les opérateurs. C’est le devoir de la République de protéger ses citoyens ».

Interrogé par mes soins, le ministre français a cependant refusé la possibilité d’étendre ce dispositif aux navires espagnols ou de l’incorporer à Atalanta. « C’est un dispositif purement national. Les militaires ne peuvent protéger que les navires français. Et je n’ai pas eu de demande en ce sens de Carme Chacon » précise-t-il.

Pour Jesus Fernandez, le second du Txori Aundi, ce système est ce qu’il faudrait avoir. « Ils ont eu deux attaques, et les ont repoussées. C’est un bon système. Ça l’a prouvé. Ce n’est pas un problème que les Français aient une protection. C’est un problème pour nous de ne pas en avoir. le gouvernement n’assure pas suffisamment notre protection » ajoute son capitaine Juan Jesus Suarez.

La sécurité privée n’est cependant qu’un pis aller. Elle pose même certaines, non résolues comme celle de la responsabilité. « Qui est responsable en cas d’incident ?» s’interroge le capitaine. « C’est un problème. Au moins avec les militaires c’est plus clair  ». Car, en mer, le principe est que le capitaine reste « maître après Dieu » et donc responsable de tout ce qui se produit sur son navire ou à cause de son navire. D’ailleurs, la loi seychelloise prévoit qu’à l’arrivée au port, c’est le capitaine du navire qui doit garder toutes ces armes. Même s’ils récusent toute colère, les marins du Txori Aundi ne cachent donc pas leur mécontentement envers le gouvernement espagnol qui ne fait pas beaucoup. Pour eux, derrière la raison légale invoquée par le gouvernement espagnol, il y a surtout des motifs plus économiques : envoyer des militaires espagnols coûte cher.

A plus de 7000 kms de Madrid, amarrés au port de Mahé, les hommes se sentent surtout abandonnés. « Notre ministre n’est même pas venue nous voir… », lâche un marin espagnol, dépité…

(*) Entretien réalisé moitié en espagnol, moitié anglais. Texte publié dans El Mundo ce matin, grâce à la disponibilité et la traduction de mes collègues espagnols à Madrid

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21 octobre 2009 3 21 /10 /octobre /2009 17:00
L'accord SOFA entre l'UE et les Seychelles est prêt à la signature. Joel Morgan, le ministre de l'Environnement et de la Pêche, en charge des questions de piraterie l'a affirmé ce dimanche. L'information est confirmée à Bruxelles du coté du Conseil de l'Union européenne. Selon les dispositions en vigueur, cet accord pourrait être signé - en absence de la représentation suédoise à Mahé - par l'ambassadeur britannique, Matthew Forbes, qui exerce la représentation diplomatique de l'Union européenne dans les Seychelles (1), après habilitation par le Ministre suédois des Affaires étrangères qui exerce la présidence. Son application a déjà, en pratique, été anticipée avec la présence sur le sol seychellois de civils de la société CAE aviation opérant pour le compte d'Atalanta.

Pour le transfert de la piraterie, c'est un peu plus compliqué. Les Seychellois avaient posé plusieurs conditions à la signature d'un accord avec l'UE, notamment concernant le respect de certaines prescriptions de procédure du droit seychellois (preuves, etc.), un soutien financier et structurel de l'UE aux structures de justice et de prison seychelloises, et la possibilité de pouvoir contrôler l'arrivage de pirates, afin de ne pas devenir la "poubelle juridique" de l'océan indien. Ces conditions viennent d'être acceptées par l'UE a affirmé Joel Morgan, dimanche. Point confirmé aujourd'hui à Bruxelles par l'Union européenne. Les 27 vont approuver un échange de lettres qui permettra de laisser un peu de temps pour peaufiner tous les détails de l'accord (détail de ce texte ici).

Calendrier. Ces deux textes - le texte définitif pour l'accord Sofa et la décision avalisant l'échange de lettres - vont être avalisées par les ambassadeurs des 27,
jeudi 22, puis approuvées lors d'un prochain conseil des Ministres, n'importe lequel, puisqu'il s'agira d'un point A. En toute logique, ce pourrait être fait au Conseil des Ministres des Affaires générales et extérieures les 26 et 27 octobre à Luxembourg.

(photo : Matthew Forbes, ambassadeur britanique aux Seychelles - crédit FCO)

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21 octobre 2009 3 21 /10 /octobre /2009 16:47

Hervé Morin, le ministre de la Défense français, l'a martelé lors de sa visite aux Seychelles, dimanche, à la fois aux journalistes présents et auprès des autorités seychelloises. La dissuasion de la piraterie implique que les « pirates soient jugés ». « J'en ai parlé au président Michel, qui était de passage à Paris lundi. (...) Nous souhaitons que les Seychelles mettent en place le traitement judiciaire qui convient afin que les pirates puissent comprendre que leurs actes ne resteront pas impunis. » a-t-il ainsi affirmé lors d'une conférence de presse tenue, dimanche, à Victoria (Mahé - Seychelles), au Ministère seychellois des Affaires étrangères avec le Ministre chargé de la piraterie, Joel Morgan (1).

Les deux ministres lors de leur conférence de presse conjointe au ministère seychellois des Affaires étrangères © NGV

Eviter les libérations faute de preuve. Une manière, très diplomatique, également, d'affirmer un certain mécontentement face à la libération récente de 11 pirates remis aux gardes-côtes seychellois après la capture de l'Alakrana. Le ministre a ainsi pris acte de la « libération faute de preuves ». Mais il entend que la situation ne se reproduise pas à l'avenir. « Nous avons donné notre accord pour que désormais, selon un guide de bonne conduite que les Seychellois vont nous donner, que nos fusilliers commandos puissent faire leur travail. Et que la justice seychelloise ait les éléments pour juger les pirates. » a-t-il ainsi précisé.

Soutien de la France. « L’UE a déjà attribué 800.000 euros pour développer la partie judiciaire du traitement » a indiqué Hervé Morin. « La France soutient auprès de l'UE la demande seychelloise de dégager des moyens supplémentaires pour développer les structures supplémentaires pour le développement des structures pénitentiaires. » De même, le ministre a affirmé la continuation de l'aide technique française avec les Seychelles. « Un capitaine de frégate participe à la restructuration de l'armée seychelloise. Cette coopération va continuer l'année prochaine, de façon à compléter l'entraînement des forces de défense ». Présent en permanence aux Seychelles, ce militaire participe ainsi au comité de lutte anti-piraterie des Seychelles et conseille également les gardes-côtes pour parfaire leur formation. 

Gardes-côtes aux Seychelles : un corps en formation.
Les Gardes-côtes des Seychelles disposent de 2 bateaux (l’Andromache et le Topaz). Un troisième va arriver. Le corps compte 200 personnes. Mais jusqu’ici, de l’aveu d’un spécialiste du dossier, leur fonction était « assez calme », ils exerçaient davantage une fonction de surveillance générale, de surveillance des pêches ou de sauvetage ». Avec les pirates, la « donne a changé. Et il s’agit d’être plus offensif ». D’où la nécessité de former ce corps plus spécifiquement à cette nouvelle tâche.

(1) Son titre exact est ministre de l'Environnement, des Ressources naturelles et du Transport.

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21 octobre 2009 3 21 /10 /octobre /2009 16:24

La frégate allemande "Bremen" - qui participe à l'opération antipiraterie de l'UE "Eunavfor Atalanta" - a arrêté 3 bateaux, le 20 octobre au matin, à 450 miles nautiques de l'est de Mogadiscio et 300 miles nautiques au nord-ouest des Seychelles (donc en haute-mer), a annoncé le QG d'Atalanta. La frégate - qui est actuellement de permanence au large des Seychelles - a repéré 2 skiffs et un bateau mère, chargés de bidons d'essence et de divers équipements et leur a ordonné de stopper.

Les embarcartions ont essayé de fuir. Le Bremen a alors tiré des coups de semonce. Deux skiffs se sont arrêtés. Mais un troisième a continué. C'est l'hélicoptère alors qui a tiré des tirs d'avertissement. Des équipes de visites se sont alors dirigés vers les bateaux suspects. Mais le temps qu'ils abordent, les suspects avaient jeté armes et matériels de pirates par-dessus bord. Après interrogatoire, les 10 personnes à bord des skiffs ont été autorisés à partir, les derniers équipements pouvant servir à la piraterie étant saisis.

(crédit photo : Eunavfor)

(summary) On the early morning of October 20th 2009 EU NAVFOR German warship FGS Bremen stopped 3 skiffs in the Indian Ocean, 450 nautical miles East of Mogadishu and 300 nautical miles North-west of the Seychelles, according Atalanta OHQ. The EU NAVFOR ship Bremen, on sighting the two attack skiffs and one mother skiff, filled with fuel barrels and supplies, ordered them to stop. The skiffs tried to flee and Bremen fired warning shots across their bows after which two of the skiffs stopped. The third skiff was stopped with warning shots from the helicopter. Boarding teams were sent from the Bremen to the skiffs and during the time it took to get onboard the skiffs, the suspected pirates threw weapons and pirate equipment overboard. There were 10 persons on board the skiffs and after questioning, and all remaining pirate related paraphernalia was seized, they were allowed to proceed.

 

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21 octobre 2009 3 21 /10 /octobre /2009 14:04
Un des pirates suspectés d'avoir commis l'attaque du thonier basque Alakrana, rapatrié en Espagne la semaine dernière, a été libéré par le juge. Santiago Pedraz a, en effet, estimé qu'il n'y avait pas de preuve qu'il avait plus de 18 ans. Dans le doute, il a donc ordonné sa libération. Les premiers rapports indiquaient que l'intéressé était majeur. Mais celui-ci prétendait le contraire. Les différents tests médicaux - effectués à la demande de l'Audienca nacional - s'ils ont permis d'établir qu'il avait plus de 17 ans, n'ont pas permis d'établir, de façon sûre qu'il avait plus de 18 ans.
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21 octobre 2009 3 21 /10 /octobre /2009 08:10

Le Golfe d’Aden bien surveillé, les bandes de pirates semblent avoir fait des eaux environnant les Seychelles leur nouveau périmètre d’action. Aussi loin des côtes, comment peuvent-ils faire ? peut-on s’interroger….

Une "nasse" autour des Seychelles

Le temps – s’il y a eu un – où les pirates partaient à l'aventure, à bord d’un ou deux skiffs remorqués par un bateau mère pour attaquer le premier bateau venu, semble terminé, au moins pour certains d’entre eux. Les pirates se sont « de plus en plus organisés » de façon très stratégique. Ils partent un peu comme « en campagne de pêche » explique un interlocuteur. Aux Seychelles, ils semblent ainsi agir comme en nasse. Les pêcheurs qui pensaient pêcher tranquilles sur l’est des Seychelles ne sont pas vraiment rassurés aujourd’hui. « Ils se sont installés un peu partout autour des Seychelles et attendent à la sortie ou à l’entrée. Ce qui fait qu’on doit être protégés même quand on part dans des zones réputées sûres » explique un responsable des pêches françaises. A supposer qu’il y ait des zones réputées sûres. « Ce sont de vrais professionnels, ce ne sont pas des marins pêcheurs déguisés ou un peu débrouillards. Ils savent comment grimper sur un navire, couper certaines installations. » complète Patrick Héliès, le patron du thonier français, le Drennec (attaqué à deux reprises, en septembre 2008 et en octobre, vient de reprendre la mer). « Il y a une évolution de tactique des pirates. C’est indéniable » confirme un militaire européen.

Une base… des bases ?

L’existence d’une base autour des Seychelles était une hypothèse, très tôt évoquée mais démentie officiellement par les responsables français de la lutte anti-piraterie. En fait, explique un spécialiste « piraterie » : « On se pose beaucoup de questions. Comment peuvent-ils mener des campagnes aussi loin de leur base ? Nous cherchons. Mais nous n’avons pas trouvé ». Avec juste quelques fûts de carburants dans un bateau, il semble, en effet, difficile de mener aussi loin de la base à plus de 600, voire 900 miles nautiques des côtes somaliennes, des opérations d’envergure. « Il doit y avoir une base quelque part, soit flottante, soit terrestre. Nous cherchons. Nous rassemblons des informations » commente un militaire européen. Et un autre de préciser : « Il doit bien y avoir une base quelque part : flottante ou fixe », voire les deux. La structure adoptée par certains pirates – pas tous – semble être en fait "en étoile" : « Plusieurs bateaux mères auxquels sont accrochés des skiffs qui viennent se ravitailler auprès d’un plus gros - celui-ci étant approvisionné régulièrement par d’autres skiffs ». C’est la piste d’une base flottante qui semble ainsi, pour l'instant, la plus sérieuse.

L’hypothèse d’une base dans une île discrète n’est cependant pas écartée. Même si elle paraît plus difficile en termes de fonctionnement. Cependant « depuis le temps » - explique un participant à l’opération - nous les aurions découvert ». Personne ne voit les « pirates » s’établir dans une île dépourvue de tout. Mais c’est difficile à vérifier, tant les îles sont nombreuses. Dans tous les cas, les pirates semblent bénéficier de certaines complicités dans les pays alentours : Seychelles ou Maldives… Les militaires mènent donc de discrètes campagnes d’investigation pour tenter de déterminer ces nouveaux modes opératoires et localiser d’éventuelles « bases flottantes ».

Des réseaux d’information

Les pirates ne sont pas seulement « aidés » logistiquement. Ils semblent aussi bénéficier de certaines informations des pays de départ des bateaux. Les pirates semblent parfois se diriger si précisément sur une cible que cela paraît improbable. L’attaque de l’Alakrana ne serait pas ainsi due au total hasard des océans. « Ils savent qui part. Ils ont des informations qui circulent » confirme Patrick Héliès le capitaine du Drennec. 

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20 octobre 2009 2 20 /10 /octobre /2009 22:00
Je reviens de l'Océan indien où j'ai pu participé à une tournée des "popotes" du ministre français de la Défense, Hervé Morin, qui l'a mené de la Réunion - avec visite aux Fazsoi, les forces armées du sud de la zone de l'Océan indien, et célébration du Service militaire adapté - à Mayotte  - sur le rôle de l'action de l'Etat en mer avec la lutte contre l'immigration clandestine des Comoriens - pour finir par les Seychelles - avec entretien avec les ministres somaliens et démonstration de force des équipes de protection embarquées qui assurent la protection des thoniers français (lire aussi Le Drennec et le Glénan reprennent la mer). Une visite très intéressante à plus d'un point de vue au point de vue journalistique. Pour le Ministre, cela permettrait aussi de répondre aux questions "chaudes" du moment (lire l'argent en Afghanistan), d'assurer à la fois sa communication (de nombreux journalistes étaient des journalistes "image") et de mobiliser son parti "Nouveau centre" qui entend rester le pôle "centre" de la majorité présidentielle (il s'agit de tailler des croupières au Modem aux prochaines Régionales). A La Réunion comme à Mayotte, le programme du Ministre comportait ainsi des rencontres avec les militants locaux.

Un Airbus à la peine entretenu par les Belges
.
La tournée a pris un peu plus de temps que prévu. Le bon vieux Airbus A310 a eu, en effet, bien toutes les peines du monde à nous ramener. Un oiseau ramassé au passage à l'atterrissage à Djibouti (escale pour le fuel) a obligé à faire une halte plus longue que prévue et un peu inorganisée dans la capitale du petit Etat de la corne de l'Afrique (lire plus loin). Le temps de se livrer à une introspection au scanner - prêté par la base aérienne des Mirages - pour vérifier que tout était en ordre et rien d'abimer. Et de repartir au petit matin vers la Réunion. Là, un mécano de la base s'est livré à une réparation maison filetant une pièce. Las ! L'avion officiel avait une panne plus sérieuse : un des alternateurs. C'était plus sérieux ! Et l'Airbus ne pouvait reprendre l'air pour une longue distance (réglementation de sécurité aérienne oblige). Il fallait donc rapatrier une pièce de Paris. Et le mécanicien - un belge de la société Sabena Technics (les avions militaires étant entretenus par cette société) - passa une bonne partie de son séjour aux Seychelles à l'installer.

La prise d'assaut du Kempinski... A Djibouti, la question, se posait de savoir où dormir. La salle d'accueil publique de l'aéroport est plutôt rustique (chaises en plastique et c'est tout) et fermée la nuit. Il ne pouvait être question d'y rester. La seule solution était de passer dans un hotel. Mais le seul disponible était le Kempinski Hotel ... Avec ses chambres à 360 euros (après négociation !), il n'était pourtant pas question pour la plupart des journalistes de faire comme les membres de la délégation - prendre une chambre pour quelques heures. La solution consistait donc à squatter très discrètement les transat de la piscine... Malheureusement un groupe de journalistes fut-il petit, ne passe pas inaperçu dans un hotel de cet ordre... Et  l'ordre de repli a donc été donné par l'officier de presse. Heureusement, l'aéroport de Djibouti a également un "salon VIP" qui nous a été ouvert, où nous avons pu nous étendre mollement sur les canapés en skai colorés, jaune, bleu, vert. Les officiers djiboutiens n'étaient pas dupes de notre statut "pas très délégation" mais nous ont laissé faire. Avec ambiance bon enfant des dortoirs d'étudiants et extension collective des lumières. Finalement, à peine trois heures de sommeil plus tard, l'ordre est arrivé "debout l'avion est réparé", la lumière crue (néons) s'est rallumée brutalement. En quelques minutes, les journalistes d'ordinaire peu disciplinés, se sont levé, ont rangé paquetages, récupéré leurs passeports. Devant les yeux ébahis de l'officier de presse qui n'a jamais vu une telle "discipline" des journalistes "en opération" heureux de retrouver la chaude torpeur de l'A310 qui était devenu leur "seconde maison". Inutile cependant de préciser qu'à l'arrivée à la Réunion, vers 10 heures locales, nous étions déjà un peu les yeux dans les choux.

Plus sérieusement... quelques papiers vont suivre sur le dispositif anti-pirates aux Seychelles (français, espagnol et luxembourgeois), et des pirates de plus en plus organisés, l
a surveillance maritime à Mayotte et la lutte anti-immigration qui ressemble à un verre sans fond...
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Bruxelles2 en quelques mots

Derrière les murs, la politique (européenne) des affaires étrangères (PESC), de sécurité et de défense commune (PeSDC) est décryptée. Stratégie, politique, gestion de crises, industrie ou transport aérien militaire, surveillance maritime et protection civile...Missions militaires et civiles de l'UE (Bosnie-Herzégovine, Kosovo, Géorgie, Moldavie / Ukraine, Afghanistan, Irak, Palestine, Congo RDC, Guinée-Bissau, Haïti, Océan indien, Somalie, Tchad).

logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.