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12 octobre 2009 1 12 /10 /octobre /2009 01:00
La réunion en Allemagne, à la mi-octobre, entre les partenaires de l'Airbus A400M sera-t-elle la réunion décisive ? En tout cas, plusieurs ministres veulent y croire. Coté Espagnol comme coté Belge, on se veut ainsi optimiste. Je suis "très confiante sur nos capacités à trouver un accord qui est important pour l'industrie aérospatiale européenne" avait expliqué la ministre espagnole Carme Chacon, lors de la réunion des ministres de la Défense, fin septembre, à Göteborg.

Pas la peine d'attendre plus longtemps. Pour Pieter de Crem, le ministre Belge de la Défense, il est important d'aboutir. On ne peut plus traîner. « Nous collectons les réponses des dernières questions du Castelet (la réunion organisée entre les partenaires de l'A400M, le 24 juillet).
Nous avons un panel de solutions et devrons décider. Ce n’est pas la peine d’attendre plus longtemps. » avait-il expliqué lors d'une interview.« L’important aussi est de voir l’avion voler - le plus rapide sera le mieux- et de constater que ce n’est pas juste un projet. C'est un projet très important pour notre industrie aéronautique européenne et pour tous nos partenaires français, allemands, britanniques (coté belge, la livraison étant prévue pour 2018, la pression est moins forte). Et certains ont vraiment besoin de cet avion. »

Chacun doit tenir ses obligations. Quant aux hypothèses de renégociation des quantités ou du prix, De Crem est très clair « Nous avons un accord initial et devons le tenir. Pour la Belgique, notre intention n’est pas de réduire les commandes — quand on s’engage pour un nombre défini d’avions, on doit tenir ». Sur le prix, il se veut particulièrement ferme : « L
es coupures de budgets affectent tous les budgets de nos pays. Ce serait une illusion de penser que le ministre de la Défense puisse revenir devant le Conseil des ministres en disant : désolé, il me faut plus d'argent car le contrat n’a pu être respecté. C'est impensable».

NB : Le vol d'essai de l'Airbus pourrait avoir lieu d'ici la fin de l'année. Les derniers essais moteurs sont satisfaisants, selon Marshall Aerospace (la société testeuse du moteur). Louis Gallois, le PDG d'EADS parlait d'une fourchette comprise entre décembre 2009 et février 2010, avec une forte probabilité que ce soit en décembre 2009. Un vol qui pourrait même être avancé au 30 novembre, selon les dernières prévisions.
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11 octobre 2009 7 11 /10 /octobre /2009 22:00
Les fusiliers-marins et commandos marine qui protègent les navires de pêche français au large des Seychelles pourraient-ils être intégrés dans l'opération européenne anti-piraterie Atalanta ? En tout cas, certains diplomates y songent.

Démenti d'Atalanta. Du coté d'Atalanta, on dément « tout besoin ou intention d'intégrer ces détachements de protection des navires à l'intérieur de l'opération européenne ».
Actuellement, ces hommes ne dépendent que du commandement français et sont déployés dans le cadre accord armée-pêcheurs, avec l'accord du gouvernement des Seychelles pour la présence sur son sol de plusieurs militaires. Si évolution, il y a, elle pourrait se faire à l'occasion de la signature de l'accord sur le statut des forces (SOFA) qui doit être signé prochainement entre l'UE et les Seychelles (1).

Extension aux autres navires de pêche ? Le dispositif resterait inchangé, notamment avec une participation des armateurs de pêche à la prise en charge des militaires, une présence à bord de navires de marines et une base logistique aux Seychelles. Mais cette solution permettrait tout d'abord d'avoir une base juridique d'intervention un peu plus solide pour cette double présence, et également d'étendre le dispositif aux autres navires de pêche, battant pavillon espagnol particulièrement, en contournant le problème légal en Espagne. Des problèmes d'ordre législatif 'opposent, en effet, en Espagne selon le gouvernement au déploiement de militaires espagnols à bord de navires de pêches, ainsi que des difficultés opérationnelles (2). Cette évolution opérationnelle permettrait de contourner ce problème. La solution de gardes privés, recommandée par le gouvernement espagnol, ne satisfait pas du tout les pêcheurs qui estiment cette protection insuffisante — rien ne vaut un bon "Marine" selon eux —, voire dangereuse d'un point de vue de responsabilité, sans compter son coût supérieur : on estime entre 24000 euros à 36000 euros, voire 55000 euros par mois et par bateau. et le fonctionnement de l'opération Atalanta ne leur apporte pas suffisamment de sécurité, estiment-ils.

Atalanta mise en cause. En Espagne l'angoisse des pêcheurs monte. Après l'attaque (repoussée) des bateaux de pêche français Drennec et Glénan et l'attaque (aboutie) de l'Alakrana, ils se sentent particulièrement menacés. « Si les pirates ont osé avec les Français, il n'y a pas de zone de protection qui vaille la peine »,
comme le rapporte la Voz de Galicia. Les Pêcheurs accusent notamment le commandement d'Atalanta de ne pas avoir réagi. "Depuis une semaine, nous ne cessons d'alerter Northwood (le QG d'Atalanta). Et rien n'a été entrepris. (...) Une frégate grecque est basée aux Seychelles, expliquent-ils. "Elle n'a pas bougé".

Sécurité privée à la rescousse. Les thoniers basés Bermeo (pays Basque) ont déjà mandaté une société privée britannique, Minimal Risk (3), selon El Pais, pour protéger leurs bateaux basés aux Seychelles et qui battent le pavillon de l'archipel. Le coût revient à 55.000 euros par mois par navire, sans compter les frais de voyage du personnel, l'entretien et les assurances. Avantage pour les marins, comme leurs bateaux battent le pavillon des Seychelles, ils n'ont pas à respecter les limites imposés en Espagne pour les sociétés privées, notamment en interdisant les fusils à longue portée ou armes de guerre. Selon un accord passé avec le gouvernement des Seychelles, les armes des "mercenaires" resteront sous la garde du capitaine quand il rentrera au port. Sept navires seraient concernés par cette protection : l'Errowape, le Demiku,
le Xixili (appartenant à Echebastar, le propriétaire de l'Alakrana) ; l'Intertuna I et II (Albacora); le Artza (Atunsa) et le Txori Aundi (Inpesca). Les navires non protégés navigueraient en tandem avec un navire protégé. Mais pour les thoniers, cette solution de gardes privés est un pis aller. Ils préfèrent et de loin la solution de "marines" qui leur paraît plus sûre à la fois au niveau opérationnel et de la responsabilité.

(1) Cette évolution pourrait cependant nécessiter une modification de l'Action commune - décision européenne qui base l'opération Atalanta. Ce qui pourrait être fait d'ici novembre, à l'occasion de la prolongation de l'opération (une réunion conjointe des Ministres de la Défense et des Affaires étrangères a lieu, les 16 et 17 novembre 2009).

(2) Le gouvernement espagnol argue notamment qu'il n'a pas comme les Français de base à Djibouti. En fait, c'est surtout la possibilité de baser ses militaires aux Seychelles, qui est essentielle.
 
(3) Société basée à
Hereford, dirigée par un ancien des SAS, Bob Cole, Minimal Risk est notamment intervenue en Irak, comme consultant sécurité et pour protéger les équipes de télévision de la BBC à Basra et Koweit en 2003.
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10 octobre 2009 6 10 /10 /octobre /2009 21:11

L'arrestation de pirates par les gardes-côtes des Seychelles, après l'attaque de thoniers français, vient de le prouver. Les "petits" appareils de surveillance maritime, les avions Merlin III financés par le Luxembourg s'avèrent "bien utiles". Comme me le confiait un officier d'Atalanta (l'opération européenne anti-piraterie), certes ils ont une « courte autonomie, environ 3 heures 1/2 (NB : pour un aller, à multiplier par 2 au total). Mais ils sont très adaptés pour la surveillance côtière (comme celle de l'archipel des Seychelles) que des P3 Orion de fait un peu surdimensionnés pour ce type d'action. Ces derniers sont plus adaptés pour faire des patrouilles maritimes sur l'Océan indien. » De fait, les deux types d'appareils dont dispose ou disposera Atalanta (Merlin III ou le futur Dash des forces suédoises, d'un coté, Orion P3 et Atlantique II, de l'autre) sont très complémentaires. Il est d'ailleurs étonnant que, mis à part un reportage du Luxemburger Wort avant le départ, le gouvernement du Grand Duché n'ait pas vraiment communiqué sur cette question (ce blog avait ainsi été le premier à annoncer cette participation).

L'innovation n'est pas mince. C'est la première fois que le Luxembourg participe à une opération maritime. Celui qui aurait dit cela il y a quelques mois aurait été taxé de ridicule. Et cependant ! -:) Cette participation n'est pas symbolique. Deux avions durant plusieurs mois, cela a un coût. Pour ce faire, le Grand Duché a recouru aux moyens du privé. C'est la société privée, CAE Aviation qui fournit avions et équipages. 3 par avion : un pilote, un copilote, un observateur. Tous venant du privé mais la plupart du temps d'anciens militaires. Un partenariat public-privé qui n'est pas tout à fait extraordinaire dans les opérations de l'UE. On se souvient des hélicoptères Mi8 "Irlandais" à Eufor Tchad (mais le souvenir qui avait été laissé n'avait pas été excellent !).

Les Merlin III sont arrivés fin septembre. Ils
sont équipés de caméras à haute résolution, tournant de jour et la nuit, avec enregistrement vidéo à l'appui. Si leur première mission a été de routine, leur deuxième mission a été immédiatement opérationnelle puisqu'ils ont pu survoler l’Alakrana, le thonier espagnol capturé par les pirates, et prendre les premières photos. La dernière sortie, samedi, en liaison étroite avec les gardes-côtes des Seychelles, est la première "réussite" de l'avion. La saisie du bateau-mère (si elle est confirmée) constitue, en effet, un revers sérieux pour les pirates et pourrait permettre de rétablir un peu de sécurité dans la zone. Peut-être...

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10 octobre 2009 6 10 /10 /octobre /2009 20:42

Deux bateaux suspects d'avoir causé l'attaque sur le Drennec et le Glénan ont été appréhendés, samedi après-midi, par les gardes-côtes des Seychelles. Ainsi que nous l'annoncions ce matin, un avion de surveillance maritime (un Merlin III luxembourgeois) des forces européennes "Atalanta" a tout de suite été envoyé sur les lieux (il était à 50 miles de la zone) et a repéré un bateau-mère et deux skiffs pirates, non loin de la position où avaient été attaqués les deux bateaux français, rapporte le QG d'Atalanta. Le Topaz, navire des gardes-côtes des Seychelles, était sur la zone. Mais à sa vue les skiffs tentèrent de fuir. Il appréhenda alors le bateau-mère - avec trois suspects à bord - puis un des skiffs pirates qui avait une panne moteur. Les pirates s'étant enfui à bord de l'autre skiff. Finalement, en début de soirée, alors que l'avion de patrouille maritime repartait aux Seychelles faire le plein, les gardes-côtes ont saisi le skiff avec 8 suspects à bord. Les suspects sont soumis à interrogatoire. Le bateau-mère pourrait être le "Win Far" (NB : un thonier taiwanais, capturé au large de l'ile Denis, l'ile la plus au nord des Seychelles en avril 2009.)

Le Topaz est un ancien navire de la marine indienne, l'INS Tarmugli, donné aux forces des Seychelles en 2005. Il vient d'être entièrement rénové aux chantiers navals de Visakhapatnam (en Inde), où il a passé six mois (d'octobre 2008 à avril 2009) avec, à la clé, réfection de la coque, nouvelle motorisation, nouvel armement... Des travaux évalués à 4 millions de $. Les Indiens ont également donné des moyens de transmission. Il est revenu aux Seychelles en mai dernier. Servi par un équipage de 4 officiers et 33 marins, il peut développer une vitesse maximale de 27 noeuds, et est armé d'un canon Bofors ainsi que d'un dispositif de lutte anti-incendie. Sa fonction est multiple : il peut aussi bien détecter, localiser et détruire les engins de surface, que faire de la lutte anti-terroriste (en embarquant une équipe d'intervention rapide), la lutte contre la contrebande, la protection de la pêche ou la recherche et sauvetage. (crédit photo : l'INS Tarmugli à son arrivée aux Seychelles en 2005).

Sur les avions de patrouille luxembourgeois d'Atalanta

Summary « Today two French fishing vessel in position approximately 160 nm North of Seychelles reported being under attack by pirate skiffs. The attacks were unsuccessful. EU NAVFOR reacted immediately and launched the Luxembourg Maritime Patrol Aircraft stationed at the Seychelles to investigate the area of the incident. The EU NAVFOR Force Headquarters onboard EU NAVFOR Netherlands warship EVERTSEN contacted the Seychelles Coastguard, who had a patrol vessel operating 50nm from the incident. The EU NAVFOR Luxembourg Maritime Patrol Aircraft (MPA) located the pirate skiffs, two fast attack skiffs and one mother skiff, close to the position of the earlier attack on the French fishing vessels. The MPA directed the Seychelles Coastguard to the scene. On sight of the Coastguard vessel the two fast attack skiffs fled. The Seychelles Coastguard ship stopped and boarded the mother skiff with three persons onboard. The Seychelles Coastguard then followed in pursuit of the remaining fleeing skiffs. One skiff suffered engine trouble leaving the suspected pirates with only one skiff. While refueling the EU NAVFOR Luxembourg MPA the Seychelles MPA took over the task of tracking the suspected pirates.  Early in the evening, after a long chase in the Indian Ocean, the Seychelles Coastguard ship stopped the final skiff after firing warning shots and eight suspected pirates were taken onboard of the Seychelles Coastguard ship for questioning. The EU NAVFOR Luxembourg Maritime Patrol Patrol aircraft was stationed in Seychelles earlier this month. This aircraft has in this short time proved to be a highly valuable asset in the fight against piracy in the Indian Ocean. »

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10 octobre 2009 6 10 /10 /octobre /2009 20:18

Avant même que l'attaque contre le Drennec soit réalisée, la décision avait été prise. Les thoniers bretons avaient décidé de renouveler l'accord qui les lie à l'armée française et leur permet de bénéficier de la protection des fusiliers-marins. Celui-ci se termine, en effet, fin octobre. Et la décision a été prise de le prolonger d'un mois supplémentaire. Pour 2010, la prolongation n'a pas encore fait état d'une demande formelle des pêcheurs.

Contribution des pêcheurs. Cette protection n'est pas gratuite pour les pêcheurs. Ils contribuent, en effet, aux frais supplémentaires engagés par la Marine Nationale pour cette opération : primes de mer des militaires, hébergement aux Seychelles, voyages, transport des munitions, frais de fonctionnement de la cellule de coordination sur l'île de Mahé... Mais elle est - semble-t-il -, rentabilisée par l'assurance d'une saison de pêche correcte. Les navires basques et galiciens, non protégés de manière conséquente, ont connu par contre une baisse de leur tonnage ramené (lire ici).

Un modèle qui pourrait inspirer - selon moi - tout le fonctionnement des opérations anti-piraterie. Il paraîtrait, en effet, logique que les armateurs des navires marchands, qui traversent le Golfe d'Aden, et leurs assureurs contribuent au dispositif qui améliore, de façon conséquente, leur sécurité. Ce serait une manière également de pouvoir augmenter les coûts communs de ce type d'opérations. Sujet qui, à l'Union européenne comme à l'OTAN, prête souvent à discussion mais rarement... à augmentation.

(photo : équipe de protection embarquée, 2008 - crédit : Dicod)

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10 octobre 2009 6 10 /10 /octobre /2009 19:45
La société de sécurité privée " Phoenix Intelligence Support" devrait former à l'Eastern International Training Academy, basée à Amman (Jordanie), 5000 officiers de police somaliens à compter de décembre prochain. En tout cas elle a signé un accord avec ce centre de formation qui dépend d'une société privée jordano-britannique. Phoenix a passé un accord avec le gouvernement transitoire de somalie, en août 2009, pour soutenir les forces de police somaliennes, de gardes-côtes, de renseignements). A la formation des unités spéciales de police et contreterrorisme, s'ajoutera en effet des formations de gardes côtes et anti-piraterie. Le "marché" somalien et de la lutte anti-piraterie aiguise les intérêts de nombreuses sociétés privées.
(Crédit Photo : Eastern Holding)
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10 octobre 2009 6 10 /10 /octobre /2009 15:46
La frégate belge Louise-Marie (qui fait partie de l'opération européenne anti-piraterie "Atalanta") est intervenue dans le golfe d'Aden, vendredi 9 octobre 2009, pour vérifier une embarcation suspecte (photo © Marine Belge). Les militaires ont découvert une arme à feu. Mais faute de preuve supplémentaire, il a été relâché.

« L'équipage interpellé serait impliqué dans la contrebande et le trafic d'êtres humains.» selon la marine belge. Mais « ces compétences ne relevant pas du mandat de l'Opération Atalanta, les personnes contrôlées ont du être relâchées. » Il est possible également que ces personnes servent de soutien à des opérations de piraterie, mais prises sans flagrant délit, cela aurait posé un problème de preuve pour une traduction en justice. 
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10 octobre 2009 6 10 /10 /octobre /2009 11:30

Les fusiliers marins qui protègent les thoniers français au large des Seychelles ont repoussé, samedi matin, une attaque de pirates. Au petit matin, le Drennec et le Glénan, de l'armement Cobrecaf (1), ont, en effet, été attaqué par deux skiffs (écouter le témoignage du capitaine sur France-Info). Les pêcheurs étaient, à ce moment, à 195 miles des côtes des Seychelles. Les fusiliers marins et commandos marine présents sur les thoniers ont répliqué « à la menace par un emploi gradué et proportionné de la force : artifice éclairant, tir de semonce » explique-t-on à l'Etat-major des armées. Mais cela n'a apparemment pas suffi. Les pirates ne s'en sont pas laissé conter. « Par trois fois, les pirates ont interrompu leur attaque avant de la relancer. Dans leur dernière tentative, les pirates ont fait usage de leurs armes. Les (Marines) ont alors répliqué en direction des skiffs. » Ce n'est qu'alors qu'ils ont renoncé à la poursuite, sans demander leur reste. « Aucun blessé n'est à déplorer coté des Marines et des pêcheurs ». En revanche, aucun bilan n'a été communiqué du coté des pirates.

D'autres attaques à craindre. Du coté d'Atalanta (l'opération européenne anti-piraterie), on confirme l'attaque. Un avion patrouilleur a même survolé la zone pour repérer les skiffs. Les gardes-côtes des Seychelles ont été alertés. Un message d'alerte a été diffusé à tous les navires présents dans les environs. Il est à craindre que les autres navires de pêche qui ne sont pas encore protégés soient attaqués. Les Espagnols et les Seychelles accélèrent d'ailleurs les dispositifs pour protéger leurs bateaux respectifs. Le gouvernement des Seychelles a déjà autorisé la présence à bord des navires battant son pavillon (dont 8 bateaux basques)
de personnel armé, privé.

Les fusiliers-marins déployés. Environ 40 à 60 fusiliers marins, qui proviennent des deux groupements de fusiliers marins (GFM) de Brest et de Toulon (
FORFUSCO), ont été déployés aux Seychelles pour protéger les pêcheurs français, à bord des thoniers. Une petite structure de commandement et de logistique d'environ une dizaine d'hommes est d'ailleurs installée en permanence aux Seychelles pour coordonner et soutenir leur action. Certains de ses hommes ont des compétences commandos. Ils ne dépendent que du commandement français - et non pas d'Atalanta. C'est en fait l'Alindien - l'amiral français commandant les forces en Océan indien qui est à bord du BCR Somme - qui les dirige.

Mise à jour : arrestation des suspects, des Merlin III "bien utiles" 
A lire également : renouvellement du contrat thôniers-armée

(1) Précisons que ces navires ne sont pas des "petits" bateaux mais plutôt des navires-usines appartenant à des sociétés dont certaines sont cotées en bourse. Le Drennec mesure
84 mètres de long, possède 16 cuves à thon d’une contenance totale de 15.000 m³ et peut aller jusqu'à 17 noeuds (en étant chargé).

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9 octobre 2009 5 09 /10 /octobre /2009 18:49

Les discussions vont s’accélèrer au sein des institutions européennes pour définir les conséquences du Traité de Lisbonne (personne ne se faisant trop d'inquiétude sur la fin de la ratification). La discussion est particulièrement soutenue en particulier sur l’organisation du nouveau service européen d’action extérieure et la place du Haut représentant est prévue, car c'est une des majeures innovations au plan institutionnel. Comme le confirme laconiquement un porte-parole de la Commission, les « préparatifs sont en cours pour être prêt à temps. » Les ambassadeurs du Coreper II (compétent en matière extérieure) vont ainsi se réunir sur ces questions au moins deux fois par semaine jusqu’au conseil des ministres des Affaires étrangères du 26 octobre. Un premier papier plus complet a déjà été distribué en début de semaine. Et un deuxième devrait être élaboré, la semaine prochaine.

Décision du Conseil européen. L’objectif est à ce moment d’avoir une définition plus précise des principes qui vont gouverner ce service. Il faut aussi recenser tous les documents à modifier : règlement financier, règlement intérieur de la Commission, règlement intérieur du Conseil, etc. Le Conseil européen devrait, fin octobre, endosser, les grands principes du service pour donner l'impulsion politique nécessaire. Une décision formelle de créer le service doit ensuite être prise (dès que le Traité de Lisbonne est en vigueur).

Trois phases. Mais la mise en place du SEAE se ferait en trois phases : la phase d’élaboration qui va s’étaler jusqu’à juin prochain. Puis la mise en place du service qui devrait fonctionner durant 2-3 ans. Et une troisième phase qui démarrera deux, trois ans ensuite, pour consolider le Service et envisager les étapes ultérieures.

 

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9 octobre 2009 5 09 /10 /octobre /2009 16:45

Hervé Morin, le ministre français de la Défense, vient d'écrire à Javier Solana - le Haut représentant de l'UE pour la politique étrangère - et à Sten Tolgfors - le ministre suédois de la Défense, qui préside actuellement l'UE - pour leur rappeler toute l'importance d'un nouvel engagement des Européens pour la Somalie (plutôt qu'en Somalie). Une lettre qui vient d'être rendue publique par le ministère de la Défense français. Du moins, en partie. Nous avons pu avoir connaissance de l'intégralité de la lettre. Elle est intéressante, à plus d'un titre, car elle exerce une véritable pression sur les Européens pour qu'ils sortent de leur frilosité.

Eviter la déstabilisation

"La Somalie ne doit pas devenir un foyer de déstabilisation" écrit Hervé Morin. "Au-delà de ses effets régionaux, la déstabilisation de la Somalie menace directement la sécurité des Européens et la sécurité internationale." Il existe des "liens" - des liens "prouvés" - entre les Shababs somaliens et El Qaida, souligne-t-il. Et effectivement, ne pas s'engager en Somalie alors que les forces européennes sont engagées en Afghanistan pourrait paraître difficile. « C'est là l'intérêt de l'Europe autant qu'en Afghanistan » souligne le Ministre.

Poursuivre l'initiative française

"L’UE s’est engagée avec succès dans l’opération Atalante, pour réduire les attaques de pirates", elle doit aller plus loin, souligne le ministre français de la Défense. « L’UE doit élargir son approche pour former les gardes-côtes et les policiers, renforcer les capacités maritimes régionales et le soutien à l’AMISOM ». Et, pour lui, « l’engagement de l’Union européenne dans la formation de forces de sécurité somaliennes robustes et opérationnelles peut constituer une action de stabilisation efficace ».

La France a déjà engagé une première formation de 500 militaires somaliens. 150 militaires ont déjà été formés, les 350 ont commencé à l'être. Un camp de toile a été monté à 30 km de Djibouti, dans ce but. Et 400 soldats somaliens ont été formés en Ouganda, par les Américains.

Former 3000 hommes supplémentaires

Hervé Morin propose de lancer donc une nouvelle mission PESD, mission "non exécutive", qui aura pour tâche de former "3 000 soldats supplémentaires de la force de sécurité" du gouvernement transitoire somalien. Cette mission pourrait se dérouler dans les deux pays où la formation se déroule : Djibouti et Ouganda. Mais surtout dans ce dernier pays. Il s'agit, estime-t-on à Paris, de ne pas mettre trop la pression et l'attention sur Djibouti (NB : Djibouti a des frontières communes avec la Somalie, à la religion musulmane et une bonne partie de la population est de même origine que de l'autre coté de la frontière).

La France souhaiterait également ne pas prendre le "lead" de la mission. Du moins ne pas l'afficher (tant que la question de l'otage français en Somalie n'est pas réglée). L'option préférée par Hervé Morin serait donc que la France vienne "en soutien" - par des formateurs ou de la logistique - et qu'un autre pays européen prenne le lead de l'opération (*).

La lettre et sa communication à la presse
deux objectifs

Convaincre les Européens....

Cette initiative (la lettre et sa communication) s'inscrit dans un contexte d'indécision européenne. Si certains ministres se sont montrés disposés à suivre les Français - les Chypriotes et Luxembourgeois - et d'autres prêts à les rejoindre - les Allemands - la plupart des autres Etats sont plus dubitatifs (1). Même la ministre espagnole de la Défense, Carme Chacon, qui est prête à soutenir l'initiative française, l'a rappellé à Göteborg : "il ne s'agit pas de former des personnes que l'on va retrouver ensuite comme pirates".

Cependant une action complémentaire à l'action en mer est nécessaire. Tout le monde est absolument d'accord sur ce point : c'est à terre - et uniquement à terre - qu'on pourra régler le problème de la piraterie, mais aussi la question d'avoir un "Etat failli" en bordure de mer rouge, déstabilisateur pour toute la zone : Djibouti, Yemen, Ethiopie, Erythrée... Ainsi que l'avait déjà expliqué Javier Solana, en mai dernier (2), il importe d'agir en Somalie. Cette lettre arrive à point nommé également car les 27 ambassadeurs du COPS, le comité de politique et de sécurité de l'UE, sont sur place ce week-end, pour une visite de travail (3).

... et régler ses comptes avec Lellouche

Cette communication s'inscrit aussi - reconnaissons-le - dans un conflit plus personnel, plus parisien, entre deux ministres : Pierre Lellouche et Hervé Morin. Le premier est secrétaire d'Etat aux Affaires européennes et se sent un peu à l'étroit dans son poste. Il ne rêve que de s'occuper de "Défense". Et il le montre. Lundi dernier il était à Bruxelles pour une visite exclusivement tournée vers la PESD (4).

Aujourd'hui, il s'envole à Djibouti pour visiter l'action de formation des forces somaliennes menée par l'armée française et rencontrer les ambassadeurs du COPS. Ce qui revient - proprement dit - à marcher sur les plates-bandes de son homologue de gouvernement. Il y a comme un peu de confusion dans l'air entre le Quai d'Orsay et la rue Saint-Dominique (siège du ministère de la Défense). Il serait d'ailleurs temps que le président de la République, Nicolas Sarkozy, y mène un peu d'ordre. Car ceci est quelque peu troublant pour les Européens.

(*) Il est d'usage dans les missions européennes qu'un Etat soit la "nation-cadre" d'une opération soit parce qu'il est déjà implanté dans la région, soit parce qu'il y a des affinités diplomatiques, politiques ou démographiques.

Lire également :

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Published by Nicolas Gros-Verheyde - dans Afrique Est - Somalie Ouganda
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logo_ouestfrancefr.pngL'éditeur : Nicolas Gros-Verheyde. Journaliste, correspondant "Affaires européennes" du premier quotidien régional français Ouest-France après avoir été celui de France-Soir. Spécialiste "défense-sécurité". Quelques détails bios et sources.